Le Bulletin des recherches historiques Société des études historiques, Québec, Archives de la province de Québec, Société des études ... Cam, i Harbartl Collfge library FROM THB BRIfrHT LKdACT. Descendants nf Henry Bright, jr., who died at Water- town, Mass., in 1686, are entitled to hold scholarships in Harvard College, established in 1SS0 under the will of JONATHAN BROWN BRIGHT of Waltham, Mass., with one hajf the income of this legacy. Such descendants failing, other persons are eligible to the scholarships. The will requires that this announcement shall be made in every book added to the Library under its provisions. Received 0.>V..:.../.^..es prises lui sont enlevées par l'ennemi. Il guerroit bravement, et ne ménageant pas assez son équipage, la plus grande partie l'abandonne. (2) Sur ce fait, un violent coup de vent jette son navire à la côte ; au moment où Baptiste est occupé à le radouber, les Anglais surviennent et l'atta- quent. Cost un combat de "pygmée et de géant quo celui du petit brigantin et do la grosse frégate anglaise. N'im- porte, Baptiste se défend longtemps, et ce n'est que lorsque la lutte n'est plus soutenablo que l'Acadien eschoue son na- vire à terre, où il se sauva avoc son équipage, laissant le brigantin au pouvoir des vainqueurs. (3) (1) Champigny au ministre, 24 octobre 1694, Québec. (2) Frontenac au ministre, 24 octobre 1694, Québec. (3) Champigny au ministre, 11 août 1695, Montréal. Digitized by Google A la même date, c'est-à-dire le 24 octobre 1694, Fronte- nac, au 40e article de la volumineuse correspondance qu'il adressait au ministre, mande que le sieur de Vilbon l'in- forme des prises faites par le capitaine Baptiste, et que cet homme se prépare à reprendre la mer pour en faire de nou- velles. Le corsaire Be plaint d'un missionnaire aux Mines, appelé le sieur de St-Cosme, qui le traverse fort dans tous les préparatifs qu'il est obligé d'arranger en ce lieu et même qu'il inspire à des habitants qui lui sont affidés, des senti- ments, qui, se propageant, pourraient à l'avenir avoir des conséquences fort préjudiciables au service. M. de Fronte- nac manda à M. de Vilbon " d'y avoir l'œil fort exacte- ment " pour empêcher d'autres désagréments. Le printemps de 1095, le capitaine Baptiste, par le tra- vers du cap de Mallebarre prit un bâtiment de soixante tonneaux, chargé de sucreries, melasae et autres marchan- dises, qu'il confia au capitaine Guyon, flibustier de Québec. 11 captura ensuite un navire de vingt-cinq tonneaux, qui lui fournissait toutes les choses nécessaires pour armer tout l'été. Mais, étant allé vera la baie des Espagnols, à l'em- bouchure du fleuve St-Laurent dans la pensée qu'il y pour- rait trouver le sieur de Bona venture, au lieu do cela il y rencontra une frégate anglaise, contre laquelle il se battit tout un jour, jusqu'à ce qu'il vit son vaisseau entièrement criblé de coups de canon, ce qui l'obligea de l'abandonner, et de se jeter à terre avec son monde ; comme il atteignait la terre ferme il vit son bâtiment couler à fond, avec huit marins anglais, qui venaient d'y monter. Le capitaine Guyon retournait à Québec avec sept prises lorsqu'il rencontra la frégate désastreuse à Baptiste. Il voulut prendre la fuite, mais aussitôt, comprenant qu'il ne pouvait échapper, il échoua sa flottille sur un rocher nom- mé le Loup Marin, et lorsque l'ennemi s'en approcha, il l'a- vertit que plutôt de ho rendre, il mettrait le feu aux sept bâtiment». Le capitaine anglais oiVrit a Ciuyon de lui eder un naviro avec toute sa charge et liberté de continuer sa route, « il abandonnait les six autres navires. Guyon accep- ta, mais le bâtiment était trop endommagé, et il demanda de l'échanger ; ces Anglais y consentirent, mais le Canadien ne profita pas par cette transaction, car d.s que le navire lut déchoué il coula bas. Les Canadiens n'eurent plus que leurs grands canots de bord pour regagner Québec, où ils arrivèrent aux premiers jours de juillet. Voici que nous allons connaître un peu mieux le capitaine Baptiste. Frontenac écrit de Québec, le 2 novembre 1G!)5, au ministre : *' Je vous avoit, monsieur, recommandé les années précé- dentes, le nommé Batiste, sur les bons témoignages que M. de Vilbon m'en avoit rendus, mais j'ay apris depuis deux ou trois mois qu'il avoit tenu des discours peu de temps avant qu'il passast en France qui marquoient qu'il n'a voit pas tie trop bonnes intentions. On m'a dit de plus que c'est un homme qui est marié en plusieu r» endroits en France et en Hollande, outre la femme qu'il a présentement au Port Royal, M. de Vaudreuil m'a assuré qu'il connaissoit celle qu'il avoit en France, et qui est proche do chez lui en Lan- guedoc. J'ay cru devoir vous en avertir, aussi bien que M. de. Chevry, afin qu'il ne puisse pas vous surprendre, puis- qu'on prétend qu'il est allé demander en France un autre vaisseau à la place de eeluy qu'il a }>erdu, pour avoir plus de facilité de transporter en Hollande ou en quelqu'autre pays enuemy la femme qu'il a a Port Hoyal. avec tous si* efl'ectz." Par le journal de M. de Vilbon, de ce qui s'est passé en Acadie depuis le moi6 d'octobre 1 Mb" jusqu'à la fin de mai 101)7, îl est à supposer que le voyage en France du sieur Baptiste pour obtenir un second vaisseau n'eut pas de succès. Le ;j novembre lt>î»G, De Vilbon envoie Baptiste aux Mines et à Port Royal, pour avoir des pois, les fèves de la garnison s'étant trouvées presque toutes gâtées, renvoyant en même temps trois soldats invalides pour être nourris aux Mines, pour ménager les vivres de la garnison de De Vilbon. Baptiste, en partant, promit de rétablir la course, avec le* deux pirogues de l'armement des Anglais que l'on avait trouvé sur la côte, s'il pouvait trouver du monde aux Mines et à Fort Royal. De Vilbon commandait au fort Matchouak ou Xaxouac ; il reyut. le 28 décembre suivant, des vivres apportées par un bâtiment de Fort Royal. 11 apprit alors que le capitaine l'aptiste avait levé du monde pour aller en course. Le 2 février Kill", quatre flibustiers arrivèrent au fort, avec une lettre de Baptiste. 11 demandait une commission pour faire la course avec ses deux pirogues et vingt-un hommes d'équipage. Le 10 mars, à trois lieues de C'asquebaye (l) les Acadiens rencontrèrent huit chaloupes pêcheuses de marvilletto, dans le^juelles il y avait trente-huit hommes. Baptiste et son équipage, depuis plusieurs jours ne subsistaient que de co- quillages ramassés le long de la mer ; ils résolurent d'atta- quer les chaloupes croyant y trouver quelques vivres. Les chaloupes étant mouillées les unes près des autres, le capitaine Baptiste résolut d'attaquer a la nuit du 10 au 11 nmix. Ses deux pirogues accostèrent deux chaloupes, dont l'équipage dormait. Il s'en rendit maître en un coup de main, mais le bruit que cette opération occasionna réveilla (1) Cusco Bay, état du Maine. — H — lee equipages des autre» embarcations, qui firent feu sur les Acadiens avec beaucoup de vigueur. Les flibustiers se lan- cèrent bravement à l'abordage des chaloupes, se battant comme des lions, et se rendirent maîtres de six bateaux, les deux dernières chaloupes voyant le résultat du combat so sauvèrent à la faveur du vent. Il y avait sept Anglais de tués sur les ponts, dont cinq capitaines de bateaux, quatre de blessés et vingt prisonniers. Baptiste eut trois blessures, ot huit de ses hommes furent blesses, mais tous sans gravité. Le capitaine Baptiste emmena ses prises pour les mettre en lieu plus sûr ; il relâcha à terre les Anglais qui avaient sept lieues pour aller au plus proche de leurs forts. 11 arma ensuite la meilleure voilière de ces chaloupes, dans le dessein d'aller vers Boston faire quelques prises, mais comme il était à la garnir, et l'avait échouée pour rac- commoder sa fausse étrave, il entra dans le hâvre oû il y avait deux bâtiments armôs en guerre qui le cherchaient et qui étaient de Salem, destinés pour convoyer les pêcheurs le long de la côte. Ils étaient cinquante hommes dans les deux bâtiments, et le plus grand avait quatre pièces de canon. L'on était au 19 mars. Le plus grand bâtiment vint s'em- bosser à la portée de pistolet de celui de Baptiste pour le canonner, pendant qu'il envoyait l'autre pour l'aborder. Les flibustiers qui étaient cachés à terre laissèrent arriver l'en- nemi et amarrer une haussière à la chaloupe-voilière. Les Anglais ne voyant personne crûrent les Acadiens enfuis, et ils attendirent la marée montante pour hâler le bateau de Baptiste au large. Tout-à-coup, Baptisto fait faire une dé- charge sur eux, si vigoureuse, qu'elle culbuta tout l'équi- page anglais. Ceux-ci n'ourent rien de plus pressé que de couper la haussière et de se retirer au large. Sur le soir, la Digitized by Google chaloupe étant à flot, Baptiste s'embarqua avec son équi- page. Le lendemain, (le 20 mars) dès le matin, les deux bâti- ments anglais revinrent à la charge. L'un d'eux voulut aborder Baptiste, mais fut repoussé et eut quatre ou cinq hommes tués. Alors l'ennemi se retira à l'entrée du hiivrc, et le petit bâtiment s'éloigna pour aller chercher du ren- fort, à sopt ou huit lieues de là, emportant les morts et les blessés, pendant que l'autre gardait Baptiste qui no pouvait aisJment sortir de ce hâvrc, la passe étant fort étroite. A la nuit, le temps devenu couvert augmenta Intensité des ténèbres, et comme Baptiste n'était pas en état d'atta- quer le grand bâtiment, son équipage n'ayant vécu depuis quinze jours que de coquillages et les vivres trouvés dans les chaloupes ne consistant qu'en poissons, il résolut de pro- fiter de la marée baissante pour sortir. Ce qu'il fit. Baptiste mit ensuite le cap au nord-est, se dirigeant vers les Mines où il voulait se ravitailler pour retourner en course. Il manda alors au sieur do Vilbon qu'il serait au bas de la rivière St-Jean, au plus tôt à la tin d'avril. Les Anglais, prisonniers des chaloupes, lui dirent, ce dont il fit part à Vilbon, qu'à Boston l'on tenait la paix faite avec la Savoie et l'Espagne, et qu'on parlait de celle d'Hollande... Que le conseil de Boston avait résolu de faire attaquer de nouveau le fort de Matchouak, et qu'ils avaient donné des ordres pour la levée de leurs troupes, étant résolus on môme temps de détruire Port Koyal, les Mines et Boaubassin, et d'en transporter les familles hors du pays en représailles, disant que les Français firent la même chose à quatre places, en Terreneuve, l'automne précédent... ■ 1^ — lb- — Le 29 avril. Baptiste n'avait ]mu\ encore paru au Itas de la rivière, tel que promit», mais le 5 mai. sa femme arriva au fort jxjur annoncer qu'il était reparti en course. Le 14 mai. le capitaine Baptiste se montra à l'entrée de la rivière St Jean, accompagné d'un bâtiment command.1 par le capitaine Basset (Français) qui était venu au eap de Sable ramener des prisonniers Français de Boston. Ixî 17, Baptiste reprit la mer de nouveau. l)au< la relation de l'attaque faite par les Anglais contre le fort Matchouak en octobre (l'année n'est pas mentionnée, probablement 1097.) il est «lit que le sieur Baptiste venu au > foin le matin du 17 octobre, avait passé la nuit précédente avec M. de Clignaneourt. huit Français* et trois Sauvages, à l'entrée de la petite rivière de Naxoiiassis, environ une demie lieue audcssus du fort, et d'où l'on |>ouvait découvrir de loin quand l'ennemi monterait... Pendant que les Anglais et les Français se rationnaient et s'adressaient des priées de rnousqueterie. DcClignaueourt et Baptiste dans le désert du fort avec le** huit Français et les trois Sauvages tiraient sur l'ennemi posté de l'autre côté de la rivière. Le 11', Baptiste alla en d« couverte et rapporta que les Anglais avaient un bateau de dix-neuf tonneaux, deux pi- rogues, deux grandes chaloupes et un canot d'éeorec. ce qui donna l'impression qu'ils étaient peu de inonde. Le soir du 20, les assiégeants se retirèrent à Forneuse, trois lieues plus loin, et brûlèrent trois maisons. L'ennemi n'osa toucher à la maison du flibustier Baptiste, sise vis-à-vis le fort, et iu- habitée. qui y allait quelques fois pour tirer des coups do tusil et de boîte jxjur faire croire qu'il y avait une garde. La foi-tune des armes varie, et le capitaine acadien eu Ht l'épreuve. Répondant à la lettre du comte de Bellemont. gouverneur — 17 — de la Nouvello York, le comte de Frontenac, le 8 juin 1698. proteste contre la retention dans les chaînes à Boston du capitaine Baptiste, flibustier, qui y est traité avec beaucoup de rigueur, et demande sa mise en liberté. Le sujet de cette correspondance est l'échange de prisonniers français et anglais. Je n'ai pu trouver que l'on a'it écouté les remontrances de Frontenac, et jusqu'à quelle date Baptiste demeura aux mains des Bostonnais. Si la chose m'est possible, je compléterai ces notes plus tard. Réois Roy LES MÉTIS OU BOIS-BRULÉS Il y a deux cents ans, les Sauvages du Bas-Canada n'a- vaient plus guère d'importance comme chiffre, — mais il restait des tribus dans le sud, l'ouest et le nord-ouest. Nos coureurs de boiB commencèrent à métisser rondement. Point * de femmes blanches dans ces vastes contrées. La galanterie française y brilla sur tous les points. Une raco nouvelle vit le jour, tenant le milieu entre la barbarie et la civi- lisation. Telle est l'origine des Métis on Bois-Brûlis : — père français, mère sauvage. Ces sangs mêlés ne sont pas venus se joindre à nous. Ils occupent encore le pays do lours an cêtres. Impossible donc do les confondre avec les Canadiens- Français. Les Bois-Brûlés datent à peine de 1675 ; la principale pé- riode de leur création va de 1700 à 1740, et leur développe- ment se calcule depuis la cession du Canada (1760), alors que, abandonnés a eux-mêmes les Canadiens de l'ouest tirent corps plus que jamais avec les tribus des grandes plaines. 3 Benjamin Sulte Digitized by Google — 18 — LA TRAVERSÉE DU SAINT-LAUREXT Lee passagère qui, aujourd'hui, font le trajet entre Québec et Lé vis, en hiver, dan» l'entrepont confortable des puis- sants bateaux à hélice qui se croisent d'une rive à l'autre en quelques minutes, coupant, brisant, refoulant, bousculant des monceaux de glaçons charrias par la marée, et filant droit à travers le chasse-neige et les brouillards secoués par la rafale, ne se doutent guère de ce que c'était que la tra- versée du Saint-Laurent autrefois, surtout par les " gro» temps " de décembre et de janvier. Le voyage se faisait en canots. Ces canots étaient des espèces de pirogues creusées dans un double tronc d'arbre, dont chaque partie était solide- ment reliée a l'autre par une quille plate en bois de chêne, polie et relevée aux deux extrémités, de façon à ce que l'embarcation pût, au besoin, servir en même temps de traîneau. Le patron s'asseyait à l'arrière sur une petite plate-forme élevée d'où il dirigeait la manoeuvre, et gouvernait a l'aide d'une pagaie spéciale, tandis qu'à l'avant et quelquefois debout sur la " pince "—on appelle " pince " la projection effilée de la proue — un autre hardi gaillard scrutait les passes et surveillait les impasses, la main sur les yeux, tout blanc do givre, avec des stalactites glacée» jusque dans les cheveux. En avant du pilote, un certaine espace était ménagé pour les passagers, assis à plat-fond, tout emmitouflés et recou- verts de peaux de buffles, encaqués comme des sardines, par- faitement à l'abri du froid, mais aussi entièrement immo- bilisés. Les autres parties de l'embarcation étaient garnies de têtes, qui, tout en assurant la solidité du canot, servaient Digitized by Google -de bancs aux rameurs à longues bottes et aux costume* plue ou moins hétéroclites, qui pagayaient en cadence, «'en- courageant mutuellement du geste et de la voix. Le métier n'était pas tendre ; et, comme les hivers de ce temps-là dépassaient de beaucoup les nôtres en rigueur, il devenait quelquefois dangereux. Chaque mise à l'eau c'est-à-dire chaque départ, donnait infailliblement des émotions aux plus hardis, même à ceux qui y étaient les plus habitués. Quand on se voyait lancé du haut de la " batture "—en termes canadiens, on appelle " battures " ou " bordages " les bancs de glace .adhérants au rivage et contre lesquels glissent ou se brisent les banquises emportées par le courant — quand on se voyait, dis-je, lancé du haut de la batture dans les eaux noires et bouillonnantes du fleuve, l'équipage sautant précipitamment à bord dans un enchevêtrement éperdu de mains et de bras accrochés aux flancs bondissants de la pirogue, cela ne durait que l'espace d'un clin d'reil. mais c'était plus fort que soi, le cœur vous tressautait dans la poitrine. Et nage, compagnons !... Haut les cœurs, les petit* cœurs !... D'immenses blocs verd&tres barrent la route : vite, le cap dessus ! Bon là ! Lâchons l'aviron, l'épaule aux amarres, et en avant sur la surface solide du grand fleuve ! Plus loin, ce sont d'énormes fragments entassés et bous- •culés les uns sur les autres ; le passage semble impraticable. n'importe, hissons le canot à force de bras : et en avant toujours ! Voici un ravin qui se creuse, descendons-y J C'est un abîme peut-être : en avant quand même ! La neige détrempée s'attache et se congèle aux flancs de l'embarcation, qu'elle menace d'immobiliser : hardi, lea — 20 — Graves ! Pas une minute a perdre, roulons î roulons î... Et noua voilà reparti». Ici, c'est autre chose : tout s'effondre sous nous. Ce n'est plus de l'eau, ce n'est plus de la glace ; impossible de paga- yer, plus de point d'appui pour traîner. Il faut pourtant *e tirer de là, les enfant* ! En-dedans, vous êtes paralysé ; en dehors, vous enfoncez ik mi-jambe dans la neige fondante et la glace en " frasil " : il n'y a pas à dire, il faut se tirer de U. Et cela durait de» heures, quelquefois des journée* entières... Oh ! non, il n'était pas tendre le métier. Victor Hugo a raconté les w travailleurs de la mer " d une façon sublime : que n'a-t-il vu nos canotiers de Saint-Lau- rent a l'œuvre ! Louis Frechette L' II ONO RABLE JUGE A. N. MORIX C'était le 1er janvier 1842. L'honorable A.- X. Morin, alors juge au tribunal de Ka- mouraska, remontait à Québec, avec l'intention d'arriver chez lui le jour même. Les mauvais chemins, cependant, l'ayant trop retardé, il s'arrêta à l'église de sa paroisse natale : Saint-Michel de Bellechaase. C'était un peu avant l'heure de la grand'messe du jour de l'an. M. Morin se met, aussitôt descendu de voiture, à chercher non respectable père parmi la foule, à la porte de l'église. Il le trouve bientôt, et, là, aux yeux de toute la paroisse, le juge Morin ôte sa coiffure se met à genoux sur la neige et implore la bénédiction paternelle. Quelle leçon pour le fils dénaturé d'aujourd'hui, qui sem- ble rougir de ses parents parce qu'ils sont vêtus d'étoffe du pays ! Auguste Bêcuard digitized by Google — 21 — RÉPONSES Le Journal des Jésuites. (II, II, 155.)— Le Jour- nal des Jésuites couvre Ut période comprise de septembre 1645 à juin 1668, excepté quelques lacunes entre le 5 février 1654 et le 25 octobre 1656. Ce manuscrit appartenait ori- ginairement aux archives du vieux collège des Jésuites de Québec, et il fut trouvé là après la mort du père Jean- Joseph Casot, qui mourut le 16 mare 1800. Il disparut alors, mais fut retrouvé vers l'année 1815. lorsque Andrew-William Cochran, secrétaire civil du gouverneur sir John-Cope «Sherbrooke, le découvrit accidentellement dans un coin do «on bureau. Après la mort de il. Cochran arrivée le 11 juillet 1840, sa veuve le présenta à George -Barthélémy Faribault, de Québec M. Faribault mourut le 21 décembre 1866. et par son testament donna tous ses livres, manuscrits, peintures et gravures ayant rapport à l'histoire du Canada au séminaire de Québec. L'original du Journal des Jésuites passa ainsi au Séminaire, et est aujourd'hui parmi les tré- sors précieux de la bibliothèque de l'Université Laval. On a des preuves que le Journal des Jésuites fut continué jusqu'à 1755 ; mais les manuscrits de cette continuation qui devaient comprendre au moins deux volumes sont disparus. En 1897, M. l'abbé Henri-Raymond Casgrain, de l'Université Laval, fit des recherches en Angleterre parmi les héritiers de William Smith, l'historien du Canada, mais sans succès. Smith avait cité le Journal des Jésuites à la date du 20 dé- cembre 17 10 et encore en 1752 ; et dans sa préface il men- tionne spécialement le Journal des Jésuites au nombre des sources qui lui ont donné les " informations les plus pré- cieuses." MgrThomas-E. Hamel, bibliothécaire de l'Uni- versité Laval, est sous l'impression que Smith avait accès Digitized by Google aux manuscrits en question, et qu'il n'en était pas le pro- priétaire ; et que ce sera seulement par un hasard provi- dentiel que les volumes disparus seront retrouvés s'il n'ont pas été détruits. En 1871, le Journal de* Jésuites fut publié sous la direc- tion des abbés Laverdière et Casgrain ; mais à peine quel- ques exemplaires— peut-être soixante — avaient-ils été distri- bués, que le feu consuma l'établissement de l'éditeur. M. Léger Brousseau, et presque toute l'édition lut détruite. Quelques exemplaires (Henry-C. Murphy dit douze, mais une note au crayon dans l'exemplaire de la Société Histori- que du Wisconsin dit quarante), qui avaient été gâchés par la fumée et l'eau forent reliés et vendus. En 1893, J.-M. Valois, de Montréal, a publié une réim- pression de l'édition de 1871. Reibex-Gold Thwaites Les journaux de Longrueuil. (III. XI, 375.)— Le 22 janvier 1885, M. Jean-Baptiste Rouillard faisait paraître à Longueuil le premier numéro d'un journal hebdomadaire, intitulé : Jj Impartial. Le journal promettait d'observer strictement les promes- ses contenues dans son titre ; il s'engageait de s'occuper spécialement des intérêts de la rive sud, et surtout du comté de Chambly. M. Rouillard fit d'abord imprimer son journal à Mont- réal ; mais au printemps de 1885, ayant acheté des presses, il installa son matériel dans l'ancienne manufacture Crevier, et dès lors le journal se composa et s'imprima à Longueuil même. L' Impartial, rédigé avec soin par M. Rouillard et quel- ques amis dévoués, fit une vigoureuse campagne en faveur du chemin de fer de Montréal et Sorel ; il parvint à forcer le gouvernement fédéral a accorder de généreux subsides à cette ligne si importante pour l'avenir de Longueuil. Réellement indépendant des partis politiques, Y Impartial consacra ses colonnes à toutes les questions vitales pour Longueuil et les paroisses environnantes. Cependant la mort de Kiel fit changer la ligne de conduite du journal. lï Impartial se jeta résolument dans le mouve- ment national qui se forma à cette occasion. En 1886, M. Rouillard transporta ses presses à Sorel, et V Impartial, quoique daté de Longueuil, a été imprimé la jusqu'à sa disparition en 1890. M. Rouillard lit, en 1886, avant son départ pour Sorel, paraître un journal humoristique appelé Le Bourru. ; mais cette feuille décéda après quelques semaines d'existence. J.-L. Vincent Le comte de Vaudreuil. (IV, III, 426.)— Le comte de Vaudreuil, petit-fils de notre premier gouverneur de Vaudreuil, aimait passionnément les arts et les lettres. Toutes les semaines, il donnait un diner qui était uniquement composé de littérateurs et d'artistes. La soirée se passait dans un salon où l'on trouvait des instruments de musique, des crayons, des couleurs, des pinceaux, des plumes, et chacun composait, peignait, écrivait selon son goût ou son talent. M. de Vaudreuil possédait une fort belle voix et il était excellent musicien. Ces deux talents qu'il avait eu le bon esprit de cultiver le firent beaucoup rechercher dans lu monde. La première fois qu'il fut reçu chez la maréchale de Luxembourg, épouse en premières noces du comte de Bouftiers, celle-ci, qui aimait le chant et la musique, voulut le fairo chanter. — Monsieur, lui dit-ello après le souper, od dit que von» chantez fort bien ; je aérais charmt'o de vous entendre ; mai», si voua avez cette complaisance pour moi, ne me chantez point d'ariette», point de granda aire, un Pont-Neuf, un simple Pont-Neuf. J'aime le naturel, l'esprit, la gaiété. M. de Vaudreuil, content de faire parade de son talent, ne so tit guère prier et, ignorant qu'avant non veuvage hou hôtesse avait été la comtesse de Bouftiera, il chanta le pre- mier couplet d'un Pont-Neuf où il était fait allusion un peu irrespectueusement du comte de Boufflere. Le premier vers de ce couplet commençait ainsi : Quand Boufflere parut à la cour A ce moment les nobles personnages qui emplissaient lus salons de la maréchale de Luxembourg se mirent à tousser et à éternuer afin de le faire taire. Mais M. de Vaudreuil continua d'une voix pleine et sonore : On crut voir la mère d'Amour. Le bruit, l'agitation redoublèrent. Ce ne fut qu'après le troisième vera Chacun cherchait à lui plaire que M. de Vaudreuil s'arrêta en voyant tous les yeux fixés sur lui. La maréchale de Luxembourg qui était une des femmes les plus spirituelles de la cour de Louis XVI prit la chose un riant. — Poursuivez donc, monsieur, dit-elle, au comte de Vau- dreuil, confus, humilié, et elle chanta elle-même le dernier vers : Chacun l'avait à son tour. . M. de Vaudreuil, tant par son esprit que sch brillantes qualités, réussissait beaucoup auprès des femmes. Son Din langage avec elles était plein d'agrément et de charme. Aussi la princesse d'Hénin a dit qu'elle no connaissait que deux hommes qui' sachent parler aux femmes : le tragédien Lekain ot M. de Vaudreuil. A la cour do Louis XVI. M. de Vaudreuil no possédait pas exactement un grand er.'dit. Mais il était dans les bonnes grâces de la reine Mario- Antoinette. Il faisait mémo partie de sa société intitue. Il fut un de ceux qui contribuè- rent à l'élévation de la duchesse de Poliguac, grande amie de Marie- Antoinette. R. La quête de l'Enfant Jesus. (IV, XI, 536'.)— La 7 — N'y a-t-il pas en Espagne une ville qui jjorte le nom de Montréal ? Spa. 5(J8 — "Elu dès 1833 coadjuteur de Québec.il parait que l'am- bassadeur de France à Home s'opposait a sa nomination," c'est ainsi que la deuxième edition du Panthéon de Bil>aud nous apprend la consecration de Mgr Turgeon, archevêque de Québec. Quelle est la vérité à ce sujet ? Ptrk 5(19 — Qui me renseignera sur Thomas Pichon qui a écrit une histoire du Cap- Breton ? XX 570 — Quand la Beauee a-t-elle commencée à être colonisée ? • A. B. T>71 — Par qui Terrebonne a-t*il été fondé ? Riio 572 — Quelqu'un ]>cut-il me dire ce que sont devenus les registres de Memramcook du temps des Acadiens ? Acai». 573 — Je lis dans une lettre publiée récemment : " Vous vous rappelez, sans doute, le St -Michel dont on parle dans la vie de Mgr Plessis et qui faillit jouer un si mauvais tour à ce grave prélat : l'archange, revêtu du brillant costume upuy et Hot-quart étaient intendants de son temps. Il agissait en même temps comme " practicien " avec «es confrères et les notaires royaux, et après 1735, il paraît s'être contenté do comparaître dans quelques cas comme con- seil. Il est mort à Montréal le 5 juin 17(»7 après avoir passé quelques années en France, probablement de 1751 à 1750. seul et sans être accompagné de sa famille. En 1725, 172<> et 1727, M. Girouard parait avoir eu la plus lorte clientèle de Montréal. Vous savez, sans doute, qu'à cette époque les huissiers avaient un autre rôle qu'aujourd'hui ; ils faisaient les décrets et en cela remplissaient les fonctions de shérif» ; ils faisaient aussi les sommations des tribunaux que font aujourd'hui les greffiers. Enfin ils faisaient les protêts que — 40 — font aujourd'hui les notaires et aussi les significations des pièces de la procédure. Votre dévoué, D. Girodard Hon. T. 1. 1. Loranqer A Monsieur le Lieutenant-Général de la Jurisdiction Royalo de Montréal. Supplie humblement Antoine GiroUard, Disant que Mon- seigneur l'Intendant Luy aurait accordé une Commission d'Huissier exploitant dans l'éstendue de Votre Jurisdiction pour en jouir par le Suppliant aux droits profits revenus et émoluments y attribués en date du 26e avril dernier, le sup- pliant désirant estre reçu et installé au dit office. Il a re- cours a vous pour luy être sur ce pourvu. Ce considéré, Monsieur, Il vous plaise tenir la dite commission cy jointe, recevoir et installer lo Suppliant au dit office d'huissier ex- ploitant conformément à la dite commission, ot vous ferez justice. A. Girouard Soit communiqué au procureur du Roy pour requérir ce qu'il avisera estre bon. A Montréal ce 25e May 1723. Bouat Veu la Requête cy dessus et la Commission y attachée je Requiers qu'il soit informé & une Requête des vie, mœurs et Religion du Suppliant pour l'information faite et à moy communiquée requérir ce que j'aviseray. Fait à Montréal ce 25e May 1723. P. Raimbault Information faite par Monsieur François Marie Bouat Conseiller du Roy, et son Lieutenant général civil et crimi- nel au siège de la jurisdiction Royalle de Montréal à la Re- quête du procureur du Roy en ce Siège, des vie et mœurs Digitized by Google ■ — 41 — et Religion Catholique Apostolique et Romaine de Antoine Giroiiard, pourvu d'uno commission d'huissier exploitant dan» toute l'étendue de cette jurisdiction, et a luy accordée par Mgr l'Intendant le vingt-sixième avril dernier. Au Vendredi vingt-huitième May mil sept cent vingt-trois deux heures do Relevée en la Chambre d'Audience. Est comparu Mtre Michel le Pailleur Notaire Royal, âgé de soixante huit ans, auquel nous avons fait faire serment de dire vérité, et après serment fait, et qu'il nous a dit n'être parent, alié, serviteur ni domestique des parties et noms, à représenté l'exploit d'assignation u luy donné par l'huissier Dudcvoirio vingt sixième de ce mois pour venir déposer. Dépose qu'il connaît le dit (ïirouard, pour un honneste homme, qu'il l'a vu demeurer chez M. de Ramsay pendant plusieurs années en qualité de secrétaire, dont le dit Sieur AVID, Greffier Soit communiqué an procureur du Roy en ce siège pour requérir ou conclure ce qu'il aviserait sur son rapport être ordonné ce qu'il appartiendra. • Fait les dits jour et an. Bouat Vu l'information ci dessus, je n'empêche que le dit Gi- rouard soit reçu et installé au dit office d'huissier exploitant corformémerrt à la commission qui luy en a été accordée par Mgr l'Intendant, eu faisant le serment requis et accou- tumé. Fait à Montréal ce 28 May 1723. P. Rai MB AU LT Mgr IGNACE BOURGET Mgr Bourget, évêquo de Montréal, aimait à raconter, comme une pieuse tradition dans sa famille, que l'un de §es ancêtres, natif de Chartres, était allé, avant de qnitter la France pour le Canada, nu sanctuaire de Notre- Damc-de- Chartres, et qu'après avoir prié devant la statue de la Vierge, il avait gravé son nom quelque part sur les boiseries inté- rieures de l'église. Le saint évêquo, passant un jour par Chartres, voulut s'assurer si cette tradition était bien fon- dée. G randes furent sa surprise et sa joie, lorsqu'après avoir cherché longtemps, il découvrit en effet le nom d'un Bour- get. écrit sur la lx>iserio d'une des stallos du chœur ! L'abbé Auuuste Gosselin Digitized by Google MADAME DAILLEBOUST ET LE DJCTIOXNA IRE GÉNÉALOGIQUE Sous le numéro 532 et les initiales II. O., an abonné du Bulletin des Recherche* Historiques pose la question suivante : " Louis d'Aiileboust mourut à Montréal le 31 mai ltîtiO, laissant une tille, Barbe, qui devint la femme du gouver- neur do Lauzon." J'avais toujours été sous l'impression que le gouverneur d'Aiileboust et sa femme ayant fait vœu de virginité n'a- vaient pas ou d'enfant. Suis-je dans l'erreur ? " Je trouve à cette question beaucoup d'à-propos, et ce, pour deux misons. D'abord parce que je suis prêt à lni répondre Bans aucun surcroît de travail, ensuit» parce qu'elle me fournit un prétexte excellent pour arrêter, s'il se peut, un mensonge historique qui court le monde savant depuis 1871, année de la publication du premier volume du Dictionnaire Généalogique des Familles Canadiennes par l'abb '• Tanguay. Ce qui me rend apte à répondre, ot sans aucun surcroît ), -\ Montr al. De Boulogne. Barbe, sépulture 7 juin 1635, à Qu bec. liar he, baptisée...; marié... u .Jean De Lauzon." Puis, à la page 172 : " De Lauzon. Jeun, Mcssire, ancien intendant de Vienne, •n Lauphin.'-, bapttsé 1582, sépulture 1»> lévrier I(î(iGà Paris. lo Goudard, marié — {en premières noces). (tfuit té numération des rnfants nés de son mariage arec Marie (Soudard). 2o D* Ailleboust, Barlje — {en secondes noces)." J'en suis taché pour Mgr Tanguay. mais il faut bien lui dire que son Dictionnaire Généalogigue commet lu deux erreurs capitales. Harbe de Boulogne et Km mari, Messin» Louis d* Ailleboust, n'eurent jamais d'enfants. Conséquem- ment, Jean de Lauzon ne put marier leur tille on secondes noces. Comment taurait-Jl fait, puisqu'elle n'était pas née ? La preuve me direz-vous.— La voici. Je lis d'abord dans YlUstoire des Grandes Familles Françaises du Canada, de l'abbé J)aniel, page 201 : " Mada- me d'Ailleboust rompit tout ù l'ait avec le monde et se retira ù l'Hôtel-Pieu de Québec qu'elle fit héritier de set» biens. C'est lu qu'elle finit ses jours, comblée de mérites, le 5 juin 1685, à luge do 70 ans et alla ivjoindre sa pieuse *anr(ljqui l'avait devancée de plusieurs années dans la (1) Philippe-Gertrude de Boulogne, religieuse ursuline, décédée ù (Québec le 23 aoiït 160'7, — ainsi qu'une autrc de •es soeurs qui était religieuse bénédictino en Franco.— Cl' : Lem Crsulincs de Québec,, tome 1er, page 261. Digitized by Google tomb«. Ayant fait vœu de virginité perpétuelle, ainsi que son mari, elle ne laissa pas d'enfants." Et d'un f Ouvrons maintenant les Annales manuscrites de V Hôtel- Dieu du Précieux Sang, de Québec. Nous y liions : u Madarao d'Ailluboust avait resté en Canada depuis la mort de Monsieur son époux. Elle y «'tait tort estimée, quoiqu'elle cachât sous les apparences d'une vie commune les grandes vertus qu'elle possédait. Plusieurs personnes d un rang distingué l'avaient recherchée dans son veuvage. Monsieur de Courcelles. gouverneur, et Monsieur TaU>n, intendant, la demandèrent tous deux en mariage, mais com- me elle était vouée dès sa jeunesse à Jésus-Christ, et que le temps qu'elle avait passé avec Monsieur d'Ailleboust, son mari, ne l'avait pas empêchée de garder une perpétuelle virginité, elle refusa constamment Ich partis les plus avanta- geux qui ne présentèrent ; et pour vivre d'une manière plus retirée et plus conforme :\ lu perfection dont elle taisait profession, elle prit la résolution de se donner ;Y notre com- munauté en qualité de pensionnaire perpétuelle." Et de deux f Si nous consultons maintenant les Papiers 52 he obtained a grant of land on Isle of Orleans (St- Francis parish). In the following year he was chosen as a syndic of Quebec. During the interval between DeLauson's departure and d'Argenson's arrival (Sept. lo'57 — .luly lt>58) d'Aillcboust was acting governor of the country. He died at Montreal, May 31, ln'iïO, leaving but one child. Barbe, who married De Lauaon, the governor. — (note lt>, p. 28» ). Aurai-je eu la satisfaction de convaincre M. Thwaites au point do l'amener à corriger cette erreur historique qui fait tache au bel ouvrage qu'il publie ? Mon assurance sur ce point confino à la certitude. Loin de moi l'étroite et mesquine pensée de vouloir dis- créditer auprès d'un savant archiviste étranger le Diction- naire Généalogique. Qu'il le tienne, au contraire, en une y Google — 49 — grande et croissante estime. Cette œuvr» gigantesque, absolument unique, est à la fois un monument scientifique et national. Elle représente quarante années d'études aride*, de labours acharnés, do rechorches interminables, poursui- vies quand même, en dépit d'obstacles et de difficultés sans nombre. Un seul homme a eu le courage, la patience et la force d'entreprendre et de parachever ce travail d'Hercule. Ce vaillant a lo droit de dire à son pays ce qu'Horace écri- vait de ses odes : Exeyi monument um are perennius. Je no fais pas ici un procès au Dictionnaire, je sou- tiens seulement, mais fermement, à M. Beuben-Gold Thwaitcs qu'il est très dangereux de s'appuyer sur cet ou- vrage et se réclamer de son autorité, dans une discussion relative aux familles de Boulogne et d'Ailleboust. Je le répète, Mgr Tanguay a été exceptionnellement malheureux dans la préparation de leurs arbres généalogiques, et il a commis & leur propos uno dos pires erreurs do son livre. Qu'on en juge. Voici ce que nous lisons à la page 16*2, du tome 1er : " De Boulogne, Florentin, de St-Kustache, de Paris. Philippe, Gertrude, baptisée l(i03, née ù Bavière, en Champagne, uraulhie dite St-Dominique, lo 2 déc. 1048 ; sépulture, 20 août 1667, ù Québec. Barbe, baptisée 1018, mariée à Louis d'Ailleboust. 3ièmt gouverneur de la colonie, sépulture 7 juin 1085. Inhumé* dans le chœur des Hospitalières de Québec." Or, si nous consultons uno dernière fois les Papiers (V Ailleboust nous constatons, par lo contrat de mariatje de Barbe de Boulogue, en date du 6 septembre 1638, quo la femme de Florentin de Boulogne n'était pas Gertrude- Philippe, mais Kustache Qurau ! Mgr Tanguay prend ce nom de Philippe pour un nom de famille. Ce n'est qu'un nom de baptême ; et ce nom de baptême appartient à Ger- 3 Digitized by Google — 50 — trude-Philippe de Boulogne, sœur aînée de Barbe de Bou- logne, femme du gouve rnear d'Ailieb just. C'est-à-dire que Mgr Tanguay marie le pire avec sa niie. et de cette union fait naître un enfant, Barbe, qui se trouve être, conséquem ment, la propre sœur de sa mère î ! (1) 11 est heureux, pour Madame d'AJlleboust, qu'elle ait eu le soin de mettre en bon ordre et liou sûr ses papiers de famille. Autrement les mauvaises langues eussent insinué qu'il lui était arrivé un gros accident î Comment une aussi monstrueuse erreur a-t-ellepu échap- per à l'auteur du Dictionnaire Généalojique f Je l ignore. Elle est d'autant moins excusable que huit ans avant la pu- blication du Dictionnaire on lisait ce qui suit dans X Histoire des UrsuUnes de Québec : (2) " Le deux décembre 1648 on reçut au Noviciat Mademoi- selle Philippe Gertrude de Boulo.jue. sœur de Madam? d'Aillebottst, si bien connue eu ce ]>ays. Cette pieuse demoi- selle était venue en Canada avec sa sonir, femme du troi- siime gouverneur. M. Louis d'Aillcboust de Soulanges. Elle n'eut pas plus tôt fait connaissance avec nos premieres nu- res qu'elle désira se consacrer à Dieu parmi elles ; mais M. et Madame d'Ailleboust ne manquèrent pas de pr» tentes (1 ) Je signale particulièrement à l'attention de M. Reuben- Gold Thwaites une fort intéressante esquisse de la vie de Barbe de Boulogne, par M. le docteur N.-E. Dionne, parue dans La Kermesse, revue hebdomadaire, publiée à Québec en 1892, — numéro du 30 septembre, pages 29, 30, 31 et 32. (2) Les Ursulines de Québec depuis leur établissement jusqu'à nos jours — Tome 1er, page 139. — Québec : Des pres- tes de C. Darveau, 8 rue LaMontagne, Basse-Ville, 18U3. Le premier volume du Dictionnaire Généalogique de» Familles Canadiennes de l'abbé Tanguay, ne parut que huit ans plus tard, en 1871, chez Eusèbe Senécal, à Montréal. Digitized by Google pour lui faire différer son entrée aux Ursulines. Cependant lludeinoiselle de Boulogne poursuivait toujours son pieux dessin, et dès qu cllo eut obtenu la permission si longtemps désirée, elle quitta joyeusement la résidence du gouverneur qui était déji à cette éjKKjuc le rendez vous des belles dames et des brillants chevaliers du pays, et rint partager avec générosité les travaux pénibles et les privations sans nom- bit; de ses pieuses amies des Ursulines." Il est heureux, pour Mgr Tanguay, que Madame d'Aille- boust n'ait jamais eu d'entant ! Les héritiers de ce grand nom eussent alors été bien fondés à poursuivre en domma- ges, exemplaires et viudictifs, son fameux Dictionnaire (Unéalotjique. Kunkst Myrand LE GENERAL ARNOLD A l'assaut de Québec, le M décembre 1775, Benedict Arnold qui conduisait la seconde attaque lut blessé assez, griè vement à la jambe. Le 7 octobre 1777, à Saratoga, il se battit comme un lion et fut de nouveau blessé à la infime jambe. Trois ans plus tard, en 1780, Arnold trahissait la cause de rindéjHjndance américaine et essayait de livrer West- Point à sir Henry Clinton. Arnold fut fait brigadier-général dans l'ami éo anglaise. Envoyé dans la Virginie, pour y opérer une diversion, il lutta contre Lafayette et s'empara de Richmond. C'est dans le coure do cette expédition qu'Arnold faillit être tait prisonnier par ceux qu'il avait renié. — Qu'eussiez-vous fait de moi si j'étais tombé entre vos mains, dit-il quelques jours après cette alerte à un officier américain ? — Nous aurions enterré avec les honneurs do la guerre votre jambe brisée au service de la patrie, répondit celui-ci. et nous aurions pendu lo reste. P. G. R. RÉPONSES Le Journal des Jésuites. (II, II, 155.)— Le Jour- nal des Jésuites a été tiré à 000 exemplaires ; mais presque toute l'édition a été détruite par le feu, en même temps que la majeure partie de l'édition de Y Histoire de Cinquante Ans. par T. -P. Bédard. Le* exemplaires de ces deux ouvra- ges non endommagés par l'eau et la fumée sont très rares. Soixante-trois exemplaires du. Journal des Jt'su>'te~s sont daus le public, et la majeure partie de ce nombre restreint se trouve aux États-Unis, if. Valois en cataloguait un exem- plaire, il y a quelques années, à $50.00, si ma mémoire ne me fait pas défaut. L'honorable L.-Ii. Masson a payé son exemplaire $75.00 de M. Brousseau. J'en ai trois exem- plaires : un qui provient do la bibliothèque do l'abbé Boau- det. deux que j'ai achetés dernièrement de M. Brousseau, le tils do l'éditeur. M. Brousseau n'en a plus qu'un exemplaire, qu'd conser- ve comme les yeux de sa tête. J'ai aussi un exemplaire intact, non rogné, de Y Histoire dr Cinquante Ans, de Bédard. Il vient de la bibliothèque de feu Guillaume Amyot. La réimpression laite par M. J.-M. Valois, en 185)3, e*t figurée de l'édition originale, qui était imprimée avec des caractères anciens. Cette réimpression se vendait $5.00. Raoul Renault La mort du gouverneur de Mesy. (IV, IT, 435.) — Dans l'hiver de 1064, M. de Mésy tomba malade de la maladie dont il mourut. 11 se fit porter à l'IIûtcI-Dicu dans la salle des pauvres. Sa maladie fut assez longue pour lui donner le temps de se préparer à, la mort. On sait qu'il avait très mal agi à l'égard de Mgr de Laval, qui avait été pour ainsi dire son protecteur. 11 le tit prierdo venir le voir, ko réconcilia avec lui et lui demanda pardon. Il fit publier 4 son de trompe, et afficher sur toutes les places publique*, la rétractation de tout ce qu'il avait dit et écrit contre le vé- nérable évêque de Québec, et le pardon qu'il demandait au public du scandale qu'il avait donné, et ù l'évoque de l'ou- trage qu'il lui avait lait. Il prit même Mgr de Laval pour son confesseur, et voulut mourir entre ses mains. Entin, pour y mettre le dernier sceau, il lit un testament où il re- nouvelait les mémos protestations, et par esprit d'humilité et de pénitence il demanda d'être enterré dans le cimetière de l'llûtel- Dieu, au milieu des pauvres, sans pouipos et sans distinctious. M. de Mésv mourut le 6 mai 1664. V Ses dernières volontés furent exécutées, à l'exception des honneurs fun ibres, que Mgr de Laval, a la tête do son clergé et de tous les corps do la colonie, lui rendit le plus solennel- lement possible. Lo corps fut porté par quatre congréga- nistes, et les coins du drap par quatre Sauvages. Il fut d é- posé à la cathédrale où il passa la nuit. Le lendemain on le reconduisit ù l'HOtel-Dieu. De Latour L'ancien Conseil de Quebec. (IV, V, 431).)— Au dire do Charlevoix ce Conseil n'était pas d'une composition bien régulière. Parlant de l'organisation civile et judiciaire avant le régime de 1763, il écrit : u II est vrai que dès l'année 1640, il y avait un grand aéuéehal de la Nouvelle-France, et qu'aux Trois-Rivièros il y avait une juridiction qui rcssortissait au t ribunal de ce magistrat d'épée ; mais il parait que celui-ci était subor- donné dans ses fonctions aux gouverneurs-généraux, qui s'étaient toujours maintenus dans la possession de rendre la justice par eux-mêmes, quand on avait recours à eux, et que cela arrivait souvent. Dans les affaires importantes, ils assemblaient une espèce de conseil composé du grand sén chai, du supérieur des Jésuites, qui, avaut l'arrivée d'un — 54 — évéque. était le soul supérieur ecclésiastique du pays, et Je • quelques-uns de» plus notables habitants, auxquels on don- nait la qualité de conseillers. Ainsi lorsqu en 1651. le sieur Godcfroy tut envoyé avec le P. Dreuillettes dans la Nou- velle Angleterre, "pour y traiter d'une paix perpétuelle entre les deux colonies, il lut qualifié dans ses lettres de créance de concilier au Conseil tie la Nouvelle- France : mais ce conseil n'était point j>ermanent ; le gouverneur gé- néral l'établissait en vertu du pouvoir que le roy lui eu donnait, et le changeait suivant qu'il le jugeait à propos." i >e son cjt '. voici ce que dit l'abb: Ferland de cet ancien Conseil : M. d'Ailleboust apportait un nouveau règlement royal, donné le cinq mar*> lt>4S, et modifiant considérablement uclui de l'année précédente. Voici quelles en étaient les dis positions. Dans la suite le gouverneur-général devait être nommé pour trois ans ; eelui qui sortirait de charge une première fois pourrait être continué dans ses fonctions pen- dant trois autres années. Le roi créait un conseil comjiosé du gouverneur de la colonie, du supérieur des Jésuites de Qir bec, en attendant qu'il y eu un évêque. du dernier gou- vemeur sorti de charge, de deux habitants du pays élus de trois ans en trois ans par les gens tenant le conseil et par les syndics des communautés de Québec, de Montréal et des Trois Rivières, s'il n'y avait pas d'ancien gouverneur dans le pays, l'on choisissait le cinquième conseiller parmi les ha- bitants de la colonie. Le conseil formé en 1648 tut composé de M. d'Ailleboust, du P. Jérôme Lalemant et des sieurs de Chavigny, (îodefroy et Gitfard. Les gouverneur» ties Trois- Kivières et de Montréal avaient entrée, séance et voix déli- bér.itive au conseil lorsqu'ils se trouvaient à Québec... Le conseil avait le droit de faire des lois locales ; il réglait les affaires de commerce, décidait de la paix et de la guerre avec les nations sauvages, jugeait les différends entre les particuliers ; il possédait des pouvoirs législatifs et judici- aires, toujours néanmoins sous la direction du gouverneur- général." Tel était cet ancien Conseil de la Nouvelle- France qui a précédé le Conseil Souverain de lu'G3. Digitized by Malheureusement lea registres do ce conseil sont disparu* Ils ont péri probablement dans quelque incendie. Charlevoix lui-même ne semble pas avoir eu l'avantage do les compul- ser. En ettet, au sujet de ce projet de traite? do paix et d« commerce entre le** colonies anglaises et la colonie française tlont il est question plus haut, il cite deux pièces " quo l'on garde, dit-il, au dépôt do la marine." La première est une lettre écrite par le Conseil do Québec u aux commissaires d« la Nouvelle-Angleterre " ; la seconde est la nomination du «ieur Godef'roy commo ambassadeur avec le P. Dreuillette, ot porte en titre : " Extrait des registres de l'ancien Conseil de ce pays, du vingtième jour de juin 1651." C'est au dépôt de la marine quo le P. Charlevoix avait pu se procurer ces extraits. U n'avait donc pas eu eous les yeux les registres eux-mêmes. Lu Sœur Juehereau ^crit dans son ouvrage sur l'Hôtel- Dieu que les registres du Conseil Supérieur avaient péri dans l'incendie du jour des Kois 171.'}. Heureusement elle a commis là une erreur de fait. Ces prédeux registres nous ont été conservés et il y en a déjà six volumes d'imprimés. Mais il est fort possible que l'annaliste de l'Hôtel- Dieu ait simplement, par une inadvertance bien compréhensible, cou- fondu les registres du Conseil Supérieur avec ceux de l'ancien conseil antérieur à 1603, et que ce soit ces derniers qui aient brûlé en 1713. Ils se trouvaient sans aucun doute dans le palais de l'Intendant, où se tenaient les séances du Conseil Supérieur. Ce palais était situé au pied de la côte du même nom, un peu a gauche. C'était un bel édifice de 480 pieds, dans lequel on pénétrait par une porto monumen- tale. Dans la nuit du 5 janvier 1713, le feu s'y déclara avec tant de violence et se répandit avec tant do rapidité que l'intendant, M. Begon, et madame l'intendante purent s'é- chapper à grande peine, en costume de nuit. Celle-ci fut t — 56 — obligée de briser les fenêtres de sa ohambre pour respirer un peu d'air avant de pouvoir s'échapper, car la fumée était répandue partout. Deux do ses femmes de chambre» pé- rirent dans les flammes ; un valet de l'intendant eut le mémo •ort. L'intendant perdit, dans ce l'eu, paraît-il, plus de quarante mille piast res en valeur. C'est à cette désastreuse conflagration que l'annaliste de l'Hôtel-Dicu fait allusion, quand elle parle de la perte de» registres du Conseil. Seulement, au lieu de ceux de l'ancien Conseil elle mentionne ceux du nouveau Conseil. Combien d'autres documents précieux, pour notro his- toire, ont péri dans des incendies analogues, ici et en Europe. I0.VOTU8 Encore le» Mettrons. (IV, IX, 512.)— On a écrit que le régiment des Mourons était composé de Suisses. I! peut 6c faire qu'il le fut originairement, mais tel qu'il nous vint en Canada c'était un régiment composé de toutes sortes do nationalités. Une partie sinon toutes les recrues de ce régiment étaient des prisonniers de guerre que l'on expédia de l'île de Malte pour venir faire le coup do feu contre les Américains en 1812. La plupart n'étaient pas mécontents de quitter l'île où ils n'avaient pas toutes leurs aises, dit-on. Voici les noms de quelques-uns de ces Meurons qui ob- tinrent des octrois de terre en 1815 et 1816* dans les town- ships de Grantham et Markham, comté de Drummond alors comté de Buckinghamshire : Zach. Jenery, Geo. Brait h- waite. John Adoly, Jacob Weitgs, Jacob Bonner, Jean Keogh. André Burzuifsky, Simon Milofl'sky. Jean Gres- kobigh, Stephan Gourdzky, Thtodore llumsrachy, Amable Marchand, Pierre Lemetto,John Bowman,Vincent Josarsky, Martin Koeankwitz, Laurent Gastostosky, Antoine Gradz- Digitized by Google inskv, Martin Gregortch, Carlo Bowa, Santo Ohalopiua. Jean Jeasiko:!', Stephen Renkowitz. Albert Draus, John -Schmidt. Jo*enh Flatkosky, Johannes Cussagrands. etc. Pour lors, p»ur le sâr. comme disait un vieux Mouron. Allemand de naissance, tous ces noms en jt/;y, en tz et ff n'étaient pas des noms de Suisses. Il y a encore à Drum mond ville, à Saint-Germain de Grantham, à Wickham et à l'Avenir, un grand nomhre de descendants des Mourons et des Wattovillo. Véga Le chauffage de nos églises autrefois. (IV, XI, 542.) — Lescomptosdu raarguillier du Sault-au- Ji&oilct, en 1751), montrent un item de 72 livres pour un réchaud. Il est à propos do comprendre cette expression au point de vue historique. Durant nos hivers vous ète> confortablement assis à l'é- glise sans vous pr occuper du froid régnant au dehors. Vous êtes-vous demandé comment nos ancêtres pouvaient suivre, sans feu, les offices les plus longs ? Les églises dans leur temps n'étaient pas tinies. pour la plupart, et quand elles étaient une fois terminées, le froid y régnait en maître, il n'y avait certainement pas de poêles ! (.' est ce qui fait écrire à M. Henjamin Suite : •' Lch églises turent privées de poêles jusque vers l'année ISO;». Le prêtre qui célébrait tenait une chaufferette sur l'autel ; quelques paroissiens avaient «les chaufferettes sous les pieds. Les poêles de» forges de Saint-Maurice, qui datent de 17'W au moins, attendirent prés d'un demi-siècle le privi- lège d'entrer dans la maison du bon Dieu. " (Histoire iks Canadiens- Français, III, p. 118). Mais comment supporter le froid ? Le réchaud du bon ouré du Sault-au- Récollet, porté au chapitre des dépenses pour 1759, explique pour le pasteur. 4 - 58 - Quant aux fidèles, la calotte couvrait la tête des hommes ; de chaude!» coi nos protégeaient celle des femmes. Il est intéressant do voir ce que le Jour mil des Jésuites dit à ce sujet. A propos des cendres de l'année 1G40, le Journal s'expri- me comme suit (p. 34) : " On avait advertis quelles ne se mettraient ni sur les calottes ni sur les coéti'es dos femmes, mais qu'il fallait pré- senter les cheveux." La calotte était donc en usage alors parmi les simples fidèles, et de bous vieillards l'ont gardée avec soin. Les prêtres, à l'église, en dehors du saint sacrifice, se servaient de leur camail, préservant leur tête et leurs épaules de l'atteinte trop s ;vère du froid. LesPùres de Quen et Druillettes u vinrent mêmodeSillerv à Quélwe-, dit le Journal des Jésuites (p. 22) pour les stations du jubilé de 1045 " en surplis et dominau (camail) " en un temps grandement froid." Mais voici une citation qui établit clairement la fonction du réchaud. Au sujet de la célébration de Noël 1646, le Journal des Jésuites dit (p. 74) : " Le temps fut si doux qu'on n'eut pas besoin de réchaud sur l'autel pendant toutes les messes." C'était donc une habitude dés ce temps d'avoir un réchaud •ur l'autel ; le célébrant s'en servait afin d'accomplir ses augustes fonctions. Il y eut cependant des essais pour chauffer l'église à Québec, ce qui fait dire au Journal des Jésuites (p. 98) au •ujet de la fête do Noël do 1047 : 44 II y avait trop de chau- dières a l'église do la messe d« minuit, deux suffisent avec celle de M. le gouverneur, et elles furent allumées trop tard, de sorte qu'il les fallut faire oster ; il y en avait 5 ou 6." * Digitized by — 59 - Evidemment, le *eu était mi* au bois dans cos chaudières longtemps avant les offices ; la fumée montait à la voûte, et les braises dans les 5 ou b" chaudières jetaient une chaleur miioii .suffisante, du moins de nature à consoler. JYabbé Chs. P. Kkauiukn I>e Kamcziiy. (IV, XI 1. 550.)— Timothéde Ramozay, (père de Claude qui se maria a Québec en lu:>0) seigneur de la Jesse, Montigny et Rivière, descendant, je crois, d'une famille écossaise du nom de Iiam>ay. J'ai feuilleté Daniel, Histoire de nos grandes families ca- nadiennes, sans y découvrir ce quo l'on d sire savoir. //Ar- moriai de M. d'JIozier eut ensuite son tour. A l'article De Salcert. le nom de Ramezai figure par alliance. Antoinette, tille d'André de Hamezai, sieur d'Orsonville, épouse un Dt Salcrrt. Ceci a lieu en Bourgogne. A un autre endroit, Ramezay, le gouverneur de Quéltec, rentré en France après la conquête, est eité par d'IIozier, à la date 1763, appuyant M. de Marin, officier français, qui combattit en Cumula, et qui en ce temps voulait établir ses droits à certains titres de noblesse. J'examine alors L'Armoriai général de J. R Riotstap, (2e édition, 1SS4) et j'y cueille une longue liste de Ramsay, et vous remarquerez que l'armoierie est presque la même partout, ce qui m'incline à les croire tous plus ou moins parents. Le premier que mentionne Rietstap s'établit en la Finlande, mais on ne dit pas quand. Ses armes sont : I • ar- gent à l'aigle de Sable. Devise : Ora et Labora. Cimier : une licorne issant d'argent. Support : deux irritions d'or. Ramsay (de Suède) anobli H»:>3, même blason. Ramsay de Bal main (Ecosse) baronnet en mai 180(>. Presque la même chose. Ramsay de Batntf, (comté de Perth, Keosse) baronnet en 1G(>iJ. D'argent à l'aigle de sable, becqué et membre do 'T — m — gueules. Cimier : une tête et col de licorne. Support : deux grillons. T)evise : Sj/emit jitrii . C'est un Fairfax qui acquiert le nom de Ramsay par alliance. Ecart eh? au 1 et 4, il blasonne comme nos autres lîamsay. L'un de ces Fairfax, capitaine de frégate qui devint plus tard vice-amiral, assistait au si. ge de Québec, nous Wolte. Ramsay, comte de ITolderness (Angleterre), baron de Kingstoit-upon Thames, et comte de llolderncss, 22 janvier 1021, maison «.'teinte en 102">. Au 1, d'argent à l'aigle de sable. Eniin, voiei le dernier et le plus important. Ramsay. (Kroun- Ramsay, marquis de J>alhousie, Ecosse) Lord l',in,.s,i;/ tir M, (n>*>\ 2"> août 1GIS ; Baron Ratnsay de Kerriiigton. et comte de lhilhou.Mc 29 janvier, UV.iï ; titres dans la pairie d'Ecosse. Baron Daîhousie de Palhousie. 11 août lsl,">. Marquis île î>alhousie. I juin 184!) ; titres dans la pairie du Royaume- Uni. Maison éteinte le lt> décem- bre IHfiO. (Do,r.< Pernir/r dit ISSU.) Eeartclé, aux 1 et 4 : d'argent à l'aigle de sable, becqué et membre de gueu- les ; ( Ramsay) au 2 et li : de gueules à trois tleurs de lis d'or. (Kroun) ('inner : une t.te et col de licorne, d'ar- gent, crime et aecornée d'or. Support : deux grillons, au naturel. Devise : Ont et itihora. Hnrlu' sPt'crtti/r «(• /ifirom tnt/r.-i la généalogie des Ramsm<' et le Chrixt 2, dans le cimetière catholique de Hamilton, Ontario, avec les cérémonies de TKglise catholique. C'est la belle.steur de sir Allan Mae Nab, la femme de hou frère David, fervente catholique, qui l'instruisit des mystè- res de notre religion. Les sacrements de baptême, de confirmation et d'extrê- me onction lui lurent administrés sur son lit de mort par Mgr John Farrell, évoque de Hamilton. lies circonstances extraordinaires qui accompagnèrent la mort du vieux baronnet créèrent une excitation considérable dans le temps. Sir Allan avait été toute sa vie membre de l'église d'Angleterre. A plusieurs reprises même, il avait prouvé que s'il n'aimait pas les Canadiens- Fraudais leur religion plutôt que leur langue en était la cause. P. G. R. Digitized by Google QUESTIONS 574 — Dans mon enfance j'ai entendu raconter par les vieil - lards qu'un vaisseau anglais, en 17t>0, remontant le fleuve Snint-Laurent,avait tiré un coup de canon sur l'église de Des- chambault. C'était pendant la grand'messe du dimanche. Le prêtre était en chaire. Le boulet ajTant traversé les deux murs alla tomber quelques arpents plus loin, sur la terre de Jean (Jroloau, occupée aujourd'hui par M. Z. Gignac. Y a-t-il quelque chose de vrai dans eette légendo ? IL 575 — Kn quelle année et par qui a été érigé la grande croix du Cap Tourmente ? Voy 57<î — Je constate qu'au Canada on écrit, lorsqu'on veut parler du deuxième évêque de Québec. Saint- Valier. En France Je comte de Saint- Vallier écrit son nom avec deux 1. Quelle est la meilleure orthographe ? La signature même du deuxième évêque de Québec ne fixerait-elle pas le débat ? XXX 577 — Avez-vous remarqué qu'aucun des portraits de Wolfe, le vainqueur des plaines d'Abraham, ue se ressem- ble ? N'a-t-on pas fait, par hasard, pour le héros anglais ce qu'on a fait pour Frontenac, c'est-à-difc inventé un por- trait ? Pinx 578 — L'histoire dos luttes de Charles Menou, siour '.MÎ. 11 portait pour tit îv : *• Le trésor des eunsotations dieines et humaine* ou Traité dans lequel te ehrétien pent appreiulre à bannir et >'i .surmonter tes afflirtions et tes misères tie ret te rie. A New- York, chez Cuiilaumo Bradford, à l'Knseigne delà Bible, vm." Qui mo dira pourquoi cet ouvrage fut. publié eu français ? XXX I Digitized by Google Digitized by Google ÉGLISE NOTRE-DAME DU LAC SAINT-JEAN (robehval) Digitized by Goog BULLETIN RECHERCHES HISTORIQUES VOL. 5 MARS 1899 Nu. 3 NOTRE-DAME DU LAC SAINT-JEAN (roberval) Le premier colon de lu région fut un Alsacien, Jos. Schambach, marié à une sauvagesse. Parmi lea premiere colon* de Roberval, on compte : Jacob Duchène, Prime Thibault. Louis Jean, I rouée Tremblay, Oélestin Desbiens dit Begin, Protais Guay, Hubert Villeneuve, Am bruise Jatnme, Thomas J anime, Célestin, Chrysostèmc, Octave et Charles Buiviu, etc. Ces promiere coloùs arrivèrent en 1855. La première chapelle, en pièces, de 30 sur 'M, fut bâtie sur la terre occupée actuellement par M. Ismaél Girard, dans l'Anse ; transportée sur l'emplacement actuel de l'église, elle servit de salle publique, |R>ur être ensuite démolie et vendue. L'église actuelle tut commencée en 1872 et ache- vée dans les années subséquentes. Roberval fut érigé en paroisse canonique et civile en 1870. En 1881, arrivèrent six Ursulines de Québec, et les classes commencèrent en 1882. Le premier couvent était au bord du lac ; il fut transporté et servit d'école ménagère au nou- veau monastère qui fut incendié le (î janvier 18117. Un autre bâtiment en pierre a depuis remplace le premier monastère. En 18if7, on ap]>ela des Frères Maristes â la direction du nouveau collège, dont lo ]>ersonnel enseignant est mainte- nant coincé de cinq membres. Les missionnaires, desservants et curés furent : MM. Al- phonse Casgrain, curé de N.-D. de Laterrière ; Joseph lludon, curé d'Hébertville ; Auguste Bernier, premier missionnaire résident, 18(iU-ti3 : Prime Girard, 18b'3-71 ; F. X. Delâge, 1871-78 ; J.-E. Lizotte, curé actuel. U. Digitized by Google T*1 • — IÏ8 — PIERRE KALM AU CANADA Pierre K aim naquit en 17KJ dans la province d'Anger mankind. Suède, où ses parents, le pasteur finlandais (labriel Kalra, de Xerj^s en Ostrobotnie, et sa femme. Catherine Ross, s'étaient réfugiés lors des dévastations des Pusses. Kn 1735, Kalin entra en qualité d'étudiant à l'université d'Abo. Le professeur, plus ta I'd évêque, J. Hrovallins, re- marquant son penchant et ses aptitudes pour l'étude des sciences naturelles, le recommanda au baron Sten Charles Iijelke. un mécène aussi instruit que riche. A ses frais, Kalm entreprit un voyage scientifique eu Finlande, et. Tannée suivante (1741 ). dans les provinces suédoises d' Upland et de Vastmanland. A ce dernier voya- ge il se Ht immatriculer à l'université d Upsale et lut reçu avec lx>aucoup de bienveillance par Lino '■. qui lui donna de Ihiii9 conseils ]>our son voyage projet? dan.-* les provinces de Vastergotland et de Bohnslan (1742). Après ce voyage et après avoir, fann'a suivante, aux Irais du baron Bjelke. exploré les petites îles des côtes de Soder- manland et de Rostagcn, il accompagna sou protecteur, en 1744, à travel's la Russie et une partie de l'Ukraine. Encore étudiant, il avait déjà acquis assez tic renommé pour être élu, en 174»î, membre de l'Académie Royale de Stolkholm. En 1747, il était nommé professeur d'économie- à l'univer- sité d'Abo. C'est cette même année qu'il entreprit son fameux voya- ge dans l'Amérique du Nord. En .Suède, au dix-huitième siècle, l'argent était plus rare que les savants. Pour pourvoir aux dépenses d'un aussi long voyage. l'Académie Royale des Sciences de Stockholm, qui s'était chargé de son organisation, s'adressa aux trois Digitized by Google universités d'Abo, de Lund et d'Upsal qui souscrivirent d'assez importantes sommes. Kulm dépensa dansée voyage, outre les sommes souscrites, près de l'Ai) louis pris sur ses propres économies. Kalin partit d'Upsal le 1«> octobre 1747. Le jardinier Lars Yungstrocem, l'accompagnait. Après avoir voyagé en lOuropo» pendant plusieurs mois, les deux voyageurs s'em- barquèrent à Londres le â août 174S et arrivèrent à Phila- delphie le 2<» septembre suivant, Kalm passa tout prè> d'une année à visiter la flore des provinces de New-Jersey et de New- York. C'est au mois de juillet 1749 que le naturaliste suédois passa dans la Nouvelle-France. 11 fut reçu ici à bras ou- verts. Not îv pays était alors gouverné par M. de La (îalis- sonnière. un savant en même temps qu'un marin très expé- rimenté. Voici dans quels ternies l'intendant Bigot- rendait compte au ministre, quelques semaines plus tard, du séjour de Kalm dans la Nouvelle- Franco : Québec, lô octobre 174!». Monsi i g rieur, .l'ai l'honneur de vous informer qu'il est venu en ce pays un académicien Suédois nommé- Pierre Kalm. muni des pas soportsdu Roy de France et de Monsieur le Marquis de Laumary, ambassadeur à la Cour de Suède. Lorsqu'il arriva au fort St -Frédéric, venant de la Nouvelle- Angleterre, le commandant de ce fort en donna avis à Monsieur le Comte de la Calissonnière qui luy ordonna de lournir au dit Sr Kalm un canot armé et tout ce qui lui sentit nécessaire pour se n ndre à Québec, où il ne s'est occupé suivant le compte qui nous en a été rendu parle Sieur (iautior, médecin qui Pa toujours accompagné, qu'à faire des observations sur les minéraux, sur les végétaux et 6ur les animaux, ce médecin nous a assuré que ce* observations n'avoient d'autre objet que de les connaître et d'en faire la description. II a séjourné à Québec environ 40 jours, et Monsieur de la (Taltasonniére m 'ayant dit que de pareils botanistes qui avoient esté envoyé de France en Suède, y avoient esté bien traités et même défrayés, j'ay fait payer icy par représailles, sa pension, ainsi que les dépenses que les recherches qu'il y a faites ont occasionné. Il est parti de Québec il y a environ un mois ; je donnay ordre à Montréal de le défrayer dans sa route et ]K>ndant le séjour qu'il y feroit ; on m'écrit qu'il en est parti le 10 de ce mois pour se rendre ù Orange par le fort St- Pruderie, il vouloit s'en retourner par le fort Frontenac pour se rendre à Chouaguîn, mais Monsieur le Marquis de la Jonequière n'a pas jugé à propos de luy permettre de prendre cette route, dont il a paru mortifié. Ce botaniste emporte avec luy beaucoup de plante* et d'arbres. J'espère, Monseigneur, que vous approuvez que j'ay fait payer les dépenses qu'il a occasionné et dont cy joint on «•ont les états. Je suis avec un profond respect, Monseigneur, Votre très humble et très obéissant serviteur, BlUOT. L'état de compte dont parle Bigot dans la lettre ci -dessus a été conservé. On aimera peut-être à savoir ce qu'il en eoûta au gouvernement français pour faire les honneurs de *a colonie de la Nouvel le -France au savant suédois. Voici : Etat de la dépense que le sieûr Pierre Kalms, académi- cien suédois, muni des passeport» du roy pour la recherche des diverses plantes, graines et herbes, u faites pendant son séjour à Québec, s>;avoir : Payé H la demoiselle La jus pour son logement et nourriture pendant trente huit jours à raison de 4 1. 10 s. par jour 171 lbs. Payé & la dite demoisello pour le logement et nour- riture de Lament imgstrom (Lars Yungs- troeem) son domestique pendant le même espace do temps à 1. 1 10 s 57 " Payé à divers habitans qui l'ont mené en canots avec Monsieur Gautier médecin du Koy en ce pays de Québec à la baye St-Paul pour aller à la découverte des Mines qui sont au dit endroit , tant pour le dit voyage que pour leur subsistance 358 44 Payé a un homme de Loretto comme guide 12 " Payé a divers habitans qui l'ont conduit en canot de Québec à Montréal 180 " 778 tbs. Après avoir visité la Nouvelle-France, Kalm retourna dans la Nouvelle-Angleterre. Ce n'est qu'en 1751 qu'il se rembarqua pour l'Angleterre. La traversée fut périlleuse. Enfin, le 13 juillet, il revoyait Stockholm, après une ab- sence de tout près de quatre années. Il se fit alors consacrer pasteur, et, on 1757, il était nom- mé pasteur d'abord à Pikkis, puis à la prébende de Sainte- Marie. Au jubilé de 17o'8, Kalm fut promu au grade de docteur en théologie ; et en 1772, à l'occasion du couronnement du ■ - 72 - Roi, il fut nommé chevalier de l'ordre de Wasa. conféré alors pour la première lois à un pasteur sti.'dois. 11 mourut le 1(5 novembre 1771». Kalm a laissé 150 dissertations académiques, de nombreux mémoires d'histoire naturelle, dVconomie et do topogra- phie. Le récit de son voyage en Amérique a été traduit en allemand, en anglais et en français. Cette dernière traduc- tion, faite par feu M. L.-W. Marchand, a «'té publiée dans es Mémoires de la Société Historique de Montréal. PlKRKE-CÎEOROKS ROT LE MORCELLEMENT DES PROPRIÉTÉS Sous le régime français, l'autorité s'opposait de toutes ses forces à ce que les colons n'établissent sur des propriétés «le peu d'étendue. Par une ordonnance du 28 avril 1745, lo roi Louis XV défendit de construire des maisons sur de* pièces de terre de moins d'un arj>ent et demi de front, sur trente de profondeur. Cinq habitants de l'île d'Orléans furent jwmrsuivis pour contravention à ce règlement et furent condamnés, le 12 janvier 1752, par l'intendant Fran- çois Bigot, ù payer chacun cent francs d'amende aux pau- vres de leur paroisse respective et :l déimdir leurs bâtisses «lans un délai de quatre mois. Les noms de ces propriétai- res étaient : Pierre Laehance, sieur Curodeau, J.-Bte Martel, forgeron, Jean-Marie Plante, tous de Saint-Jean, et le nommé Serrant, cabaretier de Sainte- Famille (2e vol. Ed. et Ora\ 594). L'abbé L.-E. Bois Digitized by Google ARMES DES LIEUTENANTS-GOUVERNEURS DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Voici la description donnée par M. Eugène Taché des armes des lieutenants-gouverneurs de la province de Québec : »Sir Narcisse-F. Belleau, l'honorable René-Edouard Carou, l'honorable Luc Letellier de Saint-Just, l'honorable Théo- dore Robitaille, l'honorable Louis- Rodrigue Masson, l'hono- rable Auguste-Réal Angers, sir J.-Adolphe Chapleau et rhonorable Louis-A. Jetté. BELLEAU D'azur au chevron d'or, accompagné de trois chouettes de sable deux et un,— avec la devise : Je veille. 2 — 74 — CARON ïVargent à la bande d'azur scmde de fleura do lis d or, — »vec la devise : Suaviter in modo, fort iter in re, LETELLIER DE SAINT-JUST De gueules do la fasco d'argent chargée de trois feuilles livrable tiges de sinople, accompagnée de deux éperons d «»r en chef et d une main senestre coulour naturelle en pointe, —avec la devise : Hœc inanus ob patriatn. Digitized by Google — 76 - RO BIT AILLE nxw. la «levine : A ciel ouvert. MASSON Tranche" d'or et d'azur, ce dernier chargé on chef «l'une tête «le griffon ailé d'argent, — avec la devise ï T>ku ayiont. — 76 — ANGERS Ecartelo en sautoir, au premier et au quatrième d'azur X l'étoile d'argent, au deuxième et au troisième d'or à la roœ de gueules tigée de sinople. Sur le tout, de gueules à la tête de chérubin d'or aîlé du même, — avec la devise: Par toute hachure ou incrustation (fond uni). Les armes dont on vient de lire la description peuvent, pour la plupart, être vues au Palais Législatif de Québec, où elles ont été sculptées dans la pierre. On les a distribuées de la manière suivante : Les armes de Sir N.-F. lielleau et de l'honorable R-E^ Caron, au-dessus de la porte d'entrée de la fayade donnant *ur la Grande Allée ; Les armes de l'honorable Th. Robitaillc et de l'honorable L.-K. liasson dans les parements du vestibule de l'entrée d'honneur du Palais, au-dessous du campanile \ Les armes de l'honorable L. Lctellior de Saint-Ju&t et d» sir Adolphe Chapleau au-dessus de la porte d'entrée cerv traie donnant sur la rue Saint- Augiuftiu ; Les armes de l'honorable A.-JÎ. Angers au-dessus de la porte d'entrée donnant sur la rue Sainte-Julie. Les armes de l'honorable L.-A. Jotté n'ont pas encore été aculptées au Palais Législatif. K. G. LE LUTIN Sorte de génie malfaisant,ayant autrefois donné coursa une superstition fort répandue. Le iuttin. qui connaissait l'amour de nos " habitants " pour leurs chevaux, se plaisait surtout à épuiser ses diableries sur ces intéressants quadrupèdes. Tantôt, se glissant dans les écuries, il emmêlait queues et crinières ; tantôt encore il lançait les pauvre» bêtes dan» un galop désordonné à travers champs, et ne les ramenait au petit matin, quo fourbues, poussives, et les flancs blancs d'écume. Pour éloigner le lutin des écuries, il fallait t nicer une grande croix sur les portes, et c'est ce qui se fait encore aujourd'hui parmi les Acadiens et les riverains du ba* Saint-Laurent. Sylva Cl a pin Digitized by Google LA BOUJONNIER Dans une colonie de cinq ou six cents âmos, comme l'était le Canada en 1650, tous les individus attirent l'attention à un degré intense, pareequo même le plus humble d'entre ■eux compte en sens inverse du petit nombre de la masse. Un notaire devient un personnage historique, puisqu'il con- signe par écrit certains laits que sa signature revêt d'un caractère d'authenticité indéniable. Parlons donc, aujour- d'hui, du premier tabellion des Trois- Rivières. M. Ernest Myrand (Recherche* Historiques, novembre 1898, p. 325) nous montre Flour Boujonnier secrétaire du gouverneur général d'Ailleboust à la date du 10 février 1649. Il faut en conclure que M. d'Ailleboust, arrivant de France, le 20 août 1648, avait amené avec lui ce fonction- naire que l'on ne voit nulle part dans les années précédentes Iians le tome I, p. 404, des Jugement* du Come.il Souverain, on voit que, le 2 juin 1050., Boujonnier enregist re, par ordre du gouverneur, le titre du 5 avril 1644 accordaut à Jacques llertel le tief de l'Arbre-à-la-Croix qui se trouva compris par la suite dans la seigneurie de Charaplain. Le greffe des notaires des Trois- Rivières commence le 19 Juin 1650, par un acte de La Boujonnier. La deuxième pièce est de Nicolas Gatineau dit Duplessis, du 7 août sui- vant. Le 4 juin 1651 M- d'Ailleboust étant aux Trois- Ri- vières, accorde aux Pères Jésuites le petit morceau de terre appelé tief Pachirini. En cette circonstance la signature du secrétaire du gouverneur prend la forme de " 0. Bouron- sier" mais, d'après M. .Myrand et le notaire Ameau, on doit lire " Boujonnier." L'inventaire de la succession de Jaeques Hertel, aux Trois- Rivières, mois d'août 1651, est dressé par Gatineau, qui était commis du poste de traite. Le 19 mars — 80 — 1652, Sévérin Ameau signe .son premier acte mais sans dire qu'il est notaire aux Trois-liivières. Il écrivit son dernier, dans le même lieu, cinquante ans plus tard. Jusqu'à l'automne de 11551, Lu Boujonnier parait avoir vécu à Québec, auprès de M. d'Aillebou&t, mais ce dernier passant alors la charge de gouverneur-général à M. de Lauzon, il faut croire que notre secrétaire garde-notes suivit M. Guillaume Duplessis Kerbodot qui allait gouver- ner aux Trois- Ki vivre». Kerbodot était venu de Fiance avec M. de Lauzon ; il s'embarqua, à Québec, pour les Trois .Rivières le 10 novembre KJ51. Le 2i5 du mêmt mois. La lioujonnicr instrumentait en qualité de notaire dans ce dernier lieu. Le 1!) avril 1G52, d'après le Journal îles Jésuites, La Bou- jonnier, Charles Lcmoine et Jacques Leneuf de la Poterie arrivèrent à Québec venant des TroU- Rivière*. 1a> 7 juillet 1U52, La Boujoiiuier dresse, aux Trois- Riviè- res, un contrat de mariage auquel signe, comme U moin. Melle Mance, de passage en cet endroit. Le 5 août suivant. La Boujonnier prépare, aux T rois- Rivières, un acte par lequel Mathurin Baillargeon, Claude Jloussard et Denis Métayer vendent il Guillaume Dupiessi» Kerbodot un emplacement avec maison dessus construite. Le 18 août suivant, La Boujonnier est tué par les Iro- quois, à la sortie de la rivière des Trois Hi vière». Le lende- main Guillaume Duplessis Kerbodot est tué par ces Sauva- ges dans la banlieue, au-dessus tic la bourgade (Journal des Jésuites). 11 n'y a pas de mention de ces deux attaints au registre dos sépultures de la paroisse. ])ix jours après, 28 août, l'inventaire des biens de Tho- mas Godefroy de Normanville, tué le 1!», est faite par Ameau, qui prend le titre de notaire pour la première fois. Le lii décembre, Ameau déclare que le contrat de vente du Digitized by 5 août précèdent n'ayant pas été signé par La Boujonnier celui-ci étant " m>rt iuopinémimt ", n'a aucune valeur. Duplets Kcrbodot n'existant plus, les vendeurs passent la propriété en question à François Boiviu et Jean Parent. La Boujonnier a donc demeuré en Canada quatre ans, toujours employé comme secrétaire des gouverneurs, et notaire i l'occasion. Benjamin Sultk LES NOYAUX Voici que par hasard en parcourant curieusement le- feuillets d'une Encyclopédie «iénéralo des jeux, compilation de M. Benjamin l'ifteau, j'y trouvai un jeu: Lr* noyaux, de provenance canadienne, nous assuro-t-il. M. l'ifteau à édité ce livre probablement veis 1S40, car le millésime, que l'on trouve ^éuéra le ment au bas de la première page du livre, manque complètement ici, ou ailleurs dans le volume, mais a en juger par la plus récente date des ouvrages ayant servi au compilateur, un )>en plus d'un demi siècle s'est écoulé depuis la publication de l'Encyclopédie (Jénérale de- jeux, de Fi fléau. Des ouvrages remontant même au milieu du dix-septième siècle ont fourni matière à M. l'ifteau. Le jeu des noyaux est sans doute d'origine indigène. Les Sauvages, l'apprirent aux Français, coureurs des bois, ou vhas.sours, et quelque scribe amateur des jeux de hasard en prit note, afin qu'aujourd'hui, je puisse vous en rejKirler. Fifteau dit : li C'est un vieux jeu, qui vient du Canada. ( >n v joue avec huit novaux. noirs d'un côté et blancs de l'autre. On jette ces noyaux en l'air. S» les noirs se trou- vent impairs, celvii qui a jeté les noyaux gagne ce que l'autre a mis au jeu ; s'ils se trouvent ou tous noirs ou tous blancs, il en gagne le double. En dehors de ces deux cas il perd sa mise ' Régis lîov 3 - 82 — RÉPONSES La mort de lord Sydenham. (IV, IV, 435).— Le 4- septembre 1841, comme lord Sydenham revenait d'une excursion à cheval dans les environs de sa résidence. 1 Kings- ton, sou cheval Ht une chute et en tombant lui écrasa la jambe droite. Les médecins découvrirent que l'os principal de la jambe était fracturé obliquement et qu'il y avait en outre au-dessus du genou une largo blessure causée évidem- ment par l'angle d'une pierre. La prorogation du parlement avait été fixée au 15 ; elle fut retardée de deux jours afin de permettre au gouverneur d'être présent. Mais.dans l'intervallc.le mal de lonl Sydenham n'aggrava tellement que les m 'détins l'avertirent qu'il n'y avait pas de guérison possible. C'est le général Clitherow qui, par procuration, prorogea le Parlement le 18 septembre au matin. Ce jour-là môme, lord Sydenham ayant parfaitement conscience de son état , se tit donner les dernières consolations de son église. Il dicta aussi son testament et prit congé de tout son monde, en disant un bon mot à chacun. Il pria M. Murdoch, son secrétaire civil, d'écrire l'histoire de son ad- ministration au Canada. 11 manifesta à plusieurs reprises sa satisfaction de voir le Parlement prorogé, et les princi- paux points de sa mission au Canada accomplis. A son secré- taire privé, M. Grey, il dit : " Au revoir, s amis furent K trouver pour s'informer de sa santé : — Ave/.- vous été malade. M. lioux. que vous êtes sorti pendant le credo ?... — Pas du tout ... mais j'étais transi de froid. J'ai taillé de la besogne aux chantre* et je suis allé me chantier à la sacristie, voila !... Gl STAVE Ol ÏMET Le» naufrage de P "Africaine". (IV, XII, ô-K!.)— En 1822, la frégate française Y Africaine faisait naufrage sur les récifs de l'île de Sable. L'équipage échappa à la mort. Il n'y a pas eneore bien longtemps, une des grandes ver- gues de Y Africaine servait de mât de pavillon au poste prin- cipal de l'île. Dans son étude sur Les Sablons. M. J.C 'fâché raconte que Louis XVI H, roi de France, fit tenir a M. Darby, alors surintendant do la station de sauvetage de 1 île, avec l'ex- pression de sa gratitude, une médaille d'or frappée pour l'occasion, avec une coupe remplie de louis d'or pour les membres du corps de sauvetage. Je crois quo M. Taché faisait erreur en donnant M. Darby comme le récipiendaire de la médaille en question, car M. Darby ne fut nommé surintendant qu'en 1830. C'est M. Kdward Hodgson qui remplissait cette position en 1S22. Geokgk Johnson Irlandais, " ttsis de Sine". (IV, X1L :.ôl.)— Cu •honorable citoyen de .Montréal, venu lui m.* me d'Irlande il y a soixante ans. m'a fourni l'explication suivante sur cette appellation do Bus de Soie que l'on donnait aux Irlandais, plut ".t il y u quelque vingt-cinq à cinquante ans. qu'on ne Je fait maintenant, dans le Canada Français. - Mes compa- triotes, me dit-il, qui arrivaient alors en grand nombre à Québec et à Montréal, portaient pour la plupart là culotte ■courte ne descendant que jusqu'aux genoux, et comme leurs bas ne montaient guère plus haut que la chaussure il y avait solution de continuité de vêtements de la culotte à la botte, laissant la jambe nue. ( ' est cette peau de jambe au naturel que les Canadiens avaient par plaisanterie qualifiée de " bas de soie !', et passant bientôt de la jambe à toute la personne on appelait les Irlandais les bas de soie." C C. Discount s.)— u« a fait circuler dans les journaux un discours que le colonel de Sa la berry aurait adressé à ses soldats avant que de com- mander le feu. le matin de Châteauguay. Passons le en revue avant que de l'admettre au rang des pn-cs officielles. Il renferme quatre-vingts mots qui prêtent à quatre réfle- xions, pour le moins : li Voltigeurs ! " L'armée américaine est sur vos talons, mais il faut l'ar- rêter dans sa marche ou mourir. Que chaque balle abatte un ennemi, et malheur à celui qui manquera ou perdra sa poudre, car mon sabre lui fera sauter la tête ! Clairons ! faites un bruit d'enfer, afin que les Américains nous croient en grand nombre et qu'ils sont tomb -s dans une embuscade. Officiers ! faites votre devoir. Ordonnez :'«. vos soldats de faire un feu roulaut, et vive la vieille Angleterre !" < — M — La coutume de haranguer les troupes nu montent d'eu Tenir aux mains avec l'ennemi date de la révolution Iran çaise ; elle ne paraît avoir été pratiquée par aucun comman- dant eu Canada, car il n'existe pas de trace j>armi nous de rot te manière d'agir. Nous ne comprenons pas que de Salaberry en ait fait usage. Mais voyons plus loin. Kn ce qui regarde Cbâteauguuv, les narrations si pr«'c:ses, si completes des deux témoins oculaires, Michel O'Sullivan et de Charles l'inguet n'en distînt mot. Remarquons aussi que les cinq cents hommes de Salal»erry étaient dispersés sur un mille de profondeur avec un demi mille de f ront. La tonne de la bataille écarte toute idée d'une improvisation de ce genre. Napoléon lui-même, qui se montrait prodigue de ces so îles d'apostrophes, adressait ses paroles aux troupe? par le moyen de papier» imprimés que chaque colonel quel- quefois un sergent, lisait dans les corps, avant que d'ébran- ler ceux-ci. L'existence du morceau littéraire ci-dessus, assez ampoulé d'ailleurs, semble d'une origine fort douteux». Xous aurions besoin de bonnes preuves pour croire à son authenticité his- torique. C'est évidemment une eonqiosilion de collège — mais elle a pu être faite par un vieillard tout aussi bien que- par un enfant. Voltigeur» ! s'écria-t-il. Pourquoi les Voltigeurs, plutôt que les autres qui dépassaient huit fois leur nombre V L'au- teur du discours tombe dans l'erreur populaire qui donne aux Voltigeurs le gain de la bataille. Salaberry n'aurait pas fait cette bourde s'il eut parlé, car il y avait en première ligne les Fencibles. la milice de Heauharnois et les Volti- geurs, suns compter les autres. 4- Mon sabre lui fera sauter la tête." Tout cela pour avoir manqué un coup de fusil ! Tamerlan parlait de la sorte. Digitized by Google •.s adressant à des barbares. Los chrétiens n'ont pas de -ces .-allures. "Clairons! faites an bruit d'enfer" Ces paroles nous remettent en mémoire le bon nègre Soulouque 1, emjiereur d'Haïti, clamant d'une voix forte : " Tambours, roulez î " Pas de roulement. Le tambour-major, interpellé, réjK>nd eu son langage naïf : Ti aly !... Ça, c'est mieux. Continuez ! "... Combien plus eette description est naturelle ! et à quo< sert d'imaginer des phrases qui ont l'air de dire : •• Soldat.- '■ contemplez les pyramides pendant quarante siècles!" Benjamin Sli.te Patriotes OU 3Iartyi*s. (V. I.5ti2.) On.se demande encore aujourd'hui si les missionnaires de la Nouvelle- France, brfdés ]>ar les Iroquois ou assassinés par les l Lirons renégats furent mis à mort plutôt en haine de la loi chré- tienne que du nom et du sang français. Le martyre de .lean de Brébeuf est le seul qui ne soutire aueun doute possible à eet égard. Ses l>ourreaux témoignent admirablement en sa laveur et s'il est, comme j'en ai la fern\e conviction, cano- nisé dans un avenir beaucoup plus prochain qu'on ne le croit généralement, le premier dos martyrs du Canada par l'héroïsme de son courage et le ralliucmcnt des tortures subies, devra aux Iroquois l'honneur de monter sur les autels. C est eux qui lui disaient avec une ironie féroce, un sarcasme diabolique : ;- Tu baptisais nos enfants avec de l'eau froide, nous allons te baptiser à notre tour avec de l'huile bouillante ! '' A lui seul ce lait historique, dont la vérité demeure indéniablement établie, sutht à prouver que Jean de Brébeuf fut vmrtyrht ; en haine la fvi <:hrtUi< rune. Il est fâcheux que nous n'avions pas une preuve aussi positive en faveur d'isaac Jogues, lîéné Goupil, Daniel. Lalemant, (Marnier, Chabanel. Buteux, Garreau, et des autres, missionnaires ou catéchistes, massacrés par les farou- ches Agniers. Le moins que l'on puisse atliriner cependant est qu'ils furent exterminés autant en haine du nom français qu'en haine de la foi chrétienne. Lisez, par exemple, dans i i i Digitized by Google les Relations ties Jésuites, l'exécution de cot héroïque habi- tant du Cap- .Rouge, Mathurin Franchotot, qui fut brûlé le 8 î-eptembre 105:?, et mourut on chantant Y Ave Maris Stella d'une voix aussi forme, aussi lente, aussi douce qu'au lutrin de la cathédrale de Québec. Et. devant ce miracle de courage physique et moral, vous hésiterez à prononcer sur le caractère patriotique ou religieux de eette mort admira- ble que saint Francois- Xavier lui-même, de$i>lcrio martyr, eût enviée à cet obscur prisonnier de guerre dont. l'histoire du Canada devrait mieux retenir et transmettre le nom glorieux à la postérité. Kl il en est de Louis (iuimont, Pierre Rencontre, Antoine de la Meslée (Epistola lier. P. Gabriclis Druillettex, Sodé- tatis Jesu Presbi/teri, aécialement commis aux soins du Père DruillettOH, de K546 à lbT>2) contre le Mohack (Ix»s Iroquois d' Albany appelés Ayniers par les Français. Mohawks par les Anglais, étaient les plus belli queux des Cinq Nations) qui non seulement persécutent les Canadiens ehritiens, mais encore les torturent très cruelle ment, les brûlent à petit feu <'/» fuit ne de la foi chrétienne." La lettre du Pére Druillettes. texte original latin avec (a traduction anglaise en regard, sera tout prochainement publiée dans la célèbre édition américaine des Relations des Jésuites actuellement eu voie de publication (le trentième volume vient do paraître) chez The Burrow* Brother* Company, Cleveland, Ohio, E. U. A lui seul ce fragment de lettre suffirait a établir l'incon- testable valeur historique du document qui va paraître et que je me fais un devoir de signaler aux souscripteurs pri vilégiéB de cet ouvrage essentiellement classique. E. M. Doriou, l*"Enrant Terrible". (V, I, 5G4.)— Je tiens de M. l'abbé J. H. Dorion, ancien curé d'Yamachiche. que le surnom d'" Enfant Terrible," porté par son frère J.-B.-Erie, lui avait été donné dans sa famille, alors qu'il manifestait, dès ses premières années, des allures assez tapageuses. D. Digitized by Google Le fondateur de Terrebonne*. (VI. I. 571.)— L'existence do Terrehounc, I'. (,>.. dale de l'an ne'e 1<>78. époque ù laquelle* la .seigneurie «le Torre hon ne lût conexh'e au sieur d'Autier-des Lande-, qui on tût le premier soigneur ; lequel construisit dès lors les premiers moulins à scies et à l'urine sur l'un des chenaux forme la rivière Jésus, entre l'île du moulin " et la ville de Torrehonne. Vers l'année llï!»S. M. Lol'ago devint propri •.'•taiiv de la dite seigneurie et de ses dépendances, et clans sa munificence il érigea sur la pointe de terre que l'orme la ville de Terre- honne. aujourd'hui vis-à-vis la c. ièhro île • St-.Jean "et celle ■•du moulin. " l'une des plus antiques et des plus holies églises qui lurent construites en cailloux; laquelle pouvait eu com hraver les siècles à venir ; malheureusement, par un acte de vandalisme inexplieahle. ce vieux monument d'un autre âge a été détruit sans hut avéré, attendu que le terrain sur lequel il était construit est maintenant vacant. '."était l'endroit le plus pittoresque connu et choisi par l'ancien seigneur lui-même et c'est duns cette église, si pré- cieuse en souvenirs (tour tant de générations, que les descen- dants de la famille Le l'âge ont conservé l'usage gratuit de leur hanc seigneurial, à titre de reconnaissance. Les successeurs de .\L Le l'âge, comme propriétaires de la seigneurie de Terre! ton ne, furent successivement MM.. MeTavish, McKcn/.ie. hourgeois de la Compagnie du Xord- Ouest.et tinalement l'honorahle Joseph M assoit et son épouse, dont les héritiers sont actuellement les propriétaires. .1. C. A ne; eu ** Les bonnes années."— (V. IL 5sl.)— Le Canada s'était révélé aux yeux des officiera anglais durant la guerre de l'indépendance des Etats-Unis (177"» 17 s 1). Ses produc- . fW l'a* 9 tions naturelles, peu ou j.Kiint exploitées alors, offraient d'immenses ressources à qui voudrait en tirer partie. Lors- que la France s'arma (17ï>2) il devint évident, que les hos- tilités allaient renaître en Kurope, aussi l'Angleterre se liât a-l-elle de pourvoir à ses armements et â sa nourrituiv par des achats faits en dehors des Trois- Ko van mes, ear cette puissance ne rencontre point dans son territoire pro- pre tous les produits qui lui sont nécessaires. On tit app«l au Canada et bientôt le blé. le chanvre, le goudron, les bois de mâtures sortirent du Saint-Laurent en abondance. Au cool's des antii'cs 17ÎKJ-1812 ce conuneree ne lit (pu* se déve- lopper ; la construction des navires devint chez nous une industrie sérieuse, la hache entama nos lorêts s culahvs, les cultivateurs doublèrent et quadruplèrent leurs revenus, tous les métiers avaient de l'emploi, le crédit était inconnu, chaque opération se réglait argent comptant — ce lurent *' les lionnes années.'' expression maintenant légendaire, qui disparaîtra, comme toutes les légendes, si on ne la consigne dans l'histoire avec son véritable sens. Benjamin Scltb Thomas Piclion. (V. I, ôtifl.) — M. le comte de Ray- mond débarqua il Louisbourg le 11) août 17ol pour rempla- cer M!. Dos Herbiers, comme gouverneur de l'Ile Royale. Thomas Pichon accompagnait le comte à titre de sécré- tai re. Le 4 novembre suivant, le gouverneur, écrivant au minis- tre demandait pour M. Pichon la charge do conseiller du Koi, à l'amirauté, à Louisbourg, dans les intérêts du com- merce. Le 22 septeinbiv 1752. M. do Raymond fait rapport d'un voyage d'inspection dans l'île Royale. Son secrétaire qui était aussi du parti commença alors l'envoi de lettres tri» détaillées au sujet des ressource:* de l'île, sa topographie, h» population, moyens de défonce, etc. Ces é pitres très intéres- santi s étaient destinées à des officiers de Sa Majesté Britan- nique. Bichon, tout bonnement, était un traître, un espion. En 175::, le -1 juillet, le comte demande nu ministre la permission d'envoyer le sieur Bichon à Beauséjour. La per- mission lui fut accordée, ear Piehon parait à cet endroit, et Venhnd avec les officiers anglais pour livrer les secrets des officier* français. Il avait ù Bkuius'jinir de dignes eomp>res ; entrant .res Vorg >r. qui eouimandait. Beauséjour succomba facilement à la première démonstration hostile de l'ennemi. Cet épisode ligure dans l'histoire de l'Acadie sous le vocable : >/u sii-jc de velours, en dérision du peu do résistance, ou plu- tôt de la lâcheté de son commandant. Après cela. Bichon, il parait, fut mené à Halifax comme prisonnier de guerre. I<\, il recherchait les Françait (pie le sort îles armes poussaient aux mains des Anglais, et il cherchait X s'insinuer dans leur contiance et à surprendre les plans de ses compatriotes pour en faire le profit des sol- dats d'Albion. Enfin d'après .ses lettre* (Lettres et mémoire* pour servir à l'histoire naturelle, civile et politique du Cap Breton, depuis ton établissement jusqu'à la reprise rie cette isle par /es Antjlti'S en 175S), on retrouve Bichon au siège de Louis- bourg en 17ôS. Buis il passa eu Angleterre, où il finit se> jours en 1781. Je conseillerais à, XX qui demande des renseignements sur Bichon de lire Aeadia de M. Edouard Bichard, surtout le tome I. Béuis 11 tr — 04 — Le mot 44 gerrymander *\ (V. II, r.so.)— Pnnw»- eez >f/crr(iiii)(iniu'"lcr. Néologisme politique, d'origine américaine, servant ïi désigner un arran^eruoiit particulier dt* divisions électorales d'un état ou d'un comté, l'ar cet arrangement, le parti au pouvoir cherche à remanier ce* divisions électorales do lelle sorte eue advenant une élection, il obtiendra sûrement l'avantage sur *.>u concurrent, q r.iu: même celui-ci aurait en réalité pour lui la majorité de* voies L'origine du mot s-garous que l'île d'Orléans. Délicieu- ses histoires, contes charmants, qui me rappelez les souve- nirs de mon enfance, pourquoi vous laisscrais-je dans l'oubli ? Pourquoi ma plumose refuserait-elle à ret racer cos légendes naïves qui peignent si bien la bonne foi de nos ancêtres, leur esprit religieux, eu même temps qu'elles rappellent leur noble origine. Ceux qui nous ont légué ces contes, qui, depuis quelques années, commencent à se perdre dans la mémoire du peuple, les racontaient au bivouac, au milieu de la forêt, à la belle étoile, entre le combat du jour et celui du lendemain. Et ees héros, soldats aussi îiers sur le champ de bataille que citoyens paisibles à la chaumière, versaient des larme» en les transmettant à leurs enfants : ear. pour oux.e'était le souve- nir de leur belle Normandie ou de leur noble Brelagne.qui se retraçait à leur esprit. Ainsi donc, pourquoi ne K-s pas ni] (peler ? Les feux-follets bo manifestent sous l'apparence de flam- mes, dont la couleur est loin d'être uniforme; les uns la disent bleue, d'autres, rouge, d'autres, verte. Peu importe la couleur ; c'est un détail qui regarde les feux follets, et personne n'a le droit de leur imposer de règles là-dessus. Mais il est un point sur lequel tout le monde est d'accord, et que personne n'a songé à contester: c'est que le feu-follet, dont le vol est rapide, les zi/.gags très nombreux ; n'a d'au- tre ambition que d'attirer les gon» dans les précipices. Triste prérogative que possède la lumière du feu-follet, en coin, inuii avec bien d'autres lumières du siècle, moins brillantes peut et re, mais dont les danger* de s'ductiou ne sont pas moins à redouter. llwn qu'à cette part icuhirit é, qui pourrait douter que le feu-follet ne soil autre chose «pie le malin esprit ? A usai la présence de ces diablotins ennumm's aurait elle été pour les habitants de l'île d'Orhans une souive amèro de d.sagré- ments, si leur esprit inventif n'eût découvert deux movens aussi simples qu'infaillibles de se débarrasser de leur présence imp.»rtuue. C'est un secret, cela et, à titre d'initié, mon indiscré- tion rue serat-olle pardonn. e ? A tout risque, voici la recette : Piquez une aiguille ou votre couteau sur la clôture, et le feu- fol lot s'arrête tout court, comme par un charme. Alors de deux choses l'une : ou bien le teu-lollot *o déchire sur le couteau, et par là mê- me se tit-ltvm ; ou bien il s Y puise en cîî'ortsinterininables pour passer par le trou de l'aiguille, et, dans l'intorvalle, vous avez le temps de regagner votre demeure et de vous mettre à l'abri. Ce n'est pas tout ; le diable trouvait encore bien d'autres moyens de s'immiscer dans les allai tvs des gens de l'île d'Orléans. C est ainsi, par exemple, qu'on le rencont rait parfois au bal. sous l'apparence d'un beau monsieur, tout habillé de draj) tin, des pieds à la tête. Dans cette circonstance, il gardait toujours ses gants pour cacher se» grilles, et son chapeau, pour dissimuler ses cor- nes ; et d'ordinaire il dansait arec la plus fringante des tille* de la compagnie. Puis, au beau milieu d'une dance, voici ce qui arrivait : tout à coup un cri perçant se faisait enten- dre, et lo beau monsieur faisait comme un éclair à travers une fenêtre, emportaut avec lui quelque menu détail du ménage comme le lour, par exemple. Quant à, la demoiselle, — 102 — elle en était quitte pour un coup de grille. Il n'est pas pans intérêt d'ajouter que lu présence accidentelle d'un enfant au milieu de l'appartement ne manquait jamais de trahir la présence du diable, tanU le pauvre innocent criait et pleu- rait. C'était quand on allait quérir le prêtre pour quelque ma- lade durant la nuit, que le diable en taisait de ces eit'orts, — j'allais dire surhumains, — pour relarder l'arriver du minis- tre de l>ieu. Comme de raison, il jouait gros feu, puisqu'il s agissait pour lui, ni plus ni moins, que du gain ou de la perte d'une fiine. Aussi que de choses n'arrivait-il pas alors ! Aut*i, les chevaux, tout à coup et sans aucun à-propos, se trouvaient dételés ; le harnais se retournait, et de lui-même bout pour bout ; des chandelles tout allumées apparaissaient, sur la tête du cheval. Kn prévision de toutes ces aventures diaboliques, on n'al- lait jamais quérir le curé qu'avec deux voitures : si quelque accident survenait à l'une, l'autre au moins était encore disponible. Combien de fois encore n'est-il pas arrivé qu'en allant à- l'écurie, le matin, pour faire son train, on ait été tout sur- pris de trouver son cheval harassé, épuisé, blanc d'écume, avec le crin du cou et de la queue tout tressé. 11 aurait fallu être bien naïé pour ne. pas reconnaître encore là un de ces tours du lutin, qui profitait de la nuit et de l'al«ence des gens pour se promener à leurs dépens. 11 est consolant d'ajouter que, pour lui faire passer cette fantaisie, il suffisait, de verser un minot do son à la porte de l'écurie. Le lutin, homme d'ordre avant tout, avait le soin, en prenant congé du cheval, de remettre ehaqvie eln»c >a place comme il l'avait trouvée : tâche dont il s'acquittait à merveille et en Digitized by Googh — 103 — homme nom pu leu x. Or, pour parvenir à l'écurie désormais, il lui fallait bien mettre le pied sur le son, dont les grains se trouvaient par là dérangés. Force lui était donc de remettre un à un tous ces milliers de grains en leur place, comme ci-devant ; durant ce temps, l'aurore venait, et adieu la promenade ! Heureusement qu'une occasion, comme il no n'en présente gu ro, s'otl'rit un jour aux sorciers de l'île d'Orléans pour faire expier au diable une partie des mécomptes dont il s'était rendu coupable envers eux. Dans ce temps-là, on construisait l'église de Saint-Laurent. Or, prés de cette église se trouvent les coteaux de Saint Laurent, dont la pente est abrupte et la montée difficile. Les chevaux en avaient tout leur raide à charroyer la pierre en ces endroits, et les habitants se plaignaient amèrement. Le constructeur, tin matois, et homme bien éduqué, leur annonça un jour, pour faire cesser leurs plaintes, qu'il allait leur procurer un cheval bien fort, si fort, qu'il pourrait traîner, à lui seul, la charge de quatre chevaux ordinaires. Aussitôt dit, aussitôt fait : voilà notre homme qui s'en- ferme pendant quelque temps à l'écart, sans doute pour lire le Petit Albert. C'est un livre extraordinaire que celui-là, at qui contient des choses fort mervoilleuses, entre autres, un chapitre tout écrit avec des croix ? Peu de temps après, l'entrepreneur revint, conduisant par la bride un cheval si beau, qu'on en avait jamais vu de pareil. Kt alors il dit aux habitants : — " Or ça,faite»-le travailler sans pitié ; mais, pour aucune raison au monde, il ne faut lo débrider. Qu'il piaiTe, qu'il rue, qu'il hennisse, n'importe ; ne lui ôtez pas sa bride, pas même pour le faire boire." Le cheval fut confié aux mains d'un jeune homme, qui se mit à charroyer la pierre ; et tout allait à merveille. Digitized by Google — 104 — Mais, pendant tout ce temps, le pauvre animal avait l'air si fatigué, si exténué, il paraissait tant soullrirdu besoin do boire, que, vers le soir, son conducteur,— jeune gars inexpé- rimenté comme tous eux d'alors, et probablement ceux d'aujourd'hui.— se laissa toucher de pkL. et le conduisit au ruisseau voisin pour le taire boire. .1 usque-l.i eu u était pas mal ; mais, comme le pauvre animal faisait mine do ne pou- voir avaler avec sa bride, voila- not re étourdi qui la lui en- lève : et aussitôt, plus de cheval ! il se précipite dans le ruis- seau voisin, transformé en anguille, et rour» djirès. Heureusement qu'à cette heure les pierres étaient toutes charroyées, À l'exception d'un seule, qui, depui> lors, a tou- jours manqué à l'édifice*. Ht itKKT LaRue LA RARETÉ DE L'ARGENT AUTREFOIS On ne s'imagine pas aujourd'hui combien était rare l'ar- gent au commencement du dix-huitième siècle dans la Xou- velle-France. Voici un fait qui peut en donner une idée. Les iles à l'Aigle et à la Grenouille, comprenant cinq cent soixante et cinq arpents en superficie, qui avaient été con- cédées le 1!) octobre HW{. À Etienne Volland, aieur de Ra- disson, par M. le comte de Frontenac et le chevalier sei- gneur de Champignv. gouverneur et intendant, furent ven- dues à Jacques Brissct par le dit Radisson. par contrat de- vant Mtre Adhémar Saint -Martin, notaire à Montréal, le 13 juillet 1712, pour la somme de .100 francs du pays. En atten- dant le paiement, qui devait être ù la convenance du pre- neur, il y avait une rente de 15 francs pur année, qui ne fut éteinte par le paiement des :-J0O francs que le 21 janvier 1752. Vn seigneur à qui il fallait quarante-deux ansetdomi pour payer une somme de 850 ! L'abbé Vincent Plinguet I - 105 — HABITANTS vs HIVERNANTS (1) Il y a à distinguer entre les mots colons, hivernants, in- terprètes, employ és de la traite, frutiguis, commis, habitants et fonctionnaires, durant les premières cinquantes années au innus qui vont de IMS à ltîtfO. Aucun terme n'a la même signification que l'autre dans cette série. Comprenons bien le sens attaché alors à chaque expression et notre his- toire, à ses débuts, deviendra plus claire, plus intelligible, plus réelle. Les Français qui ont les premiers fait la traite au Canada, y laissaient parfois des hivernants. Ceux de Chauvin, à Tadoussac,en 1599, périrent avant le retour de l'été. Ceux de M. de Monts, à Sainte-Croix, Acadie, en 1604, succombèrent, pour la plupart, à une espèce de scorbut, appelé le mal-de- terre. Lorsque Champlain eut construit une habitation à Québec, en 1608, il résolut d'y passer l'hiver, avec vingt- sept hommes ; le printemps arrivé, il n'en restait que huit — les autres ayant été emportés par la même maladie, cau- sée par les privations. Il n'y avait pas encore d'habitants dans le Canada. Les compagnies de traite, qui se succédèrent jusqu'à 1627, en- voyèrent des hivernants, mais il ne vint qu'un seul habitant, Louis Hébert, le pionnier de la population canadienne- fran- • çaise ; car tous, tant que nous sommes, nous descendons de l'habitant ot non pas do l'hivernant. L'hivernant était aux gages des compagnies de traite ; après trois ou quatre années, il retournait en France. L'habitant était celui qui prenait nne terre, se fixait à demeure dans le Canada et comptait y laisser sa famille ; dès les jours de Champlain, on le distinguait de l'hivernant. (1) IV, XI, 537. Digitized by Google Cet homme modeste, abatteur de la forêt, fondateur do paroisse, est la touche unique de notre peuple. I)e l'hivernant vinrent les Français, employ «s de la traite — administrateurs civils, officiers militaires, et menu- mis- sionnaires, gouverneurs-généraux, et tout ce qui repréêen- tait la Fiance proprement dite. Le Français " était de la classe des hivernants, purcoque lui et l'hivernant se recru- taient en France, et y retournaient après un certain séjour au Canada. Il en a été ainsi jusqu'à la conquête (17<»0). De l'habitant sortent, et sortent uniquement, les Cana- diens-Français. La distinction entre ces deux branches de la niée française, dans notre pays, date du temps de Chain- plain. L'homme qui faisait du Canada sa patrie d'adoption, tut de suite considéré comme un être distinct, des Français. Les compagnies de traile, repr sent/es par ]es employés, les missionnaires envoyés ici, les gouverneurs, les hommes de loi. et les officiers de l'armée formaient un monde à part, Entre ces doux groupes, il y a toujours eu divergence d'idées : l'une tenait pour le Canada, l'autre pour la France. L'habitant, et le terme qui le distingue, remontent donc à l'année Ifjl 7, autrement dit, à l'année de Louis Hébert- Qu'importe que les historiens n'aient pas saisi cela ! Ce n'est pas dans les hist orieus «pi'il faut étudier la question, mais dans les chroniques du temps. Si vous lise/, celles-ci, vous distinguerez aisément la différence, et vous arriverez à vous expliquer comment, en ln'45 — alors qu'il n'y avait pas plus de deux cent cinquante personnes établies sur notre soi — on a pu former la compagnie dito des habitants, qui enleva au moins le tiers de la irai to à la compagnie de la Nouvelle- France, protectrice intéressée des hivernants. Depuis ce jour, jusqu'à la conquête, la lutte dans le Canada a toujours été entre les habitaats et les hivernants. C'est donc une chose bien acquise que le mot u habitant ". Durant cinq quarts de siècle après 1U45, nous, les habitants, nous avons été appelée " Canadiens " parce que nous avions — 107 — fait du Canada notre patrio. Le» autres étaient des 41 Fran- çais " et ce terme couvrait le» gouverneurs, los missionnaires, les officiers de l'année et généralement tous eeux qui ve- naient de France exercer quelques fonctions durant une Après la conquête, la politique anglaise distingua très bien entre les habitants, qui formaient le gros de la popula- tion, et les Français restés au milieu do nous. Ces derniers finirent par disparaît re. Ce sont les his de l'habitant qui ont crée notre clergé na- tional, lait les luttes politiques, reconstitué U commerce dont nous avions été privés sous les Français et sous le» pre- miers Anglais, par la force des circonstances qui réservaient aux Européens l'exploitation de notre pays. J)e l'habitant aussi viennent ces écrivains passionnes pour nos gloires na- tionales, inspirateurs du sentiment canadien et dont la tiîclx» est aujourd'hui plus belle que jamais. Lorsque le duc do Clarence, plus tard (iuillaume IV. visita le Canada.il s'avisa un bon jour de traverser la f rou- tière qui sépare la province de Québec de l'état du Ver- mont. Comme un bon bourgeois, il se rendit chez un barbier pour se t'ai iv raser. La femme du barbier, une très jolio bru- nette, entrait juslemeut comme le prince se levait de la chai- se. Le prince la saisit parle cou et lui donna un retentissant baiser. — *l Allez maintenant^ lui dit-il, et dites à vos voisines que le fils du roi d'Angleterre a donné un baiser royal à, la temme d'un barbier yankee." L histoire ne dit pas si la jeune femme fut flattée de l'hon- neur que lui faisait le duc de Clarence. Fille n'est pas aussi silencieuse au sujet du barbier. Celui-ci saisissant le prince par les épaules lui donna un coup de pied au bon endroit en lui disant : — " Maintenaut,allez.et dites aux femmes de votre pays qu'un barbier yankee a donné un royal coup de pied période déterminée. Benjamin Sulti UN ROYAL COCP DE PIED LE COMTE DE MALARTIC La famille do Malartic compte parmi la plus vieille no- blesse de l'Armagnac. Elle remonte à Odon de Malartic, damoiseau vivant en 1209, père du chevalier croisJ Arnaud de Malartic présent, en 1252, au camp devant Joppé. Anne-Joseph-Hippolyte de Maurès, comte do Malartic, était le deuxième fils de Pierro-Hippolyte-Joseph de Maures de Malartic, et de Antoinette-Charlotte de Savignac de Saint- Urrisse. Trois de ses frères devinrent généraux. C'est à Montauban, le 3 juillet 1730, que naquit Anne de Malartic. Sorti, à l'âge de quinzo ans, du collège de Nan- terre il fut aussitôt nommé sous-lieutenant dans le régiment de la Sarre. Peu après, il obtint une compagnie dans lo ré giment de Béarn, avec lequel il tit, comme capitaine, les campagnes de Flandre,d' Italie et de Provence. Il fut nomuaé aide-major en octobre 1740. En 1755, il s'embarque pour la Nouvelle- France avec son régiment. L'année suivante, Montcalm remplace comme commandant dos troupes françaises, le baron Dieskau fait prisonnier au lac Saint-Sacrement. Dès lors, de Malartic le suit presque partout. Il îait partie de l'expédition dirigée par Montcalm en 175f> contre le fort Oswego ou Choueguen. L'année suivante, il assiste à la prise de William- Henry. En 1758, il prend part à la bataille de Carillon. Le régi- ment de Béarn était |»osté à 1» d roi to, et, au plus fort de l'action, Malartic eut le genou gauche percé d'une balle. Cette blessure lui valut la croix de Saint-Louis. A la bataille des Plaines d'Abraham, le 13 septembre 1759, il se bat comme un lion. Son cheval est tué sous lui et ses habits percés de balles. C'est de Malartic qui commandait la garde laissée à l'Hô- — 110 — pîtal-Général pour protéger les nombreux blessés, officiere- et soldat». Il gagna même l'estime du général Murray qui l'invita plusieurs loi* à dîner avec lui. A la bataille de Sainto-Foye, de Malartie fut de nouveau légèrement blessé. Cette fois ce fut un boulet de canon qui lui effleura la |H)itrine. Malgré cette belle victoire de SainU-Foye, Lévis fut obli- gé de lever le siôgo et de se replier sur Montréal. Après la capitulation do Montréal, de Malartie rentra en France avec les restes de l'armée. Kn avril 1763, de Malartie fut nommé major du régiment Royal-Comtois. Choiseul, alors ministre de la guerre, ne le trouvant pas assez récompense de ses beaux états do service, le fit nom- mer, deux mois après, colonel du régiment do Vermandois. Quatre ans après, tson régiment eut ordre de so rendre aux Antilles. C'est pendant cette campagne qu'il fut nom- mé commandant en chef et gouverneur de la Guadeloupe avec le grade de brigadier. Il passa ensuito à la Martinique et à Saint-Domingue où il fut d'un grand secours au prince de Rohan pour répri- mer les désordres qui s'étaient élovés dans cotte île. Rentré do nouveau en France avec son régiment, il fut détaché avec lui en Corse. Le 3 mars 1780, il était promu man chai de camp. Douze ans plus tard, le 27 janvier 1702, Louis XVI le nomma lieutenant-général et gouverneur des établissements français à l est du cap do Bonne- Kspérance, avec l'îl» de France pour chef-lieu de son gouvernement. C'est là qu'il expira le 28 juillet 1800, regretté de tous. Pierre -Georces Roy Digitized by Google — Ill — L'AMOUR DE LA FR.tXCE EX ACADIE * L'amour do la France ost resté un objet de culte pour les Acadiens. Son nom est une musique a leur cœur ; et son sourenir, grandissant dans la fantasmagorie du passé, s'élè- ve jusqu'au ciel, seuibbiblo à un sommet étoilé. Après Dieu et sou Eglise, c'est la France la première. A la Confédéra- tion des provinces, dont la plupart des Acadiens ne su sou- ciaient guère, plusieurs pensaient toujours ,f qu'elle revien- drait." Plusieurs le pensent encore, s'appuyant sur des pro- phéties que l'aïeul raconte à ses petits-enfants. On est ré- signé, on est fidèle à l'Angleterre ; mais on aime la France. 11 est si naturel, il est si doux d'aimer sa mère, même quand elle n'est plus là, même quand elle ne doit plus revenir ! Vers 18t>4, il s'échappa d un navire passant près de la dune de Bouctouche, un matelot fatigué de la mer, qui gagna la rive à la nage, ayant appris q*o cette plage était habitée par des Français. On le recueillit, on l'habilla, et l'on s'aperçut bientôt qu'il savait lire et écrire. Une écolo fut incontinent ouverte, à laquelle se rendirent tous les enfants du village. A la Confédération (lSo'7), il fut choisi candi- dat pour la chambre fédérale, et élu, en dépit d'une opposi- tion anglaise acharnée. M. Auguste Renaud, c'est son nom. siégea aux Communes canadiennes, de 18t>7 a 1872, en qua- lité de seul représentant aeadien. et «acquitta de ses fonc- tions avec beaucoup d'habilité et une grande fidélité. Il n'y a que l'anglais qu'il ne put jamais apprendre et qu'il pro- nonça toujours d'une façon réjouissante. AleLeod, son con- current, devenait Madott ; et Kingston, un des centres principaux du comté, faisait Quinze tonnes, ou quelque chose pis encore. 11 est mort en juillet 1897. Pascal Poiiuer — 112 — RÉPONSES La mort du duc de Richmond. (IV, IV, 435).— Le 29 juillet 1818, le duc de Richmond arriva à Québec et entra dans l'exercice de ses fonctions de gouverneur. Il n'oc- cupa pas la charge longtemps, car le 28 août 1819, treize mois après son arrivée — suivant le rapport fait par le juge en chef Sewell, qui remplit temporairement les fonctions d'administrateur jusqu'à l'arrivée du juge en chef Monk— lé duc mourut à Richmond, village que, d'après le jjige en chef Sewell, le duc " avait lui-même fondé à titre d'asile pour les officiers et les soldats qui ont servi dans la dernière guerre " (1812). Le village de Richmond est à environ 20 ou 21 milles d'Ottawa, mais la tradition veut que le duc ne soit pas mort là, mais dans un hameau du nom de Fallow - field, situé à quelques milles de Richmond. Après qu'il fût arrivé à Québec pour se charger des fonctions d'adminis- trateur, le juge en chef Monk fat rapport, le 20 septembre, de la mort du duc arrivée à un endroit près de Montréal, après son retour d'une exploration " dos parties étendues du Haut-Canada ", et, continuant, il dit : " Je suis désolé d'ajouter que des symptômes d'ydrophobie ont été ( m'infor- me-t-on) la cause de sa mort inévitable." Que la rumeur à laquelle le juge on chef Monk fait allusion soit bien fondée c'est ce que fait voir une lettre do M. Charles Cambridge, adressée de Belfast à lord -Bat burst, en date du 14 octobre 1819. L'autour de cette lettre ayant quitté le Bas-Canada le 8 septembre, parle de cette mort avec pleine connaissance de ses circonstances, autant qu'on peut le voir. Après avoir décrit l'objet do l'exploration que le duc avait faite dans le Ilaut-Canada, ses intentions éclairées, sa dernière visite à lord "William et lady Mary Lennox à Kingston, et d'autres incidents de moindre importance, l'auteur continue : Digitized by Google " Le 23 août le duc dina avec un détachement d'officiers posté à Perth, et ce lut le -5 seulement que s'annoncèront lea premiere symptômes de la cruelle maladie qui, trois jours après, se termina par la mort. De bonne heure ce matin-là le valet du duc trouva Sa Ci race alarmée i l'aspect d'arbres qui étaient près d'une fenêtre do la chambre où il avait cou- ché et qui, insista t -il, étaient des gens qui regardaient dans la chambre ; et lorsque peu après on lui apporta une cuvette d'eau, une évidente horreur se peignit sur ses traits à la vue de ce liquide. En plusieurs occasions, ce jour-là ot le 26, les symptômes ne furent que trop évidents chaque fois qu'il fut présenté au duc quelque liquide auquel Sa Graco ne tou- chait plus maintenant qu'avec une extrême répugnance. Le 26. au diner, il avait prié le lieutenant-colonel Coekburn de prendre du vin avec lui, mais Sa (irâee n'eut pas plutôt porté la liqueur à ses lèvres qu'incupable de contrôler la violence du mal il remit son verre sur la table en disant : " N'est-ce pas trop ridicule ? Allons ! je le boirai quand je n'y penserai pas." Le soir du même jour on envoya cher- cher un aide-chirurgien, (le seul médecin qu'il y eut dans les environs) qui le saigna, et Son Excellence se trouva ap- paremment si soulagé par l'opération qu'il se lova de bon matin le lendemain et proposa de traverser le bois de Rich- mond à pied jusqu'à la colonie qui avait récemment été bap- tisée du nom de son illustre fondateur, lequel était mainte- nant à la veille do l'immortaliser par la catastrophe de sa mort. Dans le bois, s'étant mis à courir en entendant japper un chien, on eût de la peine à le rejoindre, et quand la bande arriva à la lisière du bois, le duc, à la vue d'uno eau sta- gnante quelconque, s'élanva par-dessus une clôture et se précipita dans une grange voisine où ses compagnons terri- nés le suivirent avec empressement. Le paroxysme de sa — 114 — maladie était maintenant à son apogée. Ce fut presque un miracle que Sa Grâce ne mourût pou dans la grange : on le transporta avec peine à une misérable chaumière du voisina- ge, et de bonno heure, le matin du fatal 28, le duc de Rich- mond expira dans les bras d'un tidèlo Su Use qui n'avait ja- mais quitté un instant son bien aimé maître. Pendant que le duc était duns cette misérable cabane de rondins, la raison reprit parfoit chez lui non empire, et Sa Grace profita do ces intervalles lucides pour écrire à lady Mary Lennox, une lettre dans laquelle il lui rappelait qu'un jour (il y avait cinq mois do cela) s'étant fait une entaille au menton en se rasant, dans une chambre du château Saint-Louis, il avait voulu faire lécher la biosure par un chien lavori de la maison qui se trouvait là, et que ce chien l'avait mordu au menton. Le souvenir de cette circonstance ne faisait que trop pres- sentir au duc le sort qui l'attendait, vu que le chien en question avait été par la suite atteint de la rage, et c'est pourquoi dans sa let Ire à lady Ixmnox, Sa Grâce exprima la conviction que sa maladie était l'hydrophobie (chose qui semble ne pas faire le moindre doute). Le duc traça la ligne de conduite quo ses enfants de- vaient suivre dans la pénible situation où ils allaient se trouver à son décès, et l'on dit qu'il demanda a être enterré à Québec, sur les remparts, comme un soldat, pour rester là. Les souffrances du due étaient extrêmes ; cependant l'es- prit chez lui, dominait l'agonie du corps. Il enjoignit au co- lonel Cockburn de ne plus faire attention à ses ordres, " car vous voyez à quel état je buis réduit," ajouta t-il. Pendant un paroxysme de douleur il s'écria: " Fi ! Richmond, ti donc ! Charles Lennox, endures tes souffrances comme un hom- me ! " Il mourut peu après, le 28, et sa dépouille mortelle ar- riva à Montréal le 30, jour auquel il avait été annoncé qu'il tiendrait un lever." Digitized by Google Dans l'histoire du Dr Kingsford (vol. IX. p. 182) se trouve un récit qui s'écarte un peu de ce qui précède, mai» les deux narrations ne dînèrent pas essentiellement. D'autres historiens mentionnent le fait de la mort sans en dé- crire les circonstances particulières. Doublas Brymxkr Un prêtre médecin. (IV, IX, 509.)-— M. Pierre- Joseph Coin pain, qui mourut curé à Saint-Antoine deCham- blv eu 1806, avait la réputation d être un excellent tu'do- cin. Il avait étudié cet art à Montréal sous le docteur Eellz, chirurgien-major des troupes. Il avait, dit-on, un remide infaillible pour guérir les cancers. Le 1(5 octobre 1795, il proposait à M. l'iessis, alors curé de Québec, de faire connaître son secret pour traiter les maladies si le cler- gé voulait bien lui paver une pension. " Je possMe. disait-il, un secret utile à l'humanité. Une foule d'indigents aecourt à moi et ma cure est pauvre. Qu'on me promette d'avoir une aide de la législature ou qu'on me paye une pension et je livrerai mon secret ". Dans une autre lettre il disait encore : " Je ne veux point m enrichir, mais si je livre mon secret les docteurs s'en empareront et ils feront payer les pauvres- L'argent que je ferai, je lo donnerai aux pauvres." Voyez dans la Gazette de Québec du mois de mars 1799, No 1706, une annonce de M. Compain, où il dit qu'il guérit des chancres. J. E. R. Les Meurons et les Wattevilles. (IV, IX, 512.)— Ces deux régiments, composés de troupes suisses, officiera et soldats, portaient chacun, comme c'était alors l'usage, le nom do leur colonel. En garnison au Cap de lionne- Espérance, et au service de la Hollande, elles ne vinrent a Malte qu'après l'occupa- tion du Cap par l'armie anglaise en 1806. A leur passage en Angleterre, en route pour le Canada, on adjoignit à leur etVectif les prisonniers français qui vou- lurent bien accepter le service aux colonies, en « change de leur con linemen t pur les }>ontons ou dans les forteresses; mais à la condition ex press .'ment convenue de part et d'au- tre, de ne jamais les obliger à porter les annes contre la France. Quelques-uns de ces soldats »i étrangement rendus à la liberté, s'établirent, le terme de leur engagement expiré, sur divers point* de la province, et tirent des souches de Canadiens. Nous nous rappelons qu'en 186*9, à l'occasion de la fête du 15 août, nous nous rendions à Xapierville, en compagnie du vice-consul de France it Montreal, ten le Dr Pieault. porter trois médailles de Sainte- Hélène, venues du ministère de la guerre à l'adres>e de trois vieux braves anciens soldais du régiment de Meuron. Ces soldats, devenus laboureurs.et dont le plus jeune avait 73 ans, reçurent cette distinction avec un indicible atten- drissement. Us riaient et pleuraient à la lois, examinant le revers et la face de la médaille ; et tous trois comme aux grands jours de victoire, cri.' rent : Vive l'F.mpereur. At'Ot'STE Ac II IN THF. Le regiment de Carignan. (IV, XI, 5;;i.)— Le régiment de Carignan nous a laissé quelques uns de ses sol- dai vers humée Hi70. Si l'on su]. pose que l'un de ces hom- mes était alors âgé de vingt ans, il aurait eu cent six ans l'année où Montcalm écrivait. Cela me parait tort. Je ferai observer que les gens du siècle dernier rangeaient sous le nom de Carignan tous les militaires. Ainsi le patriarche de la lîaio Saint- l'aul doit avoir appartenu aux cinq ou six compagnies d'infanterie qui arrivèrent de 1*:S4 ù 1700, les- quelles n'avaient aucun rapport avec le régiment de Cari- gnan retourné en France avant 11570. Benjamin Sulte Au temps des réchauds. (IV, XI. 512 .)— Dans le temps des églises non chftult. es, un vieux curé d'en bas do Québec, avait entouré son autel d'une cloison vitrée. Ce compartiment était chauftV. Le brave homme y avait ménagé une ouverture. A cha- que Dominas Vohiscum. il ouvrait gravement sa fenêtre, chantait magistralement les paroles liturgiques et continuait le *aint office, après fermeture hermétique de la fenêtre. Il *'t ait vu pleinement du pieux auditoire sans pourtant soulîrir de l'incommodité de vingt degrés au-dessous de zéro. Les prônes et sermons «levaient être courts à cette époque, et l'éloquence de ces bons curés ne devait pas faire dormir les . (V, 1, 500.)— On ignore généra- lement que la femme do Sir Allan MacNab et ses deux seuls entants, madame Daly et la comtesse d'Albermalo, étaient catholiques. Le comte d'Albermalo se tit catholique et une de se» tilles religieuse. M. Daly et son père, Sir Dominique Duly, étaient aussi catholiques. J'ai bien connu fou sir Allan MacNab qui m'honora même de quelqu'amilié. Je ne nie pas qu'il ait ou d'abord de fort as preventions contre les Canadiens-Français qu'il considérait, alors, tous comme des rebelles ; mais je puis assurer que ses préventions avaient considérablement diminuées sinon en- tièrement disparues dès 185<>. L.-N. Casault L'" Elliilllt Terrible.»'(V, 1, 564.)— Je no sais à quelle date, ni dans quelles circonstances, le nom d'Enfant Terrible lui donné ù J.-M.-Kric horion. Il parait toutefois que c'est au célèbre Joseph Cauchon que revient l'honneur ou la res- ponsabilité d'avoir donné" au fougueux tribun un qualifica- tif aussi caractéristique et ayant ou une aussi grande vogue. Ce pauvre Dotïon se l'était un peu attiré quand il se dé- crivait lui-même dans les quelques lignes rimées suivantes publiées en 1844 : ■ Digitized by Google .fe suis un petit garçon Tout court et qui n'est pas long. Et qui ne pense pas de loin ; Mais qui s'apperçoit très bien De tout lo pou qui se passe Et de ce qui se repasse. H das ! je suis tout potit Comme un mauvais Esprit ; Mais pour paraître plus grand Je veux qu'on m'appello Gros-Jean. Le résumé de ces quelques vers, pas très riches en rimes, n'est il pas Enfant Terrible ? Après une carrière des plus mouvementées J.-B.-Eric Do non mourut à L'Avenir, comté de Drummond, le 1er novembre 1866. Le matin do ce jour mémorable, pendant que M. Dorion était occupé à sa toilette, sa plus jeune enfant, Olympe, «approchant de lui, lui dit avec naïveté : " — Papa, tu vas mourir aujourd'hui." Le père sourit avec bonté en lui répondant : " — Non, chérie, ne crains rien." Mais l'enfant insista, répétant avoc assurance : " — Je te le dis, papa, tu vas mourir aujourd'hui." Madamo Dorion fit taire la jeune prophétesso et l'emmena dans une autre chambre. Le midi, au diner, la petite Olympe répéta encore la même assertion avec plus d'assurance que jamais. M. Dorion, qui avait quelques effets à la station de Rich- mond, partit après diner, vers deux heures, pour les aller chercher. A peine arrivait-il au pont couvert, ù Ulverton, quïl se sentit frappé mortellemont : M. Dorion avait une maladie de cœur. Il appela à son secoure. — 121 — M. Charles McCaffrey accourut et M. horion demanda d'être reconduit au plus vite a L'Avenir. Quand on vit revenir si tôt la voiture, quand on vit M. horion pouvant a peine se tenir assis, ce fut un émoi géné- ral dans le village et il s'établit un courant, une procession Me de la foi, le dévouement du pasteur le com- mandent ; il court, il vole vers cette brebis qui voulait reve- nir au bercail, mais agonisante et incapable d'appeler le pas- teur. Le médecin déclare que le ct qut s Héyin et de Diane Meloyue. se.< père et mire. Son par r in Loys Lanylois, jiU de Jacques; la marrine Genefiefce Delamare femme de Jean l.cTae." Digitized by Google I ■ — 125 — (C'est pur m -garde quo Mgr Tanguay a fait naître Louis Bégin en l'aun-e lfîoiî). 3 septembre lt>32 : baptême de Jacques Bégin, lilt do Jean Begin et de Jacqueline Jeanne. 21 septembre 1032 : baptême de Guillaume Bégin, tilt de Nicolas Bégin et de Rachel Poisson. 17 septembre 11 534 : Du dimanche dix septiesme jour do septembre, mil 9ix cent trente quatre, ung enfant maslc pour Jacques Bégin et Diane Melogue, père et mère, nom- mé Jacques, par Jacquos Ceci re, écuyer, sieur du Bocage, et Rachel Poisson, marraine." 14 juillet 1835 : A esté baptisée Mario, fille de Jean Bégin et de Jacqueline Jeanne. Le parrin Jacques Le Bourg, la marraine Marie de l'Omosne. 21 octobre D»35 : baptême do Jacqueline, fille de Guillau- me Bégin et de Catherine de l'Omosne, ses père et mère. 2t> décembre I63i'î : " Du vingt sixième jour do décembre a esté baptisée Jeanne Bégin. ti lk* de Jacques Bégin et de Diane Melogue, père et mère. Le parrin Nicolas Bégin. 17 lévrier In' 13 : baptême d'Ambroisc, tille do (luillaume B'giu et de Catherine de l'Omo.sne. «os père et mère. 10 septembre : baptême d'Anne Bégin, fille de Guil- laume Bégin et d'Anne Matière. 2 septembre ltï!ï8 : baptême de Jaeques Bégin, fils de Guillaume Bégin et d'Anne Matière." La petite ville de llootleur est très honorée d'avoir été le berceau de la iamUIe du distingué archevêque actuel do Québec. Les II on flou rois esj"»èrent qu'un jour ils auront l'honneur de saluer son passage au milieu d'eux. Ciiahi.es Bréard Digitized by Google — 126 — Les Ordres du Koi. (IV, XII, 545.)— Querquepart dans ses ouvrages, M. l'abbé Daniel dit que Ren;, baron de Portneuf, était chevalier de l'Ordre de Saint-Michel. Hibaud, dans non M'morial des honneurs étrangers confé- rés à des Canadiens, en voulant corriger M. l'abbé Daniel, commet une erreur assez grave. " René, baron de Portneuf, dit-il, fut chevalier de lOrdre du Roi, et non, comme le dit l'abbJ Daniel, do lOrdre do Saint- Michel : ce fut son frère le sieur de Fortel, qui n'était pas de la Nouvelle-France.'' Or, l'ordre de Saint- Michel et l'ordre du Roi étaient une seule et même association désignée sous deux noms ditfé- rents. On qualifiait l'ordre de Saint-Michel d'ordro du Roi parce qu'il était conféré par le roi seulement. L'ordre de Saint-Michel fut fondé le 1er août 1469 par Lquu XI, qui le destina aux seigneurs de la cour dont il voulait avoir l'appui. Le nombre des chevaliers de Saint-Michel d'abord fixé à. augmenta beaucoup dans la suite, ce qui rit tomber l'or- dre daus le discrédit. En 1588, Henri III joignit l'ordre de Saint-Michel à celui du Saint-Esprit. Dès lors, on désigna les chevaliers de Saint - Michel et du Suint-Esprit sous le nom de chevaliers de* Ordres du Roi. Aboli en 178U, l'Ordre de Saint- Michel fut ressuscité par Louis XVIII, le 16 novembre lSltJ, et destiné à récompen- ses ceux qui se distinguaient dans les lettros, les arts et les sciences. L'ordre de Saint-Michel cessa d'exister en 1830. Le baron de Portneuf, son frère, le sieur de Fortelle, et r&nmanuc) le Borgne de Bellisle, seigneur de Port-Royal, sont, croyons-nous, les seuls Canadiens qui aient fait partie de l'ordre de Saint-Michel. P. Ci. H. - Digitized by Google — 127 QUESTIONS 601 — Lors de la nomination de M. le grand vicaire RacicoV. de Montreal, à la haute dignité de protonotaire apostolique, des journaux ont annoncé que les seuls Canadiens élevés ù cette dignité étaient Mgrs Marois, Laflamme, Ilamel, Pa- quet, Routhier et Ritchot. N'y a-t-il pas eu d'autres Cana- diens qui ont été nommés protonotaires apostoliques ? Curé 602 — Dans le Journal de Sanguinet on lit que le corps de Montgomery fut enterré avec celui de son aide-de-camp 4- devant la porte du bourreau ". Ce passage ne ïaisse-t-il pas entendre que Radelitt'e n'est pas le premier bourreau attitré au Canada ? Qu'en pensez-vous ? Rio 603 — Les registres paroissiaux do Me mramcook, commen- cés eu 1781 par M. l'abbé Thomas- François Le Roux, pre- mier prêtre résident, et continues par lui jusqu'à sa mort, puis par M. Power de 171)4 à 1803, et ensuite par M. Ciquard de 1803 à 1800, ont été emportés dans la province de Qué- bec par quelqu'un des anciens curés de Memramcook. Ils y sont encore. Mais où ? Je l'ignore. Je serais donc très re- connaissant a celui qui pourrait me renseigner sur ce sujet. P. P. G. 604 — On a beaucoup glosé autrefois sur le nom du juge Vallière do Saint- Réal. On a été jusqu'à affirmer qu'il avait ajouté lui-même ce nom de Saint-Réal à son nom de famille Vallière. Qu'en sait-on au juste ? R. G. O. 605 — Quelle est la date de l'inauguration du pont Victo- ria, qui relie la rive sud du Saint-Lauront à l'île de Mont- réal ? Le prince de Galles vint-il au Canada spécialement pour cette grande circonstance ? Iox. Digitized by Google — 128 — GOG — L histoire du C'hien d'Or " m'a toujours parue quelque peu obscure. Oonnait-on aujourd'hui lu véritable raison qui engagea le capitaine de Repentigny a tuer le bourgeois Philibert ? lion. 007 — En quelle année, le bureau de poste actuel de Qué- bec a-t-il été ouvert ? Où ..'tait-il avant cotte époque ? Fact. b'OS— Dane «on admirable TJyende d'un Peuple, Fréchette nous fait assister, par un soir humide et triste de l'automne, à l'épisode «.'mouvant de la reddition du général de L'vis. lors de la capitulât ii.m de Montréal. Est il bien prouvé que le brave chevalier de Levis fit brûler ses drapeaux plutôt que de les rendre ? Où cette sublime action s'est elle passée 'J Kst-ee bien à l'île Sainte- H K-ne. ainsi que ledit le Dr Larue dans son Histoire populaire du Canada i XXX G09 — Dans leurs interminables incursions sur le territoire de la Nouvelle-Angleterre, les Abénaquis s'emparèrent, vers le commencement du dix -huiti ' nu' siècle, d'une je une an- glaise du nom de Wheelwright. ( Vtto jeune captive, si je ne me trompe, fut recueillie par le marquis do Vaudreuil. gouverneur de la Nouvelle- France. Mlle Wheelwright re- tourna-t-elle dans son pays ? Ameh G10 — Où me procurerais-je la liste complète des prêtresque la révolution française força de venir chercher un refuge sur nos bonis? fomment se fait-il que l'Angleterre, si grin- cheuse à cette époque pour tout ce qui portait un nom fran- çais, ait laissé pénétrer ces prêtres dans noire pays ? Franc. Dig ogle Digitized by Google BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES . VOL. 5 MAI 1S!W Xo. 5 SAINT-FRANÇOIS-XAVIER DE CAUGHXAWAGA La première mission iroquoise, dans les environs de Mont- réal, fut projetée don le printemps de lo'(J7, par le P. Raf- feix, S. J.. qui rencontra sept Onneiouts venus du pays des Iroquois, accompagnant des missionnaires. Un mmiI parmi eux, leur chef, Pierre Tonsahotcn, était chrétien ; la femme de celui-ci, Kandiakteua, et ses cinq autres compagnons n'étaient pa< encore biptiwés. Le P. Ratfeix oifrit à Ton- sahoten et îl ses compagnons des terres à. Laprairie, aveo l'assurance qu'eux et leur.-* frères chrétiens qui viendraient se joindre à eux y trouveraient les moyens do pratiquer sans entraves la religion chrétienne. Les sept Onneiouts acceptèrent. Mais avant do les établir à Laprairie, le P. Raffeix, ne sachant pas alors suffisamment leur langue, les envoya à Lorette, auprès du P. Chaumonot. Celui-ci acheva de les instruire. La femme et les cinq compagnons do Ton- sahoten furent baptisés à Québec, dans l'été de IGtiS, par Mgr François de Laval. Le vénérable évêque voulut met- tre la mission projetée de Laprairie sous la protection de saint François Xavier. François-Xavier Tonsahoten et ses compagnons ne tardè- rent pas à venir se mettre sous la direction du P. Rafleix, à Laprairie, non sans résister à l'invitation pressante que les Hurons de Lorette leur firent de demeurer avec eux. Bientôt, d'autres chrétiens iroquois des .divers cantons vinrent s'adjoindre à eux. A l'automne de l(ï69,la mis?i )n de Laprairie comptait déjà 5 cabanes sauvages. En lo'TO.elle comp- tait 20 familles. En 1U71, le P. Frémin vint succéder au P. Rafleix. et celui-ci allu remplacer le premier au pays «le» Tsonnontouans. Ite cette même umu'e date dans la mission l'établissement de la Confrérie de la Sainte-Famille. I>cuxans plus tard, le chiffre de» sauvages chrétiens s'élevait à 300. Mgr de Laval les visita pour la première ibis au mois de mai 1076 et confirma 80 }>crsonnes. A Laprairie. les Iroquois n'avaient pas de ehajM-lie séparée des Français. La mission est désignée dans les catalogues des Jésuites sous les nomsde'MissioiroqiW'orum projie Montem Reguium" ou ilResidentia a Pratis (1008) ', ou encore • Resident ia S. Francisci Xaverii ad prata Stae Magdaleme (1072) ". Aujour- d'hui, nos sauvages apj>cllcnl la première station de leur mission : Krntake. c'est à-dire à la Prairie. *** En juillet 1070. la mission tut transférée à cinq quarts de lieue plus haut, sur le fleuve, près de la rivière du Portage, parce que le terrain de Laprairie était impropre à la culture du blé d'Inde, et le voisinage des Français était parfois préju- diciable aux nouveaux chrétiens. On commença dès Tété de cette année à bâtir une chapelle de 00 pieds, qui fut achevée et bénite solennellement I'tiutumne d'après. ( e site fut illustré parles vertus et la sainte mort de Catherine Tekakwitha. venue du pays des Agniers en 1078. morte le 10 avril 1(58(1. La tra- dition locale a tiré partie de cette circonstance pour indiquer l'endroit de cette seconde station appelée : " h'atrri t*i tkaiatut", c'est-à-dire où <'our orner la chajK'lle. (Il dût ap|N»rter lors de ce — m — royage le maître-autel aetuel de l'église de Caughuawaga, et l'ostensoir en vermeil, lequel seul a servi au culte en cette mission depuis plus de deux siècles). En lt>88. la ehajK-lle fut renverse par le vent ; mais tous les meubles sacrés turent conservés dans leur entier. On tra- vailla immédiatement à réparer ee malheur, et une nouvelle cha]H>lle lut achevée Tannée suivante. A celte époque, la mission est désignée dans les catalogue» de» Jésuites sous le nom de " Sti hraioisei Ararerii ad Ùal- tum " (i«»81), et par les Iroquois du temps : " Kahnatcake", c'est-à-dire au mult, au rapide. En 1»J8(J, 1500 Iroquois païens fondirent à l'improviste sur l'île de Montréal, causèrent le *• massacre de Laehine," ré)uwi- dirent la terreur jusqu'aux portes de Montréal et se propo- sent de détruire le village des Iroquois chrétiens et de mas- sacrer ou de capturer ses habitant», l'ourse protéger, ceux-ci se réfugièrent à Montréal, où ils demeurèrent fondant 7 ou 8 mois, Fuis le danger passé, ils allèrent, sous la direction du P. Bruyas, établir une nouvelle station à une demi-lieue plu» haut que la précédente. C'était au pied du lapide, mais toujours appelé " Kahnairake" c'est-à-dire au rapide, par les sauvages d'alors, -KahnaicakoH, "c'est -à-dire dam te rapiifajpox ceux d'aujourd'hui, pour ne pas confondre avec Ks.hnawako actuel, Caughnawaga. 1a«s Français appelaient encore co troisième poste "le.Sault" ou Saint -François- Xavier du Sault." En lb"%". nouvelle migration causée comme les précédentes par l'appauvrissement du sol, à \ lieue plus haut ; c'est à l'endroit qui séqwre aujourd'hui la paroisse de Laprairie delà mission de Caughnawaga. \a; F. Chollenec était alors le supérieur de la mission. '£HJ uy Google ft — m — Iroquois apjx-llt-nt aujourd'hui cot endroit Kntvitak- wfiike. c'est-à-dire on a fr>t>ti» : et la mi»ion avait changé de fcite.en gardant lenom qu'elle portait depuis l'établissement de f'e nest qu'en 1712. que la mission est nomm.'e f»wla première fois, dans les catalogue* : S.iffum >V< LuJorîci, nom qui a remplacé du temps îles Français tous les précé- dents, nom encore officiel aujourd'hui, quant à la province de Quéliee. T,es Aniflai* ont introduit le nom iroquois niai ortho- graphié de f'auifhnawaga : ils auraient mieux fait «le dire et d'écrire comme les Troquoi* eux -moines. Kahnawake. *** Ta- quatrième sitë de la mis-ion ne donnait pas encore, au point d»- vue de la eulture du l»lc d'Inde, la satisfaction voulue. Dès 171"). les missionnaires et les autorites H vile* sont en pour- parlers pour obtenir tin changement de local. T>ès 171(ï. des familles sauvages étaient établies à l'endroit de Oaughnawaga actuel. Cette année là même, la maison des missionnaires fut construite. — c'est le presbytère ae* »♦.»!. L'église fut commen- cée en 1717 et termin.'e en 1710. T.e P ( 'harlcvoix vint au Suult Saint -Louis en 1721. pour y passer une j>ailie «le la quinzaine de Pâques, il data une de ses lettres (la llème). à Mme la duchesse de LeslMguières. du Sault Saint-Louis, le 1er mai 1721. où il dit : "... La situation en est charmante, l'église et la maison 'les missionnaires sont deux des plu9 Itcaux édifices du pays, et c'est ce qui fait juger qu'on a pris de lionne* mesures pour n'être plu* obligé de faire de nou- velles transmigrations." L'église a servi au culte jusqu'en 1*10. File était en forme de rectangle et devenu*' beaucoup trop petite. M. Jos. Mar- coux. missionnaire, la fit rebâtir en forme de croix avec des dimensions plus grandes. Uigiti La population iroquoise du Caughnawagaest présentement de 1959 âmes, dont 1921 catholiques et 38 protestante. *** De 1667 à 1783. la mission a été «ou* la direction dos PP. Jésuites. Il y eut souvent deux ou plusieurs Pères résidante ; il serait trop long de les éuumércr tous ; je ne nommerai quo les supérieurs de la mission : 1667-1671, P. Pierre Kattoix ; 1671-1682, P. Jacq. Frémin ; 1682-1684, P. Jaeques Bruyas ; 1684-1688, P. Claude Chau- chetière ; 1688-161)3, P. Jacq. Bruyas ; 1693-1695, P. Jacq. de Lamberville ; 1695-1699, P. Pierre Chollenec ; 1699-1709, P. Jaeq. Bruyas ; 1709-1712, P. Julien Garnier ; 1712-1722, P. Pierre Chollenec ; 1722-1723, P. Pierre de Lagivné ; 1723- 1727, P. Pierre de Lauzon ; 1727-1729, P. J.-F. de Latitau ; 1729-1734, P. Pierre do Lauzon ; 1734 1735, P. Jacq. de la Bro- tonnière ; 1735-1743, P. Lue-Franc. Nau ; 1743-1751, P. J.-B. Tournois ; 1751-1752, P. Antoine Cordan , 1752-1753, P. Nicolas de Gonnor ; 1753-1755, P. Antoine Gordan ; 1755- 1769, P. J.-B. lteneuvillo ; 1761M783, P. Jos Huguet (inhu- mé au Sault Saint-Louis, le 6 mai 1783; ; 1783, P. Bernard Well. En 1783, les prêtres séculiers ont remplacé les Jésuites : 1783, M. J.-B. Dumouchel (il était curé do Châteauguay ; 1783-1784, M. P. Gallet (il était en même temps étiré do Lachine) ; 1784-1793, Al. Laurent Dueharme (inhumé au Sault Saint-Louis, le 31 décembre 1793) ; 1794-1802, M. Ant. Kinfret (transféré à Ste-Anno do Mascouche) ; 1802-1808 M. Ant. Van Foison (transféré à Beauport) ; 1808-1814, &\ Ant. Kinfret (revenu au Sault Saint-Louis, inhumé à Lachine dont il était aussi curé;; 1814, M. P.-N. Leduc; 1814- 1819, M. Nie. Dufrosne (transféré à SainL-lfrgis); 1819-1855 M. Joseph Marcoux (inhumé au Sault Saint-Louis, le 30 mai 1855). — 136 — En mai 185;-), la mission fut confiée aux RR. PP. Oblats dô Mario Immaculée : 1 855- 1 SG4. ! î. 1». Eugène Antoine (aujour- d'hui 1er assistant général de son ordre ; il réside il Paris) ; 1864. R. P. Léonard ; 18lî41S!>2, U. P. X.-V. Burtin (réside à Saint-Sauveur de Québec ). En 181)2, les prêtres séculiers reprirent la direction de la mission : J. -Guillaume Forbes. L'abbé Forbes LES DROITS SEIGNEURIAUX Droit de quint : droit du roi de recevoir la cinquième partie du prix de vente d'une seigneurie. Lo^s et rentes : droit du soigneur de recevoir la douzième partie du prix de vente d'un immeuble dans sa seigneurie ; si le bien pas- sait du père aux enfants, il n'y avait rion à payor C'est ainsi que dans plusieurs seigneuries, des biens ont été cent ans, deux cents ans, sans donner un sou de lods et ventes. Droit de retrait • le seigneur pouvait, sous un délai déter- miné, racheter un immeuble, en vivant au vendeur la somme qu'un autre s'était engagé à donner. li-nt'- f .„ 'à<' : d.ms le district de Québec, et de la part des communautés reli- gieuses dans tout le pays, cette rente n'excédait pas deux boIs par arpent. Droit de, banalité. f : Le censitaire était obli- gé de faire moudre au moulin du seigneur tout grain ré- volté et consumé dans la seigneurie : le seigneur.de son cô- » té, devait faire construire et entretenir un moulin conve- nable. R. Digitized by Google ■ i LE FORT DE TORONTO Le poste de Toronto remonte aux prcmiei-s temps do la Colonie. Le G juin 1G8G. le marquis de Dcnonvillc éc rit au ministre qu'il va l'aire occujht deux postes, l'un au Détroit et Vautre au portage de Tan m to. (Cor. Gén.. vol. H, pp. 114, 121. 1811). Le mémo jour, il informe Olivier Morel, sieur de La Durantaye, eomtuandant au pays des Outaouas. qu'il a l'intention ■• d'occuper deux postes, l'un au dcstmicl du lac Lrié et l'autre au portage de Toronto." (.">. Mnrgry, 22). 3Iargry écrit " Toronto " mais la copie déposée au Bureau des archives dit " Taronto," et à plusieurs pages. Un mémoire du marquis de Denon ville, à la date du 8 novem- bre 108G, annonce au ministre en Frauce »wego de nos jours. Ce ne fut cependant que plusieurs années après qu'un fort de pieux y fut construit. Dos historiens disent 1741», d'autres 1750. Jo viens de parcourir le tome 07 de la 44 Cor- respondance Générale'' du Bureau des Archives à Ottawa et à la page 107, jo lis une dépêche du gouverneur do La ,Ion- quière, à la date du 6 octobre 17">1, qui démontre que le fort de Toronto fut bâti cette année même et qu'il reçut le nom officiel de fort Ivouillé, bien que populairement connu bous le nom de fort de Toronto. - "I — 138 — Le fort de Toronto fut démoli par lea Français en 1756 d'après des historiens, et en 1760 d'après d'autres. Après cette démolition, Toronto retomba dans la solitude sauvage jusque vers l'année 1793, époque où il devint u Muddy York nom qu'il garda longtemps. Une colonne commémorative élevée dans l'enceinte du terrain de l'exposition, à Toronto, indique le site précis de l'ancien fort. • La dépêche de La Jonquière dont je viens de parler con- tient des détails intéressants et je crois me rendre agréable aux lecteurs des Recherches Historiques en la reproduisant textuellement. Désiré Girouard A Québec, le fi 8bre 1751. Monseigneur. J'eus l'honneur de vous rendre compte par ma lettre du 20 aoust de l'année dernière que la maison de traite établie à Toronto étant trop petite pour contenir les effets du Roy j'y ferois faire un fort de pieux, un logoment pour l'offi- cier commandant, un corps de garde, un Magazin et une Boulangerie. On a travaillé pendant tout l'hivert à ces ouvrages, le S. Cher de l'ort neuf officier de la garnison du fort Frontenac y est arrivé le 23 avril. Il a trouvé que les travaux étoient assez avancés. Lo fort est do pièces sur pièces tout de chesne. H est entièrement fermé et le garde Magasin logé ; les autres bâtiments ne sont point finis, la plus grande partie des ouvriers n'aiaient pû travailler avec assiduité a cause des maladies qu'ils ont eû. Comme dans ce fort il n'y a aucun endroit propre à mettre la poudre en sûreté le dit Sr de Portneuf a fait préparor do la pierre pour faire faire une petite poudrière. > uiy d by Google — 139 — Il m'a observé que la situation des lieux est très avanta- geuse pour l'établissement d'un moulin à scie, lo ruisseau fournissant de l'eau en abondance, toute l'année, sur quoy je conferoray avec M. L'Intendant. Et nous aurons l'hon- neur de prendre vos ordres, si nous estimons que ce moulin soit utile au service du Roy. Tous les ouvrages ont été faits avec beaucoup d'écono- mie et il est certain qu'à quelque grand marché qu'on ait donné des marchandises, la truite qu'on a fait cette année avec les Sauvages fera rentrer les tond» que le Itoy a fait tant pour ce tort que pour munir le magasin. Cette traite ne pourra qu'augmenter par les suites. En effet aucune des nations établies dans les lieux eireonvoi- ains de Toronto qui jusqu'alors n'avoient eu recours qu'aux Anglais pour leurs besoins, n'ont point été à Chouaguen, Elles ont préféré traiter leurs pelleteries à Toronto. Les domiciliés de Toronto ont eu à euuir l'établissement ' du fort, on ne peut attribuer leur docilité qu'à la protection dont vous honorez cette colonie, do laquelle ils se préva- lent particulièrement. Ces domiciliés ont même envoyé des paroles à tous leur alliés et aux autres nations pour les détourner de Chouaguen et ks iuviiter à aller faire leur traitte au fort Uouilié, ils ont fait plus, ils ont refusé leurs canote à plusieurs sauvages des pays d'Enhaut qui les leur voulaient acheter pour aller à Chouaguen ce qui nous a assuré leurs pelleteries. Les progrès de cotte traite donnent une jalousie inexpri- mable aux Anglais et les cinq nations à leur sollicitation n'ont rien négligé pour attirer ehex eux les domiciliés de Toronto, mais sans succès. Le S. do Portneuf a découvert que les cinq nations avoient remis l'année dernièro quatre colliers à un sauvage domicilié au fort Frontenac qui fut en ambassade chez les Montagnes lequel les avoit fait passer chez différentes Digitized by Google — uo — nations et qu'il en avoit resté un chez les domiciliés de Toronto avec un pavillon, les Anglais avoiont remis ces colliers et ces pavillons aux cinq nations pour ongagor les nations Sauvages ù aller faire leur traite à Chouaguen et les prévenir quelles y seroient très bien traittécs. Le dit S. de Portneuf n'a paH eu do peine a se faire remettre ce collier et ce pavillon, ces domiciliés l'ont prié do me lew envoyer et luy ont dit qu'ils vouloient que ce mémo collier servirait à les lier le plus étroitement avec les fran<;uis et pour prouver plus particulièrement leur fidélité ils y ont joint leur pavillon. .lay ro| tondu à celle parole avec un semblable collier, par lequel je leur ay témoigné la satisf'aetion que jny du sacrifice qu'ils m'ont fait de celuy qu'ils avaient de* Anglais et me suis lié à eux. .le leur ay donné en même temps un pavillon et les ai exhorté de ne point en reeonnoitre d'autre que celuy du Jïoy mon maître. Après quo la traitte a été faite, le S. do Portneuf a fait assembler les chefs de ces domiciliés, il leur a recommandé de veiller aux mauvaises intentions dos autres nations. Il est retourné au fort Frontenac pour y continuer ses ser- vices. .Je suis avec; un très profond respect Monseigneur. Votre très humide et très obéissant serviteur, La Jonqliêre Digitized by Google LA PRISE DE SAINT-REGIS Je trouve dans mes cahiers made prison ei*s by the enemy and Lieut. Rottotte ( 1 ). a sergeant Met iillivray and six men Were left dead. The piquet consisted of a detachment of C//ii/cs sentinelles furent placées hors et à dis- tance du village, dont il était du devoir des subalternes de faire la visite, à diverses heures du jour et de la i^uit. Dans la journée du vendredi. 'l'I octobre, un de nos trois Sauvages, sujet loyal, et sur lequel on j»ouvait se tier, vint avertir de nouveau le commandant qu'étant allé ce jour aux lignes et même au delà, il avait vu qu'il se faisait certaine- ment des préparatifs hostiles contre le i*»>te de Saint-Uégis. M. Hall renouvela son conseil de se retirer à file, niais Mes- sieurs McDonnell et de Montigny furent encore d'opinion de u en rien faire. Enfin, entre 4 et 5 heures du matin, le 23 octobre, par une nuit exiraordinairement noire, et au moment même où M. iiototte, de retour d'une de ses rondes, exprimait à M. Hall ses craintes d'une attaque prochaine et que le déta- chement ne pourrait repousser, le village se trouva en eflet cerné sur trois faces par au moins MM Américains (infanterie et cavalerie ), qui tirent aussitôt une décharge de mousqueterie sur la maison éclairée par un grand feu. au-devant de laquelle (I) M. Marcoux desservait sous M. Roupe, en apprenant la langue sau- vage. Il entra dan» la mission en iSu, remplaça M. Roupe en 1813, et quitta Saint-Régis pour le Sault. f I niniti-7 les deux subalternes et le sergent McGillivray causaient ainsi, sans se douter que l'ennemi fût aussi près d'eux. L'enseigne Hototte venait à peine do clore le calcul de ses appréhensions par cette triste réflexion : " Est-il possible que l'obstination de notre chef nous expose ainsi à une mort sans profit et sans gloire," quand il fut étendu mort sur la place et le sergent McGillivray grièvement blessé dans les reins (ï) par le feu de cette première décharge. M. Hall sejetadansla maison pour y chercher des secours. Il y trouva peu de ces hommes, le capitaine venait de la quitter, et le détachement était dispersé. Une seconde décharge eut l'effet de tuer un voyageur du nom de Prospay (2*) et d'en blesser plusieurs autres, mais un surtout du nom de Félix. Pendant la fusillade X la maison du capitaine McDonnell, un parti d'Américains avait été s'emparer de M. Roupe, et il se vit amener par (dix nu tête. Tout se termina là. M. McDonnell s'était rendu prisonnier, et il ne fut échangé aucun coup de feu de notre part. M. Koupe fut aussitôt relfiehéque pris et reconduit :V son logis par un dragon ou cavalier fran- çais du parti américain qui l'affubla au retour de son bonnet militaire, en s'en découvrant poliment la tète. On lui recom- manda d'enterrer les morts et de soigner les blessés, ce qu'il promit île faire. M. Marcoux n'essuya pas les avanies de son confrère missionnaire. Tl dût d'y échapper à la prudence d'un des engagés de leur maison qui. au premier bruit des mous- quets américains, songea ;\ se mettre tout d'abord en sûreté, et ne le fit pourtant pas en égoïste, car il entraîna de force avec lui M. Marcoux... et ils s'allèrent tous deux réfugier dans un appartement noir de la maison servant de cendrière, d'où ils sortirent un peu sales, lorsque la tranquillité fut réta- blie dans le village. (1) Mort depuis de sa hiessurc. (2) Pcreé de 8 balles (M. Hall). Il étail de Saint -François du Lac et se nommait Nicolas. (Registres de Saint-Regis) J. V. — 144 — Les Américains (pie commandait un major Yonnif se reli* rirent bientôt de Saint- lié-iris, emmenant prisonniers à la JJivière aux Sanlmons les capitaines McDonnell et de Monti- gny, le lieutenant Hall et :J7 \'»ye la Jtfvière aux Sanlmons. ces prisonniers furent conduits - dès le lendemain à Plattshurt;, d'où ils fuivnt tous renvoyés en Canada le S décembre suivant, sur parole de ne jtoint servir, officiers et soldats, jusqu'à ce aits(une lettre adressée par Montcalm à la supérieure de l 'Hôtel Dieu de (Québec, le 11 octobre l"."»n'. le vainqueur de Chou:»«;ucn. «pli était un lettré, un membre ou tout an moins un corres- pondant de l'Acadituie des inscriptions « t belles lettres, priait madame la supérieure de taire placer six bouteilles eu hizariv ; ainsi pour ne pas laisser perdre l'herbe et les baies tics a rhustes t|ui couvraient alors l'îlot situé vis a-vis l'île Sainte- Hélène. «-Ile y plaça dcs[K»rcs eu si grand nombre, que les deux propriétés en furent bientôt infectées, et que l'îlot prit le nom qu'il n'a cessé de porter depuis : il» oux (îon f s. A Montréal, le cheval de la baronne lut durant quelque temps aussi eélèbre que le Uueéphale i( <- de 1833 mentionne encore Alexan- der Forbes comme lieutenant-gouverneurde < iaspé. Etait-ce par erreur, on parce que celui-ci aurait préféré conserver le titre honorifique et sacrifier les £300 ? Nos études ne nous permettent pas de nous prononcer sur ce point obscur, qui mériterait d'être mieux connu. X.-K. Dionnk Léchant national des Avadh'nx. (17, 7III, 404.)— La colonio française de la Nouvollo- Ecosse ou Acadie est à peu près aussi aneienno que celle du Bas-Canada, mais toutes deux se sont formées indépendamment l'une de l'au- tre, do sorte qu'il n'y a pas ou de parenté entre ces deux groupes, du moins au dix-septième siècle. En 1713, r Acadie fut cédée à l'Angleterre. Quarante, deux ans plus tard (1755), )a guerre so déclarant entre les uign deux couronnes, lea administrateurs de l'Acadie, tous gens du Massachusetts, enlevèrent les Acadiens, les mirent dans des vaisseaux et les dispersèrent en France, en Virginie, en Louisiane. Il s'en sauva un bon contingent au Canada. Plus tard, un certain nombre de ces exilés retournè- rent à la baie do Sainte-Marie, partie sud-ouest de la pénin- sule qui n'avait jamais reçu d'habitants, et ils y prospérèrent d'une manière étonnante, si bien qu'ils constituent à pré- sent un peuple dont l'avenir est assuré. Leur esprit d'orga- ganisation se manifeste constamment depuis une quaran- taine d'années et produit dos œuvres qui leur font le plus grand honneur. Ce peuple malheureux, oublié dans le inonde, nous fut révélé, vers 1S5.Y par M. ICdmc Rameau do Saint-Père, qui n'a cessé depuis de s'en occuper. 11 a inspiré aux Acadiens la conviction que leur destinée pouvait devenir moilleure, et la semence do sa parole a fructifié comme par un miracle. Cent ans après la grande déportation, il leur disait : Voub n'êtes pas une race morte ; agissez, il en est temps ; l'heure est sonnée de reparaître au soleil ! " Ils se sont levés comme un seul homme, et les voilà maintenant qui prennent part à la vie publique de leur province. L'un de leurs hommes politiques, l'honorable M. Pas- cal Poirier, sénateur, a contribué pour une large part à mettre ses compatriotes sur la voie qu'ils parcourent glo- rieusement aujourd'hui. Il viont de publier un livre— ce n'est pas son premier — ou il raconte le réveil des Acadiens. C'est une étude des plus étonnantes. Nous devrons nous en occuper, d'autant plus que les Acadiens et le Canadiens sont déjà en quelque sorte fusionnés depuis 1755 et que le dé- veloppement de cette race énergique va prendre une im- portance de jour en jour plus grando dans la confédération canadienne. — 150 — Signalons, pour commencer, un tait curieux : c'est l'adop- tion d'un chant national, dans une convention qui remonte à 1883. Et qui, pensez-vous, a eu l'honneur du choix ? Gérin- Lajoie. On a pris son 'Canadien Krrant ", qui est si caracté- ristique de l'expulsion des Acadiens, et on y a seulement changé un mot : "Un "Acadien" errant, Banni de ses fovers, *' 7 Parcourait en pleurant Des pays étrangers. L'n jour, triste et pensif, Assis au bord des Hots, Au courant fugitif 11 adressait ces mots : Si tu vois mon pays. Mon pays malheureux. Va dire à mes amis Que je me souviens d eux. Pour jamais séparé Des amis de mon cœur, Hélas ! oui je mourrai, Je mourrai de douleur ! M. Poirier, qui avait connu intimement (iérin-Lajoie. est celui qui a dû faire adopter ce chaut par la population fran- çaise de la Nouvel le- Ecosse, du Nouveau- Brunswick, du Cap Breton et de l'île du Prince-Edouard. Ces quatre groupes sont enrôlés sous la bannière dite des Acadiens. Benjamin Si: lté L'amiral de Brion, protecteur de Cartier. (IV, XII, 555 .)— Philippe de Chabot, seigneur do Brionf Digitized by Google comte de Charny et de Busançois, flit élevé avec François 1er au château d'Amboise. Il était né à la fin du quinziè- me siècle, vera 1495. En 1524, l'empereur Charles-Quint assiégeait Marseille ; Chabot se jeta dans la place avec trois mille fantassins italiens et obligea les impériaux a lever le siège. Cet exploit lui valut une juste réputation. L'année suivante, il combattit à Pavie aux côtés du Roi François 1er et fut pris avec ce monarque qui le nomma gouverneur de Bourgogne et de Normandie pour récompenser sa valeur et son dévouement. En 1525, il fut fait amiral deFranceet fut surtout connu depuis sous le nom d'amiral de Brion. En 1529, il fut chargé d'aller faire ratifior en Italie le traité de Cnmbrni. Brion a-t-il navigué, a-t-il commandé sur mer ? Rien ne le prouve, mais cet amiral s'est occupé du moins des choses de sa charge. C'est à lui que Jacques Cartier soumit le des- sein qu'il avait formé d'aller explorer les pays que l'on ap- pelait alors les Terres nrures de l'Amérique du Nord. Cha- bot accueillit ce projet et voulut môme l'encourager ; il fit donner l'autorisation royale (1534) au plan du navigateur et fut ainsi l'un des promoteurs de la découverte du Canada. Aussi, Cartier, en reconnaissance du service qu'il lui avait rendu, laissa son nom à une des îles de la Madeleine. " A cinq lieues de ses Isles (Margaux), écrit-il, y avait une autre isle...Ceste Isle fut appelée l'isle de Brion." En 1535, l'amiral de Brion commandait l'armée qui enva- hit la Savoie et s'empara de Chambéry, de Montmélian, de Turin et de presque tout le Piémont. Quand il revint à la cour, il la trouva divisée en deux* camps ayant à leur tête le duc d'Orléans et la duchesse d'Etampee d'un côté, Diane de Poitiers et le Dauphin de l'autre. Son intervention dans la lutto faillit lui devenir — 152 — fatale. Kn 1540, le cardinal de Lorraine et Montmoroncy, qui avait é té son ami et son compagnon d'armes, devenu son ennemi lo plus irréconciliable, l'accusèrent de malversa- tions. Chabot fut jugé et condamné à quinxo mille livres d'amende, au bannissement et à la confiscation de ses bien» par un arrêt du 1er février 1541. La duches.se d'Ktampes plaida sa cause auprès du roi et le fit gracier et, lo 24 mars 1541, un nouvel arrêt du parlement intervint en sa faveur et le déchargea de toutes les accusations portées contre lui. Il remplaça avec lo cardinal do Tournon le connétable de Montmorency au minislèro quand celui-ci fut disgracié. Chabot mourut le 1er juin Ib-k'.i. La Bibliothèque Nationale do Paris possède des volumes in-folio manuscrit» de lettres écrites par l'amiral de linon en 1525, et l'on a aussi do lui des cartes maritimes dressées avant l'invention de la gravure. Kl h MAKI» (ioKPl' L'Ordonna née de lord Durham. (WIl. 5S4.) — Col te laineuse ordonnance lancée par l«»rd Inirhain le 2^ juin 1,S.'{S. publiée en ù m //<(>,!, ,//,„. |r au juin, pour ses lecteurs et le public. Non seulement l'apineau ne fut pas le seul à être privé de 1 amnistie, mais aussi Côté, (.iagnon, Nelson. < ) ( 'allaghan. J{odier. Ihown. huvernay. Chart ior, Cartier. K'yan. père et fils, l'onault. 1 >esmarais. Davignon et t.iaut hier. Ce u H'Iti /'m i\i'frii')flin'iift< ilu f 'tiiKhlu ii est en ma jHwses- ision. J.-(>. Dion La <* mitaine " des puritains. (V. IM.5!>3.)— ]a-s puritains appellent la réunion des lidèles : la congréga- tion, et leur temple. nuu t<'n>n>s fie S'ihit-ItruJ. (V. IV.<,04.)— L'aftir nation que le juge Vallières de Saint- lï al a lui-u êmo ajouté les mots S>ii„t-Hftoriqucs et les légendes qui s'at- tachent a N>n site. Les documents légués à l'Université- Laval par feu Geo.-B. Faribault prouvent que la chapelle de C'hamplain dans la«pielle le corps du fondateur de Québec fut déposé dans un .«éj,<(t.-rt> f«irt<'r,ti;,r, s'élevait près du site du bureau do — 154 — poste actuel. Sir James-M. Le Moi ne et le Dr Dionne, bi- bliothécaire de l'Assemblée législative de Québec, sont d'o- pinion que les restes du fondateur de Québec reposent très proche du bureau de poste. Un bu>te de Champlain, pla- cé aus l'incendie de cette maison, le bureau dépiste fut t omp :> rai riment transporté dans le Vieux Château, et en 1845, il fut finalement installé dans le Free- mason'* Hall ou café Prentice, où il a toujours demeuré de- Je suis un chien qui ronge l'os. En le rongeant je prends mon rvp>«. Viendra un temps qui n'est pas venu. Que je morderay qui m'aura mordu. Digitized by Google — 150 — En avril 1871,1e bureau de poste fut transportédansla vieille boulangerie militaire, rue Saint André, maintenant 1* Aoadé- mie Commerciale, et la maison où il avait éti tenu de 1845 à 1871. c'est-à-dire pendant vingt six an*, fui démoli». Le 17 juillet de la même année, la première pierre du bu- reau de jKMte actuel fut jKjsée pur l'honorable H.-L.Langevin, alors ministre dee travaux publiée. Ainsi qu'il a été dit plus haut, un buste de Charaplain, le " Chien d'or " et son inscription ornent la façade de cet édifice. C'est à la tin de 1873 que le gouvernement prit possession du nouveau bureau de poste. C'est un édifice en pierres taillées grises, à trois étages, d'environ quatre-vingts par quarante pieds. L'archi- tecture en est sévère mais pas sans charmes. Pendant l'administrât ion de sir A. -P. Caron comme mi- nistre des |K>stes une nouvelle aile a été ajoutée à la bâtisse. Kl le fait face au Saint- Laurent. Cette aile fut ouverte en 1895 ; elle sert à la distribution générale et aux facteurs. Manière d'apprendre f /tintai re du Canada. (IV, XI. >>4iK) — Vous me demandez quel.e est la manière d'apprendre l'histoire du Canada pour s'en nipjieler toute sa vie. C'est bien simple. Faites comme pour l'histoire d'un indi- vidu dont vous avec entendu parler. On vous dira qu'il avait étudié à tel collège, que sa première idée était d'être ingé- nieur, qu il s'est marié et qu'il fait des entreprises de chemins de fer et finalement qu'il est devenu homme politique. Telles sont les grandes lignes de sa carrière. Eh bien ! l'histoire du Canada doit s'entendre de même : par les grandes lignes. Comment était constituée !a colonie au début ? Quel chan- gement s'est produit ensuite ? A-t-on retardé ou avancé les progrès de l'idée première ? Vers quelle époque les Canadiens E.-T. V AQIKT Digitized by Google ont-ils commencé à exercer «le l'influenee dans Uur pays. Comment cet esprit national a-t-il été reçu par la mère- patrie ? Là est tonte l'étude. Que nous importe le nom de tel ou tel gouverneur ! de tel ou tel soldat ! Ktes-vous obligé de connaître la culotte que je portai» à vingt ans ? Ne surchargez pas votre mémoire de détails qui .sont dans les livres d'écoles. Tout cela ne nous apprend rien. Ce qu'il faut savoir c'est la mu relie «les grands événements. Sachez, par exemple, que de l(»0S à l<î(J5 nous n'avons t'ait que tâtonner sans presque rien établir; de ltîtj*» à lt!(îî>, gran- de arrivée de colons. De 1670 à l(î85. nos efforts étaient portés vers lu colonisa- tion du Bas-Canada et à la découverte du Mississipi. De 1730 à 173U, nous tentions de connaître le Nord-Ouest. Nos guerres contre les Anglais vont de lo'SD àl713 et de 1744 à ïîtiO. Nos parlements ont commencé en 17t»2. VoiU des faits qui sont plus imjxirtants que de savoir en quelle année est mort ,U. de Mésy ou M. de Frontenac. La chronologie est l'épine dorsale de l'histoire ; on ne sau- rait s'en passer, à moins que l'on ne veuille jamais compren- dre les événements anciens. Nos journaux commettent fautes sur fautes du moment où ils parlent d'histoire, et cela est dû uniquement à l'absence de chronologie dans les études des rédacteurs. Notez bien que trois ou quatre soirées de travail sont très suffisantes [mur connaître le maniement de cette clef mystérieuse : la mémoire, de la chronologie. L'ensemble d'une période historique en dit plus à notre intelligence que les futiles renseignements dont on a bourré tant de livres. On parle beaucoup aujourd'hui du soulèvement de 1837, mais étudiez aussi les luttes parlementaires ties vingt années qui ont précédé ces troubles. 11 y a li une page admirable. 158 — Avant que de prendre les amies, nos pires avaient combattu par la parole et par le vote. Non ! pas de détails ! des grandes lignes pour le lecteur ordinaire, des périodes de temps, afin que nous voyions clair dans le passé. L epluehage des détails appartient aux histo- riens ft aux écrivains en général. L'histoire d'un peuple ou d'un pays c'est comme l'histoire d'un individu : vers tel temps, il taisait telle chose. Et c'est tout ce qu'il im]x>rte de connaître. liKNJAMIN SULTE Ult tableau tie Lehitm. (IV. XII, 552.) — La basi- lique de Suinte- A une de Pcanpré possède une peinture qui, ei elle était offerte en vente, ferait accourir bien des connais- seurs, ("est un tableau peint par le célèbre Lebrun. et repré- sentant sainte Anne. Xotre- Daine et deux pèlerins. Le marquis de Tracy, menacé de périr dans un naufrage, fit vœu. si sainte Anne le sauvait du danger, de lui faire une généreuse offrande. De retour en France. AL île Tracy n'oublia pas son vœu et «nvoya à «Sainte-Anne de lk-aupré cette belle peinture qui dût lui coûter un joli denier. Ceux qui n'ont pas l'avantage d'aller à Sainte- Anne de Beaupré jxjuvent voir une gravure du célèbre tableau dans le beau livre récemment publié par le R P. Paul Charland, des Frères Prêcheurs, Mère de donner son bien & qui bon lui soinble, n'est -elle pas faite exprès pour empêcher les injustices que l'autre pirait autoriser en pareil cas ? A pré- sent, il s'agit de savoir si un père peut refuser à son fils aî- né cette seconde part, et si son fils aîné qui n'a pas d'autre mérile que eelui d'être le fils aîné, pei t en exiger deux parts ? " La loi de primogeniture a-t elle exisu'e au Canada ? I.ku. n'14. — A la pa^'e 2.">7 du troisième -volume de Y I/istnire r Kimber ne se m it il pas un des- cendant de ce JcKimhcrt ? Cl Rio. r»l(î. — A quelles sources faut-il aller puiser les détails bio- graphiques ou autres concernant le célèbre juge Vallières de Saint- Kéal, et notamment, où serait-il possible de trouver l'éloge que fit. au dire de Hi baud, de cet illustre magistrat. Antoine (iérin Lajoie ? Canada. (il". — I>'où vient le nom de Ik'llt chaxse. et quand a t il été donné au comté «le ce nom ? C. (i. Digitized by Google BULLETIN DES RECHERCHES H I STORIQUES VOL. 5 JUIN 1S90 Xo. 6 SAINT-JOSEPH DE LAXORAIE La seigneurie de Lanoraie fut concédée en 1(137 au sieur Jean Bourdon. Son inu/innitation, Autruy. fut concédée au même seigneur, en 1647. En lt>8S. la seigneurie de Lanoraie fut cédé© à M. do La Noraye. L'origine de la paroisse est enveloppée d une obscurité im- pénétrable qui résulte de ce qu'à- cette époque on ne 8e préoc- cupait nullement de laisser des archives. Aussi ne peut-on même préciser à quelle date Lanoraie a eusn première éffliee. La deuxième éeW de Lanoraie. fut construite en 1744. La troisième éjrlW— l'éifli^ actuel'e— fut construite d'anrès les plans et sous la direction du curé Loranser. La première pierre fut bénite le 13 août 1*62 par MjrrFabre. alor* simple chanoine. L enlise fut livrée nu cu'te le 26 octobre 1864 alors qii e le fut consacrée nar M.«?r Ignace Bourçet. V oici les noms des missionnaires. dessetvnnts et curés qui se eont succédés à Lanoraie, à partir de 1732 : MM. J.-A Mercier. 1732-1734 : L. Chevalier. 1734-1735 ; J.-B. ( rosselm. 1730-1737 ; P.-B. Pesr-he. 1737-1742 ■ G Tm- mère. 1742 1747 ; B. Pépin. 1747-1749 ; X-F. Youvîlle de la ?^;?i:^e'4T4;) n50 : TW'in, 1750-1759 ; .T.- A. Gaillard, Ij.19-1 m1 : B. Pépin. 1771-1774 : C.Fr. Lemaire de St-Ger- Î5?,iîii î"? VT-.?-N- Pou*H- n70-17«5 : C. Perrault. A. iÏAo i C- J Le,pbvr(l TmchonquctJ 792-1 793 : L.Larao- the 1793 -1,99 : Ç.-A. Boucher de laBroquerie. 1799-1804 ■ J.-D. Laroso. 1804-7813: J. B. Paquin, 1813-1816- G -H SST3i«8Vî"J8??; M-C- *ezcan' l«20-1828;P,Z.Ga!mon; l»-8-lW3 ; J -J. Baiz.enne. 1813-1838; A.-Braif». 1S38-1839 ; ^ t irn«.dte S0'11^'- ; L.-M. Quintal. 1840-1850 • M.-J.-M. Balthazar. 1850-1852 : J.-O. Gi roux, 1852- 1859 • C - 1859-1884 ; J,X. Lus*ier. 1884 : F.- CorWl, 189 i ; F. Mondor. curé actuel. * p, 1 — 164 — MÈRE ESTHER WHEELWRIGHT DE L'ENFANT JÉSUS (1) Dans la deuxième édition de Les Ursulines de Quibec,xo\. 2, p. 89, sous le titre suivant : Une fille d'Albion devient fille de sainte Ursule, on trouve l'histoire de la capture et de la jeunesse d'Esther Wheelwright. L'auteur de Glimpses of the Monastery (histoire abrégée des U routines de Québec), dont la seconde édition a paru en 1897, consacre deux chapitres à cette remarquable et intéressante figure. La même année, i Cambridge, Mass., voyait le jour une collection de mono- graphies, sous le litre True stories of Nexc England Captives, dues à la plume érudite et élégante de mademoiscl e Alice-C. Baker. Cet ouvrage, dédié "aux prêtres et aux religieuses qui donnèrent aeile et protection i nos captifs au Canada/' n'est pas néanmoins exempt d'appréciations qui sentent le préjugé, mais ne doivent pas étonner chez une héritière des traditions puritaines ot anti-françaises do la Nouvelle-Angle- terre. Tout de môme, l'écrivain se rappelle qu'elle est alliée par le sang à notre illustre évêque Pleseis, petit fils de Martha French, elle aussi une captive des Abénaquis, et la note domi- nante de son travail, comme sa dédicace, est une note d'ad- miration et de reconnaissance. M'inspirant à ces sources diverses, je veux satisfaire briè- vement la légitime curiosité du correspondant Amer des Recherclies Historiques. Esther Wheelwright descendait de ces puritains d'Angle- terre qui, pour avoir refusé de se conformer à l'Eglise "établie de par la loi," émigrèrent en Amérique durant la première partie du dix-septième siècle. Son bisaïeul, le révérend John Wheelwright, débarqua à Boston, le 26 mai 1636. Bate (i) V, IV, 609. Digitized by Google — 165 — air mémorable dans les annales de la Nouvelle Angleterre. L'Américain ne connaît pas de titre de noblesse supérieur à celui qui le rattache i la lignée dee " Pilgrim Fathers." Aussi, incalculable est le nombre de ceux qui, sans lettres patentes, revendiquent cette illustre origine. Banni de Boston pour avoir enseigné des erreurs contraires aux doctrines puritaines, John Wheelwright fonda successivement, avec un groupe d'adhérente, les deux villes d' Exeter, dans le New-Hampshire, et de Wells, dans le Maine. C'est à Wells qu'Esther, fille de John Wheelwright (petit- fils du précédent), et de Mary Snell, naquit au commence- ment de lti9tf. La paix qui avait suivi le traité de Byswick ayant été rompue, la France et l'Angleterre se trouvaient aux prises de nouveau, et les colonies de la Nouvelle- Angle- terre eurent à souffrir des incursions des tribus sauvages alliées des Français. La fusillade commença sur la frontière américaine, le 10 août 1703, à WellB, qui avait victorieusement repoussé une attaque précédente, en 1692. L'assaut du village, commencé à 9 heUres de l'avant-midi, se termina par la mort ou l'enlè- vement du trente-neuf de ses habitants. Parmi les captifs se trouvait Eat her, alors âgée de sept ans. Deux ans plus tard, des lettres autographes et des infor- mations fournies par le captif Samuel Hill, député sur parole à Dudley, gouverneur de Boston, par de Vaudreuil, pour négocier l'échange des prisonniers, rassurèrent quoique» uns des habitants de Wells sur le sort de leurs parente enlevés. Mais d'Esther Wheelwright, pas de nouvelles. Où pouvait- elle donc se trouver ? Dans les profondeurs de la forêt, vers les sources de la rivière Kennebec. Un guerrier abenaquis avait emporté la captive et l'avait adoptée pour son enfant. Elle devait y vivre cinq années de la vie sauvage. C'est vers la fin de cette période que le père jésuite Bigot la découvrit durant une de ses missions. A son visage pâle, à ses vète- Digitized by Google — ICG — ments, ii discerna une enfant de race étrangère. Il lui adresse la parole en anglais. L'enfant ne sait répondre : elle a oublié la langue do sa mère. T/O sauvage qui l'a adoptée révèle au missionnaire l'origine et la parenté d'Esther. "La rote anglaise penc he sur sa tige, lui dit le père, la vie des bois lui est trop pénible. Je veux la transplanter au Canada, où elle croîtra mieux sous les so;n* des vierges delà prière." " La petite fleur blanche ne doit pas être arrachée du sol, réplique le chef, qu elle croisse parmi les pins de la forêt, pour orner un jour le icii/watn de quelque jeune brave." A chaque visite nouvelle, le jésuite réitère en vain ses instances auprès du sauvage obstiné. Il profite de ces ren- contres pour instruire la jeune captive, qui bientôt a appris son Credo ot les éléments du catéchisme en français aussi bu n qu'en abénaquis. Le père Bigot informe le marquis do Vaudreuil de sa découverte, et bientôt la bonne nouvelle e-t communiquée à la famille désolée. Après cinq années de séjour dans la forêt. Kslher.rachetée par le dévoué missionnaire, tst conduite à Québec, où le gou- verneur et sa femme l'accueillent avec bonté et la traitent .comme leur enfant. Madame la marquise aj'ant été appelée en France comme .sous gouvernante des enfants royaux, elle confia Esther aux soins des Ui>ulines. La fille du gouverneur, Loui-e do Vau- dreuil. devait être sa campagne de pensionnat. C'est le 18 janvier 1709 que les deux noms fuient inscrits sur les regis- tres du couvent. Bientôt Esther y fit sa première communion, avec uno ferveur angélique." Aimée de ses maîtresses et heureuse dans sa nouvelle fumil'e, elle aurait voulu s'y fixer irrévoca- blement dans l'état parfait, maiH le marquis de Vaudreuil, ,: qui s'était engag- à la rendre à ses parents, dit l'Annaliste des Ursulines. ne voulut pas consentir à n^s projets et la rappela, avec sa Hlle Louise, au château.'' Digitized by Google Les doux années qu'Esther vécut danB le monde furent pour elle des années d'ennui. A cette époque, on négociait * 'échange des prisonnitrs entre la Nouvelle-France et la Nouvelle- Angleterre. La jeune captive accompagna à Mont- tréal le marquis, son père adopt il', dans un voyage qu'il y fit en vue des négociations entre les deux pays. A Trois-Ki vières, elle logea chez les Ursulines, et à Montréal, à l'Hôtel- Dieu. Le 3 octobre 1711, dans cette dernière ville, elle fut marraine de Dorothée de Noyon, tille d' Abigail Stebbins, une captive de Deertield, Mbss. Le parrain fut Nicolas, fils de Charles LeMoync, baron de Longueuil. Le gouverneur, cédant enfin aux instances de Mlle Wheel- wright, lui permit de retourner auprès de ses mères Ursu- lines. Elle devait bientôt y réaliser son vœu le plus ardent : assurer la conservation de sa loi et le salut de son âme, en embrassant la vie religieuse. Le 21 octobre 1712,fête de sainte Ursule, patronne de l'Ordre, elle commença son noviciat, et le 3 janvier suivant, elle prenait le voile blane. La joie du pèro Bigot, en voyant su protégée revêtue des livrées de l'épouse Uu Christ, ne connut pu* de bornes. Il prêcha un sermon des plus pathétiques sur . cette parole du f&almistv : 14 Ta main me conduira et ta droite me soutien- dra." Il comparu a l'élévation d'K*thor épousant Assuérus ses fiançailles avec le Roi des rois. Il rappela en termes émus les souvenirs de sa captivité et de son séjour parmi les enfants de la forêt, il la félicita do ce que, parveuue à l'âge requis, elle était protégée par la loi contre toute opposition à sa. vocation. Profitant des négociations entamées pour l'échange des prisonniers, les parents d'Esther lui adressèrent à cette épo- que des lettres pressantes pour l'engager à ret junur auprès d'eux. C'est la première foU que l'histoire mentionna pareille correspondance. La grâce parla plus fort que la nature au cœur do la novice. Elle persista dan* aa vocation. Pour pré- — 168 — venir toute nouvelle tentative, on crut Ion d'abréger quel- que peu le termo (Je son noviciat, et on fixa au 12 avril 1714, le jour de sa profession religieuss. Le marquis de Vaudreuil. avec une suite brillante, et l'élite de Québec, assista à la touchante cérémonie. La nouvelle professe, " bous l'autorité et en présence de l'évêque, voua et promit à Dieu pauvreté, chasteté, nb/dien'e. et de s'employer à l'instruction des petites filles, selon la règle de notre bien* heureux père ssint Auguslin." La supérieure la revêtit du manteau de chœur et du voile noir de sainte Ursule, et la jeune» captive anglaise, aloplant définitivement le nom de soeur Rather Marie Joseph de l'Entait Jésus, dit un éternel adieu à sa famille et au monde. Deux autre* captives. Mary Anne Davi», née à Salem, Maso., délivrée par le p^rs Ras e, et Dorothea geryan (ou Gordan). rachetée par le père Aubéry, suivirent biontôt l'exempîe d'Ksthor Whee'wright, et firent profession chez !e# Uranlines de Québec. Nous les retrouvons lotîtes trois, ce 1739, à la célébration du premier centenaire de farivée delà v^nérablo Mère Marie de l'Incarnation. Mère Wheel- wright de 1 Enfant Jésus était alors professe depuis vingt- c nq ans. D'apr.'s l'iiis'orien de la ville de Wells, Esther « crivit à son père, lui ma ni fx1 an t son int**n'ion de rester au Canada. Celui-» i. ignorant ea^* doute la n tture irrévocable des vœux *de re'.igion et espérant tou'our* qu'elle reviendrait, lui légua, à la seule condition de ho4. La cérémonie se termina par un Te Deum chanté aux accords de la flute et du violon, et le soir, tam- bours et fifres firent à la jubilaire une sérénade toute militaire. N'était ce pas l'accompagnement ohlùjatoùe la fllte Digitized by Google > — in — d'une héroïne qui avait respiré encore jeune la fumée ries combats, et qui avait su résister à dos ennemis de plus d'une espèce pour tenir haut et ferme le drapeau de la vocation à la foi et à la perfection ? La jubilaire devait passer encore près d'uno vingtaine d'années dans la fidélité à ses vœux do profession et l'obser- vance exacte de la régie monastique. Elle y brilla constam- ment par la pratique des vertus de son état. Elle sut com- mander comme elle avait su obéir. Femme forte, ello mon*- tra une constance inébranlable dans les rudes et émouvantes phases de notre histoire nationale, dont le contrecoup se ré- pétait si fortement dans le cloître. Institutrice habile et expérimentée, elle sut adapter l'instruction aux oxigeanecs imposées par la transition du pays à sa nouvelle allégeance. Distinguée de manières, ello sut conquérir l'affection de ses sœurs et de ses élèves, l'estime des vainqueurs du pays. En 17U6, no pouvant être réélue supérieure pour un troi- sième terme, ello fut relevée de sa charge, mais pour la reprendre aux élections de 1701). Elle avait alors soixante douze ans. mais son esprit et son cœur n avaieut pas vieilli. Une indisposition prolongée tit craindre qu'elle ne vivrait pas jusqu'aux élections suivantes. .Mais cette crainte ne fut pas réalisée. Le 15 décembre 1772, on lui donna, pour la soulager, la charge d'assistunte-supérieure, et six ans plus tard, elle fut nommée zélatrice. Mais le terme de son lung pèlerinage arrivait eu fin. Le 26 octobre 1780, Esther Wheelwright expirait à l'âge de qua- tre-vingt quatre ans et huit mois. "Ello mourut, dit l'Anna- liste du monastère, comme elle avait vécu, adressant au ciel de continuelles aspirations et répétant incessamment quel- ques versets des Psaumes." " Ses ancêtres, étaient nobles, continuent les aunales, mais son cœur plus noble encore, et le souvenir de ses vertus sera toujours cher à cette maison." Digitized by Google — 172— * Les armoiries dea Wheelwright portent : hermine à la fasce d'or chargé de trois disques azur, trois têtes de loup au naturel en chef et en pointe. Esther .qui dessinait à la perfection, avait envoyé à sa mère par son neveu Joshua Moody l'écusson de la famille peint sur soie. Ces armoiries se voient encore gravées sur la cuillère et la fourchette d'argent que le major Nathaniel Wheel* wright donna à la communauté en 1754. Je ne puis mieux terminer cette trop longue notice qu'en citant la dernière pensée de la conelufion de mademoiselle Jîaker : " Tuispe cette histoire, dit en substance l'écrivain de Cambridgo, êtro lue à quelque heure de loisir aux novi- ces par la mère zélatrice, qui, admise il y a* cinquante ans dans la communauté, y trouva une religieuse (1) qui avait dans son enfanco ass:flté avec son père aux funérailles de Montcalm et vécu plus tard dans le cloître durant les sept dernières années do la vie d'Esthor Wheelwright." Cette pensée révèle admirablement la continuité et la fidé- lité des traditions monastiques. Le " vieux monastère " de Québec, à pariir de la premiè- re fondation en 1(539, comptait en 1889 cinq périodes de cinquante années chacune, en tout 250 ans. Or, dans chacu- ne de ces périodes, il y a eu des religieuses jubilaires qui ont connu celles des périodes précédentes. Il suffit donc de cinq générations de jubilaires pour former la chaîne de la tradi- tion orale depuis l'arrivée de la vénérable Marie Guyard de l'Incarnation jusqu'aux temps actuels, depuis le chevalier" de Montmagny jusqu'à lord Stanley ,à travors toutes les pha- ses si tourmentées, si glorieuses, si variées de l'histoire du Canada. N'est-ce pas que la tradition même orale est une source sure et authentique de vérité historique ? L'abbé L. St-G. Lindsay 0) Mère Du W de Saint -Ignace qui mourut en 1839 a l'âge de quatre» vingt -huit ans. t l JACAU DE FIEDMOND (1) Le hasard — ce grand maître — nous a, tout récemment,fait rencontrer un document qui jette quelque lumière sur la destinée ultérieure d'un des héros qui luttèrent vainement avec Montcalm }x>ur essayer de conserver à la France une colonie qu'on abandonnait. Redmond, dont grâce à sa valeur seule, le Canada a con- servé pieusement la mémoire fut, comme son chef de l'Ile Royale, M. Le Courtois de Surlaville, un simple officier de fortune que ses talents militaires firent parvenir au grade d'officier général. C'est grâce à cette qualité, que le juge d'arme de France lui délivra en 178»> lo brevet d'armoiries qui fait l'objet de cette notice et dont noua avons retrouvé la minute au dépar- tement des mamwrhs delà Bibliothèque Nationale (nouveau d'Hozier, volume 192). Indépendamment de l'orthographe exacte du nom de Fiedmond, ce document indique les diffé- rentes étapes de sa carrière militaire depuis la perte du Cana- da et prouve, une fois de plus, que, si les officiers de fortune valaient ceux de nnissance, ils pouvaient, tout comme les seconds, bien qu'avec plus de difficulté, gravir tous les éche- lons de la hiérarchie militaire. M. de Fiedmond figure, pour la dernière fois, comme ma- réchal «le camp, sur l'almanach royal de 1792. Il est proba- ble qu'il émigra, mais 11 s'arrêtent les renseignements que nous avons pu recueillir sur son compte. G. du Boscq he Beaumont (i) Québec, 27 avril, 1899. M. J. -Edmond Roy, Lévis. Mon cher Monsieur, Je vous transmets en même temps que ces quelques lignes une pièce iné- dile sur M. de Fiedmond, le célèbre officier qui a immortalisé son nom lors du siège de Qiiéïwc en 1759. Cette pièce m'a été lemise cet hiver à Paris par M. de Beaumont, un amateur d'antiquités qui vous est connu. Te crois que vous aimerez à la publier dans le Bulletin des Recherches Historiques. Bien à vous, IÏ.-R. Cascrain, Ptre. — 174 — Antoine-Mai ie <1 Hozier de Sérigny, chevalier, juge d'ar- mes de la noblesse de France, chevalier grand croix hom>- raire de l'ordre royal d»s .Saint» Maurice et Lazare de Sar- daigne. Sur la requisition qui nous a t té faite par Louis-Thomas Jacau de Fiedrnond. écujer. maréchal des la noblesse de France qui nous donne lins peut ion et ordonnance sur le port des armoiries, avons réglé pour armes au dit Louis-Thomas Jacau de Fied- rnond un éeu d'argent à une étoile d'azur naissante du chef, coupé de sinople, et sur le tout, un serpent lové, c'est-à-dire entortillé, de l'un dans l'autre : le dit écu casque de profil orné de ses lambrequins d'azur, d'argent et de sinople. Supports : deux chiens u argent aunt celui de gauche est couenc ! Et atin que le présent brevet dérèglement d'armoiries, que ' nous avons compris dans nos registres puisse lui servir et à ses entants et postérité, maie et l'emehe. nés et à naître en légitime mariage, tant qu'ils vivront noblement et ne feront aucun acte de derogearice, nous l'avons signé et fait contre- signé par notre secrétaire qui y a apposé le sceau de nos armes. A Paris le mercredi cinquième jour du mois d'avril de l 'an mil bept cent quatre vingt six. (Signé), d'Hozikrde Sékiusy Pour minute. Au dos de cette minute se trouve un dossier des armoiries et leur explication, le tout de l'écriture de M. de Fiedrnond qui paraît les avoir composées lui-même. D 1 lozier, avec ses souvenirs de la Guyane, a oublié de lui donner dans le brevet sa qualité de chevalier de Saiut-Louis. G.-li. B. Digitized by Google JOSEPH -FRANÇOIS PERRAULT José ph -"François Perrault, protonotaire et greffier de la Cour du Ranc du Roi, décédé a Québec en 1844, à l'fige de quatre-vingt-onze ans, avait été élevé suivant les anciens usages de l'urbanité française, et il tenait à les observer et à les voir se continuer. Un officier, au jour de l'an, sans descendre de voiture, envoie porter sa carte par son domestique qui la laisse à la porte de M. Perrault. En la recevant, celui-ci fait aussitôt rappeler le domestique et lui remet une autre carte, en lui disant de la donner à son maître : et dites lui, do ma part," ajouta-t-il, " que nous sommes quittes maintenant." Néanmoins, cet usage a prévalu depuis, a cause de l'ex- tention des relations sociales ; mais n'avait il pas raison de s'opposer :\ une innovation qui tend ù abolir une bonne coutume de nos aïeux, dont ils appréciaient toute la convc* nance et les bons effets. Citons un autre trait du môme genre. lTn jour M. X., avocat anglais, entre, le chapeau sur la . tête, dans le bureau du greffier pour le consuhor. Tl voulait savoir la signification du terme légal donner du découvert à son c.»'*in. T^e greffier, sans se déranger, ni le regarder, lui répond : " Monsieur, il y a deux espèces de découvert t le premier, que vous devez apprendre, c'eit celui d'un gen- tilhomme qui so découvre en s' adressant à un autre." Ainsi apostrophé, l'interlocuteur dut s'exécuter et reçut ensuite l'interprétation qu'il cherchait sur le sens de donner du découcert à son voisin. Il n'oublia plus, dit-on, ni l'une ni l'autre. — 176 — Un autre avocat, M. V., avait pria la façon do déposer Bon bonnet de fourrure sur le bureau du greffier, et la neige qu'il eraportuit mouillait et gâtait ses papiers. Voulant y mettre nn, M. Perrault, un jour, prend le bonnet et va le déposer plus loin, en disant à M. V. : " Voici plusieurs fois que je vous prie de ne pas mettre votre casque sur mon bureau ; vous mouillez mes papiers ; si cela vous arrive encore, je le jette dans le poêle ; gare à vous. " Peu de jours après, voici encore le beau casque de martre sur lo même bureau. Sans dire mot, M. Perrault so lève, ouvro la porte du poêle, le jette dedaus et ferme la porte au grand ébahis- Bernent de l'avocat ; puis vient se rasseoir tranquillement, comme si rien n'était. On pourrait citer une foule d'anecdotes, de traits et de bons mou de M. Perrault que ses contemporains se plai- saient à raconter et qui s'envolent ou se sont envolés avec le temps. Une de ses dernières réponses montre le sans-gêne et le ton d'esprit goguenard dont il usait au besoin. Sur les der- nières années de sa longue vie on essaya plusieurs fois de l'engagor à se démettre de sa charge,ear il y avait bien des aspirants aux aguetB de son emploi, et les plus ambitieux se morfondaient dans l'attente si longuement prolongée. Comme il avait conservé toutes so9 facultés, il faisait la sourde oreille. Un jour qu'un émissaire importun insistait davantage dans ce but, il l'éconduisit par cette repartie : " Dites à ceux qui vous envoient que mon dernier p.. sera un p.. de greffier." Telle fut sa réponso pour s'en débarras* Ber une fois pour toutes. P.-B. Casoraiç» Digitized by Gopglc — 177 — RÉPONSES 4 Lacroix- plantée par Cartier sur la côte de Gaspé. (Il, IV, 173.)— Kn 1534,1a petite flotte de Jacques Cartier était mouillée à l'entrée de la baie de Gaspé lors- qu'une furieu-e tempêto s'éleva. Le vent souffla avec une telle violence qu'un des navires perdit une ancre. " Pour ce, nous dit le capitaine malouin, nous fut besoin passer plus outre en ce fleuve quelque sept ou huit lieuës pour gagner un bon port où il y eut Ion fond, lequel nous avions été découvrir avec nos barques, et pour le mauvais temps», tempête et obscurité qu'il fit demeurâmes en ce port jusques au XXV sans pouvoir sortir." {Discours du voyage). Ce bon port où les Français trouvèrent un abii contre les fureurs de la tempête c'est la baie de Pénouïl, Cartier vit dans cette buiedeux à trois cents sauvages occu- pés à pécher des tombes (maquereaux). Il leur donna des couteaux, do* cha]>elets de verre, des peignes et U 'autres objets de peu de valeur. " 11 ne se peut trouver gt-nt plus pauvre au monde, dit-il. tous ensemble n'eussent pu avoir la valeur de cinq sols excepté leurs barques et rets." Avant de quitter la baie de Pénouïl, Cartier planta une croix sur la pointe de sable qui en ferme l'entrée : " Le XXUIJ du mois, écrit il, tismes faire une croix haute de ttente pieds, et fut faite en la présence de plusieurs d'iceux sur la pointe de rentrée do ce port, aux milieu de laquelle mismes un éeusson relevé au trois fleurs-dc lys, et dessus était écrit en grosses lettres entaillées dans du bois, Vive le roi de France. En après la plantâmes en leur presence sur la pointe, et la regardaient fort, tant lorsqu'on la faisait que quand on la plantait. Kt l'ayant levée en haut, nous nous agenouillions tous ayant les mains jointe*, l'adorant à leur vue, et leur faisions signe regardant et montrant le ciel, que dicelle dépendait notre rédemption de laquelle chose, ils Digitized by Google — 178 — s'émerveillèrent beaucoup, se tournant entr'eux, puis regar- dant cette croix." Cette prist' de pospej-s'on ne plut guère aux sauvages. Loisque Cartier et tes compagnons furent retournas à leurs navires, le chef, accompagné de ses trois fils, et de son frère vint protester contre l'occupation de son territoire. Vêtu d'une vieille peau d'ours noir, de son canot il lit une haran- gue aux marins montrant du doigt la croix et le territoire environnant comme s'il eut voulu dire qu'il lui appartenait et que la croix ne devait pas être plantée nans sa permission. Par un stratagème des Français il fut embarqué dans un de leurs navires. Cartier essaya alors de lui faire comprendre que la croix avait été plantée ;- pour donner quelque marque et cognoiseance pour pouvoir entrer en ce port." Puis il lui fit comprendre qu'il désirait mener en Franco deux de ses fils. Pour les engager à faire ce voyage, on revêtit chacun d'eux d'une chemise et d'un f-ayon «le couleur ; on leur mit sur la tête une toque rouge et on leur j assa au cou une chaîne de laiton. Les deux jeunes garçons sati>faits de leur accoutre- ment consentirent à suivre les Français. Le lendemain les navires de Cartier sortaient de la haie de Pénouil. L'Ordre du Jtoit -Tempt*. (IV. Y. 456/)— Transpor- tons-nous a Port-Poyal. en Acadie. durant l'hiver de 1G06 à lo'OT. Depuis bientôt trois ans, un groupe de hardis Fran- çais travaille à fonder un établissement dans ce coin de l'A- mérique Septentrionale. En 1604, Pierre du Gua, sieur do MontP, gouverneur de Pont, nommé lieutenant du roi. a orga- nisé une expédition pour l'Aeadîc. Accompagné de Pontgravé, de Chainplain et de Poutrineourt il a contourné la péninsule acadienne, a pénétré dans uno ba»e magnifique qu'il a appelé la lîaie Française, découvert la Ba;e de Port Royal, ainsi nommée par Champlain. et jeté les premiers fondements d'un établissement sur l'île Sa'nte-Croix, à l'ouest de la Baie R. Française. Après un premier hivernement en cet endroit (1604-ltî05), do Monts a transféré l'établissement à Port- lioyal ; puis il est retourné en France, où Poutrincourt l'a- vait précédé dès l'automne de Hi04. Pontgravé et Champlain Bout restés à la tête de la petite colonie, y ont hiverné (lo'05- 160G) ; et, au moment de retourner en France, faute do secours, au commencement de l'été de 1(J05, ilH ont vu arriver avec joie un vaisseau bien équipé, commandé par l'outrin- court, qui e»t accompagné d'un avocat parisien nommé Marc Lescarbot. Alors Pontgravé soul s est embarqué pour la mère- patrie. Champlain e»t demeuré en Acadie avec Lescarbot et Poutrincourt. En compagnie de ce dernier, il a exploré la côte américaine vers le sud, jusqu'au delà du 41ème degré do latitude. l>e retour à Port- Koyal, où Lcacarbot les a accueil- Us par une fête domestique, poétique et musicale, dont le* Muses de la Souctih:- Fram-r nous ont conservé la mémoire, ils se sont livrés tous ensemble à certains travaux de défri- chement, de construction, voire même d embellissement. Maintenant 1 hiver, un de nos hivers américains, est arrivé. Il a jeté sur les plaines, les montagnes, les lacs et les forêts, un épais ei blanc manteau. Au fond de l'habitation de l'ort- Royal, une poignée de Français se trouve comme perdue au milieu de se» contrées nouvelles, peuplées de tribus sauvages, et séparées de la vieille patrie par des centaines de lieues d'océan. Sans doute, les fronts doivent être souvent assombris parmi les hardis hivernants ? Pénétrons dans l'habitation. C'est l'heure du repos. Quo signifie cet air do réjouissance, cette pompe, cet appareil ? Voici Champlain, le vaillant explorateur, Pontrincourt, l'in- trépide capitaine, Lescarbot. le docte avocat, Robert < îravé, le digne tils d un père justement estimé, Louis Hébert, apo- thicaire et pionnier, et dix autres qui défilent devant nous portant chacun un plat fumant, et suivant processionnelle- ment un chef décoré d'un collier, dont la doxlre tient un ■ — 180 — bâton d'office.— Salut au premier club du Canada ! Nou* sommes en présence des compagnons de l'Ordre du Bon- Temps, fondé à Port-Royal, en Aeadie, sous le règne de Sa Majesté Henri IV, roi de France et de Navarre, en l'an de grâce 1607, par Samuel de Champlain, futur fondateur de Québec ! En quoi consistait cet Ordre ? Champlain et Lescarbot vont nous l'apprendre far le menu : " Nous passâmes cet hiver fort joyeusement," lisons-nous dans la Relation des Voyages de Cliamplain (édition Laverdière, tome III, p. 120), et fîmes bonne chère, par le moyen de l'Ordre du Bon- Temps que j'y établis, qu'un chacun trouva utile pour sa santé, et plus profitable quo toutes sortes de médecines dont on peut user. Cet ordre estoit une chaîne que nous met- tions avec quelque petite cérémonie au col de l'un de nos gens, luy donnant la charge pour co jour d'aller chasser ; le lendemain, on la baillait a un autre, et ain-i consécutivement : tous lesquels s'efforçaient à l'envy à qui feroit le mieux et apporteroit la plus lelle chasse. Nous ne nous en trouvâmes pas mal, ny les sauvages qui estoient avec nous.*' Donnons maintenant la parole à qui est le plus fécond en détails : ;i Je dyrui que pour nous tenir joyeusement et nette- ment quant aux vivres, fut établi uu ordre en la table du dit sieur Poutrincourt, qui fut nommé l'ORDPE DE BON- TEMPS, mis premièrement en avant par le swnir Champlain, auquel ceux dïcolle table entoient maître-d'hôtel. Chacun à son tour, qui estoit en quinze jours une fois. Or. avait-il le soin que nous fus-ions bien et honorablement traités. Ce qui fut si bien observé, que fquoyque lesgourmensdedéça nous disent souvent que nous n'avions point là la rue aux Ours de Paris) nous y avons fait ordinairement ausM bonne chère que nous saurions faire en cette rue aux Ours et à moins de frais» Car il n'y avoit celui qui deux jours devant que son tour vinst ne fut soigneux d'aller a la chasse outre à la pêcherie, et — 181 — n'apportast quelque chose de rare, ou ce qui cstoit de notre ordinaire. Si bien que jamais au déjeuner nous n'avons man- qué de souspiquets de chair ou de poissons, et au repas de midi et du soir encore moins : car c'cstoit le grand festin, là où I'ArchitricHn, on Maître-d'hôteî (que les sauvages appel- lent " Atoctegic "), ayant fait préparer toutes choses au cui- sinier, marchoit la serviette sur l'épaule, le bâton d'office en main, et le collier de l'Ordre au col, qui valoit plus de quatre écus. et ton s ceux d'icclui Ordre après lui, portuns chacun son plat. Le même estoit au dessert, non toutefois avec tant de suite. J5t au soir, avant de rendre grfîce à Dieu, il resinoit (résignait) le collier do l'Ordre avec un verre de vin à son successeur en la charge, et buvoient Tun à l'autre. J'ay dit ci-devant que nous avions du gibier abondamment, Canards, Outardes, Oyesquises et Clanchcs, Perdrix, Alouettes ^et autres oiseaux ; plus dos chaire d'Edlans, de Caribous, do Castors, do Loutres. d'Ours, de Lapins, do Chats-sauvages ou Léopars, de " "Wï bâchés" et autres telles que les sauvages pre noient, dont nous faisions chose qui valoit bien co qui est en la rôtisserie de la ru a aux Ours, et plan encore ; car entre toutes les viandes, il n'y a rien de ni tondre que la chair d'Ellan, (dont nous faisions aussi de bonne patisserie"), ni de si délicieux quo la queue do Cast or." Voilà ce que c'était que l'Ordre du Bon Tem|>s. C'est ainsi que ces vaillants pionniers de la colonisation chrétienne et française trompaient les ennuis do l'absence et de l'éloignemont du sol natal, écartaient les sombres pen- sées, et conservaient haut et ferma leur courage au milieu des difficultés et des périls. L'Ordre du Bon-Temps s'éteignit avec le départ de Cham- plain, de Poutrincourt et de Lescarbot, qui furent forcés d'a- binlonner l'Acadio, à l'automne de 1H07, par suite de la révocation du privilège do M. do Monts. ÏONOTUS Digitized by Google Les Acad tenu tï Beaumont. (IV, VII, 481.) — Dans l'automne de 1756, les paroissiens de Beaumont virent arri- ver au milieu d'eux plusieurs réfugiés aeadiens. Us accueil- lirent cos malheureux comme des frères. Alais. épuises eux- mêmes par des lovées incossantes, ruinés par plusieurs années de mauvaises récoites, il» durent npj»eler l'aide du gouverne- ment. Un habitant de Beaumont, Joseph Itoberge, s'engagea alors envers Joseph Cadet, pourvoyeur des autorités, à four- nir et livrer à chacun dos A cadiens réfugiés dans la paroisse et à Saint-Michel une demie livre de bœuf ou un quarteron de lard de quatre onces de poids par jour pendant six mois. (Greffe de Jean-Claude Panel. 14 novembre 175o"). J.-h. lv. L'Ordonnance de lord Durham. (V, II, 58 1.)— On sait à la suite de quelles circonstances lord Durham fut envoyé en Canada, ("était au lendemain du la malheureuse levée de boucliers de lh.'>7. Le gouvernement, l'investit de pouvoirs extraordinaires, et lord Durham crut qu'il pouvait agir en dictateur. En arrivant à Quebec, il lanya une ordon- nance dans laquelle il accordait une amnistie aux rebelles, en exceptant de cette mesure Papinoau et quelques autres chefs. Quant aux autres personnes les plus compromises, il les exilait aux Bermudes, ne voulant jius soumettre leur cause à un jury composé de Canadiens, qui les auraient acquittés, ni les taire panser en jugement devant un jury anglais, qui les auraient condamnés sans merci. Lorsque cotte ordonnance fut connue en Angleterre, lord Brougham, quoique libéral comme lord Durham, crut l'occasion belle d'attaquer le gou- vernement et le dictateur, comme on l'appelait. Il se déchaî- na contre ce dernier avec une violence sans pareille. Lord Melbourne le défendit mollement ; il alla jusqu'à convenir avec lord Brougham que la partio de l'ordonnance qui exi- lait les rebelles aux Bermudes était illégale, attendu que le Digit gouverneur n'avait aucune juridiction sur ce* îles, mais il concluait en demandant d'abandonner cettê affaire. Quelques jours plustard. lord Brougham revenait à la charge et le gou- verment baissa cette fois complètement pavillon et annonça qu'il avait désavoué l'Ordonnance. Lorsque lord Durham apprit que son premier acte d'au- torité était annulé, il vit que la posit ion n'était plus tenable >Te se y< ssédant plus de rage, ilrét-olut de quitter la colonie mais avant de nous dire adiui.il lança un appel au peuple contre le gouvernement nrglais. plaidant sa cause devant 1 es habitants de la colorie. En parjant de cet appel le Times crut de bon goût d'écrire que lord Durham levait l'éten- dard de la révolte dans un pays qu'il avait reçu mission de pacifier, et de l'appeler le lord TTiijh Seditioner, le lord grand séditieux, par allusion àson titre de Lord ITiyh Com- missioner. Lord Durham appartenait à l'éc ole libérale la plus avan- cée, et dés 1821 il préparait, de concert avec lord John Hus- sell, un bill de réforme très radic al. Lord John, qui possé* dait une copie de ce bill annotée de la main de lord Durham, a déclaré que celui-ci demandait dès cette époque le vote au scrutin secret. Il serait donc le pèro de ce système de rota- tion, appliqué ;i la politique ! Au témoignage de ses eoniemnorains. qui le regardaient à juste titre comme un homme d'un talent hors ligne.lord Dur- ham était d'une violence extrême, autoritaire comme un des- pote, ne pouvant supporter lu contradiction. 11 avait fait, à Gretna (îreen, un mariage d'amour, mais il perdit bientôt sa femme et il épousa en secondes noces la fille de lord Grey, qui l'appela dans eon gouvernement avec lord John Russell. Les mémoires du temps nous apprennent que lord Dur- ham avait une influence extraordinaire sur son beau-père qui n'osait contredire son terrible gendre. Il était de fait le pre- mier ministre delà Grande-Bretagne. Il ne témoignait pas — 184 — plus d'égards pour sts collègues quo pour lord Grey et il se passait des scènes .d'une violence inouïe chaque fois que quel* ques uns d'entre eux s'avit-aient de combattre ses projets. On rapporte que lord Brougham, se trouvant présent à un dîner offert à lord Grey, à Edimbourg, ht, en répondant à un toast, une critiquede certains esprits remuants qui. n'é- tant jamais satislaits, rêvaient do réformes impossible*. Lord Durham, qui était aussi au nombre des convives, prit la chose pour lui et la prit fort mal. 11 répondit à Brougham dans des termes si muera et si mordants que l'effet de la cri- tique fut entièrement perdu. Lord Brougham jura de se ven- ger et il lui rappela lors de l'affaire de l'Ordonnante qu'il n'a- vait pas digéré l'insu.tc du dinord'Kdimbourg. O. P. L'uniforme tien miliciens en 1812. (V, III", 592.) — Beaucoup do personnes m'ont demandé dos renseigne- ments sur le costume que portait la milice durant la guerre de 1812. Les rapports des officiers commandants ne parlent pas du genre d'habillement. Uno lettre du l'agent du Haut- CanaJaàLoiidre-,endatedu31 janvier 1821, contient le rensei- gnement demandé que j'insère ici au profit des investigateurs, si légère que soit la satisfaction qu'il e*t do nature à donner. La lettre porte ceci : Un officier supérieur de la ligne,qui a servi quelque t^mps avec la milice incorporée, dit que les miliciens n'avaient pas d'uniforme régulier. Les uns avaient des habits rouges à revers bleus ou rouges, les autres avuient des habits vt-rts, mais la plupart n'en avaient pas du tout." Douulas Brymxer Les protonotftii'eM apostolique* canadiens.(\\ IV, GUI.) — Les protonotaires apostoliques sont presque néa avec l'église. Pendant los persécutions, c'est à eux qu'était confiée la charge de recueillir les actes des martyrs, pour traus- Digitized by Google mettre à la postérité le souvenir de leurs souffrances et le témoignage de leur foi. Au moyen fige, les protonotaires apostoliques prirent telle- ment de l'importance qu'ils voulurent avoir préséance sur les évêques. Ce n'est qu'en 1459 que Pie II mit fin à cette pré- tention. Les protonotaires apostoliques jouissaient autrefois d'un très grand nombre de privilèges. Le plus important était d'instrumenter dans les causes des saints, et de servir de no- taires à la cour pontificale. Pie IX a réduit considérablement ces privilèges. Le collège des protonotaires apostoliques se divise on trois fiasses distinctes : les protonotaires participants, les protoiio- taires ad instar participantium et les protonotaires titulaires ou noirs. Les protonotaires participants et les protonotaires nd ins- tar participantium portent l'habit prélat ice, c est- 1 -dire le même que les évêques ; quant aux protonotaires apostoliques titulaires ou noirs leurs vêtements sont noirs. Les Canadiens dont les noms suivent ont été élevés à la dignité de protonotaire apostolique : Mgr Michel François Ransonet : Mgr Urbain Bolret ; Mgr Narcisse Doucet (Chi- coutimi) ; Mgr N-.T. Ritchot (Saint- Boni face) : Mgr Charles Guay (St-Joseph-de Lévis) ; Mgr Benjamin Paquet (Qué- bec) ; Mgr T.-E. Hamcl (Québec) ; Mgr J.-C.-K. Laflamme (Québec) ; Mgr C.-E. Légaré (Québec) ; Mgr C.-A. M . rois (Québec) ; Mgr fr.-Elz. Brochu (South bridge ( E. U.) ; Mgr C.-O. Caron (Trois- Rivière») ; Mgr J.-O. Routhier (Ottawa); Mgr L.-M. Dugas (Cohocs, E. F.) : Mgr J.-C. Marquis (St- Célestinï ; Mgr Antoine Lal>elle (St -Jérôme) : Mgr E.-C.-H. Langevin (Rimouski) ; Mgr T. Tanguay 'Sherbrooke) ; Mgr Z. Racicot (Montréal) ; Mgr L.-Z. Champoux (St-Poly- farpe) ; Mgr Bernard O'Reilly (New- York, E.-F.) ; Mgr C.-E. Poiré (Sic- Anne de La Pocatière). P.-G. R. — 186 — L'arpenteur-yèncral Jiouchette, (V^III, 594.)— Je lie duns des notes inédites de feu M. Kibaud : '• 1804 : Joseph Bouchette est nommé arpenteur-général de la Pro- vince en remplacement de son oncle, le major llollaud, mort l'année précédente, et dont il était déjà le député." P.-U. il Une u épluchette. (V,Il 1,599.)— Les habitants de nos campagnes, quand les récoltes sont finies, que les grains et les fourrages sont sous remise.se livrent à un repos bien mé- rité après tant de labeurs qui consistent en danses, en visites chez leurs connaissances et àse réunir à la veillée pour y taire " Yépluchette." C'est en épluchant le blé d inde que le plai- sir est grand, surtout si un garçon ou une tille, trouve un blé d'Inde rouje... L'auteur de l'heureuse trouvaille a le privilège d'embras- ser celle qu'il aime le mieux, dans la réunion... Le blé d'Inde dont les grains sont rouges — ce qui est assez rare — engendre un flirt ago bien iuofténsit', eomme vous voyez, puisque le baiser se donne tout bonnement devant les parents et les amis, et plus d'un garçon timide, a, par l'agen- ce de ce baiser muet, scellé une alliance légitime (jui a fait le bonheur do sa vie. «ilSTAVE OmiET LesprêtrcH /rançai* réfuyivs au Va èiada pen- dant la Révolution. (V, IV, t»10.) — Les lugubres évé- nements do la Révolution française eurent pour nous deux conséquences avantageuses : ils déterminèrent une nouvelle rupture de toute communication avec la France dans un temps où nous n en pouvions attendre rien quo de fâcheux ; puis ils causèrent uno immigration bénie do prêtre* français animés du plus pur zèle apostolique et dout les noms sont conservés avec vénération dans la mémoire du poupie cana- dien. L'Angleterre, l'intolérante Angleterre d'autrefois, ac- GoogU — 1.S7 — cueillit avec bonté ces ecclésiastiques catholiques poursuivis par la rage révolutionnaire, et favorisa leur transmigration dans sa colonie du Canada, en mf'ine temps qu'elle gardait et entourait do tous les respects au sein du royaume un nombre beaucoup plus considérable de prêtres réfugiés. Voici la liste de ces vertueux et zélés auxiliaires que reçut le clergé canadien et que Mgr Hubert, évêquo de Québec, avait appelés de ses vœux : Arrivés en 1791. — MM. Alain et Lejamtel de la filoute- rie. Arrivés en 1793. — MM. Philippe-Jean IxMiis Desjardtns, vicaire -général, Jean-André Raimbault, Pierre (iazelle, Fran- çois Ciquart et Candide Le Saulniers. Arrivés en 1794. — MM. Louis- Joseph Pesjardins. Jean Castanet. Jean-Denis Daulé. François-Gabriel Le Courtois, Philippe Nautetz, Jean-Henri- Auguste lîoux. P. S. S., Anthelme Malard. P. S. S., Antoine-Alexis Molin, P. S. S., François Humbert, P. 8. S., Claude Rivière, P. S. S., Antoine Sattin, P. S. S., Melchior Sauvage, P. S. S., Guillaume Dos- garets, P. S. S., et François-Marie Robin. Arrivés en 1795. — MAI- Joseph- Pierre Malavergne. Jac- ques Delavaivre. Claude Gabriel Courtine, et Jean Raim- bault, * Arrivés en 1796. — MM. Jean-liaptiste Chicoineau, Claude- Vincent Fournier,N. Jahouin, Jacques-Guillaume Roque, P. S, S., Antoine Houdet, P. S. S., Jean- Baptiste Suint-Marc, Urbain Orfroy, Antoine Villadc, et Pierre-René Joyor. Arrivés en 1798. — MM. Joseph -Mand et Sigogne, Antoine \ ^ - Champion et Antoine Gaïffe. P. S. S. Arrivés en 1799. — M. Antoine- Aimable Pichar.l. Arrivés en 1S06. — MM. Jacques- Ladislos de Calunne, Pierre- Bernard de Itorniol et Nicolas- Aubin Thorel. — 12 en tout. Digitized by Google — 188 — La Gazette de Québec du 7 mars 1793 annoça en ces termes l'arrivée de MM. DesjardinB, aîné, Gazelle et Haim- bault : " La semaine dernière sont arrivé» en cette ville trois prêtres français, réfugiés de France, venus d'Angleterre à la Nouvelle- York, dans le paquebot du roi. Les recommanda- tions de sir Henry Dundaa leur méritèrent un accueil distin- gué de la part de Son Excellence le major-général A lured Clarke, lieutenant-gouverneur de Sa Majesté en Canada. C'est le lendemain de leur arrivée, le 3 mars, qu'ils eurent l'honneur d'être présentés à ce haut dignitaire, au château Saint-Louis. " Quelques années plus tard, l'abbé Jacques Ladislas de Ga- lonné (frère du ministre de Louis XVI) fut aussi reçu au château Saint-Louis avec tous les égards dus à son caractère et à son rang. Le gouverneur Craig l'invita à dîner au Châ- teau un jour d'abstinence. Tout le premier service fut don- né en maigre. {Mémoires de M. de (jaspé). L'abbé de Calonne avait passé six ans à l'île du Prince- Edouard avant de venir se fixer en Canada. 11 mourut en odeur de saiatoté, au x Trois-Kivières, le 19 octobre 1822. Voir le travail de l'abbé Bois intitulé : L'Angleterre et le clergé français réfugié pendant la Récolution, inséré au volume III, année 1885, des " Mémoires et Comptes-rendus do la Société Royale du Canada. " Voir aussi Y Etude biographique sur Jean Raimbault, par le même auteur Y Histoire du mo- nastère des Ursulines de Québec ; Y Histoire des Ursulinexdes Trois- Rivièresftiii contient une biographie complète de l'ab- bé de Calonne ; Une colonie féodale en Amérique, par M. E. Rameau de Saint-Père ; le Répertoire du Clergé canadien , par l'abbé Tanguay ; la Vie de C.-F. Paincliaud, par le doc - teur N.-B. Dionne, etc, etc. Ernest Gaonox Digitized by Gopo 1 < — 189 — Inauguration du pont Victoria. (V, IV, 605.)— Le pont Victoria, sur le fleuve Saint-Laurent, reliant Mont- tréal à Saint-Lambert, fut inauguré le 25 août I860, par S. A. R. le prince de Galles. Le parlement du Canada, le 14 mai 1859, avait voté une adresse à Sa Majesté la Reine, 1 informant que le pont serait bientôt achevé, exprimant en même temps le désir qu'il plût à Sa Majesté ou à tout autre membre do la famille royalo de visiter le Canada et d'inaugurer le pont Victoria. Ne pouvant venir elle même, Sa Majesté désignale prince de Galles, son fils aîné, pour cette mission. 11 arriva près Montréal le 24 août 1860, mais il ne fit son entrée on ville que le lendemain, 25. Après avoir reçu l'adrease du maire de 1a cité, quelques autres adresses, et avoir ouvert une exposi- tion industrielle, Son A rieuse Royale se rendit à la Pointe Saint Charles, oû so trouve l'extrémité nord du pont dont il allait faire I inauguration. Bans sa réponse à une adresse présentée par l'honorable John Ross, président du Conseil Exécutif, ministre de l'agriculture et président du bureau de direction de la compagnie du Grand-Tronc, Son Altesse Royale exp.iqua la raison de son voyage au Canada, dans les termes que voici : 14 Votre Souveraine a montré combien elle sait apprécier la grandeur et l'importance de cette entreprise, en me don- nant une mission aussi lointaine pour célébrer sur le lieu même et de sa part, l'achèvement d'un monument qui, dorénavant, portera son nom, et donnera aux générations futures une nouvelle preuve, ajoutée à d'autres, de l'heureuse industrie du grand peuple dont la Providence lui a confié les desti- nées;' Voilà le but de son voyage expliqué par le prince lui- même. Voici maintenant comment le Journal de Vlnstruc- tion publique, de 1860, rapporte la cérémonie de l'inaugura- tion : Digitized by Google — 190 — " Aussitôt après la lecture do cette réponse. M. Hodges, constructeur du pont, présenta au prince une élégante truelle d'argent et une médaille d'or commemorative de la circons- tance, et Son Altesse lîoyalo posa elle-même la dernière pierre qui couronne la grande porte du pont. Cette partie de la cérémonie se paasa fous un arc de triomphe richement décoré et Bur lequel on lisait cette inscription : Finis coronat 0]>ui>. Le prince et sa suite descendirent alors de l'estrade, aussitôt après que la nîusique de» Carabiniers eut exécuté le (iotl Sate the Queen, et ils reprirent place dansles chars qui se dirigèrent vers le centre du tube. Là. le prince inséra lui- même, à coups de maillet, un rivet d'argent, le seul qui restât îV poser." Permettez que je consigne ici le fait que, cinq jours après avoir posé la dernière pierre et le dentier rivet du pont Vic- toria, à Montréal, le prince de Galles posoit à Ottawa, sur la hauteur qu'on nommait alors Barracks Hill, la première pierre do l'éditice du Parlement canadien, portant l'inscrip- tion suivante : Qu'kI felix, fau-ittimquc sit liane lapitlcm aedifirii Quoans les douze volumes de la Collection Lccis publiée par M. l'ab- bé Casgraiu il est souvent question d'un chevalier de Kepen- tigny, qui se distingua beaucoup au siège de Québec et sous les ordros du chevalier de Lévis. Ne serait-ce pas le même personnage de 1748 ? Dans onze années bien des choses s'ou- blient ! Oyv. 622. — Pouvez-vous me donner la liste dos officiers que l'Angleterre nous a envoyés depuis la Confédération pour commander notre milice ? Solo. 623. — On sait qu'à leur premier voyage dans la Nouvelle- France, en 1603, Pontgravé et Champlain reçurent du saga- mo montagnais Bechourat son jeune fils pour le conduire en France. Ce jeune montagnais revint il dans son pays ? Mons. Digitized by Google 624. — Sous le regime français, le» autorités s élaii nt-ellcs occupé en quelque façon de la santé publique ? Les gouver- neurs et les intendants publièn nt-ils de-* ordonnances pour faire observer les règles encore bien mdi ment si ires, à cette époque reculée, et dans un pays tout neuf, de l'hygiène ? M. D. «23.— Où était situé, à Québec, le ibéfitre S;.int Louis qui fut détruit par un incendie dan^ la nuit du 12 juin 1846, in- cendie où une cinquantaine de \ eisjnnts, hommes, femmes et enfants, trouvèrent la mort ? Pomp. 626. — Au cours d un voyage que j'ai « u l'occasion de faire dernièrement dans la région de la Baie des Chaleurs, on m'a dit que la tradition veut qu'une rencontre ait eu lieu entre une frégate anglaise et une canonnière française en 1759 non loin de la Pointe à laGurde, d: ns la baie des Cha!eurs. L his- toire confirme t elle la tradition à ce sujet ? Gaspé 627. — Lors de la révolution fr la Nou- velle-France). C'était un homme de qualité, très vertueux, qui était conseiller d'Etat et qui avait été intendant en Guienne. Il amena trois de ses tils qui, dans la suite, s'éta- blirent en te pays. L'aîné portait le nom de Monsieur son père ; il avait servi, en France, dans le régiment de Navarre et dans celui de Picardie, et il était fort considéré de Mon- sieur le duc l>'Espernon. On le lit sénéchal ici (1), mais il fut tué par les Iroquois, en Tannée 1660, et laissa deux filles qui ont été religieuses aux Crsulincs (2). Le second s'appelait Lauzon de Charny. 11 épousa une fille de Monsieur Giffart ; et le troisième, que l'on nommait Lauzon de la Sittière. se maria à une demoiselle Xau, qui nous fut envoyée de France par Madame la duchesse d'Ai- guillon, en 1655, pour être religieuse chez nous. Elle avait beaucoup d'esprit et de piété, niais point du tout de voca- tion. Elle se vit bientôt veuve par un triste accident. Mon- sieur son mari se noya le quatre mai de l'année 1659. On nous amena cette pauvre dame, que l'anHiction avait rendue malade, et nous lui procurâmes pour sa santé et pour sa con- solation tout ce que nous crûmes capables d'y pouvoir con- tribuer. (1) Il avait épousé, le 23 octobre 1651, Anne Dksfkks. (2) Marie de Lauzon, en religion Mère St Charles : Angélique de Lau- ion, en religion Mère du St-Esprit. Cf. Tanguay :- Dictionnaire Généalogique, tome 1er, page 172. Digitized by Goog Quoique ce détail ne fusse rien, ce semble, à notre histoire, il ne sera pas mal à propos, puisqu'il fora connaître à celles qui nous suivront une famille très distinguée par son rang et encore plus par sa vertu, et qui a toujours honoré notre communauté d une sincère affection. Année 1656, page 52.— Le même jour (30 octobre), Madamo Lauzon de Charny fut enterrée dans le caveau des religieuses, comme elle l avait souhaité et demandé avant sa mort ; ce que nous lui accordâmes volontiers, non seulement à cause de l'affection et de l'estime que nous avionspour elle et pour toute la famille de Monsieur Giffart, son père, mais encore pour le respect et la considération que nous avions pour Monsieur de Charny, son époux. Cette jeune et vertueuse dame mourut après un an de mariage. Elle laissa une tille dont on nous confia l'éducation, quand elle eut atteint l'âge de six ans. Monsieur Lauzon de Charny, qui avait déjà beaucoup de piété, se détacha entièrement du monde et se donna parfai- tement à Dieu. Il passa en France l'année suivante, pour être ordonné prêtre, pu«s il revint au Canada, où il a exercé eon zèle un grand nombre d années. Nous l'avons en long- temps pour supérieur, et nous avons reçu do signalés témoi- gnages de sa bonté. A la mort de madame son épouse, il nous obligea de dire tous les ans un obiit entier pour ello, c'est-à-dire un office des morts de neul leçons avec une grande inesse. Il nous donna pour cet effet une concession à la côte de Lauzon, qui nous valait alors deux cents livres do rente, à cause de la pêche d'anguille qui était fort abondante ; mais ayant beaucoup diminuée depuis, elle ne nous produit plus que trente-trois livres, à quoi Monsieur de Lauzon ayant lait attention, il voulut bien, pendant son séjour au Canada, nous décharger d'une partie de cette obligation, en se contentant d une grande messe sans diacre et d'un seul nocturne de l'office des \ — \0H — morts. C'est ce quo nous dirons exactement le 17èmejour* d'octobre. Année ln7)7. po/jf f>4.— Mor sieur de Lauz^n, gouverneur^ était passé en Franco l'année précédenle et avait laissé ici Monteur le sénéchal, son fils, commandant pour une année, en attendant l'arrivée d'un nouveau gouverneur qui fut Monsieur le vicomte d' A rgenson, qui vint cette année (1657). Année 16»;o, paye ï>î.— Monsieur «le Lauzon, sénéchal, ne pent voir cette désolution générale de la colonie (causée par les incursions ti» s Troquois dans le eoisinaye de Québec), sans se mettre en devoir de donner hi chasse aux ennemis, afin de garantir du moin»» le reste des habitant» du péril qui les menaçait. 11 alla les attaquer à l'Isle d'Orléans pour les en faire sortir, puree que leur séjour en ce lieu alarmait tout le voisinage. Us 8e défendirent longtemps. usant de plusieurs ruses ] our s» mettre à, couvert des coups de fusil que les Franc, ai* déchargeaient continuellement sur eux. ce qui ne les empêcha pas de h.* saisir d'un po»to avantageux où. se voyant en assurance, ils nommèrent plus d'un" fois lus Fran- çais de se r« ndre. leur promettant la vie par de belles paroles que Monsieur le sénéchal méprisa, aimant mieux mourir gWiciwMiu nt « n se battant que do vivre dans une honteuse captivité. Il anima, par son discours et par *on exemple, le petit parti qu'il commandait, à faire tête aux Iroquois, quoi* qu'il-* furent bien plus nombreux ; et ils s'exposèrent tous si irénéreusement Qu'il ne resta en vie de tout son monde qu'un seul homme blessé à mort et ertièrement hors de com- bat. ' U~ le-» ennemis emmenèrent en leur pays pour lui faire souffnr l«s cruautés ordinaires qu'il* exerçaient sur leurs prisonniers. Monsieur le sénéchal fut le premier tué dans ce tu* attaque : mais il eut la trio ire, en mourant, d'éloigner les Iroquois, qui prirent aussitôt la fuite. Sa mort affligea tout le Canada, parce qu'il y était fort aimé, et chacun le pleura comme s'il eût été son proche parent. Ce gentilhomme Digitized by Google Bavait se ménager l'affection des peuples par une certaine familiarité qui gagnait les occurs et qui lui attirait en mPruo temps le respect de tout lo monde. Année 10" \. page 91.— Nous élevions dans cette commu- nauté, depuis l'âge de six ans. Mademoiselle de Lauzon de Charny. Elle suivait les traces de toute sa famille, qui s'é- tait distinguée partout par sa vertu, et cette jeune vierge ne soupirait qu'après la vie religieuse, où elle désirait ardem- ment de s'enghger. Mon>ieuj* de Lauzon, son pvre, qui était notre supérieur, ravi de voir que les iurlinations de sa chère fille favorisaient celle qu'il avait de nous faire du bien, passa un contrat avec nous par lequel il s'engageait à nous donner douze mille livre», monnaie do France, pour la dot de Made- moiselle sa tille, à condition seulement qu'attendu qu'elle était d'une complexion delicate*, on lui servirait une entrée de table. 11 avait dessein aussi de nous faire ses héritières, après qu'il aurait donné ù ses neveux ce qui devait leur revenir. Mais quelques-unes de nos religieuse» craignirent que cette petite distinction que Monsieur de Lauzon demandait pour Mademoiselle sa tille ne causât du trouble dans la maison, elles en parlèrent à Monseigneur I Kvêque. qui tiura dans leurs raison» et qui voulut retrancher cet article du contrat qui était fait. Monsieur de Lauzon s'y opposa. 11 eut là- dessus quoique différend avec Monseigneur de Laval, et enfin, pour terminer toute l'affaire, il se réwlut d'emmener en France sa chère fille. Kite partit, cette même année, avec Mademoiselle Charlotte-Madeleine de Jjaffcrlc. sa cousine germaine. 11 les conduisit toutes deux aux Hospitalières de La Eochelle, où elles ont étt: religieuses et ont beaucoup édifié et servi ce couvent par leur vertu et par leur bon esprit. Monsieur do Lauzon les gratitia de tout co que nou9 aurions pu espérer do lui. LES VIEUX PAPIERS Le* grandes lignes de l'histoire du Canada font toutes tracées, (iarneau. Ferland, Bibaud et autres ont fait ce noble travail. Ce sont les détails qui noua marquent, ces mille détails qui font l'otnementation de l'histoire et la poétisent. M. de (i:ispé. ce bon, modeste et charmant vit illard, dont le souvenir sera toujours cher à ceux qui ont tu le bonheur de le connaître, nous a bien laissé des Mémoires qui font les délices de ceux qui étudient l'histoire du pays. M. Benjamin Suite a mis au jour dans son grand ouvrage une infinité de chose* jusqu'ici ignorées. M. Marinette, dans ses romans his* toriques, a su faire ressortir avec goût les mœurs et les habitudes des personnages du temps, qu'il a auasi extrême- ment bien repr.'sontés. M. l'abbé Dani-d a groupé ensemble les principal familles du pays et a fait leur histoire. Bibaud, jeune, nous a donné s^s Tablettes et quantité de fragmente hwlonques très recherch a, et l<>s deux Sociétés Historiques de Québec et de Montréal ont livré à la publicité des Mémoi' re* d'une grande valeur. Ma;s que de choses, de fait-», de traits encore complètement ignorés ou tombés dans l'oubli t que de pesages obscurs ou mal définis dans notre histoire ! Où trouver nsnois les matériaux nécessaires p^ur jtterde la lumière sir ce-> p^n's difficiles ?— Dans les vieux papiere dans le* pa Ws de famille, c'i si là que se trouve la mine encore inexp'oitée de notre histoire ! Je ne saurais donc trop vous m tire en garde contre leur destruction. Conservez * précieusement tout ce qui vous en tombe sous la m::m de- puis lu l'ttre fami!ière et la plus insignifiante ie des ruts et de» souris, des vers et do l'humidité. Poussées do plus en plus par l'esprit de propreté, un bon jour, sous n ré- texte encore que ce» pauvres malheureux papiers attirent la vermine ou accumulent la poussière, ou les met lout-à l'ait hors de la maison et instruction péreiuploirc est donné a lu cuisinière de s'en servir pour les besoins quotidiens du su charge ! Quel vaudulisme ! Que de lacunes dans notre his- toire seraient comble es aujourd'hui si les documents néces- saires n'avaient pas servi à griller les poulets ou à allumer les leux de nos poêles dans la rude saison de l'hiver. Ce vieux papier flambe si bien, disent en chœur toutes les ser- vantes ! Qui no se rappelle de ce volume du Journal des Jésuites trouvé dans le fond d'une boite à bois où il avait été jeté pour devenir la pioie des flammes ! Sans l'heureuse cir- constance que 1 on sait, nous aurions été privé de ce jalon important dans l'histoire du pays. De grâce, mesdames, lai- tes cesser, tout de suite, ces actes de vandalisme et sauvoz pendaut qu il en est peut-être encoro temps ce qui nous reste de ces vieux papiers. Que votre horreur pour ces précieuses — 202 — rchques, je vous en conjure, se change en un rtr>jl-'rier comme étant le seul moyen d'aequérir de l'avancement, de parvenir à la prospé- rité. Me^ souvenirs sont encore assez viva> es la-dessu*. Dans inSii enfance, c'était la question principale dans les villes de Québec et de Montréal, et l>ieu sait ce qu'il en aurait été si le clergé canadien toujours vigilant et justement alarmé n'avait point dans son patriotisme éclairé, fondé dans les campagnes ces collèges classique", centres de lumières, d'où nous sont venus des jeunes gens pleins de force et de sève qui. donnant l'impulsion à la cho-e publique dans toutes ses diverses branches, ont ainsi sauvé le pays du mercantilisme, de l'angliricat ion. en d'autres t"rnvs. On tenait si peu aux ancêtres et aux traditions qu'ils nous avaient la'ss-'es. que papiers, moub'es. argenterie, tout cela • était mis de côté comme inutiles.embarras-ants ou démoJés. Les papiers allaient an feu. les meubles chez l'en cant eur pour y être vendus à vil prix et l'nrgenierie au creuset ! Heureu- sement que les temps ont chungé et qu'il reste encore des vieux papiers, grâce au dévouement de quelques hommes zélés et patriotiques. Oui, mesdames.il en reste ! Encore une fois, veuillez nous donner votre généreux concours et daigner voir d'un bon œil les vieux papiers. L.-F.-Cf. Baby Digitized by LA JUDICATURE EN 1732 " L'éloigncmenl où sont lu pluspart de ceux qui auraient des dispositions à devenir habiles dans la science de» loix, par lo pou ou point do ressources qu'ils trouvent oaus les emplois de judicature est un cmpeschc-mcnt insurmontable à trouver des sujets propres à remplir les places vacantes. U no se trouve même actuellement personne hors lo Sr tiail- lard qui ayt sollicité une place de conseiller depuis, qu il y cn a de vacantes. .Nous rendrons complu de sa capacité par une dépêche particulière. En général dann un pays aussy pauvre que celuy ey on l'ait peu de cas d'une place honora- blo où il n'y a point de prolit. Le Sr Verrier, proc ureur gé- néral, se prestera volontier ù donner des levons ue dtoit français mais il n'aura point d auditeur» s'ils, ne sont 1 hit le/, de l'espérance que leur travail le» conduira à quelque em- ploy utile : nous ne pouvons laisser ignoier a 6a Majesté toutes ces circonstances. " Sa Majesté pourra juger de la rareté des sujets propre» à la judicature par la nécessité où le Sr llocquart s'est trou- vé de faire remplir le poste du greffier de la juridiction do Montréal par un bourgeois de Québec dont le mérite consis- te seulement à être houncto homme et de .s«,avoir esc-rire passablement. Les Seigneurs de Saiut-Sulpice propriétaires du greffe et qui ont droit do présentation luy ont abandonné dans cette occasion lo droit qu'ils uvoient d'y noiuer faute de sujets et ont préféré de s'en raporter au dit Sr UocqUari. il Les livres de judicature dont Sa Majesté a bien voulu faire la dépense sont existants dans la chambre du conseil, L'on y a recours assez souvent dans les causes difficiles ; mais il s'en laut beaucoup qu'ils puissent servir à l'instruc- tion do ceux qui voudraient s'y appliquer à l'étude de la ju- risprudence. Nous exigerions seulement d eux quant à pré- sent qu'ils «eussent l'ordonnance et les éléments du droit — 204 — français. C'e>t dans celte veiie que le Sr Hocquart a fait venir cette année douze exemplaires des institut ions d'argou, qu'il a distribuez dans les prêtres des juridictions et aux juges qui ont souvent besoin eux mémos dts instructions les plus ordinaires, nous supplions très humblement 8a Majesté d'avo ir épnrd à toutes les représentations que nous avons eu l'honneur de lui faire a ce sujet l'année dornière. Si Sa Majesté fait pendant quelque temps de la depen-e en appoin tements elle pourra par la suite s'en dispenser en attribuant des droits et des épices aux officiers. Au surplus, le sr Hoc- quart a jusqu'à présent donné tous ses soins pour la distri- bution de la justice et il continuera de les donner. Il est tro;> persuadé de l'importance de cet ob:et pour se relâcher de l'attention qu'il doit y apporter." (Extrait d'un mémoire de MM. de Beauharnoîs et IIo quart au roi de France en date du 1er octobre 17.'Î2). Le tome 8e de la " Correspondance générale." page 108, contient le refus de Sa Majesté ;Y l'intendant " do p rmottro aux officiels du Cont-eil Souverain de paroistre en public en robbe rouge. L'iwnpe de la robe roupe avait été emprunté aux cours souveraines de France, où il fallait en être revêtu pour Tendre certains jugements. Elle disparut du pays avec la cession. La « avocats comme le* jupes ne portent que la robe noire, qui est do soie pour les jup. s. les conseils de la reine et les gre triers. On revit la rob« roture avec la création delà Cour Suprême du Canada en 1875. Les jupes la portent à l'ouverture de chaque terme et lorsqu'ils rendent leurs juge- monts. Ils la ]K)rtent même en public à l'ouverture et à la prorogation de chaque session du Parlement et aussi à la cérémonie de I in-tal'ation du gouverneur-général, par ex- emple elle do lord Minto au Palais Législatif à Québec en novembre 1898. ft. G. Digitized b) — 205 — LA FAMILLE GIROUARD Sachons d'abord qu'il existe deux familles canadiennes et «eadiennes do nom semblable, mais toutes deux descendent du même ancêtre de la vieille France. M. Antoine Gïrouard est la tige de la famille canadienne. Xé t\ Mont-Luçon au Bourbonnais, France, en IfHMï, il était fils de Jean (Jirouard, Conseiller du Roi. et Contrôleur du Dépôt de Riom en Auvergne, et de Pétronille (leorgcau de Mont-Luçon. Vers 171b*. il vint à Montn-al. où il demeura quelques années chez M. de Ramezay, (gouverneur') on qualité do secrétaire. Ici. le 2 février 1723, il épousait Belle M.-Anne Barré, et. le 2<ï avril do la môme année, était admis par l'intendant Bégon au îiombro des quat re huissiers royaux de Montréal. S'il faut en croire les rapports d'huissier de M. (Jirouard, il résida sur "la rue Xotrc Dame, proche les .Jésuites," de 172!i à 1727, époque où il transporta son domicile au fau- bourg Sainte-Marie, qui était le quartier des parents do ea femme. M. (Jirouard a ou une large part des affaires profes- sionnelles de Kon temp* que se partageaient les quatre notai- res et les quatre huissiers royaux. Ils exerçaient tous comme ' praticiens" devant la Jurisdiction Royale, et même le Conseil Supérieur. Vers 1735. il se démit tie eette charge, après quoi son nom figure quelquefois comme praticien, mais c'est à. la culture de la terre qu'il so livra tout particulièrement. Il était père de huit enfants, et mourut le 5 juin 17*17. Parmi ses descendants, nous avons des hommes très distingués, entre autres. M. Désiré (Jirouard, de Montréal, aujourd'hui juge de la Cour Suprême du Canada. louant à la famille acadienne, M. François (Jirouard en est le père. Dès lfî7 1 (alors âgé de 50 ans\ il habitait déjà Port-Royal, en Acadie, s'était marié au pays et avait plu- sieurs enfants mariés. Un état officiel dressé en 1752, Digitized by Google — 20G — et par consequent trois ans avant la déportation des A ca- diens, constate que 15 familles Girouard s'étaient réfugiées dans les villages de la l'ointe de Beauséjour. La famille acadienne compte aujourd'hui des milliers de représentants répandus dans différentes parties des provinces maritimes et nommément à Bouctouche, N. B., et à Arichat, C. B., et aussi dans la vallée du Richelieu, province de (Québec. Cette famille acadienne a aiksi fourni des hommes mar- quants parmi lesquels figurent M. Girouard, curé d' Arichat, dont parle M. Rameau à plusieurs pages du son livie, La France aux Colonies ; M. G. -A. (iirouurd, 1 ex-député de Kent ; le distingué notaire de Saint- Benoit, feu Jean-Joseph Girouard, ancien député, dont le nom figure prc&qu a chaque page du livre de M. L.-O. David, Les Patriotes de 1837-38, était aussi Acadien ; comme il le dit lui-même dan» une note inédite, il était le tils de Joseph Girouard, "chassé de l'an- cienne Acadie par les Anglais avec un grand nombre de ses compatriotes victimes de leur attachement à la France.'' Le jeune notaire de Saint- Benoit, Joseph Girouard, ex-M. P., et l'honorable Dr Girouard, conseiller législatif, de Longueuil, sont ses tils. Les deux familles acadiennes et canadiennes venaient du midi et du centre de ia France, et, à en juger par le nombre de ces localités, qui doivent leur nom à la famille Girouard, l'on peut espérer que le nom n'y est pas éteint. Les ancêtres écrivaient Girouard, mais ce tréma sur l u n'a pas été con- servé. Aujourd'hui, on écrit indifféremment Gerroir, Gi- roire et plus souvent Girouard. La racine de ce nom vieut de deux mots saxons 4 Ger-Ward", qui veulent dire "garde- lance." R. Digitized by Google FORMULETTES ÉCRITES J'ai eu occasion de parler ailleurs de ces clichés de la con- versation que l'on appelle " formulottes." Il y a les formu- lettes parlées et les formulett es écrites. Aux premières pages des livres, on écrivait assez souvent, autrefois : Si. tenté du démon. Tu dérobes ce livre. Apprends que tout fripon Kst indigne de vivre. J'ai lu. sur la première page blanche d'un dictionnaire latin appartenant à un élève du collège do Nieolet, une as^ez longue formule en vers français latins, alternatifs. La pièce commençait comme suit : Mr li'/ii'r, Pour de l'argent, Chez un marchand. Suivait une description du volume, laquelle se terminait comme suit : La couverture. Qui farta r.e peau de chien. <^ui reconstruira cette pièce en entier ? A la Rivièredu-L-mp (Louiseville), les enfants de l'école du village écrivaient autrefois sur leurs livres de classe : • Ce livre o.*t à moi comme la France est au Roi." — 208 — Cette form ul et te est bien ancienne, évidemment, et aussi bien suggestive, pour employer une expression toute moderne. Elle constitue une évocation du passé qui n'est pas sans- saveur. En France, on lit sur les mure extérieurs des édifices publics : Liberté- Egalité Fraternité Comment faut-il ponctuer cola ? Un mécontent (il y en a toujours!), suggérait décrire : Liberté (point) Egalité (point) Fraternité (point). La charge est un peu exagérée, Il est vrai qu'il n'y a pas do charge sans exagération. E. G. LE GÉNÉRAL WOLFE Dans son expédition contre Québec. Wolfe, lorsqu'il était en bonne santé.invitait chaque jour les officiers des différents corps à diner avec lui. Un capitaine écossais invité à f>tre son hôte reçut le même jour une semblable invitation d un de ses frères d'armes. — Il me fait peine, lui dit-il, de ne pouvoir accepter votre invitation ; je suis déjà, engagé avec Wolfe. Uu officier présent à cette conversation lui fit remarquer qu'il aurait dû parler plus respectueusement de son chef ot dire le général Wolfe. — Monsieur, répliqua vivement l'Ecossais, nous ne disons jamais : le général Alexandre, ni le général César. R Digitize RÉPONSES Deux our raff es lo.NNE Le M>m (le LoiiffUC ////.(I I I.XI,381.) — Dans le greffe du notaire Seven n Ameau.sousla date du 7 do juillet 1052, aux Trois Bivières, il v a lw contrat de mariage de Jean Le- duc et do Mario Villemin (?) qui porte les signatures de Jeanne Mance, L. Closse, des Mazures, Jacques Aubuchon. Charles Lemoino et Pierre Boucher signent égalemont cette pièce. Les conjoints font leurs marques. A part Boucher et Aubuchon, toutes les autres personnes étaient alors en route do Québec pour Montréal où eut liou le mariage de Leduc, devant l'Kglise, le 11 novembre sui- vant. I^e contrat du 7 juillet 1652 nous donne le premier rap- prochement connu entre les noms de Charles Lemoino et de Longueuil. Comment cela avait il lieu ? Voici mon explica- tion : Le 31 mai 1051, M. de Longuouil, page du roi, s'embar- quait à Sainte-Anne d'Auray en Bretagne pour le Canada, - 210 — à la suite do M. Jean de Lauzon, qui allait prendre le gou- vernement de la co'onie (Documents sur le Perche, 1896, page 6.3, partie canadienne) et. le 12 octobre suivant, M. do Lauzon arrivait en rade de Québec (Journal des Jésuites). Le M. do Longueuil du 7 juillet 1052 aux T roi <-LMvi ères devait être celui qui accompagnait M. de Lauzon et non pas notre Charles Lemoine puisque celui ci ne portait pas encore ce surnom et qu'il signe simplement " Charles Lemoine" à ■côté* de l'autre qui so dit De Longueuil." D'où venait ce ] age du roi et que devint il ? Je n'en sais rien. Il e>t probable qu'il ne demeura pas longtemps dans la -colonie. Il* montons un instant en arrière. M\ de Lauzon, qui aurait accepté la lune, si on eût pu la lui donner, s'était fait accor- der le 15 janvier \H'.iô. un domaine en seigneurie qui com- mençait à la rivière Chateauguny, s'étendait jusqu'à la nvièro Saint-Franrois du lac Saint-Pierre, embrassait l'île Sainte-Hé- lène, l i!e de Montreal, et, en pm fondeur allait au deU de la frontière américaine actuelle. Ce royaume en bois debout portait le nom de la Citwrc qui était celui de l'un des enfants de M. de Lauzon. (Voyez mon Jfistoire de Saint - François- ✓/M-Zrt<\pagos 57). Vers 1657. un endroit do cette région. situé vis-iVvis le bas de l'île de MVmtréal.s'appelait la Petite Citière ot. cette année, .M de Lauzon l'accorda, en arrière-fief, à Charles Lemoine. qui demeurait à Montréal en qualité d'in- terprète et de commerçant î» 51). Le M. de Longueuil de 1051 et 1052 était-il pour quelque ebexe aussi dans le choix de ce nom ? C'est pos- sible, mais voyons p'us loin. Charles Lemoine fut anobli en 160*. sous le nom de • Lon- gueuil." On a écrit LongueilJ.ongueuil, Lo'igenil. Long euil, aelon lo caprice des gens, cur alors on ne connaissait pas d'or- thographe pour les noms— et tout cela signifie Longœil. Partant de ce point, M. Jac ques Viger »upp< >.-»•. dans su Sabre- tache, que cotte désignation provient do 1 étendue de l'hori- Km qu'embrasse lVeil quand (»n regarde de cette terre, à tra- vers le fleuve, très large de là jusqu'à Montréal. (J/ittoire de ZoMjucvil, 1881). page* Il ne savait rien de ce que M. Faiilon devait imprimer plus tard sur ee :>ujet ; son manus- crit est resté longtemps sans être publié. lJcux autres tiefs contigus au premier, que Lomoine s'é- taient lait concéder pur les gouverneurs et intendants.après l'abo.ition du privilège de M. de Lnuzon, lui formaient vine belle seigneurie, du moins quant à ses dimensions, car elle se trouvait encore à pou près dan-* l'état primitif, lorsque, eu KîTb', Frontenac et Duchcsneau réunirent ces trois tiefs eu un seul, sous le nom do Longueuil, et tontirmèrent Lomoine dans leur po-session. En ltîT'J, 4 ans ; Jean tîagnon. t>!> ans ; Pie rre Gagnon, ni ans ; Charks Langucuoc, 4* ans ; Michel Magnan. 30 ans ; .K au Fortin. Coatis; Louis Maire, 20 ans. La mort au champ d'honneur du curé de Saint-Joachim, jetait un dernier jayon 'ii groupés, sans art et san-* abus de détails, démontrent suffisamment que les anciens Canadiens de nos campagnes agricoles se créaient une vie sociale qui leur était propre et qui n'avait rien de triste, d'ennuyeux et de mono- tone, comme pourraient le croire nos citadins et nos cita- dines. Ils se suffisaient à eux-mêmes pour leurs plaisirs com- me pour leur subsistance. Ils acceptaient volontiers les pei- nes du travail et dormaient tranquilles assurés par la foi que leur unique créancier et débitrice, la Providence, ne leur manquerait jamais, tant qu'il travailleraient sous son œil et suivraient ses inspirations. .Raphael Bellemare Digitized by Google Les Écossais au Canada. (V, V, G 11.)— Les Keos- fais, que la défaite ihi prince Kdouard plaça dan» la situa- tion de proscrits en quelque sorte, furent une douzaine d'an- nées dans un état vraiment misérable ; car, si on ne les pen- dait pan. ils se trouvaient comme d«\s enfant» mis en péni- tence. Lo chef du clan des Fraser, principal groupe de la nation, out l'idée d'offrir «es hommes à Pitt pour en former un régiment, ce qni fut accepte* ; mais, à peine ce nouveau corps avait il complété Mm organisation, qu'il reçut ordre (1759) de partir pour le Canada, et. afin que cet exil ne parut pas trop sévère aux braves de CnModen. on eut le soin de leur dire qu'ils allaient pouvoir ne veneer des Français, qui les ava'eni abandonné, en 1745— du moins, c'était la plainte géniale des Ecossais pour expliquer leur défaite. Voilà comment ce-* hiirhlandors eurent part i\ lu pri^e de L« mis- bourg et à celle de Québec. Littéralement, Mérimée a pu dire que le gouvernement britannique "expédia les bonunes en Canada", laissant le* femmes dans les montagne- de l'K- co^s', car la politique de Pitt consistait surtout à >e débar- rasser d'un élément incommode pour bu. Maintenant, qu'ad- vint il de tout cela ? Los Fraser prirent gont au Canada ; on leur donna des terres ; ils épousèrent des Cana lionnes, et leur descendance est française. Les Ecossais nous «mt con- quis ; les Canadiennes ont conquis les Ecossais. "Benjamin Si i.ïk Les prélats domestiques «le Sa Sainteté. (Vt VI, 6'29.) — " Les premiers prélats domestiques furent vrai- semblablement les notaires aoosfol:qmM institués ] ar -aint Clémeat pour recueiltir.danslesdiffér.n'.e* régions de Jîome, les actes des martyrs. A me«u»o que la puissance pmtiricale se développait, les Papes étaient obliges do ne servir d'un plus gran l nombre de personnes qui, néees-airoment et par la force des choses, avaient la charge prélatice suis en por- ter le nom. Petit à polit, ces différents enp'ois de la Cour — 220 — pontificale se subdivisèrent entre eux, se partagèrent mieux des attributions qu'ils cumulaient auparavant, et un litrj général servit plus tard à désigner toute cette clause de per- sonnes qui, sans être cardinaux ou évêques, avaient cepen- dant dans la Cour pontificale un emploi leur donnant une préséance, et leur permettant de dire prae lati. " Alexandre VII, en 1651*, délimita mieux la dignité pré- latice et les différentes manières de l'acquérir. Il y avait à cette époque la prélature dite noire et la prélature usuelle. La première s'appelle de justice, la seconde de grâce. Il n'y a plus aujourd'hui d'exemples de la prélature noire ou de justice, car ceux qui l'ont acquise obtiennent facilement de la bienveillance pontificale leur passage ù la prélature vio- lette ou de grâce. " Le costume du prélat domestique est identique à celui de l'évêquo hors de son diocèse, à cela près qu'il ne comporte ni croix, ni anneau, que la barrette comme la calotte doi- vent être noires sans aucun liseré ou filet, et que le cordon du chapeau est violet. La soie étant le distinctif do la Cour pontifical dont ils font partie, les prélats domestiques pren- nent en été la soutane et la mantelletta de soie violette, tan- dis que le vêtement des évêques doit être de laine. " Ils timbrout leurs arme* d'un chapeau violet d'où descendent six glands de même couleur, et leur chapeau pontifical, qui ne sert qu'aux cavalcades et à leur enterre- ment, est en drap noir doublé de soie violette, avec cordon* de même couleur. " Le prélat domestique de Sa Sainteté, ou encore prélat de la maison de Sa Sainteté, s'appelle en latin Autistes ur- banus ou encore Autistes doinus Pontificis Maximi. Le titre qui lui convient est " Illustrissime et Kévérendifsimo " et celui de " Monseigneur." " Les prélats domestiques sont nommas par un bref ad perpétuant rei memoriam et leur charge est à vie." (Battan- dier.). Prélats domestiques canadiens : Mgr H. Têtu, Mgr C. Tanguay. Mgr Marois, Mgr C.-O. Gagnon, Mgr I. Câlinas, Mgr C F. Carcan, Mgr J.-B.-Z. Bolduc. Mgr M.-K. Mt'thot, Mgr D.-S. Karasay, Mgr A.-N. Belletnare. Mgr J. S. Ray- mond. P.-G. II. Le "Petit Camilla" (V, VI, 623.)— Lors du premier voyage de Champlain dans la Nouvelle-France, en 1603. Bechourat, eagamo montagnais réaidant à Tadoussae, donna 8on fils à Pontgravé pour l'emmener en France. C'est sans doute ce jeune Montagnais qui lut tenu sur les fonts du baptême, le 9 mai 1604, par Alexandre de Vendô- me et sa sœur, enfants de Henri IV et de (iabrielle d'Es- trées. Privé de sa liberté, le fils du sagamo Bechourat ne tarda pas à tomber malade. On le transporta au château de Saint- Germain, où un appartement lui fut donné. C'est dans ce même château que madame de Monglat élevait le fils de Henri IV, alors âgé de quatre ans. et qui devait être, quelques annés plus tard, Louis XIII. Le médecin de ce jeune prince, Jean Héroard, a tenu un journal de ses actions, jour par jour, depuis sa naissance jusqu'à ce qu'il eut atteint l'âge de vingt ans. A la date du 23 mai 1604, nous lisons dans lo Journal de Héroard : " A huit heures levé, bon visage, gai, vêtu, il avale (met) ses bas de chausses dit-ant : Voyez la belle, jambe. A neuf heures et demie déjeuné sur la fenêtre du préau ; il voit des hommes qui passent, leur crie : Bonjou. Messieurs, je men vais boire à vous. A six heures il voit en passant le Petit Canada à la fenêtre, malade, il lui fait porter de son potage." Le Petit Canada dont il est question ici, c'est le sauvage amené do Tadoussae par Pontgravé. Une semaine plus tard, le 31, Héroard écrit : " Levé contre son gré par Mme do Monglat ; il tenoit des verges, lui en donne un bon coup sur le visage, no veut point de Mme de Monglat, s'v opiniâtre, en est fouetté. Il envoie à diner à Canada." I — 222 — Il faut croire quo le dauj hiti avait de l'affection pour le Petit Cumula, car le 10 juin il lui envoie encore goi ter quel- que chase. "M. de Vindômo (son frère) arrive, note ce jour-ll Hé- roard. se mot auprès de lui. à la main gauche; il le repout-so jiar deux diverses l'ois de la main d:s. nt : allez plus loin. M. de Vendôme, de t-on mouvement , lui baise le dessus de la main et à rimpourvû. ]Ja ! dit-il en faisant le fâché, vous baisez ma main, et la flotte contre t-u robe. Piomeni au jar- din, amené à la Reine, min en carrosse. A deux heures goûté, amusé, ramené en lu salle du Roi, il fait sortir un cul-de- jatte qui jouait du flageolet, disant : Mettez dehors ; qu'il joue, mais jr ne le ceux ]>as voir. Il ne veut point voir Oly- vette. folle de feu Mme de Par, ne veut point voir maître Guillaume (fou du loi), n'aimo point Us fols de cette sorte. Soupé . il fait porter de la gelée au petit Canada, malade ; s'aniu-e à voir les passants." Le Petit Canada mourut le 18 «lu môme mois. Les méde- cins ne purent rien faire pour lui ; c'est l'air de ses monta- gnes qui lui manquait. Le lendemain de la mort du pauvre petit montagnais,on otfre au dauphin une écuelle de cerises. Il la repousse en disant : Voilà pour le Petit Canada. Plus d'une année après la mort du petit indien, le 15 no- vembre l(îl)f>, à propos d'objets rapportés du Canada par M. de Monts ("... Mené au Poeq et passé l'eau pour voir dans un grand b» tenu, un animal porté du Canada par M. de Monts, de la grandeur d'un élan. Il y avait une petite bar- que faite à la mode du pays, avec du jonc, et couverte d'é- corce d'arbre, teinte do rouge, faite de façon de gondole ot ayant les avirons du bois du pays...), le dauphin se ressou- vient du Petit Canada, de sa façon do prononcer, do la cou- leur de son habit bleu, do la forme de t-on bonnet, rond com- mo celui du roi. son père. P.-G. R. Digitized by Google QUESTIONS 630. — Dans les Mémoires sur la rie de M " Platon " d'aujourd'hui ne sera it- il pas le u Cap-à-l'Arbre " d'autrefois? Lothin. 632. — En 1688, le Conseil Supérieur de la Nouvelle France établit un bureau des pauvres dans chacune des villes de Québec, Trois- Rivières et Montréal. Ces bureaux des pau- vres ont-ils fonctionné longtemps ? Quelle était leur manière d'agir? Kessemblaient-ilH en quelque façon à nos sociétés Saint-Vincent do Paul ? JJios. 633. — L'honorable M. de Bouehervillo disait, pendant la dernière session de la législature de Québec, quo les patriotes du district de Montréal avaient organisé, en 1837, un système de conciliation entre eux de manière à ne pas se servir des tribunaux. Tout renseignement sur le fonctionnement de ces tribunaux m'obligerait. (.'• 634. — Dans dos notes manuscrites de feu M. Bibaud que j'ai en ce moment sous les yeux, il est souvent question du Journal de Joseph Papineau, le père du grand Papineau. Ce Journal, si j'en juge parles extraits qu'en fait M. Bibaïui, devait être fort intéressant. Existe t-il encore, ce Journal ? A. A . X.. 635. — Connu itssez-vous quelque chose do la vie de l'abbé Paul Casaegrain à qui, paraît-il, le cardinal Fleury offrit l'évéché do Québec et qu'il refusa ? Om. ■ 636. — A quelle date n monte l'impression du premier calendrier tel que nous l'avons actuellement, avec la liste du clergé au bas ? Connaissez-vous quelqu'un qui en possède la collection complète ? Coll. 637. — Fiuhett, dans s< n récent ouvrage Fight for the Flag, parlant de la fameuse frégate "Canada", qui contribua pour une si grande part au succès de lord Podney dans sa célèbre victoire sur lu flotte du comte «le tirasse, en 1782,dit dit que ce vaisseau, en cette mérooi able occasion, était com- mandé par un capitaine Oumareaq. James tirant, dans ses British Battles by Land and Sea, dit que la "Canada" était commandée dans cette bataille par le capitaine Cornwaliis. qui plaça son vaisseau le long de la " Ville de Paris," le vaisseau amiral français, et ne lo lâcha que lor»qu'il fut en ruines. Lequel des deux écrivains dit la vérité ? E.-A. Hart 638. — Où mourut le premier juge Jîédard ? Quelles rela- tions de parenté avaient avec le juge Rédaid, premier du nom, le juge Klzéar Bédard, mort à Montréal en 1849. et El- zéar Bédard l'auteur de la chanson patriotique bien connue l Sol canadien, terre chérie ? Rio 639. — La chamon : C'est la faute à Papine.au a-t-elle été publiée ? Où ? Chans. 640. — Que devint l'abbé Gazelle, ce prêtre français qui, en 1793, accompagnait l'abbé Pojardins au Canada Y Je sais qu'il partit de notre pays en 1796. II. B. C. 641. — Dans l'histoire de la Nouvelle-France, au dix sep- tième siècle, il est souvent question d'un endroit qu'on appelle *'lu Potherie," situé entre Québec et Trois-Rivièree. Connaissez-vous le site exact de cette ancienne localité ? T.-Rtv. Digitized by Google BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL. 5 AOUT 1899 Xo. 8 SALMT- FR F.D ÉRIC DE DRUMMOXDVILLE La paroi-vo de Saint-Fr{déri<' do Prummondvillo e«t une des plus mici<»nnos dos Cantons de l'Est. Sa lanro étendue de torrito:re fut divine en townships par l'arpenteur Jones, en 1792. La londatio'i do cette paroisse remonte au coramence- meiil du dix-septu-tne siècle. (' est aux dernières lueurs du crépuscule, le 20 mai 1815. quo le g-'néral Frédéric-Georges Ilerriot, nui remontait la rivière Suint François, à la tête d un délaehement de soldats appartenant aux raiments licencia de Meuronset He Volti- geurs, planta sa tente sur lu cote su»! «le la rivière, à l'endroit précis où se trouve aujourd'hui la villa de M. Sam Xewton. Emerveille" du ait» et des pouvoir* d'eau pre-que naturels dont il prévoyait sans doute leg immense* avantages pour le futur, il appela ce mairnifique promontoire qui domine les. chute* -Dru tnmond ville", du nom du gouverneur Dram- mond. Les différents missionnaires qui se sont suce 'dés depuis l'établissement primitif de la colonie jusqu'au 2 juillet 1850. date où la paroisse fut érigée eanoniquement (décret civil, 0 septembre), ont tous fait preuve d'une vive énergie et d'un dévouement sans bornes, et l'harmonie qui a toujours existé entre les habitants de croyances différentes est la preuve d'une sage administration. Les missionnaires catholiques furent M. Raimbault. do 1815 à 1819, et le vicaire-général Kellev. curé de Sorel. de 1820 à 1823. ("est le 25 novembre 1822. nue fut bénie la première ég'ise des Cantons de l'Est, dont l'antique clocher est précieusement conservé. Missionnaires et curés : M. Raimbault, 1815-19 ; M. Kellev, 1820-23 ; J. Holme*, 1823-27 ; M. Power. 1827 31 ; H.Pais- ley, 1831-32 ; M. Robson, 1832-42 ; M\ O'firsdy. 1842-4<î ? M. Dorion, 1840-53 ; J.-B. Ledaîr, 1853-54 : F.-O. rVlcourt, 1854-01 ; .T.-O. Prince. 1801 05 : M. Marchand, 1705-89 ; M. Alexandre, 1889-93 ; Thomas Quinn, curé actuel. R. Digitized by Google — 228 — LE PÈRE SÉBASTIEN RASLE Le 23 août 1724, une armée de onze cents hommes organi- sée à Boston tombe à l'improviste, sans avoir été aperçue, sur le village de Nanrautsouak. Il n'y avait pour le défendre qu'une cinquantaine de guerriers valides. Surpiis, à trois heures du matin, ils sortent de leurs demeures et une vivo fusillade s'engage entre eux et l'armée ennemie ; trop faibles pour résister, ils n'ont qu'un but, protéger leurs femmes, leurs enfant» et les vieillards infirmes, et leur donner a tous le temps de gagner le bois et de s'y mettre en sûreté. Au bruit de la fusillade, le Père Rasle. qui se trouvait dans la chapelle, sort et va au devant des assaillants, dans l'espoir d'attirer sur lui seul leur attention et de cauver la vie à ses néophytes. Son espoir n'est pas trompé. Kn le voyant, les An- glais poussent un grand cri de joie ; leurs fusils se dirigent sur lui, et il tombe sous une grêle de bailee au pied d'une croix plantée au milieu du village. Sept sauvages, qui se por- tent à son secours, meurent à se» côtés. Pendant ce temps, la plupart des néophytes ont pu s'en- foncer dans la forêt, après avoir perdu une trentaine des leurs. Les Anglais, ne rencontrant nulle part de résistance, pil- lent et brûlent les cabanes, profanent les vases sacrés et les saintes espèces et incendient l'église ; enfin, après avoir mas- sacré indignement quelques femmes et des enfants qui n'ont pu s'enfuir, ils abandonnent le village avec précipitation, comme saisis d une terreur panique. A peine se sont-ils retires, que cent cinquante pen>onues, qui ont échappé au mas:*acro, rentrent à Nanrantsouak. Le village en flammes présentait l'image do la ruine et de la déso- lation. Rien ne les émeut comme la vue de leur Père aimé. " Le Père Rasle était percé de coups,la chevelure enlevéeje crâne brisé à coups de haches, la bouche et les yeux rempli* - — 229 — de boue, les os des jambes fracassés, et tous les membres mu- tilés." (1) On voyait que les ennemis s'étaient acharnés sur ce cadavre. Se» néophytes versent sur lui d'abondantes lar- mes ; et, après avoir plusieurs lois baisé ses précieux restes, ils l'ensevelisent à l'endroit où, la veille, il avait célébré les saints mystères, c'est-à-dire à la place où était l'autel avant que l'église fut brûlée. En apprenant celte mort du missionnaire, le Fère de la Chasse demande pour lui au supérieur du séminaire de Mon- tréal, M. de Belmont, les buttrages de l Églisc,en vertu de la communication de prières, qui existe entre ces Messieurs et les Jésuites. *• C'est taire injure à un martyr que de prier pour lui," répond le supérieur,en rappelant dans la circons- tance les parole» de saint Augustin. C'était bien là, du reste, l'idée que se taisaient de cette mort, tous ceux qui connais- saient le Père iiasle. li portait à un haut degré ce sentiment de l'apostolat, qui ne recule devunt aucun sucriticc ni aucun danger pour le salut des âmes rachetées par le sang de Jésus- Christ. 2ïé d une famille honorable au diocèse de Uesanyon, en Franche-Comté, il était entre en 1675 dans la Compagnie de Jésus, à Dole, après avoir accompli deux ans entiers de philosophie, il venait de terminer ses dix huit ans. En- voyé a la tin de son noviciat, à Carpcntras, puis à Nîmes,il y professa tour à tour la grammaire, les humanités et la rhétorique, et, aux heure» de liberté que lui laissait sa classe, il s'occupa spécialement des jeunes ouvriers de ces deux villes. Il aimait beaucoup cette œuvre et celle des pauvres. A Lyon, pendant son cours de théo- logie, une autre œuvre du même genre, celle des porte- faix faisait sa plus agréable diotruction après de longues heures consacrées à l'étude de la Somme de saint Thomas. (1) Ferland, II, p. 421. Digitized by Google — 230 — Cet esprit distingué, dont ses confrères admiraient la sou- plesse dans toutes les quest ions spéculatives et littéraires, sem- blait trouver son plus grand plnisir à traiter avec les petits et les déshérités de ce monde. Bien qu'il ne fût pas encore prêtre, il dirigea plusieurs années la congrégation des ou- vriers et celle des porle-faix. et il se réserva l'enseignement de la docttino chrétienne aux domestiques. Personne qui ne vit en lui une âme d'apôtre. Dévouement, activité, vertu. san- té do fer,il avait tout ce qu'il faut pour réussir dans 1rs mis- sions sauvages : aussi ne fut -on pas étonné de le voir s'em- barquer à la Rochelle pour l'Amérique du Nord, le 23 juillet 1C80. Alors, on s'expliqua également pourquoi ce religieux, si avare de son temps, aimant l'étude et les œuvres de chari- té, faisait encore do la peinture et des ouvrages de tour : tout .cela d.-vait un jo:ir servir au futur apâtro dans les forêts du Nouveau Monde. ,l A mon arrivée à (Québec, je m'appliquai, écrit-il à son frère, à apprendre la langue do nos sauvages. Cette langue est tn's difficile, car il ne suffit pas d'en étudier les termes et leur si jn'tir ation, et de se faire une provision de mots et de phrases, il faut encore savoir le tour et l'arrangement que 1 s sauvages leur donnent, et que l'on ne peut guère attra- per nue par le commerce et la fréquentation de ce peu- ple." m Le P. Ka«lo attrapa, et assez vite, ce tour et cet arrange- ment ; h;entôt U n'yefit dans le continent aucune langue sau- vage.dont il n'ciHiaiit l'hiver, à se nourrir de glands. Quelles que fussent ses occupations et sa fatigue, il ne voulut en aucune circonstance ac cepter le* services de per- sonne. Il cultivait lui-môme ton jardin, labait son ménage, préparait la sagamilé, allait chercher le bois dans la forêt et le coupait. ïoui ce qu on lui envoyait de Québec était distri- bué aux pauvres. " Comme il acavait un pou de peinture et qu'il tournait assez propiemcnt.il décorait son église d ouvra- ges travaillé» de ses mains." Une partie de ses nuit» se pas- sait à prier ou à travailler. Cet homme si austère était cepen- dant d un caractère aimuble et enjoué. D'un abord facile, tou- jours prêt à rendre service, il était aimé et respecté des Fran- çais et des sauvages. Le gouvernement de Québec l'estimait comme un des plus fermes soutiens de'la colonie, à cause de sa grand influence sur les Abéuakis, qui les gardait tidèles à la France. Sa mon, arrivée le 23 août 1724, causa d'uni- versels regrets. (1) Cent neuf ans après eon martyre, .Mgr Fonwiek, évêquo de Boston, achetait une acre de terre renfermant l'emplace- ment de l'ancienne église des Indiens, de la sacristie et de la cabane du l'ère Kaste, pour y élever un monument à la mé- moire d un des hommes les plus distingués qui soient venus sur ces parajes, en qualité de missionnaires. (2; " L'ancien village de Xanrantsouuk est éloigné d'environ six milles da village actuel de Nurridgewock, état du Maine, un peu dessu-i et presque vis-à-vis l'embouchure de la rivière Sandy dans le Kennebec. C'est une belle plaine environnée (1) Leilres édifiantes, p. 1724, p. 237. (2) Amiaks de la Propagation de la Foi, vol. VII, année 1834-1835. — 232 — de co'lincs élevées ; elle s'étend l'espace d'un bon quart d* mille sur le bord oriental de la rivière qui e'étend de ce côté". Lew cabanes des Indiens étaient placée* dans la direction du Nord au Sud. Il y avait sur le bord de la rivière une route commune, et entre le» denx ranjrs des cabanes une rue de deux tenu pieds de largeur. L'église était située à lextrérairt méridionale, et avait sa principale entrée sur un des côtés de la place qui allait de là jusqu'à le rivière. L'autel était à l'orient. La maison du Père Rasle se trouvait près de la sacris- tie, à l Kst."(l) C'est li. «*ur le tombeau du Père Pasle, au lieu même qu'oc- cupait autivfo's l'autel où il avait si souvent célébré le saint sacr'nce de la mes-e, que fut élevé le monument en granit taillé. -; Il es» en forme d'obélisque et a vingt pieds de haut, y compris la base ; il est surmonté d une croix en fer bien travaillé, hante de tm;s pieds, et qui ]>eut être vue d'une dis-* tti.ee considérable.'' (2) La c 'rémonie d'inaugural ion eut lieu le 23 août 1833, en présence de plusieurs milliers de catholiques et de protes- tants, accourus des points les pins éloignés de l'immense dio- cèse de Poston. Les Indiens Pénobseols. ces descendants des Ahénakis dont beaucoup avaient été massacrés avec le Père P.a*!c étaient là, heureux de rendre hommage au grand apô- tre de leurs ancêtres. Mgr Fenwick présidait. Au milieu de la eén'ni"nie. il prit la parole, et. d'une voix forte et claire, de- vant lu foule recueillie, il dévo'opra. en 1rs appliquant au in- rtyr. ces I ell« h paroles des livres saints : Sa mémoire ne périra point, son nom smi inrogvé Gardeur, Mtmr do Repcntigny, et Charles Le Gardeur, sieur de Tilly, et sa fille Marguerite, lemme de Jacques Le Neuf de la Pother.e. et s'établit près de (Québec. Pierre Le Gardeur et su femme, Marie Favery, dont la vénérable Mere do l'Incarnation et l'intendant Talon vantent l'extraordinaire beauté de carac- tère, curent trois entants nés en Franco, et deux au Canada ; lo plus jeuno des enfants français, Jcan-Jiap liste, qui hérita ensuite des titres de son père, épousa Marguerite Nicollet, fille de Jean Nicollet, qui découvrit le Wisconsin, en ltio-t. De ce mariage est né Jean-Paul Le Gardeur, premier sieur do Saint-Pierre, qui se distingua par ses découvertes et ses explorations daim l'Ouest, aussi bien que dans les guerres entre la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre. Jacques Le Gardeur, second sieur de Saint-Pierre, que Washington visita dans la vallée de l'Ohio. était le plus jeune tils de Jean Paul Le Gardeur, sieur de Saint- Pierre, et de Josette Le Neuf de 'a Valliére. sa lemme. et naquit en 1701, à la soigneurie de Repentiguy, située près de .Montréal, qui avait été octroyée il Pierre Le Gardeur, sieur de Repen- tigny, en lt>47. A l'âge de quinze ans, il servait déjà son pays chez les sauvages. En 1732, il était enseigne dans l'ar- — 234 — mée coloniale, et. en 1735. il fut nommé commandant du fort Bcaukamois chez les Sioux, but le lac Pépin, dans le Minne- sota, poste qu'il abandonna en 1737. Cette même année,étant lieutenant, il commanda une compagnie venue du Canada dans l'expédition contre les Chickasaws, et érigea un petit fort sur la rivière Yazoo. dans 1' Alabama. En 1745. il con- duisit de* partis d'éelaircurs dans le voisinage de Saratoga et de Crown-Point (Totale à la Chevelure^, dans l'Etat de New-York. L'année suivante, il conduisit une expédition en Aeadie. 11 fut envoyé pour commander le po-te de Michilli- makirac, en 1717. et rétablir l'ordre dans le pays dYn-haut ; le gouverneur.M. de la ( lalissonnière. le recommanda haute- ment pour .sa conduite en eette circonstance, nnprès delà eour de France. En 1750, il fut nommé capitaine, et on lui donna le commandement d'une expédition chargée de conti- nuer les explorations de la Yérendrye, le découvreur deg Montairn- s Rocheuses. II no réussit pas. cependant. ;V trou- ver la i ivii-re de l'Oue-t ( la rivière Colombie d" l'Orégon), et ne J" n'tra personnellement que jusqu'à la Saskatchewan, ti revint à Montréal, en septembre 1753. et fut envoyé immé- diatement au secours de Marin, commandant du district de la rivière Ohio et de ses dépendances, qui était dangereuse- ment malade au fort EelVeuf. A son arrivée à la rivière Ohio (Belle "Rivière), il trouva le capitaine Marin mort, et son parent, le chevalier de Repen- tigny, à la tète du fort. Au mois de décembre, le major \Ynsbb\gton vint !e voir, comme étant le chef de l'armée canadienne pour le sommer, an nom du gouverneur de la Virginie de quitter le pays. 11 reçut Washington avec la plus grande courtoisie, et. au bout de trois jours, il remit sa répon-e au gouverneur Dinwiddle. Cette lettre est un mo- dèle de fermeté militaire aussi bien que de la noblesse des sentiments qui caractérisait l'officier canadien. Je la repro- duis dans son ontier. — 235 — *l Monsieur, "Comme j'ai l'honneur de commander icy.cn chef. M. Washington m'a remis la lettre que vous avez écrite au commandant dos troupes françaises. J'aurais souhaité quo vous lui eussiez donné ordro ou qu'il eût été disposé à aller jusqu'en Canada pour y voir notre général, a qui appartien- dra, plus qu'à moi. de mettre on évidente les droits incon- testables du Poy, mon maître, sur les terres situées le long do l'Oliio, et de réfuter les prétentions du lioy de la < Jrando- Bretagne à icelles. " Je ferai passer voire lettre à M. le marquis du Quesne. Sa réponse sera ma loy, et, s'il m'ordonne de vous la com- muniquer, vous ne devez pas douter, monsieur, que je nu vous la fasse parvenir en diligence. " Pour la réquisition que vous faites de mo retirer, je no crois pas devoir y olx-ir. Quelles que soient vos instructions, les miennes sont d'être icy par l'ordre de mon général, et je vous prie, monsieur, d'être persuadé que je tâcherai de m'y conformer avec toute l'exactitude et la résolution qu'on doit attendre d'un bon officier. " Je no sache pas qu'il se soit rien passé, pendant tout le cours de cette campagne, qu'on puisse regarder coin tue acte d'ho&tilité, ni comme contraire aux traités entre les deux couronnes, dont la continuation nous intéresse autant et nous cet aussi agréable qu'aux Anglais. Si von» aviez bien voulu entrer duns le détail dcâ laits qui font le sujet de vos plaintes, j'aurais eu l'honneur de vous répondre de la façon la plus satisfaisante qu'il m'eût été possible. " Je me suis fait un devoir d'accueillir M. Washington avec toute la distinction due à votre dignité et à son mérite personnel, et je me flatte, Monsieur, qu'il me rendra la jus- tico d'en être mon garant auprès de vous, ainsi que de» témoignages du profond respect avec lequel. » Digitized by Google — 236 — J'ai I honnour d'être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, " Le Garpeur de Saint-Pierre, Du fort sur la rivière aux Bœufs. ' Le 15 décembre 1753." Le major Washington parle de M. de Saint-Pierre comme d'un soMnt magnifique et «l'un vétéran. 11 était alor?, en rffet, un vétéran au service de son pays, mais il n'avait que < inquante-deux ans. Tl fut remplacé par M. de Contrecœur jM>u de temps avant la failure de Washington et de son armée, au fort Xécessité.par Toulon de Villiers. frère de Cou- Ion «le .Tunionvilk\et. l'année suivante, il commanda le corps des Sauvages alliés» dans la malheureuse expédition du baron iJienkau, et fut tué dans le premier engagement à la batail- le de Lak«» (Jeorge (lac Saint -Sacrement), le R septembre 1755. Sen parents. MM. de Repentigny et de Montcs°on, furent blessé grièvement à la même bataille : et, longtemps après la célébration du jour d'actions de grâces ordonnée dan-* la nouvelle- Angleterre, en honneur de la victoire rem- portée à Lake George, ses fidèles Xipissings et Algonquins continuèrent à enlever des chevelures anglaises et iroquoises pour venger sa mort prématurée. Quelques-uns des membres plus jeunes de la famille Le Gardeur émigrèrent en France, après la capitulation du Canada, et se sont distingués comme généraux dans les armées françaises et comme gouverneurs de province. L'un d'eux commandait un vaisseau de la flotte do l'amiral de Gras-*», venue en Amérique pour aider Washington à con- quérir l in lépendance dos KtatsCnis. Kpmonp Mali.et Digitiz UNE CHANSON DE 1812 Pierre Beaupré, ingénieur civil demeurant à Sorel en 1812, ^Stait père de dix-huit enfanta, dont quatorze vivaient encore ; trois filles : Marie Anne, épouse de M. Ganvreau ; Sophie, mariée à M. Poîtras ; Séraphine, mariée à M. Fortin ; onze garçons : Pierre, Etienne, François, Joseph, Charles, Jean- Baptiste, David, Prisque, Alexandre,Amable-Kdoiiard,Louîs, sur lesquels dix entrèrent dans le servico militaire on 1812 ; en plus, l'un de pes gendres s'enrôla également. Co vide du foyer domestique paraît l'avoir préoccupé, avec raison, plus ■que tout autre, et le porta à composer une chanson qui n'a pas été imprimée, mais que l'un de ses petits-fils, résidant à Kingston, conserve avec soin parmi ses souvenirs de famille. "Nous la donnons earn y changer un iota : le suis père infortuné D'une grande famille Etant -seul je veux chanter Pour dissiper nies ennuis De mes enfant* délaissés Secourant fa Patrie Tous an service . 11 parait avoir été le petit-tils de Pierre Beaupré, maître- serrurier aux forges Saint- Maurice, et, ce qui c*t plus curieux, litre ou cousin d'Antoine Beaupré, des Trois-Jîivières, qui, se trouvant s\ Paris le 5 mare l"î'->, en plein sous le régime de la Terreur, prononça un discours, dans un calé do la place du Louvre, où il prenait Robespierre à parti et déclarait que le meilleur gouvernement pour la Franco serait une bonne imitation du — 239 — système do la Grande-Bretagne. Louis XYI étant mort sur l'écbafaud, Beaupré demandait la restauration du Dauphin avec gouvernement constitutionnel. Il fut arrêté sur le champ et conduit à la guillotine. Benjamin Sclte DE MONTRÉAL À QUEBEC En 1827, un M. Pemberton, marchand, de Québec,paria un fort montant qu'il se rendrait à pied, en plein hiver, de Mon- tréal à Québec. Pemberton partit de Montréal le 20 février dan* la mati- née et arriva à cinq heures du soir à Berthier où il coucha. Le lendemain à cinq heures il *e remit en route, prit son déjeuner ;V la Iîivière-du-Loup, et à cinq heures et demie du soir arriva aux Trois -Pi viè res. Uno tempête de neige avait rendu la route très pénible. Après s'être reposé troU heures, il se remit en marche et arriva à Champlain à minuit. L'ignorance de son guide lui avail lait faire tin détour d'une lieue. Le 2H. il se remit de nouveau en raute ilsix heures, et mal- gré les mauvais chemins il arriva aux Grandi nés à cinq heu- res du soir. A huit heures il s> remit en marche et arriva au Cap San- té le lendemain A deux heure* du matin. Il prit quelque hemes de repos et il huit heures il conti- nua. Il arriva devant la cathédrale de Québec un peu avant sept heures du soir. Il avait les jambes enflées et les yeux en feu, et il était tellement fatigué qu'il déclara qu'il ne ferait pas ce voyage une deuxième fois pour cinq cents louis. P. G. It. Digitized by LiOOQle ■ — 240 — UN OUVRAGE DE FENELON Un sait que le livre de Féneloir* lJes Maximes des Saint* ' l'ut condamné par l'Église. L'historien de Fénelon, le cardi- nal de liausset, ne partageait pas l'opinion émiee par quelque* écrivains que l'archevêque de Cambial avait donné a fa ca- thédrale un ostensoir en or sur lequel la Religion était repré- sentée loulant aux pied* un exemplaire de» JUajimes des iSaints. Lorsque la première édition ue la Vie de Fénelon vit le jour, le taint abbé de talonne, alors chapelain des Ursu- linos ues Trois-Kmércs, adressa a une revue IraiicaUe qui, elle aussi, avait mise en doute 1 anecdote de 1 ostensoir de Féue- lou, la lettre suivante : •Tiois-liivieres, Canada, -'juin 1820. " Monsieur, '•J'ai lu dans le numéro 574.T.X.X.il de votre précieux jour- nal, l'article concernant 1 ostensoir uonué par M. de Fenelon à ton église nictiopoiitauie. Je m estime lieuieux d être par- venu à l'âge de soixante dix-huit an» pouriontribuur àéelai- cir une uitticuite dont la souition est essentielle, scion moi, à la mémoiie ou prélat dans un des événements de sa vie qui lui lait le plusd honneur, savoir la s.ncciile de sa soumis- sion a sa condamnation sur laquelle i autorité d un grand prélat pourrait laisser des doute». Mon témoignage est isolé, niais il me jsaïait devoir prévaloir sur tous les autres, mémo sur celui des vingt-trois cites dans voire luiiiilc. Je laisse au public d'en juger. '• J ai été vicaire général, oflicial et chanoine de Cambrai sous MM. de Choisetu, del- leur) et le prince Ferdinand ; j'ai eu l honneur de porter cet ostensoir en procession ; mais co qui est plus concluant, je l ai examiné avec calme et soin et a loisir dans la sacristie ; je 1 ai considéré avec un œil d'au- tant plus aUeniiïet plus critique que j'étais bien informé des soupçons qu'on avait conçus bien légitimement sur le mande- ment de M. de Fencion. Digitized by Ç^§gle "J'atteste que cet ostensoir d'or pur représentait la Religion» portant dans une main le soleil élevé au-dessus de sa tête, foulant aux pieds plusieurs livres parmi lesquels il y en avait un sur la couver lure duquel et non sur le dos, on lisait en toutes lettres : " Maximes, des Suints."' "Quant a la véracité, je crains Dieu et je regarde mon tom- bleau ouvert devant moi ; quant au défaut u une vieille mé- moire, on ne l'alléguera pas, quand on eaura que je u ai ja- mais lu Bos&uet, depuis longtemps une île mes lectures habi- tuelles, sans me rappeler 1 ostensoir. M. ie cardinal de Jiaus- set, pour qui j ai une prolonde veiiérauon, trouve que l'in- tention que 1 on prête a réno.on » accorde mai avec la simpli- cité de »un caractère. J avoue que jo ne puia compeudre comment un monument d'humilité chrétienne peut discorder avec la plus granue siinpiieiU; halmue.io. Je ne vois ici que la réponse la plu» simple, la puis modeste, ia moins équivoque et la plu» durabioqu un peut uouner a tous les rai- sonnement» et a toute» le.-» assertion» contraires. h au hé i»e Caj.onne Maintenant directeur des L'rsuhne» do» Trois- Rivières. MUR PLESSLS ET JOSEPH DE MALSTRE Lors do son pas-ago à Turin, en 1«>11», Mgr l'iessis eut l'a- vantage Ue rencontrer Jo.-eph ue Maistre, dont ia reputation devait se répandre quelque» année» plu» tard. L evêquo Ue Quebec et de Maistre uinèrent ensemble chez le mavqui» u Azeglio. i^c phiio.-ophe chrétien venait de pu- blier son livre : JJu l'ajjc. Mgr i'ie»»is lui exprima combien il serait llatté d'eu recevoir un exemplaire do la main même de 1 auteur, et celui-ci le lui apporta le soir à sou hôtellerie. Ce livre, orné de la signature de l'auteur, se conserve pré- cieusement dans la bibliothèque de 1 archevêché de Québec. R. — 242 — REPONSES Les première* famille* eau aille» ne*. (IV, X, 326.)— Il est absurde de prétendre que les compagnons de Car- tier ou leurs descendants ont formé les premières familles canadiennes. Les Malouins n'ont laissé aucune trace de leurs visites au Canada. Kiuf que nous connaissons un peu leurs allées et venues durant le demi siècle qui suivit la mort de Jacques Cartier, de 1550 a 1500. Cn peu de traite do pel Icte- rus avec les sauvais, doux ou trois navires se chargeant de poûson chaque année, voilà tout. Jamais, de 1534 à, 1C08, il n'y a eu d 'étal dit- sèment stable dans nos parafes. Les docu- ments ne permettent pas de supposer à cette époque un com- mencement de colonisation, fût-ce même le plus défectueux. Les lettre-», narrations et rapports de Cbamplain. de 1008 a 1029, démontrent clairement : 1° que le Canada ne renfer- mait aucun habitant de race blanche avant 100S ; 2° que nulle colonisation n'avait pris racine ni lab-sé de représen- tant direct, ni do métis sur les bords du Saint-Laurent : 3° tous les hommes venus ici. de 1008 à 1032, n'y travaillaient que temporairement au compte des compagnies de traite ; 4° à la prise de Québec par Kertk C1029) le pays ne renfer- mait que trois familles (Hébert, Martin. Couîllard) ot un petit nombre d'individus employés au commerce des fourru- res, sur lequel une dizaine se marièrent après 1032 lorsqu il arriva des jeunes tilles de France avec leurs familles. Ceux dont nous ne pouvons suivre la trace après 1629 étaient repasts en France ou bi< n *csont mêlés aux sauvages ce qui n'est mentionné pas personne, quoique, nous ayons de nombreux écrits datant de cette époque même. Ils devaient être douze ou quinze hommes tout au plus, et s'ils ont pro- duit des métissages cela ne nous regarde pas puisque ces hom- mes sont allés se perdre dans la forêt ot n'ont pu, en aucune ■ Digitized façon, influencer par la suite les familles françaises venue» toutes formées de France. La recherche des Français qui ont mélisse" du temps de Champluin est absolument impossible. lïeste la supposition r cela ne vaut guère, surtout si l'on prend la peine de voir comment Champlain conduisait les affaires de ses trente ou quaraute hommes, car il en a eu rarement davantage. Lo plus savant des historiens est incapable de mettre au jour des révélations susceptibles de donner de la consistance à ces efforts d imagination. A partir de 1(»(I8, toutes nos familles ont leur lignée par- faitement établie. C'est Nicolas Marsolet qui ouvre la liste, et encore ne se maria t-il qu'en lbo6. Kn lnjy il n'y avait que trois femmes mariées lorsque le* Anglais s'emparèrent du petit poste de (Québec qui composait toute la colonie fran- çaise. Lorsque les Français reprirent possession en Iiî32, il y avait les seuls ménages .Martin, Couillardet Hubout. Quatre- vingt-dix ans après Cartier, nous n'avions que trois familles vivant de la traite et pas un seul cultivateur. Les ignorants parlent de déserteurs de navires, de condam- nés en cours de justice, de vauriens,d'aventuriers, de gens de sac et de corde, qui auraient composé la première popula- tion de la colonie. A quoi bon leur répondre ? Mais ici faisons un reproche aux journalistes canadiens, français : ce sont eux qui maintiennent aujourd'hui cette lé- gende des métissages, des criminels, des vagabonds, des ré- fractairos, prétendue source première de notre population. Oui ! nos journalistes s'appliquent, sans se comprendre eux- mêmes, à l'aire comprendre aux autres que les premiers Cana- diens étaient des misérables, des vauriens, des expulsés de France. Le journalisme, au Canada, est absolument livré il la politique et n'a pas d'autre étude. Si nous examinons au hasard une année de ces journaux, nous y trouvons une fois par semaine, e'est-à dire cinquante fois durant l'année, des Digitized by Google phrases comme celle ci ; " Nous, les descendants des compa- gnons de Jacques Cartier. " Pouvez-vous noue désigner un seul des compagnons deCarlicr qui soit resté au Canada plus de peine ;V lui imp. s r cette tâche pour no pas en profiter le plus longtemps poss'ble. Aussi il recom- mandait chaque jour aux travailleurs de ne pas être effrayés des accès de rage, des furieuses ruades, quand les naseaux en feu et l'écume ruisselant sur tout son corps, il traînerait loi plus énormes pierres comme de légers copeaux. Digitized by Google Mais surtout prenez bien garde do ne jamais lui ôter la bride ; toile était l'injonction du bon euro, dit la légende. Or un malade requit un jour ios service* du pasteur ; il lui fallut s'absenter. O juur néfaste ! le cheval endiablé ve- nait de taire son plus beau tour de force. II avait roulé la plus grosse pierre du chantier et l'avait reudue à sa place ; les inavons n'avaient plus qu'à la cimen- ter juste au point principal. Oh ! les vieux se le rappellent ! Mais imaginez qu'un imbécile, pris de je ne sais quelle compassion pour ce cheval haletant, épuisé, écumuntsous un soleil de feu, ne perdit pas de temps, arracha la bride...— Vi- sion 1 — Disparu ! — Plus de cheval blanc ! — Au moins la grosso pierre était en place. Chose étonnante ! jamais depuis elle n'a pu Être fixée. On a essayé mortier d'automne, d'hiver, de printemps, ciment de toute espèce elle est restée mobile jusqu'à nos jours. Allez voir. Ainsi parlent encore les bons vieux. Ils ajoutent même que le curé Chambon, aussi habile ar- tiste que bon prêtre, afin de perpétuer le souvenir de ce pro- dige, peignit très bien le fameux chew.l blanc avec sos pro- digieuses allures, et que le tableau a toujours été conservé avec le plus grand soin. Je connaissais le récit, mais je ne me doutais pas qu'il fût répandu au loin avec le caractère du sérieux, quand un jour m'arriva un bon nombre do touristes, voyageurs do Xe\v- York. Après avoir fait plusieurs fois le tour de l'église, et avoir examiné minutieusement les murs, etc., un d'eux s'approcha de moi et dit qu'étant de passage à Montréal, pendant la chaude saison, il avaient voulu profiter de l'occasion (ne uuttk it a pond) pour venir examiner la pierre de fondation qui n'avait jamais pu être affermie (textuel) ; et, comme je — 247 — répondais, en souriant, qu'elle n'existait pas, il me supplia de montrer au moins le tableau du fameux choval blanc aus- si conservé en la sacristio. J'eus réellement de la peine à. convaincre ces personnes qu'il n'y avait h\ qu'une légende basée sur aucun fait plausi- ble, et j'avouo que jo demeurai foil surpris devoir nos légen- des rendues si loin, si accréditées, me promettant de raconter le fait un do ces jours. L'abbé Chs-P. Bkai hiex Ta* bureau made- moiselle de Lanaudière. II aurait fallu dire qu'il fréquen- tait 1rs salons de luadmne de Lanaudière. néo Louise Gene- viève Heschamps de Hoishéhcrt. I! écrivait, en 1757, au chevalier de Lévis : " Nous avons deux bonnes maisons: l'hôt«d l'éan et Mme do Lanaudière " L'année suivante : u Je suis attaché sans réserve a toute la rue, et Marin a dû s'en apercevoir." (i) rages ii2, 114, 121, 122, 127, 128, 129. Digitized by Google — 248 — Monsieur et Mme de Lanaudière occupaient dans la rue du Parloir la maison la pais rapprochée de la Côte de la Montagne ; l'autre maison, voisine du séminaire.était la pro- priété de M. de la Margue de Marin, marié à Charlotte Fleury de la (iorgendière ; et la sœur de cette dernière, Mme veuve Thomas- Jacques Tnschereau, la bisaïeule du ear- dinai, demeurait chez M. de Marin. Madame Péan avait son hôtel vue du Parloir près des l'rsulines. 11 no faut pas con* fondre ces deux rues qui portaient le môme nom. 3° Dans l'article que je t>uis à étudier, il semble que ma- demoiselle de Lanaudière propriétaire d'une maison en 1 81 1 est la même demoiselle dont Montcalm aimait tant la so- ciété on 1757. 11 faut croire alun» qu'elle aurait vécu bien longtemps ! Le mieux aurait été de n'en point parler du tout, ni pour 1757 ni pour 1841, car clio n'avait rien à faire dans cette galère. Pour amer a cette histoire du Bureau de poste, quo je ne prétends pas rendre complète, j'ajouterai les détails sui- vants. Avant 17!»'J, la poste fut tenue pendant quelque temps dans la maison en face du Cliim >ÏOr, Car le 23 lévrier de cette anuéeje trouve que (iabricl Taschereau, le grand-père du cardinal, " a l'ait bail à loyer et prix d'argent au sieur John Smith, aubergiste, de la partie de la maison apparte- nante au dit sieur bailleur, servant >:idfrant d'onice de la 2>o.ïte, située en cette ville entre les rues Buade et dos .Rem- parts, consistant en un appartement dans le bas de l'angle de la dite mainon, etc." Je trouve ensuite la poste installée — mais je ne sais exac- tement durant combien d'années — dans la maison Moriu qui se trouverait aujourd'hui au sommet de la Côte de la Monta- gne et sur la rue Port Dauphin, en face de l'entrée du nou- veau paix- Frontenac (1). (i) Histoire du palais t'piuo**! Cette maison est indiquée sur un très beau plan de t^ueoec lait par l'arpenteur Duberger et qui urne le vestibule till palais episcopal. Digitized by Google — 249_ Le 29 mars 1821,madame J.-B. Morin loue à AlfVed Haw- kins " une maison, hangar et cour près des jardins du sé- minaire, ci-devant occupée par les offices de la poste." (1) Je trouve dans mes notes que de 1822 à 1826, la poste était dans le Freemason's Hall. De 1834 à 1841, ce bureau se trouvait, comme on l'a vu, dans la maieon do la rue du Parloir la plus rapprochée du séminaire. Notre bureau de poBte actuel,dont la façade ne manque pas de earactère.demanderait à grands cris— s'il pouvait crier- la démolition de l'abominable pâté de maisons qui se trouve entre la rue Buade et la rue Port-Dauphin. Cette dernière a tout juste la largeur d'une allée ou d'un corridor, et c'est là l'une des principales entrées dans la ville de Québec ! Quand donc va-t on se décider à raser ces masures dont on deman- dait déjà la ruine en 1834 et qui font encore l'étonnement des étrangers et la honte des citoyens ? Leur disparition dégagerait le buivau<1e poste, le palais épiscopd et lu Cha- teau Frontenac, et élargirait la rue Du Fort dont on n'a attaqué que l'une des extrémités, l'autre bout étant impre- nable, je suppose. L'effet n'en est pas moins désastreux. Quelle belle place l'on aurait pour une fontaine surmontée d'une statue, entre l'évêehé, le bureau de posto et le joli parc Frontenac ! Xe perdons pas espérance et crions : deltn- da est Carthago. JL T. La "Sainte Anne» de Lebrun. (IV.XII, 552.)— A onjse ans. Charles Lebrun étonnait ses maîtres par la pré- cision de ses dessins, et. à quinze ans, ses ouvrages faisaient la surprise des princes de l'époque. Protégé tour ft, tour par Fouquet et Colbert, il arriva à Louis XIV. Ce prince le fit loger à Fontainebleau et chaque jour il allait paw-er une heure avec lui. Le monarque ravi de ses travaux le nomma, en 1662, directeur de tous les travaux qui tiennent aux arts (i) Grefle d' Archibald Campbell. t — 250 — du dessin, et lui accorda une pension de douzo milles livra. A dater de ce jour,peintre et orfèvre, sculpteur et marhrior, dessinateur et ébéniste comme graveur, tout obéit à Lebrun. Son génie ne fut pas au-dessous de mi rude tâche. Lebrun pei- gnit jusqu'à sa mort,arrivée le 12 février KJUU. Il reproduirait volontiors sur ses toiles les œuvrai de Jiaphuél. de Ituben». de Murilloetd'Annibal Carrache. La Sainte-Famille est une imitation do la Vierge au fleuve de ce dernier peintre, avec l'addition toutefois d'un certain nombre de personnages, de sainte Anne entre autre*, sur laquelle il a voulu attirer l'at- tention. Pour la composition de son tableau de Sainte-Anne, pré- senté à l'église do Saint-Anne de Beaupré par le marquis de Tracy, en lb'tJG.il s'est inspiré de Rubens, pour la partie infé- rieure, ot de Murillo, pour la partio supérieure. C'est te qui explique la grande ressemblante entre cette toile et celle du maître flamand. Nous avons aussi en main une photographie d'un autre tableau peint pour l'Hôtel -Dieu de Baugé, France, où sainte Anne est représentée dans la mémo altitude de noblesse et de grandeur. K. P. (illtARI» Leju-ffc Bédai'd. (V.VIL b'38.)— Le juge llédard fut. pour de» raisons de ban té. forcé de se soustraire à ses fonc- tions déjuge à partir du mois de mar» 1827 jusqu'au moi» de janvier 1828. Les juge» l'niaeke et Fletcher le remplacè- rent. 11 courut à Saratoga, où, n'éprouvant pas de roieuxT il ne ni pas un long séjour. Il passa l'été de 1*27 à Kamou- raskà, re&tant ainsi pendant dix mois absent, bien que son congé no lût que de trois semaines. Sou traitement lui fut payé régulièrement. En janvier 18211, le juge fiédard, voyant que sa maladie s'aggravait, résolut de démander uno pension de retraite, ot la chambre la lui accorda après avoir fait une enquête sur Digitized by Google — 251 — l'état de santé du pétitionnaire. Ses deux fils, EIzéar, alors avocat à Québec, et Isidore, étudiant en droit, furent appelés à rendre témoignage. La santé de mon père, dit le premier,a été généralement mauvaise, pendant les deux dernières années ; elle est deve- nue pire, par l'assiduité et le travail inhérents à sa charge ; il paraissait tri -s aflbgé des difficultés qui ont eu lieu lorsqu'il lui fallut obtenir un congé d':ibscnce, et lors de la révoca- tion et du renouvellement de sa commission." " La Siinté de mon père, dit Isidore, a été généralement mauvaise. Les médecins ont dit qu'il souffrait de dyspepsie. 11 a eu une enflure aux jambes, depuis plus de d laisser à la Minerve le s<>in de nous raconter ses dernière moments. ' Le dernier jour du petit terme d'avril dernier (1829), il endura du froid en se rendant à la cour : il ne crut pas ce froid dangereux : cependant le mal fit de grand progrès en peu de jours, et sembla ensuite s'apaiser. Il sortit tous les jours de la semaine qui précéda le dimanche du 26 avril der- nier. Le samedi, 25, il sortit en voiture dans l'après-midi. " Le dimanche matin, 2t> avril, il se sentit très mal, mais il ne voulut passe mettre au lit.ll pa«sa la journéo assis »ur son sofa, se promenant de temps en temps dans sa chambre, chose qu'il fuyait lorsqu'il était en santé. Il prit son diner à l'heure ordinaire. " A cinq heures et trois quart il fit un tour dans la cham- bre sam vouloir permettre & personne de le supporter; il re- garda a la fenêtre et vint s'asseoir sur le sofa. " A six heures il voulut se lever pour marcher encore ; uigiiizec by Google on le pria de rester assis, il y consentit : il reposa sa tête su* le bras du sofa, ferma les yeux, et ne les ouvrit plu»." Pierre Bédard fut inhumé dans l'église paroissiale de Trois- Rivières, où il repose encore aujourd'hui. N.-K. Dionnc Jm fam ille Kimber. (V, V, n'15.)-r-Le Jckimbert de 1753 mentionné parTanguay (IV*. Ml) se nommait Kimber et venait d'Allemagne. 11 était jardinier. Thomas et Joseph ses fils étaient dans la milice de la ville de Québec l'hiver de 1775-76. Thomas fut ordonné prêtre en 1781 ; il était curé d'Yamachicheen I797,puisaux T rois-Rivières deux ansaprès. René, son frère, était marchand aux Trois- Rivières, de 17S*9 à 1828 ; il y fut inspecteur du feu, président dos cyndics de la Commune, marguiller, juge de paix. Joseph-René, tils de ce dernier, né à Quebec en 1786\était médecin aux Trois-Rivièreseu 1807. En 1832 ou le voit can- didat de la ville des Trois- Rivières à lu deputation parlomcn- tuiro. Durant les troubles de 1837, il se sépara de M. Papi- ueau ei contribua plus que tout autre homme à empêcher le soulèvement du district des Trois-Rivières. Son frère, Oli- vier Kimber, était avec Nelson et l'on trouve son nom sur le papier-monnaie de la distillerie de .Saint Denis qui circulait parmi les patriotes. Le tils du docteur René fut huissier de la Verge Noire, charge qui a passé à sou tils actuellement en fonction. Benjamin Silte LesprotonotaiveH apostolique canadienu. (V. IV, 601.) — A ajouter à la liste déjà publiée parles Recherches Historiques : Mgr Ed.-Ig. Heenan, Hamilton, Ontario ; Mgr Pierre Heney, Manchester, K. U. ; Mgr D.-S. Ramsay, Ma- gog- P. G. R. — 253 — Joseph Pfiplnentt en 177.9. (V. VI, 618.)—" Un officier canadien, M. Joseph Lamothe, avait apporté en Ca- nada des dépêches do Ion! Hmvo (Sir AVilliam Homm, com- mandant anglais à New- York» 1775) au général Carie ton \ elles étaient a Jressées au séminaire de Montréal. M. Papineau, alors jeune homme, se joignit à M. Lamothe pour les porter à Québec. Munis du cou lettres, qu'ils avaient cachée» dans des batons creux, ils se mirent en chemin par la rive droite du fleuve, évitant les troupes révolutionnaires et les canadiens qui avaient embrassé leur parti, et marchant de presbytère en presbytère. Ils parvinrent heureusement à Québec, et après avoir délivré leurs dépêch .s, ils entrèrent dans la com- pagnie du capitaine Mareoux, eu qualité de volontaires, et servirent jusqu'à la levée du siège. — " ((ïarnoau, III, 81.) Sanguinet, dans son journal de l'invasion du 1775, note, au, commencement de lévrier 1770, que " les sieurs Lamulte et Papineau partirent de Montréal pour Québec, où ils arrivè- rent heureusement. Le même annaliste ajoute plus loin : Pans le moi-* de mars 177b', les sieurs Lamothe et Papineau partirent de Montréal et se rendirent heureusement dans la ville de Québec, et informèrent le général Guy Carleton de tout ce qui se passait dans cette partio et de la triste situa- tion des Bastonnais." M. L. O. David, dans ses Biographies et Portraits, page 5, rapporte le fait comme suit : " On était en hiver... M. Lamothe, grand-père de notre estimé concito- yen, M. Lamothe, et M. Joseph Papineau, alors âgé de vingt- cinq ans... Le 11 mars, trois semaines après leur départ, ils étaient en face de Québec, sur les hauteurs de Lévis. Mais leurs épreuves n'étaient pas tintes... Il fallait traverser le fleuve et lea lignes ennemies. Ils eurent recours à un curieux stratagème pour échapper plus facilement à l'observation : ils s'entourèrent la tête avec des mouchoirs blancs et mirent leurs chemises par dessus leurs vêtements. Arrangés de cette façon, ils s'élancèrent sur le fleuve, au milieu des bancs de Digitized by Google I 4 — 254 — neige et de glace accumulé*, marchant presque toujours sur les mains et les pieds, profitant de loue les accidenta que la glace refoulée leur offrait, et arrivèrent sains et saufs à la cidatelle. avec les dépêches. Cet acte do courage fit sensation. Le 8 juin 1770. Le Tx>rimier. dans non Mémoire, dit : "Nous n eûmes les nouvelles par le capitaine Lamothe et M. Papineau, qui avaient laif-sé l'armée en outre des Trois -Kivières. après avoir battu les Américains. Assurés de la vérité, nous décidâmes à marcher your Lachine pour atta- quer l'ennemi... Lamothe et Papineau auraient donc quitté Québec avec l'armée anglaise qui suivait la trace de l'armée américaine en retraite, et, après la bataille du 8 juin, se se- raient détachés pour se rendre aux environs de Montréal. En 1777, de Loriinier note que le capitaine Lamothe était sous ses ordres vers le lac Champlain. L*»s familles Papineau et Lamothe datent deplusde deux fièc'csdnns le pays." CSulto) Lorsque, dans l'été de 1838, Joseph Papineau, âgé do 88 ans, vint à Saratoga — pénible voyage — fa'ref-es adieux à sen fils partant pour l'eN il. j'eus de longues conversations avec ce vénérable ancêtre, sur cette expédition de 1775 comme sur toute cette longue lutte parlementaire pour la revendication de nos droits politiques, si méconnus de 1763 à nos jours. Et il versait des larmes en disant : 'C'en est fini des Canadiens ; ils seront encore plu* maltraités, que par le pas- sé." Hélas, il ne vécut pas pour voir le triomphe du gouver- nement responsable ; il mourut en 1841; on peut dire de cha- grin. Louis J.-A Papineau Digitized by Google QUESTIONS 1*42. — II y a une quarantaine d'année* un certain million- naire était venu à Québec et avait cru devoir par pat- se-temps probablement faire inviter tous les enfant» des families de la haute-ville à une fête sans pareille et sans précédent enco- re à cette époque. Ces enfants furent conduits dans une grande *alle d'une institution publique probablement, où on Jes mit sur les lits et sur les tables tant ils étaient en grand nombre, leur distribuant force bonbons et gâteaux et empli- ssait leurs poches. Avant leur départ,chacun des enfants reçut an habillement complet des mains du millionnaire et de ses amis y compris une petite casquette écos^aine (Scotch cap) Bi peu portée à cette époque. Ce millionnaire était-il l'un des Rothehilds ? A quelle époque cette fête eut elle lieu et dans quel éta hibernent de lu haute ville de Québec ? \'s Anciex. 643. — Pouvez-vous me donner la liste complète de ceux qu'on apjiello communément les " pères de la Confédéra- tion'? X V. Z. tJ44. — M. le marquis de Gallifet, actuellement ministre de la guerre en France, n'est -il pas le descendant de Louis- Fran- çois de Galifet. seigneur de Cattin,qui commandait aux Trois- Kivière en 1090 et 161)1 ? M. de Galifet. si je ne me trompe, retourna en France vers 1700. T. ]{. 645. — En quelle année et s jus quel titre l'abbé l'igeon a- t-il publié son édition canadienne des drames de Jferquin à l'usage des enfants ? liim.to. — On dit que la veuve du marquis de Puisiyo,général en chef de l'armée royaliste de Bretagne pendant la révolu- tion française, tint pendant quelque temps un petit maga- sin à Québec. Peut-on me donner quelques renseignements sur le séjour de cette grande dame dans la vieille capitale ? X. X. X. — 256 — 647.— Dans son voyage au Canada (1749) Kalin dit: u Les Jouîtes qui vivent ici sont tous venus de France ; plu- sieurs y retournent après un séjour de quelques années. Quelques uns (dont cinq ou six vivent encore) qui sont nés au Canada, s'en allèrent en Franco et furent reçus là dans l'ordre ; mais uucun d'eux n'est revenu en Canada. Je ne sais quelle rai.son politique les en a empêchés." Qu'y a t-il de vrai là dedans ? Pouvez- vous me donner les noms des Canadiens qui sont entrés dans la compagnie de Jésus, jusqu'à la mort du P. Cazot ? Ver 64S.— En KÏ84, Mgr de Laval chargea un Récollet de prêcher le carême à la cathédrale de Québec. Le prédica- teur hasarda des propositions répréhensible», qui étaient une censure des principes et de la conduite du clergé. Les grands vicaires lui en rirent des reproches, mai* ne purent l'enga- ger à se rétracter. Son supérieur, à qui on en fit des plain- tes, ne fut pas plus heureux ; mais pour réparer le scandale, il monta lui-même en chaire le dimanche suivant, et expli- qua ces propositions d'une manière satisfaisante. Il ne vou- lut pas que ce religieux prêcha*., et il acheva do remplir la station. 11 le renvoya même en France, mais ce ne fut pas sans peine. Le gouverneur et l'intendant voulaient le retenir ; il leur dit résolument : " Il restera puisque vous le voulez, mais il restera seul, nous nous en irons tous." On le laissa partir. Mentionne t-on quelque part le nom de ce religieux qui donna tant de trouble à son supérieur ? Lkx. tî49. — Quelle est l'origine du nom de l'Anse des Mères,près de Québec ? Cet endroit portait déjà ce nom du temps des Français puisque, dans une lettre en date du 5 septembre 1859, je le trouve nommé ainsi. Marin Digitized by G< Digitized by Google Google BULLETIN PES RECHERCHES HISTORIQUES VOL. 5 SEPTEMBRE 18!»i) No. 9 SAINT-LAURENT DE L'ILE D'ORLEANS * Lu paroisse de Saint -Laurent l'ut d'abord étirée sous le voiable de Suint- Paul, mais e, démolie il y a plus de trente ans. Tout ce que l'on sait, c'est qu'elle existait en 1697. Elle fut allon- gée de 21 pieds en 1702, cous le règne du H. I'. Poneelet, alors curé de Suint- Laurent. Su longueur était tie 75 pieds,et sa largeur de 21 pied>. La troisième église, ou l'églis! actuelle, a été construite en 1860. KHe lut li mte et inaugurée d:iiw l'automne de 1861. Sa longeur est de 113 pieds, et s;i largeur de 3'< pieds. Missionnaire» et cuits do Suint- Laurent : .T. Ba-set, 1079- 16SI) ; F. Lumy, 1080-16*3 ; p. de Fr..nebevilb-, 1683-1689 ; J.-H. Tremblav, 1639-1092 ; G. -T. Krborv, 1092-1693 ; A. Dauric, 1693 16î)6 ; B. Flécourt. 1096 1700 ; F. Poncelot, 1700-1712 ; Y. LeRu he, 1712-172»: P.-.T. Chr.rdon. 1729- 1731 ; F. Martel, 1731-1764 : .l.-N. Martel, 1764-1767 ; L.- M. de Kerberis, 1767 176» ; .l.-B. de la Brossa. 1769-1770 ; C. de Lotbinière, 1770 1772 : Mgr L.-P. M. d'Esglv, 1772- 1774 ; P.-J. Compain, 1774 1775 ; A. Pinet, 1775-1777 , C- J. Duchetnuux, 1777-1778 : P. lluot, 1778-1781 ; L-B.-G. Durouvrav, 1781-1783 ; A. Ilamel, 1787 1786 : O. Duchou- quet, 1786-1787 ; .l.-B. (ration, 1787-1788 . A. Pinet, 1788 ; J.-L. Du.ondu, 1788-1791 . K. Burke. 179I-17»4 ; .1. Bosson- neau, 1794 17»8 ; P.-B. de Borniol, 17»8-1818 ; J.-M. Fortin, 1818-1822 ; F.-G. LvCourto s, 1822 1827 ; L.Gingras, 1827- 1829 ; C. Ganvreau, 1829*1833 ; J. N. Naud, 1833 1859 : K. Bonneau, 185»-18t>5 ; M. Forgoes, 1865-1882 ; W. Biais, /•uré actuel. L'abbé David Gossklik — 2G0 — L'HERMITE DES TROIS-PISTOLES * - Sur les borlsde la rivière d< s Tnis Pisto'es qui sejct'e dans le flouve Saint Laimnt à une quarantaine de lieues au- dessous de Québec, s'était établi, vers lanni'e 171"), un ind'ee; (it d marderau part ir une novice au voil < b'unc qu'il avai' cnnue dms le monde. Il lui fit présent d'un liviv de p:été en o iver.ir, disait-i', des bontés qu'avait eue- po» r 'ni si fam'Me. I.» Supérieure de l'Hôtel-Dieu, :V qui la jeune novice ar;»;t r- mis le livre. « étant aperçue qu il avait jtour auteur un de-* écrivain- de Port-Royal, le renvoya immédiatement à Dom Georges, à son grand méontetitem nt. Après son retour en JIoI'mi "e, il se pl.innH am.'-ie.tm de la manière dont les autorités eivi'e* et ieliir;eu*« s de la Nouvelle France 1 ava;t tryité. Les journaux d'AnMi rdam s'< -m paré rent de se* déclaration» et finnt arairl bruit dus prétendues persécution* eont le moine junsén ste avait été l'objet. i; Non- ne saurions trop prier le eie!. a'oute l'annaliste de de l'Hôtel-Pieu, qu'il vcdlli continuer de \ r .»ei ver le Cana- da du venin de 1 hérésie, afin q-ic cette église se c -n serve d nis la |>uivté de la foi, et que notre attachement et notre r^-p ct pour le Vicaire de Jésu* ('hri«t nous attirent, en ce monde et on l'autre, les b'nédh tion* qui >o:\t pronvses aux âmes véritablement fidèle-;." L'abbé II. R, Casgbain Ord' nnanci» de Mgr de Sait- Vallier. deuxième évoque de Québec au sujet de T>om tîe^rges François Poulet. u Nous Jkan, par la trrcîce de Dieu et du Saint-Siège Apos- tolique. Kvêque de <}uec. Aux prêtres Séculiers et Régulier* qui se trouvent dans l'étendue des missions du s-d de notre Diocèse, surtout à Monsieur Anclair, curé de Kamouraska. et au Père Michel, Missionnaire de Rimouski, salut et Bénédiction en notre Sei- gneur. " Comme rien ne nous nanàit plus déplorable que de voir l'empressement que font paraître quelques uns de nos do- Digitized by Google — 265 — cèsains do favoriser des personnes qui cherchent à se perdre pour l'éternité par leur entêtement, et l'éioignemont qu'ils ont de vouloir prendre les seuls moyens qui les peuvent met- tre dans le bon chemim, nous avons été véritablement tou- ché, Nos Très Chers Frères, en remarquant dans les Sieurs Côté et Jean Gagnon de La Bouteillerie ia résolution prise et exécutée d'emmener là-bac» I>om George Francois Poulet bénédictin sorti furtivement de son couvent à l'insu de ses Supérieurs, et sans obédience, dans un habit laïque, malgré tous les avis que nous leur avons pu faire donner par des personnes même considérable*. C'est pourquoi voulant faire connaître à ces personnes et autres de notre diocèse, où de- meure Georgo Francois Poulet, religieux, l'obligation qu'ils ont do nous obéir sous peine de péché mortel en tel cas, .Nous leur déclarons que celui ou ceux qui ont pris et emmené tie Québec le dit religieux ont commis une grande faute, dont ils mériteraient quo nous nous réservassions l'absolution ; cependant pour agir avec douceur, nous leur luisons seule- ment à savoir à eux et à tous autres semblables que s'ils viennent à le protéger, retirer chez eux dans leur domaine, et à l'aider à. pouvoir demeurer éloigné de nous, pour nous ôtor le moyen de le renvoyer en France uses supérieurs, ils encourront après trois jours de séjour et d'aide, s'ils ne le font partir incessamment et sortir de leur dépendance après les dits trois jours passas, l'excommunication majeure par le Seul fait, dont nous nous réservons l'absolution à nous seul ; et pour faire voir l'horreur que nous avons des religieux qui so sont séparés de leur communauté, qui par la con- tinuation de leur séparation doivent être regardés comme apostats et excommuniés par le droit, que les Kvêques doi- vent poursuivre et faire rentrer dans leur devoir pour satis- faire au décret du Saint Concile de Trente au défaut de leur supérieur, Nous enjoignons à tous les curés et missionnaires qui desservent les missions de ce côté-là jusqu'à Kimouski, Digitized by Google — 2GG — non seulement de tenir la main à ce qui est porté par la dit* ordonnance à l'égard des séculiers qui y contribueraient, mais encore de refuser les sacrement* au dit ï)om Poulet religieux, excepté en cas de mort, et même de dire la messe devant lui, ce que nous leur défendons sous peine de suspen- de d? leurs fonction;* ou interdit des lieux où la dite messe aura été célébrée, pour une espace de temps que nous régle- rons. lionné à Québec, sous notre «.'ing. celui de notre secrétai- re et scellé du sceau de nosarmes.ee quinzième jour de sep- tembre mil sept cent dix buit. Résumé d'une lettre de Mgr de Saiut Vallier au Conseil de Marine : 11 mars 1719. M. IKvesque de Québec demande s'il peut exiger de M. de Vaudreuil les secours ayde et protection nécessaire pour fa- ciliter les fonctions de son ministère, et si M. de "Vaudreuil peut le luy ref user dans des cas particuliers où l'Evesquene peut se faire obéir que par des moyen» rudes et difficiles. Le cas dont il s'agit est qu'un Religieux d'un ordre consi- dérable, fugitif et par le seul fait déclaré ajtostat et excom- munié par le droit, se retire dans son diocèze, M. de Vau- dreuil en e-t averti par une personne qui luy écrit de la part du général de ce Religieux qui désire le ravoir. M. do Vau- dreuil au lieu «le luy donner avis du séjour de ce mauvais religieux fugitif, luy promet sa protection et l'assure qu'à moins qu'il soit forcé par un ordre de la cour de le renvoyer en France, il le laissera toujours en Cana la sans l inquiétter. Ce Religieux l'a dit à l'Kvesque en l'assurant qu'il resteront malgré luy dans son diocèz?, l'événement en a esté la preu- ve, puisqu'il n'a pu déterminer M. de VauJreuil à s'intéres- ser dans cette affaire, et il a esté obligé pour venir à bout ds l'obstination de ce Religieux de faire publier une Ordonnan- ce par laquelle il a denendu aux prestres de dire la mc*se Digitized by Google > — 267 — devant luy, de le recevoir aux ëaeremens, menacé d'interdi- re les lieux où l'on la diroit, et porté des censures contre les personnes qui le soutiendroicut sans respect pour l'Eglise. Il suplie le Conseil d'envoyer ses ordres, à M. do Vaudreuil pour faire sortir ce Religieux do la Colonie. Le Conseil croit qu'il faut ordonner à M. de Vaudreuil de faire embarquer ce religieux et de ne souffrir aucun Eclési astique qui ne soit a prouvé" par l'Evoaque. En marge : Aprouvé les me du Conseil. L'HONORABLE A.-N. MORIN La bonté et la charité do l'honorable Auguste- Norbert Morin étaient proverbiales, il donnait tout aux pauvres.tout jusqu'à son dernier sou ; de sorte que, sa pension payée, il ne lui restait rien pour s'habiller. Un jour, sir L.-ll. Latbntaine lui dit qu'il no voulait plus le voir paraître dans les rues avec l'accoutrement bizarre qu'il portait, que c'était un scandale. Il lui mit vingt-cinq louis dans les mains et lui enjoignit d'aller s'habiller. M. Morin s en allait chez un tailleur,U>rsquïl rencontra un client malheureux dont il avait perdu le procès ; le client l'atten- drit tellement sur son sort et sur le résultat de ce procès que M. Morin lui mit les vingt-cinq louis entre les mains, en lui recommandant bien de ne pas en parler à M. Latbntaine. Mais M. Lai'ou.laine, voyant toujours Morin avec la même toilette, se décida à lui demander des explications. M. Morin hésita un moment, mais, ne pouvant mentir, il finit par ra- conter l'affaire. M. La fontaine le gourmanda, malgré l'envie do rire qu il avait, et lui dit qu'il était décidé, cette fois, à l'emporter. 11 l'emmena chez un tailleur et lui fit faire un habillement complet. L.-O. David * Digitized by Google — 268 — TESTAMENT DE M DE LA JONQITIËRE Aujourdhy, treiz.0 février mil sept cent cinquante deux, su r les deux heures et demie de relevée, sur l'ordre et réqui- sition de haut et puissant seigneur Monseigneur Jacques- Pierre de Tatîanel, marquis de Lajonquière, seigneur Bur- dens Magnas et autres lieux, commandeur de l'Ordre Royal et Militaire de Saint Louis, irouverneur et lieutenant-géné- ral pour le Roy en toutte la Nouvelle- France, Isle Royalle, terres et pays de la Louisiane : Le* notaires royaux en la prévosté de Québec y résîdcns soussignés, seroient transpor- tée au château Saint-Louis -du dit Québec, en la chambre du eosté du sud-oiiest du dit chateau avant face sur la galerie du dit fort, où il» auroicnt trouvé mondit seigneur marquis de Lajonquière malade gissant dans son fauteuil proche du feu, où estant mondit seigneur auroit dit et déclaré aux d. notai res que dans la vue de la mort et craignant d'en estre prévenu, il désirerait disposer «les biens et effet b qu'il a dans ce pay*, sans entendre au surplus rien changer aux disposi- tions testamentaires par luy déjà- faites cy-devant en France avant «m départ pour ce pays, si ce n'est la substitution cy* après expliquée. Pourquoy toutefois sein d'esprit, mémoire et entendement, ce- qu'il nous en a paru â nous dits notaires par ses justes paroles et maintient, auroit présentement fait et dicté à nous.dits notaires son présent testament ou codicile ainsv qu'il suy : Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi" s iit-il. Premièrement, comme chrestien catholique, appostolique et romain, a recommandé et recommande son âme à Dieu le Père Tout-Puissant, suppliant sa divine bonté de luy faire grâce et miséricorde par l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Notre Sauveur, et l'assistance de saint Digitized by, *W_J Jacques et saint Pierre, ses patrons, et tous les saints et saintes do la Cour Céleste. Veut et ordonne mond. seigneur testateur que ses dettes «oient payées et torts par luy faits si aucuns se trouvent par messieurs les exécuteurs du présent testament cy-après nommés. Veut et ordonne que son corps mort il soit inhumé et enterré chez les JÎTÎ. PP. Iî école t s, avec le moinsde pompe qu'il sera possible. Itent déclare mon dit seigneur testateur que. quant aux biens dont il a pu tester parson précédant testament, soit en France devant l'Vsparbès. notaire de la ville de Saint-Glade Louraagne, il y a environ trois an?, au profit de Dame Mar- quette Jacquet te do Tafi'anel, sa tille unique, épouse de M. le marquis de Xoé. l'intention et volonté do mond. seigneur testateur est quo. snns préjudice à la jouissance viagère que doit premièrement avoir Madame la marquise de Lajonquière suivant le d. précèdent testament cy devant ra porté, que la propriété de tous les d. biens «oit et appartienne au premier des enfants mâle* de ma dite Dame marquise de Xoé. et en cas de décez. le premier des autre* en fans mâles qui suivra. Le tout pour conserver !«s dits biens dans la famille de mon d. seigneur testateur, lit où il n'y auroit aucuns enfans nulles du d. mariage de ma ditto Dame marquise de Xoé, soit de ce mariage ou d'autres, le fond et propriété des d. biens se partageront .'gaiement entre les autres enfans de ma ditte dame de Xo>, auxquels dits premier enfans mâle ou autres survivant suivant la destination et explication cy- dessus. Mon d. seigneur testateur fait toutes substitutions pour la propriété des d. biens. Le tout pour le répéter sans entendra nuire ni préjudicier à l'usufruit et jouissance desd. biens en faveur de ma d. Dame marquise de Lajonquière, suivant le d. premier testament cy-devant déclaré. Et y ajou- tant par le présent veut et entend mon d. seigneur testateur que si ma ditto Dame marquise de Noé et la Demoiselle sa — 270 — fille unique venoient à décéder sans en fans, les dits bien!* fonds et propriété d'iceux soient reversible* envers les héri- tiers collatéraux tant paternels que maternels do mon dit soigneur testateur qui le veut ainsi, suivant la môme destina- tion et explication ci-dessus pour les mâles. Item déclare mon dit seigneur tentateur qu'il veut que Mtre Tanauel de Cabanae, doyen du Chapitre de Québec, et Monsieur le chevalier de Bonne, capitaine des troupes et de ses gardes, et Madame son cqiouee soient nourris aux dépends do mon dit seigneur testateur dans le d. château Si-Louis de Québec connue à sa table, et ee jusqu'à l'automne pro- chain. Veut et ordonne pareilles nourriture et demeure \nn.r le Sr Capelan et sa femme. ses maître «l'hôtel et l'eimned oi« dre, auxquels et auxquels il lègue en outre Ravoir au dit sieur Capelan, deux eents livres de rente au delà des cent cinquante livres aussy de rente portées par le dit premier testament de mon d. seigneur testateur, et a la d. leminc du d. Capelan. la somme de cent livivs. Le tout de rente et pen- * sion viagère leur vie durant. Kt veut en outre que le* d. Capelan et sa le m me soient en outre payés de leurs gngt s jusqu'à leur retour en France, cl qu'y estant arrivés il.- jK>ur- ront si bon leur semble «lemeurer Mir les terres et maison des seigneuries de mon d. seigneur testateur gratuitement leur vie durant. Donne et lègue à Armingo, son cuisinier, la somme de ci lit livre» une l'ois payée et en outre ses gages jusquesàsou arii- Vée eu France, et qu'il soit jusqu'à son départ nourri aux dépens de mon d. seigneur testateur, ainvv que son palefre- nier, dont le» gages et nourriture counvront pendant trois mois. Donne et lègue à chacun de ceux qui ont veillé luy dit seigueur testateur, vingt quatre livres à chacun outre leur» gages et sallaires. Digitized by Cooq Veut quo M. de Saint-Sauveur, son secrétaire, foit nourri et logé au d. chiiteuu pendant trois mois, s'il le juge à. propos. Donne et lègue m«n d. seigneur Ustateur si la paroisse de cette ville la somme de cent cinquante livres pour estre em- ployée en rétribution de messes, le tout pour le repos de 1 finie de mon d. seigneur testateur. Donne et lègue aux pauvres de la d. paroisse la Mjmmo de cent livres une fois payee. Item veut et ordonne .mon dit .seigneur testateur qu il soit t'ait dire aux révérends Pères Récolets trois cent soixante six messes basses de requiem une ehuquejour alternativement jusqu'à» tin d'icelles, le tout j our le îepos de lYnno de mon d. seigneur testateur. Ordonne qu'il soit pareillement fait dire par Messieurs du séminaire de eette ville cent messes basses, et pareille quan- tité par Mes ieurs du Chapitre de Québec, et que les rétribu- tions des d. messes soient payées par ses exécuteurs testa- nt maires < y après déclaré» le plus tôt que faire .se pourra. Donne et lègue à chacune des communautés de l'Hôpital- y et nommé les personnes de mon d. Sieur de Cabanac, doyen du d. Chapitre de Quebec, et mon d. Sieur le Chevalier de Bonne, qu'il prie d eu prendre la peine conjointement et de concert entre eux èx-mains des- quels il s'est présentement démis et dessaisy de touo ses bien» suivant la coutume. lîévoquant mon d. seigneur testateur ton;* précèdent tes- tamens et codiciles qu'il pourrait avoir l'ait avant ou depuîe son premier testament cy -devant déclaré et le présent testa- ment ou codicile auxquels seuls il s ai n te et veut qu'il soient exécutée selon leur forme et teneur comme estant son inten- tion et ordonnance de dernière volonté. Ce fut ainsy fait, dicté et nommé de mot à mot par mon d. seigneur testateur à nous dits notaires soussignez et à luy lu et relu par l'un dos d. notaires, l'autre présent, qu il a ait bien entendre et estre son intention et dernière volonté, en la d. chambre sus-déclaré. environ les quatre heures et demie de relevée. Kt a mon d. j-eigneur testateur signée avec nous dilt* notaires. LAïoxQt'iÈRE, Laxoi u.i.ieh, 1>1 LACHENT. Et le vingt cinq du dit mois de février du dit an mil sept cent cinquante-deux, environ deux heures de relevée, nous, notaires royaux en la prévosté de Québec susdits et s-our-si- gnex. ayant e.-tés rappellés par mon dit seigneur marquis de Lajonquière, nommé en son testament ou codicile cy-di ssns et des autres parts dans sa chambre au d. château St- Louis- do Québec, et estant mon dit seigneur toujours sain d'esprit, mémoire et entendement, ainsy qu'il est aparu à nous dits notaires, où estant mon dit seigneur nous a dit qu'avant réfléchi que M. le chevalier Debonne par luy nommé par son dit testament ou codicile cy-dessus et des autres parts pour exécuteur testamentaire conjointement avec mou dit sieur de Cabanac. doyen du Chapitre de Québec, aussy y nommé*. Digitizedby^i^ogle pourrait estre obligé de faire voyage soit en Franco, soil à Montréal ou partout ailleurs que le service du Roy auquel il est attaché pourrait exiger, il le décharge de ladite charge et veut que mon dit sieur do Cabanac soit et demeure pour 80n seul et unique exécuteur testamentaire. Et au cas que le dit sieur de Cabanac vint à mourir, il veut en ce eus et non autrement que mon dit sieur chevalier de Bonne soit à sa place pour son exécuteur testamentaire. Et veut en outre mon d. seigneur que ces dispositions, dons ou gratilications par luy laites par écrits, de ltiy signé aux personnes y nommés soient entièrement exécutés. Ce fut ain»y fait, dicté et nommé par mou dit seigneur marquis de Lajonquièrc aux notaires soussignoz et ù 'uy leu et relu par l'un des d. notaires, l'autre présent, qu'il a dit bien entendre et vouloir que ce que dessus soit exécuté en la d. chambre susdite les jour et au que de-sus. Et a mon dit seigneur marquis de la .lonquièro signé avec nous dits notaires. Laïosqlikke. Lanoi ii. lieu, l)ll,Al KEXT. CINQ FRÈRES PRETRES La chose est assez rare pour être mentiounée.n'est-ce pas ? Ces cinq frères sont : Mgr Henri Têtu, prélat domestique de Sa Sainteté, pro- cureur de l'archevêché de Québec ; M. Frs.-Amable -Ludger Têtu, professeur au collège Sainte- Anne de la Pocatière, noyé le 2U juillet 1870 ; M. Alphosne Têtu, chapelain de l'Académie des Frères, à Québec ; M. Francois Têtu, professeur do sciences au collège de Sainte- Anne de La Pocatière ; M. Gi-orges Têtu, directeur du juvénat des PP. du Saint- Sacrement à Trévoux, près de Lyon, en France. R. — 274 — REPONSES Lu femme de Chouard. (IV, I, 405.)— En 1668, on releva le papier-terrier des Trois-Rivières. C'est (filles Rageot, notaire et greffier de Quél>ec, qui en fit l'examen. Parmi les pièces qu'il a laissées comme résultat de son étude en cette occasion, il en est une datée du 2 juillet par laquelle "Mar- guerite Hayer. femme de Médar Chouar," déclare qu elle se présente au nom do «es enfants, attendu que son mari est li absent depuis six ans pour être allé à la Nouvelle Angle- terre." Il est évident que Chouard était parti en 1662 et que sa famille ne savait ce qu'il était devenu. Voyez ce que j'en ai dit dans le Bulletin, 1808, pp. î»2. 366. Au moment où la déclaration ci -dessus était signée aux Trois- Rivières, Chouard signait l'acte de création de la com- pagnie anglaise appelée Baie d' Hudson, et prenait le com- mandement de la fameuse baie pour le compte des Anglais. Bknjamin Sulte Le nom ** liatixean.*' (V, V. C14.)— Champlaîn.en 1603, mentionne la rivière de liatis^an. La carte de 1609 la désigne également. En 1611, Champlain dit qu'il rencontra à Québec un eapi'aine sauvage appelé Ratiscan. Parmi les noms sauvages eiîés par Lescarbot, on trouve Ratiscan. Sur la carte de 1612 figure la ronlréc de Hati&juitn. L'un des chefs sauvages des Trois-Rivières, en 1627, se nommait BntîstjtniH. L'édition des œuvres de Champlain, en 1632, dit : ' La rivière Batisquan, fort agréable et poissonneuse, e>t proche de celle de Champlain." En 1637, il y avait dans les environs des Troi*- Rivières, un chef sauvage appelé Tchimioi ikinkau, surnommé liatiscan (Mela tionA 637, p.83.) La Mt'ltttîon de 1634, p. 7, parle de TEHiMAorraiEou, chef des mêmes endroits Le 28 janvier 1636, on baptisa aux Digitized by Google — 275 — Trois-Rivières une petite tille âgée de deux ans. "enfant d'un sauvage capitaine de Québec nommé Tciiimawikim. Le lendemain, on baptise un autre de ses enfants, garçon de dix- sept ans. Cet homme était aux Trois Rivières, en 10*58. En algonquin, langue des gens de Québec et des TroisHivières, Chimiwirini veut dire : l'homme à la têle faite comme une fraise, ou encore celui qui a une tête en forme de boule. Le mot Batiscan n'a aucun sens connu des Algonquins actuels. Dans la langue des Cris. Tabat eakan aignitie : corne tendue ou pendante. \aï Père Incombe croit que c'est le même que notre Batiscan. Bkxjamin Sultk Valllères de Saiiit-liéal. (V. V, 616.)— Le* archi- ves du Secrétariat d'.Ktat, Ottawa, contiennent un certain nombre de documents concernant le juge Vallière» deSaint- Réal, entre autres, les suivants : Copie d'un extrait de baptême ; Papiers relatifs à su com- mission d'avocat ; Sa commission de membre de l'Institution Royale ; Sa commission de Conseil du Uoi : Sa commission déjuge ; Un mémoire adressé à Lord Aylmer, gouverneur du Bas-Canada, contestant la nécessité d'une nouvelle com- mission à l'occasion de la mort du roi George IV ; Son cau- tionnement de mariage (marriage bond). (Il se maria en seconde* noces avec Esther- Klora llart, de Trois- Jlivières. en 1831). F.-J. Al i»et • Les com man fiants de notre milice, (V,VI,622.) —Ce n'est qu'en 1875, en vertu de l'acte Victoria, chapi- tre 8, que lut créé le poste de commandant en chef de la milice canadienne. Avant cette époque, le premier officier était l'adjudant-gécéral. Voici la clause qui crée ce poste : " 11 sera nommé, pour commander la miiice de la Puissance du Canada, un officier occupant le grade de colonel, ou un grade supérieur, dans l'armée régulière de Sa Majesté. lequel sera chargé, sous les ordres de Sa Majesté, du commande- Digitized by Google — 276 — ment militaire et de la discipline de la milice, et qui, lors- qu'il remplira cette charge, occupera le grade de major- général dan» la milice du Canada, et recevra un salaire de quatre mille piastres par année, qui couvrira toute solde et tons suppléments de solde." Voici, d'après M. X.-O. Côté (Political Appointments, 1867 à 1897), la liste des officiers qui ont été envoyés d'Angleterre pour commander notre milice : Sir Edward Solby Smyth, K. C. M. G., du 20 avril 1875 au 31 mai 1880 ; Richard- Amherst Luard, du 1er juillet 1880 au 30 avril 1884 ; Sir Frederic- DoWn Middleton, K. C. M. G.. C. TL du 12 juillet 1884 au 30 juin 1800 ; Ivor-John-Caradoe Herbert, C. B., du 20 novembre 1890 au 1er août 1S95 ; William- Julius Gascoigne, du 19 septembre 1895 au 20 juin 1898, et Edward- , Thomas-Henry Hutton, C. R, A. D. C., P. S. C, actuelle- ment commandant, depuis le 1 1 août 1898. F.-J. AunET Le tableau tie Saint- Michel et Mf/r Pi-e**is. (V, I. 573. ) — MgrPlossis possédait un grand fonds de gaieté, ordinairement réprimé par les exigences de sa dignité, mais .souvent pr.'t «le déborder malgré tous ses efforts au contraire. Bien des fois, au milieu do solennelles cérémonies, il arrivait qu'une figure grotesque ou une franche balourdise d'un de ses assistants bouleversait sa gravité et lui imposait la rude tâche de refouler les mouvements d'un rire convulsif. C'é- tait surtout durant le cours do la visite épiscopale que se présentaient le plus fréquemment les occasions, qui, malgré ses résistances, lui faisaient perdre son sérieux ordinaire dans l'exercise doses fonctions ; cette propension à rire l'hu- miliait beaucoup, mais il ne la pouvait maîtriser, lorsqu'un objet ridicule ou une circonstance bizarre frappait tout à coup ses yeux. IÎ avouait que bien des fois il ne s'était contenu qu'avec des efforts incroyables. Dans une des paroisses récemment Dig établies au nord de Montréal, il venait d'être reçu avec les honneurs militaires. Après son entrée solennelle dans l'église, comme il se détournait pour donner, de l'autel, la bénédic- tion à la foule, il s'arrête pendant quelques instant» sans pouvoir proférer une seule parole ; lorsqu'il réussit enfin à ne faire entendre, sa voix est brisée et semble à chaque instant prête a lui manquer.— 'Monseigneur est -il malade ?"demande un des prêtres de la mission à M. Turgeon. aWs secrétaire. — Xon, 'répond celui-e'.qui comprimait la caused" l'embar- ras, " mais il a remarqué quelque chose qui lo porte \ rire." Le prélat expliqua ensuite- l'éniirme : hu milieu du peuple pieusement agenouillé, il avait aperçu une cinquantaine de jeunes irons, restés debout, affrétant la tenue militaire, et portant ù l'épaule des fusils «le toutes les formes et de tous les calibres, fits miliciens amateurs avaient en'endu dire qu'un soldat sons les armes ne doit, ni s'agenouiller ni se découvrir dans l'église : au»« sermon sur le suj- t. " Kt ce jour, troisième des dits mois et an, l'assemblée d'é- tablissement du bureau des pauvres de cette ville de Ville- Marie, dans la chambre de mon dit Seigneur Kvêque, et en sa présence,et en celle do M«»ss:ro l-Vane-ds I Mllier de Casson, un des prêtres du s-minaire de Saint-Sulpiee de Paris, supé- rieur du dit séminaire et grand vicaire de mon dit Seigneur, et curé de la paroiss» du dit V'dlc-Mane, et M, de Hreslay, prêtre faisant les fonctions eutiabs de la dit^ paroisse ; de M. Caillé, prêtr«*. et du révérend pèro Leblanc, do M. le mar- quis Crisaty, lieutenant du roy en cette ville.de M. Des'ham- bault. procureur du roy de la jurisdiction roya'e de lisle do Montréal, et lieutenant --général, etc, des sieurs Jacques Le lier et Pierre Laniou^eux de St-tiermain, man hands bour- geois de cette ville, et n'Anthoino Adhémar de St Martin, greffier et notaire royal de la dite jurisdiction, dans laquelle assemblée a été arrêté : — 280 — 1° Quo les sieurs Lo Bor, Lamoureux et Adhéraar seront directeur» du bureau. 2° Qu'on priera Aime de Murieour, et Mlle de Repenti - gny pour luire lu première quête dans cette ville et les fau- bourg, et de» hommes pour luire lu quête de lu campagne, dans les limites de lu paroisse de cotte ville. 3° Que lesar»seuibléos se tioudrom au séminaire, tous les lundis, à deux heures, p. m. * On tenuit soigneusement les minutes de ces assemblées. En les lisant, on croit assister à une conférence de SainrVin- cent de Paul. On *y occupait .Je placer a lilopital les ma- lades pauvre*, ou de le., luire conduire eboz de» parents plus aisi sieurs iVthier cl Prudhomuie. depuis le faubourg de Notre-J >aine de Bonsecours ju>qnïi Julien Biais inclusivement et le sieur Saint-Germain à la Alonta- gne. Xous trouvons dans ces petits détails la preuve que les ci- toyens les plus nobles du temps payaient de leur ]>ersonne. et prenaient part à la direction des bureaux des pauvres,fai- saient les quête* pour eux et visitaient leurs familles. Les noms des dames et messieurs que nous venons de transcrire / google £int tous de gtan-ls poms hi>to>iqucs qu'on est heureux de rencontrer ici accolés aux œuvrts de chatité, niais illustriS dans d'autres s^hort s d'action. ("est un exemple qu • nors oflYof.s à 'a mé iituti. n do nos cm: i'ovens d'aujourd'hui. Ha PII a kl Bkllkmauk L'/tffff it'll? \houm fa riotn i tuition française. (V, VI. f>24.)— On ne peut guère s'attendre, à «-et le époque re- çu lé»-, et dans un pavs tout neuf, à voir Us •jueMion* hy/u - nique» piendre une pace im| ortante dans l'administration publique. A son di bui. le Canada est r-ous le contrôle de fiompaynies de traite qui ont loué le p;n représentant. " afin qu'il s y transporte pour connaître si les bêtes sont en assez bon état pour être distribuées au public." Aucun habitant de ia campagne ne peut apporter et vendre de la viande a la ville sans présenter d'abord, au procureur du roi ou son représentant, un certificat du juge, s'il y en a un dans la place qu'il habite, ou sinon du seigneur, du curé OU de l'officier du milice, lequel certificat doit établir cont- ins les bestiaux par oux apportés n'étaient attaqués d'aucu- nes maladies avant d'avoir été tués et qu'ils no sont pas morts d'accidents, comme noyés ou empoisonnés."' Il fierait difficile do taire mieux aujourd hui. Tous les autres règlements passés à cette époque s'appli- quent exclusivement à la propreté dos rues et des habitations. Quelques ordonnances concernent la morale publique. Les enfants trouvés sont élevés à la charge du roi, qui accorde aux nourrices li 45 livres pour le premier quartier de nour- riture de chaque enfant, et 10 livres par mois jusqu'à ce que l'enfant ait atteint 18 mois." Les entants sont alors engagés & de bons habitants de la ville ou de la campagne jusqu'à ce qu'ils aient atteint l'âge de 18 ou 20 ans (1748). K.-P. Lâcha pel lk Le combat naval de la Pointe à la Garde. (V, VI, 62b'.)— La Pointe a la Garde est située à douze mil- lea de Itistigoucho et à mi-chemin entre celte dernière place et Tracadièche sur la rive nord de la baio des Chaleurs. C'est un cap qui s'avance dans la baie et laisse au nord-est une grande échancrure ou anse qui so prolong jusqu'à la Pointe Escuménac, l'espace d« six milles. C'est là que la baie des Chaleurs perd son nom }>our prendre celui de baie de JîUti- gouche. Les Fran<.a>s,peu avant la cotupiête,avaient un camp militaire- à Ristigouche, comme on font foi les actes de bap- têmes, mariages et sepultures de-» pores réeollets Klicnne et Ambroise. conservés dans los archives de Saint-Joseph de CaHeton. Pour se protéger cont re les poursuites des vaisseaux an- glais, les français avaient établi une batterie de canons à la Pointe Bourdon. Peu après la prise de (Québec en 17f>9, les Anglais, avant appris r»ar le-* Sauvage*, que les Français avaient un camp à Ristigouche. vinrent les déloger. Il y eut un combat sanglant à la Pointe a la Garde entre les navires français et anglais. T>eux frégates françaises furent englou- ties au pied du Cap. On pouvait voir encore les din-asses à marée basse, il n'y a pas bien des années : on a vu même des canons au fond do l'eau. Un des canons de cette batterie se trouve encore actuellement dans une bâtisse appartenant à la famille Baxter établie sur ce Cap. L'abhé K.-P. Ciioi inard Lett députés de Saint- Maurice. (I, VU, 52 .)— Le comté de Saint-Maurice, quo le romaniement de 1892 a réuni H la ville des Trois-Rivières, est l'une des plus ancien- nes divisions électorales du pays. Dès l'époque du régime constitutionnel inauguré en 1791, il envoyait deux députés au parlement de Québec. Le comté s'appelait alors " Saint- Maurice " et comprenait un territoire d'une immense éten- due ; c'était tout le pays environnant Trois Rivières qui, de son côté, envoyait aussi deux députés au parlement. Cette dernière division était désignée sous le nom de " Bourg Trois- Rivières." Bien peu de comtés, dans la province de Québec, peuvent Be glorifier d'avoir conservé leur nom primitif jusqu'à nos jours. — 2S4 — Voici la lisle des hommes politiques qui, depuis 1791, ont été choisis pour représenter cette vieille division au conseil de la nution, tant à (Québec qu'à OUuwa : Sous l'acte constitutionnel de 1891 : 1792-1796, T. Coffin et Aug.-Bivard Dufïesnc. 1797-1800, T. Coffin et >'. Montour. 18U1 1805, T. Cofliu et Muthew Bell. 1805 1808, Dav id Muuro et Michel Caron. 1809, T. Coffin et M. Caron. 1810, L. Gugy et M. Curon. 1810-1814, Fi s Caion et M. Caron. 1815 1816, E. Leblanc et Vallières de Saint Ileal. 1817-1819, E. Maymnd et L. Gugy. 1820, L. Picoileet Pierre Bureau. 1820- 1824, I,. Picotte et P. Bureau. 1825 1827, Chs Caron et P. Bureau. 1827-1830, Chs Caron et I». Bureau. 1830 1834, P. Bureau et Valère ('Juillet. 1834 1836, Dr Boutillier et Y. Guillet, 1836 1838. Fi s. L. Desaulniers et A. Bareil-Lajoie. Sous le Conseil spécial : 1838 1841, L hou. E. Mayrand. Sous l'Acte d'union do 1841 ': 1841-1844, Lhon. Jos.-Ed. Turcotte. 1844-1848, F.L. Desaulniew. 1848-1851. L'hon. Ls-Joa. Papineau. 1851-1854, L'hon. J.-E. Turcotte. 1854-1858, lh-L.-L.-L. Desaulniers. 1858-1861, L.-L.-L. Desaulniers. 1861-1863, L.-L.-L. Desaulniers. 1863-1867, Charles Gérin-Lajoie. Sous l'Acte de la Confédération (à Ottawa) : 1867, L.-L.-L. Desaulniers. — 285 — 1868-1873, Dr Elie Lacer! e. 1874- 1878, C.-G. Lnjoie. 1878-1882, L.-L.-L. Pesaulni» r*. 1882-1K87, L.-L.-L. Dcsaulnieis. 1887-1891, Fra.-L. Desaulniew. 1891-189(i, Frs.-L. Desaulniers. A Québec : 1867-187), Abraham- L. Desaulniers. 1871-1875, L'hon. E. Gerin-Lajoie. 1875- 1878, Dr K. Lacertc. 1878-1881, F.-L. Dcsaulnie». 1881-1886, F.-L. Iksaulniers. 1886-1899, X.-L. Duplesai*. F.-L. Desai lmers Lett pi otonotaires a postai iqu es canadiens. (V, IV, 601.)— Encore doux noms à ajouter à la liste des Canadiens revêtus de la dignité de protonotaire apostolique : Mgr Joseph-Alfred Prévost, curé de la paroisse do Notre- Dame de Lourdes, à Fall River, Mass ; E.-U., ot Mgr E.-F. Murphy, recteur de la cathédrale Ste-Marie et .vicaire- géné- ral du diocèse do Halifax. P.G. R. Pierre Béilanl et ses /ifs. (V, VII, 638.)— Lorsqu'il mourut le 26 avril 1829, le juge Bédard laissait une veuve et quatre enfants : Pierre- Hospice, âgé de 32 ans, Elzéar, âgé de 30 ans, Isidore, âgé de 23 ans, et Zoël, de 17 ans. Pierre- Hospice est bien connu par sa lettre à M. Chaboil- ley relativement au gouvernement ecclésiastique de Montrai, laquelle parut à Trois-Riviéres, en 1823, sous forme de bro- chure de 40 pages. Il mourut aux Etats-Unis. Lorsque M. George- Manley Muir, ancien greffier de l'Assembléé législa- tive à Québec, se convertit au catholicismo, en 1819, à Wind- — 286 — sor, Ontario, ce lut IIosj i« eBédai d qui lui nervit de parrain à son baptême. A la mort de son père, Klzt'ar brillait déjà au barreau de Québec. Il fut nommé juge en février 1S3IÏ, et mourut à Montréal le 1er août 184!». Isidoro B/dard mourut à Taris le U avril LSXJ.alors qu il était député du Saguenay. C'était un jeune homme plein d'avenir, mais dont la carrière lut brisée par une maladie qui ne pardonne guère, la consomption pulmonaire. C'est l'auteur de la chanson bien tonnue Sol Canadien, terre chérie. Zoël. le plus jeune de la famille, occupa pendant vingt- deux ans la gardo du phare de la Pointe dos-Monts. Il mou- rut en avril 18t>7. Quant à madame liédard .elle mourut à Québec le 20 février 1831, à l'âge de 52 an*. Klle avait vécu dans une certaine ai- sance, grâce aux sages économies de sou mari qui lui avait laissé à sa mort une maison à Trois-Rivières, une terre à Xi- «olet, et le revenu qu'elle retirait de la vente de son ancien- ne résidence à Québec. Les enfants du juge 33édard purent se tirer eux-mêmes -d'embarras par leurs talents distingué», l e juge Klzéar a illustré le banc judiciaire par son intégrité et son caractère fortement trempé. 8a mort prématurée, ainsi que celle de son frère Isidore, a mis lin à des carrières qui, suivant les prévisions humaines, auraient fait honneur à leur famille. Aucun d'eux n'a laissé d'enfants pour perpétuer son nom. Quoi qu'il en soit, leur souvenir restera vivaco parmi nous, car chacun, suivant l'expression de M. Ktienno Parent, u a laissé un modèle pour un des âges dont se compose la vie pu- blique— jeunesse, âge mûr et vieillesse.'' X.-K DlONNR Digitized by.} ^ ^ QUESTIONS 650. — En 1789. sir Alexander MaeKenzie découvrait le fleuve qui porte son nom. Dans la relation do son voyage, Mackenzie nous donne les noms des braves et fidèle* serviteurs àl'énerg'e desquels il «lut d'avoir accompli cette dnngoreuse exploration. cph Landry, Pierre l>elorme et .rolm fStein- buck. Q »atre années p'us tanl, en 1793. sir Alexander Mac Ken - aie atteignait l'océan Pacifique après avoir, le premier par- mi les blancs, franchi les Montagnes Rocheuses. Parmi les Canadiens qui suivirent MadKenzic dans t^a seconde expédi- tion, doux avaient déjà lait le voyage à la mer du Nord en 1789, c'étaient Charles Doucette et .Joseph Landry ; les au- tres étaient François Heaulieu. François Comtois. Hupti«te Bisson et Jacques lieauchamp. N'y aurait-il pas moyen de savoir de quelles paroisses du Canada venaient ces voyageurs, les deux surtout qui prirent part aux deux expéditions ? Les noms de ces héros méritent bien, n'est co pas, de passer à la postérité. <î.-l>. 651. — "L'antagonisme de L'Angleterre et de la Franco est si frappant, que toutes h s nations s'en rendent compte. L'An- gleterre est le chat, disait le grand Frédéric, la Franco est le chien. En droit, dit le légiste Ilouard, les Anglais sont des juifs, les Français des chrétiens. Les sauvages même semblent 6entir vaguement cette profonde antithèse des deux grandes nations policées. Le Christ, disent les indieus de l'Amérique, était un français que les any lais erurt [fièrent à Londres. Pon- ce-Pilate était un officier au service de l' Angleterre." Ce dernier proverbe a-t-il cours chez les sauvages du Cana- da ? X. X. X. 652. — Le testament de Chumplain, dont j'entends parler si souvent, existe-t il encore ? A-t-il été publié ? Où ? Not. — 2SS _ »»"k) — N'y a l-il pas un < uré Navièi» s qi i a écrit des let- tres htr le Cai.ada.du t» ni}* des* Ki\.i»ca s '! Où me procurer <;et ouvr.tgc ? Bkaupké Iï54. — t^i.i e>t Justin Winsor. que je vu s» iter à tout propos dans K s t tudes d'biMoiic ean.dicui.e ? L.-.S );,*>."». —Les jeunes univ.s eatu.dh-i.rie> tout mai cher icura b,-bés i«eii.iaiiL le S.tiwtu* afin, di ent-cllcs, qu'il- aj.)) cu.ieut àmarch rplus tût. Cette coutume ou supposition, « m me vous voudrez.u-t elk- d'origine lVuiivai-c ou c.tnu tienne ? A. B. C. (i'yi't. — Où est mon Arnold, le eoinj a^non do Montgo- mery ? • Santa. G5T. — Je voudrais étudier le m. go de l^t.ébec de 1759. Vouliez d»nc m'ii.diquof les livns que je p nu rai» eon-ulter À pari les l>i>t«>iivr> de jr n beau frère. M. de Champlain, l'an- née lu' 18 ? XX. Oo'l. — J'ai vu, lorsque j'étais jeune, le pm trait du célèbre J>rLabrie, chez un M. ]>abiie. à Si -Charles do Bellechasse. C'était un beau portrait ù l'huile, de 18 à 20 pouces carré en- viron. On m'a dit que cv tut i'avooat Otu'siphore Labrie, de Percé, petit neveu du I>r Labrie, qui hérita do eo portrait. 4)ù est ceite peinture aujourd'hui ? X. X. X. Digitized by Google Digitized by BULLETIN DES RE C HE RC H E S H ISTORIQU E VOL. 5 OCTOBRE 1891) No. 10 S AI NT- M AT H I AS DE ROU VILLE Le 24 novembre 1739, M. Louis dormant, grand -vicaire du diocese do Québec, bénirait une chapelle en bois construite vers l'extrémité d'une pointe du bassin de < 'hambly, nom- ' mée alors Pointe Olivier, et que les eaux ont presque rongée depuis. Cette chapelle Ait placée sous l'invocation delà Conception de la sainte Vierge. En 1775, fut commencée la construction d'un presbytère en pierre dont le haut devait servir de chapelle. Lorsqu'il fut terminé en 1777, Ion démolit la chapelle construite en 1739. Cette deuxième chapelle fut placée sous la protection de saint Olivier, en l'honneur de Mgr Jean-Olivier Briand, alors évoque de Québec, qui on avait autorisé la construction. Le 15 juillet 1784. on bénissait la première pierre d'une nouvelle église, de 102 pieds de longueur sur 46 de largeur. En 1818,cette église fut réparée et allongée.C'est elle qui sert encore au culte. C'est en 1809 quo les registres paroissiaux commencent à remplacer le nom de Saint-Olivier ou Pointe-Olivier par ce- lui de Saint-Mathias. Nous ne connaissons pas la raison qui donna lieu à ce changement. Les curés deSaint-Mathias : MM. Pierre Picard,1777- 1798 ; Pierre Robitaille, 1798-1807 ; Amablo Prévost, 1807-18 IG ; Pierre Consigny, 1816-1832 ; Joseph Quevillon, 1832 ; Au- guste Tessier, 1832-1838 ; Louis-Barthélemy Brien, 1838- 1863 ; Isidore Hardy, 1863-1884 ; Joseph Gaboury, 1884- 1887 ; Joseph-Chrysostôme Blanchard, 1887-1893 ; J.-U. Radeau, curé actuel. Pierre-( Georges Roy uiyiiizeo by Google — 2)2 — QUÉBEC, DE 1(520 A 1632 C'était plutôt par gloriole qu'autrement que le duc de Montmorency avait accepté le titre d<; vice r >i de laXouvelîe- Franco, le 10 février 1U20 ; mais il se figurait peut-être aussi avec raison que le commerce des pelleterie-» lui rapporterait des revenus, puirqu'il av:it versé à son beau-frère, père du grand Coudé (alors au l creeau), la somme rondo de onze mille écus pour l'obtenir de lui. Champ'ain, eon lieutenant à Quélx c, continua de travailler seul, pour ainsi dire, car le duc, tout à son penchant pour la carrière des armes, et sans ©este mêlé aux intrigues de la politique, était plus souvent à cheval que dans son cabinet à lire les papiers de ta pré- tendue colonie. Vers 1624, il disait à qui voulait l'entendre que la charge de vice loi lui rompait la tétc, plus que les affaires importantes du royaume. En écoutant les récit* mal- heureusement t?i vrais do Cliamplain sur l'insignifiance de la dite colonie, il sentit s'évanouir le reste de son enthousiasme à l'égard du Saint-Laurent, et, le 15 février 1825, pasrès avoir bêché le sol. Tl n'y ava:t pas de chnrrue aux mains des colons, Marsolet, Ilortcl, Ni cole t, Le Tardif, les trois' Godcfroy étaient encore interprètes ou employés de la truite. Peut-être Couillard, Martin, Pivert, Desportes, Du- cheBnes cultivaient-ils, mais rien ne l'atteste, et tout nous fait supposer le contraire. La cause de l'agriculture a toujours été mal vue des corn- pagniesqut se succédèrent à Québec, do 160.8 à 1(527. Les premières tentativos de culture dans la Nouvelle France avaient eu lieu à la baie do Fundy, sur l'île Sainte-Croix (1004), et à Québec (16u8). Ces travaux ne dépassaient pas ceux d'un jardin potager ; leur objet n'était point de nourrir le« émigrés, mais de procurer à de Monts et à Cham plain des échantillons de ce que le nouveau foI pouvait produire. En 1613 et en 1015. Cbamplain, à Québec, agrandit cette petite exploitation. Louis Hébert, qui arriva en 1617, avait dû faire comme en Acadie.c'cst à dire attaquer la terre avec la bêche pour tâcher de la connaître. Il possédait un la- bourage en 1620, mais il n'avait pas les outils essentiels à ces sortes de travaux, puisque Cbamplain dit positivement que la veuve Hébert fit usage de lu charrue, pour la pre- mière fois, lo 26 avril 1628. Hébert était mort le 25 janvier 1627. On élevait des vaches et des moutons. Quant aux chevaux, il ne vinrent ici qu'en 1666. En 1625, sur l'invita- tion de Cham plain, quelques sauvages s'étaient mis à défri- cher et à semer du blé-Inde, H la Canardière, joli endroit englobé, quatre ans plus tard, dans les limites de la seigneu- rie de Notre- Dame-des- Anges, près Québec. — 297 — Le P. Charles Lallcmant, écrivant de Québec, lo 1er août 1626, dit : " Nous sommes si éloignes de la mer que nous no sommes visités pur les vaisseaux français qu'une ibis par année, et seulement par ceux qui en ont le droit, car cette navigation est interdito aux autres. Ce qui fuit que, si, par hasard, ces vaisseaux marchands périssaient, ou s'ils étaient pris par les pirates, nous ne pourrions compter que sur la Providence do Dieu pour pouvoir nous nourrir. Eu ettet, nous n'avons rien à attendre des sauvages qui ont à peino le strict nécessaire." L'un des capitaines qui visitèrent le poste de Québec en 1624 so nommait Charles Daniel, de Dioppe ; e'est proba- hlement sur son bord que Champlain et sa femme s embar- quèrent, le 15 août do cetto année, pour repasser en Frame. Les vaUseaux des capitaines Pontgravé et (iérard ou (iué- rard étaient alors à iliseou. Le sieur de la Raldo était resté à Miscou et a (Jaspé. Au commencement de bcptcmbre 1(524, il accompagna Cham- plain en France, ainsi que Pontgravé et lo pilote Cananée. Kmeric da Caen demeura à Québec l'hiver de 1024-25 en qualité de commandant. Cinquante et une personnes, tant hommes que femmes et enfants, composaient toute la popu- lation blanche du jwste. Kmeric retourna en Fiance, l'été de 1(525, avec t-on oncle Guillaume de Caen. Comme celui-ci était huguenot, il se vit refuser la direction de la Hotte du Canada, laquelle passa au sieur de la llalde, ayant Kme- ric de Caen sous ses ordres. La " Catherine," de cent cin- quante tonneaux,commandée par de la Iinlde, et la Flèque," do deux cents soixante tonneaux commandée par Kmeric de Caen ; u l'Alloucttc," de quatre-vingts tonneaux, apparte- nant aux Jésuites ; un bàtimont do deux cents tonneaux, un autre do deux cent vingt,mirent a ta voile à Dieppe,et arrivè- rent à Québec le 5 juillet 1626, ramenant Champlain avec Eustache Boulé, son beau-frère, et le sieur Destouches, assis- Digitized by Google — 298 — tant do Cham plain, qui retourna en France au bout d'un an. On est émerveille* aujourd'hui en attendant parlerdo pareilles coquilles de noix pour traverser l'Atlantique. Champlain rencontra (1626) des pêcheurs basques dont le naviro avait été brûlé par accident. De Caen et de la Ralde M'occupèrent du golfe, tandis que Champlain se rendait à Québec. Pontgravé avait commandé à Québec durant l'hiver 1625-26. On souffrait tellement du manque de provisions qu'- on avait envoyé une chaloupe à (îaspé pour en obtenir ; la plupart des hivernants voulaient abandonner Québec. Le P. Charles Lallomant écrivait le 1 or août 1626 : " Il n'y a que trois ou quatre familles (do sauvages) qui ont défriché doux ou trois arpents de terre, oft elles sèment du blé-d'Inde, et ce depuis peu. On m'a dit que c'était les PP. récollets qui lo leur avaient persuadé. Ce qui a été cultivé en ce lieu par les Français est peu de chose ; s'il y a dix-huit ou vingt arpents de terre, c'o«t tout le bout du monde." Le 2.r) aoftt li;2diu et de Leaearot — on changea de sentiment et de mé- thode. L'action devint commerciale et politique, c'est-à dire qu'elle se cacha. On ne la retrouve que dans le fait accompli ou dans los documonts d'Etat. Cela explique le silence dos littérateurs ; au XVI lo siècle, et trop souvent depuis, ou a — 300 — laissé en France, au gouvernement, au roi, le soin des choses d'Etat ; c'eût été crime, et un crime promptement puni, d'en raisonner." Jean Eodin, mort en 1500, et Lcscarbot, qui vivait encore vers 1630, ont en effet ouvert les yeux de leurs compatriotes sur l'avantage do s'emparer don pnj's nouvellement décou- verts ; mais les Français ne comprirent pas du tout la ma- nière de fonder des colonies ; ils so contentèrent d'un peu do trafic avec les sauvages. J .es dispositions quo montrait Richelieu à l'égard de? entre- prises coloniales furent bientôt connue*. Dans la seule année 1626, il lui fut adressé cinq mémoires ou lettres sur " le fait du commerce do la marine"; lui-même est l'auteur ou le pro- moteur d'un très grand nombre de contrats, lettres, rap- ports ot statistiques ayant le même objet. J>c ces documents, les plus intéressants sont le mémoire de Richelieu touchant la marine, et les mémoires que le chevalier de Rasilly et un anonyme adressent à Richelieu en 1626. Le premier a été public dans la collection des u Document Inédits de l'Histoire de France et il suffit d'un mot pour l'analyser. Richelieu y expose en substance qu'il est nécessaire que le roi relève sa puissance maritime, sans 'aquelle il ne fallait plus faire estast d'aucun trafh'eq," et qu'il est prêt à. consacrer 1.500,- 000 livres par an à l'entretien do u trente vais>eaux de guerre pour tenir les eûtes nettes." Le fait e*t quo les navires battant pavillon français ne pou- vaient guère s'éloigner de la vue des côtes de leur pays, tant les Kspagnols.lcs Hollandais et les Anglais leur donnaient la chasse. On voyait ju-qu'à des pirates algériens venir atta- quer dans le golfe Saint-Laurent les bâtiments pêcheurs qui avaient réussi à s'échapper à travers l'Atlantique pour se procurer de la morue a Terre-Xeuve ou au cap Breton. Sous l'influence bienfaisante de ce ministre, naquirent une dizaine de compagnies avec le dissein d'exploiter les pays Digitized by Google lointains et à y transporter le nom delà France : La Nacelle de saint Pierre, 1625 ; la compagnie du Morbihan, 1626 ; les Cent Associés, 1627 ; la compagnie des Ilesd'Amérique,1627 ; la compagnie do l'Ile SainUChristophe, 1635 ; la compagnie du Cap nord, 1638 ; la nouvelle compagnie de l'Ile Saint- Christophe, 1642 ; la compagnie de Madagascar, 1642. Pur malheur, un contrat sur le papior n'est pas finalement uhoso faite. La nature humaine n'est pas assez droite pour se conformer aux conditions inscrites dans un acte par de- vant notaire ou par devant le roi— il faut toujours que le bras de la justice menace les " honorables parties contractan- tes," car autrement celles-ci se gardent bien de remplir leurs obligations. Richelieu n'était pas a*-sez naïf pour ignorer cela, mais comme c'était Richelieu, c 'est-il dire un homme dont la tète était bourrée de plans et qui ne pouvait courir qu'au plus pressé, il ne tarda point à laisser les commerçants s'arranger à lour guise. Par là, lo champ fut ouvert sans restriction à la rapacité des marchanda qui s'appliquèrent à recueillir en Afrique ot en Amérique le plus de denrées commerciales, mais sans établir do colonies stables. Richoliou leur avait imposé l'obligation de créer des colonies, en retour du pri- vilège qu'il leur accordait de traiter avec les indigènes,mais il ne les surveilla nullement, et la moitié du contrat inter- venu entre eux resta lettre morte. J'admire les historiens qui énumèrent, comme je viens de le faire lesnoms des com- pagnies fondées par Richelieu et qui expriment lour admira- tion de tant de belles entreprises sorties du cerveau d'un seul homme ! Quand même cent hommes et davantage auraiont conçu de semblables projets, il importe peu ; l'essentiel est de sa- voir ce qui en est résulté, or les prétendues colonies de Riche- lieu n'ont produit momentanément quedosimplos comptoirs de traite, et bientôt après des banqueroutes sur toute la ligne. L'histoire doit tout dire, autrement ello n'est pas l'Histoire> — 302 — et dcviont une légende bonasse qui accepte tout sans riei> comprendre. Il va de soi que si le roi ou des individus veulent former une colonie, c'est parle moyen d'habitants ou de colons qu'ils y parviendront. Alors, il en coûtora de l'argent pour trans- porter éo. marchand de Rouen, qui fut le premier seigneur de Hie d'Orléans (en bois debout) près Québec ; Simon Lemaî- tre, marchand de Rouen, qui fut le premier soigneur de la côte de I.uuzon ; Adam Mannesalhonsie réunit les souscripteurs au château Saint- Louis, le 1er novembre 1827. 11 leur soumit les dessins du monument projeté ; dus au ta'ent du capitaine Young, du 70ème régiment. Il exprima l'opinion (pie le monumont de- vait être simple et à la portée d'une souscription limitée. Il annonça aussi que des souscriptions avaient été offertes de New- York- et qu'il les avait acceptées. Les dessins du capitaine Young furent agréés par l'assem- blée. Et dès le 15 novembre, avait lieu la cérémonie do la pose de la première pierre. Le site du monument n'était plus Digitized by Google la Place d'Armes, comme on l'avait d'abord proposé, mais 1» partie inférieure du jardin du gouverneur, c'est-à-dire ce qui constituait autrefois lo jardin de l'Ecole Xormalo Laval, avant la prolongation de la Terrasso. La cérémonie eut lieu avec grande pompe. Le 66èmo et le 7*Jème régiment faisaient la haie du pied des glacis jusqu'au château. Lus journaux du temps rapportent que lu grande logo des lranc-niacons,ayant à sa tête le grand-maître Claude Denéchaud — un Canadien, s'il vous plait — prit une part con- sidérable à la cérémonie. La comtesse de J)alhousie, accom- pagnée de l'honorable lady Hill, de l'honorable .Mme Core, de Mme JSewell et de plusieurs autres y assistaient. Le gou - verneur avait autour de lui le lordévêquedo Québec, le juge en chef, les membres du comité et une foule d'autres. Le chapelain des forces récita une prière, l'uis lord Dalhousie demanda à M. Hénéchaud, le grand-maître dos francs ma- çons, de procéder aux rites de son ordre. Après les simagrées maçonniques un incident plus touchant se produisit. M. James Thompson, un vétéran -de I armée de Wolfe, qui rigurait dans les rangs de l'armée victorieuse, le 1:5 septembre 1759, et qui en 1N27 était âgée de 95 ans, fut invité par le gouver- neur à donner, un coup de maillet sur la pierre. Cette évoca- tion vivante du passé, au milieu do la solennelle démoustra - tion, produisit une profonde impression. On a vu plus iiaut que le monument devait être érigé en premier lieu sur la Place d'Armes. Le choix subséquent du jardin du gouverneur, où se cultivaient alors, parait-il, cer- taines plantes potagères, ne plui pas au public canadien. Un écrivain malicieux adressa à la (iazettede Quéhcr cette com- munication épigrauimatique : u En voyant, ce matin, la cérémonie quia eu lieu à l'occa- sion du monument que l'on élève à Wolfe et Montcalm, j'ai songé comme suit : Si par une tigure do rhétorique Wolfe et Montcalm revenaient en ce monde, no diraient-ils pas : "Hé- — 308 — las, vanité des vanité ! nous espérions une place parmi lea héros, et l'on fait de nous, en Canada , des admirateurs de patates, des planteurs do choux, et des garde-légumes dans lu potager du gouverneur." Jadis, dans les combats balançant le destin, VoihV Montcalm et Wolfe priapcs d'un jardin. " A moi la médaille offorte." Cette malice eut du succès. On l'attribua généralement à M. Isidore Bédard, fils du premier juge Bédard, et frère de M. Elzéar Bédard, l'un dos lieutenants do Papineau, qui fut fut -plus tard juge aux Trois liivières. M. Tsidorc Bédard est l'auteur do chant patriotique : " Sol canadien, terre chérie." 11 fut élu député du comté de Sagucnay aux élections de 1830, et mourut en France au printemps de 1833. Cette boutade humoristique contribua sans doute au nou- veau changement de eite pour lequel ou se décida. En effet, après la cérémonio pompeuse «le la pose delà promière pier- re, il se trouva que, l'année suivante, en 1820, lo monument AVolfe- Montcalm fut érigée dans le jardin supérieur, qu'on appelle aujourd'hui u jardin du fort ", auquel il ost étonnant qu'on n'ait pas songé tout d'abord, tant il offrait d'avan- tages. Au commencement de septembre 1828,1e monument était terminé, et il fut inauguré le 8 de ce mois, le jour même du départ de lord halhousic. La médaille offerte par le comité avait été gagné par le Dr John-Charlton Fisher. L'inscription du Dr Fisher a fait l'admiration de tous les connaisseurs. Kilo résume avec force, élégance et concision l'idée- mère qui a inspiré l'érection de ce monument historique. Une autre inscription, qui so lit en arrière du monument, eut pour auteur le révérend Dr Mills, chapelain des troupes. En voici le texto : Digitized by Google 1 — 309 — " TTyusce Momemonti Tn Virorum Tllustrium Memoriam. WOLFE ET .MONTCALM. Fundaraentum P. C.Georgius Cornea do Dalhousie, In Septentrionalis Amerieao Partibus Sum m am reruin Administrons, Opus Per multos Annoa Prœtcr mi^sum, Quid Duci Egregio Convcnientius ? Aucto- ritate Promovens, F.xemplo Stimulans. MunificcntiaTeovens, A. D. MPCCCXXVIÏ. Ceorgio IV. Hrilanniurum Kege." Lu Dr John-Charltnn Fisher, l'auteur de la première ins- cription, continua à rédiger la dazette par autorité jusqu'en 1S31. A cette dale, les hommes au pouvoir lui demandèrent de supprimer res articles politiques, qui n'étaient plus en harmonie avec les principes du nouveau ministère anglais. Et son journal devint purement et simplement une Gazette officielle. M. Fisher rédigea ensuite le Mcrrnry. En 1841, il fonda un journal hebdomadaire, The Conservât ire. Il fut l'un des mem- bres les plus distingués de la Société Littéraire et Historique fjndéo en 1824.par lord Dalhousie.et dans laquelle il remplit tour à tour les fonctions do secrétaire, de trésorier et de pré- sident. Hfutaupai lo principal collaborateur de M. Alfrod Hawkins, dans la publication du beau volume si recherché des bibliophiles, intitulé Ph'tnresytw Québec Lo Dr Fisher mourut au mois d'août 1849, sur le steamer "Sarah Sands", ùbord duquol il revenait d'Angleterre à Qué- bec. Tunotcs Lé v is et tes tt rapett t un deses rét/iments. (V.IV, G08.) — Après sa glorieuse mais inutilo victoire de Suinte* Foyo, lorsqu'd vit quo la mère-patrie abandonnait la Nou- velle-France. Lévis se replia sur Montréal. Dans la nuit du G septembre, une assemblée fut tenue chez lo marquis de Vaudreuil. Los principaux officiers de l'armée étaient présents. Digitized by Google Amherst s'avançait avec une armée «le quinze mille hom- mes, Murray avait sous ses ordres quatro mille hommes ot l'armée du lac Champlain forte de dix raille hommes pou- vait se joindre à cos dix-neuf mille guerriers à quelques heu- res d'avis. A ces trente mille soldats, Levis pouvait opposer à peu près trois mille hommes, soit trois Français contre dix An- glais. Les provisions étaient épuisés, les munitions étaient i la veille de l'être. Les fortifications do Montréal étaient en ruine. La perspective, on l'avouera, n'était pas encoura- geante. Bigot lut un mémoire sur la situation de la colonie et soumit à rassemblée un projet de capitulation rédigé par lui. Tous pensèrent comme Bigot, qu'il était préférable d'ob- tenir une capitulation avantageuse que de faire une défense opiniâtre qui ne différerait que de quelques jours la perte do la colonie. Bougaiuville fut envoyé auprès île Amherst pour proposer une suspension d'armes d'un mois. Celui-ci refusa et donua six heures à Vaudreuil pour en venir à une détermination. On envoya à Amherst le projet de capitulation préparé par Bigot. Le premier article de ce projet se lisait comme suit : Vingt-quatre heures après la signature, le général an- glais fera prendre, par les troupes de .Sa Majesté Britanni- que, possession des portes de la ville do Montréal et la gar- nison anglaise ne pourra y entrer qu'après l'évacuation des troupes françaises", Amherst écrivit à la marge : •' Toute la garnison de Montréal doit mettre bas les armes et ne servira point pendant la présente guerre. *; Immédiatement après 'la signature de la présente, les troupes du roi prendront possession des portes et posteront les gardes nécessaires pour maintenir le bon ordre dans la ville". Digitized by Fresque tous les autres articles furent accordés. Cet article était humiliant. M. de Bougainville fut envoyé pour faire des représentations à Amherst,qui ne voulut rien entendre. Dans la nuit, on envoya M. do la Pause pour lui demander d'ajouter a. cet article " que l'arméo pourrait ser- vir en Europe ". Amherst demeura inflexible. C'est alors que M. de Lévis présenta le mémoire suivant à M. de Vaudreuil. " Aujourd'hui, S septembre. ,: M. le marquis de Vaudreuil. gouverneur-général de la Nouvelle- France, nous ayant communiqué les articles de la capitulation qu'il a proposée au général anglais pour la red- dition du Canada et les réponses a, ses lettres, et ayant lu dans les dites réponse;' que ce général exige pour dernière résolution que les troupes mettent bas les armes et no servi- ront point pendant tout, le cours do la présente guerre, nous avons cru devoir lui représenter, en notre nom et en celui des officiers principaux et autres, ties troupes de terre, que cet article de la capitulation ne pont être plus contraire au service du lîoi et à l'honneur de ses armes, puisqu'il prive l'état du service que pourroient lui rendre, pendant tout le cours de la présente guerre, huit bataillons de troupes do terre et deux de cello de la marine, lesquelles ont servi avec com rage et distinction, service dont l'Etat ne seroit pas privé si les troupes étoient prisonnières de guerre et même prises à discrétion. 4i En conséquence, nous demandons a M. de Vaudreuil, do rompre présentement tout pourparler avec le général an- glais et de se déterminer à la plus rigoureuse défense dont notre position actuelle puisse être susceptible. Nous occupons la ville de Montréal qui quoique très mauvaise et hors d'état de soutenir un siège, est à l'abri d'un coup de main et ne peut être prise sans canon. Il seroit inouï de se soumettre A des conditions si dures et humiliantes pour les troupe* sans être canon nés. — 312 — " D'ailleurs, il reste encore assez do munitions pour soute- nir un combat, si l'ennemi voulait nous attuquer l'épéo à la main, et pour en livrer un, si M. de Vaudreuil veut tenter la fortune, quoique avec dos forces extrêmement dispropor- tionnées et pou d'espoir de réussir. " Si M. le marquis de Vaudreuil, par des vues politiques, bc croit obligé de rendra présentement la colonie aux An- glais, nous lui demandons la liberté de nous retirer avec les troupes dans l'île StoHélèno, pour y soutenir en notre nom l'honneur des armes du Roi, résolus de nous expoaer à tou- tes sortes d'extrémités plutôt que de subir des conditions qui nous y paroissent si contraires. Je prie M. le marquis de Vaudreuil de mettre sa réponse pas écrit au bas du présent mémoire. (Signé) Le chevai.iek i»e lévis" M. de Vaudreuil répondit au mémoire du chevalier de Lé- vis par les lignes suivantes : *' Attendu que l'intérêt de la colonie ne nous permet pas de ref user les condition» proposées par le général anglais, les- quelles sont avantageuses au pay* dont le sort m'est confié, j'ordonne à M. le chevalier de Léviw de se conformer à la présente capitulation et faire mettre bas les armes aux troupes. A Montréal, le 8 septembre 17b'0. (Sign ?) •< V.Vl DREl il ". M. do Lévis, voulant épargner aux troupes une partie des humiliations qu'elles allaient subir, leur tit brûler leurs dra- peaux pour les soustraire à la condition de les remettre aux ennemis. On se domaiule souvent où les drapeaux des régiments français furent brûlés. Hubert Larue (Jfiftoirt 'populaire ointe Sainte-Croix." Les sources de renseignements ne sont pas in- diquées. Interrogé par M. 1I.-G. Malhiotsur la situation exacte du Cap à-1' Arbre, M. Laverdière répondit qu'en définitive il n'en était pas certain. Voyons ce qui peut nous éclairer là des- sus. Digitized. by C^^Ie Une fille do Michel Goron— Marie -Françoise — épousaenl68î) Robert Guy ou llouy dit Saint-Laurent, soldat do la compa- gnie de M. des Bergère*. A cette époque. Michel < îoron habitait ;I la seigneurie de l'Esehaillon," concédée depuis 1<>74 à M. Pierre de Saint- Ours ; deux lieues de front à commencer quatre arpents au- dessous do la petito rivière Duchesne. Cette rivière, le seul cours d'eau de la seigneurie de Deschaillons, traverse diago- nulement les terres et m* jette dan» le fleuve un peu au-des- sous du " Cap à la "Roche." La grande carte cadastrale (manuscrite) dont copie se voit à Ottawa, portant la date de NW-î-1709 indique parfai- tement le Platon situé au bas de la seigneurie voisine, celle de Deschaillons, qui commence trois lieues et demie, à peu près, plus haut que le Platon. Dès la deuxième terre de Deschaillons, on rencontre Mi- chel Goron ; à. la troisième il y a uno rivière ou gros ruis- seau sans nom, c'est la petite rivière Duchesno. Après cela, on compte six terres et l'on trouve celle de Robert Ouy. En remontant toujours, on passe quatorzo terres avant d'attein- dre la seigneurie de Levrard. En face de la terre de Robert Ouy, sur l'autre côté du Saint-Laurent, sont la troisième et quatrième terres du haut des Grondines. La liste des noms d'habitants que porte la carte, servira de complément à l'explication : La première terre est en blanc. Ensuite vionnent : Michel Goron, un blanc avec l'embouchure de la rivière, François Goron, J. Denovert, Mailloux, Peaudet. Bérubé, un blanc, Robert Ouy, D. Garon, Lebœuf, Ohesne, Masson, Maillou (Mailhot ? qui était parent de Goron), un blanc, Lebœuf, un blanc, Pineau (dit Laperle), Laverdure, un blanc, Pi- neau, Tousignan. Tousignan. Robert Ouy mourut en 1702. Son fils, Robert, avait épou- sé Marguerite Gariépy. Devenu veuf, il contracta un second — 316 — mariage avec Louise Pilottc, en 172JK A co propos, on le dé- signe comme habitant du " Cap-à l'Arbre, paroisse de Lot- binièro." N'oublions pas que la seigneurie de Dent-haillons était alors comprise dans la paroisse de Lotbinière ; elle était souvent appelée u le petit Suint-Ours." La terre des Ouys était donc au Cap a l'Arbre, ou un peu plus haut. Si on rapproche ce rcm-eigneniont de la carte cadastrale déjà citée et de la situation bien connue du cap à- la Roche ainsi nommé aujourd'hui, on so convaincra que le cap à l'Arbre et le cap à la Itoche sont un soul et même site. Bknjamin Su LTE JjCH An if lai s à Veschambault eu 1750. (V, II, 574.) — Peu de temps après la conquête du Canada par les Anglais, Iicschambault lut mis sous le coup d'un émoi msscz palpitant et qui no peut s'effacer de la mémoire de ceux qui en ont entendu le récit : " C'était en l'automne de 1759. Une frégate anglaise très bien équipée remontait le fleuve St Lament. Lorsqu'elle fût dans le lîk-helieuA-is à-vis do l'église.lo bruit du canun se fit entendra et uu énorme boulet frappa et traversa de part en part le mur de l'église près de la cou vert ure au moment mê- me ou le Saint-Sacriticc était célébré par Mr. Ménage premier curé de cette paroisse. Les assistants offrayés se précipitè- rent dehors et prirent la fuite vers les bois. En vain M. Mé. nage voulut les retenir : lui-même après la messe, croyant une descente des Anglais, enleva les vases sacrés ot alla se cacher dans la forêt afin de les soustraire aux outrages aux- quels pourraient se livrer ces nouveaux maîtres encore sous les coups de l'exaspération. Ces pauvres habitants très peu nombreux et sans armes aucunes,s'arrctèrent à l'arrière d un coteau qui se trouve àtrento arpents environ de l'église et du sommet duquel ils pouvaient observer la manœuvre de Digitized by^jj — 317 — 038 étrangère* s'ils mettaient pieds à terre, ce quite ne firent point à la grande satisfaction des gens." (1) A cette époque, l'on ne ne chicanait pas pour le< éco'es vu qne l'éducation dmnéo aux j»unis gins était ix- cluêivement militaire et consistait principalement dans le maniement des armes et autres exercices en rapport avec les combats. On voyait encore dans ces dernières années des restes de redoutes sur le cap Lauzon, près de l'église de Desehambault (en face du couvent), afin do les habituer à la prise d'assaut de ces sortes do forteresses ou à leur défen- se au cas où ils auraient ù s'y maintenir, ou si déloger l'en- nemi. Au même endroit on voit encore quelques uns de ces beaux pins sur le bord du cap, si biens connu des naviga- teurs ; il sont criblés des balles lancées par ces jeunes gens, futurs défenseurs de la patrie. Ils aimaient à se familiariser d'avance avec un métier qu'ils seraient tôt ou tard appe- lés à exercer. L. Saixt.-Amant L'exploit du capitaine Jiouehette(V, V[, 62t>.) —Jean- Baptiste Bouehctte commandait un brigantin sur le fleuve, l'automne de 1775, lorsque le gouverneur Carleton fut obligé de fuir de Montréal, qui était tombé au pouvoir des Américains. Bouchctte s'offrit pour le conduire à Qué- bec; en passant à travers les patrouilles de l'ennemi. La ca- pitulation avait eu lieu le 12 novembre, et le gouverneur (l) Je me rappelle fort bien avoir vu dans les murs de la vieille église de Desehambault le trou percé par le Ixiulet anglais. Je ne crois pas que le boulet soit tombe sur la terre de Jean Gruleau, aujourd'hui propriété de M. Z. Gignac, vu que cette terre est la seconde au nord-est de l'église et que son passage dans le mur n'indiquait pas cette direction. 4 tait monte" ù bord du biigantin de Bouchette, qui passait pour le premier manœuvrier du fleuve. On eut bientôt con- naissance que le colonel Eaton avait été détache* à la pour- suite, mais Bouchette n'était fas seul sur le fleuve ; il déguisa son bâtiment, tii a des bordées qui l'éloignèrent du côté de Luprnirie, et masqua si bien pon jeu que Katon fila vers Rcpcntigny, croyant être sur la bonne piste. Bouchette le suivit le 13, et arriva le 14 à Lavaltrie, où so trouvait le capitaine Bellet, lequel avait fait bastinguerea goélette et transportait Us poudres de 3Iontr/al dans ïes| oir de les li- vrer à (Québec. Bellet était un marin d'un courage et d'une adresse reconnus. Le vent souilla nord-est jusqu'au 16 in- clusivement, ce qui les empêcha de poursuivre leur route. La nuit du liîau 17. le gouverneur, déguisé en habitant, ainsi quo de Niverville ot de Lanaudière, se confia au capi- taino Bouchette et au sergent Boutillet ; tous cinq montè- rent dans une embarcation légère, ot, après sept ou huit alertes où ils se crurent pris chaquo fois, parvinrent aux Trois- Rivières à midi sonnant. Ils payèrent d'audace et se mirent à table dans une maison qui logeait des officiers amé- ricains, ensuite, sur les trois heures, ils se rembarquèrent sans que le gouverneur eut été reconnu. Ils arrivèrent à Québec le dimanche,20 novembre, après midi, et de «uite on organisa la défense. Dès le 14, Arnold, avec une aile de l'armée américaine, était campé sur les plaines d'Abraham. Bellet avec ses poudres passa à travers les flottilles ennemies et arriva sain et sauf au quai de la basse-ville. Bouchette fut nommé commandant sur le lac Ontario après la guerre, et servit avec autant de zèle que d'intelligence ; il mourut dans ce poste en 1802. Son fils Joseph fut le géographe dont i'os travaux n'ont pas été surpassés, môme en Europe. Benjamin Si ltk Digitized by Google — 319 — QUESTIONS 662. — Il existe au calendrier ecclésiastique une sainte Foye qui souffrit le martyre sous Dioctétien. La paroisse de Sainte- Foye, près Québec, a-t-olle pris son nom de cette sainte ou du célèbre sanctuaire de Xotre-Dame de-Foy en lielgique. Je penche raiB plutôt pour cette dernière hypothèse, car je sais que les Jésuites, missionnaires de la Nouvelle-France, eurent des relations avec let. desservants de Xotre-Dame de Foy. HoiBN. 663. — Pourquoi appelait on M. de Lévis, le héros do Suinte- Foye, " le chevalier de Lévis "? Ktait-il membre d'un ordre de chevalerie quelconque, ou, à eette époque, y avuit-il dan» l'armée française le grade de " chevalier ' ? 664. — Quelle est l'origine du proverbe : Xublcsse oblige ? XXX. 665. — Les Irlandais sont pourtant grands amis de la Fran- ce et des Français. Comment se fait il que l'ammonite ait été si grande à Québee et dans plusieurs autres villes de la pro- vince,entro les Canadiens- Français et les Irlandais établis au Canada ? Cki.te 666. — iSur la carte do l'arpenteur Xormandinon peut voir indiqué, à 189 milles au nord-ouest du lae Saint-Jean, l'éta- blissement d'un M. Peltier qui se dresse au milieu de la soli- tude et dont l'apparition l'ait naître toute espèce de sup- positions Je voudrais bien savoir qui était ce Pelletier ? Phé. 667. — Un sait que le cardinal Mcr.zofanti était d'une mé- moire prodigieuse. A l'âge de cinquante ans il savait près d'une cinquantaine de langues. Ce qui, paraît-il, était vrai- ment merveilleux c'était de le voir au milieu d'un cercle d'in- terlocuteurs de diverses nations passor instantanément d'une Digitized by Google — 320 — langue à l'autre sans jamais se tromper et en conservant le dialecte precis de chaquo dialecte. Je vois danS sa vie qu'un missionnaire canadien de ] assageà Itome lui apprit en quel- ques jours la langue algonquine. (Quelqu'un de vos lecteurs ne pourrait-il pas me donner le nom de ce missionnaire ? lîio. GG8. — Samuel Merivalc^crivant on 1759,rnppelle un curieux incident de la vie de Montcalm. La mort de Montcalm,dit- il, me dorme grand plaisir, parce que c'est lui, si je ne me trompe, qui tira sur le postillon qui le conduisait de Tavis- tock u Plymouth au commencement de la guerre. Il, échap- pa au châtiment qu'il méritait pour ce grand crime à cause te des supérieurs du séminaire de Québec depuis sa fondation jusqu'à nos jours ? Qi ÉB. 671. — "Rien n'est moins simple qu'un sauvage ", dit quel- que part Victor Hugo. " Les idiomes hurons, des botocudos et des chesapeacks sont des forêts de consonnes à travers les- quelles, à demi engloutis dans la vase des idées mal rendues, se traînent des mots immenses et hideux, comme rampaient les monstres antédiluviens sous les inextricables végétations .du monde primitif. Les algonquins traduisent ce mot si court, si simplo et si doux, France, par Mittvjouchiout'kendala- Jiiank" Je suis d'opinion que le grand écrivain s'est ici moqué de ses lecteurs. Qu'en pensent ceux qui sont familiers aveo Ja langue algonquine? Lecteib. Digitized by Google Digitized by Google KO, 1>E DE S.U»T-GBi»RUE8 DE I'ORT-DaMEL Digitized by GoogI BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL. 5 NOVEMBRE 1890 No. 11 SAINT-GEORGES DE PORT-DANIEL Cette paroisse a eu des commencements bien modestes, mais elle s'est développée a mesure que l'agriculture a fait des progrès. Avant 1858, ello a été desservie pur les anciens mission- naires, puis successivement par les curés de Saint Bonaven- ture et de Notre-Dame do Paspébiae ; mais au mois d'octo- bre de la même année, M. Tli.-E. Beuulieu venait y résider avec la charge de la paroisse de Saint- Dominiquo de New- port, dans le comté de Gaspé. Malheureusement, le défaut de santé obligea ce zélé pasteur à quitter ce poste, sans met- tre à exécution les projets conçus j>our son développement. En 1865, M. Narcis*e Lévc-que dit Lafrance fut chargé de cette paroisse, et, pendant dix-neul ans, il s'occupa de ces pauvre» pêcheurs, dont il conquit l'est imo par son dévoue- ment qui n'est pas oublié. L'église actuelle fut bâiie parses soins et c'est avec regret qu'on le vit partir pour Matane. Le progrès est devenu plus sensible sous la direction de M.Aug.Gagnon,qui succéda M.Lév» sqno dit Lafrance. Choi- si par son évêque. à laison des nombreux travaux devenus nécessaires, il se dévoua corps et âme à ses paroissiens. Il assura l'éducation de la jeunesse en construisant des écoles dans tous les quartiers où il en était besoin. ( Test ainsi que leur nombre s'accrut de trois à dix, pour le même territoire. Grâce aux démarches et aux instances du même curé, l'on vit apparaître un bon quai, des moulins à scie et à farine, une tannerie, des boutiques de forge et de charron, etc. etc. Des marchands vinrent des provinces maritimes pour faire concurrence aux maisons jerseyaises dans le commerce du poisson, et il s'établit une aisance générale où avaient régné la gêne et la misère. M. Gagnon vient d'être appelé à la cure de Saint-Paul do la Croix. C'est M. L.-J. S. Sirois qui le remplace à Port- Daniel. R. QUEBEC, DE 1620 À 1632 (Suite et fin) Les circonstances connues du moment, et peut-être d'au " très encore, expliquent l'abstention de» gens du Midi,car M. Deschamps observe que deux systèmes de commerce divi- saient alors le royaume : au nord, protection ; au midi, libre échange. La compagnie des Cent- Associés était visiblement une création protectionniste, ot ne devait pas trop plaire aux commerçants de Marseille, par exemple, qui demandaient " qu'on tienne la main à ce que les étrangers soient bien trai- tés.'' En d'autres termes, les Marseillais demandaient com- merce ouvert n'importe où, tandis que les C-ent- Associés s'ar* rangeaient pour se procurer un monopole au Canada et ne devaient guère s'entendre avec eux. Le cardinal de Richelieu et le maréchal d'Effiat devinrent les chefs do la compagnie des Cent-Associés ; mais Razilly. Champlain, l'abbé de la Madeleine, M. de Lauzon en furent tout d'abord, et jusqu'à 1630, les véritables têtes et les ins- truments actifs. Dans sa relation do lb'27, Clmmpiain ne fait pa» la moindre allutflon aux Cent- Associés. Il est vrai que la compagnie ne se proposait de commencer ses opérations- dans la Nouvelle-France qu'en lo'US, et, en attendant, le» sieurs de Cat n étaient encore regardés comme les principaux officiers de l'ancien ordre de choses. La nouvelle du changement dans les affaires du Canada trouva Champlain occupé à régler une qucrullc survenue entre les tauvagos. Les Iroquois, voulant tirer vengeance d'une nation appelée les Loups ou Mahingans (les Mohicans de Fenimore Cooper) avaient massacré plusieurs de ceux-ci r sans épargner cinq Hollandais d'Orange (Albany) qui trafi- quaient dans ces endroits. L'hiver de 16"2G'-27, un cor tail* nombre d'Algonquins des bords du Saint-Laurent, s'étant rencontrés avec les Loups, promirent à ces derniers de les» seconder dans la guerre qu'ils allaient entreprendre contre les Iroquois. Chatnplain déploya toute son adresse pour con- jurer l'orage, car les Iroquois no devaient pas manquer de porter leurs armes j^qu'à Québec, si les sauvages amis des Français allaient les attaquer chez eux. Malgré les précau- tions qu'il prit, la guerre mentirait d'éclater sur toute la ligne, lorsque les navires anglais ee montrèrent sur le fleuve, en 1628. Emeric de Caon, revenu do France le 30 mai 1627, avait assisté aux assemblées des sauvages au sujet de laquerolle des Loups et des Iroquois. Au mois d'octobre suivant, il fai- sait la pêcho à la baleine dans le bas du fleuve. En ce moment Québec était très mal approvisionné. " Je m'étonnais, dit Cbamplain, comme l'on nous laissait en des nécessités si grandes, et en attribuait-on les défauts à la prise d'un petit vaifseau par les Anglais qui venaient de Biseayc... Nous demeurâmes cinquante-cinq personnes (hiver 1027-28), tant hommes que femmes et enfants, sans comprendre les habi- tants da pays, les cauvages. Sur ces cinquante-cinq person- nes, il n'y avait que dix-huit ouvriers, et il en fallait plus do la moitié pour accommoder l'habitation du cap Tour- mente, faucher et faire le foin pour le bétail pendant l'été et l'automne." Cot état do gêne allait en s'aggravant,ctà.la fin de juin 1628 les secours do Franco n'étaient pas encore arrivés. De Caenj évincé des affaires du Canada, avait eu la prévoyauced'om- portor de Québec les barques, voiles et cordages dont Cham- plain eût pu tirer parti pour aller au-devant des navires de Franco ; il avait fait plus dans sa trahison, car c'en était une : il avait donné avis aux Anglais de la 'détresse de la colonie. Le siège de la Rochelle durait toujours. Cette guerre ser- vait de prétexte à un marchand dépité pour se venger d'a- voir perdu le commerce du Canada. Pour son moyen, les huguenots trouvaient à satisfaire leur haine contre l'établis- sèment de Québec, qu'ils avaient constamment vu d'un mau- vairt œil.et qu'ils voulaient ruinerparle fer et le feu, puisque l'occasion s'en présentait. Ce qui devait arrivèrent lieu sans retard. Les frères Louis, Thomas et Duvid Kertk conduisirent dan-» le Saint-Laurent (lb'28 ) dix-huit vaisseaux jx>ur se saisir de tout ce que les Français y possédaient. Au mois de juillet ils commencèrent à capturer les bâtiments français dans le golfe. Tout fut détruit à Tadoussac : meubles, maisons, barques, etc. La guerre entre les deux couronnes excusait tout. Les Kertk tenaient du roi d'Angleterre une commission en règle pour s emparer, s'ils le pouvaient, du golfe et du fleuve .Saint-Lau- rent. Le bénéfice du commerce était leur mobile. Ils firent une fortune dans cotte entreprise, qui eut au commencement des allures mystérieuses, car ces marchands, devenus mili- taires pour leurs besoins, ne paraissent pas avoir été connus cumme naviguant vers le Canada avec des projets hostiles. CVnt douze navires de Saint-Malo, ne se doutant do rien, mirent à la voile pour aller pêcher la moruo sur les côtes de Terre Neuve. On peut s'imaginer ce que les Kertk, armés en guerre ot avec do nombreux vaisseaux, recueillirent de butin sur ces pauvres gens ! IiO désastre de Tadoussac ne devait pas être le dernier. Les Kertk approchèrent de Québec. La fermo du cap Tour- mente, où l'on employait huit ou dixhommes, fut brûlée par eux avec quarante ou cinquante têtes de bétail renfermées dan* lesétables. Koucher, qui avait la surveillance de ce lieu, y fut fort maltraité. Nicolas Pivert, ilarguorite Lesage sa femme, leur niècoet un homme furent amenés captifs. David Kertk envoya sommer Champlain de remettre lo fort, mais la courageuse réponse qu'il en reçut le détermina a atten- dro quelque temps. Pou après, Thierry Desdames, arrivant à Québec malgré tous les obstacles, apporta une commission .du roi pour Champlain et annonça que le sieur do Itoque- r - 327 — • mont s'avançait avec les premiers navires des Cent- Associés L'espoir fut de courte durée. Louis Kertk rencontra Roque- mont dans le voisinage de Tadouseae, et, après une lutte* acharnée qui dura plus do quatorze heures, l'enleva. Le- frère Sagard dit qu'il y fut tiré plus do douze cents volées do canon. Néanmoins, Québec ne tomba pas cetto année au; pouvoir de l'ennemi. Le prise de la Koehcllc eut lieu le 28 octobre 1628. L'hiver de 1628-29 fut très dur à Québec, Mme veuve Hé- bert avait quelques provisions qu'elle partagea avec les récol- lets. On comptuit réunies soixante-seize personnes, parmi* lesquelles vingt Français ot un missionnaire rovenus du pays des llurons. Le printemps arrivé, tout ce monde se jeta dans la forêt pour y vivre de racines. Champlain ot les chefs de familles parlaient do se réfugier chez les sauvages. Pont- gravé, souffrant de la goutte, songeait à partir pour (.Jaspé, mais il changea d'avis. D'autres montèrent sur une cha- loupe ot se dirigèrent du côté du golfe. Ceci avait lieu au commencement de l'été do 1629. La paix entre la France et l'Angleterre avait été signée a Suze le 24 avril : on n'en savait rion sur le Saint Laurent. Deux bâtiments do la compagnie des Cent- Associés rirent voile de Dieppe le 22 avril pour Québec, en même temps que deux navires sous les ordres du capitaine Charles Daniel. Trois autres expéditions eurent lieu, le même printemps, pour la Nouvelle-France, savoir : l une dirigée par un capitaine du nom do Joubort, aux gagos des Cent-Associés. La seconde préparéo par les Jésuites et portant les PP. Charles Lalle- mantjAlexandre Godcfroy de Vieuxpontet Philibert Xoyiotj ce navire fut capturé avec quatre autres appartenant aux Cent-Associés. Le troisième convoi était équipé par les de Caon, devenus employés des CentA-ssociés, mais avec des conditions spéciales. Un nommé Jacques Michel, huguenot, de Dieppe, servait de guide aux Anglais. A l'île Percée, il captura un navire Digitized by Google basque, pois se rendit à Tadoussnc, d'où sa présente fut signalée à Champlain. Il y avait à Québec un jeune inter- prète de nationalité grecque ; on l'envoya à Tadous-sae pren- dre connaissance de co qui s'était pns«é. En môme temps, le gros des navires des Kertk s'avança comme pour tout em- porter jusqu'à Québec, après avoir pris quelques bâtiments basques. Le golfe n'était plus qu'un vaste champ de rapines. Enfin, le 20 juillet, les Anglais parurent devant Québec, qui se rendit à Louis Kertk. Il n'y avait pas de nouvelles de la conclusion de h* paix. Kertk comprit qu'il serait sage de ne pas alarmer les f.i milles établies, et il leur fit entendre dès l'abord qu'elles ne seraient aucunement inquiétées. Cham- plain, jugeant que tout espoir n'était pas encore p'rdu pour la colonie, conseilla aux habitant* de demeurer jusqu'à plus ample information, et. en attendant, de faire la récolto des grains, puis do s'en tenir à leurs ressources particulières au- tant que possible, avis aw-si prudent que patriotique, et qui fut suivi à la lettre. " Us me remercièrent, raconte-t il.espé- rant nous revoir la prochaine année, avec l'aide do Dieu." Champlain s'embarqua lo 24 sur le navire de Thomas Kertk, pour se rendre, prisonnier, en Angleterre. Parle travers de la Malbaie, du côté du nord, on aperçut le vais- seau d'Emeric de Caen, qui tâchait de gagner lo vent pour échapper, mais Kertk le serra de si près qu'il dut engager le combat et fut pris. Do Caën, aussitôt sur le pont de Kertk, remit à Champlain des lottros annonçant des vivres et des renforts d'hommes, et dit qu'il croyait la paix conclue entre les deux couronnes. Plus loin, à la rade do Tadoussac, se présentèrent Louis Kerth et Jacques Michel, qui comman- daient cinq vaisseaux de trois à quatre cents tonneaux, de plus de cent vingt hommes chacun. Kustachc Boullé, beau- frère de Champlain, était prisonnier en cet endroit. Celui-ci avait vu, aux environs do Gaspé, le capitaine Joubertsur un navire de soixante-dix tonneaux destiné à ravitailler Québec, — 329 — et qui lui avait dit qu'il croyait bien la paix faite, puisque les Français n'avaient plus la permission d'attaquer les An- glais. Il ajoutait que des navires, notamment ceux du capi- taine Daniel, étaient en route pour le Saint-Lauront. Lo fondateur de Québec passa douze jours à Tadoussac. chassant avec Kertk, et tuant plus de vingt mille pièces de gibier. Ensuito, il lut conduit en Angleterre, non sans avoir appris en route qu'il y avait des vaisseaux français près de Gaspé, et que c'étaient ceux qu'il avait vainement attendus & Québec. Voici, d'après mes reeherckes,!a liste des Français demeu- rés à Québec durant l'occupation do Kerth : Des vingt per- sonnes du texo masculin dont la présence est constatée, dans l'intervalle de IMS à lo'2S, cinq repassèrent en Franco, mais devaient revenir ; ce sont : Samuel Champlain, Olivier le Tardif, Thierry Desdames, Jean-Paul Godefroy et Robert Giffard. Hébert et Jonciuubt étaient décédés. Les treize qui restaient au Canada étaient : Nicolas Marsolct, interprète non encore marié ; Etienne Brûlé, interprète et célibataire ; Guillaume Couillard, artisan et cultivateur, Guillemette Ilé- bort, ta femme et leurs enfants : Anne, Eustacho, Margue- rite, Hélène ; Nicolas Pivert, Marguerite Lesage, sa femme, avec leur nièce et un jeune homme ; Pierre Desportes, Fran- çoise Langlois, sa femme et leur rille Hélène ; Jacques Iler- tel, interprète resté chez les sauvages, non encore marié ; Jean Nicolet, interprète resté chez les Algonquin» de l'Ot- tawa, non encore marié ; Adrien Duchesne, chirurgien, et sa femme de nom inconnu ; Jean Godefroy, interprète re*té chez les sauvages, non encore marié ; Thomas Godefroy, interprète et célibataire ; Guillaume Jlubou, cultivateur, marié à Marie Itollet, veuve de Louis Hébert, et un enfant : Guillaume Hébert ; François Marguerie, interprète resté chez les sauvagos et non encore marié. En tout, trente-et- une personnes. Digitized by Google Ceux qui restaient dans le pays formaient déjà depuis quelques années la partie stable de la population. Il est donc faux de dire que le Canada fut abandonné de 6*8 habitants. D'autres Français, qui ne devaient pas fairo souche ici, con- tinuèrent à y résider sous les Kertk. Ce sont : Gros- Jean, de Dieppe, interprète des Algonquins, ami des Anglais ; Le Baillif, natif d'Amiens, arrivé en 1G22, eu qualité de sous- commis et chassé par do Caen " pour être grandement vicieux " ; il se donna aux Kertk, qui en firent leur commis et lui confièrent les clefs du magasin des Français qu'il avait eu la précaution de se faire remettre, afin de se venger de de Cuen. On l'accuse d'avoir enlevé à Corncille.sous-eornmis, cent livres en or et on argent, outre certains efiets ; c'est lui, dit-on, qui s'empara des vases sacrés de l'église de Qué- bec ; les Anglais finirent par s'indigner de sa conduite scan- daleuse. Le Haillif maltraita tant qu'il le put les ramilles qui n'avaient point voulu repasser en France. "Pierre Reye ou Raye, charron, natif de Paris, qualifié par Charaplain do " ronégat, perfide, traître et méchant," pas-*a (-gaiement au s-rvice des Kertk. t'n nommé Jacques Couillard, sieur do l'Kpinay, capturé par Thomas Kertk, comme il arrivait de France, fut conduit à, Québec, Deux hommes, l'un appelé LeCocq. charpentier, et l'autre Froidemouehe. envoyés delà Malbaie à Québec par Fmeric de Caen. se firent prendre par les Anglais de Québec, qui les gardèrent pour les faire tra- vailler. Sur un navire de Roquemont, le sieur Le Faucheur, bourgeois de Paris, qui se rendait à Québec avec sa famille, fut pris, et probablement renvoyé en Europe. Celui ci peut être regardé comme le premier co'on que tenta do nous envoj-er la compagnie des Cent- Associés. Dans l'automne de 1C30, on reçut à Paris des nouvelles de •Québec par deux Français qui avaient pa?sé par Londres. L'un était charpentier et l'autre laboureur. ' Ils nous dirent, raconte Champlain, qu'il était mort quarante Anglais, de — 331 — nouante qu'ils étaient, de pauvreté et misère durant l'hiver, et autros qui avaient été assez malade», n'ayant fait bâtir ni défricher aucune terre... et étaient restés quelque» septante Anglais." C'cst-à dire que, sur quatre vingt-dix Anglais, il en était mort quarante le premier hiver, et que dans l'été de 1630, il en était arrivé vingt. Je ne sais à quelle date les gens de Québec apprirent la signature de la paix. Le 27 octobre lu'2î), Champlain écrivit de Douvres à M. Jean do Lauzon, en France, lui racontant ce qui s'était passé et combien lés Anglais étaient embarrassés de ce que la cap- ture de Québec eût eu lieu après la signature de la paix. Lorsqu il eut passé quelque temps à Londres, il en repartit pour la France, avec la permission de M. de Châteauneuf, l'ambassadeur de Louis XII l, ayant obtenu parole que le fort et l'habitation de Québec seraient restitués par l'Angleterre. C'est le eau de dire ici, comme dans les procès verbaux de nos chambres d'assemblées : " Et des débats s'en suivirent,'' car tout ce qui était arrangé se trouva dérangé. M. de Châ- teauneuf lut rappelé incontinent et remplacé par M. de Fon- tenay -Mareutl. Dans I hiver do lb"2!»-30, le docteur André Daniel, frère aîné du capitaine Charles Daniel, alla négocier à Londres, avec l'aide du nouvel ambassadeur, pour obtenir la reddition du Canada et régler l'allaire de lord Stuart, sei- gneur écossais, capturé par Charles Daniel, au Cap Breton, . sans ttavoir quo Charles 1 tenait en réserve une carte de .son jeu qui transformerait à un moment donné toute la situa- lion, lu diplomate habile peut encore gagner beaucoup, mémo lorsqu'il est battu. Des vaisseaux devaient partir do Dieppe, le 20 février 1G30, pour le golfe Saint- Laurent. Le 7 avril, ordre était donné de mettre six navires sous voiles dans six semaines, et do les diriger vers le Canada, savoir : l'un commandé par le chevalier do Mout igny, amiral de cette flotte, et les autres par le chevalier do Saint-Clair (ou Montclair) le siour de Digitized by Google — 332 - Neat do Fecamp, lo sieur do Lombards, le capitaino Daniel ot le capitaine Arnaud. Je ne sais ce qui résulta de ces pré- paratifs ; mains en l'année 1630 il n'est fait mention que de deux navires français qui parvinrent en Acadie. Les Bas- ques et les autres bâtiments pêcheurs qui, de temps immé- morial, fréquentaient les eaux du golfe sans trop s'occuper dos luttes entre les couronne'», continuaient leurs opérations en dépit dos Anglais. Kichelieu, créé premier ministre on 1G20, n'eut pas plutôt écrasé le parti protestant à la Jtochelle,qu'il tourna les armes de la Franco vers l'extérieur, en affermissant lo due de Xe- vers dans les importantes positions de Mantoue et de Monl- ferrat (1830) ; puis, absorbé par la politique intérieure du royaume, il triomphait do nouveau de ses ennemis person- nels à la ''journée dos dupes," le 11 novembre 1630. forçant (iaston d'Orléans et Marie de Médicls t\ quitter la France. Etait-ce bien le moment de lui rappeler le Canada ? Ce qui est certain, c'est qu'il n'y pensa plus jamais autant qu'autre- fois, depuis l'heure où il embrassa l'Europe dans ses projets. Louis XIV a fuit la même chose en 1673. D'une part, la compagnie des Cent As-oc'és avait à cœur do se refaire de ses pertes d'argent ; Champlain appuyait dans ce sens, afin d'entreprendre le travail de la colonisation, qui était le grand but de sa vie ; Richelieu était ensfogé . d'honneur à ne point laisser jeter an panier le traité deSuze, si explicite X l'endroit des pri.-es faites après le 24 avril 1029. D'un autre côté, le sentiment hostile aux colonies, dont le ministre de Henri IV, Sully, avait été l'expression en son temps existait toujours ; on discutait en France, en l'année 1630, pour savoir s'il fuillait garder le Canada, tout comme au commencement de notre siècle le peuple anglais se posait la question de soutenir ses établissements lointains ou deles abandonner. De Caen demandait que les Anglais lui ren- dissent les pelleteries qu'ils avaient enlevées à la faveur des — 333 — troubles et de la prise de Québec. Se croyant bien certain -du prompt retour de cette place à la France, et voulant en finir avec les réclamations de ce marchand, Richelieu per- mit à de Caen d'exploiter le golfe et le fleuve durant une année, ce que les Anglais empêchèrent, comme on le verra. Les Kortk faisaient un commerce profitable, et 8e mon- traient disposés à tenir bon dans leurs postes, même à résis- ter aux ordres de se retirer, s'il leur en venait de la cour de Londres. Charles I reprochait à la France l'attaque du capi- taine.Daniel contra lord Stuart, au cap Breton en 1029, ot voyant Richelieu fort occupé en Europe, feignit de ne pas vouloir céder un pouce de terrain ni un ballot de marchan- dises. Ainsi s'écoula l'année 1630. Attendant toujours la lettre écrite qui devait leur rendre le Saint-Laurent, les Cent-Ansociés se décidèrent néanmoins à faire acte d'occupation. Le 25 mars 1631, le capitaine llubert Anselme partit de Dieppe en destination de Tadous- tsac, et relâcha à Miscou pour éviter les Anglais, car il venait d'apprendre de quelle manière il serait reçu par eux dans le flouvo. Il n? paraît pas avoir dépassé Miscou. Au mois d'a- vril, le capitaine Laurent Forchaud mit à la voile, de Bor- deaux, et cingla vera l'Acadie, où il retourna trois fois dans le cours de cette année, ravitaillant chaque fois le pDste français du cap Sable, y transportant des colons et des religieux. Ce fut le feul succès des Cent-Associés en 1631. *** Le capitaino Daniel avait pris la mer le 26 avril pour so rendre à Sainte-Anne du cap Breton. Arrivé près de Ter- re Neuve, il eut connaissance d'uu pirate turc et voulut lui dmner la chasse ; mais celui ci, ne se voyant pas do force à risister, vira de bord et alla se jeter sur un bâtiment bas- que, où il perdit son drapeau, qui était tombé par dessus bord, sans toutefois se faire prendre lui-même. Daniel sarrê- Digitized by Google — 334 — ta à Sainte-Anne et envoya Michel Gallois a la traite dv? Miscou sur son propre navire. Gallois rencontra dans ce» parages un frère du capitaine Duinay, qui montait une bar- que de trente cinq tonneaux seulement, équipée au Havre* de-Grâce. Tous deux s'entendirent pour imiter les Busqué* qui exploitaient les pêcheries *ans l'autorisation des Cent- A*soeiés, et ils mirent d'abord la maiu sur le capitaine Joan- nis Arnandel, de Saint-Jean de-Luz dans lo golfe de Bis- caye ; mais les Basques revenant sur eux les forcèrent de prendre la fuite, tandis que le captif s'évadait on plonge nt dans la mer, d'où ses gens le retirèrent en peu de temp*. Kmoric de Caen était parti de Dieppe sur un navire appar- tenant à son oncle Guillaume. A (Québec, les Anglais lui défendirent de trafiquer en dehors des mois d'hiver ; il reprit le chemin de la France. Tandis que ces événements avaient lieu au Canada, Char- les I écrivait de Greenwich à sir Isaac Wake, .son ambassa- deur près la cour de France, une dépêche en date du 12 juin lu'31, qui expo;>e, il me semble, tous les côtés et aspects delà situation entre les deux pouvoirs, et surtout cette curicuso affaire de non payement d'une partie de la dot de Henriette- Marie, sœur de Louis XIII, mariée eu lb'^5 à Charles]. Celui-ci s'explique nettement : payez la dot, ou point de (Québec ni de Fort-Koyal ! On y voit aussi plus d'un point qu'il est à propos do connaître au sujet des navires capturés on 1621». Cette curieuse pièce (original en français) a été mise au jour en 1884 par M. Douglass Brymner, archiviste du gouvernement canadien. La voici en «on entier : " Par vos différentes dépêches au vicomte DorchesUr, depuis que vous C-tes arrivé à votre lieu de résidence en cette cour (do France), nous avons particulièrement remarqué les retards qu'on vous a fait éprouver en vous présentant d'a- bord au roi et à ses principaux ministros, ainsi que les ma- nières et le langage dont on s'ost servi a votre égard, lors de Digitized by Google — 335 — rot l-o première audience. Et de même que nous no pouvons nous empêcher d'être surpris que vous n'ayez pas été admis plus tôt en la présence du roi, sur vos instances n'itérées, et après la sollicitation d'uno audience faite par d'Angier, ainsi d'un autre côté, nous estimons avoir lieu suffisamment d'être satisfaits do la réparation qui vous a été faite par la décla- ration si significative d'amitié fraternelle et la déclaration d'un ferme pro pas d'entretenir exactement avec nous des relations amicales, qui vous ont été faites de lu Louche même An roi. Quant au bon accueil dont vous avez été l'objet de Ja part de quelques uns des ministres de ce roi et à la réservo que d'autres ont observée avec vous, au sujet du cardinal de Richelieu, vous avez bien l'ait de vous conformer à vos ins- tructions, et pour le reste nous devons vous laisser agir avec eux à votre discrétion. Et, comme nous voyons par votre conduite que vous n'êtes pas novice dans les ambassades ; ainsi, nous n'avons pas besoin de vous donner de nouvelles instructions sur les égards à avoir pour ceux avec qui vous aeez à négocier en cette cour, si ce n'est de continuer comme vous avez bien commencé, en eo qui regarde le cérémonial de votre emploi. Cette dépêche vous en apprendra la partie essentielle, qui est de mettre fin à tous les différends entre les deux couronnes, et d'établir les bases d'une plus ferme amitié que celle des années dernières ; ce n'est pas là une œuvre nouvelle ; il ne s'agit, en réalité, que de renouveler d'anciennes alliances, on mettant d'accord les faits avec les promesses. C'est ce quo comportait l'objet principal, et le premier article même du dernier traité, conclu il y a deux ans, après une rupture malheureuse ; et ce qu'il embrassait ou ce qu'on pouvait prétendre en vertu de ce traité a été I onctuellement exécuté de notre part: sauf seulement ce qui exigeait dans le temps, et ce qui exige nécessairement n no exécution mutuelle. Nous avons, conformément au trait iS (comme vous le verrez spécifié au troisième article). ♦ Digitized by Google 1 * — 336 — admis une modification dans la mai son de notre digne épouse*, en augmentant le nombre des ecclésiastiques attachés à sa personne, comme on l'a jugé convenable, de gré à gré ; et' nous avons fait à cette nation (française) diverses restitu- tions de navires avec leurs chargements d'une grande valeur, sans avoir lien de ce genre, attendu que la remise en était exigée de nous par droit d'arrêt ou de représailles. La même satisfaction ne nous a pas été donnée, non plus qu'à nos sujets, sous ce double rapport ; car, bien que le troisième article déjà mentionné requière expressément la confirmation de tous les articles et stipulations de notre contrat de ma- riage, on exceptant que la particularité relative à la maison de notre chère épouse, objet d'une clause particulière dans ce dernier traité, et que la dot soit clairement stipulée, et quant au moutant, et quant à l'époque du paiement précisé dans ces articles et conventions matrimoniales, et que pro- messe de paiement nous ait été souvent faite en conséquence, spécialement par M. de Châteauneuf, maintenant garde des sceaux, lorsqu'il était ici en ambassade; cependant, la moitié n'en est pas encore payée, et non seulement trois riches brai- ments appartenant à nos sujets, capturés et gardés sans- aucune raison légitime, ni même l'ombre d'un prétexte, sont encore retenus, malgré des demandes réitérées de restitution, mais aussi il a été pratiqué dans ce pays (en France) diverses saisies de draps et de tis>us fabriqués en notre royaume, en contradiction directe avec les stipulations et' le traité. Le* paiement de la balance de la dot a été depuis promis de reehef, à nous de même aux personnes que nous avons em- ployées dans cette cour, et par les ministres de ce roi et par l'ambassadeur de Franco résidant auprès de nous. Nous ne pouvons accorder plus de délai pour ce paiement, et nous l'avons en conséquence joint aux autres conditions d'une entière et parfaite réconciliation. L'ambassadeur français, jiersistaut oncore dans sa promesse de paiement, désire néan~ moins quo les affaires ou question soient séparées, en se fai- sant un point d'honneur d'être tenu par un nouveau traité de payer la dette déjà reconnue par uno convention anté- rieure, ce à quoi nous avons consenti volontiers, parce qu'une formalité ne doit pas interrompre les négociations— mais commo nous sommes plus particulièrement tenu en honneur de faire prudemment des conventions qui, si elles n'ont pas été exécutées auparavant dans l'ordre des temps, devraient l'être au moins simultanément ot effectivement avec des choses d'une grande imj>ortance qu'où nous demande d'ac- complir, nous no pouvons nullement consentir à les séparer de façon que l'une pourrait être prescrite et accomplie tans l'autre. Ce que nous entendons principalement devoir êtro employé pour amener le paiement de la balance de la dot.cst la reddition de Québec, eu Canada, ville pri^e en vertu d'une commission donnée sous notre grand sceau, pendant la der- nière guerre, par une compagnie de sujets do notre royaume d'Angleterre, et l'évacuation de Port Jioyal, situé près de la Nouvelle- Anglete ire, et où une compagnie de nos sujets de notre royaume d'Kco.-se était fixée et établie en venu de la même commission, sous le sceau de notre royaume, égale- ment donnée pendant la guerre — pour donner suite à une autre antérieurement accordée par le roi notre père d'heu- reuse mémoire. Il est vrai qu'une de ces villes a été prise et que l'établissement s'est effectué dans l'autre après la paix, et pour cette considération (afin d'accommoder tous les diffé- rends), nous avons formellement consenti, et nous persistons dans notre dessin ot résolution,que rune,c'cst-à dire Québec, soit rendue, et que ceux de no» sujets qui sont établis dans l'autre s'en retirent, en les laissant toutes deux dans le même état où elles étaient avant la conclusion de la paix : co que nous ne faisons point par ignorance, comme si nous ne com- prenions point ;V combien peu nous oblige tous ce rapport le dernier traité (le septième article de ce traité, relatif aux — 338 — restitutions, ne mentionne que les navires qui étaient alors à l'étranger avec des lettres de marquo), mais par affection et par débir de plaire à notre I on frère le roi do France dans tout ce qui peut nous être amicalement et raisonnablement bien que non justement et légitimement demandé. Et on peut établir à bon droit cette distinction entre los demandes faites réciproquement et eo que nous demandons, savoir : le paiement de la balance de la dot ; la restitution de certains bâtiments pris et gardés sans même le moindre prétexte, et la main levée des saisies pratiquées dans ce royaume contre nos sujets, contrairement au traité — tout cela est de droit légitime ; tandis que eo que l'on nous demande au suj*t des susdites localités, au Canada et autres lieux, et de quelques navires de cette nation, qui n'ont pas encore été rendus.mais . ont été condamnés a la confiscation par notre haute cour d'amirauté, pour des raisons valables en justice, ne sauraient être accordés que par courtoisie et duns l'intérêt d'une entente cordiale. Après vous avoir ainsi exposé complètement l'état de la question en général, je vous réfère pour les détails aux pièces échangées entre l'ambassadeur do France et colles de nos lords commissaires qui étaient chargés de cette affaire, ainsi qu'à Philippe Burlîimaehy, que nous vous envoyons exprès avec les mémoires et les pouvoirs qu'il vous présen- tera. Tjos mémoires se rapportent aux bâtiments, aux mar- chandises et autres choses propres à vous donner une con- naissance complète de tous les détails en ce qui regarde une restitution mutuelle ; et, à cet égard, nous vous laissons la latitude de concéder, plus ou moins, selon que vous lo jugerez à propos, pour la conclusion d'un accord satisfaisant. Les pouvoirs eon-istent, pour la part de M. Bnrlamachy, à rece- voir le reste de la dot qui nous est dû. soit en argent ou en une bonne et valable procuration, de nature à le satisfaire ; ot pour notre part, à rendre Québec et à, évacuer Port-Roj-al; ■ce pourquoi Philippe Burlamavhy vous livrera certaines Digitized by Google pièces convenables pour cette fin. Notre plaisir est que vous- les remettiez à ce roi. ou à tel membre de son coifteil qu'il nommera lorsque Burlamaehy aura reçu l'argent ou le* assignations susdites, et qu'il vous aura été donné satisfac- tion quant aux autres détails plus haut spécifiés ; mais en cas do refus ou de délai relativement au paiement ou à la remise de bonnes garanties (ce dont Burlamaehy est tenu responsable envers nous), vous devrez alors les retenir et les lui remettre, car, dans cette éventualité, il ne devra pas rester plus longtemps a attendre la liu de sa mission. Quant à la balance de la dot, il reste une chose à régler : c'est la déduction que nous faisons des sommes que uous avions autre- fois allouées aux personnes de la maison de notre ehère épouse qui sont retournées en France, déduction à laquelle nous acquiesçons volontiers. Un autre point reste aussi à résoudre touchant l'obligation imposée à nos sujets de se retirer du Canada et autres lieux— c'est que révocation soit faite de tous les actes publiés en France contre tous ceux qui ont été engagés dans cette entreprise, particulièrement con- tre les trois frères Kirk, uin*i que nous l avons autrefois demandé au sujet du baron de Latour et de son his, avec les- quels sir AVilliam Alexander avait traité, ce qui fut jugé raisonnable par les ministres do ce roi, et ce sur quoi il faut encore insister. Il y a un règlement pour la liberté du com- merce, négocié et formulé par écrit, entre nos commissaires et le garde des sceaux de ce royaume, quand il était ambas- sadeur extraordinaire ici, et comme l'ambassadeur de France résidant aujourd'hui en notre cour demande que ce règle- ment soit ratifié et sanctionné, nous y donnons volontiers notre assentiment, principalement parce qu'il donne vigueur et activité au traité antérieurement conclu entre les deux couronnes ; et tant pour cotte affaire particulière (à cet ettet, nous ordonnons qu'il vous soit remis une copie du règleraeut) que pour les autres affaires dont vous êtes actuellement — 340 — chargé, nous vous donnons uno ample comminsion sous notre grand sceau, dons la forme usitée en pareils eau." L'année 1632 s'ouvrit sans règlement do comptes. Il fal- lut attendre au 2fl mars pour voir signer le traité dit de Saint-Germain -en -Lave, qui fit cesser ton ten les difficultés. Le 13 juillet, Thomas Kertk rendit Québec à Kmeric de Oaen, et partit emportant une riche cargaison de fourru- res ; les années 11329-32 lui avaient procuré des pommer énor- mes. Les de Caén conservaient leur droit de traite pour l'année 1632. Les Cent Associés envoyaient quelques colons ou plutôt ce fut le médecin Robert Gittard qui recruta sept ou huit familles ] orchemnnos et les établit à Beauport. L'année suivante (1633) Champlain arriva de France : c'était le commencement réel du régime des Ont- Associés. Malheureusement, des circonstances multiples entravèrent son action. Les guerres que soutenait continuellement la France ; un penchant nouveau chez les arm iteurs à se por- ter vers l'Amérique Centrale ; la mort do Champlain (1635) et les guerres des Iroquois qui suivirent bientôt— tout se conjura pour paralyser le développement du Canada. A Tort-Koval, en A radie, même chose j lîa/.illy n'eut pas assez de secours ni assez de temps à sa disposition pour exé- cuter l'œuvre qu'il avait rêvée ; il mourut,lui aussi (1636) en laissant de petits groupes français isolés, les uns des autres, végétant, peu rasurés et nullement aidés dans leurs entre- prises. Ils so maintinrent néanmoins dans ces vastes con- trées, et comme los Canadiens, posèrent, avec patience et longueur de temps, îes assises d'une colonie française dont Colbert comprît la valeuren 1663 mais que Louis XIV trans- forma do nouveau en pays de traite dix ans plus tard. Benjamin Sultk Digitized REPONSES La " Ménagerie îles pauvres. 99 (IIJX.239.)— En mars 1718, dit-on, Pierre Choret, natif de Charlosbourg, éuûf contremaître, de. la ménagerie des pauvres, proche de Montréal. Dans le Dirtionnaire historique de V ancienne langue fran- çaise do La Corne de Saint-Palaye. au mot ménagerie, on lit : " Administration d'une maison : Fignanz de faire la mé- nagerie du roy, ils ne firent autro chose qu'une ménagerie pour eux, etc." Les Dames de l' Hôtel-Dieu do Montréal qui administraient I • bien des pauvres, se sem aient du root ménagerie pour juin 1721, chanoine du chapitre de Québec, en remplacement de l'eu messire le chanoine Piorre Picart, et en même temps il rec;ut ses lettres de vicaire-général et alla résider à Terrebonne, seigneurie qu'il avait acquise l'an- née précédente. 11 remit son canonicat en 172'J, parce qu'il ne pouvait assister régulièrement aux assemblées du chapi- tre, et fut remplacé la mémo année par mesure Boulanger. 11 mourut à Tcrreboiine,cotmue autrefois sous le nom de Les- bois, le 1er décembre 17b"2, à l'âge de soixante-douze ans, après avoir donné six arpents de terre et une somme consi- dérable d'argent pour la construction de l'église do Saint- Louis de Terrebonne. Il lut inhumé dans celte église. Mgr Hriand, dans une lettre pastorale en date du 1er sep- tembre 17îSl, adressée aux habitants de Itimouski, parle eu ces termes de la piété du chanoine Lepage et de ses trois sœurs qui s'étaient vouées au Seigneur : " L^rsquen 1741 je suis arrivé au Canada, on ne parlait que de la pieté et de la religion des seigneurs et des habi- tants de itimouski. En effet, il en est sorti un prêtre distin- gué par son esprit et par ses vertus, et plusieurs religieuses ferventes que j'ai connues et conduites, il y avait encore un certain herinite dont ou publiait avec édification les mé- rites. ' Les sœurs religieuses de l'abbé Lepage étaient Mario Ma- deleiue, me en lu'UU, à file d'Orléans, religieuse hospitalière ; Jieine, née en 17U3, au Cap Saint Ignace, religieuse ursuline à Quebec, dite sœur Saint Stanislas ; Marie Agnès, née en 17Un', à liimouski, dite sœur Saint liarnabé, de la eongré- gation Notre Dame à Montréal. Mgr. Chaules Ci l ay \m/ Qpoole — 343 — L'incendie du théâtre Saint-Zonis. (V. VI, ■625.)— Vers 1830. les officiera dos Cold Stream Guards, en garnison à Québec, avaient obtenu la pormis^ion de trans- îonner en salle de theatre l'étage supérieur d'un manège qui faisait partie des dépendances du château Suint-Louis et situé sur la pente recouverte do pelouse qui regarde le bureau de p> »ste. • -L"3 1- j nin 184f>, une foule compacte était réunie dans le théâtre Saint- Louis— c'est ainsi qu'on nommait le manège — pour voir défiler sur la toile les vues du diorama d'un nom- mé Harrison, de Hamilton, Ontario. Sur les dix heures, au moment où l'exhibition des dioramas se terminait et que les spectateurs commençaient à dénier pour sortir, les « ris de au feu ! au feu ! se firent entendre. Une lampe à huile camphrée s'était détachée du plafond et était tombé sur la scène communiquant le feu aux décors. Alors, hommes, fern mes, enfants se précipitèrent au bas de l'escalier pour sortir par la seule issue connue, une porte excessivement étroiie. Les premiers, poussés violemment, furent écrasés sous la pression de ceux qui les suivaient, et tous se trouvè- rent accumulés en masse compacte, les uns sur les autres, sans qu'il fut pos»ihle à aucun d'eux de sortir ou do reculer. Plusieurs infortunés, dans ce moment suprême, voyant que tout secours humain était impossible et n'espérant plus que dans la miséricorde divine, crièrent a M. O'Keilly .vicai- re à la cathédrale, dont \U entendaient la voix : " Donnez- nous l'absolution. " Le ministre do Dieu leva alors la main pour bénir et absoudre. Plus de cinquante personnes périrent ainsi dans les flam- inoa, parmi lesquelles Flavien Sauvageau, tils du maître de l'orchestre canadien ; Stuart Scott, greffier do la Tour d'Ap- pel, et sa fille ; Thos. Hamilton,lieutenant au 14e régiment ; J.-J. Sims, apothicaire, son fils et sa tille : J. li. Véxina,mar- chand ; Henriette Glackrneyer, épouse de M. Molt, organiste de la cathédrale, et ses deux fils ; Marie-Louise Lavallée, épouse de R. McDonald, rédacteur du Canadien, et sa fille, madame Rigobert Angers, etc., etc. L'honorable juge Plamondon. de Arthabaskaville, était parmi les spectateurs du diorama Harrison et il ne sauva très difficilement. C'est probablement le seul témoin survi- vunt de cette horrible catastrophe. H. L'abbé Philippe Jeun Lotiitt JJesJui'tlhif*. (V, VI, 627.) — Ancien chanoine de Bayeux, puis doyen de la collégiale de Meung et vicaire-général de révoque d'Orléai s. M. Desjardins avait été forcé, parla Involution, de chercher un asile en Angleterre, où il arriva en 17t>2. Il y connut lo célèbre Kdmomt Hurke, qui 8*iritércs*ait beaucoup au sort des prêtres français, et qui s'était lié avec l évéquo de Saint- I\>1 de-Léon.dnpensateur des dons de la générosité anglaise. Ces deux hommes avaient pro|K>sé au gouvernement d'en- voyer au Canada quelques personne*, pour examiner s il serait possible d'y trouver des asiles pour les ecclésiastiques et laïques français qui atlluaient a lore en Angleterre. Le projet fut accueilli avec faveur par le ministère, et MM. Desjardins, Cazel et Raimbault se chargèrent d'aller recon- naître, sur les lieux, les chances de .succès ; ils étaient accom- pagnés par un canadien, M. de La Corne, chevalier de Saint- Louis. De Xew-Vork, où ils débarquaient, le S février 1793. ils se rendirent parterre au Canada. Les évoques et le clergé les reçurent de la manière la plus obligeante. M. Desjar- dins s'occupa de recueillir les renseignements nécessaires pour l'objet de sa minion, et vkita le Haut-Canada, où un certain nombre d'émigrés désiraient s'établir. L'année sui- vante, plusieurs prêtres le rejoignirent et parmi eux se trou- vait son jeune frère, M. Desplantes. Successivement grand vicaire des évêques Hubert et Denaut, M. Do^jardins se lia d'uno étroite amitié avec M, digitized by Google PlessH, alors curé de Québec. Sa nanté chancelante l'obli- goa, en 1802, de retourner en France, où il emporta avec lui les regrots des nombreux amis qu'il s'était attachés par ses belles qualités et par le charme de sa convocation. Au Canada, il avait t u a south ir des mauvais procédés d'un lieu- tenant-gouverneur,qui le traita assez mal ; après son retour en Franco, il eut à subir de plus rudoa épreuves, car il de- vint l'objet des soupçons do l'empereur. Nommé en 1806 curé des Mis-ions- Kti ancres, à Paris, il prit son domicile au séminaire du même nom. A Québec, il avait eu des rap- ports avec le duc de Kent, qui lui adressa à Paris quelquos lettres dictées par la bienveillanuo ; c'en fut assez pour le faire soupçonner do déloyauté pnr Napoléon. Au moisd'octo- bre 1810, il fut «aiwi par la police et transféré à Vineennes ; on le relégua ensuite à Kevestrelle, puis à Cam piano et onfin à Verceil. Durant quatre ans il subit un exil non mérité,au préjudice de ses a flaires, de sa santé, do son ministère, et ne rentra en France qu'après la chute do l'empire. Pendant cette longue persécution, l'abbé Desjardins dut r >mpre toute communication à l'extérieur ; mais, après son élargissement, il reprit sa correspondance avec ses amis du Canada, et surtout avec Mgr Pleads, et la continua toujours ensuite fort régulièrement. M. Desjardins refusa, en 1817, l'évêché de lilois, et, en 1823, celui de Chûlons-f-ur- Marne. En 1819, le cardinal do Périgord, archevêque de Paris, le nomma grand vicaire et archidiacre dcSrinte-Genevièye, et lui donna un logement à l'archevêché. Lors du pillage de l'archevêché, en 1831, il perdit sa bibliothèque, ses tableaux, ses meubles et tout co qu'il possédait d'argent. Il était alors à ConflanB, d'où il s'éeimppa avec Mgr de Quéleu, archevê- que de Paris. L'abbé Desjardins mourut lo 18 octobre 1833. C'est à lui que le Canada doit un grand nombre de beaux iableaux, qu'il fit vendre dans le pays, à un prix si modiquo que plusieurs fabriques de la campagne en achetèrent pour remplacer dos toile» de peu de valeur. Ce» tableaux, enle- vés pendant la révolution aux monastère», aux couvents,aux église», avaient été entassé» dans un grenier, d'où on le» tira au commencement de l'empire pour les vendre à l'encan. Désireux d'enrichir le Canada de quelques bonnes toiles, M. Desjardin» le» acheta et les envoya à sou f'rère,alor» chapelain de l'Hôtel- Dieu de Québec. Jusqu'à *a mort il fut le pro- tecteur et l'ami de» jeunes Canadiens qui allaient étudiera Paris. L'abbé J.-B.-A. Feri.and Benedict Arnold, (V. IX, 656.)— Le traître Arnold est mort à Londre8,Angleterre.le 14 juin 18U1, comblé d'hon- neur» et de richesse» par le gouvernement anglais, mais mé- prisé par tou» le» honuête» gen». F.-J. An»ET Les père» de la Confédération. (V, VII 1, 643.) — Il exihle un tableau de 33 pouces par 19 au ba» duquel je lis The Fathers of Confederation. Ce tableau semble être une photographie de la Conférence «éance tenante dans l'ancien palais législatif de Québec. Sir Pascal Taché préside, Sir George» Cartier estassisà sa droite, Sir J.-A. Macdonald est debout, papier en mains, dan» la pose d'un homme qui adres- se la parole, Sir Hector L. Langevin est assis du côté opj>o»é de la table, ayant devant lui de large» feuilles de papier, dans. l'attitude d'un homme prêt à écrire, l'ilon. (ieorge Brown est prè» de lui en face de Sir Pascal Taché, etc. Les trois grandes fenêtres de la sallo, donnant sur le fleuve en remontant, laissent voir en belle lumière, la largeur de co fleuve et ses deux rives à perte de vue*. Tous les portraits sont d'une ressemblance parfaite. Une miniature de ce tableau e«t collée en marge, chaque tête portant un numéro correspondant à la liste des nome- — 347 — •publiée audessous. Je les copie dans l'ordre des numéros, .et je souligne les noms des survivanls. 1. Major Bernard ; 2. W.-Il. Steeve ; 3. K Whelnn ; 4. W.-A. Henry ; 5. C. Fisher ; 6. J.-H. Gray ; Cl) 7. E. Palmer; 8. G. Cole ; F.-B.-l. Carier ; 10. J.-C.Chapais ; 11. S.-K. Tilley ; 12. A. Shea ; 13. K.- B. Chandler ; 14. A. Campbell ; 15. A. -G. Archibald ; 1(5. H.-L. Lunyevin : IT. J.-A. Macdonald ; 18. G.-E. Cartier : ID. E.-P. Taché ; 20. George Brown ; 21. T.-H. llaviland ; 22. A.T. Gait; 23. P. Mitchef ; 24. < ). Mowat ; 25. J. Cokburn ; 26. R.- B. Dickey ; 27. C. Tapper ; 28. J.- II. Gray; 20. W.-H. Pope ; 30. W..McJ)oue de Montréal, deux autres dans la cathédrale de Québec- et le cinquième dans réglée des Trois- Rivières. A Québec, c'e#>t M. de Pourlamaque qui porta u la cathé- drale les deux drapeaux pris à Chouaguen. On a conservé le compliment délité par M. de Hourlamaque en et tte occasion et la réjx nse que lui fit M. (iodefroy de Tonnancournu nom du chapitie de Québec : " Monsieur, rous vous | résentons, de la part.de M. le mar- quis de Yaudreuil, ce« drapeaux pris à Chouaguen sur les en nemis du loi. Il ks dépose en cette église, comme un mo- nument de mi piété et de j-a reconnait-sance envers le Seigneur qui bénit la justice, de nos arnu s et protège visiblement cette eolonie." " Mtssicurs,répondit M. de Tonnancour,ces monuments de votre courage et en même temps de la protection divine que vous apportez dans cette église de la part de M. le marquis de Vaudreuil, sont certainement une offrande agréable aux yeux du Tout -Puissant. Il est le Dieu des armées ; c'est lui qui a donné la force à vos bras ; c'est à lui que le chef qui voue a conduit doit cette intelligence et ces ressources avec lesquelles il a confondu les ennemis de la justice et de la paix. Le seignour recevra sans doute avec bonté les actions de grâce que ses mini "très vont lui rendre de concert avec les guerriers défendeurs de la patrie. Demandons-lui de nous continuer des secours si nécessaires; demandons lui la paix après la victoire et qu'il couronne ses bienfaits par la durée d'un gouvernement avec lequel la colonie n'adressera jamais à Dieu que des actions de grâce." Nous croyons qu'aucun de ces drapeaux n'a été préservé jusqu'à nos jours. P.-G.R Digitized by QUESTIONS 672. — L'honorable Elie Thibaudeau qui fut membre du cabinet BrownDorion était-il allié à feu l'honorable Isidore Thibaudeau et aux honorables sénateurs Rosaire et Alfred Thibaudeau ? lito. 673. — Dans les papiers d'Etat concernant le Bas-Canada, conservés aux Archives Coloniales, en Angleterre, à la date du 3 avril 1828, se trouve un curieux mémoire signé par- une demoiselle Agnes Thompson ou Dowell. Elle prétend que son père était au siège de Québec, qu'il est devenu inva- lide et qu'on l'a déchargé en lui donnant 51 acres de torresr connues sous le nom de Plaines d'Abraham. Il mourut ajoute-t-elie, à son arrivée en Irlande et la terre est rotour née à la Couronne. A-t on quelque trace de cette concession dune grande partie des Plaines d'Abraham au soldat JDawell ? Clr. 674. — Tonty, l'italien qui inventa le système tontine, était- il parent du chevalier de Tonty qui s'illustra au Canada sous le régime français ? Ito. 675. — Cadot ou Cadau, le héros du Drapeau fantôme de notre poète lauréat Fréchette a-t-il réellement existé ? Incréd. 676. — Je vois dans le Drysdale Guide to Montréal que le nom de Place d'Armes appliqué à une place publique de Montréal a été donné par Montgomery en 1775. J'étais sous l'improssion que la Place d'Armes était connue sous ce nom' bien avant 1775. Place d'Armes n'est-il pae un composé qui, en France, sert à désigner toutes les places où les sol- dats font l'exercice ? Solo. — 352 — «>77. — Co qui suit, extrait du Journal des Goncourt (vol. II, p. 8), u'et»t pas très récent mais est peut-être nouveau pour quelques uns de vos lecteur*) : Il ajoute (Flaubert) qu'un de ses grand'pères a épousé une lemme au Canada. I! y a effectivement parfois chez Flaubert du sang de Peau- Rouge avec t-es violences." Pour les Goncourt t omme pour la grande majorité des écrivains français une femme canadienne ne pouvait être autre chose qu'une Iroquoise. Je serais curieux de savoir le nom de la cana Henné qui devint l'épouse du grand'père de Flaubert. Wm. Mc. e plue, ce detail dénote une? expérience approfondie de» besoins de la colonie, des déci- sions à prendre pour *a prospérité, comme ausèi de la sage conduite à tenir parmi les difficultés. 11 avait donc lait se» preuves d'habilité pendaut un bon nombre d'années avant la formation du conseil. Jusqu'à ce nouveau conseil, le pays était£dirigé par les gouverneurs de Québec et de Montréal, formant un conseil composé de leur» lieutenants et du supé- rieur des Jésuites. (Garneau 1 — 17o\) M. de Villeray était un de ces lieutenants cl laisuit partie de ce premier cousell,c'est pourquoi l'ordonnance signalant su nomination au nouveau conseil le désigne comme " lieuieuant-particulier en la juri- diction do Québec." Des difficultés s'élevèrent au sujet de ce nouveau conseil dès le début de son exercise, et, pour des raisons que nous ne pouvons étudier ici M. de Mésy jugea à propos d en suspen- dre la majorité. Par là, suivant M. Garneau (1 — 201) le gouverneur avait violé l'édit royal, " car, s'il ne pouvait nommer les conseillers sans le concours de l évêque, il no pouvait non plus les suspendre sans son assentiment." M. do Villeray l'ut un des conseillers suspendus par le gouverneur. Il avait été coupable, aux yeux de ce dernier, de s'être rangé du côté de l'évéquo et d'avoir suivi se* opi- nions. Ce n'est certes pas un mauvais trait dam la vie du personnage qui nous occupe ; et si Garneau déploro l'influ- ence prépondérante et le pouvoir absolu de Mgr de Laval,c'est dû aux opinions personnelles de l'historien ; il est facile d'ex- pliquer la chose par les mœurs du temps. Quoiqu'il en soit, M. de Mésy fit embarquer pour l'Kuropc MM. Bourdon et ■de Viileray. Il ne d«»ntuit pas que cette décision d'autorité privée t ..urnera t évi lemment contre lui, ie qui implique ii'ie ab-enco de jugement et donne une pauvre idée de son talent d'udm nitration. Comment pouvait-il penser que la vou! d - Louis XIV consacrerait m manière d'agir on Ha- gran.o contradic tion avec l'ordonnance royale ? Aus-i M. de Vi i- r.iy. chargé de fiiire valoir la caus- des conseillers mis au r but. n'eut aucun* difficulté à. obtenir pleine et entière -ati.>f:i. t on. M. de Mésy fut rappel*' en France et remplacé p r M. Daniel Kémi, seigneur de Cou réelles. M. do Viller»y cont inua i exercer s« -s fonction-* de conseiller jusqu'à la fin de sa vie avec la plus cons'ante régularité. Il suffi i pour s'en convaincre de parcourir les volumineuses décisions du Con*eil Souverain. V » potit-fils du premier conseiller, objet de cette étude, piub J/ement le filkul de Frontenac, prit généreusement la' déf us - des Acadîc-iM en 1755, au fort des (lasperaux. Mais «on eoamge fut inutilo puisqu'il n'avait que vingt-cinq honv m'ir à son service. Un autre descendant repassa les mers lors du t ailé de Paris en 17b"3. " La Franc >, dit Garneau (II — 35.V . en voyant débarquer sur ses bords ces emigrants qui ne pouvaient se séparer d'elle, fut touchée de ce dévouement. Kile !e> favorisa, elle les accu- illit dans les administrations." Ces quelques notes établissent suffisamment l'intégrité de 1 ho .ntur de Louis Kouer,sieur do Viileray, et puisque toute sa v.o a été consacrée à l'admin'stration primitive, je puis dire, de la Nouvelle Franco, on ne pouvait moins faire de sortir oie l'oubli le nom do ce conseiller exemplaire, digne de servir de modèle aux conseillers présents et futurs de la mu- n cipalité do Viileray. Charles P. Reauwkx, Ptre. — 359 — NOS JURONS POPULAIRES Les jurons los plus en vogue dans lu province de Québec parleur ressemblance aux jurons populaires do la vieille- France, accusent, t-olon moi, pour la plupart, une commune origine. Bon nombre do ceB termes évidemment font naître une idée peu resjtcctucuso du «lint nom do Dieu et de ses- attributs divins. Un antiquaire français, homme instruit, M. Lorédan Lar- chey, combat cette doctrine dans une docte et fort curieuse dissertation : ce manque de rospoct pour la Divinité, pré- tend-il, n'existe pas en réalité, attendu que do bons cro- yants se servent sans scrupule, journellement, do ces terme» condamnables. Le ciel, aflirme-t-il, est chaque jour pris à témoin pour attester des incidents qui causent surprime ou indignation. Il nous e»t aussi donné do vérifier cette assertion, en Ca- nada. Qui n'a entendu les exclamations " Bonté Divine ! Oh ! mon Dieu ! ' employées par des personnes fort pieuses. Et nous n'en pensons pas plus de mal de ceux qui le* profè- rent. Le temps fut pour les militaires français et anglais de juier à tout propos et hors do propos, sacrer comme dit le peuple : c'était de bon ton. Un spirituel écrivain a dit que God Dam était le fonds de la langue anglaise, et lo vicomte de Parny a composé un poème en quatre chants portant ce titre profane Les troupiers anglais, au rapport d'un annaliste, se distin- guèrent par leurs jurons affreux, en Flandres" Swore dread- fully in Flanders," certes, il y avait de quoi à les faire sa- crer et tempêter pendant cette humiliante campagne, de mê- me que Cambronne, à la tête de ses vieilles moustaches, se répandait en jurons à Waterloo, à la suite des incidents de. oette malencontreuse journée. Digitized by Google — 360 — Nous avons en Canada des jurons émouvante, indigènes f ont-ils dea équivalente en France ? C'est co que nous n'avons pu vérifier. Nos hardis voyageurs des pays d'en haut nous ont légué entre autre» le pittoresque explétif : Tors mon âme au bout d'un piquet ! Je n'ai jamais pu me rerdre compte comment l'opération *e faisait. L'expression employée par les coureurs des bois, " Mille tonnerres.'" pour donner du relief à leurs énergiques dis «ouro, rappelle le fameux juron des Allemands Donnex et Blytzen ! " Tonnerre et Eclairs ! " Voyons le docte M. Lorédan Larchoy à l'œuvre : Jarniou," dit-il dans son mémoire, dans la bouche d'un nnn^royant, dérive de Jarni (Je renie), ei Diou (Dieu), Je renie Dieu. Comme ii y avait en France arrêts et tiibunaux pour punir les blasphémateurs, on altéra donc la forme du juron ; on en fit Jarnibleu ou Jarnicoton. L'origine de ce dernier est aftses drô e. Henri IV, dit on, avait pris l'habitude perverse dédire Jarni. Le Père Coton, *on confesseur, lui avait signalé l'it; convenance d'une telle expression. Le roi débonnaire répliqua que le nom de Dieu excepté, aucun autre nom ne se présentait à lui plus souvent que celui du Père Cotonr. " Eh bien ! cire, lui répondit le saint homme, dites Jarni- coton (Je renie Coton), et vous n'offenserez pa* Dieu." Plusieurs jurons français nous vieennentdela Normandie, de la Provence, du Languedoc, où ils prirent naissance. Le juron Par le sang du Christ se transforma en Sacristit pour éluder les lois pénales contre les impies. M. Lorédan Lar- ch* y fait mention d'une dame fort pieuse parmi ses connais- sances qui, dans des moments d'émotion ou de surprise, s'é- criait Sapristi ; mais, pour en adoucir la portée, elle y ajou- tait : Sapristi la rose, y mêlant cet emblème d'innocence et de pureté comme correctif. Digitized by Google — — 361 — Des scrupules de mémo aloi convertirent Par le sang de Dieu en Par la Sambleu, Palsambleu et autres euphémismes; Ventredieu, qui d'abord signifiait Par le ventre de Dieu, devint Ventrebleu. Ventre saint Gris était une transformation de Ventre mint du Christ. Par le corps de Dieu fournit Cor dieu et Cor bleu, partant, comme I on voit, des subterfuges pour éludor le code pénal. Tu Dieu est présumé être un écho affaibli de Par le ventre de Dieu, une abréviation de Ventredieu et Ventrebleu. Le sacré nom de. Dieu, ajoute M. Lorédan Larchey, donna lieu à bien des explétifs, entre autres : Sacré nom, Cré nom, Nom de Dieu ! Nom d'un nom ! Nom d'une pipe ! Nom d'un petit bonhomme ! étaient une allusion irrévérencieuse a- Jésus Enfant. Nom d'un petit bonhomme de bois rappelait les sculp- tures populaires en bois représentant notre Sauveur enfant dans les bras de sa mère. De Par le sacré nom de Dieu venaient les abréviations Sacrédteu, Crédieu, Sacrcbleu, Crébleu, Sapcrbltu. L'origino de Sabre de bois est assez obscure. M. Lorédan Larchey, taxant son érudition, lui prête une naissance qui remonte à la nuit des temps et des antiquaires. Chez nous, l'oreille populaire est chatouillée des consonnances suivantes, léguées par les ancêtres d'outre-mer : Parbleu ! Sacrcbleu ! Sacre- lotte ! Saperlotte ! et même Saperlipopette ! Jolis jurons usités sans doute par los puristes et les euphémistes seuls ! ! I Je me rappelle un bon vieux curé qui, pour donner du nerf à son pittoresque idiome, l'assaisonnait de l'explétif Sac à papier ! juron que l'érudit M. Lorédan Larchey dérive de l'époque où les hommes de loi en France se montraient à l'audience munis de leurs brefs enfouis dans des sacs, que le vulgaire désignait comme Sacs à pa/tiers. Poursuivre davantage l'intéressante étude de l'antiquaire français me mènerait trop loin. Je m'arrête J. M. LeMoine Digitized by Google — 362 — LE CURÉ MÉNAGE En janvier 1773, M. Ménage, curé du Peschambault, décé* dait à l'&ge de 94 ou 95 ans. Il desservait encore sa cure mal- gré dee infirmités nombreuses. On rapporte do ce vénérable vieillard une anecdote qui fait connaître combien, dans son long ministère, il s'était aguerri, et combien pou il se mettait en peine des jugements des hommes et des démarches faites contre lui. Plusieurs fois il avait averti, repris et menacé un < alaretier de sa paroisse, du nom de liroleau qui, par sa facilité à livrer des boissons, causait dans la paroisse, de fré- quents désordres. Voyant que ces avertissements particuliers n'avaient aucun ettet, les désordres, les ivrogneries et les scandales dont ce cnba relier était la cause, ne faisaient qu'augmenter, il l'interpella un jour publiquement, en chai- re, en reprochant à ses paroissiens les désordres et les scan- dales qui avaient journellement lieu, en invectivant surtout sur les excès d'ivrognerie qui faisaient tous les jours des pro- grès effrayants. " C' est dit-il enfin, ce maudit (irotoau, avec son rhum et son tonneau, qui est la première cause de tous ces scandales." Le susdit < iroleau choqué, irrité au dernier point d'une semblable interpellation, et surtout de l'épitlnHe de maudit jointe & son nom, et par laquelle il se regardait comme dé» voué à l'anathème et entièrement déshonoré, porte sa plainte :\ M. l'Intendant môme contre M. Ménage. Ce Monteur est cité à une cour spéciale qui doit se tenir en présence de l' Intendant M. Ménage sy rond. Là, sommé de répondre sur les motifs qui l'ont pu porter à se servir d'expressions aussi étranges quo cellos qu'on lui reproche avoir employées tl l'égard du sieur Ciroleau. sommé de faire connaître ce qu'il peut avoir a dire pour sa justification, M. Ménage se renferme dans un profond silence. Sommé plu- sieurs fois de répondre, il garde toujours le silence ; I'Inten- Digitized by Google — 363 — dant lui-mêmo lui adresse enfin Icsmémcs paroles que Pilât© autrefois avait adressées ;\ Jésus-Christ " Vous no. reperde» rien à ce qu'on dit contre vous ! " Ce que j'ai à répondre, dit enfin M. Ménage, le voici : " Notre Seigneur Jésus-Christ, qui no voulait que le bien, qui n'enseignait que la vérité, a été cependant traîné de Caïphe à Pilate, do Pilato à Hérode, d'Hérodo à Pilato ; aujourd'hui, moi, qui suis son disciple et ton ministre, pour la même eaune je suis traité commn il a été traité." Et ensuite, prenant son chapeau, le bon vieil- lard salue M. Ilntendant et toute la cour, et se retire tran- quillement. Soit étonnement de la hardiesse et do la liberté de la réponse, *oit que l'on s'aperçût qu'il n'y avait point d'excuso à attendre d'un homme de ou caractère, on lu lair.su aller tranquillement, et maître (îroleau, outre la mercuriale solennelle qu il avait eue du son curé, en reçut encore une de son Intendant, qui lui dit que s'il ne voulait pas s'exposer à quelque chose do plus désagréable encore quo ce quo lui avait ditson curé, il prit soin lui même d'observer et du faire observer dans sa maison un meilleur ordre. Ainsi finit cette poursuite intentée contre M. Ménage. L'abbé Félix (Jatikn QUESTION DE LITUlUîIE Pourquoi a-t-on changé le nom de Saint-Olivier en celui do Saint-Mat hias ? (ftccherchcs JUstoriques, V. p. 2î)l). 11 doit y avoir là une question de liturgie. On ne peut choisir pour patron d'uno paroisse qu'un saint dont le nom est inscrit au martyrologe romain. (J>o Ilerdt, 111,121). Or, Saint-Olivier ne jouit pas de ce privilège. Jo tiens défi u M. l'abbé Kouxel, P. S. S., rubriciste distingué, qu'on a changé le nom do Saint-Olivier on celui do Sainl-Maihias j our répa- rer l'erreur qui avait été commise. C'est pour la mOmo raison que, le ti octobre 1897, Mgr l'évêquo do Sherbrooke a donné pour titulaire à (iarthby saint Charles Borromée à la place du saint Olivier. L'abbé J.-A.-1I. Gionap Digitized by Google — 364 — INHUMATIONS HATIVES Monsieur le chevalier Louw d'Ailleboust de Coulonge, troisième gouverneur de la Nouvelle-France, mourut à Mon- tréal le 31 mai 16(J0, et fut enterre* dès le lendemain. La marquise do Denonvillc.femme du onzième gouverneur de la Nouvelle-France, décédée en son chftteau de Pcnon- ville, en France, le 18 mai 1710, fut inhumée le lendemain, 1 9 mai, dans le caveau de la chapelle seigneuriale jointe à l'égliee du lieu. Le chevalier Pierre-François de Rigaud, ancien gouver- neur de Montreal, frère du marquis Pierre Rigaud de Vau- dreuil-Cavagnal, dernier gouverneur de la Nouvelle France, mourut au château de Collier, commune do Muide» (Loir et Cher), en France, le 24 août 177Î*, et fut inhumé au cime- tière de la paroisse dè» le lendemain, 25 août. Ces inhumations hâtives paraîtraient odieuses aujourd'hui et ne sont plus, Dieu merci, dans les mœurs. Voici l'acte de sépulture de M. Louis d'Ailleboust. 11 est extrait du registre den baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Montréal pour l'année mil six cent soixante : "Le 1er juin a été enterré Mcssire Louyt? d'Ailleboust, cy-devant Lieutenant général pour le Roy en la Nouvelle- France, pris au fort. Un des premiers seigneurs de l'Isle. " Rkmy, Ptre." Ainsi M. d'Ailleboust mourut au fort de Ville-Marie, qu'il avait lui-même considérablement agrandi ; ou du moins son corps fut " pria au fort " pour être conduit à sa dernière de- meure. Madame d'Ailleboust était vraisemblablement à Québec en ce moment, soit à sa résidence do la Châtellenio de Cou- longe, soit à sa maison de la ruo Saint-Louis. Ervest (xAONOH ■ — 365 — LA VÉNÉRABLE MARIE DE L'INCARNATION Un do nos amis nous communique l'extrait suivant d'une lettre qu'il vient de recevoir du R. P. Gohiet, O.M. I., ancien professeur de philosophie à l'Université d'Ottawa et mainte- nant attaché au grand séminaire de Fréjus, où il occupe la chaire de théologie dogmatique. Dans une réconte mission en Provence, le R. P. Gohiet a fait halte à Aix, et voici ce qu'il dit : " J'ai passé là une délicieuse semaine, visitant tout ce qu'il y a de beau à voir, et il y a beaucoup ! Cette vieille métro- pole de la Provence est un agréable séjour. Beau musée, belles églises où abondent les peinturos remarquables... " Mais, écoute/., digne Canadien ! une des peintures les plus int érofcsantes est dans notre chapelle de la mission : elle a un intérêt historique pour le Canada. C'est une grande toile qui a de la valeur artistique : Extase de la Vénérable Marie Je V Incarnation, fondatrice des Ursulines do Québec, et qui a joué un si grand rôle dans les déhuts du Canada fran- çais. Ce qui fait l'intérêt de cette toile, c'est qu'elle donne lo portrait authentique de la Vénérable, car la toile est con- temporaine, ainsi que l'établit une longue inscription au bas du tableau. " Autre curiosité : dans son extase, la Vénérable contem- ple Mario et tout une couronne d'anges, et au milieu rayonne le Sacré-Cœur. Or, la date du tableau est antérieure aux célèbres révélations de la Bienheureuse Marguerite Mario ! Donc, Marie de l'Incarnation aurait été, en France et au Canada, lo précurseur de la grande dévotion. N'est-ce pas que cola est intéressant ? Est-co un fait connu chez vous ?.." Digitized by Google — 3GG — RÉPONSES Jr. Joseph Xueières, euré de Suinte- Anne de Beaupré. (V, IX, 653.) — M. J. Navières vint au Canada en 1734, en compagnie de Mgr Pierre Herman Dosquct, successeur de Mgr L.-F. Duplessis de Mornay au siege epis- copal de Québec. Mis en possession de son évéché le 1G août 1734, MgrDos- quet nomma, quelques jours après. M. J. Navières curé de Sainte-Anne do Beaupré. Celui-ci conserva sa cure jusqu'à son départ pour la France, en 1740. Une seule lettre de M. Navières sur lo Canada a été publiée en France (fév. 18s2), par M. Ludovic Drapeyron, dans sa Revue de Géographie. M. Drapeyron, dans une préface, explique comment ii est venu en possession de cette lettre inédite on ces termes : " Dans la bibliothèque de mon grand-père, M. Navières de Boissiere, ancien élève de l'école normale supérieure et ins- pecteur d'Académie, décédé en 1877, j'ai trouvé un nombre assez, considérable de papiers inédits que je rangerai sous quatre chefs, savoir : . . ." Le 4ème chef se lit comme suit : " Copie de la lettre écrite, par Al. Xarières, prêtre rnission- nuire et curé de Sainte- Anne en Canada, à AT. Yeyssièrc, vicaire de l éylisc collégiale de Saint- Alartial de Limoges et curé de Bonnac." Ce dernier document est celui que nous publions aujourd'hui, en l'intitulant : 1 t'n voyage à la Nou- velle-France sous Louis XV." Celte lettre remplit 1G pages de la Revue de Géographie, imprimée à l'aria, par Chs Delagrave, éditeur de la Société de (îéographie, 15, rueSoumot. FjU tête, on lit : Du Royaume des Alarinyouins, prez les colonnes d'Hercules, et au bas la signature, etc. : " J. Na- vières, Prêtre missionnaire, curé de Sainte- Anne. A été- achevé le susdit recueil à Sainte- Anne, ce 3 octobre 1734/' Digitized by Google Le titre donné à oette lettre par M. Drapeyron est bien Approprié. C'est en effet un récit bien intéressant d'un voyage sur mer, il y a un siècle et demi, sur un vaisseau du Roi, de la Rochelle à Québec. Celui-là avait duré 76 jours. A la date de cette lettre, M. Navières n'avait pas encore 50 jours de résidence en Canada ; il avait vu Québec et toute la côte de Beaupré. Dans sa lettre écrite pour un ami intime •et non pour la publicité, il communiquait ses impressions et Jes renseignements qu'il avait pu recueillir sur ces lieux. Voici comment il parlait de la paroisse de Sainte- Anne et de son église telles qu'il les trouva on 1731 : " Venon* maintenant à ce que je fais dans ce pays. On ne m'a pas laissé longtemps oisif ; aussi, je ne passais pas les mers pour faire le fénéant. Trois ou quatre jours après mon arrivée, Monseigneur me donna de l'emploi. Il me nomma à une des plus considérables euros qui soient dans le pays, à laquelle je me rondin anrôs la fête de Saint-Louis, pour y exercer mes fonctions. Elle est située à sept petites lieues de Quebec, sur le bord du fleuve Saint- Laurent, dans une grande plaine, longue d'une dizaine île lieues, qui est fertiloet agréa- ble. Notre Limousin ne produit pas de pais semblable. Ce n'est pas qu'il n'y aye dos montagnes, mais elles sont faciles à grimper, et un demi-quart d'heure suffît pour arriver au sommet. Mu paroisse est située sur le bord du fleuve Saint- Laurent, qui donne un agrément à ma petite maison et à mon église, qui est une des plus belles et des mieux ornées du Canada. Tu pourrais t'imaginer quo eu n'est pas grand - chose ; détrompe-toi, et sois persuadé que les églises parois- siales de campagne en Franco ne sont pas comparables à colles du pays que j habite. J'ai plus do douze ornements différents pour la messe, tous propres et beaux ; les linges, soit sacrez, soit aubes et surplis, sont presque sans nombro ; Jes vases sacrez riches et d'argent doré,le soleil grand et d'un bol ouvrage, l'église vasto, ornée de tableaux donnés par des — 368 — vœux qu'ont fait plusieurs bâtiments dam* les dangers qu'il» ont essuyé dans les voyages du Canada. Le maître-autol est d'une architecture rare, et le rétable l'emporte pour la richesse et la magnificence sur tous ceux que j'ai vu. Les reliques très courues et en grande vénération ; la principale, quoique la plus petite, est une portion de la main de Sainte- Anne bien avérée ; l'église est consacrée à Dieu sous l'invo- cation de cette grando sainte, qui est en si grande vénération dans ce paie, que les pèlerins y abondent et montent et des- cendent de 5 à 6 cent lieues pour accomplir leur vœu, ce qui n'est pas un petit embarras pour moi. Les confessions et communions sont si fréquentes que je ne crois pas qu'il y ait on France de paroisses de campagnes où elles boient plus communes. Outre les pèlerins, les gens do la paroisse me donnent beaucoup d'occupation, surtout le dimanche, et aprez avoir passé prez de 4 heures au confessionnal, je suis obligé d'en renvoyer plusieurs pour célébrer la messe que les paroissiens attendent avec impatience. Peu do jours ouvriers se passent sans qu'il y ait des confessions des pèle- rins et des gens do la paroisse ; en un mot, si nous étions trois et même quatre, nous aurions suffisamment d'occupa- tion, et autant de messes que nous pourrions acquitter, etc." Voilà un témoignage de plus confirmant le fait que la dévotion à la bonne sainte Anne, commencée dès l'origine de notro colonie, n'a pas été interrompue et n'a fuit que pro- gresser du même pas que la population. R. Bellemare L'honorable Jean-Charles Chapais.(V, VIII, 643.)— M. Chapuis naquit à la Rivière-Ouelle, le 2 décembre 1811, et était le fils de M. J.-C. Chapais, marchand, de cette paroisse. Après avoir fait ses études au séminaire de Xico- lct, il se livra au commerce, comme son père, et se fixa à Saint- Denis, où il eut pour ami le plus dévoué, le curé de cette paroisse. M. l'abbé Quertier, cet homme si célèbre par eon éloquence. ^Digitizec _ — 369 — En 1850, la mort de M. Marquis, député de Karaouraskay néceœita une élection dans cette division. Le parti conser- vateur choisit M. Chapais comme son candidat, mais son adversaire, M. Lotellier, l'emporta par quelques voix seule- ment de majorité. L'année suivante, des élections générale* eurent lieu, les deux mêmes adversaires entrèrent en lice, et M. Chapais, après avoir combattu avec vigueur, triompha. Ce fut le commencement de» nombreuses défaites que subit le parti libéral dans ce comté jusqu'en 1807. AI. Chapais fut membre du Conseil Exécutif comme com - missairo des travaux publics, depuis le mois de mars 1864, jusqu'à la Confédération. Assermenté, lo 1er juillet 1867,com- me membre du Conseil Privé, il occupa le poste de ministre de l'agriculture depuis cette date jusqu'au 16 novembre 1870, alors qu'il fut nommé receveur général ; il donna sa démis- sion au mois de janvier 1873. J/honorable AI. Chapais représenta le comté de Kamou- raskadel851 à 1867. A cette dernière date, il eut pour adveroaire M. C.-A.-P. Pelletier, aujourd'hui sénateur. Cette élection, qui dégénéra en une bataille véritable, n'eut pour résultat'pratiquo que de faire défranchiser lo comté qui, pen- dant deux ans, n'eut pas de représentant à la Chambre des Communes. Al. Chapais se rit élire aussitôt dans le comté de Champlain, qu'il représenta à l'Assemblée Législative de Québec de 1867 à 1871. Le Kt janvier 1868, il fut créé séna- teur pour la division de la Durontaye, charge qu'il a tou- jours remplie jusqu à sa mort avec honneur, avec dévoue- ment et toujours dans l'intérêt de son pays. En 1864, M. Chapais prit une part active à la Confédéra- tion, qui était à l'état de projet, lors de la conférence de l'U- nion à Québec, et il devint l'un des pères de cette même Confédération. 11 fut aussi pondant quelque temps directeur du Grand-Tronc, ayant été nommé à cotte position par le gouvernement. Digitized by Google — 370 — M. Chapais a toujours joui de la réputation d'un parfait gentilhomme, d'un ardent patriote, d'un honnête citoyen et d'un excellent père de famille. M. Chapais mourut à Ottawa, le 17 juillet 1885, du diabète, dont il soutirait depuis quelques années. 11 était catholique pratiquant, aussi reçut il avec ferveur les derniers sacre- ments do l'Eglise. Ses restes furent transportés à Saint- Don is, où, nu milieu d'un immense concours de parents et d'amis, eurent lieu, le 22 juillet, les cérémonies solennelles des funérailles. CE. Roci.kai; Le testament tie C/iamptain. (V, IX, G52.)— Par son contrat de mariage, le fondateur do Québec devait lais- ser à sa femme, si elle lui survivait, la jouissance de tous ses biens. Son testament vint tout déranger. Entraîné par une dévotion extraordinaire à Xotre-Dame de Recouvrante, et présumant aussi que sa compagne, dont la piété dépassait peut-être la sienne, applaudirait à ce legs louable, Cham- plain institua l'église qu'il avait fondée sa légataire univer- selle. En ell'et. la veuve ne présenta pas d'opposition, elle prévôt des marchands de Paris confirma le testament, par sa sentence du 11 juillet KJHT. Néanmoins le testament fut cause d'un procès célèbre. I "ne cousine germaine de Champlain, du nom de Marie Carnaret, épouse de Jacques llcrsaut, contrôleur des traites foraines et domaniale- de la Rochelle, attaqua le document sur deux points. Son avocat, maître Hoileau, prétendit qu'il n'était pas conforme an contrat de mariage, et que, do ce seul chef, il devait être annulé. Il ajoutait do plus, à ren- contre de la vérité, qu'il avait été fabriqué par des mains étrangères, car on ne pouvait pas supposer qu Champlain eût institué Vio>/e-3recond bill pour nommer M. Rœbuck agent do la pro- vince, et adopta en même temps, des résolutions analogues à celle de la session précédente. Le bill fut encore rejeté par le Conseil législatif. En 1836, nouveau bill qui n'eut pas une meilleure fortune. M. Roebuck s'occupa activement de nos affaires durant ces années critiques où la situation était si terriblement ten- due entre l'Assemblée Législative et les autorités impériales. Survinrent les douloureux événements de 1837. Lorsque lor.l John Russell proposa un bill, en 1838, pour suspendre la constitution du lias- Canada, "M. Roebuck qui avait perdu son siège l'année précédente, demanda a être entendu à la barre de la chambre des Lords et do la chambre des Com- munes, comme agent de l'Assemblée, pour s'opposer à ce projet de loi. Cladstone et lord Stanley aux Communes, et lord Aberdeen dans la chambre haute, soulevèrent des ob- jections. Mais finalement M. Roebuck fut admis à compa- raître. Tl fut, dit-on, très agressif et très amer. On lit à ce propos dans A history of our own times, de Justin McCarthy : " Un critique de cette époque remarqua que la plupart dos orateurs semblent s'efforcer de se concilier les bonnes Digitized by Google — 374 — grâces de l'auditoire qu'ils veulent gagner, mais que M. Roebuck, dès le début, parut déterminé à tournor contre lui et sa cause tous ses auditeurs. Ses discours cependant furent d'une grande force argumentative et d'une grande puissance. • Leur effet fut encore augmenté par l'apparence singulière- ment jeune de l'orateur à qui l'on eût à peine donné vingt an*. M. Roebuck avait pourtant 37 ans." La constitution de 17!) 1 ayant été suspendue puis rappe- lée, M. Roebuck cessait naturellement d'être agent de l'As- semblée défunte. Mais il lui était dû des arrérages pour ses émoluments et déboursés. En vertu des résolutions de février 1835, ils s'é- levaient à 1100 louis par année. Il avait été payé pour 1835, et avait reçu 700 louis pou* 1830*. Mais le deadlock finan- cier, entre l'Assemblée et l'Exécutif avait ensuite arrêté tous les paiements, et il lui restait dû 400 livres pour 183»i, et 1,100 louis pour 1837, en tout 1,500 louis. En 1838. le conseil spécial, nommé par lord Durham, alloua une certaine somme pour défrayer les dépenses de la dernière Chambre d'Assemblée. Mais les arrérages do M. Roebuck furent omis. 11 s'en plaignit au ministre qui écri- vit à ce sujet, d'abord à sir John Colborne, en 1839, puis à M. Poulett Thompson en 1840. Celui ci répondit que le con- seil spécial, à qui il avait soumis les réclamations de M. Roebuck, les avait rejetées. Pendant dix ans, on n'en entendit plus parler. Mais en 1850, M. Roebuck revint à la charge. Le secrétaire d'État pour les colonies, lord Crey, écrivit a lord Elgin, lui trans- mettant une lettre de l ex-agent de l'Assemblée bas-cana- dienne, dont voici la teneur : Milton, Lynmington, Haut*. VI décembre 1850. Milord, 11 y a plusieurs années, j'ai agi comme agent de la Cham- bre d'Assemblée du Bas-Canada. En cette qualité, et au nom Digitized by Gooole •de cette Assemblée, qui a été si attaquée et maltraitée, j'ai -c omparu à la barre de la Chambre des Communes, et ensui- te à la barre de la Chambre des lords. J'ai aussi été reconnu comme agent de l'Assemblée par l'administration actuelle ; et lorsque l'aneienre constitution du Has Canada fut abolie, je cessai d'être l'agent de l'Assemblée, étant alors créancier do cette Chambre, au montant de $1.500. Par un procédé déshonorant, on a éludé le paiement de cette dette, après avoir payé toutes les dettes de l'Assemblée de la province ; l'animosité, la haine et l'esprit de parti.ont pris la place de la justice en ce qui me regarde. J'espère que ces sentiment* de rancune personnelle se sont évanouis ; et J'en appelle maintenant à la justice de la législature cana- dienne, pour me payer une dette q\ii m'est due à juste titre. J'ai demandé :\ lord (irey de vous autoriser do sanction- ner, au nom do la Reine, le paiement de cette réclamation, «t je ne puis douter un seul instant que vous ne soye» auto- risé à le faire ; j'ose me flatter que votre seigneurie voudra transmettre la lettre ci jointe à l'orateur de l'Assemblée Lé- gislative, avec l'autorisation officielle et personnelle que vous .-devez avoir reçue, je n'en doute nullement. Je demeure. Milord, Votre obéissant serviteur, J. A. Rœbuck Au très honorable le comte d'Klgin, etc., etc., etc. La réponse a cette lettre, fut un ordre-en -conseil du 4 mars 1851, dan» lequel on lisait : a lia réclamation de M. Rcvbuek, a été recommandée dans le» dépêches de lord Norman by, et lord John Russell, en 1839 et 1840 : mais elle paraît n'avoir pas été accueillie par le .conseil spécial. M. R«ebuck a de nouveau mis su réclama- tion sous les yeux du comte (irey : et le comité du conseil 4?tant d'opinion qu'elle est fondée en justice, recommande — 376 — r^mx qu'il soit porté sur les estimations qui seront soumisses au parlement, durant la prochaine session, une somme suffisante pour mettre Sa Majesté en état de payer une somme de 1,500 livres, à John R. Rœbuck, pour ses services agent de la ci- devant Chambre d'Assemblée du lîa«j Canada, cette somme étant le montant par lui réclamé et constaté lui être dû." A la session suivante,la somme de 1,500 louis fut votée, et M. Rœbuck fut payé conformément a Tordre en conseil. M. Rœbuck fournit, en Angleterre, une des plus belles carrières parlementaires de ce siècle. Il siégea dans la Cham- bre des Communes, de 1882 à 1879, avec trois interruptions seulement : de 1887 à 1841, de 1847 àl849, et de 1868 à 1874. Il fut donc membre du parlement pendant trente-cinq années. Il représenta Sheffield, depuis 1841 jusqu'à sa mort, sauf les dernières périodes plus haut mentionnées. Un de ses plus remarquables exploits parlementaires tut sa motion do non- contianee contre le gouvernement de lord Aberdeen, en 1852, au sujet de la manière défectueuse dont le département de la guerre avait organisé les services do l'armée anglaiso. en Crimée. Ce gouvernement était un cabiuet de coalition Que l'on avait appelé le " cabinet de tous les talents", comme autrefois lemiuistèrede lord Granvillc,on 1796. Al. Rœbuck eut 157 voix do majorité pour sa motion et renversa ce gouver- nement puissant. Vers la fin de sa carrière, il s'était rappro- ché de lord Beaconstield et «les conservateurs. En 1878, il fut nommé membre du Conseil Privé. Il écrivit plusieurs ouvrages, dont les principaux sont : Pamphlet* for the people; A plan for the government of some portions of our colonial possessions ; History of the whig ministry of 1880, etc., etc. Le très honorablo John Arthur Rœbuck mourut le 30 novembre 1879. 1g NO TUS Digitized bv Goa | QUESTIONS 680. — Dans les relations des Jésuites année 1670, page 22, *nnée 1671, page 7, année 1672, page 2, année 1672 et 1673, pege 149, il est fait mention d'une statue de Notre Dame de Foy envoyée de Belgique au Canada ver» 1667 ou 1668. " Cette statue de la Vierge avait cela de remarquable qu'elle .était fuite du bois d'un chêne dans le cœur duquel on en avait trouvé une semblable (en 1609) quelques années au- paravant dans le village de Foye, au pays de Liège, à une lieue de la ville de Dînant." Le Père Chaumonot à qui cette statue avait été envoyée par le père de Vérencourt bâtit sous le même nom (Notre- Dame de Foy) une ohapelle située a la côte Saint Michel, près de Québec, et où cette statut fut placée. La dévotion des fidèles s'accrut bientôt par les miracles que la Sainte Vierge y opéra. Les sauvages Hurons établis à la côte Saint Michel fréquen- taient cette chapelle et il est dit dans les relations des Jésui- tes que cette statue avait été donnée expressément pour la conversion des sauvages et devait être placée dans l'une de lours chapelles. Les Hurons quittèrent Notre-Dame de Foy en 1674 pour aller s'établir à l'Ancienne Lorette. Qu'est devenu cette statue de Notre-Dame de Foy ? X. X. X. 681. — Quand le nom de Nouvelle-Ecosse a-t il remplacé .celui de Acadie ? Qui a suggéré et employé pour la pre- mière fois ce nom de Nouvelle- Ecosse ? Ecot. 682. — On me dit que pendant l'hiver de 1769-1760 catho- liques et protestants à Québec suivaient tour à tour leurs offices dans la chapelle des Ursulines. Est-ce le cas ? Rio — 378 — 683. — Le compilateur du deuxième volume de la Littéra- ture canadienne do 1850 à I860 déclarait qu'il s'abstenait de reproduire en entier les poésies de MM. Garneau. Lenoir et Kiset, parte qu'elles devaient, lui assurait-on, être publiées en volumes séparés. Ces volumes ont-ils été publiés ? Pt. 684. — Avons-nous eu deux chirurgien* Arnoux à Qué- "bec ? Celui qui possédait uue maison sur la rue Saint-Louis, à Québec,mai*on dans laquelle Montcalm mourant fut trans- porté, est-il décédé au Canada ? Geo. 685. — Pourquoi les protestants appcllont ils ministres ceux qui, chez eux, président au culte ? Ce mot est-il d'origine française ou anglaise ? IÎ. 686. — Dans ses Voyages, Champlain parle souvent d'une partie du port de Tadoussac qu il nomme " moulin Baudé." Cet endroit porte aujourd'hui le nom de "Anse du moulin à Baudé." Pourquoi ce nom de Baudé ? Que signitio-t-il ? Nav<». 687. — Sous le régime français, désignait on sous le nom de Nouvelle-Angleterre tout le territoire actuel des Etats- Unis ? Bans le cas contraire, quelles étaient les limites de la Nouvelle-Angleterre ? AxfRi, 688— Kn 1878, un Français distiugué du nom de Beau- mont débarquait à Québec. Le lendemain de son arrivée dans- la capitale, il mourait subitement sur la ruo. On m'affirme que c'est ce M. de Beaumont qui porta le message de Basai • ne rendant Metz à l'armée prussienne. Quelqu'un de vos lec- teurs peut il me renseignor 1J sur la mort do M. de Beau- raont 2° sur la part prise par lui à la reddition de Metz ? Franc. 689— Est-ea l'Abord à-Plouffe, ou la Barro-à-Ploufle,qu*il faut dire ? Rio. Digitized by Google TABLE DES MATIÈRES Acadie, L'amour de la France en 111 AcaUien-s Le chant national des 143 Adelsheim 83 " Africaine," Le naufrage do l' 84 Amérique. Kn 2lf> Amnistie de 183S, L" 04 152 182 Années. Le* bonnes (54 91 Argent. Sa rareté autrefois — 104 Arnold, Le général 51 34»! Aulnuy, Charles Menou d' 03 214 Baptiste, Le flibustier 8 •" Bas «le soie" Sf> Bâtis; an. Le nom 274 Beauee, La colonisation de la 32 Beaumont. Les Acadiens à 182 Bédard. Pierre 250 B^dari et sim rils, Pierre 285 Bédard, Deux ouvrages de Pierre 209 Bégin, Lfs ancêtres de Mgr 123 Bienville, Saint Antoine de 195 Bon-Temps. L'ordre du 178 Bouchette, L'arpenteur général 186 Bouchetto. L'exploit du capitaine 317 Bourget. Mgr Ignace 42 Brion, L'amiral de 1 50 Bureau des pauvres à Montréal, Le 279 -Camériers Secret» de Sa Sainteté, Les 313 Canada, Le Petit 221 Canada, Manière d'apprendre l'histoire du 158 •Cap à l'Arbre, Le 314 -Cap Tourmente, La croix du f>3 -Cari gnan. Le régiment do 116 iCartier, La croix plantée par 177 Caughnawaga, Saint-François- Xavier do 131 Champlain, Le testament de 370 Champlain, L'OTthographe du mot 64 Chanson de 1812, Une 237 Chapais, L'hon. J. C 368 Chauffage des églises autrefois 57 83 117 Chouaguen, Les drapeaux de 349 Ohouard, La femme de 274 Clairon du lloi. Le 216 Com pain, L'abbé Pierre- Joseph 115 Confédération, Les Pères de la 346 Conseil de Québec. L'ancien 53 Corrège au Canada, Un tableau du (il Corvées, Les 216 Coup de pied, Un royal 107 Cox, Sir Kdmund : 31 D'Ailleboust, Mme 43 Deschambault, Let* Anglais à 63 316 Desjardins, L'abbé Jean-Louis 344 Dorion, J.-B.-E. 31 90 119 Droits beigneuriaux, Les 136 Durham, L'ordonnance de lord 94 152 182 Duel sous le régime français, Le 31 Ecossais au Canada, Les 219 "Enfant Terrible," L' 31 90 119 Epluchette, Une 186 Expressions, Anciennes 144 Familles canadienne^ Les premières 242 Fénelon, Un ouvrage de 240 Fiedmont, Jacau de 173^ Formu lottes écrites 207* Galiffet, Le marquis de 347 Gaspé, Lieutenants-gouverneurs de 146 Gerrymander, Le mot 64 94 Girouard, La famille 205 Habitants vs Hivernants 105 Huissiers et praticiens 38 Hygiène sous le régime français, L' 261 Inhumations hâtives 364 Jésuites, Le Journal des 21 52 Jésus, La quête de l'Enfant 25 Judicature en 1732, La 203 Jurons populaires, Nos 359 Kalm au Canada, Le voyageur 68 Kiwber, La famille 252 La Boujonnier 79 La Jonquière, Le testament de M. de 268 Lauzon, La famille de M. de 190- Lebrun, Un tableau de 158 241» Legardeur de Saint-Pierre, Joseph 233 Légendes de nos ancêtres, Les 100 Lepage, L'abbé 32 91 841 Lévis et les drapeaux de ses régiments 309 Lévia, Notre-Dame de la Victoire de 7 Lieut.gonverneurs de Québec, Les armes des... 73 Longuuuil, Le dernier rejeton des 145 Longueuil, Le nom de 209 Longueuil, Les journaux de 22 Loupgarou, Le 304 Lutin, Le 78 MacNab, Sir Allan 31 62 119 Malartic, Le comte de 109 Marie de l'Incarnation, La Vénérable 365 Martyrs ou patriotes 31 88 Ménage, Le curé 362 Ménagerie des pauvres 341 Mééy, La mort du gouverneur de 52 Métis ou Bois-Brûlés 17 Meurons, Les 56 115 Milice, Les commandants de notre 275 Miliciens, L'uniforme de nos 184 Mitaine des puritains, La 152 Montcalm, Le monument Wolfe et 305 Montmagny, M. de 32 Montréal à Québec, De 23£ Montréal en Espagne 32 Morin, Le juge A.-N 20 267 Navières, Joseph 366 Noya ux, Les 81 Ordres du Roi, Les 126 Papiers, Les vieux 202 Papin eau, Joseph 253 — 382 — Patriote-* ou martyrs 3) S3 Perrault, Joseph- Francois 175 Piehon, Thomas , 32 92 Plessis'ei do Maistre, Mgr 241 Plessis et le tableau de Saint-Michel, Mgr 32 27*i Poêles dan* les égli»es, Le- 57 S3 117 Point-y. Philippe de Lonvilliers de 212 Pointe à la Garde. l,e combat do la 2S2 Port Daniel, Saint-Georges de... 323 Port neuf, Lo cm? 31 213 Prélats domestiques de Sa .Sainteté, Les 211» Prêtiv méiic in, l"n 115 Prêtres, Cinq frètes 273 Prêtres français réfugiés au Canada 1S8 PrÎHon à Qui- bee t-ous le régime français 64 Propri -ti s. Le morcellement des 72 Prot motaires apostoliques canadiens, Les 1S4 252 285 Québec, Lo bureau de poste de 153 247 QuéWc; de 1U20 à lt>32 292 324 Ramezay. M. île 59 Rasle, Le P. Sébastien 223 Réchauds. Au temps des 117 Richmond, La mort du duc de 112 Robi'i val. La paroi- se de 6*7 Rœbuek, John- Arthur 371 Kohault, René 28 Rolette. Le canton 146 Salaberry, Sou discours de Châteauguay S5 117 Saint- Antoine de Bienville 195 Saint Fabien de Rimouski 99 Saint-Frédéric do Druinmondville 227 Saint Georges do Port-Daniel 323 Saint Joseph de Lanoraie 163 Saint Joseph de la Pointe de Lévy 35 Saint Laurent de 1 île d'Orléans 259 Saint Laurent, La traversée du 18 Saint Loute, L incendie du théâtre 343 Saint-Mathia8 de Rouville 291 Saint- Maurice, Les députés de 283 Saint Paul de Joliette 355 SainU Régie, La prise de 141 Digitized by Google Saint- Val lier, L'orthographe du mot 63 Satan, constructeur d'églises 245 Shawinigan, Le mot 30 Sydenham, La mort de lord 82 Terrebonne, Le fondateur de 32 91 341 Toronto, Le fort de 137 Trois-Pistoles, L'hermite de 260 Turgeoc, Mgr 32 VallièresdeSaint-Réal, Le juge 153 275 Vaudreuil, Le comte de 23 Victoria, L'inauguration du pont 181* Villeray, Louis Rouer de 356 Wattevilles et Meurons, Les 115 Weld, Le cardinal 36 Wheelwright, Mère Esther 164 Wolfe, Le général 208 Wolfe, Le monument Montcalm et 305 Wolfe, L'épée de 63 Wolfe, Les portraits de 63 FIN - » s i ■3 Recherches Historiques BULLETIN D'ARCHÉOLOGIE, D'HISTOIRE, DE BIOGRAPHIE, DE BIBLIOGRAPHIE, DE NUMISMATIQUE, ETC., ETC., PUBLIÉ PAR PIERRE-GEORGES ROY VOLUME SIXIÈME LEVIS 1900 Digitized by Google Digitized by Google BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL. 0 JANVIER 1900 No. 1 SAINTE-CECILE DE VALLEY FIELD En 1845, au mome nt même où s'achevait le canal de Beau» harnois, destiné à relier le lac Saint- François et le lac Saint- Louis, VaHeyticld u 'existait pas. La construction du canal, dont ce point était le terminus en venant de Montréal, avait fait drvs-er en cet endroit quelques petite» maisons destinées aux industriels qui suivent les chantiers de ces grands tra- vaux. Là encore, il y avait quelques cabanes de pêcheurs et de défricheurs ou settlers, tous fort pauvres, et vivant assez tristement. Ces deux éléments réunis ne donnaient, eu 1849, à ce hameau pas beaucoup plus do trente feux. Ce hameau dépendait de la paroi>se de Saint-Timothéo. L'endroit même où e»t situé aujourd'hui Valleylicld n'avait pas alors de désignation. La poinlo de terre qui se détache à l'entréo du canal actuel, était appelée '* la pointe aux voleurs," Ainsi nommée parce qu'une barge dedenrecs s'y étantéchout e, les habitants s'en seraient approprié la cargaison, selon les uns; et selon d'autres, parce que ces mêmes habitants fai- saient main basse sur les bois flottants que le vent ramenait de ce côté, lorsqu'ils manquaient le rapide du Coteau. A partir de 1855, on trouve,dans les registres parfaitement tenus de la paroisse, des documents positifs dans lesquels m peut avoir toute confiance. Cette paroisse fut créée on cette même année sous le nom Officiel de paroisse de Sainte Cécile. Voici les termes mêmes de l'acte en date du 1er mai 1855 constituant cette paroisse: " Il sera formé une paroisse dite de Sainte-Cécile, et com- posée d'une étendue de territoire détachée de Saint-Timothée, l — 6 — comprenant toute la partie Mid ouest d uolle appelle Cathe- rinestown, bornée et limitée au nord-est parla Grande Ligne qui divise ITelenstown de Catherinestown ; au nord-ouest par le fleuve Saint -Laurent, comprenant la grand île de Saint-Timothée, à partir de son extrémité supérieure à aller à la terre de Pierre Bongie senior ou ses repré*entants,inclu- stvement ; au sud est par la rive nord de la rivière Saint- Louis comprenant le quatrième rang de Catherinestown, à partir du chemin connu sous le nom de chemin Larocque, à aller à la ligne du canton de Godmanchester ; au sud-ouest parla ligne du dit canton de Godmanchestor jusqu'au lao Saint-François." Le 6 mai de la même année, c'est-à-dire cinq jours après cotte proclamation, los francs-tenanciers de la nouvelle paroisse se réunissaient au presbytère de Saint-Timothée, dont le curé avait mission de desservir Sainte-Cécile. Il s'agissait de nommer les membres de la fabrique. A l'unanimité.I'assemblée choisit pourpremiormarguillier Fran- çois Pitre dit Lajambe ; pour second marguillier, Jean Bou- gie, cultivateur à la granio-Ile ; et enfin, pour troisième marguillier, Antoine Hainault. Six mois plus tard, on déci- dait l'érection d'une église et d'un presbytère : les travaux commençaient en 1856, et étaient achevés en 1857. L'église était placée là où s'élève aujourd'hui la cathédrale do Valleyfield. Elle était relativement grande, mais les res- sources ne permirent pas,pendant plusieurs années,de la déco- rer intérieurement. Elle servit juf qu'en 1882,époque à laquelle M.le curé Ale- xis Pelletier résolut, avec le conseil do fabrique, la construc- tion d'une nouvelle égliso plus en rapport avec la population croissante et les besoins de la ville de Salaberiy de Valleyfield comme était officiellement uotnmée la nouvelle municipalité formée dans la paroisse de Sainte-Cécile, en date du 25 février 1874. Digitized by Goçgle Cette égli-e apj artient, jour la nef et le cbœur, au style roman : la nef a de très vaste» proportions et un cachet de grandeur qui causent au visiteur une très belle impression. Le chœur, élevé de pluciours marches, avec le maître-autel placé au fond, a égalera* nt un magnifique aspect. La con- sécration de» cette belle église eut lieu le 2 octobre 1884. par Mgr Fabre, archevêque do Montréal. Elle sert aujour- d'hui de cathédtale au piemier évêqucdu diocèse de Salu berry de Valleytield, Mgr J.-M. Emard. Inscrivons ici les noms des curés de Valleyfiold qui ont,avec des succès drver*, mais tou» avec le même zèle pour le bien de leur paroii**e, contiibué à la création des institutions, à l'édihYation des monuments qu'on y voit, depuis M. Amahle Thibault, premier cure de Suinte Cécile, M. J. T. Laanier qui lui succéda en 1864, et occu a ce po*to jusqu'en 1878, M. Alexis Pelletier, qui a droit d'être regardé comme le second fondateur de Valley field, M. J.-O. Roussin, M. C.-A. Santoire et M. J.-A. Caslonguay, curé actuel. R. LA MÉMOIRE) DE GEORGES III On ar toujours attribué au roi Georges III une mémoire prodigieuse des homme-*. Il lui suffi ait, disait on, de voir une personne une aeule fois (et les souverain* en voient un grand nombre), pour se la rappeler pendant le reste de sa vie. M.. Charles do Lanaudière, étant encore au servico de la France, avait accompagné son oncle, le comte de BoUhébert, chargé d'une mission diplomatique à la cour d'Angleterre, et fut présenté au roi Georges II 1. Quinze ans après cette Sremière entrevue avec le souverain de la Grande Bretagne, loi fut présenté de nouveau, main alors comme sujet bri- tannique. Le roi le reconnut aussitôt, et lui dit en sj servant de la langue française : — Vous m'avez été introduit jadis comme sujet français, mais je suis heureux que vous le soyez aujourd'hui comme un de mes sujets. Pois il ajouta, en se servant de la langue anglaise : J'ou- bliai h que vous parlez l'anglais avec aisance. R — S — L'ABBE JOS K P H - M AT H U R I N BOURG Joseph -Math u ri n Bourg naquit à Beaubast-in. en Acadie, le 9 juin 1744. 11 était fils de Michel Bourg et d'Anne Hébert. Il avait 11 ans à la déportation des Acadien*, et Vet événe- ment mémorable avait laissé dans son esprit une douloureu- se impression, qu'il conserva toute sa vie et qui le forma dès l'enfance aux épreuves et aux luttes qu'il eut à soutonirdanS la suite. Il est probable que ses parents furent déportés en France, car nous le retrouvons quelques années plus tard au sémi- naire des Missions Etrangères^ Pari*,poursuivant ses études et se préparant aux missions lointaine* de l' Acadie, dont le . bou venir était si cher au 6ls des malheureux exilés. Ses études théologiques terminées, il revint H Québec, et après quelques mois passés au séminaire de cette ville, il fut ordonné par Mgr Hubert, au moi* do septembre 1773. Mgr de Québec lui confia immédiatement les missions difficiles de la Baie des Chaleurs, delà Gaspésie et de toute l'Acadie, privée de secours religieux depuis plusieurs années. Il arriva à Tracadièche, (aujourd'hui Carleton) dans l'au- tomne 1773, un an après le départ de* Pères Etienno et Ambroi8e,Recollct8de la mission des Micmacs de Sainte-Anno do Ristigouche, et au moment où le P. Bonaventure, autre Recollet, allait quitter la Baie des Chaleurs et la Gaspésie. Il avait ordre de se fixer à Tracadièche (Carleton) et de faire de cette place le centre de ses missions. C'était l'en- droit le plus commode et le plus populeux. Il y avait là, en effet, un groupe assez considérable d'Acadiens, que la cruauté des Anglais avait forcés de quitter leur patrie,pour chercher ailleurs un lieu plus sûr. La première émigration, partie de Beaubassin en 1755, se composait de sept familles, Ambroise Comeau et François, Digitized by Gopftle •ou fils, Mario, Benjamin, Jean-Baptiste et Joseph LeBlane, Charles Dugas et Claude Landry, avec leurs familles. Après avoir erré ça et là, sans pouvoir se fixer, par la crainte des Anglais, ils gagnèreut la Baio des Chaleurs et vinrent se fixer dans le Barachois de Tracadièche ; ce barachois est formé par un banc de sable de près de deux milles de long, joignant la terre terme à l'est à un cap qui s'avance dans la mer d'un mille, et fermé à l'ouest par un autre bane do eable qui court de la terre ferme nord et sud jusqu'à plus d'un mille au largo, en laissant qu'un goulet étroit et pro- fond pour la décharge de co vaste étang au reflux de lit marée. Comme ces doux bancs qui se rencontrent, 'sauf lo goulet, presqu'u angle droit, étaient alors épaissement boisés et offraient une retraite sûre, ces malheureux exilés établirent leur campement sur une petite ilo* boisée qui se trouve au milieu du barachois. Ils y passèrent l'hiver 1756, vivant de chasso et pêche. Ils furent bientôt rejoins par d'autres de leurs malheu- reux compatriotes que la terreur des Anglais jelait sur cette plage. Ce lieu était appelé ïracadiècho par les sauvages, ce qui signifierait, d'après l'interprétation du fameux chef Micmac Sam Souk, durant plusieurs années interprète des mission- naires de la réserve des sauvages à Kistigouche, endroit où U y a beaucoup de hérons, oiseaux aquatiques qui y font leur séjour. M. Bourg fut reçu à Tracadièche (Carlelon) avec des transports de joie et une vivo allégresse par ces pauvres Acadiens, privés de secours religieux, au moins régulière- ment depuis plusieurs années. Il eut aussi le bonheur d'y rencontrer son frère Charles, et trois sœurs. Il maria Char- les à Théotiste Savoye, Vietoire,à Michel Vincent Areeneau ; Mario-Lucie à Iaaïe Bernard, et Marie-Madeleine demeura toujours avec lui. Il y avait alors à C'arleton 40 familles acadiennes, for- mailt 200 âmes. Lu pêche et la chasse faisaient leur princi- pale occupation. Quelques-uns rependant so livraient au défrichement du col, et à la culture. Dès son arrivée a Carleton, M. Bourg s'occupa à se ména- ger un logement et tit allonger la sacristie de la chapelle, bâtie quelques années auparavant par lo P. de la Brc*se, le célèbre missionnaire jésuite. M. Bourg paspa ce premier hiver a Carleton et alla faire une mission à Bonavcnture et aux sauvages de Kistigouche, dont il apprit promptement la langue à fond. Dès le lion printemps 1774, il partit pour les lointaine» misions de- l'Acrdie. dont il tardait -le revoir ces lieux si ' chers à soi, cd-u- et porter les secours de son ministère à ses malheureux compatriote*. Accompagné de deux sauvages il pénétra à travers la forêt à la rivière Saint-Jean où il trouva un grand nombre de sau- vages qu'il évangélisa. et à un lisieu et des secours de la religion. On assistait à tous les offices, qui duraient presque dos journées entières, avec la piété et le recueillement des premiers chrétiens, comme aux catacombes de Rome, aux siècles des persécutions. — 12 — " Spectacles singulièrement émouvants,»' écrie M. Rameau, que celui de cette affluence agreste et enthousiaste autour do ce visiteur étrange, isolé, presque misérable ! Quand il sur- venait à travers les bois, accompagné d'un ou deux sauva- ges, sa simplicité, son dénuement même n'étaient pa* sana grandeur. Mais on comprend difficilement comment un homme | ouvait suffire à une telle besogne. Les stations étaient plus fatiguantes encore que les parcours ; il faut réellement que, dans ces réunions où îeflétait tant de puis- sance morale, les missionnuires aient puisé des joies inté- rieure h et des consolations religieuses qui, seules, pouvaient com per se r les fatigues et l'épuisement du corps." Après plusieurs jnurs consacré» à la rivière Saint -Jeati.M. lif urg poursuivit le rours de ses missions partout où il y irvuit un groupe de catholiqurs : à Pctitcodiac, a Momram- couk, à la Haie Sainte-Marie, nouvellement établis parles prosciits de 17.">">, rentrés de nouveau dans lour chère putrie, et où i! demeura plusieurs» semaines, ce fut partout avec la mémo allégresse, le même empressement auprès du bon mis- sionnaire, qui lit amples moisson» ci exerça son zèlo avec avantage. Il y trouva «les adultes de 14 A 1C ans qui n'a- vaient pas encoie reçu la grace du l aptème. Puis il p*e rendit ù Halifax, sans doute peur plaider la cause de si's compatriotes, ot revint de ces parage? en par- courant tous les posUs : Cocagne, la Haie Verte. Miramithi, Miecou et Cara<(iiet eurent sa visite. A la fin du mois de novembre 1774, il était de retour à Oarleton, où il passa 1 hiver, pour recommencer au prin- temps suivant le cours de ses pénibles missions. Il fit, durant l'hiver, un rapport à l'évêque de Québec du succès de cetta première mission, qui avait été si fructueuse pour le salut des âmes, et si pleine de consolation et de douce joie pour le cœur du missionnaire. Digitized by Google — 13 — Mgr Hubert en fut si satisfait qu'il conféra à M. Bourg les titres et la jurid ction de grand-vicaire pour toute l'A- cadie, la Baie des Chaleurs et la Gaspésie, et combla le jeune et généreux missionnaire d'éloges bien mérités d'ailleurs. Voici comment IV véque s'exprime, eu lui conférant cette nouvelle dignité : " Le zèle qui vous rit abandonner l'Europe pour voua sacri- fier au saint de vos frère», p us chers à voire cœur par les sentiments do la religion que | ar ceux de la nature, ne trouve point d'ubhtaeleo insurmontables dès qu'il s'agit de gagner des à mes à Jésus Christ, la difficulté de-* ebemins, la mau- vaise humeur des piruplen quo Xous ne vous avons pas laissé ignorer et qui ne vous a p is épouvanté, l'incertitude du succès, rien de tout cela ne ralentit votre zèle ; à toutes ces représentations qu • noire aîbct on autant que notre devoir nous obligeait de vmw taire, vous ne Nous avez donné que dos réponses dignes d'un ministre de J.C. " Je ne suis venu avez vous dit. que j our les :iuies abandonnées do secours," de si beaux sentiments ne pouvaient que Nous plaire infini- ment ; ils ont en etî'ot pénétré iu-qu'au plus tendre et au plus intime de notre to ur. Kt pour entrer dans toutes vos saintes et pieu.-cs intentions, se< ondi r votre piété et esprit apostolique, Nous v. us avons revêtu et vous revêtons par les prés.-nti's de tons i o> pouvoirs." Durant les trois années qui suivirent. M. IVmii; visita la (Jaspétdo toute entière et la Haie des Chaleurs, des deux côtés jusqu'à Miscou. En 177H une mission au.-si délicate que dangereure lui fut confiée par l'Kvêque de Québec. I^or^qu'éclata la guerre américaine, bs sauvages excités par des émissaires de la Nouvelle-Angleterre, prirent une Attitude si menuyante, qu'on put craindre un instant à un soulèvement général. Cette révolte dans les circonstances difficiles que traversait la métropole, eût singulièrement com- ized by Google — 14 — pliqué la situation déjà si difficile par elle-même. Aussi Sir Richard IIughcs,alors lieutenant-gouverneur de la Nouvelle- Ecosse, écrivit-il à cette époque au gouverneur général, dont la résidence était à Québec, le priant d'insister auprès de l'Evêque catholique de cette ville, pour qu'un missionnaire se rendit immédiatement parmi les tribus en pleine efferves- cence. L'abbé Bourg qui était alors à Carleton et qui jouissait d'un grand ascendant sur l'esprit des sauvages dont il con- naissait la langue et les mœurs, était l'homme désigné par les circonstances pour cette difficile mission. Aussi Mgr do Québec s'empressa-t-il de lui envoyer un exprès pour l'en charger. N'écoutant que lu voix du devoir et le désir de son évoque, M. Bourg, accompagné de deux sauvages, partit aussitôt. Il parcourut toutes les bourgades depuis la rivière Saint-Jean jusqu'à la Nouvelle-Ecosse. Il réunit complè- tement à pacifier les Micmacs, sur lesquels avait passé un souffle de révolte, leur lit renouveler leurs promesses de fidélité et de loyauté à la couronne britannique, et en retour, eût depuis lors ses coudées franches à Halifax et dans les missions des provinces maritimes, dont il sut user largement au profit de ses coreligionnaires et pour l'honneur de la reli- gion. Sur sou avis, les familles irlandaises d'Halifax présentè- rent en 1783, une pétition à Sir Andrew Snape, qui avait remplacé Sir Jiichard Hughes, en 1781, comme lieutenant- gouverneur de la province, dans le but d'obtenir des mesu- res plus libérales et plus tolérantes pour le libre exercice de leur religion. En réponse à la demande qui lui était adres- sée,par l'intermédiaire du gouverneur, la législature décréta abolies les clauses .injurieuses et iniques qui privaient les sujets catholiques de Sa Majesté, dans la Nouvelle -Ecosse, du droit de possession et de la liberté do pouvoir pratiquer ouvertement leurs devoirs religieux. C'est de cotte époque Digitized by Google — lo- que commence l'émancipation des catholiques de la Nou- velle-Ecosse. Sir Richard Hughes, voulant témoigner sa reconnaissance à M. Bourg, d'une manière encore plus sensible, lai fit con- céder gratuitement l'Ile aux Hérons et quatre milles de terrain sur les côtes du Xouveau-Brunswick, en face de Car- leton. En outre un certain lopin de terre où se trouve ac- tuellement les édifice» religieux de Carlcton jusqu'à la pointe dite des Bourgs. M. Bourg céda une partie de ce terrain à eon départ de cette paroisse. Le reste appartient encore à ses arrières neveux. La liberté religieuse ayant été rendue, grâce à l'influence de M. Bourg, les catholiques d'Halifax firent des démarches pour avoir un prêtre résidant au milieu d'eux, et faisaient les plus grandes instances. Le 1(5 juillet 1784. M. tiravé, vicaire géuéral de Québec, écrivait à M. Bourg pour l'en informer. Ils s'étaient d'abord adressés à l'évêque de Londres qui leur avait naturellement répon tu qu'Halifax n'était pas dans son diocèse. M. Bourg recevait l'injonction de se transporter à Halifax, d'examiner les choses par lui môme, et de lui en rendre compte ; combien il y avait de catholiques dans la ville et aux environs dans la Nouvelle Ecosse ; Si l'on pouvait y bâtir librement une église et une maison presby téralo ; quels étaient les moyens do fairo subsister un prêtre, et autres choses semblables. Le désir de l'évêque de Québec était que M. Bourg y fit sa résidence ; M. Le Roux, récemment arrivé de France, devait lui succéder dans les missions delà Baie des Chaleurs jusqu'à nouvel ordre. On prévoyait alon qu'Halifax deviendrait un des pre- miers postes, et les catholiques, grace aux démarches de M. Bourg, y avaient obtenu du parlement en faveur de la reli- gion catholiquo, des avantages que bien d'autres n'auraient Digitized by Google — 16 — seulement pas osé demander. M. Bourg savait parfaitement la langue anglaise, était vicaire-général du TEvéque de Québec, et avait toute sa confiance. Il était aussi chargé do dire à ces catholiques que l'évêquo no les oubliait pas, était très content du zèle qu'ils avaient pour leur religion ; qu'il avait en vue leurs intérêt* spirituels et qu'il travaille- rait de tout son pouvoir à les secourir. M. Bourg se rendit donc à Halifax durant l'été 1784, et fit son rapport à Mgr de Québec. Mais sa lettre fut perdue. Do retour a Carlcton, dans l'automne assez avancé, il écrivit de nouveau à M. Gravé, V. G. " J'eus l'honneur, dit-il, d'écrire à Mgr l'Evèque étant à Halifax dans lo courant de l'été dernier, quo je me confor- mais au désir de Sa Grandeur, qui était que je résidasse à Halifax ; M. LeKoux devait résider en la Baie des Chaleurs, et moi j étais sur mon depart d'IIaiilax pour chercher mes effets en la Baie et retourner au plus tôt. J'ignore si cette lettre est parvenue à Sa Grandeur et c ost ce qui m'oblige do vous écrire la présente. Le trajet d'Halifax à la Baie m'a pris tiois semaines, et dans une tempête qui dura trois jours sans discontinuer, tout l'équipage tut déconcerté excepté le capitaine. Je lus obligé Oe servir de matelot pour me sau- ver la vie, et à mon arrivée je tombai malade, tant j'avais essuyé de fatigue et de froid. Cette indisposition m'a retenu dans la Baie ; Si Dieu me conserve, j'espère me transporter à Halifax ce printemps pour y faire ma résidence jusqu'à novivel ordre do mon évéque. " Quant à M. IajKoux, qui est un très digne prêtro, il est maintenant d'un âge si avancé qu'il lui est impossible do desservir tous les endroits éloignés et même les moins éloi- gnés durant l'hiver. Ainsi, je crois qu'il serait à propos, si Sa Grandeur l'avait pour agréable, que M. LeKoux vint résider où je suis, qui est maintenant l'endroit lo plus consi- dérable do la Baie, puisqu'il y a 78 habitants ; neuf lieues — 17 — plus haut, est la mission de Ristigoucho, qu'il pourrait en- core desservir, ainsi que les endroits Pégéguit et Caraquet, où il peut y avoir on tout 40 habitants. Le second endroit le plus considérable est Bonaventure, douze lieues plus bas que Tracadièche et toujours du côté nord, où il y a environ 60 habitants. Quatre lieues plus bas, est un endroit appelé Paspébiac, où il pout y avoir 25 habitants ; ensuite, Port- Daniel, Pasbeau, la Grande Rivière et Percé. Du côté sud de l'ouverture de la Baie, se trouve Miraniichi, où il peut y avoir 20 familles et quantité de sauvages; plus loin, Cocagne et Alemramcouk, où réside Al. LcRoux, parce qu'il y a 100 habitants au moins. Ne serait-il pas possible de placer un jeune prêtre à Bonaventure, pour y résider dans ie cours de l'hiver ? L'été, il parcourrait Ich dill'érents endroit* que j'ai nommés. Al. LeUuux pourrait suppléer pour les malades pendant son absence. Je buis persuadé que votre zèle apos- tolique vous excitera à faire tout ce qui dépendra do vous pour favoriser cet arrangement. " L'arrivée à Halifax' du P. Jonos dérangea tous les plans de M. Bourg. Le P. Jones était de l'ordre des Capucins, qui avaiont fourni déjà, sous la domination française, plusieurs mission- naires en Acadic. C'était un homme instruit et fort distin- gué. Il y bâtit une église et y exerça le* fonctions de vicaire général, que lui contéru l'évêquo do Q iébec. 11 fut bientôt rejoint, dit l'abbé Casgrain, par deux prêtres français, M. Allain et M. Lejamtcl de la Bloutorie. L'abbé Allain s'en alla évangéliser le groupe acadien lo plus inaccessible et le plus délaissé do tous, celui des lies do la Madeleine. AI. Lo- jamtcl de la Blouterie eut on partage l'île du Cap Breton,e t se fixa à Arichat, où vint bientôt lo rojoindre un autre exilé do France, l'abbé Champion, comme lui du diocèse d'A- vranches. Digitized by Google — IN — M. Bourg demeura donc en la Baie des Chaleurs et vit ainsi se rétrécir le champ immense de ses missions. En 17.S*», M. Bourg tongea a faire bâtir une nouvelle église à Carleton, pour tous les établfcfements depuis Cascapédiao jusqu'à la Nouvelle. Ce qui l'engagea à entreprendre cette construction, ce fut l'activité que prit alors le commerce du poisson ù cet endroit. Aussi, la population s'était considéra- blement accrue. Mais Its difficultés qu'il rencontra pour le choix du site de lu nouvelle église, qu'il vouhâit voir élever à peu près au même endroit que l'ancienne, lui fit renoncer pour le moment à [ entreprise. Voyant la mauvaise .volonté dus habitants et la division s'accentuer davantage, M. Bourg transporta sa résidence à Bonuvt mure. Ce fut une rude épreuve pour h- s habitants de Carht« n qui, malgré leurs malheur* 'lises divisions, esti- maient beaucoup leur pasteur. Au&m firent-ils des instances auprès de l'évêqne de (Québec | our réinstaller M. lïourg au milieu d'eux. M. Bourg résolut alors de demeureralternati- vement dans les deux pi; ces. Cette même année 17So\ M. Bourg reçut un auxiliaire dans la per.-onno de M. d'irouard. autre prêtre acadien, qui fui chargé des missions de Bistitfouchc, Xi| is>iqui, Caruquet et Mirnmichi. Il se fixa X Cnniquct. comme étant le poste le plus important. M. Cirouard fonda plus tard le séminaire de Saint II vai int be. P. Q. Kn 17W»,Mgr Hubert ayant réiflé le différend et fait cesser I es divisions à ]>Topos de la construction do la nouvelle église, ordonna de bâtir ù l'endroit désigné par M. Bourg. On com- mença incessamment les travaux. Le 1er octobre 1787. M. Bourg haptisùt, à Carleton, un enfant dont il fut ( n même temps le parrain, qui devait jouer un grand rôle dans le momie politique du temps, et qui est une des plus belles gloires de Carleton ; la marraine fut sa ftt'iir, Mu rie Madeleine Bourg : C'était Joseph- René — 19 — Vallières de Saint-Itéal qui, grâce à la haute protection de Mgr Plessis, évêque de Quebec, fit un cours d'études, devint le premier avocat de son temps, député du comté de Cham- plain, et enfin juge. En 1791, M. Bourg visita tous les pontes soumis à sa juri- diction et en rendit compte à l'évêque de Québec, de retour à Percé. " J'informe Votre Grandeur, dit-il, que grâce au Seigneur, jouissant d une bonne santé, j'ai fini do parcourir nord et sud, toutes me» missions, de sorte qu en trois ou quatre jours je partirai de Percé, où je suis depuis quelque temps, pour retourner à la Jiaie et l'aire une mission à Caraquet. J'y suis allé ce printemps, mai» ces pauvres gens ne pouvaient avoir recours à moi dans le cours do l'hiver. J'ai reçu les Saintes Huiles, pour lesquelles je vous remercie, et le mandement à l'égard de la suppression de quelques tetes. J'ai lu ce man- dement en chaque lieu et m'y conformerai, ainsi que tous les habitants. On ne voit que misère en la Baie, cette année, attendu que la pêche au saumon et la chasse ont presque entièrement manqué ; la pèche à la morue est fort médiocre, mais la récolte est assez bonne. C'est un malheur qu'on no soit pas plus porté à cultiver avec soin. Quelques habitants de ma paroisse (Carleton) recueillent déjà depuis quelques années plus qu'ils ne dépensent. J'espère que cet exemple inspirera aux autres, qui vivent très~mal dans le cours de 1 hiver, le désir de les imiter." Jusqu'en 171» 1, M. Bourg avait plus do 4U0 lieues de mis- sion. Il fut déchargé, à cette époque, de tout le territoire situé au-delà de la rivière Miramichi. Tout le reste de l'A- cadie était confié au P. Jones et à ses confrères français. 31. leKoux ayant fixé t»a résidenco à Memramcouk, en 1784, fut aussi chargé des missions de Cocagne et de Kichibouc- tou, qui venait de se coloniser. xi by Google — 20 — En 1794, M. Bourg, qui jusqu'alors avait joui d'une forte santé, commença à se s-entir épuisé, et étant devenu incapa- ble de î emplir les fonctions si difficiles de missionnaire, de- manda ton rappel. Mgr de Québec, qui avait en haute estime M. Bourg, le transféra à l'importante cure de Saint- Laurent, près Montréal, à. l'automne 1795, dans l'espoir que le repos bien mérité par 20 longues années d'un pénible ministèle rétablit ait sa précieuse santé. Mais il ne fit que languir et s'éteignit pieusement dans le Seigneur, après avoir reçu tous les recours de la religion des mains du grand vicaire Poux, de Montréal, le 20 août 1797, à l'âge de 53 an», 2 mois et 11 jours. Le lendemain, eurent lieu sos funé- railles, au milieu d'un grand concours de peuple et de tout le clergé de Montréal. Ses restes funèbres forent déposés sous les dalKs de l'église Saint Laurent, oh ils reposent de- puis plus d'un siècle ; mais sa mémoire et bon souvenir ont traversé les ages et demeurent encore vivaces parmi les peuples qu'il a evangelic' s. L'abbé E.P. Chouixard NOIîLESSE OBLKJE La noblesse do sung remonte à un millier d'années, mais il ne faut pan eroire que noblesse ob'iirc ait été dit à l'époque de Charlemagne. < Ys deux mots qui ont retenti duns l'u- nivers civilisé no datent que de 17*8 ; ils ont élé prononcés aux Etats (ténéraux par < Ja^ton Pierre-Mare de Lévis, fils du général qui succéda h Montcalm daus le commandement des troup< s du CYnadn. T/i noblesse mourante trouvaeotte expression qui la définissait elle même dans son sens le plus radieux. Vers 1803. M. de Lévis publia un ouvrage d'ingénieur dans lequel il expliquait la possibilité de creuser un tunnel sous la Manche et de cette manière communiquer de France en Angleterre. Bknjamin Sultb REPONSES Jean Martel, (II, XII, 260.)— "Joan Martel, écrit M. Auguste Richard (Recherches Historiques, vol. IV, p. 243), eut vingt-neuf enfants de ses qtialre femme», dont il a épousé la dernière on 1743." Pour l'amour de ta vérité, nous croyons devoir lui enlever trois des dites femmes et vingt un de* dits enfants. Les rai- sons sont qu'uu commencement de 1745, M. .Iticrau, curé de Québic, trouva, en faisant le recensement dosa paroisse. rue Saint Nicolas, près du Palais, Marie-Anne Robincau-Rou- ville, â<;éc de 64 ans. veuve de .lean Martel, et que. dès 1732, au mariage de son fils, Jean Martel est mentionné comme défunt, Murie-Anne lïobincau HouviHc, d'après Tanguay, vol. 5, page ;»2î». était la première femme de Jean Martel ; il n'en époisa donc pus d'autre t-uliséqucmmcn t. Mais, nous direa-vous, cela n'empêche pas qu'il lui reste encore neuf enfants, vous n'en suppritm z que vingt. Attendez : ouvrons le registre de Québec au 4 juin 1717, et nous voyons que Lou s Joseph Martel, baptisé à cette date, est Ills d'un autre Joan Martel, marié à Jeanne Roulois. le 27 juin 1712, au Château Richer. Pone, le fameux Jean Mai tel, en fin de compte, n'avait qu'une femme et huit infants, dont deux furent prêtres et can's de Saint Lament, Ile d'O'léans ; le premier recul la visite du général Wolfe en 1759 (Recher- ches Ilistcriques. vol. 111, p. ÎM)). Vu fut écrivain et gar- de magasin du Roy, à Québec ; un, directeur des forges de Saint Maurice ; un autre, Pierre Michel, était avec sa mère, en 1745 ; deux moururent en bas âge, et l'aîné, dont nous n'avons pas d'autres traces que celle du recencement de 1716 et son acte de haptérne II naquit lo 4 décembre 1703, à la rivière Saint- Jean. Acalie, où habitaient se* père et mère, et fut ondoyé, en l'absence du missionnaire, par M. Charles Datnonr de Louvière, seigneur do la Métapédiac. Le8 cérémonies du baptême lui furent suppléées le 4 novembre 1705, à Québec. Il eut le nom de son aïeul et parrain, Pierre liobineau, seigneur de J3écancour, baron de Portnouf et . grand voyer, et pour marraine Jeaune-Elizabetb Lemire, femme de Pierre Leuumont (Œaumont) de Beau regard, ancien huguenot qui avait abjuré à Québec, le î'ï novembre 11568, entre le» mains du grand vicaire Jean Ludouyt. En 1716, M. Martel, avec sa famillo, demeurait à Québec, au faubourg Saint-Nicolas ou du Palais, où nous retrouvons sa veuve, en 174iï. D'ailleurs, il était écrivain au Magasin du Roy, ce qui faisait mieux sou affaire que sa seignourie de Magos, à l'Acadie. Le second tils, Francois, out pour par- rain, le 7 mars 1706, Robert Lesnoyors, garde magasin du Roy, et pour marraine, Marie Anne Rivard, femmode Fran- çois Dumonstier (Dumontier), secrétaire du gouverneur- général. Jacques- Urbain Rocbert de la Morandiùro fut par- rain de Jean- Urbain, baptisé le 8 janvier 1708. et Madame Charles de Monseignai, Madeleine-Marguerite «le Lesnerac fut sa marraine. Ije *J0 septembre 17l0,fut baptisé Jean-Bap- tiste (irég.-ire : parrain,Jean -Baptiste Lemaud (Allemand), marraine, Louise Lalemand ( Allemand), femme do Jean Brousse. Le parrain et la marraine de Antoine-Nicolas fu- rent, le 30 octobre 1713, Robert Antoine Desnoyers et Fran- çoise Langlois.femme d'Ktienne (.iuieboti. Francois, le sixième tils, eut pour parrain, le 16 septembre 1715, Francois Fou- cault, et pour marraine, Agathe Legardeur de Kepentigny, de Saint-Pierre. Le septième onfant, la fleur de lys, eut un baptême remarquable. C'était le 2 mai 1719. Le jeune tils du gouver- neur, François Rigaud de Vaudreuil, âgé do 17 ans, alla chercher au palais do l'Intendant une toute petite marraine, mademoiselle Jeanne-Elisabeth Françoise Bégon,qui n'avait pas encore quatre ans, et l'on se dirigea vers l'église parois- siale pour le baptême du nouveau-né, qui devait s'appeler ■ — 23 — Pierre-Michel. M. Martel accompagnait le comptage com- me dans toute» les autres occasions semblables, et l'Inten- dant avait adjoint M. G uiebon, un de ses fidèles employés, pour aider la marraine à tenir l'enfant sur les fonts baptis- maux. La cérémonie terminée, l'acte fut drossé ; il termine ainsi : ''marraine, Jeannc-ElUabeth-r>ançoise liégon, fille dit V Tntc ndant, qui a déclaré 'ne savoir .v moV notre future j>ct i te marraine. " Le | an-i.in, dit l'acte, a été Messirc François H'gon. the- v.dier, conseiller du ftoy en m a conseils, ey-devant grand- maître des Faux et Forêts do France au département de Mois et Boni, demeurant iV Marseille, en vertu de la procu- ration sp/cialo. palpée au sieur .lean Martel, bourgeois de cette ville, seigneur de Magos à l'Acadic. par Olivier et Ardisson, notaires de Marseille, en date du 27 janvier 17 lt>, et la marraine a été Dame Marguerite -François Pi«rnart, veuve Je défunt Mesure François de Ileanharnni*, c-hevalier, seigneur do la Boisehe, demeurant e n la ville d Orléans, en vertu do sa procuration spéciale, jïassée à Orléans le 5èrae mars 1710. par Bruèro et Ponllain, notaires en la dite ville Digitized by Google — 24 — d'Orléans, à Marie- Anne Robincau-Rouville, épouse du dit sieur Martel, soussigné. (Signatures), Béoon J. Martel Beauharnois Béoon M. -A. Robineau De Varenne. Mademoiselle Bégon fut donc marraine du fils des procu- reurs do ses parrain et marraine. Le dernier dis de Jean Martel et Mario-Anno Robineau fut Joseph-Nicolas, présenté au baptémo le 21 avril 1721,par Nicolas Lanouiilor, trésorier de la marine, et Catherine Chauniôre, femme de François Foucault, fils. Il devint prêtre et succéda à son frère, François, né en 1706 et mort curé de Suint-Laurent, île d'Orléans, en 17b"3. Jean Martel mourut à Québec subitement après avoir vécu en bon chrétien et fut inhumé le 8 novombro 1729 âgé d'environ b'3 ans. Sa femme Marie-Anne Robineau Rou- ville mourut entre 1745 et 1747. Quant au Jean Martel à trois femmes et vingt enfants, débris de l'échafaudage de M. Béchard, d'après Tanguay, nous laissons volontiers à d'autres le soin de vérifier son exis- tence. A. R. Le pain bénit, (IV, IV, 438.) — La reddition des comptes du marguillier en charge du Sault-au-Récolletpour l'année 1738 fait mention do l'item suivant : " Pour deux amendes de ceux qui n'ont point donné le pain bénit, 4 livres," ce qui indique que le pain bénit était obligatoire à l'église paroissiale. Cette pratique séculaire dans l'église perpétuait le souvenir des agapes primitives et symbolisait la participation de toute l'assistance au banquet divin. Klle a fini par être mal com- prise et circonvenue par les efforts d'un faux zèle : la vanité fui a donné son coup de mort. Elle donna lieu aux rivalités parmi les paroissiens et devint uno source de difficultés et de discordes que la cérémonie do paix aux balustres était loin de faire disparaître. Digitized by Google — 25 — Dès 1G45, le Journal des Jésuites signale ce malheureux état de choses. " Le pain bénit du dimanche fut transporte au lundy, jour de la Circoncision. Monsieur le Gouverneur le donna. Il y eut quelque parole ensuite. a qui on le donnerait après lui, et il fut trouvé plus* il propos de le donner aux marguil-' lior, M. GilFard et M. de» Chastelet. et puis commencer par haut de la côte de Saint-Geneviève comme par une rue ; puis revenir par en bus, comme par une autre rue, et continuer de la sorte. Le père Vimont en dressa un catalogue. " Cette precantion du Père Vermont arrêta pour un temps les difficultés, mais bientôt il fut question de la toilette de pain bénit. Les dames se chargèrent naturellement d'épinglerles fes- tons. Citon* le JournaVJles Jésuites (164fi) : " Le dimanche devant la Soptuajjésime, Madame Marsolet devant faire le pain bénit, désira le présenter avec le plus d'appareil qu'elle pourrait ; elle y fit mettre une toilette, une couronne de bouillons de gaze ou do linge, à l'entonr. Elle désirait y mettre des cierges et des quarts d'écus aux cierge, au lieu d'écus d'or, qu'elle eût bien désiré y mettre ; mais voyant qu'on ne lui voulait point permottre, elle no laissa pas de le faire porter avec la toilette et la couronne de bouil- lons ; mais devant que le bénir, je fis tout oster, et le bénis avec la même simplicité que j'avais fais les précédents, et particulièrement celui de M. le Gouverneur, crainte que ce changement n'apportent de la jalousie et de la vanité." On le voit, le pauvre pain bénit courait déjà des dangers sérieux ; c'est encore étonnant qu'il ait pu résister à de si perpétuels murmures. Bans nos compagnes, on y allait avec beaucoup plus de modération ; les habitants étaient animés d'une piété réelle à ce suje t. La dépense seule ralentit le zèle. Aussi les curés, sans Digitized by Google — 20 — vouloir tout do suite en finir avec l'usage, favorisèrent son abolitipn. L'abbé Cils- P. Blai bien Doll a rd et ne* romp/tf/noiut. (Ill, VI, XiO.) — Ces en lGb'O qu'un jeune homme, Dullard des Ormeaux, ee met à la tête de *>cize compagnons d'armes, et forme avec eux le généreux dessein d'aller à la rencontre d'un grand parti d lroquois, qui devait bientôt fondre sur Montréal, Trois Rivières et Québec. Avant d aller affronter courageu- sement la mort, tou» ce* jeunes braves s'approchent religieu- sement des sacrements, et en présence des Saints Autels s'en- gagent par un serinent solennel à no demander et à n'accep- ter aucuu quartier, et à combattre jusqu'à leur dernier souf- fle de vie. Trois cents Iroquoi» descendait alors la rivière de Outa- ouais, pour rejoindre un autre parti de cinq cent* aux îiesdu Kichelieu, et fondre tous ensemble sur les T rois-Rivières et sur Québec. Dollard les rencontre au pied du Long Sault (aujourd'hui Carillon), sur la rivière des Outaouais, à huit ou dix lieues audessus de l'île de Montréal. Il y cantonne sa petite troupe, et y engage le combat contre ces troiB cents ennemis, forti- fiés par l'arrivée soudaine de cinq cents autres Iroquois du Richelieu. Ainsi assiégés par huit cents ennemis^es dix sept braves Français se battent comme des lions, se défendent à coup de pistolet et d'épée, avec une ardeur de courage et d'intrépidité qui étonne ces barbares. Il était cependant impossible qu'un si petit nombre de braves pût longtemps résister, et c'était une nécessité pour eux de tomber enfin au milieu d'un si affreux carnage. Après huit jours de résistance le brave Dollard reçut le coup mor- tel, mais la mort de ce héros, loin d'ébranler le courage de ses compagnons, sembla les avoir rendus plus audacieux et plus intrépides. Chacun d'eux enviait une mort si glorieuse Digitized by Google lorsque les Iroquois, renversant la porte du fort, y entrent en foule, et voient fondre sur eux le petit nombre de Fran- çais qui restaient encore. L'épée d'une main, le couteau de l'autre, ces braves jeunes gens frappent do toutes parts aveo une telle ardeur que l'ennemi perdit jusqu'à la pensée de fairo des prisonniers, afin de se défaire au plus vite de ce petit nombre de combattants qui en mourant les menaçaient d'une destruction générale, s'ils ne se butaient do les exter- miner. Effrayés de cette résistance, les Iroquois se retirèrent au plus tôt, ot toute la colonie fut sauvée. Nous avons retrouvé, dans les minutes du greffe de Mon- tréal, le testament de la plupart de ces braves, passé le 16 avril 1060. Une clause entre autres se lit comme suit : " Désirant aller en parti de guerre avec le Sieur Dollard, pour courir sur les Iroquois, et nesacbant comment il plaira à Dieu de disposer de ma personne dans ce voyage, j'insti- tue, en cas de mort, un héritier universel de tous mes biens, a la charge de faire célébrer, dans la paroisse de Vil le -Marie, quatre grand'metses et d'autres pour le repos de mon ûme." Compagnons de Dollard des Ormeaux : Jacques Brassier, figé de 25 ans ; Jean Tavernier dit La Ilochetiére, 28 ans ; Nicolas Tillemont, 25 ans ; Laurent Hébert dit Larivière,27 ans ; Alonie DeLestres, SI ans ;. Nicolas Josaelin, 25 ans ; Bobert Jurée, 24 ans ; Jacquos Boisseau, 23 ans ; Louis Martin, 21 ans ; Christophe Augior dit Desjardins, 26 ans ; Etienne Robin cZjfDesforges, 27 ans ; Jean Valets, 27 ans ; Etienne Doussin, sieur de Ste-Cécise, 30 ans ; Jean Lecompte 26 ans ; Simon Guenet, 25 ans ; François Cuason dit Pilote, 24 ans. Nicolas Duval,Mathurin Soulard et Biaise Juillet avaient péri dès le début de l'expédition le 19 avril 1660. Mgr Cyprikn Tanguait — 28 — La " ffni(/nolée". (V, III, 591.) — Lu guignolêe est une ancienne coutume consistant à se réunir en bande, dans la nuit du 31 décembre, pour al Ut souhaiter la bonne année aux aniis et connaissances, oi faire une collecte pour les pau- vres, en chantant la chausou de la guignolêe. Le chant de la guignolêe a déjà eu lu privilège d'occuper l'attentioti de plusieurs écrivains de France et du Canada. M. Ampère, entre autres, fait remonter l'origine de ce re- frain a l'époque druidique, quand les prêtres de i'antiquo Gaule faisaient, au nouvel un, la cueillette du gui sur les chênes des lorêls sacrées, en jxmasant le cri de réjouiffam e : — Au gui l'an neuf. Au reste, en plusieurs localités du Ca- nada, guignolê se dit nguitanleu, et encore aujourd'hui, en France, suivant les régions, ou emploie la gui -Van n*;u, la guillannêe, lu gui Cannêau. Comme contrepoids à lu thèse de M. Ampère, certainH éty- mologistes prétendent, do leur côté, que la guignolêe vient des anciens Phéniciens qui, dans la Gaule, avaient conservé la coutume de s'envoyer réciproquement, une fois l'an, dos pots de blé vert en nigno de consolation et de réjouissances t en échangeant la formule connu : — Eghin on eit, c'est-à- dire le blé naît, la vie ressuscite. Quoiqu'il en soit do ces différentes hypothèses, une filia- tion directe paraît exister entre notre guignolêe canadienne et certaines coutumes du Xouvel An encore aujourd'hui pratiquées, dans les régions de Franco d'où sont venus la plupart de nos ancêtres. Ainsi, en Saintonge, la tradition s'est conservée de parcourir, au nouvel an. les rues des vil- lages, en promenant un " aiguillon do bois tout neuf " dans lequel on embroche lea couennes delard reçues au passage. Cette promonade de l'aigaillon s'appolle alors VAyilonneu ou la Guilannê. Dans l'ancienne province du Perche, on ap'(>elle los pré- sents du jour de l'An : los êguilas, par allusion, soutiennent Digitized by Google — 29 — les fidèles de M. Ampère, à la coutume druidique qui était de distribuer le gui de l'an neuf sous forme d'étrennes, au commeceument de l'année. Kn d'autres régions du Norman- die, ce* sortes de cadeaux bc nomment encore d* s aguignet- fes . Sylva Cl afin lAl Pother ie. (V, Vil, 641.) — Ce nom rappelle celui de l'un dee premiers seigneur» qui travaillèrent efficacement à coloniser le domaine de la Nouvelle-France. J acquêt* le Neui de la Potherie, arrivé en 1636, était por- teur dan privilège de la compagnie des Cent Associés, en date du i5 janvier de la même année, lui accordant une lioue et demi de terre le long du fleuve St-Luurent sur trois lieues de profondeur. Onze ans après, le Lu* avril 1647, par le titre qui lui tut donné, confirmant iu privilège de 1636, on voit que M. de la Potherie avail (de 1636 à 1647) cultivé et tait valoir se» terres, quittaient ni tuées entre '* le ruisseau de la Roche et le cap du rfauit," rive nord du fleuve ;— c'est la seigneurie, plus tard baronnie, de Portneui. Voilà donc, entre 1636 et 1647, un commencement d habitation en cet endroit. Le H avril 1647, le Journal des Jé&uttet dit que des Algon- quins, qui étaient descendus des Trois Kivieres à Québec pour engager le gouverneur-géutral a déclarer la guerre aux Iroquois, s'en retournèrent ,mais" n'allèrent que jusqu'à la Potherie.'' Le 17 août ouivant, le même Journal enrégi- tre u la nouvelle de la prise de 6 ou 7 Aigouquins par les Iroquois à la Potherie. ' Le M juin 16ol, même source: « Un Algouquin pris par les Iroquois vers la Potherie. 11 allait aux Trois- Itivières." Ce que l'on appelait la Potherie était évidemment un lieu situé eutre les Trois liivières et Quebec. Or AI. do la Pothe- rie, gouverneur des Trois-Kivières, l'uudoa hommes les plus remuants de cette époque, possédait, comme on l'a vu, la seigneurie qui a pris plus tari le uom de Portneuf après le mariage de sa tille avec M. Kobineau de Bécancourt lequel — 30 — fit ériger la seigneurie en baronnie sous le nom de Portneuf. On peut, en toute certitude, prendre ce terme " la Potbrie" pour la désignation de* terres de Portneuf, d'autant plue que lea concessions faites antérieurement à 1647 entre Qué- bec et le* Trois- Rivières ne nous permettent pas de supposer que l'on peat d onnrr à aucunes d'elks le rom de la Pothe- rie, si ce n'est à celle de M. de la Potherie à Portneuf. Poursuivons. En 1668, à Québec, se mariaient, le même jour, Michel Goron avec Marguerite Robineau,Gilles Masson aver Jeanne- Marie Gaultier^ Pierre Toasignant avec Marie-Madeleine Philippe. Tous trois sont désignés comme " habitants de la Potherie." Marguerite Robineau n'est pas citée comme parente de M. Eené Robineau de Bécancour qui avait épousé, en 1652, l'une des filles de M. de la Potherie ; cependand elle était, comme lui, de la ville de Paris, et son mariage avec un colon de " la Potherie " seizo ans après, alors que M. Robineau avait sans doute des intérêts dans l'administration de la sei- gneurie de son beau père, paraît confirmer la croyance à une parentée entre eux. Au recensement de 1681, en remontant le fleuve, on paese an endroit marqué " Portneuf," ensuite rétablissement de M. de Chavigny, puis on rencontre " Saint-Charles des Ro- ches" qui paraît être l'ancienne place de la Potherie ou *• ruisseau de la Roche." Le deuxième habitant que l'on y voit est Gilles Masson, âgé de 48 ans, sa femme Marie- Jean- ne (Gaultier) 42 ans, avec trois enfanta dont l'aîné a 12 ans. Trois terres plus haut, il y a Michel Goron, 46 ans, sa femme Marguerite Robineau, 40 ans, avec trois enfants dont l'aîné a 11 ans. Entre 1647 et 1681, il me semble que voici assez de preu- ves pour soutenir que la Potherie était située dans le haut de la seigneurie de Portneuf, ou au bas de celle des Grondi nés. Benjamin Sultk Digitized by Google — 31 — Le père du vhevatler Tonty. (V, XI, 674.)— Le père d'Henry de Tonty était un banquier napolitain, jouis- sant dune certaine renommée comme financier. Kn juillet 1647, le*» lazaroni de Naples m révoltènnl contre une me- sure arbitraire que voulait leur imposer le vice roi espagnol le duc d'Arco* ; et, le célèbre peintre .Sulvator Ro*a ainsi que Lorenzo Tonty, turent du nombre de ceux qui se joigni- rent aux pêcheurs italiens que commandait Masaniello. Tonty B'empara de la forteresse de Gacte. près do lu ville, et •'y maintint durant le siège éphémère do Masanillo. Ce der- nier, grisé par le succès d'abord obtenu, voulut jouer au despote, mais ses partisans qui refusaient d'acce{>ter Us im- pôt» du duc, ne pouvaient tolérer en lour propre chef des caprices tyranniques ; c'eût été tomber de Charybde eu SIus de guide, et la zizanie régnant parmi eux, Tonty les abandon- na et se réfugia à Pari*, où son concitoyen, le cardinal Ma- zarin, alors premier ministre de France, exerçait une grande autorité. En ce temps-là, les frais de guerre et des fonctionnaires malhonnêtes avaient mis à sec le trésor royal. En 1653, Lorenzo Touty suggéra au cardinal un moyen de remplir la caisse du roi, par des emprunts et de* rentes viagères dont les extinctions profitent aux survivants : on les appela Tontines. Le premier essai n'eut point de réussite. L© gentilhomme napolitain, après l'échec subi dans son projet soumis à Mazarin, fut en défaveur et vit s'évanouir ses chances d'avancement, et pendant quinze années végéta tristement. En 1661», Lorenzo Tonty, pour un motif resté inconnu, fut incarcéré à la Bastille, d'où il ne sortit que huit ans plus tard, pour mourir misérablement, pendant que le gouver- nement de Louis XIV battait monnaie avec son invention. Réois Roy Digitized by Google — 32 — QUESTIONS 690. — JL l'abbé Desjardins dirait à notre peintre Plamon- don en 182G : 4i Toutes nos églises (de France) avaient été* pillée*, du temps de Robespierre, en 17«J3,par des millions de fripon*. Des spéculateurs avaient collectionné un nombre infini de tableaux volfs. Un de ces hommes fit banqueroute ; sa collection fut vendue, par autorité de justice. Je me ren- dis à l'encan, les tableaux étaient en piles dans une cour à Paris ; c'était une montagne de tableaux. Cette montagne me fut adjugée en bloc pour presque rien, comparativement à sa valeur réelle. Quelques jours plus tard, le cardinal Fesch, archevêque de Lyon, grand connaisseur, m'ordonne de faire transporter, chez lui, ma collection. Il en achète quelques- uns et me remet le reste ; c'est ce que vous avez reçu en Canada." Par qui furent achetés tous ces tableaux ? Croyez-vous qu'ils existent oncore ? Pinx 691. — Pouvez- vous me donner la date exacte de la cons- truction de l'ancien fort Jacques-Cartier? Est-ce avant ou après la chute de Québec que ce fort fut élevé ? Sold 692. — On lit au Journal des Jésuites, à la date du 20 mars 1649 : " Le jour de Saint Joachim se fît la vesture de la sœur de bologne dite de Saint-Dominique aux Ursulines." Quelle était cette sœur de Bologne ou plutôt de Boulo- gne ? B.EBD. 693. — Pourquoi donne-t-on le nom de Foulons aux anses que fait le fleuve Saint-Laurent à Québec et i Sillery ? X 694. — Les Hurons ont-ils réaidé à l'Anse Saint-Michel ou au chantier actuel de Dobell à Sillery où l'on voit encore l'an- cienne résidence des Jésuites ? Con. Digitized by Google — M*f"> Digitized by Google BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL. 6 FÉVRIER 1900 No. 2 SAINT-ALPHONSE DU SAGITENAY Sur la rivière géante du Saguenay, à vingt lieues de son embouchure, s'ouvre une baie qui paraît être plutôt le bras principal de la rivière. Elle s'avance à trois lieues dans les terres, sur une largeur de trois railles, et avec une profon- deur moyenne de trente brasses. C'est tout au fond de cette baie que se firent les premiers défrichements du Sagucnay, par une société formée à la Malbaie, en 1837, dite " La société des vingt et un." L'âme de l'entreprise se nommait Alexis Tremblay dit Picoté. De son nom, la première paroisse s'appela Saint- Alexis. L'année suivante, un nommé Mars Simard, de la Baio Saint-Paul, alla s'établir un peu plus au nord, toujours sur le littoral de la Baie des Ha ! Ha ! On allait chez Mars ; la rivière qui sépare les deux paroisses de Saint-Alphonse et de Saint- Alexis s'appelle la rivière à Mars. Il y avait 250 communiants, en 1839, lorpquo les curés Lévesque, de la Malbaie, et Decoigne, delà Baie Saint- Paul, vinrent en chaloupe donner une première mission à leurs anciens paroissiens. En 1841, M. Bourret, curé de la Mal- baie, y trouva 600 communiante. Le premier curé résident fut M. Chs Pouliot, ci-devant vicaire de la Malbaie. Il y passa deux ans et fut remplacé, en 1844, par les RR. PPa 0blat8, qui desservirent Saint- Alexis et les postes environ- nants jusqu'en 1853. A cette époque, M. L. Gill, vicaire a la cathédrale de Québec, devint curé de la Grande-Baie. Il se fixa d'abord à Saint-Alexis, puis, l'année suivante, à Saint* Alphonse. Digitized by Google — 36 — M. L. Otis le remplaça, en 1856 : sous M. P. Boucher, qui lai succéda en 1858, fat terminée l'église de Saict-Alphc-nse, la première en pierre bâtie au Saguenay. Puis vinrent MM. E. Morin, frère de l bon. juge Morin. (1864 67;. X. «iauvin (1867-6*). Geo. Potvin (1863 71), P.- A. Beaudet (1871 80). Jos. Sirois (1880 98), qui termina l'intérieur de l'église, et Henri Ci mon, le curé actuel. La baie des Ha ! Ha ! e»t le terminus naturel de la navi. gation saguenéenne et du chemin de fer du Lac Saint-Jean. " Que la locomotive vienne réveiller les échos de la Biie des Ha ! Ha ! et on verra les deux villatfes de Saint- Alphonse et de Saiot-AîexU («agrandir et se rapprocher l'un de l'autre ; et il y aura bientôt li une des plus jolies villes de l'Amérique." H. C. LA JUSTICE A LA FIX DU 17IEME SIÈCLE Dans un mémoire écrit en 1689 sur l'administration de la justice au Canada. on lit qu'il n'y a que les ordonnances enre- gistrées au Conseil Supérieur qui «soient suivies. (Archives du Canada, Cor. gén. vol. 10, pp. 593, 594). Le 10 mai 1691, M. de Champigny écrit au ministre : La justice hc read avec toute l'équité pos-ible, tant pour le civil que pour le criminel, sans longueur, ny procédures que le mo'.n* qu'on peut et bien souvent le Conseil lient l'a- près midy ou des jours extraordinaires pour sortir les parties d'affaire. " (Id, vol II, p. 465). D. CtlROUARD Digitized by Google LE MOULIN A VENT ET LA MAISON DE BORGIA LORS DE LA BATAILLE DES PLAINES D'ABRAHAM Où était co moulin à vent ut cette maison Borgia dont par- le le chevalier Johnstono, p. 43. •* Tho wind-mill and Bor- gia's House, upon the edge of tho hill the Canadians having sot fire to that house and chafed you from it you retook your former position." On trouve dans ce temps là plusieurs de ces moulins à vent dans la ville et ses environs. On pourrait croire de prime- abord qu il s'agit du mouhn de M. d Artigny, en face de Wolfe, sur le bord de la Butio-à-Neveu, situé précisément devant son aile droite au haut de la côte, sur l'emplacement de ia tour Martello No. 2, et à cent vorges de distance d'un Borgia (Augustin- Borgia Levasseur), sur la Côte à Per- rault, maintenant représenté par M. Guilmartin. Cependant il n'en est rien (l). Ce Borgia n est devenu propriétaire là qo'en mai 1790, et le moulin dont il s'agit était, ouivant Johnstone, vis-à vis l'aile gauche de Wolfe, déployée sur le coteau Sainte Geneviève, et laquelle paraissait tenter une descente vers le pont de bateaux sur la rivière Saint-Char- les, par l'ancien chemin qui y descendait de ce moulin. En effet, ce moulin se trouve indiqué sur plusieurs cartes «t plans, entre autres par Villeneuve, ltJ85, par LévU, 1760, Holland, 1785, par le plan gravédo 1775 sans nom d'auteur, et par lo plan de Perrault, aux Ursulines, jusqu'en 1700. (1) En prévision du siège par Levis, Murray fit sauter ce moulin le 22 janvier 1760, pour y ériger une redoute, block-house. C'était son ouvrage le plus avancé et la plus grande des cinq redoutes devant la ville de ce CÔté et dominant comme au niveau de la citadelle. Kl le était garnie de deux canons et considérée comme hors d'insulte. Lévis en arrivant la Ixini- barda. Un accident mit le feu aux poudres ; le toit fut emporté et un capi- taine et une vingtaine d'hommes furent blessés. Elle brûla jusqu'à terre. {Murray p. 33. Kiwx 11 p. 398). — îkS — Noua croyons qu'il remonte à Jean Bourdon qiy avait ob- tenu une concession de lerre. hcl Saint-Jean, avec ptrmission u if fnitirtiu moulin à cent faimmt ou LU et farine, suivant les titres primitifs énumt'n's dans un acte consenti parson fiU, Jean-François, à Charles Bu /.ire devant Mtre Beequet. no- taire royal, !e 28 août lfiTT, et porté au labier de l'Intendance du domaine de Sa Majesté, représenté par la compagnie de la .Nouvelle France. Jean Bourdon avait obtenu de la com- pagnie, le 11» mars 1G»J1, l'érection en fief de sa maison apje» k'e Saint-Jean, dans la banlieue de Québec. Les bornes de son terrain lui avaient été assignées le 23 mai 1C37. Cf. acte de foi et hommane, col. Il, p. 474, A. D. 172C. Ce moulin parait avoir été situé à l'endroit de la remise, des Chars Crbains, sur la courbe du chemin Saint-Jean, à son entrée dans la rue d'Aiguillon actuelle, lequel continuait alors de là par divers détours, suivant les accidents du sol, jusqu'à la porte Saint-Jean. Cf. Plan de 1775. Co ne fut que plus tard que la rue Saint-Jean qui se continuait tout droit dans la rue Saint Joachim, fut alignée et nivelée, telle qu'on la voit aujourd'hui, pour reprendre la courbe. Bourdon avait donné à un rocher en cet endroit le nom do La Roche Bernard, en souvenir d'un rocher semblable près de Notre- Dame d'Auray, en Bretagne. C'est au pied de ce même rocher que se faisaient les exécutions militaires, sous le régi- me anglais, comme n'offrant aucun danger pour fusiller les soldats. Ce même fief Saint-Jean devint la propriété de Michel Surro/.in, médecin du roi. et conseiller au Conseil Supérieur de Québec, comme adjudicataire, le 22 octobre 1709, entre autres, de divers immeubles vendus par autorité de justice sur M. de la Chesnaye. Co fief passa en diverses mains pour tomber en partie dans celles des Dames Ursuli nés de Québec et aussi de l'Hôtel- Dieu. Suivant ces plans le moulin aurait été titué à l'ouest d'un Digitized by Google chemin montant de la vallée Saint-Charles, tandis qu'au- jourd'hui il ne trouverait à l'est do la Côte-à-Sauvageau. Cependant on découvre dans un autre plan imparfait à l'Hôtel- Dieu de Québec, un chemin de convention entre ces Dames Religieuses et les Ursulince qui servait à monter le coteau et qui concorderait un peu avec le tracé sur les plans ci-dessus cités. 11 semblerait descendre dans la vallée par la oôte de la Négresse pour atteindre la rivière Saint-Char- les. Maintenant quel était ce Borgia et où était sa maison, dont les Anglais «étaient emparé à bonne heure, qui fut re prise et brûlée par les Canadiens ? C'est dans le recensement de Québec en 1716, publié par l'abbé Beaudet en 1887, que se présente pour la première sois en ce pays le nom Borgia, nom espagnol. Il fut donné au baptême, à Québec, lo 4 avril 1707, à François-Louis de Borgia, porté au recensement bous le nom de François de Borgia, âgé de 10 ans, fils de Fierro Le Vas- geur, menui&ier, âgé do 55 ans, et de sa seconde femme. Anne Ménage, âgée do 40 ans, demeurant rue qui est le long du jardin du Fort (des Carrières). Ce nom fut donné â l'enfant en l'honneur et sous le patronage de saint François de Bor- gia, canonisé dopuis pou (1671). Le Dictionnaire généalogique de Mgr Tanguay ne mention; ne pas plusieurs des onzo enfants alors vivants de ce couple Vol. V. p. 387. Il omet entre autres celui-ci né entre Barthélémy baptisé le 16 janvier 1705, dit âgé de 12 ans, et François -Ignace, dit âgé de 9 ans, baptisé le 4 septembre 1708. Ce même François-Louis Borgia Le Vasseur épousa en premières noces, 2 mai 1730, à Québec, Hélène Moreau, et en secondes noces, 27 août 1744, Marie- Joseph Catien. Kn 1759 il était donc âgé de 52 ans. Il portait simplement alors le nom de Borgia, que portent aujourd'hui ses descendants, — 40 — «t fut l'ancêtre de Joseph Le Valeur Borgia, avocat célè- bre dans sa profession, destitué par le gouverneur Craig en 1810 et élu député à l'Assemble Législative de 1800 à 1829. Dans tes Mémoirea, M. de (îuspé (p. 301) raconte qu'a- près avoir commencé s* s études de droit ehez'e juge en chef Sewell, il entra pour les continuer t lioz M. Borgta. Il faut en rabattre un peu du langage qu'il prôte à son deuxième patron sur le peu d'importance et d'utilité de la science légale ; à moins de prendre ce passage pour une boutade d'é- tudiant, ou un trait satiiiquc qu'on s'est plu de tout temps à lancer contre les gen* de loi, mais qui ne peut atteindre l'avocat Borgia. Pour en revenir à ce Francois Louis de Borgia, lo proprié- taire de la maison qui nous occupe, nous le retrouvons voisin du nord-est de l'habitation du même Dr Sarrazin, et de l'autre côté borné aux Dames Uraulines. Le 28 décembre 1758, sous le nom de François- Louis Borgia Levasseur, bourgeois, de Québec, il présente au greffier du domaine du roi un contrat do vente à lui faite par Simon Chamborland pardevant BItre Boucault, notaire royal, lo 26 novembre 1742, " d'uno terre en la censive de Sa Majesté, située au dit lieu do la côte Sainte-Geneviève (dite sise côte Saint-Jean au régistro) de 3 arpens do front sur toute la profondeur (sur 2u arpens de profondeur, dit aux régi"trc) à prendre depuis le chemin du Roi, vis à vis le terrain appartenant ci devant au Sr. Perthuis, jusqu'au chemin du Roy de la Grande-Allée, tenant au sud-ouest à l'habitation do M. Sarrazin ot à présent 6es héritiers, et d'un côté du nord est, aux terres ci-devant appartenant à M. (Rouer) D'Artigny et à présent aux Dames Ursulines " Lo titre du vendeur Chamborland provenait des héritiers Pinguet, suivant contrat passé devant Mtre Rageot, notaire ,royal, le 25 septembre 1723. — 41 - Il est naturel de croire que ce Borgia, bourgeois, ait d(k e bûtir une maison sur une propriété* d'une soixantaine d'arpents d'étendue aux portes de la ville, dont il jouissait depuis une quinzaine d'années. Comme cette maison a été incendiée, il est presqu'impossibîo aujourd'hui d'en déter- miner précisément le site, sinon qu'elle était près et dans la direction du moulin à vent, suivant le chevalier Johnstone, et construite au sud-est do la courbe de l'ancien chemin Saint Jean. Le plan de bataille dans Jofferys, p. 131, indi- que doux maisons à peu près vers cet endroit, sur le bord du chemin. P.-B. Casorain INHUMATIONS HATIVES On cite l'inhumation de M. le chevalier Louis d'Aillebout et do quelques autres personnages do cette époque, le lende- main de leurs dc'cès, comme des faits particuliers. Or, il sem- ble que c'était alors In coutume, et à la fin du siècle dernier, nous voyons cotte pratique encore en usage dans l'Eglise. C'oj-t ainsi quo l'abbé Bourg, curé a Saint-Laurent près Montréal et ancien missionnaire en Acodio et à la Baie des Chaleurs, ancien vicaire général de l'évêquo de Québec en ces lieux, fut inhumé dans Kéglite Saint Laurent, le lende- main do eon décès. Voici l'extrait de l'acte de sépulture. u Le vingt-un Août mil sept cent quatre vingt dix-sept,par nous Vicaire-(iénéral,a été inhumé dans le Sanctuaire do cette Eglise, le corps de Meosire Joseph Malhurin Bourg, curé de cette paroisse, décédé hier matin, âgé de cinquante trois ans, deux mois et onze jours, muni des sacrements de l'Eglise. Etaient présents Messiree Lemaire, Rivière, Houdet, Peri- nault, Désgarest, Orfroy, Prévôt et Chenet, t«>us prêtres qui ont signé avec nous. iioux, Vic.-Gén." Suivent les signatures des prêtres présents. L'abbé E.-P. Chouinard Digitized by Google — 42 — LE R. P. FRANÇOIS VAILLANT ET LE TESTA- MENT DE CLAUDE OMAR Je viens vous faire part d'un document datant de 1695, conservé dans les archives du gouvernement de Québec- et que j'ai eu l'occasion d'exhumer en ces derniers temps. Ce document, fort intéressant, est intitulé Réponse du P. François Vaillant, de la compagnie de Jésus, comme faisant les affaires des Seigneurs de la Prairie de la Magdeleine, aux demandes des marguillers de la paroisse de la dite seigneurie^ sur le testament de feu Claude Omar. Le cas soumis au R. P. Vaillant qui fut missionnaire chez les Tsonnontouans. était celui-ci : Un nommé Claude Omar, cultivateur, selon toute proba- bilité, do la Pruirie de la Magdeleino. fut pris un jour par les Iroquois, pendant qu'il travaillait à ses récoltes. Ceux-ci l'amenèrent à, la mission d Onneiout, l'attachèrent à un po- teau et le tirent brûler. Au lieu du supplice, Claude Omar, sentant qu'il ne pou- vait sortir vivant de la main de ses atroces bourrcaux,légua verbalement ses biens au R. P. Milet, qui l'assistait à sesder« niera moments. Le R.P. Pierre Milet, jésuite, était arrivé au pays, d'après Mgr Tanguay, le 5 août ltiGT, et avait été envoyé en mi«- sion, en ltîlH, chez les nations iroquoit-es. Il mourut le 17 janvier 1711. Chargé de se prononcer sur la valeur de ce testament qui faisait le R.P. Milet, légataire universel des biens de Claude Omar, le R. P. Vaillant examine la question au point de vue de la jurisprudence de l'époque, et conclut, après avoir narré tous les faita, a la nullité du testament. EUOÈNK ROUILLARD Digitized by Google — 43 — Réponse du P. François Vaillant de la compagnie de Jésus comme faisant les affaires des seigneurs de la prairie de la Magdeleine aux demandes desmarguillers delà parois- se de la dite seigneurie sur le testament de feu Claude Omar. Avant que les marguillere do la paroisse do la Prairie do la Magdeleino viennent en partage sur les biens de feu Clau- de Omar, comme ils le prétendent, il s'agit de décider si le testament du dit Omar est bon et recovablo, or je maintiens qu'il est nul autant que le peut être un testament. Tous les jurisconsultes distinguent trois sortes do testa- ments bons et valables. Le lor est le tostamont olographe qui doit être tout oscrit signé et cacheté do la main du testateur ; ecluy de fou Cl. Omar ne peut pas passer pour tel, puisqu'il no paraist icy aucun escrit pas mesme signé de sa main. Le 2c est le testament solennel passé par main de notai- re ot signé de deux témoins et du notaire ou bion de deux notaires tigné avant la mort du Testateur, je no crois pas encoro quo les dits marguillers veullont faire passer ccluyci pour testament solennel. Le 3o est lo testament fait en présence du curé ou du vi- caire ayant lettres do vicaire et en présence de trois témoins soussignés. Le P. Millet sur la déclaration duquel sont uniquemeut fondés mes parties no peut passer icy ny pour curé ny pour vicaire, n'ayant aucune lettre pour cola et n'a- yant paru à Onnéout en ce temps là que comme concaptif du testateur, autrement quelque prestre que ce serait qui se trouveroit par occasion à la mort do quelqu'un passerait pour curé ou vicaire, mais encoro mi sont les témoin-» requis en pareil cas ? Il reste le testament militaire auquel il semble que mes parties veullont réduire celuy dont il s'agit icy,raais il cons- to que feu Claude Omar n'estoit puinl soldat et ne l'a jamais Digitized by Google — 44 — eaté,quil n'a point esté pris en se battant, ny allant en guer- re, mais bien en faisant ses récoltes et dans son cbamp, qu'il n'avoît pour lors ny épée ny baston ny fusil et que par con- séquent, il n'a paB plus eu de droit de faire un testament militaire qu'une femme qui serait prise en faisant son ménage ou au coin de son feu,à moins que mes parties ne disent avec S. Ckrisostotne que "ojnnis Christianus naturalitcr est miles," mais il ne s'agit pas icy de la milice spirituelle contre les démons, le monde ou nos passions. On doute me*me si un soldat de profession prisonnier de gnerro peut tester, au moins ces sorte» do testaments nestoient pas reyns autrefois outre qu'un soldat morne en guerre ne peut tester qu'il n'y ait au moins deux tomoins, et icy il n'y a que lo seul P. Millet qui nous fu^c une déclaration en deux mots que Cl. Omar en mourant a laifsé la moitié de son bien à la paroisse de la Prairio et l'autre moitié aux missions Iroquoises. Je eçay que le P. Millet estant un homme de probité ne voudroit pas mentir ny engager sa conscience pour rendre témoignage d'une chose fausse, mais je scay aussi que les ordonnances n'ont jamais dit quo le témoignage d'un seule personno tant do probité soit-ello, puisse suffire pour la vali- dité d'un testament, surtout cette déclaration ne nous ayant été donnée et n'ayant esté écrite que 4 on» et demi après la mort du tci-tatcur. Car enfin qui nous a assuré que depuis un si long temps, le dit Père n'a pas oublié icy bien des cir- constances que luy déclara pour lors le déffunt et qui chan- gent peut estre ses intentions. Nous avons un exemple devant les yeux qui prouve com- bien il est facile de s'onblier en fort peu de temps. Mes parties dans leur requêto présentée à Mons. lo lieutenant * gouverneur général assurent que C. Omar a fait son testa- ment avant que destre conduit au lieu de son supplice et attaché au p:cquet ; ot dans la lettre qu'ils écrivirent au R. P, Bruyas du 29 octobre dernier et que nous avons entre Digitize les mains, ils parlent ainsy " Cl. Omar estent au poteau pour être brûlé, déclara au dit Pére qu'il donnoit etc., etc." et cependant et la lettre et la requeste sont écrites de la mesmo main do Mon». Geoffroy leur curé et très probablement com- posées par le mesme. Ainsy si dans l'espace de cinq mois, le dit curé s'est oublié, d'vne circonstance si considérable, que ne peut pas avoir fait le Père Millet dans l'espace de quatre uns demi. Au moins il conste qu'il en a oublié une bien essentielle dans sa déclaration car il ny a pas mis que Cl. Omar don- noit une partie de son bien aux missions Iroquoiscs et nom* memont a celle d'Onneiout où on le faisait mourir, et cepen- dant je maintiens qu'au rapport mesmo du dit Pèro ce fut l'intention du testateur, comme je le prouveray quand on le voudra et comme mes parties l'insinuent mesme dans leur requête. Il a donné ot laissé la moitié de 8es biens pour être emploiés à la conversion des eauvagfts, c'est-à-dire pour la conversion des bourreaux qui le devaient brûler et mettre à mort, comme ils l'ont fait. Ce sont leurs propres tortnos. Or je die que cette circonstance est essentielle parcequ'elle est une autre preuve de la nullité du Testament vu qu'elle fait le Pèro Millet légataire ce qui ne peut s'accorder avec la qualité des tesmoins ny de curé ny de notaire. La mission d'Onneiout, où Cl. Omar a été brûlé est toujo ira la mission du P. Millet, il ne l'a quittée quo par force majeure après y avoir demouré près de 20 ans et est encore dans l'eBpérance et la certitude dy retourner Dieu aidant aussi tost que la paix sera fuit ; estant donc légataire peut-il recevoir luy seul ce testament et cette seule circonstance n'ebt-elle pas plus que suffisante pour le casser et l'annuler. Je sçai ce que l'on ne pouvait pas faire autrement, mais je ripondrai que cette impossibilité prétendue est bonne à dire aux personnes qui ne savent pas ce qui se passe aux Iroquois en pareillo occasion, et que respondront mes parties si je leur — 46 — dis ce qui est véritable que j'étois aux Iroquois jay mené xnoymesme des esclave» pris depuis un an ou deux pour mo servir d'interprètes auprès de leurs compatriotes affin de les baptiser avant que d'être brûlés, qui empeschoit donc que tant de françois qui estoient à Onneiout ne fussent appellés pour servir de témoins, mais en second lieu quand cette imposeibilité ne serait pas supposée elle ne rondroitpas pour cela le testament plus valide. Tout cecy considéré, Monsieur, je vous prie humblement de vouloir déclarer le dit testament nul ot comme nayant jamais été fait, et les marguillers déboutés de leurs deman- des et leurs prétentions nulles avec dépens. A Villomaric ce 22 mars 1605. (signé), France Vaillant J SIR CHARLES SAUNDERS Sir Charles Saunders, qui avait été lieutenant du Centu- rion et commandant du Tryal dans l'expédition do Amon, devint contre-amiral, en 1758. Il lut rappelé do la Méditer- rannée pour prendre lo commandement en chef de la flotte américaine, en février 1750, et hissa son pavillon à bord du Neptune comme vice-amiral. En 1761, il reçut l'ordre du Bain, et mourut en 1775. Ses restes furent privément inhu- més dans l'abbaye de Westminster, près du monument de Wolfe. D'intércesamcs anecdotes sur ce galant, habile et aimable officier 6ont publiés dans le Annual liegisterde 1755 et 1759, et dans le European Magazine de 1796. P..G. R. Digitized by Google LES VICTIMES DU MASSACRE DE LACHINE M. l'abbé de Belmont, prêtre de SaintSulpice de Montréal de 1681 à 1732, et eon supérieur pendant plusieurs années, donne une liste des victimes du massacre de Lachine de 1689 dans son Histoire dn Canada, dont le manuscrit fut déposé aux archives coloniales à Paris. La Société Histori- que de Québec en fit faire une copie qu'elle publia en 1840 ; mais la liste des victimes fut omisa, le copiste l'ayant trou- vée indéchiffrable ; il ho contenta d'écrire : " Suit une liste de noms, la plupart indéchiffrables. " J'ai profité do la pré- sence de M. Kdouard Richard à Paris, où il continue ses recherches historiques, pour lui demander de voir le manus- crit et do le transcrire aussi fidèlement quo possible, ce qu'il eut la complaisance de faire en novembre dernier. Il le trouva à la Bibliothèque Nationa!e.au volume. 13,516 (1265). " Le résultat do mes rejhjrchc*, m'é jrit-il, ne vous donnera probablement pas la satisfaction quo vous en attendez, d'a- bord pareeque cette partie du manuscrit, écrite d'une antre main que le manuscrit, est à peu près indéchiflfrablo,on8uite, parcoque la listedes noms est loin d'être complète. Avec un fac-similé de cetto liste, il vous sera peut-être possible de tout reconstituer." C'est en effet ce que je réussis à faire, sans trop de diffi- culté, à l'aide du fac simile a la main qu'il m'onvoya,et grâce à lu pleine connaissance que j'avais acquise de la population de Lachine à cette époque. La plupart des noms sont claire- ment lisibles ; d'autres sont plus ou moins complets ou obs- curs, suivis dans quelques cas de mots abrégés ou de mau- vaise orthographe ; d'autres enfin, au nombre seulement de deux ou trois, sont absolument incompréhensibles. Sur vingt sept lignes do cette feuille, j'ai pu en mettre vingt- trois au clair. Voici donc comment je lis cette liste. Elle commence par la note suivante, qui est très lisible : "Le 8 J — 48 — août, enfin au milieu de la nuit, les 1600 Iroquois passèrent le lac Saint-Louis d'un temps de tempeete, de grelle et pluye; ils se placèrent par pelotons en corps de garde à, toutes les maisons durant 7 lieues, et commencent un massacre général d'hommes, de bêtes et de maisons." Cette note se trouve au texte imprimé, mais la date du massacre est du 24 août. Puis, viennent les noms, un par ligne, et dans l'ordre sui- vant : 1. "Jean Paré, son enfant de 3 ans," très lisible. 2. "Gaudin, sa tille de 2 ans ", lisible. 3. Une ligne contenant quelques lettres et syllabes illisi- bles, au bout desquelles on découvro le nom de " Pérusse." 4. " Jean Fournier," clair, suivi d'un mot non intelligi- ble. 5. " Jean Fagueret, massacré," très libible. 6. " Jean Michau, sa femme et enfant»," assez confus. 7. " Noel Plessis, brûlé," très lisible. 8. Noël (nom de famille omis) sa femme," le reste indé- chiffrable. 9. " Canaple, ea femme tête coupée," très lisible. 10. " Pierre " nom de famille incertain, probablement " Barbarin," puis " sa femme et enfans." 11. Nom incertain, probablement Jean Michel, " sa fem- me, une fille, 8 enfans," lisible. 12. " Simon Davo, ea femme, les mamelles onlevées 3 enfans," assez clair. 13. " Vincent Alix, sa fomme.deux enfans," très lisible. 14. Michel Presso, la femme enceinte éventrée," très lisi- ble. 15. Ligne obscure, au milieu de laquelle on lit le nom "Iluquet, fille de," probablement, " trois ans." 16. " Mathiaa Chatauto, sa femme, 2 enfants," très lisi- ble. Digitized by Google — 49 — 17. " René Chartier, tête coupée, la femme, fils et tille brûlé," très lisible. 18. " Jean Rerao," très lisible. 19. " Alexandre," tout court, mais très lisible. Suit au bas de la fcuillo la note suivante, nettement écrite : 44 80 personnes 30 maisons toutes les bêtes." Ce chiffre de " 80 personnes " diffère de celui du texto où M. de Belmont fixe lo nombre total des prisonniers enlevas à 90, eans parler des morts sur la place. Cette liste, écrite d'une main étrangère, a dû être faite Tannée mémo du massacre, et longtemps avant la composi- tion do l'Histoire du Canada, vers 1713, par M. de Belmont, car j'y trouve les noms de personnes qui figuraient a Lachi- no dès l'année 1690. Ainsi, nous voyons Jean Fournier plai- der à Villeraarie. en 1690 et 1G91, contre Jean Millot, pro- prétairo du fort Kémy (3 Jug. ot Dél. 529 et 1024). En 1690 et après, Jean Paré, Mat bias Cbatauto et Gaudin portaient des nouveaux nés aux tonds baptismaux de Lachine. Cette liste comprend donc non seulement les morts, mais aussi les prisonniers délivrés ou massacrés. Elle est d'ailleurs conforme, à bien dos égards, à celle que les registres de La- chine nous a transmise et que j'ai reproduite au Lake SU Louis, p ago 126. J'y retrouve ausbi les noms de plusieurs prisonniers massacrés, que j'ai indiqués à la page 134, et même quelques noms nouveaux que je signalerai dans la deuxième édition de mon livre maintenant en voie de prépa- ration. D. Cirouard Digitized by Google — 50 — LA CHANSON DANS LA NOUVELLE-FRANCE C'ett Beaumarchais, je ci ois, qui a dit qu'en France tout finit par des chantons. Il n'en était pas autrement dans la Nouvelle- France même au temps des plus cruelles épreuves. Au lendemain de la bataille de Carillon, Montcalm envoyait à ta mère deux ( haneens composées sous la tente, après la victoire. L une d'elle*, " en style des poissardes de Paris" eut fort curieuse. En voici deux couplets : Soldats, officiers, généraux, Chac un en ce jour fut héros ; Aisément cela sc peut croire. Montcalm conim* défunt Annilwil, S'm outrait soldat et général. < Par i.K Safr^uS, s il y avait tjuchju'un qui w î aimes point ! Je veux être chien. A coup H 'pieds à coup d'poings. J'Iui cnss'rais la gueule et la mâchoire ! 1 X » m ! il i ■ i n s pas monsieur d'Lévis, Oui s'trcmoussait comme un' furie ; Aisément cel.". se peut croire. Dame ! on n'manquit d'valeur. Dans la famille de Not 'Seigneur ! (Par 1 f : ,SV/;rf//r, .vmwe nui, sa ïawine j 'et ion? Jlambi ' Ces doubles chiens, A coups d'pieds, à coups d'poings. Nous auraient cassé la gueule et la mâchoire ! On fait évidemment allusion, dans ce dernier couplet, à la tradition d'après laquelle la famille du chevalier de Lévia remontait à la tribu do Lévis. " Uu auteur nous montre un membre de la famille do Lévis, ee faisant peindre, rendant, le chapeau à la main, visite à la sainte Vierge, qui lui dit : Mon cousin, couvre; -vous." D'après une version que j'ai lue quelque part, l'inscription se lisait comme suit : ♦ " — Couvrez-vous, mon cousin. "—C'est pour ma commodité, ma cousine." Er.vest Gaomox Digitized by Google — 51 — RÉPONSES La Chanse galerie. (V, III, 506).— H n'est pas un de nos campagnards canadiens qui n'ait connu, dès sa tendre enfanco, la tradition vulgairement appelée chasse galerie. C'est un de leurs plus doux souvenirs que celui de ces lon- gues soirées d'hiver, quand, marmots encore, leur grand' mère les accueillait sur ses genoux pour faire passer devant leur imagination ardente, à lu lueur fauve do l'âtre pétillant, les tableaux do l'âge merveilleux du Canada. Et quels ta- bleaux ! Tantôt une voiture qui, s acheminant vers le mou- lin, prenait à t'improviste un élan vertigicux et allait tour- billonner dans la rue pour revenir sans encombre àson point de départ. Tantôt uno vieille rechigneuse et touto cassée, s'élançait, malgré la pesanteur de ses quatre vingt-dix- neuf ans, et courait claquer lo pas sur la rafule ou danser une de ces bacchanales quo le violon de Paganini ou du bonhomme X do ia côte X , avait bouI lo secret de cadencer. L'air était rempli de lugubres hurlements sinistres et de plaintives lamentations Los visions de loups-garous,do reve- nants de fufardets et do lutins étaient à la modo du jour. On voyait parfois passer à la tête dis grands pins de la forêt, des canots pleins de mauvaises gens à l'aspect d'enfer, qui chanlaiont et festoyaient pendant que les environs battaient l'air en cadence. O horreur ! lo voisinage, depuis quelquos soirs avait signalé, la cho*e était certaine, la presence d'un homme sans tête, qui errait autour des habitations. Les grand'mères d'aujourd'hui se font un scrupule dépas- ser, à la génération nouvelle, le précieux dépôt do cotto tra- dition qu'elles ont elles-mêmes recueillie de leurs aïeux. Elles sont même assez honnêtes pourremottre à^leurs neveux tous les intérêts composés dont ce dépôt s'est grossi entre leurs mains. Mais l'onfant so faisant homme, à mesure qu'il so dégage des liens do son imagination, éprouve une tendance Digitized by Google — 52 — à devenir assez incrédule pour reléguer cette tradition au nombre des contes de fées. Cependant, ces récits dépouillés des ornements que la suite des grand'mères est venu leur ajuster, laissent un fond de vérité qu'il importe aux Cana- diens de connaître, parce qu'il en ressort une leçon impor- tante sur l'histoire de notre sol natal. Il n'y a aucun doute que la chasse galerie à son origine, dans le tremblement de terre de 1G63. Ce fat une des plus fortes commotions que la croûte du globe ait éprouvées. Les mémoires de l'époque nous apprennent qu'il y a eu de tels bouleversements en certains endroits que la nature n'était plus reconnais-able, des montagnes jaillissant en un clin dVi'il du profond des vallons ; dos rivières changeant subite- ment leur cours ; dos forêts entières déracinées et culbutées avec fracas dans les crevasses béantes du sol ; des habitations bondissant dans l'espace et volant en éclata : voilà la scène qu'éclairait la lueur rougeâtre d'un soleil à demi voilé et la clarté blafarde do mille météores parcourant l'atmosphère en tous sens en revêtant les forme* les plus bizarres et les plus effrayantes. Ces détails marquent trop bien le thème de celte tradition do la chasse-galerie pour qu'on s'y méprenne. Qu'on se repré- sente maintenant l'état du Canada à cette époque : une po« pulation tout au plus de 4000 habitants, quelques rares dé- frichements autour des forts de Montréal, Québec et Trois- liivières ; la hache des Iroquois et la disette, encore plus dangereuse, toujours prêtes à fondre sur la cabane du colon ; et l'on se demandera s'il n'y avait pas que la Providence capable de disputer l'existence de la colonie naissante aux élé- ments conjurés. Elle le tit, puisque le Canada existe encore et plus pro- phère que jamais, mais la preuve éclatante de ce secours de la Providence est que durant tont l'espace de temps que du- ra ce tremblement de terre mémorable, il n'y eut pas une Digitized by Google perte de vie à déplorer en Canada. Mais en retour le peu qu'il y avait do pécheurs endurcie rentra dans le devoir, et la foi devint assez ardente pour rappeler le temps des pre- miers chrétiens. Jetons de temps à autre un coup-d'œil sur notre histoire et nos traditions. J. Grionon Ia'h ait vienne* prinonn de Québec. (V, II, 582). — D'après les nrchives officielles, la plus ancienne prison érigée à Québec, comme édifice distinct, sous le régime français (en dehors de l'enceinte de l'habitation ou duchâteau),était située «sur un terrain appartenant à la famille de Pécancour, près du fort Saint-Louis. Ce bâtiment occupait le terrain formant aujourd'hui l'encoignure des rues Saint Louis et des Carrières, presque en face de l'entrée principale de la cour du Château Frontenac. (Voir projet de nuns d'enceinte du Château Saint- Louis, dresté par l'ingénieur Villeneuve, en 1G85. Voir aussi le plan de Québec "envoyé avec la lettre de MM. de Callièrcs et Champigny, du G octobre 1700." Sur ce dernier plan, un bâtiuunt indiqué en face du bastion sud- œuost du fort Saint Louis, porte la légende suivante : " P. — Maison au Koy, qui servait autrefois depriton, dont le fond appartient aux héritiers de Mr. di) Boscancourt." Duns les dernières années du régime français, la prison publique était située en arrière du Palais de l'Intendant, non loin do la rivière Saint-Charles, sur l'om placement appelé depuis le parc au bois." En 1784, des pièces vacantes du couvent des Récollets ser- virent de prison temporaire. Après l'incendie du couvent (G septembre 1796), la prison fut tenue dans les construc- tions voisines des Casernes do l'Artillerie, près de la côte du Palais. En 1810, on commença, au centre même de la ville, sur — 54 — l'emplacement situé entre les rues Saint-Stanislas.Saint-Anne, Dauphine et Sainte- Angèlo, l'érection d'une prison qui fut inaugurée en 1814, et dont on se servit pour les fins de sa construction jusqu'en 1867. La porte d'entrée principale do l'ancienne prison do la rue Saint Stanislas (aujourd'hui le college Morrin). à laquelle se* rattachait le lugubre souvenir de plusieurs exécutions capi- tales, a été enlevée et rômplacéepar une nouvelle. Elle était surmontée de l'inscription suivanto : A. P. M DCCCX. L. A. Reg. Georgio III Trov. Gud. D. D. J. H. Craig, Hi. Egte., Career isto bonos a pravis, Vindicare possit. (L'an du Seigneur 1810, duns la cinquantième année du règne de George III, le Puissant Seigneur Jamee Henry Craig, chevalier du Baiu, étant le Gouverneur de le Province. Puisse cette prison venger les bons de lu perversité des méchants). Quant à la prison actuelle de Québec, sur la Grande Allée la première pierre en fut poste le 4 septembre 1861. Les tra- vaux commencèrent la mémo année et furent continuées jus- qu'au 1er janvier 18G4 ; interrompus à cette époque, ils furent repris au mois d'avril suivant et continués jusqu'à achèvement le 1er juin 1867. Kiinest Gaonon Justin Winaor. (V, IX, 654.)-Justin Winsor est un écrivain publiciste très moderne, mais il peut être cité sou- vent en parlant de l'histoire ancienne do l'Amérique ot du Canada, parce qu'il puise abondamment lui-même aux sour- ces originales qu'on ne trouve plus aisémont en dehors dee grandes institutions d'enseignoment. Qigitized by Google — So- il dit lui-même un peu ce qu'il est, dans la dédicace de son grand ouvrage en 8 forts volumes richement illustrée de portraits, plans, cartes, etc (1899), iutitulé : Narrative and Critical History of America. " Cher Eliot, " Il y a quarante ans, vous et moi, nous étant préparés ensemble, nous entrions au collège lo même jour. Plus tard, dans le monde, nous embrassions des carrières différentes ; et vous, vous f ies revenu à Cambridge au temps voulu pour y occuper votre haute position. Il y a douze ans, à votre désir, jo suis aussi venu pour remplir un devoir sous vos ordres. il Vous m'avez tiré de mes nombreux soucis et transféré dans cette université, pour y faire un service plus conforme à me* goûts. Ce changement a contribué au progrès deB études auxquelles jo ne me souviens paH d'avoir pour un ins- tant cessé de m'intéretser. Ainsi, jo vous dois beaucoup, et jo ne pense pas qu'on trouve surprenant que je désire unir dans cet ouvrago votre nom à celui de votre ami bien obligé. " Cambridge, 18S9. (Signé), Justin Winsor." M. Eliot est président de l'université de Harvard, et M. Justin Winsor est le bibliothécaire de cette même institution et secrétaire correspondant do la Société Historique du Mas- sachusetts. Entré au collège en 1849, M. Justin Winsor doit dépasser quelque peu la soixantaino maintenant. Sa grande Histoire de l'Amérique, publiée à Boston et New- York, en 1889,1e place au nombre des écrivains améri- cains qui ont lo plus étudié les origines de notre histoire canadienne. Il cite amplement les auteurs anciens et mo- dernes, français et anglais, qui ont écrit sur le Canada, et, à ce titre, il a droit d'être souvent cité lui-même par nos écri- vains qui se servent de connaissances tirées de son ouvrage» # R Bellemare Digitized by Google — 56 — Les tableaux de M. l'abbé Detyardins. (VI, I, 690.)— Voici deux extraite des lettres de Mgr Plessisà AL Baimbault, curé de Nicolet, qui font connaitro au moins en en partie la distribution des tableaux achetés en France par M. l'abbé Philippe-Jean-Louis Desjardins, vicaire-général de Paris, et envoyés au Canada, à son frère Louis-Joseph, cha- pelain de l'Hôtel-Dieu de Québec, pour y être vendus : " Il n'est plus mention ici que des tableaux do M. Desjar- dins, généralement beaucoup plus graude que no portait la facture. lia sont exposés dans l'église, le sanctuaire, la sacristie, l'avant sacristio ot le dessus du chœur do l'Hôtol- Dieu. Chacun veut les voir. J'y accompagnai lundi le général Sherbrooke. La collection est superbe. Peu de morceaux qui ne soient au-dessus du commun. L'égliso de Boucherville en prend trois, Vorehères quatre, Varen- nes cinq, ;St Antoine do Tilly deux, StMichel deux, le séminaire de Québec dix. A 40, à 50, à GO louis, ils ne portent pas à terre. J'ai pris le magninquo portrait de Pie VI en grand. M. Rabby a pris un crucifix aux pieds duquel est représentée Madame de la Vallière. Il est haut de trois pieds. Aussi ne le paye t-il que vingt louis. M. Berthelot a pris uo saint Charles et le portrait do Pie VII, qui ressemble aux "Côté ' do l'Ango (jlardicn. L'opulonto fabrique do Nicolet et celle de La Baie laisseront elles par- tir tant de beaux morceaux sans on prendre leur part? Il y a apparence que la cathédrale en va aussi avoir une dizaine " Québec, 22 mars 1817. " J'espère que M. Desjardins fera 3,000 louis de ses tableaux. Il passe déjà 2,000, ot il lui on reste plus de la moitié à vendre. 11 est vrai que les plus beaux sont partis. Entre nous, il se soucie guères quo l'on connaisse ce gros Digitized by Gq£> profit, auquel il ne s'attache que d&ns l'espérance de rele- ver lest a flaires en détresse de son frère Jacques. C'est, comme voua voyez, un petit secret de famille." Mardi Saint, 1817. M. Eaimbault acheta a. ees frais quelques-uns do ces tableaux (6ix), qu'il plaça dans l'église de Nicolet,à laquelle il les kgua par son testament. Ils y font encore. Lo meil- leur tst une copie par Stella de la Sainte Famille do Raphaël, dont l'original est au Louvre. Les autres sont aussi de bons tableaux. M. Fournier, curé de la Baie du Febvre, acheta de même quelques uns des tableaux de M. Dosjardins, cinq ou six. IU sont encore dans l'église du lieu. D. L'emprisonnement de Pierre Jfédard. (V, VII, 638.) — L'année 181Î) devait être fertile en événements tragiques. Avec elle s'ouvrit une ère de malaise, qui allait dégénérer bientôt en des troubles sérieux. Le parti anglais, à la tête duquel se trouvaient le juge Monk, le juge Scwoll, avec le Mercury pour organe, crut qu'il valait mieux en finir avec l'élément français, devenu trop \ uissant à la chambre. Les critiques du journal francophobe devinrent de plus en plus acerbes ; les conseillers in petto de sir James Craig, réussirent à soulever l'esprit de ce dernier, au point de lui fairo croire que les Canadiens français complotaient dans l'ombre des projets de rébellion. Or, c'était de la plus évidente fausseté, car les sommités canadiennes, parmi lesquelles se dressait de toute sa hauteur la tête de Mgr Flessis, rêvaient bien autre chose que la révolte contre l'autorité constituée . Les mauvais ferments germaient ailleurs qu'à l'évêché de Québec et dans les bureaux du Canadien. Lesalliésde la bureau- cratie voulaient un coup d'Etat, et ils l'obtinrent & leur aise. Ce fut le Canadien qui fut frappé parce qu'on ne pouvait sévir autrement et d'uno façon plus propre à attirer l'atten- tion publique. — 58 — Le 17 mars, un petit peloton de soldats armés. précédé d'un magistrat et de deux constables, fît soudainement irrup- tion dans l'atelier du journal français, et s'empara forcément de la presse et des papiers épura dans les bureaux de la ré- daction. M. Lefrançois, imprimeur, fut appréhendé au corps et jeté on prison ainsi que le plus vulgaire malfuiteur. Une patrouille, organisée sur un bon pied, se mit ensuite à circu- ler dans les rues, comme s'il y avait eu, en réalité, des cons- pirateurs dans tous les coins delà ville. C'en était assez pour jeter l'alarme dans les familles, sinon la consternation. Deux jours après, c'est-à-dire le 19, MM. Bédard, Tasche- reau et Blanchet, trois propriétaires du Canadien, furent à leur tour arrêtés et incarcérés. A Montréal, des constables s'emparèrent également de Pierre Laforce, de Pierre Papi- neau (deChambly), ainsi quo de Prançois Corbeil (do l'île Jésus), accusés, eux aussi, do menées traîtresses {treasonable practices). On n'a jamais pu savoir pourquoi tous ces per- sonnages, surtout ces troi* derniers, furent arrêtés. Le mot trahison était bien lâché, mais on eût été empêché de dire en quoi et comment ils avaient trahi le drapeau britannique. Los vrais traîtres n'étaient-ils pas plutôt ceux-là même qui ne faisaient que compromettre le représentant de Sa Majei-të en asservissant son autorité à des fins plus ou moins avoua- bles ? On oncoro ceux qui, au lendomain do la suppression du Canadien, écrivaient : " Le coup est porté. Le Canadien a reçu le coup mortel. Le plus grand malheur qui puisse arriver à la presse, c'est qu'elle tombe entre des mains invi- sibles et licencieuses, Nous n'en «lisons pas plus long, car nous ne guenons pas contre des morts." Les autorités civiles tirent de minutieuses recherches à travers les papiers saisis dans l'atelier du Canadien, mais elles revinrent bredouille : aucune trace do conspiration, aucune trame suspecte. Pendant ce temps là le public attendait avec la plus grande anxiété qn'on lui fit connaître les crimes des Digitized b inculpée. " Que l'on juge maintenant, dit Christie, si le pro- cédures auxquelles on avait eu recours à cette occa.Mon,résul- taient d'une appréhension bien fondée de troubles ou d'un exercice abusif du pouvoir." M. de Gaspé, dans *os Mémoires, nous apporte des détails intéressants et nouveaux sur cet épisode de l'incarcération de Bédard et de* autres Canadiens. Nous avons 11 le récit d'un témoin oculaire véridique. " Ce serait une étude curieuse à faire aujourd'hui que de rechercher les causes qui ont induit le gouvernement d'alors à persécuter ces citoyens si respectables à tous égards. Per- sonne n'ignore que les griefs qui motivèrent les actes de rigueur de l'oligarchie, prenaient leur .source dans le journal le Canadien que les patriotes du temps publièrent pour se défendre des attaques envenimées et gross-ières que débi- taient contre eux les gazettes anglaises. La presse, les carac- tères, etc, qui servaient à l'impression do ce journal f urent saisis par un piquet de soldats commandés par un juge de paix ; ma foi, il faut l'avouer," par mon beau-père le capi- taine Thomas Allison, du 5e régiment, mais retiré alors du service, et furent déposés dans les voûtes du palais de jus- tice. Ce serait certainement aujourd'hui une lecture pleine d'intérêt et des plus curieuses que celle de l'ancien journal le Canadien, depuis le premiers numéro jusqu'au 17 mars 1810, qu'il fut saisi par le gouvernement. On prétendait alors que plusieurs articles de ce journal tendaient à soule- ver le peuple, ce qui fut cause que les éditeurs-propriétaires et les correspondants accusés de pratiques séditieuses furent incarcérés. Les moins coupables aux ycox des autorités, soit officiers dans la milice, ou exerçant quelques fonctions sous le gouvernement, furent congédiés. Oh ! oui, ce serait une étude très curieuso que de chercher à découvrir les cri- mes qu'avaient commis tant de loyaux et respectables ci- toyens d'origine française, qui leur valurent une persécution — 60 — si cruelle de la part du gouvernement britannique. Je jette aujourd'hui le gant au tory lo plus farouche, pourvu qu'il ait quoique teinture de la constitution anglaise, et jo veux passer pour le plus sot iudiviJu du Canada, s'il peut me montrer une phrase, une seule phrase duns co journal qui pût motiver les rigueurs de l'oligarchie sous l'adminietra- tion Craig." Dans le cours du mois d'avril, des amis do Bédard tontè- ront mais vainement, do faire émettre un writ habeas corpus en faveur du prisonnier ot de ses compagnons d'in- fortune. Le gouverneur se montra impitoyable ; les portes de la prison restèrent formées sur bs victim :s d'un despo- tisme sans frein. Co ne fut qu'en juillet qu'un des prison- niers, malade, fut reluxé. Quelques semaines plus tard, un autre obtint son élargis- sement pour la môme raison do smté. Lefrançois sortit de sa prison au mois d'août. Il ne resta plus bientôt que Bédard, qui demandait, comme faveur, qu'on lui fit son procès. On le lui refusa porsévé- ramment, car on savait bien quo devant un jury, même le plus mal disposé, aucune preuve ne pourrait établir la cul- pabilité du rédacteur du Canadien. Ijq gouverneur voulait qu'il demandât pardon, afin, sans doute, de laisser croire au public que son prisonnier était coupable. Mais au chfttoau l'on ne connaissait pas Bédard, ou on le connaissait ma). Il eut préféré la mort plutôt que do prononcer l'aveu d'une faute dont il était innocent. Bédard attendit donc patiem- ment dans sa prison le procès auquol il avait droit, au grand mécontentement de la faction Sewell, qui out désiré donner aux événements une autro tournure. M. do Gaspé nous donne de nouveaux détails sur le sort de Bédard, durant toute la période de son emprisonnement : " De toutes les victimes de la tyrannio du gouvernement do cette époquo, monsieur le juge Bédard, avocat alors, fut Digitized by Google — CI — celui qui endura sa captivité avec le plue de pationce. Ce disciple de Zénon, toujours occupé d'études profondes, pou- vait se livrer à ses goûts sans être exposé aux distractions dans la chambre solitaire qu'il habitait. Homme pratique connaissant À fond la constitution anglaise, il ne communi- quait avec les autorités que pour leur demander de quel crime on l'accusait ; et pour les prier de le mettre en juge- ment, s'il y avait matière à indictment au criminel. On se donnait bien garde d'instruire son procès : il était à peu près ausH coupable de trahison ou de pratique séditieuse, que je le suis de vouloir m 'emparer de lu tiare de notre saint père lo pape. On lui signifia, après une année de détention, je crois, qu'il était libre. " Je ne sortirai d'ici, répliqua M. Bédard, que lorsqu'un corps de jurés aura bien et dûment déclaré mon innocence. " On lo laissa tranquille pendant une dizaine de jours, espérant lasser sa constance, mais & l'expiration de ce terme le geôlier lui signifia que s'il nu sortait pas le lendemain do bon gré, il avjiit reçu ordre de le mettre à la porte. M Bédard haussa les épaule» et continua ses calculs algébri- ques. Comme plusieurs membres de sa famille, M. Bédard était un profond mathématicien. ♦{ Le geôlier patienta le lendemain jusqu'à une heure de yolevé, maÎB voyant alors que son prisonnier ne faisait aucun préparatif de départ, il lut déclara que s'il n'évacuait pas les lieux de bonne volonté, il allait avec l'aide de ses porte- clofs, le mettre à la porte. M. Bédard voyant que I on prenait les choses au sérieux, et que contre la force il n'y a pas de résistanco, dit au gurdien : " Au moins, monsieur, laissez - moi terminer mon problème.'* Celte demande parût si juste au sieur Keid, le geôlier, qu'elle fût accordée d'assez bonne grâce. Monsieur Bédard satisfait, à l'expiration d'une heure, de la solution de son problème géométrique, s'aeho- mina à pas lents vers sa demeure." N.-E. Dionxk Digitized by GoogU I — 02 — L'honorable J£lie Thibaudeau. (Y, XI, 672.)— Le 5 janvier I >7>. U | aroicse du Cap-Santé perdit un ci- toyen qui avait joué un rôie asc?ez marquant, 1 honorable Elie Tbibaudeau. Négociant de profession, il ne fut pas longtemps sans fermer son comptoir pour se livrer à la poli- tique, dont il n'eut pas trop à se plaindre. Il représenta le comté de Portneuf à plusieurs repliées, fit partie du minis- tère Brown Dorion, qui ne vécut que quarante buit heures ; puis, en 1863, il fut nommé à la position de régistrateur du comté de Portneuf, devenue vacante par la mort de M. Lelièvre. M. Elie Tbibaudeau ne fut pas le seul des enfants du Cap- Santé qui se jeta dans la fournaise politique. On compte encore : M. leidoro Thibaudeau, qui a représenté successi- vement Québec-Centre et Québec- Est ; M. Pierre Garneau, ancien député du comté de Québec, actuellement membre du Conseil législatif, et ancien membre du cabinet De Bou- cherville- Angers, ainsi que du cabinet Mercier ; M. Alfred De Saint-Georges, député de Portneuf presque sans inter- ruption de 1872 à 1890 ; M. Côme Einfret, tout récemment encore député de Lotbinière ; M. Rosaire Thibaudeau, séna- teur, et M. Marcotte, ancien député du Lac Saint-Jean. L'abbé David Gossemn La Nouvelle- Angleterre. (V, XII, 687.)— On dési- gnait autrefois sous le nom de Nouvelle Angleterre cette partie nord-est des Etats-Unis qui comprend aujourd'hui lea Etats du Maine, du New-Hampshire, du Vermont, du Mas* sachusetts, du Rhode-Island et du Connecticut, depuis enfin le 41° au 48° latitude nord et du 71° au 74° longitude ouest» La Nouvelle- Angleterre fut donnée par Jacques 1er, en 1606, à la compagnie de Plymouth, sous le nom de Virginie, et c'est le capitaine J. Smith qui lui donna le nom de Nouvelle* Digitized by Google — 03 — Angleterre, en 1614, lorsqu'il en explora les côtes ot en dressa une carte. L'abbé L.-E. Bois Catholiques et protestants dans fa même église, (V, XII, 682.)— Les Ursulines de Québec (livre 5e, chap I ), répondent, je crois, à l'une des questions des Recher- ches Historiques : " Dès le 24 septembre 1759, notro église, réparée par la libéralité du général Murray, commença à tenir lieu d'église paroissiale. Le parloir de la Sainte Famille eut aussi alors l'honneur de servir de presbytère. " Au commencement de l'ouverture qui se fit de la cure dans notre église, dit le Kécit. M. Récher, curé de Québec, avait la peine de venir tous les jours pour dire la sainte messe. Il était demeuré au séminaire pour le conserver ; mais il ne fut pas longtemps sans être obligé d'en sortir, ayant été dangereusement blessé par un soldat anglais. Nous le reçûmes dans notre maison. Il y est entré le 8 de novembre 1759, et loge avec M.Resche, chanoine de la cathédrale et notre confesseur. Ces deux messieurs remplissent tour à tour toutes les fonctions du service divin, tant la semaine que les fêtes et les dimanches. Nous savons par les traditions du cloître quo le service selon le rit anglican te fit aussi tous les dimanches dans notre église, tout lo temps que les blessas anglais s 'journè- rent au monastère : c'était l'ordre du vainqueur. Ce fait nous rappelle quelque chos3 d'assez analogue : c'est que vers 1813, à Kingston, II. C, l'église catholique ayant été changée en hôpital pour les soldats blessés, les catholiques célébrèrent l'office divin dans l'église protestante de cette ville. Le regretté historien du Canada, M. l'abbé Ferland, nous a dit qu'il y avait souvent servi la messe dans eon enfance." L'abbé J.-B. C. Dupuis — 64 — QUESTIONS 695. — Le génCmi de Caulincourt, ou plutôt l'un des géné- raux de Caulincourt, s'est réfugié, après Waterloo, au Cana- da, où il est resté jusqu'à la mort de Louis XVIII. 11 habi- tait à la Baie du Febvre. Sous quel nom ? Ii. F. 696. — De quelle partie de la France était Louis llébert, le premier colon de Québec ? Rio 697. — A quel sujet se rapportait la motion mise de côté en 1845 par sir Allan MacXab, parce qu'elle était rédigée en français ? Par qui fut présentée cette motion ? P. O. 698. — Pour quelle raison feu Gérin Lajoie administra-t il une raclée a J.-B.-Eric Dorion, Y Enfant Terrible, dans la bi- bliothèque de la Chambre, en juillet 1866 ? Dept. 699. — Sous le régime français au Canada, le droit de patro» naye a t-il été réclamé par des seigneurs ? Les évèques de Québec ont ils accordé ce privilège à des seigneurs ? Eub. 700. — Qu'est-ce que Craig's Road ? En quelle année fut commencée cette route, et quand fut-elle terminée ? Quelles sont les paroisses qu'elle traverse ? Dans quel but fut-elle ouverte ? Iax. 701. — D'où vient le nom de Côte à Piaeau donnée à la côte située en face de l'église de Sillery ? 702. — Quelqu'un peut-il donner les noms des grands chefs de la tribu huronne, avec les dates de leur élection et de leur décès ? Inquis Digitized by Google Digitized by Google BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL. G MARS 1900 No. 3 NOTRE-DAME DE SAINTE- FOYE Le promontoire où ost assis le vieux Québec n'est que la pointe oricntalo d'un plateau élevé, long de trois lieue*,largo, vers le contre, de deux milles environ, et terminé à l'ouest par lo Cap- Rouge. Sainte Foye a, pendant deux siècles, partagé soûle (1) avec la ville de Champlain ce site à la fois magnifique et glorieux, d'où l'œil ombrasse un dos plus beaux panoramas du monde et où l'on rencontre à chaque pas les vestiges d'une histoire. Les édits et ordonnances do 1721 (2) donnent pour limi- tes à la paroisse " une lieue et demie tant sur le fleuve Saint- Laurent que sur la route de Saint-Michel dite de Saint - Jean, à prendre sur le fleuvo depuis les terres de Saint- Michel et sur la dite route depuis le ruisseau Prévost jusqu'à la rivière du Cap-Rouge, et les profondeurs de la paroisse qui n'étaient que d'euviron soixante dix arpents du côté du nord-est, à prendre du bord du fleuve, seront augmentées des terres de Pierre et André Hamel, etc." (t) Depuis le milieu de ce siècle, la paroisse de Saint-Colomb de Sillery «'y est taillé un beau domaine (Voir Edits et ordonnâmes de 1856). Un peu plus tard Saint-Félix du Cap Rougcen a pris une bouchée (Voir Edits et ordonnâmes de 1872. En réalité le décret remontait à i860 mais n'a été publié qu'en 1872). (2) Voir Liste des municipalités dans la provime de Qu3ec, compilée par C. - E. Deschamps, 1886, p. 403. Dans le Dictionnaire de faïuien droit canadien de Justin McCarthy, ces bornes sont reproduites avec quelques modifications, postérieures à 172t. Une copie de l'ordonnance nous a été fournie par M. G.-M. Fairchild. — 68 — Par ies terres de Saint-Michel il faut entendre l'anse qui porte encore aujourd'hui ce nom, située au nord-et>t de la Pointe-à-Puiseaux,où s'élève l'élégante église de Saint-Colomb de Sillery. Quant au ruisseau Prévost, aucune carte ne l'in- dique. C'est sans doute ce mince filet d'eau qui coule aux confins actuels de SainteFoye et de la banlieue de Québec. Le chemin Saint Michel dit de Saint- Jean est notre che min Sainte Foye. Ainsi le Cap-Rouge, le Charlesbourg Royal do Cartier en 1541, le France-Roy (1) de Roberval en 1542, était dans les anciennes limites de lu paroisse. De même aussi la célèbre mission algonquine et montagnaise de Saint-Joseph, établie en 16*38 dans l'anse de Sillory, un mille environ à l'ouest de la Pointe à Puiseaux. C'est là que fut bâtie, sous le vocable de Saint-Michel, la première église qu'il y ait eu sur notre territoire. " Ce petit bâtiment, dit la Relation de 1647, fait tout exprès pour les sauvages, n'a pas à la vérité la magnificence de ces grands miraules d'Europe ; mais il a quelques paroissiens dont la candeur et la bonté est au- tant et plus agréable i Dieu que l'or et l'azur de ces grands édifices. " Cette église avec la résidence des Pères Jésuites fut détrui- te par un incendie en 1657. En 1659,on parle de la rebâtir (2). On dut le faire vers cette époque car on voit en 1673 les Hurons s'y rendre en pèlerinage avant de quitter Sainte- Foye pour s'établir à Lorette, (3) et les Pèrjs qui desser- vaient Sainte Foye demeuraient à Sillery (4). (1) M. N.-E. Dionne veut qu'on écrive François- Roi. --Voir I.a Xou- vel/e- Frame, de Cartier .) Champlain (1891), p. 36, note. (2) Voir Relation de 1657, c IX, et le Journal des Jésuites, 13 juin 1657 et 12 septembre 1659, page 265. Nous devons ce renseignement avec beaucoup d'autres, à M. l'abbé Ainédée Gosselin, préfet des études, pro- fesseur d'histoire du Canada et assistant archiviste au séminaire de Québec. {3) Voir Relation de 1673-1674, art. III, éditée par le P. Martin chez Douniol en 1861, tome I. p. 305. (4) Ibid. art. II, p. 299. Digitized by Google La maison dos Pères existe encore. Pour l'église elle est détruite depuis assez longtemps. Cependant, il n'y a qu'un demi siècle u peinv, on en pouvait encore voir les ruines. Des fouilles dirigée» par les abbés Laverdière et Casgrain ont fait trouver dans l'enceinte le corps du P. Ennemond Massé qui y avait été inhumé en 164b*. Un joli monument inauguré le 26 join 1870, consacre la mémoire de ce premier missionnaire du Canada (1). Mais, bien que située dans les limite» de Sainto-Foye, ce n'e6t pas cetto mission abandonnée vers le commencement du XVIII siècle (2) qui a donne naissance à la paroisse. La première chapelle qui a porté le nom de Notre-Dame- de-Foy a été bâtie en 1669 pour la mission huronne établie en 1668 à la Coste Saint-Michel, à une lieue ou une lieue et demie do la ville (3). D'après une ancienne carte manuscrite, conservée à l'Uni- versité Laval, les côteaux qui relient le plateau de Québec à la plaine, au nord, portaient près de la ville le nom de Coste Saint-Jean ; un peu plus à l'oueat de Coste Sainte Geneviè- ve, et a une lieuo environ, de Coste Saint Michel (4). " On plaça les Hurons en ce lieu déjà fort peuplé de Fran gais, dit la Relation do 1671, pour profiter do leurs bons (i) Voir Journal de Québec, 27 juin 1870, le récit de la fête. Rochemon- teix, Les Jésuitts^otat I, 473 doc. V. On pcul lire aussi un article de M Fer land, dans le mime journal, 27 oct. 1855, reproduit à la fin d'une pe- tite brochure anonyme sur le commandeur Brulard Je Sillcry. (3) Ferland, brochure citée, p. 25 s. (3) Le P. Chaumonot, dit une lieue (Autobiographie, éd. Shea, 1858, p. 87). De même la Relation de 1671, titre du ch. 4. La Relation de 1669 dit une lieue et demie. Aussi la petite notice sur le F. Chaumonot jointe à •on autobiographie (éd. citée, p. 17). (4) Nous devons à la bienveillante permission de Mgr Harocl, bibliothé- caire de l'Université Laval, et à l'obligeance de M. l'abbé Amédée Gosse- Un, d'avoir étudié cette carte. — 70 — exemples et réciproquement pour les édifier par leur piété et leur dévotion." (1) La mission porta d'abord le nom de l'Annonciation de Notre-Dame, et n'eut pour chapelle qu'une cabane d'écor- ce (2) Le Père Chaumonot, qui la desservait, oblint la per- mission de dire deux mct-sesafin que tous, français et sauva* if es, purent satisfaire au précepte. Voici à quelle occasion ce village prit le nom de Notre- Dame de Foy. Une statue miraculeuse avait été trouvée dan* le tronc d'un chêne au bourg de Foy, près Dinant en Belgique. Foy devint bientôt un lieu de pèlerinage renommé où la Sainte Vierge, sous le vocable de Notre Dame de Foy, se plut à multiplier les prodiges (3). Foy Notre Dame, comme on écrit là-bas, est encore un sanctuaire très fréquenté. Du chêne où l'on avait trouvé la statue, et d'un autre où elle fut placée pendant quelque temps, on fit des statuettes semblables à la première et l'on en fit don à diverses cités. Le P. de Véroncourt (4) S. J., en envoya une au P. Chau- monot en 1CG9. Elle était accompagnée de cette authenti- que qui n'a jamais été publiée, que nous sachions. Nous som- mes heureux tie l'offrir aux lecteurs des Recherches Jfisto- (1) Voir aussi Relation de 1672, art. •. (2) Autohiographiedu P. Chaumonot, p. 87. Relation de 1669, c. 8 ; de 1670, c. 4. (}) Voir Ifist. Je X.-D.deFoy, par le P. Banncux S. J. Namur, Vve JJouxfds, ch. 1879. Aussi une petite brochure, du même titre, (1893 Dtnanu, (iirard), qui n'en est qu'un résumé. A consulter, l'article de M. Ernest Myrand, un de nos érudits lesmieu renseignés dans le Moniteur de Lévis, no. 8, 22 juin, 1895, lors de la visite du marquis «le Lévis. <4) C'est ainsi qu il faut écrire, avec un 0 et non un a, comme nous allons voir. — 71 — rigueset d'ompccher, en multipliant les copiée, que ce pré- eieux document (1) ne soit perdu : " Je soubsigné, Claude de Véroncourt, religieux et pres- tre de la Compagnie de Jésus, au college de la même Com- pagnie a Nancy, certifie a tous qu'il appartiendra, on pré- sence des Sieurs llonry Huyllaume et Jean Perrin,notairee et tabellions généraux au Duché de Lorraine, résidants a Nancy : Que la Nostre-Dame, faicte de bois, cy jointe, tenante, sur son bras droict, son petit Enfant Jésus, et enolose dans une layette, peinte de bleu au dedans, avec de petites estoites d'or : Est entièrement du vray bois du pre- mier chosne, dans lequel fut trouvée (Il y a plusieurs années) l'imago miraculeuse de Nostre-Dame de Foy, dis- tante environ d'une lieue de la ville de Dînant, au pays de Liège, auquel lieu la Saincte Vierge, mère de Dieu, fart de grands miracles. Et cette image présente, dont je fais oette attestation au certificat, a esté faicte par Nicolas du Rieu, maistre sculpteur résidant en la dite ville de Dinant, aux frais do Damoisclle Mario Bastion, laquelle et le P. Noel Noberti do la Compagnie de Jésus, résidants présen- tement au dit lieu, l'ont donné au Père Claude de Veron- oourt, soubsigné, pour l'envoyer en Canada ; pour y estre honorée et invoquée ; pour la conversion des pauvres sau- vages et Canadois, a la foy de Jésus Christ, En foy de quoi j'ay escri et signé les présentes do ma main et prié les deux notaires susdits d'adtouter leurs seings manuels au (I) Précieux pour notre histoire locale, cela s'entend. L'original est la ropriété du colonel Ncilson, chef du déparlement medical de l'armée cana- dienne, lequel a eu l'obligeance de le chercher et de nous le communiquer. La Relation de 1671 en fait mention, ch. 4. Nous avons collationné notre copie avec grand soin et nous citons le texte tel qu'il est, sans y rien chan- ger. L'écriture est fort belle, et il n'y a pas a se méprendre sur les noms. Digitized by Google — 72 — mien pour plus grande authority Fait a Nancy le cin- quième febvriur mil six coats soixante neuf." ChAl'DK DE VeRONCOURT De la compagnie de Jésus. IIun.LAUMK-J. Perrix L'arrivée de cette statue causa grande joie dans la bour- gade et le zèle de la dévotion des r-auvages envers la Sainte- Vierge lour fit entreprendre aussitôt et hâter la construction d'une chapelle en bois sous le vocable de Notre- Dame de Foy. Les Français leur prêtèrent main forte. Le P. Chaumonot écrit Notre Dame de Foyo, de même que les Relations de 1672-1673-1674 (1). Mais en général dans les Relations on lit Notre Damo do Foy. Coat l'ortho- graphe suivie par nos anciens registres qui remontent à 1699. De très bonne heure on a commencé à. dire Notre Damo de Sainte-Foy. C'est ainsi qu'écrit M. Buisson de Saint Co^me, qui a desservi la paroisse de 1711 à 1712. Ainsi encore le reçu du régistro de 1705, signé Delacetiorre, com- mis greff. Cependant Claude do Bermen, qui authentique le régistre de 1706, revient à la forme N. D.de Foy. M. Charles- Amador Martin, premier curé résidant (1698-1711), fait de même. Mais l'usage a bientôt prévalu de dire Notre Dame da Sainte Foy, puis Sainte Foy tout court. L'orthographe fautive Sainte- Foye n apparaît qu'assez tard. II n'est guère possible de changer aujourd'hui, même légèrement, la forme de ce nom, l'un des plus glorieux do nos annales. La statue envoyée au P. Chaumonot, et qui opéra des miracles, disparut dès les premières années. Lee Hurons remportèrent-ils à Lorette, où ils émigrèrent en décembre 1673 ? On l'ignore. Toujours est-il qu'ils ne l'ont plus. Dans l'église de leur village, à la Jeune Lorette, où ils sont depuis (i) Edition Martin. Le V. Rochemonteix reproche aux éditeurs d'avoir remanié le style. De sorte que cette orthographe pourrait bien être leur fait Les Jésuites. Introduction, p XX Vil. s. note 3. Digitized by Google — 73 — le commencement du XVIII siècle, ils en possèdent une autre en urgent, d'un admirable travail. EHo mesure envi- ron quatorze pouces, sous le socle. La pose do la Vierge, pleine d'aisance et do grâce, et les draperies, d'une variété" et d'une souplesse qu'on no saurait surpasser, font de cette statuette une œuvre d'art de grande valeur (1). C'est san* doute un don royal de môme qu'une petite statuo de Saint- Joseph de même métal et d'un aussi beau travail. A Sainte -Foyc, pour remplacer la madone perdue, M. Le Prévost, curé do la paroisse pendant quaranto-deux ans (1714 1756), en sculpta une en bois de chêne dont la beauté fait honneur à ses talents d'artisto. Klle mesure trois pieds de hauteur avec le socle ; la statue originale n'avait qu'un empan, c'est-à-dire environ huit pouces. Sans avoir le méri- te de la statue de la Jeunc-Lorette, clic ne manquo de grâce ni dans la pose ni dans les formes. Les traits de la Vierge surtout sont très beaux (2). Le couvercle d'une petite niche carré, percée au bas de la statuo, en arrière, porte en dedans les initiales L. P. S. et la date 1716 : Le Prévost sculpt., 1716. M. l'abbé Sasseville, très curieux d'antiquités et très bien au courant des vieilles histoiros, a ouvert cette niche en 1882 et y a placé, entre autres documents, uno liste du clergé des environs de Qué- bec et des curés do Sainte-Foye, avec un état de la parois© à cette date. (1) Sur le socle noir haut de six pouces environ, un c-cusson circulaire en bosse, entouré d'une couronne et surmonté de draperies en festons, porte les monogrammes entrelacés de Notre Seigneur et de la sainte Vierge. (2) Notre statue, de même que celle de la Jcune-Lorette, diffère légère- ment de la statue originale, mais elles ont toutes la caractéristique de N.-D. de Foy : L'Enfant-Jésus est sur le bras droit de la Vierge, qui tient un de ses petits pieds de la main gauche. Dans la statue originale, c'est le pied droit ; dans les deux autres, le pied gauche. Dans la statue originale, l'Enfant -Jésus tient un globe sur la main droite ; dans la nôtre, la main à demi fermée est ramenée près du côté ; dans celle de la Jeune- Lorette, la main est levée pour bénir. — 74 — Par un concoure de circonstances, qu'il n'est pas nécessai- re de raconter, la précieuse statue faillit, elle aussi, être per- due. Elle a fait un séjour de trois ans au noviciat du Bon- Pasteur de Québec où le curé actuel l'a retrouvée en 1895. Elle occupe aujourd'hui une place d'honneur dans le sanc- tuaire de notre église et les paroissiens, qui en connaissent l'histoire, se laisseraient plutôt arracher les yeux que leur vieille Madone. La chapelle bâtie parle P. Chaumonot en 1669 fut détrui- te par un incendie à la fin du XVII siècle. En 16'Jλ, M. Charles- Amador Martin commença laçons- tiuction de l'ancieni e églit-e qui fut terminée en 1723 eous l'administration de M. Le Prévost. Cotte église est restée célèbre dans notre histoire parce que. en 1760,Ies Anglais la firent waiter pour empêcher que le chevalier do Lévis ne s'emparât du matériel de guerre qu'ils y avaient entassé (1). Elle fut rebâtie de 1762 â 1761). Un fait inédit et qui honore la mémoire déjà sympathi- que du général Murray, c'est qu'il donna vingt-cinq louis sterling pour aider à la reconstruction. Nous devons la con- naissance de cette libéralité à M. l'abbé Verreau, le distingué principal de l'école normale Jacques Cartier à Montréal, qui l'a trouvé consignée dans les dépêches du général et l'a communiquée <\ l'abbé Sasseville. Voici sa note telle qu'an- nexée à nos régistres par ce dernier : " 17 juin 17t»2. Payé à M. Iîorel C25 église blown up, le 27 avril 1760 towards repairs." La vieille église n'a été démolio qu'en 1878. Elle n'avait que quatre-vingt pieds de longueur sur une largeur de trente. (l) Voir (iarneau, 4c cd. II. 360. Ferlant!, U, 594- La nouvello église bsitio sur le mémo sito-les mars envelop- pent entièrement les antiennes fondations— mosuro au dehors cent trente-un piods sur soixante-un. Elle a été commencée en 1876, bénite en 1878, torminée à l'intérieur en 1890-1891, Voici les noms dos missionnaires et des curés qui ont des- servi la paroisse dopuis le commencement : Pierre-Marie Joseph Chautnonot, S. J., 1668-1673 ; mis- sionnaires jésuites inconnus, 1673 1711 ; Florentin Favre de Belleroche, récollet, 1711 ; Charles-Amador Martin, second prêtro canadien, 1608-1711 ; Michel Buisson de Saint-Cosino, 1711 1712 ; François Le Bran, S. J., 1712 ; (Jorvais Lcfob- vre, 1712-1714 ; Pierre Gabriel Le Prévost, 1714 1756 ; François Borcl, 1736 1774 et 1786 1701 ; Ignace Desroches, curé de Lorette et desservant de Sainto-Foyo, 1774-1777 ; Louis- Eus tac he Chartior de Lotbinièrc, 1777-1782 ; Charies- Joseph Brassard De*chonaux, curé de Lorette, dessorvant de Sainte Foye a plusieurs reprises, 1782-1786, 1701-170."», 1800- 1802,1810-1811; Jean-Mario Fortin, 1703-1800 ; François Vézina, 1802, 1804, 180.">, 1810 ; Alexis Dorval, 1801 -1S05 ; Louis Brodeur, 1812; Barthélemi Fortin, 1812 1S14; Jean- Denis Duulé, chapelain dos Ursulines, romplaco M. Tabeau, octobre 1813 et mai sept. 1816 ; Antoino Tabeau, choisi pour coadjuteurdo Mgr Lartigue, 1815-1817; Jacques Odelin, 1817 1810; Michel Dufresiie, 1810-1822; Jean Zéphirin Carron, 1822-1825 ; Louis tringras, 1825-1826 ; Philippe- Auger, 1826-1831 ; Michel Masse, 1831-1836 ; Jear.-Baptisto- Antoino Ferland (l'historien), 1836-1 837 ; Pierre lluot, 1837-1868; Jérôme Sassoville, 1868 1803; Henri-Arthur Scott, 1803. L'ahiié H.-A. Scott * — 76 — LE CHATEAU DE LONGUEUIL Charles Le Moyne, deuxième seigneur et premier baron do Longueuil, voyant l'augmentation prodigieuse de la colo- nie que son père avait fondée et le défrichement rapide des terres, fut pour ainsi dire forcé de faire construire a grands frais un immense fort, que la famille appela avec raison château de Longueuil. et ce, tant pour sa propre protection que pour encourager et protéger les colons ( ses censitaires) contre les invasions si fréquentes des sauvages a cette époque. M U 1 LE CHATEAU 1>K LONULEUIL Ce fort fut bâti pendant le* années de ltî«5 à 1090. Nous n'avons pîis do données exactes sur les dimensions qu'avait le château ou fort deLongucuil ; nous avons cepen- dant pu les déterminer approximativement d'après un petit plan du domaine, fait et nigné le 13 janvier 1810, par Wm Sax, arpenteur. D'après les données do ce plan, nous croyons pouvoir dire en chift'rcs ronds que le fort était d'une forme rectangulaire, mesurant à peu près 210 pieds français de front, faisant face au fleuvo Saint-Laurent, sur 170 pieds de rofondeur, en suivant le côté sud ouest du chemin de Cham* pro bly Digitized by Google Quant à sa position exacte, voici ce que nous lisons dans un procès- verbal de mesurage du même arpenteur, en date du 9 août 1809, alors qu'il s'agissait de délimiter le terrain qui fut vendu à la fabrique pour y construire l'église : "J'ai mesuré le long du dit chemin (Chamblv), côté sud-ouest, dans l'alignement des murs du vieux fort, etc." ; l'un des murs longeait donc le côté sud-ouest du chemin de Chambly. Un des plus vieux citoyens de Longueuil nous a répété la même chose ot se rappelle qu'il y avait une yrande porte dans le mur qui donnait sur le chemin de Chambly. Le mur fai- sait face au fleuve, était à environ dix ou quinze pieds au nord -ouest de la rue .Saint-Charles. Nous pourrions trouver facilement des restes de ces fondations en creusant un peu sur le terrain de la fabrique ; nous voyons aujourd'hui un gros orme près (le la maison de la fabrique, qui repose exac- tement sur le mur du vieux fort ; il est très aisé de s'en con- vaincre on examinant les racines de cet arbre. Sur le plan de M. Sax, on voit que la continuation de la rue Saint Charles est tracée à travers le fort, mais qu'elle est sans it*t>ue. Ce qui indique que cette rue n'était quo pro- jetée. Elle n'a été ouverte qu'après 1811, c'ost à dire après la construction de l'église commencée en 1810. A cotte épo- que, et même plusieurs années après, le chemin public suivait le bord du fleuve. Nous avons aussi pu constater, en observant les travaux de creusement qui furent faits pour la construction du per- ron do la nouvelle église (1885), l'existence d'un mur qui avait sans doute appartenu au vieux fort : ceraur,d'environ 50 pieds de longueur, était parallèle à la rue Saint Charles et se trouvait exactement sous la seconde marche du perron actuel de l'église. Ce sont là les seules données que nous ayions pu avoir relativement à la position et a la grandeur du fort do Longueuil. — 78 — Voici co qu'en disait Louis XIV dans la lettre de noblesse qui élevait Le Moyne au titre do baron de Longueuil : " Il (LeMoyne) a fait bastir à ses frais, un fort flanqué de quatre bonnes tours, le tout de pierre et maçonnerie, avec un corps de garde, plusieurs grands corps de logis, et une très belle église, le tout décoré de toutes les marques de noblesse,avee une belle basse cour, dans laquelle il y a grange, étable, bergerie, colombier et autres bâtiments, tous de maçonnerie, enfermés dans lo dit fort." Le tort était à deux étagos, et ses tours étaient rondes. Ce fort, si spacieux et si solide, servait à abriter les colons pendant les attaques des Iroquois, qui devenaient de plus en plus fréquentes, dans les commencements de rétablissement de cette paroisse. Il exista plus d'un sièelo et fut incendié, en 1792. Il avait coûté à M. de Longueuil la somme de 60,000 livres (à peu près 810,000), somme considérable, si l'on considère le bun marché des matériaux de construction et de la main d'œuvro à celte époque. Les Américains l'occupèrent pendant la guerre do 1775 ; en 17'J2, lorsqu'il brûla en partie, les Anglais y tenaient encore garnUon. Kn 1810, voyant que les murs menaçaient ruine, on résolut de le démolir : on se sot vit des pierres de son enceinte pour les murs do l'église alors en construction. M. de Longueuil construisit en outre un moulin à farine et une brasserie, tous deux on maçonnerie et près du fort. Il employait en même temps au-delà de trente personnes à défricher et cultiver ses terres et à d'autres travaux. Louis XIV, dans sa lettre, lui fait ce compliment, qu'à cette époque ( 1 700) la seigneurie de Longueuil était la seule bâtie et fortifiée de cette manière, et qu'elle avait puissam- ment contribué à la conservation des habitants dos seigneu- ries voisines. Alex. Jodoix Digitized by Google ETAT DES SERVICES DE PHILIPPE IGNACE AU- BERT DE GASPÉ. GRAND-PÈRE DE L'AUTEUR DES ANCIENS CANADIENS En 1727, il est entré cadet dans les troupes et a fait exac- tement le service dans les garnisons jusqu'en 1735, qu'il fit la campagne contre les sauvages (Renards), sons les ordres do M. de Xoyolle. En 1730, il fut fait enseigne en second et fit la campagne sous les ordres de M. le baron do Longaeuil, pour aller ré- duire les sauvages Natchez et Chikakas. * En 1742, il fut détaché pour aller tenir garnison à ilichil- limakinac, et y a servi trois ans sous les ordres de M. do Verchèros. En 1745, il a été fait enseigne do l'Acadie.en cette qualité, sous le commandement do M. do Ramozay. Il y resta pen- dant l'été. L'hiver .suivant, il fut détaché, avec M. de Cou- lomhier de Villiers. aux mine-», d'où ils chassèrent les Anglais. En 1750, il fut détaché pour aller faire bâtir un fort à la rivière Saint- Jean où il a commandé pendant deux années et demie. En 1753, il a monté, dans l'hiver, à la Belle Rivière, pour l'établissement qu'on y avait, et il était avec M. de Villiers, pour prendre le fort Necessity sur les Anglais. En 1755, il fut détaché, cinq mois, avec M. de Villiew, pour couvrir le fort Niagara et empêcher les incursions des Anglais sur ce fort. En 1759, il fut fait capitaine, et pas-a l'espace de six mois au portage de Carillon, sous les ordros do M. do La Corne, et l'hiver suivant i' fut commander au fort Saint-Frédéric, où il a été jusqu'au printemps de 1757, où on lui donna l'ordre de se rendre au portage de Carillon, pour y comman- der, et de là il a fait la campagne, sous les ordres de M. de Montcalm, pour la prise du fort Goorgo. En 1758, il a eu ordre de se rendre à Carillon, où il a resté pendant l'été, sous lea ordres de M. de Montcalm; et s'est trouvé à l'affaire du 8 juillet, où les ennemis furent repous- avec grandes pertes. En 1759, il eut ordre, dès le printemps, de se rendre à Carillon, jusquà l'évacuation qu'on a faite de ce fort, pour y commander deux piquets des troupes de la marine ; et de là il s'est rendu a l'Ile-aux-Xoix, où il est resté jusqu'à la der- nière saison. En 1760,il se trouvait à la bataille gagnée sur les Anglais, le 28 avril, après laquelle, ayant accepté la place de capitai- ne des grenadiers que l'on avait formés des troupes de la colon io, au lieu do M. de La Ronde Denis, qui avait été tué dans l'affaire ; il a commandé cette compagnie pendant le siège et à la tranchée, qui a été ouverte, l'espace de dix huit jours après la levée du siège. Il eut revenu à Deschambault continuer sos services avec la compagnie des gronadiers, sous les ordres do M. Dumas. D'après les certificats de MM. de Iîamezay et de Noyelle, il s'est acquitté do ses devoirs avec valeur, zèlo et distinc- tion. LA COUETTE DE NOS ANCETRES On sait que nos pères portaient la couette, c'est-à-dire qu'ils tenaient leurs cheveux noués en couette par derrière. Le naturaliste suédois Kalra qui visita la Nouvelle-France en 1749 trouva cette coutume tellement belle qu'il l'adopta. Il retourna en Europe par la Nouvelle Angleterre. Nos voi- sins, eux, portaient les cheveux très courts. Aussi quand Kalm passa à Albany, les gamins coururent après lui en l'ap- pelant Français. Les plus hardis même voulurent lui tirer la couette. P. G. R UNE CHANSON SUR L'EXPÉDITION DE WALKER, EN 1711 Noel Juchereau de Maure, l'auteur de la chanson suivante, était le frère de la célèbre hospitalière historien Juchereau de Saint Ignace, et neveu du vieux seigneur de Beauport, le vaillant Nicolas Juchereau de Saint-Denis, qui eut l'hon- neur d'être blessé, en 161)0, au premier engagement de la Canardière. Détail comique, j'ai copié cette chanson dans un vieux livre de prières. Quelque enthousiaste religieuse do l'époque l'aura sans doute trouvée si belle qu'elle l'aura prise pour un can- tique. (Sur l'air : Oh ! que de besogne à leur fusée ! Elle est mêlée, et,. ) Ouacrc, Viclie et Neglesson (i) Par une matinee, Prirent résolution De lever deux armées. Oh ! que de besogne, etc. Prirent résolution De lever deux armées ; L'une, partie de Boston, Sar cent vaisseaux portée. Oh ! que de besogne, etc. L'une, partie de Boston, Sur cent vaisseaux portée ; Les plus beaux ont fait le plongeon Dedans la mer salée. Oh ! que de besogne, etc. Les plus beaux ont fait le plongeon Dedans la mer salée ! La plus belle, Neglesson , Ne l'a pas amenée. Oh ! que de besogne, etc. La plus belle, Neglesson Elle avait mal aux yeux, dit-on, Craignant trop la fumée ! Oh ! que de besogm, etc. (1) Walker, Vetch et Nicholson. Kile ava:t mal aux yeux, dit -on, Craignant trop la fumée Des mousquets et du canon, De la mcche allumée ! Oh ! que de besogne, etc. Des mousquets et du canon, De la mèche allumée ! — " Ils reviendront, dit Pigeon, Dt-s la prochaine année ! " Oh ! ,pte de httopie, el<. Ernest Myrand LES ÉLECTIONS SOUS L'UNION La loi des élections était alors bien imparfaite et bien sin- gulière. Dans la plupart des comtés il n'y avait qu'un endroit fixé pour la tenue do l'élection. Au jour désigné par les writs et annoncé par des avis public-*, l'offieier-rapnorteur se rendait à cet endroit, où il avait fait d'avance ériger un busting aux frais dos candidats, et il lisait la proclamation. Puis il demandait aux électeurs présents de nommer leur représentant. S'il n'y avait qu'un candidat de nommé par la foule, alor* ce candidat était pro lamé élu. Mais, s'il y en avait plusieurs, et que le* candidats, on leurs représen- tant'», ou trois électeurs demandassent un roll, alors l'officier rapporteur se rendait à une maison choisie par lui, procé- dait K la réception et à l'enregistrement des votes. Le poil devait durer aussi longtemps qu'il y avait des votes d'of- ferts. Si le vote se ralentissait, l'officier-rapporteur pouvait annoncer qu'il fermerait le poil après une heure écoulée sans inscription de vote. Lldeesus, lo* candidats ou leurs représentants pouvaient demander l'ajournement du poil au lendemain. Et le lendemain, si une heure s'écoulait sans qu'aucun vote ne fût enregistré, le poil était déclaré clos et l'élection était terminée. Le poil devait se tenir de huit heures du matin à cinq heures du soir. Avec un pareil sys- tème, une élection pouvait durer indéfiniment. Celle de Montréal, en 1832, dura 24 jours ! Ionottjs RÉPONSES Jean-Baptiste Cadeau. (V, XI, 675.)— Une lettre m 'arrive demandant de produira les pièces authentiques con- cernant " lo fameux Cadot qui résista aux troupes anglaises dans la défense du fort du Sault Sainte-Marie, vers 1763." Nous voici en présence d'une légende dont l'explication n'exi- ge pas des volumes ni un long examen. Donnonslà d'abord tello que mon correspondant la rapporte : " Montcalm avait envoyé l'ordre à Cadot de garder le fort sauvage, ce qu'a fait ce valeureux soldat, qui a préféré mou- rir que de so rendre. On trouva ce brave mort, enveloppé dans le drapeau de la France. Nul n'aurait su qui il était, si l'on n'avait découvert dans l'une de ses poches une commis- sion au nom de Cadot, bas-officier au régiment de Normandie, natif de la .seigneurie do L'Aigle, aujourd'hui département do l'Orne, France." Autant de mots, autant d incorrections dans ce passage. Voyons les faits : Mathurin Cadot (écrit parfois Cadau) dit le Poitevin, paraît s'être établi à Bécancour, dans le dis- trict des Trois-Biviêrvs, vers 16S2. Le 31 juillet 1688, il épousait Marie Durand, élève des Ursulincs de Québec. File était fille d'un .Saintongeois et d'une lluronne. Cadot et sa femme ont vécu à Bécancour et y sont morts tous doux vers 1730. Un de leurs fits, Jean, né en 1693, so maria avec Mario- Josephte Proteau, de Sainte-Anne de la Pérade, et eut plu- sieurs enfants, parmi lesquels Augustin, Michel et Jean- Baptiste, celui ci né le 5 décembre 1723. Bécancour, le Cap de la Madeleine, Champlain et Batiscan, ont fourni la bonne moitié des coureurs do bois et des voya- geurs de l'ouest jusqu'à 1753, et plus tard. Jean Baptiste Cadot fut du nombre, à partir de 1750 ou même auparavant. Deux Canadiens.les sieurs de Bonne de Miselle et Le (xar- « — 84 — dear de Repenti guy, commerçante de fournir», se firent accorder, en 1750, un grand morceau de terre au Sault Sainte-Marie, pour y établir un poste de traite, qu'ils entou- rèrent de palissades, selon I usage. C'est ce que Ton appe- lait un fort— mais l'administration n'eut aucunement à e'en occuper, pas plus que si, ayant à défendre Toulon ou Mar- seille, je m'amusais à donner des ordres à la Pologne. Cadot se fit interprète, au service de de lionne, et acquit un lopin de terre sur lequel il érigea une maison conforta- ble. En octobre 1756, il épousa Anastasie, fille d un chef Sauteuz renommé. Le l'ère M. L. Lefranc, de la compa- gnie de Jésus, bénit ce mariage. Lorsqu'arriva la cession des territoires français à 1* Angle- terre, la société de lionne Repentigny croula, mais Cadot se maintint sur sa terre. Le furt lui restait et il continua le commerce despelleteriea.Piusieurs per.-onnes qui l'ont connu alors et par la suite, disent que c'était un homme de talent, rempli d'initiative, il vivait largement, pouvait compter sur l'amitié des sauvages, savait plaire, attirer et comman- der. L'été de 17«2, le lieutenant Jamet. de l'armée anglaise, fut envoyé au Sault Sainte-Marie avec un petit détachement. Cadot le reçut très bien. Le drapeau blanc flottait toujours sur la résidence du traiteur, et je ne sjche pas qu'on l'ait molesté à ce sujet. Par malheur, vers le mois de janvier suivant, le feu prit au fort et tous les bâtiments furent con- sumés, à la réserve de la maison do Cadot. Les provisions de bouche étant bridées, les soldats et Cadot se réfugièrent à Michilimakinac. En 176*4, durant la guerre de Pontiac, Mme Cadot sauva la vie à Alexandre Ilcnry, un marchand anglais, qui nous a laissé des mémoires sur Cadot. Il n'est pas le seul, d'ailleurs ; les documents qui concernent notre héros rendent son his- toire parfaitement intelligible. Dig — 85 — Henry et Cadot formèrent, en 1765, une société pour l'ex- ploitation du commerce des fourrures. Ils étendirent leurs courses au-delà des bouches de la Saskatchewan en 1776. Anastasie mourut en 1767, au Sault Sainte-Marie. Elle laissait quatre enfants : René, 1757 ; Charlotte, 1759 ; Jean- Baptiste, 1761 ; Michel, 1764. Cadot se remaria avec Mario Mouët de Moras do Langlade, d'une famille de Nicolet, établie à la Baie Verte du lao Michigan. lin 179G, Cadot, âgé do 73 ana, so donna à ses fils Jean- Baptiste et Michel, deux hommes actifs et très influents dans la contrée. On peut dire qu ils étaient riches, rois du pays, aimés de tous. En 1812, les Cadot se conduisirent avec bravoure sur dif- férents points de l'ouest, dans l'intérêt de la caube anglo- canadienne. Jean-Baptiste disparaît après cette date. Il a donc atteint l'âge de quatre-vingt-dix ans, ce qui le fait rester un bon demi Bièclo enveloppé dans le Ûrapeau do la légende. Sa descendance a tenu dans l'ouest une place marquée. Los Cadot gagnaient beaucoup d'argont et savaient en jouir. En 1818 il y avait à la Rivière Rouge,un nommé Augustin Cadot qui y demeurait dopuis 1780. Je crois qu'il était frère de Jean-Baptiste. Los Cadot actuels des districts des Trois Riviôros et de Montréal sont de la même touche étant issus de Mathurin Cadot le Toitevin marié on 1688, comme il a été dit en com- mençant. Le prétendu défenseur de la fortoresse du Sault Sainte- Marie, mourant enveloppé dans les plis de son drapeau ost une bonne farce, comme celle du vieux soldat qui s'enroule dans un pavillon de navire, sur le champ de bataille de Carillon et se laUse geler à mort. L'un de ces jours, on inventera le drapeau de Cadot, pour faire pendant à celui de M' , « — 86- Carillon, une autro blague, celle-là, que nous avons gobée avec enthousiasme. Cadot, sous-officier au régiment de Xormandie ! C'était un garçon des Trois-Rivières luisant le commerce des peaux de castor. Cadot abominaut les anglais ! Il n'a pas eu de meilleurs amis, leur a été seeourable on tout temps et a fait sa fortune avec eux. Cadot s'inspirant du " patriotago " do nos jours ! C'est trop fort ! (Tela ressemble au voyageur Cadicux écrivant, U y a plus de deux cents ans, une chanson dams le langage et le goût qui règne depuis IS30 ! U légendes, qu'il faut être naïf pour vous croire ! Benjamin Sclte L'abbé Paul Cas*t>i/rahi. (V, VII, 635.)— Ku 1S67, en traversant les Alpes par Chamounix, je lis la rencontre dans la diligence d'un capucin, le père Laurent, supérieur d'une maison de religieux à Paris, homme fort instruit, très spirituel, et de bonne compagnie. Il connaissait tout, à la ville et à la cour. V.n causant, il me mentionna un prêtre du nom de Cassegrain, curé vers le milieu du dernier siècle d'une petite paroisse près de Paris, aux environs de Ver- sailles, qu'il me nomma, mais dont j'ai oublié le nom. C'é- tait, me dit-il, un saint à canoniser et dont on se rappelle encore les vertus. Le cardinal Fleury l'avait choisi pour son confesseur. Mgr Pie, alors évêque de Poilicrs, depuis cardinal, avec lequel j'eus l'honneur de m'entrotenir longuement en route sur le vapeur, d'Ostio à Marscillo, à mon retour de Rome, un mois après, me confirma co que je lui dis tenir du père Laurent. Il eut occasion d'en causer ensuite avec mon frère, l'abbé Raymond, à Poitiors, et l'informa qu'une vie du digne curé avait été écrite et avait dû être publiée en Franco. J'ai DigitizeRby — 87 — chargé mon frère dans son voyage annuel a Paris, 1887-8, d'en faire la rechercho, mais il n'a pu trouver cette biogra- phie. Le personnage mentionné par le père Laurent et le cardi- nal Pie doit être Paul Cassegrain, né à Augerville, en 1693, vicaire à Dangcau ; en 1718, chapelain de Notre-Dame de Lorette, au château d'Arbouvilie, et vicaire de Rouvray Suint-Denis, appelé de 1790 à 1704 Rouvray-les-Chaumes ; en 1722, chapelain do Sainvillc et vicaire de Sainville; 1729, chapelain do Louvillu ; 1729, chapelain du marquis d'Allon- ville ; 1732, curé de Bouglainval ; 1734, fondateur et direc- teur do lu communauté dos sœurs do Saint Rémy d'Auveau, aujourd'hui connue nous le nom do Bon Secours de Char- tres ; 1734, chapelain du prieuré de Saint-Nicolosd'Anveau (fondé en 1100) ; 1745, vicaire d'Anveau. Ce prêtre pieux refupa lVvêehé do Québec que voulait lui faire accepter le cardinal KIcury. lequel l'avait choisi en 1742 pour chapelain et pour confesseur. L'abbé Cassegrain devint chanoine de Chartres en 1719. puis résigna son canonicaten faveur do «on neveu Paul- Antoine. Il mourut â Anvcau, en 1771, à l'âge de 7S ans. l'ar son testament, il légua cent pistoles à sa communauté pour célébrer chaque année la fêto du Sacré-Cœur; et disposa d'une somme de deux mille livres en faveur des pauvres. Sa vie a été écrite par son neveu Paul Antoine. P.-B. Casorain La Non relie- Eeostte. ( V, XI T, G81.) — " Le pays de l'Acadie, en y comprenant la grande Baye du fleuve Saint- Laurent, est une estendue de terre d'environ cent lieues en droite ligne, depuis le Cap do Rosier jusqu'au fort de Penta- goët ; et par mer, en faisant le tour de cet espace, on compte trois cents lieues de circuit, dont six vingt qui sont entre le cap do Rosiers et Canseaux, avaient esté concédées autrefois à AI. Denis, et c'est ce qu'on appelle la grande Baye de Saint- — 88 — Laurent, ot le reste depuis Canseaux jusqu'à Pentagouct est proprement le pais de l'Acadie, dont le Port-Royal, étant la- place principale, en est aussi comme lo centre." (Mgr de Saint Vallier). Dès 1621 , Jacques I d'AngIeierrc,dans ea charte en faveur do Guillaume Alexander, donne à l'Acadie, ainsi qu'àl'îledu Cap Breton et une partie du continent voisin, le nom de Nouvel le- Ecosse. R. I JjOulu Hébert. (VI, II, 6%'.) — Le premier colon fran- çais qui s'établit à Québec (1617) fut Louis Hébert, apothi- caire, que dos goût» particuliers, développés à Port-Royal quelques années auparavant, portaient vers la culture du sol dans le nouveau monde. Si Hébert eût eu plus d'imitateurs, c'est-à-dire un plus grand nombre do bons laboureurs, et moins de marchands au cœur sordide et aux vues étroites, la Nouvelle-France n'aurait pas eu à subir les atteintes do la cruelle famine qui fut une des grandes causes de la capi- tulation do Québec, en 1629. Doué d'une persévérance et d'une énergie extraordinaires, Hébert fut, à proprement parler, le bras droit du fondateur de Québec, qui lui-même comprenait que, pour rendre une colonie stable, il fallait exploiter les ressources du soi, plutôt que faire lo commerce. Lo chef do la première famille fran- çaise qui ait habité le Canada commença à ensemencer la terre, à la Haute- Villo do Québec, dès le printemps qui suivit son arrivée (1618), et il continua jusqu'à ea mort (1621) à défricher et à cultiver avec intelligence uno portion de la terre qui lui avait été concédéo par le roi de France. " Ça été, dit Champlain, le premier chef de famille résidant au pays, qui vivait de co qu'il cultivait." A sa mort, ses champs fournissaiont largement à la subsistance de sa famille. Son corps fut enterré solennellement au cimetière dos Récollets, sur l'emplacement de l'Hôpital-lîénéral. En 1678, lo père Valentin Le Roux, supérieur des Récollets, fit trans- Digitized by Google - ■ — 89 — porter ses ossements dans les caveaux de l'église de son ordre, à la Haute- Ville. Louis Hébert eut de sa femme, Marie Rollet, trois enfants : Anne, Guillemette et Guillaume. Anne épousa Etienne Jon- quest, en 1618 ; ce fut le premier mariage célébré à Québec ; mai» la première inscription sur le registre do Notre-Dame de Québec est celle du mariage de Guillemette avec Guil- laume Couillard, en 1621. Guillaume Hébert épousa Hélène Desportes. 11 est peu de familles un peu anciennes au Canada qui ne puissent remonter par quelques-uns de leurs ancêtres jusqu'à celle de Louis Hébert. N. E. DlONNB Les Gttgyau Can afin. (V,X,669.)— La famille Gugy a laissé trop de souvenirs dans le pays pour que nous puis- sions la passer sous silenco. Conrad Gugy était né à la Hague, d'un officier suisse au service do la Hollande. Devenu grand, il so mit au service du roi d'Angleterre, et obtint un grade dans un régiment qui vint prendre part à la conquête du Canada. A la fin de la guerre il se trouva à disposer de sa commission, et con- sentit à s'établir dans le pays aux instances des autorités d'alors. Connaissant parfaitement la langue française et la langue anglaise, il fut d'un grand secours dans les temps difficiles qui suivirent la conquête. C'était un gentilhomme dans la force du terme, franc et sans dol, très fort sur le point d'honneur, comme nous verrons bientôt, et très respecté par la population. Les Anglais l'estimaient beaucoup à cause des services qu'il leur rendait tous les jours, et surtout à cause de sa fidélité au drapeau britannique. 11 professait, en effet, un vrai culte pour les institutions d'Angleterre, et il ne désirait rien tant que de les voir s'introduire dans notre pays. Les Anglais le récompensèrent de son dévouement à Digitized by Google — 90 — leur cause en le nommant secrétaire du gouvernement et conseiller législatif. Il fut aussi membre du Conseil exécu- tif. En 1785, lorsqu'il s'agit d'établir le jury pour certaines causes purement civiles, il franchit un espace considérable pour aller donner son vote en faveur de cette mesure. Il ne prévoyait pas alors qu'il serait victime de cette institution. Le gouvernement ayaut besoin de bois pour lu construc- tion dos^easernes, le capitaine Twiss s'engagea à on descendre une grande quantité par la rivière Machiche. Mais la digue construite au moulin de la Grande Iticicrc empêchait la dos* oente du bois. Conrad Gugy s'étant transporté sur les lieux, trouva un moyen de franchir l'obstacle et le bois so rendit a sa destination. Le capitaine Twiss, copcudant,quitla le pays suns avoir payé aucun dommage ; Conrad Gugy restait, il fut actionné, et l'on nomma un jury pour cette cause. Le jury trouva Conrad Gugy coupable d'avoir indi- qué l'endroit où l'on pouvait passer le bois, et le chargea des frais et dommages qui s'élevèrent à un montant ruineux. Quelque temps après, ou réforma ce jugement, mais il était déjà trop tard. Conrad Gugy reçut cette sentence sans dire un mot de plainte ni de réplique ; revint à son manoir, à Yamaehiche, et s'enferma dans sa chambre. Le londemain on le trouva appuyé sur le bras d'un sofa, froid comme le marbre. Orgueilleux et sensible, le verdict rendu contre lui l'avait littéralement tué. Il laissa son héritage à Barthélomi Gugy, sou frère cadet, qui s'était mis au service du roi de Franco. Un seul exem- ple pourra donner nne idée du caractère noble et loyal de ce dernier. Lui et son fils, Louis Gugy, reçurent des offres avantageu- ses pour les engager à entrer dans l'armée révolutionnaire, mais ils refusèrent généreusement, ot le colonel parvint A traverser la France avec son régiment sans perdre un seul Digiti homme. Arrivé sur la frontière de la Suisse, il oft'rit ses chevaux en vente, et il arriva que Jérôme, celui-là même qui avait reconnu et livré Louis XVI. se présenta comme ache teur. Il n'aura pas mon cheval, s'écria le noble et loyal colonel, et il s'empressa de le tuer afin d'etre bien sûr qu'il no tomberait pas entre les mains du traître. Le colonel Ti. 7. Ce fut la première notion que l'on eut en Europe de l'existence de ces côtes que Ton prenait pour des îles perdues dans le voisina- ge du Japon. En 1500, Cortoreal se rendit au Cap- Breton et fit connaî- tre la position géographique de cette terre, de manière à y attirer les navigateurs et Iob pécheurs de morues. Jean Denis, do Honneur, dressa en !506 une carte du golfe Saint-Laurent qui s'avance presque jusqu'à l'île Anti- oosti. Elle répandit chez les marins de la Normandio la connaissance de ces lieux do pêche et de eh anse. Thomas Aubert, de Dieppe, visita le golfe en 1508, ayant à son bord lo jeune Jean Verrazano. De tout cela, on ne fit aucun mystère, non plus que du voyage de Jean de Léry sur les côtes de la Nouvelle-Ecosse en 15:8. Verrazano partit de France l'automne do 1523, revint en juillet 1524, après avoir examiné les côtes depuis lo Cap- Breton jusqu'à la Floride, et nommé ces vastes pays " La Nouvelle-France," nom qui fut bientôt adopté par toute l'Buropo pour désigner ces terres inconnues la veille. Le rapport de Vorrazano, quoique mis en circulation sous forme de copies, ne fut imprimé qu'en 1582 pour la première fois ; du moins c'est la date la plus ancienne que l'on connaisse. Jean Parmentier, en 1 529, parle des découvertes, des Sau- vages, de la pêche de l'Amérique du Nord. On pensait alors que ces terres n'étaient pas profondes et quo l'océan Pacifi- que devait se trouver où son nos grands lacs. Digitized tw Google — 93 — Cartier tenait de tous ces devanciers un certain nombre do renseignements, et il fit le voyage de 1535 pour chercher un fleuve, afin de le remonter de manière à savoir la distance qui sépare l'Atlantique du Pacifique. Kendu à Montréal, il comprit qu'il était au centre d'un continent. Cotte décou- verte fut ensuite ébruité en Europe. Bien plus, Jean-Al- phonse Fonteneau, pilote de Carlier et Roberval, publia son Boulier qui plaça en pleine lumiôro la question de l'Amé- rique du Xord. La bibliothèque du Canada te formait ainsi, à mesure que cette contrée sortait des limbes du pansé. Les livres, les bro- chures, les cartes, les globes, los portulans ne manquaient pas pour éclairer ceux qui désiraient s'instruire à ce sujet. Les livres d'André Thevet, de 1555 à 1575, contribuèrent encore à agrandir la science de ce côté. La Fopelinière, dans son Histoire des Trois- Mondes, en 1582, donne sur la région du Canada à pou près lout ce qu'il importait de savoir pour lo lecteur en général. La Floride de fiasanier, en 1586, renferme aussi des notes à consulter sur la contrée nord. Richard Hakluyt produisit en 1000 le résultat de ses étu- des dans cette direction et réveilla l'attention de l'Europe sur les terres nouvelles. RamuMO fit de même en 1000. Marc Lescarbot a laissé sur l'Acadie, de IGOi à 1 613, nom- bre d'ouvrages très remarquables. Les œuvres de Samuel Cbamplain vont do 1608 à 1629 et forment à présent quatre gros volumes ; mais ces écrits furent publiés tout d'abord en brochures, du vivant de i'au- teur, comme c'était le cas pour Lescarbot. La lettre du Père Biard, sur l'Acadie (161 1), est une lon- gue explication de tout ce qui concerno les côtes du Maine en remontant au nord jusqu'au Cap Breton, sans oublier le Saint-Laurent et le Bas-Canada. Digitized by Google Remarquez que :e* Français n'avaient que de tout petite établissements dans ces parages, et pourtant venez voir dans ma bibliothèque les nombreux écrits dont on pouvait se ser- vir dès lors pour connaître le Canada ! Le frère Gabriel Sagard, dans son Voyage au pays des Hurons et dans son Histoire du Canada, qui furent publiés en 1 63tf, abonde en renseignements sur Ie8 grands lace et les territoires arrosés par le Saint Laurent. Les Relations des Jésuites formaient un volume annuel, de 1625 jusqu'à 1673, de ce qui se passait au Canada. La Société de Montréal, à partir de 1641, publia aussi des broehura*. La Mère de l'Incarnation écrivait, de 1639 * 1670, d'in- nombrables lettres pour faire connaître le Canada. Ducrcux publia en 1664 une Histoire du Canada qui com- mence en 1500 et s'arrête en 1656. Pierre Boucher donna, en 1664, une Histoire Ifattirelle du Canada, où il démontre que c'est un pays plein de res- sources mais dont personne n'a encore su rien tirer excepté des peaux de castor. Cette longue liste de livres doit suffira à nous con- vaincre de l'existence d'une histoire du Canada, écrite, com- plète, imprimée, mise en circulation depuis longtemps, lors- qu'il a plu à Nicolas Donys, en 1672, de publier ses deux . volumes, qui ne traitent que des côtes de la mer et de la. pêche de la morue, et qui n'est aucunement une "Histoire du Canada." De fait, il l'intitule : Description Géographi- que et Historique des côtes de l'Amérique septentrionale, avec Vhistoire naturelle du pays. Or, tout récemment, j'ai lu dans les journaux : " Nicolas Denys remplissait des fonctions importantes dans le gouvernement de la Nouvelle-France, quand le Maine ne faisait pas encore partie des Etats-Unis. Il est question à Lowiston d'ériger un monument à ce premier historien de l'Amérique du Nord." — 95 — Ses fonctions consistaient à faire la pêche pour son compte personnel, au Cap-Breton, où il n'a créé aucune colonie. Il De s'est pas mémo occupé des établissements des Français on Acadie ou Nouvelle- Ecosse. Son livre a de la valeur en ce qui regarde les affaires de la pêche de la moruo et la navi- gation des bords de la mer, depuis Terreneûvo au Maine. DeDys ne pouvait pas être un fonctionnaire do l'Etat, car il n'y avait point de population blanche dans l'étendue de ses domaines do pêche. Il n'a pas connu le Canada et n'en a pas écrit l'histoire. Son livre est plutôt lo dernier que le premier paru concernant les provinces maritimes. Vous voyes ce qui en e^t de la note des journaux. Bbnjamin Sulte Z/'orthog raphe dit nom de Saint- Val lier, (V, II, 576.) — L'usage assez général au Canada est d'écrire Saint- Valier. On trouve cette orthographe en tête de l'édi- tion du Rituel, dans les mémoires de l'abbé de la Tour et dans maiuts autres ouvrage*. Nous croyons cependant qu'il faut écrire ce nom avec deux l. On le trouve orthographié ainsi : 1° Dans les contrats de fondation de l'hôpital géné- ral de Québoc et danH d'autres actes notariés paesés eoit en France, eoit au Canada ; 2° Dans les annales du même mo- nastère, notamment dans la partie écrite du vivant de son fondateur ; 3° Dans divers écrits reçus de France on divers temps et venant de sources différentes ; 4° Dans les mémoires du duc de Saint-Simon ; 5° Dans plusieurs dictionnaires historiques, biographiques ot héraldiques ; 6° Dans les œu- vres des abbés Faillon et Casgrain, aussi bien quedans celles de Parkman, etc., etc. Une raison , du reste, qui prime tou- tes les autros, c'est que la famille même de Mgr de Saint- Vallier écrit son nom avec deux L K. — 06 — QUESTIONS 703. — Be né Doumic, dans une étude qu'il vient de publier dans la Revue des Deux Mondes, sur le livre que M. Paul Stepper vient de consacrer à la famille et aux amis de Mon- taigne, dit, en parlant de ce dernier : " Il s'est adressé à tous ceux qui pouvaient lui apporter quelques renseignements utiles, il a marié et multiplié l'infor- mation. Il interroge ceux que le hasard met sur sa route et fait parler ceux qui passent près de son château. 11 a chee lui un homme qui a demeuré dans la France antartique, et par un intermédiaire il lie conversation avec plusieurs mate- lots et marchands qui l'avaient accompagné dans ce voyage. Ce lui est un moyen de s'enquérir des coutumes des pays que nous tenons pour barbares et de les comparer avec les nôtres." Où était située cette France antartique qui intéressait tant Montaigne, et par quels paya est-elle représentée aujour- d'hui ? Auo. 704. — Où pourrais-je me procurer des renseignements sur la " Société du feu " qui existait au commencement du siècle dans la cité de Québec ? Pomp. 705. — Le colonel Le Compte Dupré, dont il est souvent question dans les récits du siège de Québec par les Améri- cains, en 1775, appartenait-il à l'armée régulière ou à la milice canadienne ? Soi. p. 706. — On m'affirme qu'il n'y a pas, à Caughnawaga, une seule famille purement iroquoise, que toutes ont fait des alliances avec des blancs. Qui peut me renseigner justement là-dessus ? Rio 707. — Pouvea-vous me dire où sont établis les restes des différentes tribus sauvages,tellee que les Iroquois, les Hurons, les Abénaquis, etc., etc., qui se partageaient autrefois le ter- ritoire du Canada ? Sauv. Digitized by Google Digitized by Google BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL. 6 AVRIL 1900 ~So. 4 SAINT-CLET DE SOU LANGES Le 24 septembre 1849, Monseigneur Ignace Bourget, évo- que de Montréal, lançait un décret pour l'érection d'une paroisse dans le comté de Vaudreuil, seigneurie de Sou- langes — le comté do Soulanges n'a existé qu'en 1853. Cette paroisse, qui comprenait les concessions de Sainte- Anne ou Côte Rouge, do Saint- Jacques, de Saint-Emmanuel et du Ruisseau Saint- Hyacinthe, fut placée bous le vocable de saint Clet, pape et martyr. Une proclamation du gou- verneur, lord Elgin, reconnut ectto paroisse canonique et lui donna l'existence civile, le 14 mars suivant. Tout ce territoire, auquel on a ajouté quelques terres par un décret en date du 24 février 1871, faisait partie de la paroisse de Saint-Ignace du Côteau du-Lac. Meesire Théo- philo Brassard, alors curé de cotte dernière paroisse, fit, en 1849, l'élection des syndics qui devaient acheter un terrain, procéder à la répartition légale, puis bâtir église, presbytère et dépendances curiales. Le site de la nouvelle église fut marqué à l'endroit où elle se trouve maintenant, par Mess ire Panl-Loup Archambault, archiprêtre, chanoine honoraire de la cathédrale de Montréal, vicaire-général de Mgr Bour- get et curé de Vaudreuil. Ainsi s'évanouirent à jamais les espérances des habitants du Ruisseau, nord et sud, qui, depuis vingt ans, avaient dé- pensé beaucoup d'argent en voyages, en démarches auprès des évêques do Québoc,et même on bâtisse^puisqu'ils avaient construit une chapelle et un presbytère au village du Ruis- seau, aujourd'hui Pont-Château. — 100 — En principe, ils étaient opposés au site de la nouvelle église, mais voyant le terrain leur échapper et ne voulant pas perdre toute la partie, en allant au Coteau du-Lac, ilsee rallièrent aux citoyens du haut de la paroisse, pour bâtir avec eux sur le rang de Saint- Jacques. Tout alla si bien qu'au bout d'une année et quelques mois, toutes les bâtisses furent à peu près achevées. Cependant, daDS le but d'agrandir plus tard l'église, on ne fit qu'une façade provisoire en bois. La façade actuelle, en pierre de taille et le colossal clocher ne furent ajoutés qu'en 1871. La première messe à Suint-Clet a été célébrée dans la sacris- tie, par MessireC.-E. AIarsolais,le 5 mars 1851,jourqui coïn- cidait avec le mercredi des Cendres. Au mois de septembre de la même année, le 25, eut lieu la bénédiction de l'église et de la cloche qui sonne encore, par Mcssire F. Cholette, curé de Saint-Polycarpe. Celte cloche, du poids de 535 livres, fut nommée Marie- Louise, Eugène, Rose et Justine. Pour n'avoir pas un seul nom à la mode d'aujourd'hui, elle s'en trouve aushi bien et n'en sonne que mieux. Le presbytère actuel a été construit par M. Chagnon. en 1886. M. Marsolai*, premier curé, prit possession de sa cure le 4 mars, et le lendemain, il ouvrit les registres en y inscrivant le premier baptême fait dans cette paroisse. Un desservant et six curés ont exercé le ministère à Saint Clet. Ce sont: MM. Th. Brassard, desservant, de 1849-1851 ; C E. Mar- solais, 1er curé, de 1851- 18G6 ; Henri Morin, de 18G6-1867 ; M. Théop. Thibaudeau, de 1867-1869 ; M. Théop. Chagnon, de 1869-1890 ; M. Gaspard Bérard. de 1890.95, et A.-Chs. Dugas, de 1895 1900. Digitized hy c ■ - — PRETRES FRANÇAIS PRISONNIERS DANS LE PORT DE QUÉBEC EN 1801 DanB un remarquable travail lu en 1885 devant la Société Royale, M. l'abbé Bois parlo au long dee prêtres français qui, ohassésde leur pays par la révolution, allèrent, en 1792 et les années suivante*, chercher un refuge en Angleterre. Ils s'y trouvèrent réunis jusqu'au nombre de huit mille et reçurent avec les émigrés laïques l'accueil h) plue sympathique de la part tant du gouvernement que des familles nobles du pays. On calcule qu'il fut donné au-delà de $9,000,000 pour le sou- tien de ces pauvres exilés. " Tandis que la France, dit lo cardinal de la Luzerne, jus- que-là si catholique et prétendant l'être encore, persécutait avec fureur les pasteurs catholiques, l'Angleterre, livrée depuis doux siècles au schisme et à rhcré*ic,1esaccucillait avec humanité, se faisait le modèle du monde entier par sa géné- rosité, comme elle en était le soutien pas sa puissance. Quel touchant spectacle, quel admirable exemple a donné aux autres nations cette nation hospitalière, quand on l'a vue tout entière, clergé et laïques, roi et sujets, grands et petit», accourir au-devant des confesseurs d'une religion qui n'était pas la sienne, B'empresser de les accueillir, de soulager leurs douleurs, do subvenir à leurs besoins, d'en adoucir les maux ! Daigne Celui qui seul a dans sa main le digne prix de tant de bienfaits, lui en accorder les récompenses les plus abon- dantes, et surtout celle qui est la plus précieuse et la plus désirable ! Puissent les aumônes de ce peuple bienfaisant monter, comme celles de Corneille, jusqu'au trône céleste, et •n faire descendre sur lui lo don inestimable do la foi ! " On sait que ce vœu a été exaucé, en partie du moins, et que le séjour en Angleterre de tant de dignes et pieux ecclé- siastiques français a fait disparaître bien des préjugés, amené la fin de bien des injustices et provoqué ce9 conver- — 102 — sions extraordinaires dont !e courant n'u plu-* crsuite été" interrompu. Pour quo les secours aux exilés fussent distribués avec intelligence et régularité, on avait nommé un bureau spécial présidé par il. Wilmot. et c'était Mgr do la Marche, évêque de Saint Pol de-Léon, qui avait la gestion des sommes affec- tées au clergé. Cost avec ce dernier que l'évéquo de Québec entretenait une correspondance suivie, et ce fut en partie pardon entromise que quarante et un prêtres français pu- rent venir en Canada et s'y dévouer dans l'exercice du saint ministère. Jusque lu, le gouvernement britanuique avait été Hourd aux demandes réitérées do î'évêquo de Québec.ct il fui- lut la révolution française et les persécutions qui en furent la suite pour changer ses dispositions hostiles et amener ici des ecclésiastiques très distingués pour la plupart et qui ren- dirent les plus grands services dans les ditféronts postes qui leur furent confiés. M. Bois donne la liste de quarante deux prêtres français qui vinrent au Canada do I7f>l à 1806. Lo dernier fut II. Nicolas-Aubin Thorel ; mais M. Bois so trompe en donnant 1806 pour la date de son arrivée. Ce monsieur débarqua à Québec le six octobre 1801 et mourut à l'Hôpital-Général le 22 janvier 1S02 (l). Do plus, il n'était pas venu précisément pjur offrir ses services a I'évêquo de Québec, mais était pri- sonnier avec dix autres abbés français à bord de la frégate anglaise La lUsistancetet ne put descendre à terre que parce qu'il était dangereusement malade. Les autres furent obligés de rester ù bord, et ce durant tout le mois d'octobre. (i) Mgr Tanguay, dans son Répertoire 8ia, je trouve la note suivante : " N. B. Ce dernier (M.Thorel) descendit de la frégate où il était prisonnier et mourut à l'Jlôpiiai-Général où il fut enterré. Ce fut avec beaucoup de |>cine que le coudjuteur de Québec, Mgr Plessis, réusnl à avoir la permission du gou- verneur do faire mettre à terre M. Tborel alors dangereu- sement malade. Quant aux autres messieurs, la charité du clergé et des fidèles de la ville de Québec leur fit prodiguer tous les secours dont ils étaient capables pour rendre leur captivité plus supportable." On peut facilement se représenter leur déplorable condi- tion : exilés de France, prisonniers de l'Angleterre, entassés sur une frégate déjà encombrée, entourée do marins protec- tants, ayant eu à souffrir do la faim et privés même de vêtements convenable*, les voici enfin après une longue et pénible traversée, arrivas dans un port ami où ils ont l'espoir de débarquer pour se reposer de leurs fatigues et de leurs privations. Mats non, cette consolation leur sera refusée, et ilurant un mois, en face de cette ville catholique qui ne de- manderait qu'à les recevoir et même à les garder, ils reste- ront prisonniers sur le bateau et ne pourront descendre sur la rive du repos et de la liberté. Du moins reçurent ils des marques de la plus vive sympathie et les deux lettres sui- vantes en sont la preuve éloquente, do même qu'elles mon- trent quel effet produisait sur tous les étrangers l'imposante Digitizec — 105 — et eympathiquo figure do monseigneur Plessis et aussi comme le clergé ot le peuple d'alors savaient pratiquer la charité. Disons qu'il en est do même aujourd'hui et que nos pères sous ce rapport du moins n'auraieut pas à rougir de leurs enfants. Voici ces deux lettres signés par tous les prêtres français dont je vieua de parler; elles font autant d'honneur à celui qui les a reçues qu'à ceux qui les ont écrites et elles m'ont paru assez intéressantes pour mériter de figurer dans les Recherches Historiques. A Monseigneur le Coadjuteur de Québec, A Québec. Monseigneur, Nous quittons la rude de Québec comblés de vos bienfaits ; daignez agréer l'hommage pur et sincère de notre recon- naissance : vêtus, nourri», secourus dans tous nos besoins spirituels et temporels, votre conduite à notre égard nous rappelle vivement celle des évêques de la primitive Eglise. Crainte de porter atteinte à votre modestie, nous garderons un silence profond sur tant de vertus dont l'éclat a fait sur nous une impression durable ; nous no dirons rien de co dis- cernement des esprits qui vous rend si judicieux à connaî- tre les homines, de cette noble simplicité qui vous familiarise à tous, sans qu'aucun manque au respect qu'on doit a votre place et pius oncore à votre mérite personnel ; enfin de cette charité offective, compatisMaute, qui vous gagne tous les cœurs en les élovant à Dieu. Jouissez longtemps do ces faveurs que vous avez reçues du ciel ; vous ne lo ferez jamais que pour la gloire do Dieu et le~«*lut des âmes. Pour nous, il nous restera le doux plaisir de publior vos vertus et vos bienfaits partout où la Providence dirigera nos pas ; nous osons y ajouter le regret sincère do nous voir éloigné d'un prélat qui nous laisse tant à admirer en lui. Il faut au reste, Monseigneur, que Dieu soit bien mécontent de nous, puisqu'il n'a pas trouvé à propos de nous ménager los moyens Digitized by Google ♦ — 106 — de demeurer auprès de voue et dans cette terre heureuse de Gessen où lea vrais israélites jouissent de l'heureuse liberté des enfants de Dieu, tandis qu'il nous faut revenir dans cette malheureuse Egypte, notre patrie, frappée peut être encore des ténèbres de l'erreur. Oh ! si jamais nous pouvions obte- nir de Mgr l'évêque de Suint-Pol et du gouvernement anglais l'agrément de revenir à Québec, nous volerions vers vous, Monseigneur, comme vers un bon père, pour jouir du spec- tacle touchant do vos exemples et de vos vertus. C'est dans ces sentiments et avec ceux d'un profond respect que nous avons l'honneur d être, Monseigneur, De Votre Grandeur Les très humbles et très obéissants serviteurs, Brus, Curé, Al. Huysenb, Curé, Jean Paoneau, prêtre, Plombât, Pire. curé. P. S. Nous osons vous prier de faire ngr.'er nos très hum- bles remerciements à fous vos dignes coopérateurs et aux dignes épouses de J. C. qui ont contribué à nous secourir, ainsi qu'à tous les fidèles, sans oublier ceux que l'humanité a rendus sont-iblcs a nos malheurs. A bord do la frégate La Résistance, ce 21) octobre 1801. A Monseigneur le Coadjuteur de Québec, A Québec. Monseigneur, L'accueil gracieux qu'a bien voulu nous faire Votre Gran- deur nous a pénétrés de la plus vive sensibilité et a adouci les rigueurs inséparables de notre déportation ; il nous a d'autant plus flattés quo nous le regardons comme un pré- lude et un heureux présage de celui que noua espérons avoir en France. Nous avons été douloureusement affectés quand, après notre capture, nous avons su que nous allions être conduite Digitized by GoQQle au Canada. Aujourd'hui noua regardons co voyage comme un bienfait de la Providence qui nous y menait comme par la main, pour notre instruction et notre édification. Un pré- lat doué d'éminentes vertu», qui à une vraie modestie réunit une noble et touchante simplicité, un père dont l'âme géné- reuse et compatissante a été vivement émue à la vue de notre misère et de nos souffrances, et qui par une tondre et vigi- lante solicitude nous a prodigué audelàde nos souhaita tous les secours qui nous étaient nécessaires ; un clergé édifiant en qui nous avons trouvé des frères et des amis et des fidèles imitateurs de leur respectable modèle ; enfin un peuple de mœurs patriarcales ; tel est le spectacle ravissant qui noua attendait en Canada, et que nous avons vu avec admiration. Mais ce qui l'avait causée, Monseigneur, cette admiration, va devenir le sujet de nos vils regrets. Nous aurions bien désiré ne point nous séparer de Voire Grandeur, rixer notre séjour dans votre diocèse, y respirer en paix, à l'ombre d'un gouvernement pacifique et protecteur, et consacrer nos veil- les et nos faibles talents à coopérer au salut d une partie du troupeau confié à vos soins. Mais cela n'entre pas dans les vues do Dieu ; nous ne sommes point assez purs, nous n'avons point encore été assez éprouvés dans le creuset des tribula- tions pour avoir l'honneur d'être agrégés de mœurs et de vertus angéliques. Semblables aux israélites murmurateurs, nous aurons parcouru des yeux, à loisir, les coteaux riants et fertiles du Saint-Laurent ; nous aurons vu la terre d'a- bondance, la terre désirée, mais il ne nous aura pas été do»- né d'y poser les pieds. Terrain lacté et mclle tiucntem. Nous partons, Monseigncur,couverts de vos bienfaita,nous sommes pénétrés de la plus vive reconnaissance envers Votre Grandeur ; nous en sentons toute l'étendue, mais les expres- sions nous manquent pour la rendre. Daignez agréer, Monseigneur, nos respectueux et sincères adieux ; nous prions le Très-Iluut de vous conserver à ce — 108 — vast* diocèse poor son bonheur et son saint, soils les auspi- ces d'une paix profonde, à l'abri des orages et des tempêtes ré volution oai res. Nous tous laissons à regret l'infortuné Thorel, mais nous non» consolons sur son sort, le sachant en si bonnes mains ; et le recommander à votre sollicitude serait déjà avoir oublié combien vous êtes compatissant et généreux. Nous avons l'honneur d'etre, De Votre Grandeur, Monseigneur, Les très humbles, très obéissants et très respectueux serviteurs, Los prêtres français, Ténèbre, De Jrxi l lac, ThEVENET, CoLLOQUIN, Tbollé, Porte. A bord de La Résistance, 30 octobre 1801. C'est en vain que j'ai cherché d'autres documents sur ce touchant épisode. Que «ont devenus ces abbés ? Co qui est certain, c'est qu'ils ne sont point revenus en Canada, et s'il! ont écrit, leurs lettres n'ont pas été conservées. Comme bien d'autres do leurs compatriotes, après avoir séjourné quelque temps en Angleterre, ils seront retournés dans leur patrie, emportant dans leur cœur le souvenir impérissable de la charité britannique et de leur pénible mais consolant voyage au Canada. Mgr H. TÊTtr Digitized by Google — 109 JEAN BISSOT DE VINCENNES Voici quelques notes supplémentaires à celles déjà publiées par notre ami Edmond Mallet, de Washington, sur ce voya- geur et explorateur canadien, qui a, dit-on, donné son nom à la capitale de l'indiaoa : 1068, — " Le vingt-unième du mois de janvier mil six cent soixante- huit, a été baptisé par moy, henry de ber- nières, curé de cette paroiœe, Jean-Eapt Byasot, fils de François Byssot et de Marie Couillard, ea femme, né le dix- neuf du même mois et bd. Le parai n a été M. Jean Talon, intendant pour le roy en ce paù», et la marainc Guilleraotte- Marie Hébert, femme de feu Guillaume Couillard, de cette paroisse. H. de Bernières." * * 1087.— Le 20 octobre 1687, Jean Bissot de Vincennes, fils de défunt François His>sot et de Mario Couillard, présente une requête au Conseil Souverain, représentant qu'ayant atteint l'âge de vingt ans ou environ et étant sur le point de passer en France pour un employ, il lui soit accordé des lettres de bénéfice d'âge qui lui facilitent le maniement de son bien. {Jugements et Délibérations, vol. III, p. 189). *** 1094,— Le 25 octobre 1694 (greffe de Cbambalon),Jean Bissot, sieur de Vincennes, demeurant à Québec, vend à Louis Marchand, aussi de Québec, tous les droits qu'il peut avoir et prétendre en la seigneurie de Mingan, et la moitié franohe d'une terre en la seignourio de Lauzon, voisino de Beaumont, pour la somme de 2,500 livres. Cette terre lui avait été con- cédée, conjointement avec son frère Charles, par son par- rain, l'intendant Talon. Il signe alors comme suit : Digitized by Google 110 — 1709.— Le 10 juillet 1709 (greffe Le Pallieur), Jean- Bap- tiste Bissot, sieur de Vinconncs, demeurant à Québec, est à Montréal et vend pour une seconde fois sa part en la seigneu- rie de Mingan, à François Brissonnet, marchand perruquier de Montréal. *** 11116. — Extraits d'une lettre do Toussaint Loizel, trou- vée dans le greffe du Comparet, notaire à Montréal : " La portuite," " Mon cher frôre, ii Je ne puis avant quo de finir me dispenser do vous marquer un mot au sujet de la guerre que l'on a fait sur les Chîska- chan, où nous avons perdu 40 Français. M. D'Artaguette, commandant du dit poste, a été tué avec sept aulti tiers des troupes, quatre de milice, tous les personnes du famille ont pars dan» ee malheureux coup. S'est une désolation mor- telle dans nos pauvres Illinois de te voir privé de tant de braves gens. Je finis mon cher frère en vous assurant que personne n'est avec plus d'attachement et d'araittié, Vostre chère frère, TorssiN Loizel." •< A Ste-Anno, le 13 avril 173(1." « A l'égard des personnes qui ont péris dans cette malheu- reuse guerre, sont Mrs. De S t Ange, fils, Coulonge, Levillié, le jeune Duclaude, Vincenno, la Gravière avec M. Belcoue et un autre de ses frères, et lo quatrième avec une épaule cassée. M. de Tonty, D'Esgly et le vieux Lalonde et Antoine Carrière, Louis Langlois, M. Dutilly, fils. Les autres sont Français ou de Québec, nous ne les connaissons pas." Digitized by Google 1 — HI — *** I74(ié — Le 24 janvier 1656, la fabrique de la paroisse de Notre-Dame de Québec concede à François Bissot, sieur de la Rivière, un banc de six pieds de largeur sur trois pieds et demi de profondeur dans la dite église, pour en jouir par lui et ses hoirs à perpétuité, moyennant cent livres une fois payées et les droits ordinaires payables à la dite paroisse, à chaque mutation. A l'origine, ce banc était au dessous des balustres et sièges du lutrin ; en 1729, il se trouvait le deuxième du rang du milieu, du côté de l'Evangile. A la mort do Bissot, en 1678, Louia Jolliet, gendre de Bis- sot, par rapport à sa femme Claire-Françoise Bissot, et aussi, allègue t on, par rapport aux services rendus comme orga- niste de la paroisse de Québec, eut la jouissance de ce bano jusqu'à sou décès, en 1700 ; et ensuite sa femme, Claire Bis- sot, aussi jusqu'à son décès en 1710. Alors «uccètle à la femme de Jolliet comme occupant du banc do Biwot, sa fillo Claire Jolliot, qui avait épousé Joseph DeFleury, sieur de la G-orgcndièro, seignour D'Eschambault. Le 13 mars 1720, la fabrique de Québec accorde régulière- ment la jouissance du banc de Bissot au sieur do la Gorgen- dière susdit. fvo 8 avril 1729, François Bissot le fils, bourgeois de Qué- bec, par le ministère de Jacques Delafontaine Belcour, son gendre, met en cause la fabrique de Québec, pour se faire mettre en jouissance du banc de son père, occupé par le sieur de la Gorgendière, offrant de payer tous les frais de muta- tion. La fabrique répond n'avoir pu se dispenser de concéder le banc en question, au f-ieur Lagorgendière, comme ayant épousé Claire Jolliet, petite fille de Bissot ; ne s'étant alors présenté d'autres personnes agissant comme héritiers du feu sieur Bissot. — 112 — François Bissot, qui no prend jamais le litre " De Vincon- nes," dans cette procédure réplique que s'il n'a pas réclamé dans le temps la possession du banc de son père, c'est qu'il ne venait en cette ville qu'une fois par année et qu'il n'a point été appelé à la délibération faite par la fabriquo, par- ce qu'il s'y serait opposé ; mais que cola ne lui a pas ôté le droit qui lui est acquis par le titre de concession au dit défunt sieur Bissot, son père. La fabriquo renvoie l'affaire devant la Prévosté et le 3 mai suivant jugement fut rendu en fa- veur de François BisBot, qui en a joui jusqu'à sa mort, ainsi que sa femme aussi jusqu'à son décès, en 1745. En 174G, s'élève encore uno autre contestation à propos de la jouissance de ce banc. Nicolas Boisseau. Conseiller Secré- taire du roi et greffier en chef du Conseil, en sa qualité d'é- poux de Louise Bissot et de représentant de Marguerite Forestier, veuve de Jean Bissot do Vincennes sa b -lie-mère, réclame la possession du dit banc contre Jacques Do la Fon- taine, conseiller, qui avait épousé Charlotte Bissot, tille et héritière de François Bissot, le tils, qui avait continué do jouir de ce banc, depuis la mort de sa belie mère. Los héritiers de François BUsot, représentent entro autres choses, que le sieur François Bissot, le tils, s'était mis en pos- session du banc do son père, qu'on 1729, c'est-à-dire après la mort de son frère aine, le sieur do Vinconnes, et quo s'il y avait quoique droit d'aînesse sur cet objet, il n'appartenait pas au sieur de Vinconnes, qui n'en avait jamais pris pos- session ; d'ailleurs, l'épouse du Sieur Boisseau sait bien que les souches qui auraient pu se disputer ce droit sont éteintes et qu'elle no doit pas ignorer qu'elle a un frèro marié en face d'église avec une illinoiseou miamiae qui a laissé dos enfants mâles auxquels le droit d'aînesse appartiendrait de préfé- rence à elle. Le plaidoyer de Boisseau, représentant la veuve Bissot de Vinconnes, ne so trouvait pas au dossier qui nous a passé par — 113 — les mains ; mais on peut voir par la réponse de la partie ftdverao, que l'argument principal de son plaidoyer fut le droit qu'avait Jean-Baptiste Bissotde Yincennes, comme fils aîné, à succéder à son père, en la jouissance de son banc. On voit qu'en réponse au plaidoyer de Delafontaine, Boisseau déclara " qu'il est constant que le feu sieur du Yincennes, fils, dont parle, le dit Delafontaino par son écrit, n'a laissé aucun entant mille." Il fut enfin ordonné, que la veuve du fuu sieur Jean Baptiste Bissot do Vineonnes, ainsi que les sieurs Delafontaine et Boisseau, èsnoms, jouiraient en com- mun de chacun un lier* du banc en question, ot qu'après le décès de la dame vouvo Vineonnes, Boisseau et Delafontaine en jouiraient tous deux par parts égales. A l'occasion de cette procédure, jo vois la femme du feu Jean Bisaot do Vincen- nes, signer son nom comme suit : Marguerite forrestier, vouve Vencene." * si: * De tout cela,il résulte que Jean- Baptiste Bisaot de Yincen- nes, qui donua son nom à la capitale del' Indiana, eut pour parrain le célèbre intendant Talon ; qu'en ltiST il était sur son dépari pour la France et enfin qu'on 1GU4, il signait : " Bissot Vensonne." II paraît auesi clairement établi quo Jean Bissot do Yin- cennes était déjà déeédé en 1 72U et par conséquent que ce fut son fils qui lut brûlé par les chikaehas, en 173G : Que ce fils était marié à une sauvagesae ; qu'il n'avait pas d'enfant mâle et qu'il était lui-même décédé, en 1746, lors des dernières contestations pour le banc de son ancêtre. La lettre de Toussaint Loizel semblerait contredire les écrivains qui ont parlé do cette fameuse bataille avec les chiskachas, en 173G, quand ils pruteudent qu'elle eut liou en mai, tandis qu'elle ne peutavoir eu liou qu'avant le 14 avril, date 4 laquelle écrit Loizel, qui on fournit une description assez détaillée pour ne pas s'y méprendre. La signature reproduite de l'ouvrage de Daniel par Edmond Mallet (Indiana Historical Society Publications, vol. Ill, no. II) est certainement celle de Jean-Baptiste Bissot de Vin- cennes et celle reproduite de " Kaskaskia and its Parish Records " par Mason, est bien probablement celle de Fran- yois BisM>t, son fils, né à Montréal en 1700. Ce fameux " Morgan de Vincenne " qui a intrigué tant de gtns. ne serait il \ as François Marie do Vincennes, fils de Jean - Baptiste ? Il a pu signer " François Maryo de Vin- tonne " d'une manière plus ou moins lisible et alors des per- socines peu au fait de l'ancienne écriture française, auraient fait avec cela " François Morgan de Vinscnne." Il n'y aurait la rien de surprenant. A cotte époque on écrivait souvent " Marye " au lieu de " Marie " et, il y a certainement moyen de faire " Morgan " avec " Maryo ", surtout t-i ce sont des Anglais qui déchif- frent ces écritims des anciens voyageurs do ce temps. FrançoU Marie de Vincennes a bL-n pu aussi signer son nom de différentes manières quelquefois " François Vinscnne" et d'autres fois " François Marye (1) de Vensennc " ; car à ceito époque la chose arrivait souvent. La grande liberté" quo l'on mo donnait en écrivant d'une manière générale, s'é- tendait aussi aux nom» propres. On voyait journellement des personnes d'une même famille, d'une môme maison, écrire différemment un même nom de famille. On en a un exemplo frappant dans la famille môme des Bissot. En effet, François Bissot, sionr de la Rivière, père de Jean Baptiste, signait " F. Byt-sot " quand tous ses enfants, môme de son vivant, écrivaient " Bissot." Puilbas Gaoxos (i) Noms qu'il reçut au hapu-me. RÉPONSES Guillaume Couillard. (VI, II, 696.)-Guillaume Couillard, le gendre do Louis Hébert, prit une large part à rétablissement de la Nouvelle Franco. Comme Hébert, il avait compris que l'agriculture est le seul moyen d'attacher le colop au sol, en subvenant aux premières nécessités de la vie. Pendant que d'autres perdaient leur temps i faire la traite avec les sauvages, Couillard développait les sources do riches- se de sa terre par un travail habilement dirigé. Il fut un des rares chefs do famille qui, lors do l'invasion de* Kcrtk (1629), restèrent à Québec, attendant, pendant trois longuos années, que la mère patrie vint les délivrer de l'état d'eselavago où lu sort fatal des armes l'avait placé, lui et sa jeune famille. Honneur donc à Couillard, à Pivert, à Martin, à Desportes qui, par leur persihtance à séjourner au Canada, quand il n'y avait plus aucun lieu, aucun attrait pour les y attacher sauvèrent de l'oubli la jeune colonio française. Couillard est le père d'une nombreuse postérité. Moins d'un f-ièele h près sa mort, le P. Leclercq faisait remarquer qu'elle comptait plus do 250 membres, et que plus do 900 personnes étaient alliées à sa famille. Plusieurs de ses des- cendants ont rendu des services signalés, tant dans la nou- velle que duns l'ancioùue France. Un de ses petits His obtint des lottros de noblosse pour lui et pour ses descendants. Guillaume Couillard eut dix enfants de son mariage avec Guillemette Hébert. Il fut inhumé le 4 mars 1663, dans l'église de l'Hôtel Dieu. X.-E. Dionne Bord-à~PloHfte. (V, XII, 689.)-En 1801, François Plouffe établit un bateau traversier entre les deux rives du fleuvo, en société avec un nommé Deslauriers. Plouffe demeu- — 116 — rait sur la rive nord— d'où bord à Plouffe—et Dealauriers sur la rive sud dans la paroisse de Saint -Laurent. 11 y a quelques années on tenta de changer le nom de Bord-à-Plouffe en celui de Lemayville. Cet estai fut infruc- tueux. P.-G. R Les Iroquois de Caughnawaga, (VI, III, 706.) — Outre les chrétiens iroquois des divers cantons qui se sont fixés à Caughnawaga à différentes époques, la popula- tion de ce village s'est accrue d'un certain nombre de prison- niers de guerre faits, eoit dans de? expéditions particulières des Iroquois do Caughnawaga contre des tribus sauvages, toiles que les Renards en 1728, les Cbicachias en 1739, soit dans des expéditions auxquelles les gouvorneurs français les conviaient, telle que celle de Deerfield on 1704. Les vieux registres de la mission de Caughnawaga mentionnent plu- sieurs baptCmcH de sauvages étrangers, avec la note " pris à la guerre " et de blancs étrangers, baptisés sous condition, avec la note" autrefois baptisé parles anglais." Dans le dernier cas, malheureusement, les noms de famille de ces blancs ét rangers ne Font pas donnés. Cependant, je suis par- venu à trouver avec certitude plusieurs de ces noms de fa- mille, par l'étude comparée des registres et de tout ce que j'ai pu recueillir de traditions de famille. C'ett à l'introduc- tion du sang blanc de captifs de la Nouvel te- Angleterre que les Iroquois de Caughnawaga doivent plusieurs des noms anglais qu'ils se donnent, comme les noms do Tarbell, Rice, Williams, Jacobs, Hill, Stacey, McGregor, etc. Tous ces captifs, sauvages et blancs, subissaient l'influence du milieu où ils étaient, quant à la nligion, la langue et les coutumes : ils devenaient catholiques et iroquois, et mis à même do retourner dans leur famille, lorsque leurs parents voulaient les réclamer, la plupart continuèrent le genre de vie auquel ils s'étaient habitués plutôt que de suivre leurs Digitized by Google parents ; la foi catholique qu'il avaientembrassée n'était pas non plus la moindre des raisons qui les tenaient fixés au eol de Gaughnawaga. D'ailleurs ces étrangers une fois adop- tés étaient considérés comme faisant vraiment partie do la tribu, ils étaient traités avec égard, le plus souvent ils fai- saient partie do familles de chefs, et plusieurs d'entre eux furent clus comme chefs par la bande. Aujourd'hui, à cause de ces mélanges, il n'y a pas une seule famille purement iroquoise à Caughnawaga, bien que chez presque toutes on ne parle guère qu'iroquois ; il n'y a qu'une couple d'individus qui so réclament iroquois sans mé- lange de sang blanc. L'abbé G. Forbes I^e comte tie Cauthuourt. (VI, II, 695.)-^Sur la route de Nicolet à la Baie du Fcbvre, à mi-chemin entre monsieur Raimbault et monsieur Fournier, était venu s'a- battre, vers 1810, un personnage mystérieux. Ayant fait l'acquisition d une forme, il y bâtit une maison qui n'avait do particulier que les divisions intérieures. Son voisin, Louis Beaulac, riche cultivateur, fameux gars de six pieds, et qui avait servi dans les milices do 1812, a eu l'avantage de connaître et de fréquenter habituellement ce personnage, et d'admirer la science militaire de 41 monsieur le comte." A son dire, "monsieur le comte" avait toute une chambre remplie de cartos militaires et d'armes de toutes espèces et d'une grande valeur. A ses heures, " monsieur le comto " déployait pes cartes sous les grands ormes, près de sa maison, et là, à quatre pat- tes sur ses plans, il suivait et traçait des lignes, causant, dis- cutant et interpelant, tout haut, il s'animait comme au mi- lieu de contradicteurs probablement des ombres de Waterloo. — 118 — Sa maison était le rendez-vous de messieurs les curés d'Ya- maska, la Bai», Nicolet, St Grégoire, Trois-Rivières, etc., régions que l'on nommait alors " la petite France," à cause de ces messieurs qui étaient dos prêtres émigrés do la France. Un beau matin, dit Beaulac, la maison fut trouvée vido : monsieur le comte était parti armes et bagages, sans tam- bour ni trompette. A cette époque, le vent politique était à la tempête, et le comte Dalhou»io débarquait sur nos borde comme gouver- neur de la province. Cette arrivée et ce départ subits n'évoqucnt-ils pas les démêlées do ces deux personnages dans la politique et les guerres de l'empire ? Beaulac n'a jamais connu son singulier voi.-in eous un autre nom que celui de " monsieur le comte." Mais, me dit-il un jour, vous pouvez trouver ton nom au presbytère, car il a tait baptiser là un enfant. En etiVt, j'ai trouvé te nom", et voici cet net© tel que cou- ché au registre de la Baie du Febvre : " Le tivntc et uu mars mil huit cent dix-huit, fait par nous prêtre soussigné, a été baptisé Charles-François-Joseph, né de ce jour du légitime mariage de monsieur François- Benoit- Auguste, comte d'Ancourt, el do dame Adélaïde Antoinettc- Augustino. comtesse de Galifait. Le parrain a été Louis Lefebvro dit Beaulac, et la marraine Monique Kobidas, épouse du parrain. Le père a signé avec nous, le parrain et la marraine ont déclaré ne le savoir. Le comte d'Ancourt FoiTKMER, Ptre." Est-ce le comte do Caulincourt ? L.-M. Blondis Digitized by — 119 — L'encktvaye au Canada. (I, VII, 60).— Quelqi notes sur les esclaves du baron de Longueuil, glanées dans l'histoire de Longueuil et de la famillo de Longueuil : Esclaves du premier baron. — Charles LeMoyne possédait un couple d'esclaves, un nègre du nom de Charles et sa femme, nommée Elizabeth ou Charlotte Tibé. De ce mariage naquirent cinq enfants, dont qnatro furent baptisés à Lon- gueuil : un garçon appelé François, baptisé le 2 août 1723 et inhumé à Ia liberté eous ces conditions, constns au prétendu mariage, lui accordant pareillement ea liberté, ainti que M. Gamelin le fait au dit César, aux clauses cependant qu'ils resterons à mon service l'espace de trois ans, en leur payant deux cents livres par chaque année, leur promettant d'augmenter les dits gages, s'ils le méritent ; à Montréal, le 26 janvier mil sept cent soixante et trois. " Debchambault, " LoNQUEUIL, NÉE DeSCH AMBAULT. " Collationné aux registres par moi, soussigné, ce six février 1763. J. Isambkrt, Ftre, Curé de Longueuil." Il y avait donc deux ans que M. Gamelin avait consenti à ce mariage que madame la baronne de Longueuil retardait, en refusant son consentement. Il doit y avoir une erreur de copiste dans l'acte de mariage daté du 5 janvier 1763. Le consentement de madame la baronne, daté du 26 janvier 1763, serait postérieur au mariage. Le fait que M. Isambert collationné les actes de consentement le 6 février me porte à croire que ce mariage doit avoir eu lieu la veille, le 5 février et non le 5 janvier. MatthieuA. Bernard Le capitaine Baptiste. (Ill, VII, 338.)— l>ans le premier numéro du volume Y. des Recherches Historiques, j'ai donné quelques notes sur le capitaine Baptiste, que je puis, je ne dirai pas compléter, mais augmenter. — 122 — J'avais mentionné un Baptiste trouvé dans lo Dictionnaire de Mgr Tanguay, mais je me suis assuré depuis que cet homme n'est pas le même que le fameux corsaire acadien. M. Rameau, à la page 217 de sa Colonie Féodale, dit au sujet du capitaine : " Lo commerce de Boston etdoscokr nies voisines éprouva de tels préjudices aux mains de ces oorsaires qu'on y organisa en 1696 une expédition maritime pour leur onlover leur port de refuge, eu détruisant le fort de Villebon. Le commandement fut donné au colonel Church, qui arriva le 18 octobre, 1096, devant Jenisck et y débarqua, environ hix cents hommes. Mais Yillebon veillait et rveut très chaudement l'attuqno des Anglais, qui durent rembarquer le 20 octobre, ayant eu huit tués et dix-sept blessés, dont cinq officiers. Cette défen- se avait été secondée pur le capitaine Baptiste, ero bosse sous le canon de Jemsek, lequel, aussitôt l'ennemi parti, alla à Port Royal, afin de renouveler les approvisionnements du fort. " Baptiste était le plus redoutable des corsaires que Ville- bon avait attiré à .Jemsek. dans la rivière Saint-Jean. Le véritable nom de Baptiste était Pierre Maisonnat, natif de Bergerac. Il finit par se fixer à Boaubassin, où il vivait en- core en 1704." Jo dois à l'obligeance demon ami M. P. Caudet les notei suivantes. Comme chacun le sait (J'entends les historiens contemporains qui s'occupent do l'histoire de l'Acadie) — M. Gaudet est un savant historien du pays chanté par Long- fellow. Le 1 9 octobre, 17»:i, mourut à, Port Royal, madame J udith Baptiste, née Soubiran, épouse du sieur capitaine Baptiste. Son corps fut inhumé dans le cimetière de la paroisso Saint- Jean Baptiste. Lo 22 octobre 1704, à Port Royal, eut lieu le mariage de Christophe Cahouët, " fils de Christophe Cahouct ot de demoiselle Anne Masure", do la paroisnede Saint Michel, bour- geois do la ville d'Orléans." a damoiselle Mario- Anno Mai- sonnat, " ti le du sieur Pierre Maisonnat et de feuo Judith Soubiran, do la paroUse do Suint Jacques, do la ville do Bergerac, diocèro de Périgueux," avec lo consentement de M. de Falaiso, major de la province do l'Acadio, curateur de la dite mineure. Le 24 juillet 1.705, Anne Judith Maisonnat, fommo du siour Cahonët est marraine à Anno Judith Comoau. {La marraine n'a pas s:gné). Ceci e*t à Port lîoyal. A la même place, le 27 janvier sui- vant, Anne Maisonnat, femme du Sieur Cahouët, est cette fois marraine à Magdelaino Samson, et signe : Anne Bap- tiste. Enfin nous avons : " a Port Royal, .le 12 janvier, 1707, le mariage du sieur Pierre Maisonnat, habitant de Port Royal, fils do Ilélie Maisonnat et de Jeanne Ségure," à Marguerite Bourgeois, veuve, t; fille do Jacques Bourgoois et de Joanno Trahan." L'époux a signé : Pierre Maisonnat. Marguerite Bourgeois naquit à Port Royal en 1057. Elle s'était mariée 1° à Jean Boudrot ; 2° à Manuol Mirande.et 3' à Pierre Maisonnat, mieux connu sous le nom de capi- taine Baptiste. Le reeeneementdu 28 août 1714, nous apprend qu'à date : " le sieur Maisonnat et Marguerite Bourgeois avec leurs enfants : Louis, Alexis, Judith, Marie et Marianne, étaient établis a Beaubassin." Evidemment ces enfants sont issus do Manuel Mirando et do Marguerite Bourgeois. Iîéois Roy Dollard et nés compati noua. (Ill, VI, 330.)-On a écrit tant do choses plus ou moins inexactes au sujet de leur fait d'armcs,qu'il est temps de reproduire l'extrait mortuaire de ces bravos. Il établit que le combat eut lieu au pied du Long Saut, vers le 25 mai 1660, entre 800 Iroquois et 1 7 — 124 — Français de Montréal, accompagnes de 4 Algonquins et d'en- viron 40 Hurons. Treize Français furent tués sur la place et quatre faits prisonniers, en sus des sauvages allies, tant tués que prisonniers, dont le nombre n'est pas donné. " Le 3éme de juin 1660. *« Nous avons reçu nouvelles par un huron qui s'estoit sauvé d'entre les mainB des Iroquois qui l'avoient pris prison- nier au combat qui s'estoit fait 8 jours auparavant entre les Iroquois, qui estoicnt au nombre de huit cent, et dix sept François de cette habitation et quatre Algonkins et environ quarante llurons au pied du Long Saut, que treize de nos François avoient esté lues sur la place et quatre emmenés prisonniers, lesquels dits depuis nous avons appris par quatre Hurons qui se sont sauvés, avoir été cruellement bruslés par les Iroquois en leur pays. Or, les noms des François morts estaient : Adam Daulat, commandant, âgé de 24 ans. Jacques Brasier, 29 ans. Jean Tavernier dit La Kochctière, armurier, 28 ans. Nicolas Tillemont, serturier, 29 ans. Laurent Hébert dit la Rivière, 27 ans. Alouïs do l'Estre, chaufournier, 31 ans. Nicolas Gosselin, 29 ans. Robert Jurée, 24 ans. Nous avons appris qu'il s'est sauvé par les Hollandais et retourné en France. Jacques Boisseau, 23 ans. Louys Martin, 21 ans. Christophe Augier dit des Jardins, 26 ans. Eetienne Robin dit des Forges, 27 ans. Jean Valet, 27 ans. René Doussin, 30 ans. Jean Le Compte, 26 ans. Simon Guenet, 29 ans. François Crusson dit Piloté, 24 ans." D. G. Digitized by Gooole La chute Niagara. (IV, IV, 444.)— L'aspect de cette merveille do la nalure.ce tonnerre inouï, cette colonne d'eau du déluge, n'impressionne pas toujours les visiteurs, au premier coup d'oeil. Les proportions nous échappent devant une. telle masse liquide, de même que la basilique de Saint-Pierre de Homo désappointe celui qui la regarde tout d'abord sans prendre un terme de comparaison ou sans faire de calcul. Par conséquent, si vous voulez voir la chute de Niagara pour la première fois... il faut l'avoir déjà vue ! lu s Français qui, de 1640 à 1647, se eont trouvés en pré- sence du phénomène n'ont pas daigné en faire mention dans leurs écrits. Il est vrai que de leur temps personne ne •'avisait do penser aux forêts, aux montagnes et aux fleu- ves, pas pius que l'on nu faisait cas des oiseaux, de* fleurs ou des papillons, et l'on eut pris pour de l'extravagance un propos roulant sur la lune, le» étoiles et les aurores boréa- les. La littérature du grand siècle est singulièrement dépour- vue des ressources que nous offrent les attraits de la végé- tation de la vio animale, de môme que lespoctacle du firma- ment. Les fleurs et les oiseaux ont été découverts par Bernar- din de Saint- Pierre, à l île Maurice, dans le Grand Ooéan, il y a un peu plus d'un siècle. Vers la même date Chateau- briand s'apercevait de leur existence en visitant l'Amérique. Les bêtes et les plantes, ces chefs d œuvres du Créateur n'ont pas été remarquées par l'homme durant six mille ans. C'est à peine si Racine n'est décidé à dire : Le flot qui l'apporta recule épouvanté. Corneille a mis toutes ses étudos de la nature dans : Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. Tous deux eussent considéré comme une chute pitoyable la moindre mention d'une cascade autre que celles de Tivoli. — 126 — Durant plus dun nèclo, I03 Mille Iles ont été traversées par des hommes instruits mais indifférents aux beautés qu'elles présentent. Cartier n'a pas observé les colorations des forêts cana- diennes en octobre, pourtant il les a vues au nioins.durant deux automnes. Champlain parlera de la Chaudière, parceque elle inter- rompt la navigation et ausei à cause de la cérémonie prati- quée en cet endroit par les Sauvages pour s'attirer les bonnes grâces du manitou de l'abîme. La première mention du Niagara est écrite par Champlain en 1603 sur la narration d'un sauvage qui se contente de dire que le lac (Erié) se décharge dans une autre grande chute où l'on fait portage. Le Père Louis Hennepin, récollet, qui la vit en 1678,passe pour avoir été le premier Européen favorisé de ce specta- cle ; cependant plus de cent Français y étaient allés avant lui, mais bans en parler, comme le voulait l'esprit du temps. Une carte publiée à Paris en 1657 par Sanson montre la cataracte et lui donne le nom de Ongiara. Hennepin a décrit avec admiration cette prodigieuse des- cente des eaux et, comme le brave Père ne manquait pas d'enthouhiasmo, il tient la plume avec l'ardeur de notre école descriptive actuelle. Il est verbeux, exubérant, s'exprime par images et fait des comparaisons qui grandissent, s'élon- gent, s'étirent, enflent son sujet. Il finit par déclarer qu'on entend mugir ce monstre à quin- ze lieues lorsque le vent souffle du sud. Quant à la hauteur il va bravement au chiffre de six cents pieds. Hennepin dit ailleurs que les bons canots d'écorco font cinquante lieues par jour ! Cavelierde la Salle, qui connaissait la localité depuis 1669, écrivait vingt ans plus tard, en y repassant, que l'eau torn- — 127 — • bait de plue do cent vingt toises, par conséquent au delà de sept cents pieJs. Enfoncé Hennopin. La chute mesure cent soixante et sept pieds du côté amé- ricain et cent cinquante huit du côté du Canada. D'une rive à l'antre, elle donne quatre mille et soixante dix pieds parce qu'elle forme une courbe très forte appelée le Fer à Cheval. Elle débite quinze millions de pieds eubrs d'eau par minute. Le fond de la rivière, au-dessus de 'a chute, en arrivant au précipice, est beaucoup plus creux du côté canadien, aubsi les neuf dixièmes du courant so portent vers le Fer à Cheval. J'ai vu un homme qui avait vu la chute à sec, ou si vous aimez mieux ne coulant plus. Il me conta le fait en 1865, disant que cola remontait à 1820, à peu près. Un vent qui dura deux jours refoulait le courant vers le lac Erié, si bien qu'il ne restait plus qu'une mince couche d'eau dans l'es- pace des douze ou treize milles immédiatement au-dessus de la chute ; l'eau avait beaucoup baissé également dans les dix autres milles qui s' étendent jusqu'au lac Erié. De ce lac a la chute il y a vingt-deux milles. Lorsque le vent tomba, le flot revint d'une allure effra- yante, à la façon de la mer Rouge engloutissant l'armée de Pharaon. Nulle part, daus les doux Amériques on ne rencontre autant de nouveaux mariés faisant leur voyage de noces et rien n'est plus facile que de les reconnaître, parce que ces jeunes couples ne sont jamais comme les autres. Après en avoir passé une centaine & l'inspection, jo résume le " Nia- gara de mes pensée* " sur ce sujet ou disant : •« Se marier, voir Niagara, et vivre très vieux, sans rhu- matisme ! " Benjamin Sclte L Digitized by Google — 128 — QUESTIONS 708. — D'où est venu à l'Aions. Il arriva un jour à Sainte- Anne un nommé Pierre Aiot ou Hayot, porteur de proclamations à l'effet de séduire les gens. Un habitant des plus aisés, du nom de Germain Dionne, et son gendre Clé- ment Gosselin, se mirent à la disposition du traître Hayot et ils réussirent a enrôler, malgré le curé, un certain nombre de imurts de faim. Il y eut à ce propos plusieurs réunions de rebelles à la couronne britannique. Ce mouvement déloyal fut bientôt réprimé, et M. de Beaujeu recruta i Sainte- Anne même plusieurs soldats' qui devaient l'aider a chasser les Américains. M. Porlier se montra dans cette circonstance à la hauteur de sa position, et l'on constate qu'il jouissait de la confiance du lieutenant gouverneur Carleton et de M. H. Cramahé, ancien administrateur de la Province. M. Porlier quitta Sainte-Anne en 1778. Il obtint la cure de Saint- Ours oit il mourut en 1900. N.-E. Dionne — 134 — Mémoire d'obeervations sur la conduite des habitants des deux paroisses Sainte- An ne et Saint» Koch au sujet de l'invasion des Bostonois rebels etde l'exécution desordres de Son excellence Mon», de Carleten Pour les repous- ser de la Pointe Lévy sous les ordres de M. de Beau- Son Excellence Monsr. de Carleton (l) me dit à la fin d 'aoust de Tanné dernière qu'il plaignoit plus l'habitant cana- dien qu'il ne le eondamnoit, parce qu'il avoit connoissance que c'étaient les marchands des villes quiles séduisaient ; cela me donna lieu, de retour chez moi, d'observer ce que disaient les Uaboteurs (sic) de nos cantons. Je n'ai qu'un trait pour faire voir que Son Excellence ne se trorapoit point. Comme j'étais à sermonner un jeune homme nommé Benoit Déchaîne, comendé en Vertu des ordres qu'avait apporté Mr Dunier (et puisqu'il a été chefdu party bostonois depuis), un habitant dit pour le détourner de suivre mes avis : Va demander à un tel qui vient de Québec, tu connoîtras s'il l'ait bon pour toy de marcher. Ce tel avait des lettres du congrès qu'il lisoit dans son canton. J'espèroH quo l'éloignemcnt nous garanti roit de la séduc- tion, nous estions assez tranquils, occupés les cap nés Lau- sier (2) et Duchouquet, etc, & attendre des ordres du gou- vernement pour agir suivant que M. Cramahé (3) en avait prévenu ces deux Me rieurs lorsque les renvoyant dans l'ar- rière saison il leur dit qu'ils seroient avertis à temsdes mou- vements qu'ils auraient à faire. (1) Sir Guy Carleton en 1775, lieutenant-gouverneur et commandant en chef île l'armée. (2) Augustin Roy-Lausicr, mort le 12 avril 1 790 âgé de 88 ans et sept (3) Hector Cramahé avait administré la province de 177031774, en l'absence de sir Guy Carleton. jeu. mois. Cependant arrive du camp Bostonois Pierre Aiot chargé do proclumationb de Mr Wooeter ; (1) elles portaient peino de mort ou d'exil contre ceux qui nuiroient même de paroles au congrès. J'étois chez la Sr Lausier ; il voulut les lui faire prendre. Il y eut de l'altercation, je coupai court en disant à Aiot que cela (2) no regardent point Lausier fils lieutenant, l'adresse étant au capitaine ; il s'en fut, mais il se donna de garde d'arrêter chez Lauzier père capitaine. Il fut droit chez Germain Dion ne qui le lendemain fit com mender toute la paroisse pour se reudre chez lui, j'étois à un malade ce jour là, on m'y demanda s'il fallait uller chez Germain Dion- ne ; — non, dis je, il n'est pas capitaine, c'est une assemblée illicite pour nous séduire, restez chez vous, quand le capi- taine vous l'ordonnera, vous irez chez lui.— Quelques uns m' écoulèrent, d'autres méprisèrent mon avis. Comme je connaissois le génie séduiront de ce Germain Dion ne, l'ascendant qu'il avoit sur les esprits parce qu'il sor- toit d'être premier Baillif, qu'il étoit riche, je vis que tout étoit perdu, je pris le party de luy écrire la lettre la plus tendre pour le détourner de son dessein. Le capitaine Lau- zier y fut luy même. On rit de ma lettre, ou n'écouta point le capitaine. Clément Gosselin gendre de Germain Dion ne enrôlait. Germain Dionne fournissoit les besoins de vivres, souliers, etc. On écrivit rebel au Congrès celuy qui refusoit. Par mes soins il ne séduisit que quelques vagabonds, mais malgré tout, ne pouvant être partout et en tous tems je tentai d'arrêter ces assemblées séditieuses par ceux même pour les- quels elles sefaisoient. J'en avois parlé à Mr Mercier, mou- che qui me parut Bostonoise et qui se promenait dans nos (1) Wooster était général des troupe» américaines après la retraite d'Ar- nold et la mort de Montgomery. (2) Augustin Roy- Lausier était aussi marchand a Sainte-Anne. — 136 — cantons. Il me fit entendre que Mr Wooster, qu'il me dit commander alors au camp de Québec, an èleroit Germain Dionne, si je luy en écrivois, je le fia, maie ce mon*r. étoit à Montréal, et n'est venu au camp qu'a commencement de mars. Nous étions alors i la roi janvier. Aiot, Goeselin et Germain Dionne firent ce qu'ils voulurent, ils n'engagèrent cependant que des meurs de faim. Au commencement de février, parut dans dos cantons le Sr Feré avec le titre de commissaire du congrès pour des vivres. Il fit transporter le bled de Mr Ducbcnai, seigneur de Saint- Rock ; il dit qu'on devait le païer à la nouvelle York (1) où il étoit. Cet homme sur bien des raisons que je luy alléguais pour soutenir l'authorité roiale, se rendit et me devoilà son âme. Il me dit ce que j'avais jusqu'alors ignoré, la faiblesse des rebels depuis le coup du 31 décembre.et que les secours promis ne leur venoient point.qu'il ne voudroit que 50 hommes qu'il sechargeroit de débutquer la garde de la Pointe Lévy-Dis- simulé, lui dis je, il n'est pas encore tems, les cinquante éclo- ront bientôt. Il resta dans nos canton* à flâner,sous prétexte de faire des recrues. Il envois cependant le nommé Blondin pour tenter de pénétrer à Québec afin d'avoir l'approbation de Son Excellence. Blondin ne put réussir. Il y avoit bien du tems que le Sr Lausier et Duohouquot vouloiect éclater, je les arretois. Le Sr Riverin vint pour avoir M. Danglade chirurgien de ma paroisse ; il me parla de la possibilité do chaoser la garde de la Pointe Lévy ; il me fit sentir qu'il alloit hazarder d'aller & Québec. M. Bailly (2), prêtre du séminaire, voiageoit chez nous ; il excitoit, encourageoit les roialistes ; mais avant de nous déclarer, on conclut, sous prétexte d'aller achepter du bled (1) New- York. (2) Devenu plus tard coadjuteur, sous le tilre d'évçque de Capse. 3d by Google de semence, de faire un voiage à la Rivière du Sud, pour conoître le nombre des roialistes. Nous fûmes surpris qu'il fut si petit. J'y vis M. Désilets-Couillard, qui me dit que M. Cramahé l'avait renvoié dans l'arrière eaison, en luy disant les mêmes choses qu'il avoit dites au Sr. Lausier. Le 20 ma», M. Ri vérin arriva à Sainte- Anne, après avoir fait passer les ordres de Son Excellence à M. de Beaujeu. On fut quelque tems en balance si on se déclarerait, vu l'opposi- tion des paroisses d'en haut. Quelqu'un dit, et sou avis fut suivi : Quand il en devrait coûter la vie, obéissons, nous serons peut être arrêtés, mais nous sauverons nos paroisses de la tache de rébellion. Dans la même nuit, on éclata, les capitaines et autres offi- ciers donnèrent par leurs mouvemens des preuves d'un zèle des plus vifs, on se dispersa pour annoncer les ordres jusqu'à. Camourasca, et pour avoir des hommes, l'étendart roial fut planté entre la maison du Sr. Lausier, lieutenant, et le pres- bitùre. M. de Beaujeu arriva le 21, à midi ; on vint le cher- cher comme il dînait, lo même jour, de la Rivière Ouelle, les habitans de cette paroisse voulant le vuir, s'assurer qu'il exis- tait et qu'il étoit porteur d'ordres de Son Excellence. Il par- tit tout de suite. Cependant, M. Builly envoia un courrier de la Pointe à la Caille (1) pour presser il. do Beaujeu do se rendre. Il eut connoissance que les paroisses d'en hautétoient averties et remuaient pour s'opposer, mais les milices d'en bas n'étoient pas encore prêtes. J'écrivis pour luy suivant les pouvoirs qu'il en avoit l'amnistie pour tous ceux qui marcheraient avec luy : le pardon fut dutté du quartier général des roia- listes à Suinte- Anne, signé Beaujeu, et contresigné Porlier, prêtre. Il fut envoié à M. Builly, à la Pointe à la Caille. M. de Beaujeu donna une amnistie particulière a Feré. (I) Saint -Thomas de Montmagny. — 138 — Bans cet intervalle arriva H. Fortin (1), diacre, qui voia- geoit pour une quête de bled. Il fut surpris de voir l'éten- dart du roy planté comme je l'ai dis. Est-il possible que dans le nord on dorme pour la bonne cause ? — Voue pouvez vous éveiller, luy dis-je, laissez voire quête pour un autre temps, allez annoncer co quo vous voiez, et fuites remuer, ce sera une diversion, qui ne pourra que nous faire réussir. — On ne me croira pas, reprit il. — Eh bien, je vais écrire à Mgr de Doryle (2) ce qui se passe. Il se chargea de ma lettre et partit. Il m'a dit depuis que si l'échec n'étoit pas arrivé ai tost a St Piorre (3), lo nord fournissoit un party considéra- ble et se mettoit en marche. Le 23 au matin, cinquante miliciens de Camourasca, qua- tre de la Rivière-Ouelle, vingt-sept de Sainte-Anne, vingt- cinq de Saint-Roch, partirent avec M. de Beaujeu. Le tems devint si affreux que, croianta se rendre à la Pointe à la Caille, ils ne purent passer les uns Saint-Jean les autres l'Is- let. Ils trouvèrent les paroissos la pluspart neutres, qui ne chorchoieut qu'à les décourager. Cela n'empêcha pas de t>e rendre la nuit du 24 au 2e quarlier-général à Saint-Thomas. On disposa une partie pour faire des recrues d'armes et d hommes. Je reçus un courrier de M. de Beaujeu pour faire marcher l'arrière garde. 11 m'avait prévenu, lorsqu'il partit, de la tenir prête au besoin. Le capitaine Lausier et son (ils Louis étaient restés exprès avec plusieurs chefs de famille. M. de Beaujeu voulolt intimider en montant ceux qui s'oppose- roient, en annonçant autant de monde par derrière qu'il en (1) Jean-Marie Fortin, qui fut curé de Saint-Jean, I. O., de 1800 à l822, décide en 1829. (2) Mgr D'Esglis, à cette date, était coadjuteur de Mgr Briand et por- tait le titre d'évèque de Dorylée. (j) C'est à Saint-Thomas que les royalistes furent battus par les Bosto- nais. avait avec luy. J'envoiai avertir jusqu'à Camourasca. Plu- sieurs de Saint-Roch partirent le même soir, à leur tète le capitaine François Pelletier et le lieutenant Jaques Pelle- tier, dont les enfans étoient partis la veille avec M. de Beau- jeu. Le 25, le corps de l'arrière-garde s'arrangea pour partir. Le lendemain, 26, à 4 heures du matin, les voitures en effet arrivèrent chez moy, lorsque le Sr. Feré parut tout à coup. Tout est perdu, s'écria t il en entrant, nos gens sont massa- crés. M. Bailly est du nombre, d'autres ont été faits prison- niers. Le corps do party a pris l'allarme à la Pointe à la Caille, tout est dispersé, sauvezmoy, sauvez vous. Accablé par cette triste nouvolle, je demeurai interdit quelque teins. Revenu de mon paisiblement, je m'addrestai à ceux qui étoient pour partir : Retournez, raoa amis, leur dis-jo, votre zèle dovient inutile, il fait encore nuit, moins vou9 paroitrez, mieux ce sera pour vous. Je dis à Fort : Puisqu'il fautquo je travaille à me sauver, vous m'embarrasseriez fort, partez d:ins cette voiture que voilà du bas de la paroisse et gagnez Rimousky. La déroute fut bientôt sceu. 11 me fallut ossuyor les repro- che» des pèns et des mères qui me redemandoient leurs enfans : Voilà ce que c'est vous autres yens d'Eglise de vous mêler de ce qui ne vous regarde point. Nous le voions bien que ce M. Bailly ne rodvit ici que pour nous séduire. Qu'al- lons nous devenir ? et vous, monsieur, nous allons vous perdre, etc. H me fallut plier le dos ; mais ce n'était pas le plus dur à supporter, j'appris quo les ordres étoient do nous piller et brûler ensuite. Ces nouvelles m'accablèrent quand je pensois à la quantité de femmes et d enfans jettes sur la neige pendant un froid 'des plus rigoureux, et j'en étois une des principales causes. Je pris le party de souffrir toute espèce d'humiliations pour appaiser. Aiot, qui conduisoit tout, avoit de l'humanité. Il étoit aussi un peu politique ; — 140 — il fit croire aux officiera Bostonois qu'on mineroit leur party ai on pouaaoit les chose-* à l'extrém té, surtout si on enlevoit les prvtres. Une troupe de 40 à 50 vinrent chez moy. Germain Dionne arriva le premier, qui me dit : Monsieur, ne craignez rien» votre vie est entre nos mains, mai-» Aiot est bon, il vous »*au- vera. Je reçus avec politesse les offi -iers, je soutins leurs reproches par les mots de devoir et d 'obligation de cons- cience qui nous contraigooit d'engager nos peuple* d'être soumis aux ordres de leurs supérieurs, que M. de Carleton étoit toujours reconnu com men 1er dans nos cantons, n'y ayant rien qui put nous avoir sou-trait à sa domination, etc. M. Dubois, homme qui me parut éduqu î et rempli de dou- ceur, dit qu'on pensoit que e'éloit une sédition d'habitans sans ordre, qu'il voudroit bien voir M. de Beaujeu, qu'il avoit la commission de M. Gaspé, mais que cela ne suffisoit pas, qu'il doutoit même de l'éYriture et de la signature. Je fus luy en chercher de semblable. Je I'assnrai avoir vu la com- mission de 31. de Beaujeu. une lettre circulaire addressee aux curén, un ordre aux capitaine*. Il me pria de l'écrire au camp pour *a décharge. Je le fis, mais une partie p ir une treille qu'avoit fuit M. Mercier «tait envoie à Montréal. Lors- que ces Bostonois étoient chez moy, ils envoyèrent chercher William Ross, qui lour montra pour su justification ua écrit que Feré avoit donné à Camouranca et signé, par lequel il affirmoit qu'il n'a voit presque point de provUions au camp, peu de munitions de guerre, que depuis l'affaire du S \ décem- bre, ils n'avoient reçu aucun secours. Cet écrit avoit été donné pour oncourager les miliciens à marcher. Quand M. Dubois le lut, il dit que cet homme méritait punition, il mit sa tête à prix. Aiot reçut l'ordre de le chercher. M. Dubois parla beaucoup avec Ross des provisions qu'il avoit (sans doute que M. Mercier qui les avait vû en avoit donné con- noissanec). Ross dit que c'était pourson commerce. On luy expliqua qu'il en falloit et qu'on lui pairoit. Digitized by Google UNE MÉSAVENTURE En 1874, intervint entre les délégués des catholiques et le pouvoir exécutif du Nouveau-Brunswick, un compromis qui, bien que non sanctionné par une loi, fut cependant appliqué dans tout le pays. En vertu de cotte transaction, les écoles publiques furent, il est vrai, seules maintenues, mais le clergé catholique eut le droit d'y aller, en dehors des heures de classe, instruire les enfants des préceptes do la religion. Une certaine part fut môme laite, dans ces écoles, à l'enseignement du français et, de plus, les congréganistes munis du diplôme réglemen- taire furent admis à concourir pour l'emploi d'instituteur. Au Jî. P. Lefebvre, qui, ferme ot conciliant tout à la fois, servit de principal intermédiaire entre protestants et catho- liques, revient en majeure partie le mérite d'avoir amené cet houroux résultat. Dans ces circonstances mémorables, il réussit à rendre à la cause de ses compatriotes un service dont ceux-ci ne perdront jamais ie souvenir. Ce compromis ne fut pourtant pas accepté sans avoir sou- levé l'opposition furieuse de certains fanatiques protestants, dont les plus en vue étaient MM. Elder ot Willis, deux publi- cistes influents députés à la législature du Nouveau Bruns- wick. Ils commencèrent par engager une abominable cam- pagne de diffamation contre le clergé catholique en général, et en particulier contre les prôtres français, qu'ils représen- taient, dans leurs journaux, comme dos êtres immoraux et de dangereux conspirateurs. Ensuite, M. Willis se chargea de se faire, à la tribuno de la Chambre, l'écho des calomnies que lui et ses amis avaient imaginées et de demander au par- lement de s'opposer à l'application du compromis scolaire. Une mésaventure grotesque survenue à cet odieux person- nage, vint subitement mettre un terme à ses coupables agis- sements, tant il est vrai que, partout dans lo monde, le ridi- cule peut tuer aussi sûrement que le poignard. — 142 — Le jour où il monta à la tribune, M. Willi* s'écria d'an ton solennel, en désignant le pupitre installé devant lui : " Oui, measieurs.j'ai là les preuves de l'infamie des prêtres de Rome ; j'ai là des pièces démontrant le bien-fondé des accusations si graves que j'ai portées contre eux !" En même temps,il ouvrit le pupitre en question. Aussitôt, un gros oiseau noir en sor-* tit avec un bruit alourdissant, effleura le visage de M. Wil- lis, et prit son vol jusque dans les tribunes. C'était un coq qu'une main facétieuse avait enfermé dans le bureau do l'orateur, dont la frayeur fut telle qu'il resta un certain temps, avant de reprendre possession de lui-même. Quand enfin il put parler, il s'embrouilla dans son discours et fut impuissant à déguiser, sous des artifices de langage, la faiblesse manifeste do eon augumentation. Les rieurs ne furent pas de son côté, et la Chambre, en majorité ucqui.se aux idées d'apaisement, résolut de ne pas s'opposer à l'application du compromis. Depuis cette époque, la paix religieuse n'a plus été trou- blée dans lo Nouveau-Brunswick, et tout porte à croire que, d'ici longtemps, on n'y persécutera plus les catholiques. Camille Dkroi et BIBLIOTHÈQUE CIRCULANTE En 170-4, le siour Germain Langlois, demeurant sur ta place du marché,^ la haute ville de Québec, fonda une biblio- thèque circulante. S il faut en croire le prospectus que publia alors Langlois sa bibliothèque consistait en plusieurs centaines de volumes bien choisi», tant en anglais qu'en français, écrits par les meilleurs auteurs sur des sujets intéressants et amusants. Voici quelles étaient les conditions de Langlois pour pou- voir s'abonner à sa bibliothèque : Payer six sols par semaine d'argent courant d'Halifax ; Ne prendre qu'un seul livre à la fois ; Ne pas le garder plus d'une semaine ; Payer tout dommage fait au livre. P.-G. R. Digitiz — 143 — UNE LETTRE DE SAINT VINCENT DE PAUL Lee Hospitalières de l'Hôtel-Dieu do Québec conservent avec grand soin une précieuse relique de saint Vincent de Paul. C'est une lettre autographe que le saint écrivit à la mère Saint-Joseph et dans laquelle il rend un glorieux témoi- gnage au dévouement des premières Hospitalières do Qué- bec. Nous la transcrivons} en respectant scrupuleusement l'orthographe : " De Paris, ce 20 avril 1602. Ma révérende mère, La grâce de Notro-Seigneur soit avec vous pour jamais. Il est vrai que ceux qui m'ont fait l'honneur de vous rap- porter l'estime que je fais des missions du Canada ont eu sujet do le faire ; car, en effet, je regarde cot œuvre comme l'un des plus grands qui se soient faits depuis quinze cents ans, et ces saintes âmes qui ont le bonheur d'y travailler, comme des âmes vraiment apostoliques qui méritent l'appro- bation et le secoursdo l'Eglise, particulièrement vouset votre communauté qui contribuez à l'assistancj spirituelle et cor- porelle des pauvres et de* malades, qui est le comble de la charité chrétienne, oteu quoy je tieudray à singulière béné- diction de vous aider, s'il plaît au bon Dieu de m'en faire la grâce quelque jour. Quant à présent, ma chère mère, cela m'est du tout impossible, à eau-» des misères de ce pays icy provenants des guerres passées, et des divisions présentes de ce royaume qui réduisent les provinces dans une entière désolation, à quoy plusieurs personnes charitables de Paris tachent d'apporter quelque remède contribuant do leurs soins et de leurs aumônes p.»ur empêcher que le monde périsse de pauvreté , mais ces aumônes ne pouvant suffire ; il servi- rait de peu de leur parler des besoins du Canada. Je ne doute pas, ma chère mère, que ceux de votre hôpital ne soient grands, aprè* les pertes que les Iroquois vous ont fait 3d by Google — 144 — souffrir de delà et la diminution notable du revenu que vous avez icy sur les coches, dont je suis bon témoin, pour ce que plusieurs de nos maisons y ayant leur petite subsistance ,ont peine d'en tirer la moitié de ce qu'elles en tiraient ci-devant, je prie Nbtre-Seigneur, ma révérende mère, qu'il suscite quelques bonnes personnes qui vous donnent moyen de lui continuer vos services en ses pauvres membres, et c'est ce que j'ose espérer de sa paternelle providence qui est adorable partout J'ai une particulière confiance en vos prières ; bien que je sois indigne d'y participer, je vous les demande néan- moins avec toute l'humilité que je le puis, et avec désir qu'il plaise à Dieu me faire la grâce de vous servir qui sais en son amour, Ma révérende mèro, Votre très humble et obéissant serviteur, Vincent de Paul, Ptre, De la Mission. A ma Rde Mère, La Mère .Supérieure des Religieuses de la Miséricorde de J'JIôtel-Dieu de Kébec, A Kébec. UNE EPITAPHE Epitaphe de Monsieur lîicber" Curé de Québec, décédé en cotte ville et enterré dans le caveau de la chapelle du Sémi- naire, servant d'Eglise Paroissial le et même de Cathédrale. Ci-git, juftement regretté, Un digne Prêtre et Curé ; Des vers fon corps eft la pâture, Mais fon âme prend nourriture Dans le féjonr bienheureux, Où il et't entré glorieux, De fes Paroiffiens le Pafteur, Il n'a cherché que leur bonheur ; Et pourfoulager les pauvres Il s'eft rendu lui-même pauvre. De fes vertus admirateurs, Soyons-en les imitateurs. (Gazette de Québec, 7 avril 1768) Digitized^ ^ — 145 — ETATS DE SERVICES DU COLONEL DE SALABERRY, PÈRE DU HÉROS DE CHATEAUGUAY 1° Blessé deux fois en !775,dontune fois très sévèrement ; infirmités résultantes, dont je me ressens encore aprèa qua- rante-cinq ans. Cette première campagne et la suivante, je les ai fuites à mes propres frais et dépens, volontaire sans aucune payo. Lo resto de la guerre révolutionnaire d'Amé- rique, en paye ;— à la paie demi-paye, interrompue, quand Surintendant des Sauvages en 1799. — En 179b', Major 1er Batt du Régiment Royul-Volontaires- Canadiens. Régiment réformé en 1802. Ensuite Commandant du pre- mier Régiment de La Milice d'Elite incorporée, levée en 1812 pour cette dernière guerre d'Amériquo ; âgé alors de plus de soixanto ans, à prêtent dans ma soixante-neuvième, et ma santé ruinée par mes anciens services et blessures ; et les chagrins pour la perte do mes chore enfants. 2° Aucun sujet Canadion n'a fait pour t-on Roi de sacri- fices aussi sensibles, car, de quatre fils, j'en ai perdu trois dans l'Armée : proportion certainement bien cruelle I et objet d'une douleur ineffaçable 1 Le seul de mes fils qui me reste a toujours servi honorablement dans l'armée,en diverses parties du monde, depuis l'âge de quatorze ans, entr'autres à la glorieuse affaire de Châteauguay, pour laquelle il a reçu de Sa Maje&té des marques de distinction, et une place au Conseil Législatif, contre la règle de n'y point introduire en même temps, et le Père, et le Fils : mais j espère quo tous deux, nous serons toujours les plus fermes appuis du Gou- vernement soit au Conseil, soit l'épée a la main, malgré mon figo avancé. 3° J'ai perdu en France près de deux mille louis, étant sujet Anglais, co qui dans la guerre révolutionnaire m'a Digitized by Google privé de l'avantage de pouvoir retirer cette somme, perduë a présent sans ressource par ce que les Lois de ce pays-là appellent prescription : perte considérable pour ma famille. Dca Gentilshommes qui s'offrirent à servir Volontaires en 1775, nous ne restons plus que trois, mois seul à Québec. JOSEPH LEVASSEUR BORGIA Le matériel du Canadien, dont le premier numéro parut le 22 novembre 1806, fut acheté par MM. Borgia, Bédard, Taschereau, Blanchet, Bourdage et Planté. En 1808, M. Borgia fut destitué de sa position dans la milice. Le 17 mars 1810, Borgia fut arrêté sur l'ordre de Craig avec Bédard, Blanchet et Taschereau. En juillet de la même année, Borgia fut relâché pour cause de maladie. M. Borgia fit de nombreuses tentatives pour introduire en Canada le droit civil anglais, mais il ne réussit pas. Le député Borgia avait un tempérament assez excitable. Pendant la session do 1819, il fut mis &ous la garde du ser- gent d'armes, pour avoir fait des gestes insultants à Sher- wood et l'avoir traité d'imbécile. I — 147 — RÉPONSES La mission d'Oka et ne» missionnaire». (VI, III, 707.) — Avnnt l'établissement définitif do la Mission du Lac des Deux Montagnes à Oka, en 1721, les MM. de Saint- Sulpice avaient dirigé : 1° La mission de la Montagne de Montréal, fondée en 1676, confiée à MM. Trouvé, Mariet et de Belmont ; 2° En mdmo temps que la mission de la Montagne, celle dn Sault au-Récollot, fondée en 1606, administrée par MM. Robert Gay et Maurice Quéré de Tréguron ; 3' En 1704, les sauvages non iroquois des deux missions ci dessus furent réunis les uns, Algonquins, à Sainte- Anne du bout do l'Ile, par M. Laecaris d'Urfé, les autres, Nipis- sings, à l'Ile aux Tourtes, au pied du Lac des Deux-Monta- gnes, par M. C. René de Breslay. En 1721, toutes ces mission» cessent d'exister pour donner naissance à la Mission du Lac des Deux Montagnes (Oka), qui devait durer jusqu'à no» jours. Voici les noms des mis- sionnaires : MM. Hamon «non ; Klio Dépéret ; Frs. Pi< quot ; Jean- Claude Mathovet ; J. P. Davaux Bcsson de la Garde ; J.-B. Reverchon ; F.- A. Magon de Terlaie ; P. -P.- F. Delagarde ; Jean do-Dieu Frs. Robert ; Y. -F. Guichard de Kersident ; G.-J. BraSfier : M. -F. Leclerc-, né à Cauglmawaga ; J.-L. M. Sauvage de Ch&tillonct ; A. Malard ; J.-B Thavenet ; J.-B. Roupe, venant de Saint Régis ; .T.-C. Léonard Baveux; ChB.-L.-Fn. de Kelkfeuille ; Flavkn Durocher ; P. Richard; Jos. Aoustin ; Xic. Dufresne ; André Cuoq. qui a le plus contribué à fairé connaître au monde savant les richesses des langues américaines, mort en 1S1>8 ; M. U. Lafontaine. L'abbé G. Forbes Le royaye de Guillaume IV au Canada. (I, III, 20.)— Le prince William-Henry, troisième fils du roi — 148 — George III, était né en 1765 ; il n'avait conséquemmentque 22 ans, lorsqu'on 1787, il vint en Canada. 11 était alors capi- taine de la frégate Pégasus, après avoir débuté par être simple aspirant en marine (midshipman) ot avoir passé par tous les autres grades. Parti de la Jamaïque, il arriva en quinze jours de passage à Halifax, le 28 juin. L'arrivée du Prince à Québec fut précédée par celle d'une partie de l'escadre du commodore Sawyer, qui montait lui- même le Leander, vaisseau de 50 canons. II était accompa- gné du Ressource et de Y Ariadne. 11 y avait de plus dans le port de Québec le Thisbé, venant d'une croisière, et quatre vaisseaux qui avaient été nolisés comme transports pour amener à Québec partie des 5e, 2Go ot 54e régiments. Un de ces navires avait nom le Lord Mulgrave, Le mardi, 14 août, de grand matin, le Pégasus mouilla devant Québec. Le major Beckcwith et le capitaine de Saint- Ours, deux des aides de camp du gouvornour, allèrent à bord savoir le plui.-ir du Prince au sujet de son débarquement. Le lendemain, à onzi heures, le Prince se rendit de son vais- seau au Leander qui portait le pavillon du commodore ; on déploya à bord de ce vaUscau l'étendard royal ot on tira une salvo do 21 coups de canon. Peu après, cinq berges, cello du Prince, précédant los autres et ayant l'étendard royal, celle du commodore portant la grande flamme, et celles des capi- taines des trois autres navires, portant los leurs, partirent en procession du Leander, qui réitéra une suive royal. Le Prince, en passant le long de la ligne des quatre autres navires, fut salué de 21 coups de canon. En débarquant sur la grève, près du marché de la basse- ville, le Piince fut reçu par le brigadier général Hope, lieu- tenant-gouverneur de la province, les membres du conseil, les divers corps du clergé, do la justiee et de la noblesse ; et, dès qu'il eût mû pied à terre, on le salua de 21 coups de canon. — 149 — Lorsque le Prince entra dans la cour du château Saint- Louis, il fut rencontré par lord Dorchester, qui le conduisit dans la maison du roi. Là, ie lieutenant-gouverneur lui pré- senta une adresso au nom du Conseil de Sa Majesté. Le soir, un grand feu de joie fut tirée par les troupes, la milice et les citoyens. A l'occasion de la visite du Prince, le gouverneur fit met- tre eu liberté tous les prisonniers civils et militaires, à part toutefois ceux qui étaient accusés de meurtre. Le 21 août, anniversaire de la naissance du Prince, le clergé catholique lui présenta une ad res -je. Dans sa réponse, le Prince le remercia de sa loyauté. Pondant son séjour ici, le Prince visita Montréal, Charably et Sorel. Les habitants de ce dernier endroit furent ei heu- reux de la visite du Prince, qu'ils changèrent l'ancien nom de. leur bourg en celui de William-Henry (1). Le Prince quitta Québec le 10 octobre à bord du Pigasus, lequel fut suivi par le Leander et le Risolute. Quelques jours avant on avait fait,sur le cap Diamant, des feux d'artifices en son honneur. Ce ne fut qu'en 1818 que le prince William Henry se maria à la fille du duc de Saxc-Meningen dont#il eut deux filles qui moururent au berceau. Il ne monta sur lo trône que le 8 septembre 1831 ot mourut le 20 juin 1837, n'ayant rogné que eix ans, quoiqu âgé de 72 ans. Il consorva,assuro-t-on, à la cour et sur lo trône, un excel- lent Bouvonir de son voyage d'Amérique et montra à l'égard des habitants de ce pays qui lui fûr^nt présentés en Angle- gletorre une bienveillance toute particulière. S^n règno.bien court, fut cependant marqué par d'important* événements : entre autres, la passation du fameux bill de réforme. P. J. 0. (l( Voir Ru lurches Historiques, v. I, p, 59 Digitized by Google — 150 — La croix du Saut au Matelot. (Ill, II, 294.)— C'est l'année même de son arrivée dans la Nouvelle franco que M. de Traey fit planter sur le terrain du Bém inaire de Québec une croix de soixante cinq pieds de hauteur. On ne connaît pas exactement l'endroit où elle s'élevait. Ce ne devait pas être très loin de la cime du cap puisqu'on appelait cette c roix " la croix du Saut- au-Matelot." Son siteétaitsi délicieux que Mgr do Saint Vallier aurait voulu l'acquérir du sémi- naire de Québec. Celui-ci ne voulut pas consentir à s'en dépos- séder. R. La peinture au Canada noutt le réaime fran- çais. (IV, VII. 4H0.)— Saviez-vous quo lea féroces Iro- q uois qui donnèrent tant de fil à retordre à nos pères étaient des amateure do peinture ? C'est la vénérable mère Marie de l' Incarnation qui nous apprend la chone dans une de ses a dmirables lettres à son fila. Lui racontant les succès du père jésuite Jean Pierron, missionnaire chez les Agniers, elle écrit : 44 Comme le Père a divers vice» à combattre, il a au«si besoin de différentes armes pour les surmonter. Il s'en trou- vait plusieurs qui.no voulaient pas écouter la parole de Dieu, et qui se bouchait nt les oreilles lorsqu'il voulait les instruire. Pour vaincre cet obstacle, il s'est avisé d'une invention admi- rable, qui Oist de faire des figures pour leur faire voir dos yeux ce qu'il leur prêche de parole. Il instruit le jour, et la nuit il fait des tableaux, car il est at-sez bon peintre. 11 en a fait un où l'enfer est représenté tout rempli de démons si torriblos, tant par leur» figures que par les châtiments qu'il font souffrir aux sauvages damnés, qu'on no peutlo* voir sans frémir. Il y a dépeint une vieille iroquoise qui se bou- che les oreilles pour ne point écouter un jésuite qui la veut instruire. Elle est environnée de diables qui lui jettent du feu dans les oreilles et qui la tourmentent dans les i I Digit le — 151 — autres parties de son corps. Il représente les autres vices par d'autres figures convenables, avec les diables qui président à cos vices U, et qui tourmentent ceux qui s'y laissent aller durant leur vie.II a aussi fait le tableau du para- dis, où les anges sont représentes, qui emportent dans le ciel les âmes de ceux qui meurent après avoir reçu le saint bap- tême. Enfin il fait ce qu'il veut par le moyen de ses peintures. Tous les Iroquois de cette mission en sont si touchés qu'ils ne parlent dans leurs consoils que de ce* matières, et ils se donnent bien de garde de ce boucher les oreilles quand on les instruit. Ils écoutent le Père avec une avidité admirable, et le tiennent pour un homme extraordinaire. On parlo de ces pointures dans les autres nations voisines, et Icb autres missionnaires en voudraient avoir do senblables, mais tous ne sont pas peintres comme lui. " Le Père Pierron est lui même l'auteur du jeu du Pointait Point qu'il décrit ainsi dans la Relation de 1670, page 38 : " Ce jeu est composé d'emblèmes qui représentent tout ce qu'un chrétien doit sçavoir. On y voit les sept sacremeuts, tous dépeints, les trois vertus théologales, tous les commen- dements de Dieu et de l'Eglise, avec les principaux péchés mortels ; les péchés même véniels qui se commettent ordi- na;remont y sont exprimez dans lour rang, avec de* mar- ques do l'horreur qu'on en doit avoir. Lo péehi même ori- ginel y parait dans un ordre particulier, suivi de tous les maux qu'il a causez. J'y ai représenté les quatre fins de l'hom- me, la crainte de Dieu, les indulgence-» En un mot, tout ce qu'un chrestien est obligé de sçavoir s'y trouve exprimé par des emblèmes qui font le portrait de chieune de ces choses Ce jeu s'appelle du Point au Point, c'est- à-dire du point de la naissance au point de l'éternité." La mère Marie de l'Incarnation et Jean Bourdon avaient quelques connaissances en peinture. " La m. de l'Incarnation Ursulioe, lisons nous dans le Journal des Jésuites, avril 1646, Digitized by Google — 152 — employa presque tout le careeme à peindre deux pièoes d'architecture pour accompagner le Tabernacle de la pa- roisse : MoDsr Bourdon peignit quelques marches/' Après le Père Pierron, le diacre François-Luc Lefrançois, récollet, s'adonna à la peinture. Il fit plusieurs tableaux pour les églises de la Nouvelle France, entre autres une Assomption pour l'église des Jésuites, et un EcceHomo pour 1* Hotel-Dieu de Québec. On conserve encore deux tableaux d u frère Luc dans la basilique de Sainte Anne de Beaupré. S'il faut en croire Frontenac, ce serait le frère Luc qui aurait d rossé les plans du séminaire de Québec. On a dit du frère Luc que son coloris était mauvais, sa composition médiocre, et son dessin excellent. M. Hugues Pommier, prêtre, nutif du Vendômois, qui vint dans la Nouvel le Franco en 1064,60 piquait de pointure. Il faisait beaucoup do tableaux, mais personne no les goû- tait. M. do La Tour nous apprend que c'est cette ruifcon qui le lit repusser en Franco. Il espérait quo son talent y serait mieux apprécié. Il n'y réussit pas, et se donna aux missions de la campagne, où il eut du succès. Le Père Se bastion Ran le, le célèbre missionnaire des Abé- nuquis, assassiné à Nanrantsouak le 23 août 1721, par un parti do la Nouvelle- Angleterre, savait quelque peu la poin- ture. Sa chapelle do Nanrantsouak contenait quelques-unes de ses peintures lorsqu'elle fut incendiée. La mère Mario de l'Incarnation mourut on 1672. En l'ab- sence de Mgr de Laval, M. de Bemières, son grand vicaire, présida à ses funérailles. Avant do déposer les restes de la sainte religieuse dans leur dernière demeure, il permit a un artiste envoyé spécialement par le gouverneur do Courcel- les de peindre lo portrait de la défunte. Lo nom de cet artiste n'a pas été conservé. Le père jésuite Pierre Laure, qui arriva dans la Nouvelle- France en 1711, avait beaucoup de goût pour la peinture. Digitized by Google — 153 — Aussi cultiva t il cet art pendant eon séjour ici. Le F. du Parc, ministre à Québec écrivait au P. Général i Rome que le P. Laure consacrait beaucoup de temps à la peinture : " Magister Laure, qui theologiae dat bic operam, picturae inultum tribuit temporis." Aucune peinture du Père Laure n'a été conservée. Mais les pères Pierron, Rasle et Laure, aussi bien que le diacre François LucLefrançoiset l'abbé Paumier était Fran- çais. Le premier Canadien qui s'appliqua à la peinture fut l'abbé Jean-Antoine Aide-Créquy, né à Québec le 6 avril 1749. La basilique de* Québec contenait plusieurs de ses peintures. Le tableau de la chapelle de la Sainte Famille, brûlé en 1867, était son œuvre. "L'Annonciation du maître- autel do l'églUe de l'Islet est aussi de lui. P. G. R. Mort de Charles Frechette. (IV, IX, 514.)— Charles Fréchette, complice de David McLean, en 1797, est décédé à Saint-Jean d'Iberville, le 15 décembre 1828, et y a été inhumé le 17,parmessire Rémi Gaulin,curé de l'endroit, décédé lui-même évêque de Kingston, et en présence de Jxrais St Michel et de Michel Demers, qui n'ont su signer. Il mourut, dit l'acte de sa sépulture, muni des sacrements, et à l'âge de 68 ans. Il a signé lui-même (assez bien) plusieurs actes, à Saint- Luc, comté de Saint-Jean, Charles Fréchette. Certains mem- bres de sa famille signèrent Frichette. Son vénérable frère le curé de JBelœil, signait Frichette ; et il est probable que o'étail son vrai nom. L'abbé L.-A. Morbau La bataille tie RiMiffOtiche. (V, VI, 626.)— Ceux qui ont lu l'histoire de la gigantesque lutte entre la Franco et l'Angleterre pour la possession du Canada et de l'Acadie, connaissent tous les détails des grandes batailles qui se — 154 — livrèrent à Louisbourg, au Furt Beauséjour, à Carillon et sur les Plaines d'Abraham ; mais combien ont même enten- du parler de la bataille du Ri&tigouche ? Le professeur W. F. Ganong, qui amasse dett documents et fait des recherches pour une histoire du Nouveau Bruns- . wick qu'il a l'inteniion d'écrire, a mis en brochure un arti- cle publié par lui dans la Educational Review sur les reliques les plus précieuses que nous avons do la période française de notre histoire. Parmi ces reliques, il y a deux canons de facture françai- se, que Ton peut voir aujourd'hui encore à l'endroit ou ils ont été trouvés, à Athol Point. Athol Point est une langue do terre.trois mille en haut de Campbellton et qui s'avance dans la rivtère Ristigouche là où celle-ci se jette dans la baie qui donne sur le fleuve. Sur l'un des canons sont gravés deux ancres que le ternes ni la rouille n'a pu effacer. Deux fleurs de lis indiquent suffisamment l'origine française de l'autre canon. Ces deux pièces d'artillerie, suivant M. Ganong, sont les reliques de l'important combat naval qui eut lieu dans la baie à l'embouchure de la rivière Ristigouche, en l'année 1760. On trouve une description tomi-officiolle de cette bataille dans le fjondon Magazine pour Tan 1760. Nous traduisons : «' Lonires, le 8 septembre 1760.— Pardes dépêches reçues du capitaine Byron, officier supérieur des vaisseaux de Sa Majesté Britannique à Louisburgh, et portant la date du 26 juillet, il appert que le capitaine B., ayant appris du briga- dier-général Whitmore, que la flotte française avait fait voile vors lu Baie des Chaleurs, partit à sa recherche avec la Fame, le Dorcetshire, V Achilles, le Scarborough et le Repuise. Ayant détruit un vaisseau français, la Catharina, dans la baie de Gaspé, le capitaine Byron se dirigea vers une grande rivière appelée par loë Sauvages Rustigushi. Ici,il trouva le rœte (de la flotte française), consistant en les vaisseaux le Marchault, de 32 canons, / Espérance de 30, le Bienfaisant, de 32, et le Marquis de Marlo;e,àa 18, ensemble avec vingt- deux vaisseaux pluB petits. Lorque notre flotte fit son appa- rition dans le havre de Rustigushi, l'ennemi s'avança vers le haut de la rivière et vint jeter l'ancre au-dessus de deux batteries montées sur le côté nord de la rivière. Celles ci n'étant que faiblement utilisées, furent vite réduites au silence, et les vaisseaux, après une courte r&istance, furent tous coulés à fond ou pris. Le capitaine Byron détruisit ensuite la ville de Petite Rochelle, composée d'environ deux cents maisons, et aussi lës deux batteries." Ce fut la seule bataille livrée sur les eaux du Xouveau- Brunswîck ; elle fut aussi la fin de la lutte sur mer entre la France et l'Angleterre dans l'Amérique du Nord. Peu d'historiens canadiens font mention dans leurs œuvres d j la bataille de Kietigouche. M. Hannay, auteur d'une his- toire d'Acadie, et quelques autres en parlent brièvement. Qu'elle ait eu lui, et quelle ait eu lieu à l'embouchure de la rivière Ristigouche, il est difficile d'en douter. M. Ganong conseille aux citoyens delà ville de Campbell- ton d'ériger un piédestal et de placer dessus les deux cano ns qui sont maintenant à Athol Point et qui ont sans dou to pris part à la bataille qui fait le sujet de cet article. C'est un conseil qui mérite d'être suivi. M. Acadikn La Mère Ph ilippe Gertrude île Boulogne de Ht- Dominique. (VI, I, 692)— " Le deux décombre 1648, on reçut au Noviciat Mlle Philippe Gertrude de Boulogne, ha-ur de Madame d'Aillebout si bien connu en ce pays. Cette pieuse demoiselle était venue en Canada avec sa sœur, femme du troisième gouverneur, M. Louu d'Aillebout do Coulonge. Kile n'eut pas plus tôt fait connaissance avec nos premières Mères qu'elle désira se consacrer à Dieu parmi elles; mais M. et Madame d'Aillebout ne manquèrent pas de prétexte pour lui faire différer cou entrée aux Ursulines. Cependant Mlle de Boulogne poursuivait toujours son pieux dessein, et dès qu'elle eut obtonu la permission si longtemps désirée, elle quitta joyeusement la résidence du Gouverneur, qui était déjà à celte époque le rendez vous des belles dames et des brillants chevaliers du pay*, et vint partager avec générosité les travaux pénibles et les privations sans nombre de ses pieu- ses amies des Craulincs. Notre Mère de l'Incarnation, qui avait alors la direction du noviciat, prenait un singulier plaisir à initier cette fer» vente novice aux plus beaux secrets de la vie spirituelle, et Mlle de Boulogne, qui avait préféré les austérité-? du cloître avx plaisirs passagers d'un monde trop séduisant, embrassait avec la simplicité d'un enfant les plus humbles pratiques de la vie religieuse." {Les Ursulines de Québec, tome. I, chap. II, p. 139). L'Abbé J.-B.-C.D. La France antartiqne, (VI, III, 703.) — La France antartique, disait Thevet en 1555, c'est le Brésil. B. 8. Le premier trajtpittte canadien. (IV,XII,554.)— En 1806, l'abbé Louis-Antoine Germai n-Langlois, chapelain du couvent des Ursulines de Québec, laissait le Canada et allait s'ensevelir au monastère des TrapiBtedans l'étatde Ken- tucky Etats Unis C'étaitle premier Canadien qui so faisait trappiste. Le père Marie- Bernard— tels sont les noms qu'il adopta en religion — mourut le 28 novembre 1810. Avant de devenir chapelain des Ursulines de Québec, M. Langlois avait été curé de l'Ile aux Coudres. Il vécut là en véritable taint en compagnie de eon domestique, François Leclerc. — 157 - Ud ancien curé de l'Ile-aux-Coudres nous apprend le genre de vie que menaient le curé Langlois et le bon François Leclerc : " M. Langlois a été curé de l'Ile aux Condres de 1793 à 1802. Pendant ce temps, François Leclerc est demeuré seul avec lui : c'ttait tout lu personnel du presbytère. Leclerc* imitait ton maître en tout ; ils vivaient tous deux en vérita- ble;» trappistes. Ils faisaient maigre et jeûnaient tout l'a- vent ; ils passèrent plusieurs carêmes aux légumes ; outre cala, ils jeûnaient tous les vendredis de l'année au pain et a l'eau. Le curé couchait sur un lit que les prêtres voit- ins venaient voir par curiosité. C'était une mauvaise couchette dont les planches du fond fournissaient toute la mollesse. Leclerc dormait pendant quelques heures sur deux chaises. Dès la pointe de l'aurore, ils allaient tous deux à l'église et passaient un temps considérable en oraison devant le Saint Sacrement. Tous les dimanches, ils passaient tous deux le jour entier à l'église ; ils se tenaient en prière devant l'autel afin do donner bon exemple à la paroitso. Le serviteur était tellement recueilli qu'il avertissait ton maître, si celui-ci sem- blait quelquefois distrait." R L'orthayraphe du mot Lont/ucuil. (III,XI,381.) — Le mot Longueuil doit-il s'écrire avec deux u comme on le fait généralement ? Ce nom était conuen en France avant d'être importé au Canada. Il fut porté ontréautres par le célèbre évêque de Coutances qui fut chargé de reviser le pro- cès de Jeanne D'Arc et qui rendit pleine justice à cette sainte héroïne. Ce prélat, né en 1453, mourut en 1490. Un autre Longueil, né en Belgique, devint chancelier d'Anne de Bre- tagne et mourut en 1522. Un médecin hollandais, né en 1507 et mort en 1543, se nommait également Longueuil. Un Saxon, latiniste célèbre, né en 1704 mort en 1779, por- tait également ce nom illustre. Le marquis deMaisons^surin- tendant des finances, mort en 1667, était aussi un Longueil. Le magnifique château qu il fit élever a Maisons-Laffite, près Digitized by Google — 158 — de Paris, est encore debout. Enfin un graveur, né en 1736, mort en 1792, portait le nom de Longueil. Tous cas person- nages écrivaient ce no>n avec un seul u, et, quand ils le lati- nisaient, ils écrivaient Longoiius. Ce nom dérive t-il de Lon gulat qui était celui d'une ville des Volsque*,etdont les habi- tants se nommaient dos Longulani, ou bien vient-il de Lon gulus, diminutif de longus, et dont l'adverbe est lonjule ? Plante, dans sa comédie de Rudens, fait dire à un de sen per- sonnages : " Illico hinc imus haud longule ex hoc loco I " Quelqu'un qui part d'un lieu pour aller à une petite distance, peut dire qu'il arrivera longule. De longule à Longueil, il n'y a qu'un pas. Nous laissons à de plus savants que nous de se prononcer ; mais nous croyons pouvoir affirmer que Lon- gueil doit s'écrire avec un seul u. R. Iai ville de Durban.(Vl,lV, 709.)— La ville de Dur- ban, dans Natal, qui a beaucoup fait parler d'elle depuis le commencement de la guerre entre l'Angleterre et les rép u- bliquoe du sud de l'Afrique, doit son nom à un ancien gou- verneur de la colonie du cap, Sir Benjamin D irban. Détail qui ne manquera pas d'intérêt pmr plusieurs : Sir Benjamin Durban était commandant des troupes anglaises de garmson au Canada on 1849. Son nom est même inscrit sur la colonne élevée par les troupes anglaises sur les Plaines cette même année. Qu'on lise plutôt : " This pillar was erec- ted by the Briish Army in Canada, A. D. 1849. His Excel- lency, Liéutenant General Sir Benjamin D'Urban being Commander of the Forces, " P.-G. R. Leu croix du cup Tourmente. (V, II, 575.)— Cost vers 1817 ou 18l7que fut planté la première croix sur le cap Tourmente. On ignore où elle fut placée. Elle n'avait que douze pieds de hauteur. La deuxième fut plantée en 1844 ; elle avait vingt quatre pieds de hauteur et six pouces de largeur et était couverte en ferblanc. Digitize* La troir-ièmo, quo l'on peut appercevoir à deux lieux do distance, a été plantée le 5 août 1869. Sa hauteur est de vingt-cinq pieds et sa largeur de quatorze pouces. Elle est couverte en fer-blanc : tlle est de 200 pieds plus bas que la cime du cap Tourmente, qui est à plus de 1850 pieds au- dessus du niveau du Ieuve Saint-Laurent. Par une singu- lière coïncidence, elle est à 1663 pieds audeuMi» du fleuve. Cette année représente celle de la fondation du séminaire de Québec. Cette croix a coûté pour façon et transport près de cent piastres. C'est le cardinal Trschereau qui eut l'hon- neur de la bénir, en présence d'un grand nombre de prêtres, d'ecclésiastiques et laïques. Toutes deux, celles de 1844 et de 1869 furent érigées par les élèves du séminaire de Québec suivants : F.-Frédéric Baillargé, ingénieur civil ; Ovide Brunet, prêtre, professeur à l' Uni veroi té-La val ; Paul de Villors, curé de Sus-Gertrude ; Bellarrain God bout médecin ; Pierre Huot, avocat et député ; Léon Lahaye, curé de StJean des Chaillon* ; Chs-Frs Lan- glois ancien imprimeur de la rein ; Antoine Lemay, notaire de la commission du Havre de Québec. L'àBBÉ Alexis Maii.loux File imliennc. (IV, VII, 553.) — Dans les bois, à cause du peu de largeur des sentiers, les Indiens marchaient à la queue leu leu. Les Canadiens-Français ont nommé cette manière de marcher file indienne. P. Le clieval ie, en tournée pastorale, accom- pagné de trou prêtre* français victimes de la Révolution. C'était MM. P.-J.-L. Desjard ns. vii-aire-géuéral ; L. J. Des- jardins, frère du précédent, et Y. Castanet. Meesire Louis Joseph Desjardins était destiné à succéder à M. Bourg, dans les missions de la Baie des Cbalenrs. M. Castanet devait se fixer à Caraquet et avait la charge de tout 08 les missions de la Côte sud de la Baie jusqu'à Mom- ramcook. Au commencement de septembre, l'évêque et sa suitear- rivèrent à Carlet on, où M. Desjardins devait faire sa résidence et le centre de ses missions. Mgr Hubert l'ayant réglé aint-i, vu l'incendie de l'église de Bonaventure l'hiver précédent,et aussi dans l'espoir de mettre un prêtre résidant dans ce der- nier endroit. M. Desjardins était un homme très instruit et très distin- gué ; rempli de zèle pour l'embellissement du temple du Sei- gneur et de la pompe des cérémonies religieuses, comme du salut des âmes qui lui étaient confiées. Aussi, dès son arrivée, ho rait-il à l'œuvre courageusement. " Si Dieu a exaucé nos prières et nos vœux, écrivait-il à Mgr Hubert, quelques mois après son arrivée, Votre Gran- deur sera heureusement arrivée au terme de sa mission; nous espérons que vous en avez bien supporté les fatigues jusqu'au bout, et que vous exécuterez l'an prochain votre projet de visiter le reste de l'Acadie. Si vous avez la bonté . : de relâcher sur nos côtes vous mettrez le comble a nos désirs. " Votre présence et vos instructions pastorales, Monsei- gneur, ont produit partout les plus grands effets. C'est une consolation pour vos missionnaires d'avoir i cultiver un Digitized by Google champ que vous avez si bien défriché. Noos tâcherons de suivre en tout vos désire et vos exemples ; et nous n'oublie- rons jamais la bonté paternelle avec laquelle vous nous avez traités pendant cette mission. C'est un surcroit de bienfaits qui voua assurent dans nos cœurs une éternelle reconnais- sance." M. Bourg avait généreusement fait don à l'église de Car- leton des terres sur lesquelles étaient bâtis l'église et le pres- bytère. L'église était inachevée et le presbytère avait besoin d'urgentes réparations. M. Dosjardins se mit à l'œuvre en arrivant, pour faire continuer ces travaux. Au* si s'empreesa-t-il de demander à ses nouveaux parois- siens de contribuer volontairement à une répartition qu'il fit, aidé des notables de la place, pour mettre l'église en état de célébrer les offices divins avec une certaine décence. Ces travaux s'exécutèrent promptement,ot dès le mois de décem- bre, les travaux de l'église étaient terminés. M. Desjardins avait apporté avec lui plusieurs ornements pour servir au culte et à l'ornementation do l'église. Mgr Pleasis, alors curé de Québec, et qui estimait M. Desjardins d'une manière spé- ciale, lui en avait, aussi envoyé une certaine quantité dont M. Desjardins fait l'énumération dans une lettre toute chau- de de reconnaissance et de bonne amitié qu'il écrivait au futur évêque. . " Les précieuses reliques, lui écrivait-il, tous vos bouquets, votre ornement vert avec ses dalmatiques, nous sont parve- nus en bon ordre. Il vous plaît appeler tout cela des vieil- leries ; nous les prisons comme nos plus beaux ornements et ne noua en parons qu'aux jours de grande fête. Xous avons d'ailleurs estimé l'intention donantis et cela ajoute encore du mérite aux dons. " Il fallait voir la surprise, l'admiration de nos habitants et surtout dee sauvages à la messe de minuit, quand nous avons déployé ces richesses ! De leur vie, dirent-ils, ils n'a- — 166 — vaient jamais rien vu de ri beaux. En effet, il faut convenir que notre cortège était pompeux, et l'autel fori bien ilia mi- né... Vous avez beau Kmrire, mon cher curé, voue n'aviz toujours point eu dans votre cathédrale une mesne de minuit si brillante ; diacre et sous-diacre (?), cérémoniaire, thuri- féraire, acolytes, rien n'y manquait, pas même la gravité du célébrant. Cependant au milieu de l'office un fougueux ouragan, qui a fait craquer tout les membres de notre église, a troublé un peu notre sérénité. " En mémoire de vous, dit-il plus loin, nous sèmerons avec grand soin les beaux épis de blé d'inde, ainsi que le* lentil- les et les fèves qui nous viennent, je ne sais de quelle main. Venez en manger votre part cet été avec Monseigneur. Vous ailes voir en parcourant mes domaines, s'il est possible à votre misérable serviteur do les desservir convenablement.''' En effet M. Desjardins desservait toute la Gaspésie depuis la Rivière-au-Konard jusqu'à Pabo*. Et de plus Port- Da- niel, Paspébia**, New Carlisle, établis depuis peu par des loyalistes, et pour lesquels le gouvernement impérial dépen- sa 82,000 louis sterlingsce qui fa if ait dire plus tard au juge Thompson que cet argent n'avait pu être dépensé que pour creuser des canaux sous terre, car tur le sol, on ne voit rien qui ait pu motiver de si grosses dépenses. En outre M. Deejardins desservait encore Bona venture, Cascapédiao, Carleton et Re*tigomhe. Sur la côte sud de la Baie des Chaleurs, la Kivière l'Anguille et l.i Rivière Jacquet. Il avait donc rai>on do be plaindre de l'étendue de non domaine. Aussi le fait-il dans une lettre pressante adressée à Mgr Plessis, son ami. " J'ai exposé succinctement à Mgr, dit il, la nécessité d'être deux prêtre* ici : vous le sentirez vous- même j espère. Je sais qu'il y a bien d'autres besoins dans cet immense diocèse ; main de bonne foi, en aver, vous de plus urgent ? Je n'insisterai point en parlant dans ma propre cause ; je voue la donne à défendre. Mais observez que Percé seul, avec l'Ile Bonaventure, la Pointe St Pierre, Gaspé et la Grande-Rivière, aérait bien capable d'occuper un prêtre toute l'année. Je crois que ces endroits pourraient aussi le faire vivre, ti on doublait la dîme, ainsi que de justice, à raison d'une desserte plus fréquente. Percé a besoin d'une résidence un peu longue du missionnaire. Bonaventure et Paspébiac occuperaient encore un homme de travail et le soutiendraient, je crois, en augmentant un peu les honorai- res. Carleton et Ristigouche sont assez, n'en doutez pas, pour un homme qui veut bien faire ; car qui trop embrasse mal étreint. Ainsi, vous voyez, mon cher curé, qu'au lieu d'un il nous faudrait bien deux bons collaborateurs. Pesé/, tout cela en présence du Prélat et de Dieu." " Le petit frère de Caraquet (M. Castanet), a pris son vol et me laisse un peu chagrin ; son arrivée m'avait comblé de consolation.'' Le vœu de M. Dosjardins fut exaucé quelques années après. Nous trouvons M. de la Vaivre, à Bonaventure, en 1797, et M. Alexin Lefrançois, à Percé, en 1801. M. Desjardins a laissé à Carleton, lieu ordinaire de sa rési- dence.des cahiers de délibérations paroissiales très bien tenus. Le premier acte que l'on trouve dans ses cahiers est l'élec- tion de Paul Babinau, marguiller pour l'année 1795*96. Puis une liste de l'inventaire du vestiaire de l'église qui n'était pas très garni. A la date du 18 septembre 1795, les règlements suivants consentis dans une assemblée plenièro de tous les habitants du lieu, sont adoptés. 1er Quo suivant l'intention de Monseigneur, les mission- naires seront transportés et accompagnés d'un poste à l'au- tre par les habitants du lieu, chacun leur tour. C'est-à-dire que le prêtre suivant les besoins de sa mission aura droit de réquérir les habitants ou marguillers pour se faire con- duire au poste le plus prochain qui sera obligé d'en faire de même, sans que personne prétexte aucun motif pour s'en dispenser à moins que de nécessité, au jugement des marguil- lers. Les conducteurs n'auront rien à réclamer ou exiger pour lour temps, frai*, etc., etc, attendu que c'est une corvée de paroisse à supporter à tour de rôle. 2e II sera fourni gratuitement au prêtre-missionnaire tout le bois de chauffage dont il aura besoin chaque année et pour cela, chaque habitant en conduira lui même une corde par an, ou moins s'il y en a assez ; ce qui sera soumis à la sur- veillance des martial lors, qui, au cas de refus ou négligence des partis, s'en plaindront au prêtre- missionnaire. 3e Le prëtre-mi&ùonnaire permettra aux habitants éloi- gnés do se chauffer et retirer dan* sa cuisine avant les offi- ces, autant qu'on s'y comportera décemment et que cela n'entraînera jioint d'inconvénient. 4e Que les habitants travailleront immédiatement à répa- rer la couverture du presbytère qui est mauvaise et qu'ils feront leurs efforts pour arranger un appartement pour eux, dans Ta partie vacante du presbytère du côté du nord qui leur a été offerte par les prêtres missionnaires pour une plus grande liberté réciproque. 5e Qu'il sera fourni cette année seulement nno quantité de foin, environ 200 bottes, au prêtre missionnaire, attendu qu'étant arrivant, il ne saurait s'en procurer. 6e Enfin, qu'on fera rentrer les vieilles dette* de legliw pour faire finir celte Latine encore imparf aite et qui a déjà besoin de réparation. Ce document est sign.? par /achat ie Nadeau, Jean Le- Blanc, Pierre Le Blanc et Claude Landry, marguillere. L'absence presque continuelle du missionnaire avait étél» cause, à Carleton, de bien des désordres. Aussi, M. De»j*r' dins qui était un homme d'ordre et d'action, prit de suite des mesures énergiques pour les réprimer, et la paroisse qiâ était en formation avait besoin d'un guide prudent et ré pour se constituer sur des bases plue solides. Après avoir réglé et mia on ordre la discipline intérieure de l'église, M. Desjardins fit continuer les travaux de répa- ration et à cet effet, il préleva une répartition en argent et en bois. Durant Tété de 1 797 ,M. Desjardins fil la visite de ses mis- sions et en fit un rapport circonstancié à Mgr Plessis^lors curé de Québec et chancelier du diocèse, qui s'intéressait beaucoup au succès des missions de la Baie dos Chaleurs et , de la Gaspésie. Il écrivait de Percé en date du 8 septem- bre : " J'arrive du bout du monde, au moins du terme de ma mission, de la Ri viôre-au- Renard. J'ai fait beaucoup de chemin ; j'ai pris un aperçu des lieux, des gens et de ce que l'on peut y faire par la suite avec un peu plus de loisir que j'en avais à y rester. J'ai été quinze jours dans celte oxou r- sion ; il faudrait y passer deux mois. La chose est imposa- ble à moins qu'on ne me donne un confrère pour veiller au centre de la mission, tandis que je courrais au loin. M. de la Vaivre, je crois, serait bien propro à cet emploi et je serai très content si vous pouviez m'en faire le cadeau à la Saint- Michel. Le chor Castanot n'est point oisif de son côté, comme bien vous pensez. Je lui ai fait faire près de 50 lioucs pour mo rencontrer, et il ne m'a point trouvé au rendez-vous . Jugez de son impatience et de la mienne ; mais le devoir m'appelait ailleurs et il a fallu tout lui sacrifier. J'espère aller le joindre chez les sauvages de Miramichi, où il compte cabaner cet hiver. Franchement nous faisons plus de caB de ces pauvres chrétiens que do bien d'autres. Moi, je suis très content des miens, et je me fixerais volontiers à Risti- gouche avec eux si c'était possible." Parlant de son église, il dit : " Notre oathédrale avance et si, pour le coup elle n'est pas tout à fait à l'abri du feu, j'espère au moins qu'elle sera à l'abri des fougueux aqui- I — 170 — Ieries. Si voua pouvez y joindre un missel, n'importe la date et le format. Oserai -je vous prier de me céder un de vos RitutU Anglais : vous ne sauriez croire le nombre d'Irlan- dais qui se trouve sur le* côtes. Je souhaiterais avoir quel- • ques livres à leur mettre entre les mains pour les retirer de l'oisiveté le dimanche. Tâchez de me procurer des Imitations ou la Vie dévote.le CaUcU>irue de DouayAt Manuel. etc." Enfin 31. Desjardins reçut avec joie le secours d uo auxi- liaire.dana la personne de 3L de la Vaivre,prêtre francais.com- me lui victime de la révolution et qui devait se fixer à Bon- na venture. Ce prêtre était d'une constitution très faible et nullement propre au ministère si plein de danger des lon- gues et pénibles missions de la Gaspésie. Aussi, IL Desjar- dins se réserva les plus pénibles^nelaissantau nouveau mission- naire que Bona venture et Pa*pébiac. Voici comment 31. Desjardins B'expri me sur l'arrivée de «on confrère, dans une lettre adressée à l'évêque de Québec, datée de Carleton, le 10 janvier 1797. " J'ai reçu par M. de la Vaivre votre gracieuse réponse du 18 octobre demier,et j'ai fait passer à Caraquet les dépê- ches de Votre Grandeur pour 31. Castanet. Les démarches elles sacrifices que vous voulez bien faire pour notre mis- sion, nous pénètrent de la plus vive reconnaissance ; vous ajoutez particulièrement à la mienne par le double cadeau d'un excellent confrère et d'un superbe patron, (Saint Jo- seph pour l'église de Carleton) qui me deviennent double- ment chers, en les recevant de votre main. " L'arrivée de M. de la Vaivre a causé dans toute la Baie une révolution de joie ; olle a été extrême à Bonaventure.et ■ — 171 — ma satisfaction a été complète en voyant que votre choix remplissait tous mes désirs. J'espère que ceux de notre nou- veau confrère seront aussi satisfaits, et qu'il trouvera ici les consolations qu'il cherche dans le ministère ; il ne tiendra pas à moi de lui adoucir les peines qui en sont inséparables- " Je ne dois pas vous laisser ignorer qu'il se livre avec beaucoup de zèle et de fruits a l'éducation de la jeunesse, et qu'il est comblé de bénédictions par ce bon peuple avide d'instruction. Agréez-en, après Dieu, notre gratitude com- mune. Tout le monde se flatte de votre visite cette année, et nous faisons particulièrement des vœux pour qu'il plaise à Dieu vous accorder la continuation d'une santé qui nous est si chère." M. Desjardins tenait un compte exact de toutes 8v h démar- ches et en faisait un rapport Adèle à l'évêquo. Voici ce : 4° Que la rente et l'entrée des dits bancs seront payées en argent, ou en effets du pays, grains, poisson, et au prix d'ar- gent, dans le cours du mois d'août prochain, et ainsi chaque année, entre les mains du marguiller en charge, sous peine de perdre son bane qui, à ce défaut, serait mis à la criée, après deux avertissements. 5° Que l'église fournira elle-même les bancs, et qu'on en tiendra compte eur le prix d'achat à ceux qui s'en procure- r ont, libre aux pères de famille de faire mettre leur banc au nom d'un de leurs enfants ; il sera également libre à chacun do sous-louer des places dans leurs bancs à toute personne de la paroisse qui n'aura pas refusé do contribuer pour quelque chose à l'église. Cet article, contraire à la jurisprudence paroissiale, fut annulé comme abusif, par Mgr IMessis, lors de sa première . visite à Carleton. 6° Que 1rs fondateurs auront un droit exclusif aux dits bancs pour chacun un ; mais que les dits fondateurs, une fois remplis, s'il reste des bancs, il sera libre à tout le monde de mettro det-sus à l'enchère, même aux fondateurs eux- mêmes, si un banc teul ne leur suffisait pas. Ces règlements, quoiqu'ils ne fussent pas on tout confor- mes au droit paroissial, que M. Desjardins ignorait, étant arrivé depuis peu au pays, avaient cela de bon, qu'ils fai- saient cesser les contestations et mettaient tin aux désordres qui régnaient alois au sujet des bancs. Cependant, ces règlements furent modifiés un peu plus tard par M. Desjardins. Ainsi, lo 19 mars 1799, en la fôte de St-Joeeph, une assemblée de paroiBBe est tenuo. M. Des- jardins présenta à rassemblée les modifications suivantes, qui furent acceptées et conclues de part et d'autre : 1° Que la perpétuité des bancs étant contre l'usage de l'Eglise du Canada et sujet à beaucoup d'inconvénients, les bancs resteront tels qu'ils ont été adjugés, sauf la perpé- — 178 — tuité, qui est aujourd'hui annulée ; ainsi on se conformera pour les dits bancs, autant que possible, suivant les usages de l'Eglise du Canada pour l'avenir. 2° Il a été convenu que la terre do l'église, située sur le Cap, entre celles de M. Rimphosae et de Charles Bourg, sera vendue à George Deschomard, con tracteur de l'église, pour la somme de trente piastres, à payer en ouvrage pour Vé' glise, si toutefois Monseigneur l'évêque y donne sou consen- tement ; eo qui sera requis pour la validité du marché. Monseigneur ayant refusé son consentement à ce marché, la vente n'eut pas lieu. 3° Four encouragement et reconnaissance des chantres de l'église, il a été proposé et arrêté que, pendant leur vie, ils auraient une place dans le chœur,et qu'a leur mort,il seraient enterrés dans l'église, qui pourvoiora à leurs irais d'enterre- ment et au service du jour, de la mauièrela plus convenable, pour reconnaître leur» bons offices rendus à l'église. La dernière partio de ce règlement fut déclarée abusive et annulée, comme contraire à la jurisprudence du diocèse de Québec, par Mgr Plessis. 4° Arrêté aussi qu'on fera finir le jubé et qu'on payera un ouvrier en conséquence. Enfin, dans une assemblée de paroisse tenue le 29 juin de la même année, on passe une résolution conformément aux instructions de l'évêque de Québec, à l'égard des bancs ; savoir : qu'ils resteront sur le prix do l'adjudication une fois payés et la rente annuelle, sauf qu'il n'y aura point de per- pétuité. Dans le courant de l'été 1799, M. Desjardins se rendit à Québec, dans les intérêts de ses missions. Do retour dans la Gaspésie, au mois d'octobre, il adressait une lettre à Mgr Plessis, en date du 6. " Vos sages conseils, lut dit-il, m'ont un peu rassuré, et vos bonnes prières boaucoup protégé dans mon heureux — 179 — retour. Trois jours passas à l'Ile-aux-Grues, et quatre pour nous rendre ici, voilà l'histoire de notre voyage, qui n'offre rien d'intéressant que la joie de l'équipage et la sensibilité du capitaine, surtout lorsqu'on parlait de vous, sujet trop agréable pour ne pas y revenir à plusieurs fois. " Je me félicite plus que jamais d'avoir repris le chemin de la Baie, et il me semble que c'est un plaisir assez partagé par mes bonnes âmes ; puissé-jo répondre à leur espoir et au vôtre ! J'ai besoin de votre indulgence et de vos prières ; je les réclamo avec instance. La bonté très affectueuse avec laquelle vous avez bien voulu me recevoir chez vous ot m'y mettre si à mon aiso me pénètre de la plus vive reconnais- " Vous croirez aisément qu'il m'en a un peu coûté de quitter Québec, un frère et, j'ose dire, des pères ; dos amis tels que ceux que j'ai trouvés en vous et M. Gravé méritaient bien quelques regrets. J'ai accepté cette mission de votre main avec une nouvelle joie ; je vais me mettre en hiverne- mont à Carleton. Je me propose do revenir do grand prin- temps (en Gaspésie), pour passer ensuite l'été à Kistigou- che, y cultiver un peu mes sauvage-» et des patates, s'ils peuvent en avoir à planter." Les Acadiens do Carleton, commo leurs cousins canadiens, avaient conservé le caractère pas toujours facile que l'on retrouve partout où la race française s'est implantée. Ils n'étaiont pas exempts des défauts propres à leur race. Une certaine légèreté d'esprit, qui s'inspire souvent bien plus volontiers des impressions présentes que des prévisions de l'avenir ; une vanité individuelle qui, dans le commun de la vie, rend souvent insupportables les uns aux autres ; un grand amour de la critique et du commérage, avec une jalou- sie innée de ses voisins ; enfin, un penchant trop prononcé pour les procès et la chicane, a propos de rien et à propos de tout ; voilà en quelques mots lo caractère propre à notre race. Digitized by M. Desjardins, qui souffrait intérieurement de ces désor- dres, voulut prendre un moyen très efficace pour guérir le mal dee divisions intestines, des procès entre voisins, qui menaçaient l'existence de la fortune des habitants de aa- LeOaoût 1801, il réunit en assemblée plénière tous les habitants de Carleton, dans l'église du lieu, à l'effet de pren- dre des mesures nécessaires pour faire cesser les procès rui- neux. Voici ce document important : Les habitants de Carleton, convoqués en assemblée de paroisse, il a été proposé, sur la représentation du prêtre- missionnaire, qu'il serait fort à propos de prévenir toute espèce de procès entre les habitants du dit lieu et régler cha- ritablement par arbitres tous les différends qui pourraient survenir, de choisir trois syndics parmi les anciens de la paroisse, d'un caractère approuvé, pour décider et arranger entre eux toutes les affaires qui seront de leur ressort. Conséquemment, Olivier Bariault, père, Claude Landry et Jean-Charles Landry ont été élus à la pluralité des voix, et ils ont promis de se conformer aux sages règlements qui seront faits pour déterminer leurs fonctions et les indemniser de la perte de leur temps, selon les circonstances à venir. L'assemblée a été terminée par une tendre invitation de la part du pasteur a tous les paroissiens de persévérer dans la paix et la charité, et de conserver pour lui un attachement qu'il a témoigné lui-même ressentir pour son troupeau. Dans cette même assemblée, les marguillers ayant désiré reconnaître les services et les présents considérables des Messieurs Dus jardins en faveur de leur église, ont proposé la fondation de deux messes basses annuelles à perpétuité pour leur famille, aux frais de la fabrique, l'une le 20 mars, l'autre le 1er mai, et qu'elles seront recommandées au prône. La vive reconnaissance des marguillers et de tous les habi- tants se serait portée à des témoignages encore plus géné- reux et bien plus étendus envers Mcssires Desjardins, s'ils n'avaient été retenus par la juste modération de leur pas- teur, qui s'e9timait très heureux d'avoir pu mériter un sou- venir durable dans les prières d'une paroisse qui lui était très chère, et qu'il ne quitta pas sans le plus profond regret. En effet,dans l'automne de 1801, M. Desjardins dut quitter Carleton et ses chères missions de la Baie des Chaleurs. Sa faible santé ne lui permettait plus de supporter les tatiguea et les dangers de ces longues et pénibles missions. De retour à Québec, Mgr Denaut le plaça à la cathédrale, auprès de son ami et protecteur Mgr Plessis. Ce prélat avait une affection particulière pour cette généreuse phalange de prêtres français, victimes de la révolution, qui avaient pré- féré l'exil que de prêter serment à la constitution civile du clergé. En quittant la France, M. Desjardins avait renoncé à un canonicat dans la cathédrale de Bayeux. M. Desjardins devint curé d'office de la cathédrale de Québec, et, peu de temps après, il fut nommé chapelain d e l'Hôtel -Dieu de Québec. Cependant, l'ancien missionnaire de la Gaspésie et de la Baie des Chaleurs continua de s'occuper de ses chères mis- sions, dont il s'était constitué le procureur et le pourvoyeur bienfaisant. Connaissant leurgranle pauvreté et leur dénué - meut, il ne manquait jamais de mettre à bord des bateaux pêcheurs qui retournaient après avoir vendu leur cargaison, des objets de toutes sortes pour les églises, du linge, des orne- ments et jusqu'à des tableaux, dont plusieurs avaient quelque valeur au point de vue de l'art. C'est dans l'exercice de cette charité qu il passa les nombreuses années de son séjour 4 Québec. Arrivé à l'âge de 80 ans, il parlait encore avec bonheur du ministère qu'il avait exercé au milieu des plus abandonnés. Voici en quels termes parlait de ce vénérable vieillard M. Doucot, missionnaire à Percé, en 1845 : — 182 — " Le vénérable M. Desjardins ne cesse de peneer à noua : il noua écrit souvent. II nous envoie de petits présents pour noua encourager ; il me dit qu'il quête pour nous le spiri- tuel et le temporel. Je souhaite ardemment que Dieu con- serve ses jours ; car certainement, nous perdrons beaucoup en le perdant (20 déc. 1845). " L'économe de nos missions, dit le même missionnaire, se montre jaloux de partager avec Votre Grandeur le bonheur de procurer la gloire de Dieu en embellissant ses temples ; le même bâtiment qui a apporté vos effets a au*si reçu à mon adresse une caisse préparée par ses soins et remplie de diffé- rents articles pour nos missions. C'est un grand encourage- ment pour moi dans la tâche do réparer les chapelles et de les munir convenablement de tout ce qui concerne le culte." (24 août 1846). Le 31 août 1848, M. Desjardins s'éteignait pieusement dans le Seigneur, plein de jours et de mérites, à l'âge avancé de 82 ans et demi, et fut inhumé dans l'église de l'Hôtel- Dieu de Québec. L'aubé E.-P. Cholinàrd N. B. — Mgr Tunguay, dans le Répertoire du clergê]cana~ dien, dit, en parlant de M. Desjardins : " Il a longtemps porté lo nom de Desplantes ; il n'a pris celui de Desjardins qu'à la mort de son frère." C'est uno erreur. A son arrivée en lu Gaspésie, M. Des- jardins signe, conjointement avec son frère, le grand-vicaire DeBjardinp,un acte de baptême fait par Mgr Hubert,à Gaspé, le 31 juillet 1795, de son vrai nom de Desjardins, et ainsi dans tous les cahiers et registres de ses missions qu'il a lais- sés. E.-P. C. REPONSES La pitié ancienne carte du Canada, (VI, V, 719). — Aux yeux de nos historiens, la plus ancienne carte du Canada est celle d'Aubert, qui date de 1508 à peu près, mais elle no montre que l'entrée du Saint-Laurent tandis que la belle pièce dont je vais parler nous mène jusqu'à Montréal , en 1546. Elle fut dessinée par un prêtre, Pierre Desceliers, l'un des créateurs de l'hydrographie française. Il est visible que l'auteur y a travaillé avec conscience, tout en se trom - pant parfois. Les rivagos de nos provinces maritimes sont chargés de noms, preuve que, déjà, ils étaient fréquentes par les Euro- péens. Les formes de l'Acadio do la baie de Fundy sont mal déterminées. L'ensemblo du groupe y compris lo Nouvoau- Brun&wick, porte le nom de " terre des Bretons." Il y a le nom de " cap Breton." Le " cap Despoir " est placé près de l'entrée sud do la baie des Chaleurs. Remontant lo fleuve, rive sud, on voit lo mot " Canada " dans les terres, au sud de l'île d'Orléans. A la rivièro Chaudière estlo mot " Languillo." Le torme 11 Cap," tout soul, figure à peu près où se trouve le cap à la Kocho, près Lotbinière le même que le " cap à l'Arbre " du X Vile siècle. La rivièro Chambly est tracée, mais pas de nom. Via à vis ce que je crois être l'île Sainte-Hélène, on lit : " St-Malo." C'est Longueuil à présent. L'île de Montréal n'est point indiquée. La jonction de l'Ottawa avoc lo St-Laurent est nette mont visible. Ces deux cours d'eau ne remontent pus loin au delà de Montréal sur la carte en question. Il va sans dire que les grands lacs sont inconnus. Descendant lo fleuve, rive nord, la première inscription qui se présente est " Le Sault," c'est-à-dire le courant Sainte- Marie, entre l'île Sainte Ilélène et l'île do Montréal. — 184 — Vers Lanoraie est écrit : " terre Jacob." Les Ile du " lac d'Angoulème " (Saint Pierre) sont au nom bre de dix. Une rivière qni doit être la Maskinongé, venant d'assez loin dans les terres se décharge au lac. Ensuite on voit " Mont de proy," comme pour désigner les coteaux des Trois- Rivières, vus de la Pointe du Lac. La désignation de " R. de Fouez," d'après l'orthographe do Cartier, se voit i l'endroit où devrait être marqué le Saint-Maurice, car cette rivière est totalement omise. A mi-chemin entre Trois-Rivières et Québec, on lit "Oche- laga." C'est plutôt le lieu que Cartier nomme " Achelacy." Nous arrivons à " Franceroy," aujourd'hui Cap Rouge à la sortie de la rivièro Jacques-Cartier. C'eBt le Bite du campe* ment ou fort établi par Cartier on 1541 et habité par Rober val l'année suivante. Tout auprès de ce lieu, mais dans les terres est esquissé un château fort, évidemment bien plus pompeux que ne l'é- taient les palissades plantées par nos deux navigateurs. Au rivage, il y a " Sainte X," voulant dire " Sainto-Croix " nom donné alors à la rivière Jacques-Cartier. " Stadac " est mis pour l'abréviation de " Siadaconné," à l'endroit de la ville de Québec. Avantquo de descendre jusqu'à " VedeCoudre " que Cartier avait appelée " L'IsIe ès Coud res," on rencontre " Agob arda " ou quelquo chose de ce genre, inintelligible pour moi. La " R. du Saguenay " est fortement tracée ; elle fait une courbe au sud et se prolonge jusque derrière Lanoraie. Là se trouve la figure en pied de Roberval, avec une compagnie de soldats. Je suppose que, faute de place disponible dans le voisinage de Franceroy le dessinateur a choisi un espace en blanc pour mettre hou petit tableau. Sous les pieds des sol- dats est écrit : " Le Sagnay " en grosses lettres. On cro- yait, en effet, que le Saguenay était un royaume du nord, situé entre lea rivières Saguenay et Ottawa. — 185 — Au nord do Tadoussac e*>t éVriten gmnles lettres " Oche- laga." Cartier D'applique ce nom qu'à Montréal. On retrouve le mot " Cunada " aux environs de la rivière Betsiamite. C'est vers ce lieu que Cartier signalait lo commen- cement du " pays de Canada," lorsqu'il entra dans le grand fleuve, en 1535. La copie que j'ai mous les yeux est d < quatre ou cinq fois moins grande que l'original. Nul doute que cette pièce, ou une bonne copie, de la même dimen*ion, me révélerait d'au- très détails qui passent inaperçus dans la copie restreinte que je possède. Benjamin Sulti Les uniformes français au Canada sous Montcalm* (111, II, 290).— Voicj un extrait d'une lettre que M: Alfred Garneau, d'Ottiwa, madré**, en réponse a à une demande que je lui fis pour renseignements sur les divers costumes des militaires qui servirent au Canada en 1756. J'avais soumis à ce savant antiquuire des lettres reçues à ce sujet de la part d'un historien des Etats-Unis. Mes loi- sirs as*es rares à cette époque et surtout I'ab«ence, dans ma bibliothèque, d'ouvrages sur cette question, m'avaiont rendu impossible lea recherches nécessaires pour éclaicir ce point d'histoire. Je comptais avec raison que mon érudit ami trou- verait tous les renseignements nécessaires dans la vacte biblio- thèque parlementaire d'Ottawa. La réponse do M. Garneau a trait aut régiments français qui plus tard prirent part à la campagne du Canada. Je livre avec plaisir ce* notes aux chercheurs qui savent apprécier les Rechcrcfie* Historiques. J.-M. LXMOINE " Je vou* dirai que les régiments en question su nommaient La Reine, Languedoc, Guienne, Biarn, La Sarre et Royal Roumllon. Je ne pense pas qu'il y eut d'autres troupes que des détachements de la marine et des milices dans toute la vallée de l'Ohio. Digitized by Google — 1*6 — u Quoiqu'il en toit, void quel* étaient les costume* et 1756. " Les six régiments — comme au reste toute l'infanterie française — portaient le même uniforme qui était gris-blanc Ils ne se dUti nguaient entre eux que par la couleur de* ^anr- ments. la coupe de la poche de I habit, la couleur des bou- tons, etc. en commençant par V La queue que Ton portait poudrée à blanc : T Le chapeau, petit tricorne noir, bordé de jaune ou de blanc (d'or ou d'argent; peut-être avec une cocarde sur les retroussés. u La Sarre, Languedoc, Royal Roupillon, Guyenne et Kearo portaient la bordure jaune ; La Reine, bordure blan- che. Les Grenadiers portaient le bonnet d'oursin avec fond de drap de la couleur distinctive, orné de glands blancs ou jaunes. " Les troupes en Canada avaient-elles un autre chapeau pour l'biver ? Je l'ignore. "3° Le col noir «'attachant derrière le col avec une bou- cle, avait les parements rouges et les boutons jaunes. Le régiment de la Reine avait le- parements rouges et les bou- tons bleus. Point de revers aux habits. " En Canada, les soldats portaient, pendant l'hiver, un capot avec capuchon, pardessus l'habit. " 5° La veste (à manches), qui descendait jusque sur les cuisses. De la même couleur que 1 habit jusqu'en 1757. " J'ai lu dans le livre De Montcalm en Canada que, lors- qu'ils partaient l'été en expédition, nos soldats " laissaient leurs vestes." " 6° La culotte, comme l'habit de la veste, était grise. " 7° L'infanterie portait la guêtre. Cette guêtre, qui mon- tait au-dessus du genou, était de toile blanche, avec jarre- tière et boutons noirs. Lorsque les soldats ne portaient pas la guêtre, ils avaient des bas longs, de la couleur des pare- ments, je crois. Digitized by Google " Nos troupes, on campagne, avaient des mitasses, qui servaient de guêtres. " 8° En été, elles portaient des soulier* de peau de bœuf tannée ; en hiver, des souiera de chevreuil à la manière sau- vage. " L'année 1757 vit changer la couleur, mais non la coupe de l'uniforme en France. " Le» gravures me donnent, pour nos six régiments, les enluminures que voici : M Royal Rousuillon, La Surreet Languedoc : habit blanc, collet et parements bleus, doublure blanche aux retroussés des basques, veste rouge, boutons jaunes. " Béarn et Guienne : habit blanc, collet, paiements et veste rouges, retroussés blancs, boulons jaunes. "La- Heine: habit blanc, collet et paremonts rouges, retroussés blancs, veste bleue, boutons blancs. " Je ne puis dire à quelle époque ces régiments ont pris, en Canada, le nouvel uniforme, ni même s'ils l'ont jamais porté. " Je passe maintenant au costume des troupes do la marine. D'après une gravure du livre Costumes militaires français, l'uniforme des soldats des régiments de la marine (l'infan- terie) consistait, en 1756, en un habit gris-blanc, à parements noirs et à boutons jaunes ; veste et culotte gris blanc. " En 1757 : habit blanc, parements et collet noirs, boutons jaunes, veste rouge, culotte blanche. " Je lis, dans l'ouvrage que j.» viens de citer, qu'il y avait aussi des Compagnies franches de la marine, dont voici le costume en 1755 : habit blanc, doublure bleue ; veste, culotte ot bas bleuB jarretière blanche,souliers à boucles,cha- peau noir bordé de jaune, avec cocarde. " Les milices canadiennes avaient-elles un uniforme ? " Je n'en sais rien. Mes recherches sur ce point ont été vaines. — 188 — " En France — année 1757 — les milice* étaient habillées de gris-blanc : habit, vente et culotte étaient de cette couleur, guêtres blanches avec jarretière et boutons noirs. Le cha- peau (grand tricorne) avait une bordure blanche. L'habit était déboutonné et le ceinturon sur la veste. " Dans tous ces corps, les capitaines ne paraissent se dis- tinguer des soldats que par le hausse- col et l'esponton. Le hausse col était " une petite plaque en forme de croissant et bombé de cuivre doré, que les officiers d'infanterie portent au-dessous du cou, lorsqu'ils sont de service actuel " (Diet, de V Académie). " A la bataille du Malengueulé, Beau jeu, " en habit de chasseur canadien," était distingué par son hausse-col d'offi- cier (Notice sur Daniel Hyacinthe- Marie- Lienard de Beau- jeu, par John Gil. Shea). " En 1756, les capitaines et les officiers supérieurs d'infan- terie portaient des espontons (demi -piques), longs de 8 à 9 pieds, excepté ceux des Grenadiers, qui portaient le fusil. Les lieutenants et autres officiers subalternes avaient le fusil à baïonnette et la giberne (qui s'appelait alors la cartouche) sur le devant du ceinturon de leur épée. " Les sergents avaient une hallebarde, excepté ceux des compagnies de grenadiers, qui portaient le fusil. " L'armement du soldat consistait en un fusil, une épée et une baïonnette. " L'épée est à poignée de cuivre jaune ; elle est suspendue sur la hanche gauche, à une buffeterie blanche, et s'allonge obliquement en arrière ; un peu au-dessus est accrochée au même ceinturon la gaine de la baïonnette, posée de travers comme l'épée. Une bandoulière blanche passe sur la poi- trine de gauche à droite et soutient la cartouche (giberne), " Quoiqu'on se servit depuis quelques années de cartouches pour amorcer et charger, plusieurs régiments portaient en- core des poires à poudre suspendues à leurs gibernes ou à leur bandoulière'1 (Costumes militaires français). Digitized by Google — 189 — ! I " J'allais oublier de décrire l'uniforme du corps royal ^ar- tillerie. Je crois qu'e n 1756, comme en 1747, il consistait en un babit bleu, doublé et parementé de rouge, en une veste et une culotte rouges, et des guêtres blanches avec jarretières noires, ou do longs bas rougts, avec jarretières jaunes. " L'armement des officiers consistait en une épée ; les ser- gents avaient la hallebarde. " Les artilleurs, quoiqu'ils eus- sent des fusils, ne les portaient presque jamais ; i's ne gar- daient que l'épée." " Voilà tous les renseignements que j'ai pu ramasser ; je vous les envoie pôle-môle, regrettant n'avoir pas le temps de les coordonner. " Si je déterrais quelques nouveaux détails, je m'empres- serais de vous los passer. " Vous-même, monsieur, si vous savez quel était le cos* tumo de nos troupes coloniales canadiennes, " troupes fran- ches milices," je vous prie d'être si bon que de m'en faire part. Je suis curieux de le connaître. " Alfrkd Garneau." Le Dr Wolf red Nelson. (IV, V, 455).— Le doc- teur Wolfred Nelson est sans contredit l'un dee hommes dont le nom s'est trouvé le plus souvent mêlé aux événements po- litiques du pays. - Il commença sa carrière en qualité de chirurgien dans un bataillon levé dans le district de Richelieu, dans la guerre de 1812. Il entra dans la vie publique active en 1827 et représenta la ville de Sorel en parlement. Plus ta rd il se dévoua exclusivement à la pratique de sa profession et plaça des capitaux dans des entreprises indus- trielles. En 1832, il fut un des Canadiens les plus ardents de cette époque à résister aux tyrannies métropolitaines. Quand l'infâme politique due aux conseils d'un Ogden eût décidé de pousser à bout une population tranquille et loyale, Digitized by — 190 — mais qui voulait maintenir intacts doe droits reconnus de- puis comme inviolables et sacrés, il se rangea du côté dos opprimés et offrit la résistance d'abord passive, puis active à laquelle la duplicité de la politique coloniale poussait la population. En novembre 1837, apprenant qu'un corps de troupes ve- nait de Sorel à St- Denis pour l'appréhender au corps ainsi que plusieurs autres canadiens marquants, il accepta le com- mandement de cette poignée de braves qui,avec 120 mauvais fusils et sang artillerie.repoussèrent un régi ment de ligne sous les ordres du colonel Gore. La défaite de Saint Charles deux jours après,Ie força ainsi que ses amis, de renoncer à toute idée de résistance, et il es- saya de se sauveraux Etats Unis mais sa tête avait été mise à prix et il fut arrêté duns sa fuite, épuisé de fatigue et de faim dans les bois. Ramené en prison, il s'y montra ferme et sut s'attirer le respect des séïdes du gouvernement. Il fut l'un des huit qui furent illégalement condamnés à l'exil par lord Durham. Après la disgrâce de celui-ci il revint aux Etats Uni* et s'établit à Plattsburg. Avec le nolle prosequi de 1843 il revint eu Canada et s'éta- blit à Montréal, en 1844. La sympathie publique se manifesta en sa faveur de plu- sieurs manières, et il fut élu membre de l'assemblé Législa- tive. Il suivit le parti libéral d'abord avec zèle et sincérité. La lutte qui survint entre M. Papineau et M. Lafontaine, quand celui-ci commença à faire du libéralisme conservateur et se rejeta dans la politique rétrograde, vit le Dr Nelson, oubliant trop ses antécédents, faire une guerre acharnée à AL Papineau, simplement pour essayer de déconsider ce grand citoyen au profit du parti du paesé, et se mettre mal* heureusement en contradiction avec lui-même sur les évé- nements de 1837. Cette lutte lui fit perdre beaucoup de sym- pathies dans le pays, et il sortit de la vie publique en 1S54. Digitized by Goo — 191 — Cette même année il fut élu maire do Montréal et le fut deux an». Après sa sortie de charge il fat créé inspecteur des pri- sons^ituation dans laquelle il arendn d'importants services. A partir du 1861, la santé du Dr Nelson commença à dé- cliner et le mercredi 17 juin 18G3 il rendait le dernier sou- pir à sa résidence a Montréal No. 21, Petite rue Saint-Jac- ques, âgé de 71 ans. L'enterrement eut lieu àSorelle samedi, 20 juin suivant, dans l'après-midi. Ed. Aubé Lea " home boat*." (VI,- V, 717.)— Les horse boats étaient utilisés pour la traversée entre Québec et Lévis,entre Québec et Montréal, entre Montréal et Longueuil, et en quelques autres localités. Ils avaient la prétention d'être plus rapides que les bâtiments à voiles, ou du moins plus commodes qu'eux, lorsque surtout la briso ne soufflait d'au» cun côté. L'ancienne génération se rappelle encore parfaitement ce mode primitif de navigation, qui fut longtemps en usage et quo les progrès envahissants de la science mécanique devaient faire disparaître. Le mécanisme des horse boats était assez ingénieux, quoi- que fort simple. Le bateau portait de chaque côté des roues à palettes mises en branle par quatre ou six chevaux qui tournaient autour d'un gros poteau vertical, espèce de tour- niquet, qui communiquait son mouvement à l'arbre de couche. Ce mode de propulsion n'imprimait point sans doute la vitesse que les bateaux soumis à la vapeur devaient acquérir plus tard, mais la chronique rapporte que nos pères s'en trouvaient fort bien et qu'on tenait l'invention du horse boat pour être quasi merveilleuse. Les premiers horse boats paraissent dater de 1812 à 1815, et ne furent définitivement abandonnés qu'en 1850. Beauséjoub il: Digitized by1 y! QUESTIONS 720. — La Gazette de Québec du 18 juillet 17G5 annouce : " On va établir oet été une fonte de cloches à Québec." Ce projot a-t il jamais été mis à exécution ? X.X.X 721. — N'y a-t-il pas eu deux généraux anglais du nom de Amhertt lors de la conquëto ? Sir Jeffery Ambert, lorsqu'il s'empara de Louisbouig, en envoya la nouvelle à la cour par un de ses frères, officier dans son armée. Ce dernier revint- il au Canada ? Cm 722 — A la date du 20 juin 1 759, nous lisons dans le Journal de Malartic : " Nous apprenons que M. Aubert a eu connaissance de kiu, des catholiques de I' Illinois, qui, depuis la suppression delà Société de Jésus, n'avaient pas eu un ministère régulier et étaient devenus fort indifférents en matière religieuse. Le Pôro Richard passa six ans à se prodiguer au milieu de ces abandonnés et il eut la consolation do voir la plus grande partie de son troupeau revenir à la pratique de la foi. En juin 1798,nommé adjoint au Père Michel Lavadoux,Iui aussi un Sulpicien et son prédécesseur à Kaskakia, le Père Richard fut transféré à Détroit. Environ deux ans plus tard, après la rentrée du Père Lavadoux en France, le Père Ri- chard reçut l'ordre d'assurer la juridiction sur un territoire ecclésiastique qui ombrassait alors les Etats de Michigan et de Wisconsin. Comme presque tous les catholiques qu'il avait à desser- vir étaient des Canadiens-français, il eut peu d'occasions d'apprendre l'anglais ; néanmoins il s'appliqua avec une grande assiduité à l'étude de cette langue et réussit enfin à an acquérir une connaissance suffisante. Par sa faveur et son tour d'esprit original, il suppléait sensiblement i son ignorance des singularités de l'idiome. — 198 — Il y avait dans sa personne et dans son caractère plusieurs traits qui étaient propres à lui attirer le respect et la con- fiance de ses gens. Tels étaient sa figure d'ascétique et son port plein de dignité, qui traduisaient la fermeté de volonté et la bonté du cœur, telles son admirable abnégation et sa libéralité envers les pauvres, tels son dévouement inébranla- ble au devoir et son énergie infatigable. Par une certaine mesure de rigorisme, il parait avoir ressemblé a d'autres fidèles missionnaires de son époque en ce pays, et nous avons de bonnes raitons pour attribuer oeci aux circonstances plu- tôt qu'à un défaut de générosité dans 6on caractère. La conversion des Indiens lui tenait surtout au cœur, et sos efforts, poursuivis pendant de longues années, ont été couronnés de résultats flatteurs. Le 30 avril 1.805, il fut -nommé aumônior du 1er régiment de la garde nationale du Michigan. Lors du grand incendie qui a réduit la " City of the Straits " (Détroit) en cendres, le 11 juin 1805, l'église, le presbytère et les écoles du Père Richard, parmi lesquelles deux écoles supérieures, ont été détruites de fond en comble. Sur sa prière, î'évêque l'autorisa à construire une église 60us son administration immédiate, " pour prévenir," ainsi qu'il écrivait, " l'intervention constante et ennuyeuse des mar- guillers." Au milieu de ses difficultés avec les entêtés, il eut la consolation de jouir de la bienveillance de la majorité de ses gens et de ses concitoyens protestants, qui formaient de beaucoup la plus grande partie des habitants de la ville. En 1 807, le gouverneur du Territoire et d'autres fonctionnai- res l'invitèrent à prêcher en anglais, ce qu'il fit pendant longtemps tous les dimanches à midi, dans la salle du Con- seil, 4 la grande satisfaction de tous les principaux protes- tants de la ville. Aussi, sur demande, il fit la prière d'ou- verture d'une des sessions du premier Conseil du Territoire de Michigan. Au cours de ses supplications, il pria le Dieu Digitized by Google i — 199 — Tout-Puissant d'accorder aux législateurs " la grâce de faire des lois pour le peuple et non pas pour eux-mêmes." Pendant qu'il grandissait ainsi dans l'estime de ses conci- toyens protestants, les syndics malveillants de la paroisse de la Côte du Nord poussèrent leur résistance scandaleuse à leur curé si loin, que l'évêque Flaget, de Bardstown, qui avait juridiction sur Détroit depuis rétablissement de cedio1 cèee, en novembre 1810, dut prononcer run interdit sur Vê- glise, ce qu'il fit dans une lettre écrite de sa propre main, datée du 24 février 1817. Les récalcitrants firent leur sou- mission à l'occasion de la visite de l'évêque, le 9 juin, l'an- née suivante. Cependant quelques esprits pervers conser- vèrent la rancune de leur humiliation, ainsi que cela se fit' voir lorsquo le Père Richard posa pour ta 'deuxième fois sa candidature au Congrès. *** Au cours d'un voyage & Baltimore et dans d'autres villes de l'Est au profit de sa nouvelle église (1808-1809), il se procura une presse et une fonte de caractères, qu'il fit trans- porter par terre jusqu'au Michigan. Il amona aussi avec lui un typographe nommé Coxshawe, de Boston. De même que le Père- White avait établi la première imprimerie dans l'Est, le Père Richard fut le premier éditeur du grand Nord* Ouest. On vit sortir de son imprimerie plusieurs livres bibliques, de piété ou se rapportent à l'éducation, publiés une partie en français et une partie en anglais ; il publia' aussi plusieurs numéros d'un journal intitulé Essai du Mi- chigan ou Imperial Observer. Par suite du service irrégu- lier de la poste et du caractère dispersé de la population, il dut suspendre cette dernière publication. En 1812, de bon- ne heure, le Père Richard, inspiré par le désir de travailler à la gloire de Dieu et à l'édification de son troupeau, impor- ta, au prix de grands frais qu'il paya lui-même, le promier orgue que l'on vit dans le Nord- Ouest. La même année, i Digitized by Google — 200 — après 1* reddition d« Hall, ce brava prêtre fut arrêté parle généra) Broek, à cause de la loyauté qu'il ne craignait pas 'le proclamer envers la République américaine : on le con- duisit au corps de garde de Sandwich, sur la rire canadien- ne de la rivière, où il passa quelque tempi en détention. Apre» fo. remise en liberté, trouvant te» gens dan» le dénue- ment, il acheta une quantité considérable de blé et la distri- bua gratuitement aux cultivateurs à la ronde pour la se- mence, en dépit des offre* tentantes qu'on lai faisait de lui en donner de bon* bénéfices. Il prit aussi une part signalée à la direction de l'Université du Michigan, inaugurée en 1817 ; il en fut d'abord vice-président et professeur, et, en dernier Heu, remplit les fonctions de syndic. En 1721, étant en voyage à Mackinaw, il persuada aux Indiens de lui montrer le lieu de sépulture du Père Marquette et il planta, sur la fosse, une croix de bois, sur laquelle, arec son canif, il tailla cette inscription : " Le Père Marquette est décédé ici le 9 mat 1675." *** Pour l'amour de son é/lise bien-siraée, qu'il avait placée bous le vocable de sainte Anne (à Détroit), et dont la pierre angulaire fut posée par Mgr Flaget le 11 juin 1818, le Père Richard postula un mandat au 18e Congrès, estimant que les appointements de député lui aideraient sensiblement à défrayer la construction de son temple. C'était la troisième fois que le Territoire élisait un délégué, et l'élection eut lieu en 1823. Le scrutin donna le résultat suivant : Gabriel Richard, 444 voix ; John Biddle, 421 ; Augustin Wing, 336 , Whitney, 165 ; McCloskey, 164, et Williams, M. Ce dernier était l'un des membres et même l'un des syndics de la paroisse de Sainte-Anne ; il avait posé sa candidature en opposition à celle de eon curé, qu'il avait condamnée avec véhémence. Dans la suite, il se détacha de la paroisse et abandonna même la religion catholique pour toujours, tant son mécontente- Digitiz -201 — ment fut enraciné ; ses descendants sont maintenant protes- tants. Le Dictionary of Congress de Lanman dit, en parlant du Père Richard : " Pendant son ministère, il se trouva dans l'obligation, suivant la religion catholique romaine, d'excom- munier un de ses paroissiens, qui avait divorcé d'avec sa femme. Le paroissien poursuivit le prêtre devant les tri- bunaux en diftamation,etobtint un jugement lui accordant des dommages et intérêts au montant de $1.000. Lo prêtre ne put payer cette somme ; en conséquenco, il fut enfermé dans la prison commune ; comme il avait déjà été élu délé- gué au Congrès, il sortait de prison, dans les forêts vierges . du Michigan, lorsqu'il vint prendre son siège au Congrès." " Son apparition à la Chambre des reprlsentauta,dit l'abbé C.-J. White, fit sensation ; sa conduite lui coin manda le res- pect de tous. Il était sobre de paroles ; il s'exprimait tou- jours avec sagesse et il rendit de grands services à sus com- mettants et 4 l'Union." M. Girardin écrit : " Les crédits votés, sur sa demande, pour établir des routes, et d'autros de ses actes attestent de l'efficacité de ses services à la législature nationale. Grâce à ses efforts, il réussit à faire voter des crédits qui ont servi à l'ouverture de plusieurs routes qui mènent maintenant à notre belle ville. . . et toutes sont restées comme un monu- ment perpétuel pour rappeler l'ardeur et le zèle dont il était animé vis-à-vis de ses commettants." Pendant son séjour à Washington, il s'intéressa au sort des tribus indiennes qui habitaient dans les limites de sa juri- diction ; il obtint des subventions du gouvernement pour maintenir des écoles au milieu des Indiens, qui, à plusieurs reprises, lo chargèrent de porter au président des lettres de leur part. Le 10 décembre 1824, le Père Richard prit part à la récep- tion officielle que fit la Chambre des représentants à La- fayette. A la clôture de la deuxième session, le 3 mars 1825, il retourna à Détroit. Le Père Richard s'avisa de faire renouveler son mandat, et il aurait été élu, n'eût été l'opposition que soulovèrent contre lui les amis du général Williams et les syndics sus- mentionnés, qui lui avaient gardé rancune. " Quelques catholiques étaient en tête de l'opposition qui aboutit à sa défaite," dit le juge Cooley, dans son History of Michigan. Le dépouillement des suffrages donna le résultat suivant : Wing, 728 voix ; Richard, 714, et Biddle, 689. L'église de Sainte- Anne fut dédiée le jour de Noël, en l'an 1828. ^Le Père Richard avait travaillé ferme, avec une sol- licitude que rien ne lassait, pour ériger cette église, surtout depuis le jour où Mgr Flaget lui donna l'assurance que ce temple deviendrait vraisemblablement la cathédrale d'un nouveau diocèse. Cependant, le zélé missionnaire, qu'on avait recommandé à la dignité d'évêquo, mourut avant l'é- rection du nouveau diocèse. Après s être prodigué, avec une dévotion héroïque, aux malades et aux morts, pendant une épidémie du choléra asiatique, il fut lui-même atteint de l'affreuse peste à la fin et y succomba à Détroit, le 13 sep- tembre 1832. Sa mort causa un deuil profond et sincère parmi la population de cette ville, sans distinction de classes ni de croyances. C'efet bien avec raison qu'on l'a surnommé « T Apôtre du Nord Ouest/' M. Bêla Hubbard, un protestant et l'auteur de Early Colonisation of Detroit, a placé, en témoignage de son admi- ration et de son estime, une statue du Père Richard dans la niche de la façado de l'hôtel-do- ville, a Détroit. J.-A. Favreau — 203 — LA TRAPPE DE LANGE VIN Dès 1789, les Trappistes, chassés de la France par la révo- lution, avaient songé à s'établir au Canada. Les trois reli- gieux envoyés dans notre pays s'arrêtèrent en Angleterre et y érigèrent un monastère. En 1820, Mgr Plessis écrivait à M. de Calonne, alors mis- sionnaire dans l'île Saint-Jean (tie du Prince-Edouard) : " Finissons-en par nos religieux de la Trappe, dont je per- siste, en mon particulier, à désirer le passage dans ce diocèse. Quel sort avez- vous dessein de leur faire dans l'île Saint- Jean ? Quelle étendue de terre avez vous dessein de leur accorder ? Quels autres avantages leur faites vous ? Ces renseignements me seraient nécessaires pour pouvoir vous dire s'ils seraient mieux ici que là." En 1825, le* Trappistes mettaient leur projet à exécution, en fondant le monastère de Notre-Dame du Petit-Clairvaux, à Tracadio, dans la Nouvelle-Ecosse. En 1856, le père Vincent, supérieur du monastère de Tra- cadio, écrivit à Mgr Turgeon, archevêque de Québec, lui offrant de transporter sa communauté dans l'une des con- cessions de Saint-Joachim. où le séminaire de Québec leur aurait volontiers donné des terres. Le projet ne put être réalisé, à cause du petit nombre de religieux qui n'auraient pas suffi aux défrichements de la nouvelle propriété. Le 26 décembre 1861, le père Jacques, prieur de Traca- die, demandait à Mgr Baillargeon, qui avait succédé & Mgr Turgeon sur le siège archiépiscopal de Québec, si le temps n'était pas venu de réaliser, au moins en partie, les désirs d'un de ses prédécesseurs, de sainte mémoire, le père Vin- cent. Tout en maintenant le monastère de Tracadie, le père Jacques voulait procurer au diocèse de Québec les avantages de son ordre. Mgr Baillargeon lui répondit, le 16 janvior 1862 : u Je m'empresse de vous dire que je serais heureux Digitized by Google — 204 — de voir votre petite communauté s'établir dans le diocèse ; je crois qu'avec l'aide de Dieu, elle y ferait beaucoup de bien, qu'elle y serait bien accueillie par le clergé et par le peuple, enfin, qu'il serait facile de lui procurer un bon coin de nos forôts pour s'y fixer." Les Trappistes ne tardèrent pas à se rendre à l'invitation de Mgr Baillargeon. Le 24 juin 1862, quatre frères venaient prendre possession d'une partie du canton Langevin, dans le comté de Dorchester. Quelques semaines plus tard, deux autres frères venaient se joindre à eux. Le père François-Xavier fut élu supérieur et, pleins de courage, les Trappistes se mirent aussitôt à l'œuvre. Bientôt, deux corps de logis longs chacun vie 120 pieds, s'élevèrent de terre. Ces bâtisses avaient la forme d'un rectangle divisé par une aile transversale. L'une des cours intérieures devait servir en même temps de cimetière et do promenade. Lors- que ces constructions furent terminées, les Trappistes se mirent à défricher leur* terre?. Les bons religieux ne res- tèrent pas inactifs : en 1872, ils avaient défriché plus de quatre cent** arpents de terre ! lies Trappistes du monastèro du Saint- Esprit — c'est le nom qu'avait pris la Trappe do Langevin — observaient la même règle que leurs frères de France. Aussi, la rigueur de notre climat, incompatible avec la sévérité de leur zèle, fit disparaître le monastère en 1872, après une courte exis- tence de dix années. La Trappe du Saint-Esprit fut successivement gouvernée par deux prieurs : le père Ives ou André (Arnold-Henri Bor), et le père François-Xavier (Henri de Brio). On aimera sans doute à connaître les Canadiens qui entrè- rent à la Trappe du Saint-Esprit. Voici : Frères de chœur : Charles- Irénée Lagorce (prêtre) ; Hos- pice Germain (prêtre) ; Théophile Maréchal (prêtre) ; Cy- rille Carrier, Orner Guilbault, Alphonse d'Aoust, Louis Digitized by Googl Rhéaume, Louis-Fabien Marcoux, Dieudonné d'Aoust,Ainié Turcotte, Louis-Napoléon Bellonger, Hector Garneau, Mar- cel Bourget, Pierre Robergo, Pascal Comte, Charles Poli- quin, Flavien Marcoux, Auguste La voie, Çyprien Turcotte. Frères convers : Octave Sylvestre, François Mignon, Jean- Pierre Boulanger, Edouard Nolot, Charlee-Nazaire Mar- chand, Samuel Bellenger, Charles Piché, Laurent Thi vierge, Octave Marquis, Thomas Cavannagh, Charles Lavoie,Davty Lapierre. De ces trente-un Canadiens, sept seulement persévérèrent. Trois moururent au monastère même, los frères Jean-Bap- tiste (Cyrille Carrier, de Saint-Charles de Bellechasse), Marie- Alphonse (Alphonse d'Aoust), Denis (Omer Guil- bault, de Saint Thimothée de Beauharnois). P.-G. R. CANSO Champlain écrit Canceau et Campfeau. Les Anglais (-cri- vent Caneo. Ce mot, d'après Lcscarbot, est d'origine sauva- ge (page 221 de la 3e édition). Lo R. P. F. Martin (App. de sa trad, du P. Bressani, p. 320), après avoir mentionué Leacarbot, au sujet de ce mot, ajoute : Thévct dans un manuscrit do 1586, dit qu'il vient de celui d'un navigateur français nommé " Canse." Le pas sage du manuscrit de 1586 est extrait mot pour mot de la Cosmographie Universelle de Thévet.Or,en cet endroit l'au- teur parle des Antilles, et non du Canada, et, en second lieu, il n'écrit pas Canse, mais Cause. Voici le passage en entier : " Quant à l'if le do Virgengordo et celle de Rieque (Porto*- Rico) baffe et fablonneufe, il vous faut tirer à celle de Saintt- Dominguc. et conduire les vaiffoaux droit a la poincte do la Gouade (del Aguado) qui eft au bout de rifle (de Porto- Rico), puis à celle de Mona, premièrement que venir abor- der et mouiller l'ancre à l'iflo Efpagnole. Paffé qu'auez, et doublé la haulteur do ladite il le, vous apparoift la terre de Caufe qui prend son nom de l'un des vaillans Capitaines pilotes, natif d'une certaine villette, nommée Caufe (Cozos), en Xainctonge, vue lieue de maifon Je Madion." (Coem. Universelle, verso du folio 993). — 206 — LETTRE DU PÈRE GLAPION A HUGH FINLAY Monsieur, Je voua fais mes excuses de ce que j'ai tant tardé À ré- pondre à la lettre qu'il voua plut de m'addresserle 26 d'août dernier. Si vous jugés indispensable que nous paraissions devant l'honorable committé, nous nous y sisterons le 15 du pré- sent mois, à l'heure prescrite. Mais nous ne pourrons y dire que ce que j'ai l'honneur de vous écrire cy dessous. 1° Depuis que nous sommes sous la Domination Anglaise, nous avons été, nous sommes encore ; et nous serons tou- jours sujets soumis et fidèles à Sa Majesté Britannique. Nous osons nous flatter que les gouverneurs anglais, qui ont com- mande dans cette province, ne nous refuseroiont pas leurs certificats de notre fidélité et de notre obéissance. 2° Il paraît donc que c'est moins de nos personnes, que de nos biens temporels qu'il s'agit en cette circonstance. Nos biens, ou nos fonds nous sont venus de trois sources différentes : 1° Les rois de France nous en ont donné une partie. 2° Quelques particuliers nous en ont donné une autre partie. Ces dons ont été faits en vue do pourvoir à la subsistance des Jésuites Missionnaires emploïés i l'instruc- tion ties sauvages et des canadiens. Le plus grand nombre d'entre eux n'a cessé de se livrer à ces œuvres de charité, que quand ils ont cessé de vivre : et ceux qui leur survivent s'appliquent anx mêmes exercices ; et sont dans la volonté de s'y appliquer jusqu'à leur mort qui, selon le cours de la nature, no peut être bien éloignée. 3° Enfin nos prédéces- seurs ont achetté, de leurs propres deniers, la troisième par- tie de nos fonds. 3° Tous nos titres de possession, qui sont bien et dûment enregistré au greffe de la province, démontrent que tous ces biens ou fonds nous ont toujours appartenu on toute pro- Digitized by Google — 207 — priété : et nous les avons toujours régis et administrés com- me nos propres, sans contradiction, ni empêchement. •4° Notre propriété a été bien reconnue dans la capitula- tion du Canada signée au camp devant Montréal, le 8 de septembre 1760, puisque, par l'article 35e, le lord Amherbt nous permettait de vendre nos biens fonds et mobiliers ei tout ou en partie ; et d'en passer en France le produit. 5° Quoiqu'il en soit, Monsieur, nous sommes entre les mains de Sa Majesté qui décidera selon son bon plaisir. Mais des sujets et des enfants irréprochables ne peuvent attendre qu'une décision favorabledo la part d'un Roi aussi bienfaisant, et d'un aussi bon père que l'est Sa Majesté Georges III. J'ai l'honneur d'être avec profond respect, Monsieur,votre très humble, et très obéissant serviteur, Auon. L. de Glapion Supr. des Jésuites du Canada. Québec, le 10 de septembre 1788. Le navire que montait Roberval, lorsqu'il aborda à l'île de Sable, en 1598, était si petit, dit la chronique du temps, que, du pont, on pouvait se laver les mains dans la mer. Il est bon de remarquer, cependant, à propos du tonnage des vaisseaux de cette époque, que le tonneau d'alors n'était pas le tonueau d'aujourd'hui. Ainsi, la Frégate, un des navi- res de sir Humphrey Gilbert dans son voyage d'exploration en 1583 jaugeait cont vingt tonneaux, et dix tonneaux, ca- pacité de la Frigate, équivalaient à environ trente tonneaux d'aujourd'hui. ^ On conserve dans la bibliothèque de l'université de Har- vard un dictionnaire abénaquis-francais écrit tout entier de la main du Père Rasle. Digitized by Google MANIÈRE DE VACCINER A QUÉBEC EN 1809 D'après le docteur Joseph Painchaud, alors étudiant en médecine " La manière devconserver le virus vaccin sur un 61 mis entre deux quarraux de vitre cirés tout autour est assuré» ment la plue sûre et le moyen le plus commode de réussir. Un avantage encore qui n'est pas petit, c'est qu'en mettant entre vos vitres plusieurs bouts do fil, vous pouvez inoculer uu nombre très considérable d'enfants à la fois, un petit morceau étant suffisant. 11 n'est pas inutile d'observer qu'il ne faut pas tarder à cirer les quarreaux aussitôt que vos fils sont imprégnés avec le virus ; la grande chaleur, de même que le grand froid, décomposent très promptemcnt le virus pour le moine qu'il est exposé à l'air. " Après que vous avez ouvert les vitres, il n'est pas sûr à vos fils qui restent peuvent encore avoir du virus, à moins que vous ne soyez très prompt à les recurer de nouveau. " Pour inoculer par cette méthode, vous faites une légère incision sous la première peau, laissez sortir le peu de sang qui doit sortir. La mère pourra à cotte fin sucer l'incision. Alors, vous coupez do votro fil imprégné un petit bout, vous l'onfoncez par lo moyen de votre langue dans l'incision, vous 1a pressez comme pour la fermer, et il ne vous reste plus qu'à y appliquer grand comme un sol d'une petite emplâtre de gomme quelconque, pourvu seulement qu'elle puisse rester deux ou trois jour*, afin d'empêcher le bout de fil de sortir ; trois jours après, il est à propos doter l'emplâtre. Je conseille d'inoculer aux deux bras, afin de bien s'as- surer d'être préservé de la picotte naturelle." RÉPONSES L'hermine ou belette rozelet. (II, V, 199.)— Noue possédons dans nos bois le roselet et l'hermine que nos chas- seurs appellent fort improprement la belette. Je ne me rap- pelle pas avoir jamais rencontré celle-ci sur nos territoires de chasse, et j'incline à croire qu'elle n'y existe pas ; cepen- dant nous possédons sûrement l'herminette ou belette des neiges (mustela-hyemalis-Pallas) quia constamment le bout de la queue noir, été comme hiver, ce qui la distingue de la belette commune. L'herminette tient le mi!ieu,pour ladimension,entre l'her- mine et la belette. L'hermine mesure neuf pouces de lon- gueur, non compris la queue, qui a trois pouces et demi. La belette, six pouces de longueur, non compris la queue, qui a deux pouce*. L' extrémité de la queue de cette dernière n'est jamais • noire. Quoi qu'il en soit, l'hermine, malgré son abondance, n'est pas chassée. Tous les chasseurs la dédaignent, tant le pr ix qu'ils obtiennent pour se dépouille est peu élové. Il est assez étrange que cette fourrure,qui semble estimée en Europe et en Asie, Hoit tenu en pareil mépris sur la côte du Labrador. H. DE PtJYJALON Lea Canadien* et la yuevre de V Indépen- dance. (VI, V, 716. )— Avant la guerre de l'Indépendance, quelques Canadiens s'étaient déjà établis sur les bords du lue Cham plain, dans les limites actuelles de l'Etat de New- York. Joan Laframboise s'était fixé sur des torres qui se trou- vent aujourd'hni dans le town de Chazy, comté de Clinton, New- York, et près de lui se trouvait Joseph La Monté,nom qui est devenu Monty. Etienne Gaudinot faisait la chasse dans cette région, et servait d'éclaireur à la garnison anglaise de Ticonderoga, notre ancien Carillon. D'antres Canadiens vivaient ainsi sur des terres situées dans fieekmaotown, comté de Clinton. Quand la guerre éclata entre l'Angleterre et les colonies, l'on sait quo Ticondéroga fut un des points sur lequel se portèrent les Américains, et Etienne Gaudinot fut fait pri- sonnier. Peu de temps après, il passa au service des Amé- ricains, qui avaient alors la sympathie de tousles Canadiens du district de Montréal. En 1777, la fortune se tourna contre les colonies et elles dûrent reculer devant l'armée du général Burgoyne qui envahit le nord de New-York. Les Canadiens du lac Cham- plain se réfugièrent à Albany où ils s'enrôlèrent dans deux régiments que le Congrès avait levés en Canada. Ces deux régiments étaient commandés par les colonels llazen et Livingston. La plupart de leurs officiers étaient aussi d'origine anglaise. Je ne crois pas que le nombre de Canadiens français enrôlé» dans ces régiments dépassait trois cents. En 1779, les officiers canadions du régiment de Livin/fà- ton étaient Auguste Loiseau, capitaine, et Francois Monté, lieutenant. L'abbé de Lotbinière est désigné comme cha- pelain. Dans le régiment du colonel Hazen l'on comptait à la même époque le capitaine Clément Godsehn, le lieutenant Germain Dionne et les enjoignes Alexandre Fériale, Fran- cois Gélinaud, Louia Gossolin et Pierre Iktileau. Un autre régiment, dit le deuxième d'infanterie de New- York, avait aussi pour lieutenant-colonel un nommé Pierre Régnier et le cinquième du même Etat, Louis Dubois pour colonel, Jacob Bruyère pour lieutenant-colonel, Philippe Dubois Bevoir et Henry Godwin pour capitaines, et Henri Dubois comme lieutenant. Les noms de ces officiers me font supposer qu'ils étaient canadions. Le capitaine Gosselm avait d'abord servi devant Québec sous le général Montgomery et fut fait prisonnier. Rendu à la liberté, au printemps de 1778, il en profita pour aller rejoindre l'armée de Washington à White Plains, emmenant avec lui cette fois son frère Louis et son beau- père, Germain Pionne. Durant la bataille qui précéda la capitulation de lord Cornwallis à Yorkstown, le général Lafayette qui comman- dait l'aile de l'armée américaine où se trouvait le régiment du colonel Hazen, fit l'éloge de la belle conduite de ce corps. Clément Gosselin qui était à la tête de ea compagnie fut gravement blessé à cette bataille (1). Quand l'armée fut renvoyée en 1783, les Canadiens qui avaient servi, reçurent comme récompense des certificats qui leur donnaient droit & une certaine étendu de terre. Beaucoup vendirent ces certificats et préférèrent s'établir à New- York et à Albany. Dans cette première villo l'on trouve en 1785 l'abbé La Valinière qui avait été expulsé du Canada par le général Haldiinand à cause de ses sympathies pour les Américains et qui répondait alors aux besoins spirituels des Canadiens. La plupart des Canadiens toutefois, prirent des terres dans le Nord des Etats de New-York et du Vermont. En 1782, François Monty et son fils, Pierre Boileau , Char- les Cloutier, Antoine Lavou, Joseph Létourneau, Antoine Lambert, Pierre Aboir et autres, commencèrent des défri- chements à Beekmantown. La même année, Jacques Rouse s'établit sur le site de la ville de Rouse's Point. Quelques mois plus tard, Clément Gosselin, Jean Lafram- boise et Joseph Monty so fixèrent dans le town de Chazy,et Prisque Asselin commença des défrichements près de la rivière Corbeau. (i) Recherches llistorvjuts, vol. IV, page 6. 212 — Lore de l'organisation de Piattsburg en 1788, l'on voit figurer les noms de Jabez Petit, de Louis Lisette, constable, et de Clément Gosselin, chef du grand Jury. Le major Gosselin (car il avait reçu ce grade avant la fin de la guerre) se maria en (791 devant un juge de paix de Chazy, à Marie-Catherine Monty, mais quelques mois plus tard il faisait bénir son union à Saint-Hyacinthe par un prêtre. François Côté et Marie Lussier qui s'étaient également mariés devant un juge de paix, sur la baie Soradac le 8 avril 1791, firent aussi bénir leur mariage à Québec le 7 juillet 1793. Ces faits prouvent assez que ceux de ces colons qui avaient conservé la foi, ne reculaient pas devant les sacrifices pour se procurer les consolations de la religion. Ces robustes natures nauraiont guère compris ces chrétiens de nos jours qui prétendent croiro aux récompenses éternelles et n'ont pas le eourago de se passer d'un déjeuner pour les mériter ! Clément Gosselin mourut en 1816 et Jean Laframboise en 1819. Etienne Gaudinot, mentionné plus haut, était établi en 1793 à Niagara et lors de la guerre do 1812, il s enrôla dans l'arméo des Etats-Unis. 11 vivait encore vers 1881 avec ses enfants à Franklin, Ohio. Il prétendait être âgé de 122 ans. En 1840, le gouvernement des Etats-Unis fit faire le dé- nombrement de tous les vétérans de la guerre de l'indépen- dance auxquels il payait une pension. Voici les noms qui m'ont paru être ceux de Canadiens-français : John Lafterty, Daniel Carpenter et Samuel Maynard, du comté de Cattaragus ; Joseph Barron, du comté do Coyu- ga ; Fisk Durand, Pbinéas Chamberlain, du comté de Cha- tauque, Jesso Clout hier et Simon Leroy, de Cortland ; Jo- seph Durand,d'Elizabethtown j^Jean Giffard, de Northamp- ton ; Joseph Courier, de Hope, comté de Hamilton ; M. Digitized by (Cooole J — 213 — Contreman, d'Orléans ; Jean Blanchard, de Pitcher, comté de Chenaugo ; Lévi M. Roberts, Placide Monty, John Roberts et Adorinam Per rot, de Plattsburg ; John Monty et Nicolas Constuntine, de Beekmantown ; Amable Bilow, Mary Coarier, Bazile Nadeau, Daniel Beaumont, de Cham - plain ; Alexandre Feriale, Mary Lizotte, Francis Delong, Peter Robarge et Joseph Monty, de Chazy ; Joseph Mar- chant, de Floyd, et Annie Courier de Potsdam. Toutes ces localités sont dans l'Etat de New-York. Le Vermont comptait aussi un certain nombre de vété- rans canadiens : John Deveraux, de Kichmord ; Claude Monty, de Colchester ; Fre Duclous, de Sheldon ; Arthur Danovv, de Bershire ; Benjamin Hardy, d'irasburg ; Samuel Larabée, de Guilford et John Rosier de Belvidero. Ceux qui habitent ces localités peuvent nous dire ce que sont aujourd'hui le» descendants de ces premiori Canadiens des Etats-Unis. T. Saint-Pierre Le premier journal publié au Canada. — (VI, V, 715). — Je n hésite pas à croire que la Halifax Gazette a été lu premier journal publié dans les colonies auglaises de l'Amérique du Nord. Seulement, ce que l'on a tort d'affir- mer, c'cHtde faire de celte gazette la première publication canadienne. A l'époque où la Halifax Gazette parut.la Nouvelle-Ecosse n'était point province canadienne. Le Canada no compre- nait que les provinces de Québec et d'Ontario. On ne pourrait donc raisonnablement enlever à M. Guil- laume Brown, le fondateur de la Gazette de Québec en 1764 l'intiigno honneur d'avoir été le premier journaliste canadien. Que la Nouvelle-Ecosse revendique le premier journal qui ait été publié dans le nord de l'Amérique, c'est son droit,c'est déjà un légitime sujet d'orgueil pour elle. Noua nous con- Digitized by Google tentons, de notre côté, d'avoir produit, dans notre bonne ville de Québec, le premier journal canadien. Lee Néo-Ecossais— je puis bien confesser la chose sans malice — ont été assez longtemps 4 s'apercevoir que la pre- mière gazette publiée dans les colonies anglaises avait vu le jour chez eux. Ils l'ont ignoré jusqu'en 1883. A cette date, un journaliste du nom de Lawzon, en fouil- I ant dans la bibliothèque de la Société Historique du Mas- sachusetts, à Boston, a mis accidentellement la main sur un exemplaire de la fameuse Halifax Gazette. Sa curiosité fut vivement piquée, cela se conçoit. C'était, au reste, une fort belle trouvaille. Le numéro du journal que M. Lawzon avait sous les jeux était le premier par ordre de publication. II portait, à sa première page, la date du 23 mars 1752, avec le nom de son éditeur, M. John Bushnell, et l'indication des ateliers d'imprimerie, Graffton Street. L'éditeur de la Halifax Gazette ne paraît point— d'après la chronique — avoir fait dès le début do brillantes affaires. Les abonnés anglais du temps étaient aussi récalcitrants que bon nombre des nôtres. La Halifax Gazette se laissa vivre pendant quelques mois, puis ensuite traînant de l'aile, elle dut interrompre sa carrière pour un certain temps. On la ressuscita en 1760, mais pour choir quelques années après. La Gazette de Québec, fondée par Brown et Gilmore, a fourni une carrière autrement plus durable. Devenue après la mort de Brown, arrivée en 1789, la possession de la famille Neilson, celle-ci en garda la direction pendant soixante ans et ce n'est qu'en 1874 qu'elle passa de vie à trépas. Bealséjoir Une define canadienne. (IV, II, 417.) — " Nos ins- titutions, notre langue et nos lois," qu'on met au crédit do M. Perreault, paraissaient en tête du Canadien depuis trois ans à peu près, lorsque M. Perreault publia son livre. Benjamin Sulte. uigmz — 215 — Un duel de sir John- A. Macdonald, (V, I, 5G3.) — On a parlé à maintes reprises da duel de sir John- A. Macdonald avec le député W. IL Blake. Duel n'est pas le mot puisque toute l'affaire se borna à l'envoi d'un cartel. C'était pendant la session de 18-49. Le parlement siégeait #à Montréal. Sir L.-H. Lafontaine venait de proposer son fameux bill d'indemnité. On sait quel violent débat occasionna ce projet de loi. Au cours do la discussion sir Allan Me Nab s'élant servi,à l'égard de ses adversaires, de l'épithètede rebelles, M. Blake relova le mot et prétendit qu'il s'appliquait parfaitement aux torys, u On peut, disait il, être rebelle de deux manières, on peut être rebelle à son pays, et comme vous êtes rebelles à ses désirs les plus légitimes, vous êtes les vrais rebelles." Laissons Gérin-Lajoie raconter ce qui s'en suivit. " A ces mots prononcés avec une force dont il est impossi- ble de donner l'idée, les députés torys bondiront do rage. Les uns vociféraient, d'autres montraient le poing. Sir Allan McNab apostropha vivement M. Blake, et lui demanda de retirer ces paroles ou qu'il l'en tiendraitresponsable. — Jamais, s'écria M. Blake. " Alors la foule qui encombrait les galeries commença à s'agiter, les uns applaudissant, les autre sifflant ; bientôt des coups de poing et de bâton s'échangèrent au milieu d'un tumulte indescriptible. L'Orateur ordonna de faire évacuer les galeries, malgré l'opposition do certains députés, tandis que d'autres insistaient pour que cela se fit. Le sergent d'ar- mes se mit en frais d'exécuter l'ordre de l'orateur ; mais le ti- multe était à son comble .Les députés quittèrent leurs sièges, et les dames qui assistaient & la séance vinrent se réfugier dans l'enceinte des délibérations. Enfin, l'ordre s'exécuta ; peu à peu la foule sortit des galeries, et les vociférations ne se firent plus entendre que dans le* couloirs et le vestibule. La Chambre continua à siéger à huit clos. Le lendemain, M. Digitized by Google Blake reprit son discourt» où il l'avait laissé la veille, et con- tinua à accabler ses adversaires de sarcasmes et d'invectives. M. Robinson loi répondît avec modération, après quoi 3L Merritt fit, dans le sens ministériel, un discours plein delogi- q ne et de bon sens. Toot à coup, sans qu'il y eût le moindre tumulte, l'Orateur ordonna de faire évacuer les galeries, et la Chambre continua de siéger à huit Iclos. On apprit bien- tôt la raison de cette mesure. Un cartel avait été envoyé à M. Blake par John -A. Macdonald,et un duel allait avoir lieu, si la Chambre no s'interposait immédiatement. L'Orateur envoya le sergent d'armes avec la masse à la demeure de M. Blake et à celle de M. afacdonald, leur enjoignant de compa- raître immédiatement à leurs places. M. Macdonald com- parut et déclara qu'il serait à son siège à la séance suivante, et que dans l'intervalle aucune rencontre n'aurait lieu. M. Blake ne put être trouvé ce jour là, mais il fit son appari- tion peu de temps après, et l'affaire en resta là." R. JSorif/ine du nlf/ne $. (VI, Y, 718). — Tout signe n'a de puissance qu'autant qu'il est compris. Dès que l'idée le délaisse, il n'est plus qu'un signe arbitraire et devient aussi facilement objet d'erreur que de vérité. Rien donc de sur- prenant si l'origine du signe $. servant à désigner le dollar — qui n'est par lui même ni idéographique, ni phonétique — ait été si discutée. Dans le débat négatif qui s'est engagé à ce sujet, la vérité est encore à se montrer. Disons cependant que l'opinion la plus généralement admise aujourd'hui est que le signe du dollar, unité monétaire des Etats-Unis comme on sait, devrait 6on origine à l'entrclacoment des lettres "U. S." (United-Slates), dans lequel le jambage de l'U repré- senterait les deux barres verticales au milieu de l'S. Cette explication du signe $ par le monogramme des let- tres initiales du nom du pays de nos voisins est assez plau- aible ; mais le monogramme lui-même, quand a-t-on com- mencé à en faire usage pour représenter le tout-pubsant dollar. ? Voila ce qu'on ne dit pas. On serait vraiment tenté de croire que la logomachie à propos de l'origine de ce signe est à l'état latent, car, pas plus tard qu'il y a quelques mois, le Dr Marcus Baker, de Washington, E.-U., noua faiaait part d'une nouvelle théorie, dans le Boston Transcript. Voici cette théorie, je la donne pour ce qu'elle vaut ; à défaut d'autre mérite, elle a toujour b celui de nous assigner une date. Un jour que le Dr Baker faisait des recherches dans la bibliothèque du bureau de l'Education dans la capitale fédé- rale, son attention fut attirée sur un vieux bouquin ayant pour titre : " A Compendium of Federal Arithmetic, desi- gned for the use of schools, and specially calculated for the meridian of United-States," publié à Lansingburg, N. T., en 1797, par le révérend Chauncy Lee, de Butland, Vt. Le clergyman américain aurait donné dans ce livre un système de "characteristics" par lequel un trait vertical devait dési- gner lee mills, doux traits aussi vertioaux, les cents, et oes deux traits, traversé* par un autre trait en forme d'une S, les dimes. Pour dollars, il aurait proposé un signe con- sistant en deux traits verticaux traversé* par un double trait courbe. On devra remarquer que nos voisins, à l'époque où le révérend Xee publiait son arithmétique, venaient à peine d'abandonner le système des pounds, shillings et pences de leurs anciens maîtres. " Voilà pourquoi, dit le Dr Baker, il avait semblé nécessaire 4 M. Lee d'adopter un signe arbi- traire pour chacune des dénominations de notre nouveau système monétaire. Mais il s'aperçut bientôt, ajout et il, qu'un seul caractère, avec le point décimal, suffisait et, dans la dernière partie de son livre, il ne conserva de ton sys- tème de symboles que celui du dollar." Et le docteur atné- — 218 — ricain tire cette conclusion : que le signe S est absolument arbitraire, et que l'on doit en donner la paternité à son com- patriote, Chauncey Lee. What next ? J.-W. Miller Les chevaux au Canada. (I, VIII, 72.)— Notre poète lauréat Frechette, dans sa Légende dun peuple, fait marcher Hébert, le premier colon de Québec, derrière sa charrette chargée de foin et tralnéo par des chevaux : Le soir arrive enfin, mais les gerbes sont prête* ; On en charge à pleins l»rds les rustiques charrettes Dont l'essieu va ployant sous le noble fardeau ; Puis, presque recueilli, le front ruisselant d'eau, Pendant que, stupéfait, l'enfant de la savane Regarde défiler l'étrange caravane. Et s'étonne à l'aspect de ces apprêts nouveaux, Hébert, qui suit ému le pas de ses chevaux Rentre, pffrant a celui qui donne l'abondance La première moisson de la Nouvelle- France. Le premier cheval qui ait mis le pied sur le sol canadien fut débarqué à Québec le 25 juin 1647. La compagnie des Habitants l'avait acheté en France pour en faire cadeau au gouverneur, lo chevalier de Montmagny. Ce dernier ne s'en servit pas longtemps puisqu'il quitta le pays l'année sui- vante. Le 16 juillet 1665, on débarquait à Québec douze chevaux. u C'était, sans doute, nous dit sir James LeMoyne, des mon- tures pour le brillant état-major du grand marquis de Tracy, vicc-roi. " Nous croyons plutôt que le roi de France envoyait ces chevaux dans sa colonie pour faciliter aux colon s les travaux de l'agriculture. En 1665, les rues de Québeo devaient être encore trop escarpées pour permettre aux bra- ves militaires français d'y caracoler à leur aise. Les chevaux étaient entièrement inconnus aux Sauvages. On peut imaginer leur surprise en voyant [ces orignaux de Die France — c'est ainsi qu'ils les nommaient. Ce qu'ils admiraient le plus en eux c'était leur docilité. Ils ne pouvaient compren- dre comment leurs cavaliers pouvaient les faire marcher à leur fantaisie par un simple mouvement de la main. (Rela- tion, 1666, p. 25 ; Journal des Jésuites, 10 juillet 1665). " Sa Majesté a encore envoyé des chevaux, écrivait en 1667 la vénérable Marie de l'Incarnation, et nous a donné pour notre part deux belles juments et un cheval, tant pour la charrue que pour le charroi" (Lettres, p. 621). Trois années plus tard, en 1670, le roi envoya encore dans la Nouvelle-France un étalon et douze juments. Il les fit distribuer aux gentilshommes du pays qui s'occupaient le plus de la culture de la terre : l'étalon et deux juments à M. de Chambly, une jument à M. Talon, une à AL de Sorel, une à M. de Contrecœur, une à M. de Saint-Ours, une à M. de Varennes, deux à M. de la Chenaye, enfin la douzième à M. Le Ber. Le roi faisait ces sortes de dons aux particuliers aux con- ditions suivantes : ils devaient les nourrir pendant trois ans ; et si par leur faute, quelqu'un de ces animaux venait à mou- rir, celui a qui il avait été donné était obligé de payer au receveur du Eoi la somme de deux cents livres. Dans l'autre cas, il pouvait le rendre après les trois ans expirés, ainsi que les poulains qu'il aurait pu avoir ; mais avec charge au bout de trois ans, de donner au receveur de Sa Majesté un pou- lain d'un an pour chaque cheval, ou la somme de cent livres. 11 était pareillement ordonné que, lorsque ces poulains que le Koi faisait élever et nourrir seraient parvenus à leur troisième année, on les distribuerait à d'autres particuliers, et toujours anx mêmes conditions. (Fail Ion, Histoire de la colonie fran- çaise, III, p. 222). Ces conditions avantageuses pour les particuliers multi- plièrent tellement les chevaux dans la Nouvelle France que moins d'un demi-siècle plus tard l'intendant Baudot était — 220 — obligé de défendre aux habitants d'avoir plus de deux che- vaux ou cavales et un poulain. Cette sage mesure n'arrêla guère le mal puisque de nos jours encore on se plaint que les habitants gardent trop de chevaux. Sur les chevaux au Canada, voyez une très intéressante étude de M. Ernest Gagnon dans son ouvrage Le fort et le château Saint-Louis. ' P.-G. K. La mission tl'Qka. (VI, III, 707.)— D'après La Potherie, presqu'un contemporain, la mission de la Monta- gne et celle du Sault-au-RécoIlet furent fondées par M. de Belmont et à ses frais (jCor. Gén., VII, 205). Les sauvages Algonquins de M. d'Urfé n'arrivèrent pas à Sainte-Anne du bout de l'Ile en 1704, puisque ce mission- naire laissa cette paroisse en 1687 ; ils 7 furent établis très certainement avant cette année là. (Voir registre d' Urfi au presbytère de Lac hi no ; VEcho du cabinet de Lecture, 1866, p. 81). Parmi les sauvages de M. de Breslay à l'Ile aux Tourtes, on comptait non seulement des " NipisBings ", mais aussi des Algonquins. (Registres de SteAnne ; Répertoire du Clergé Canadien, 77). Les sauvages de l'Ile -aux-Tourtes venaient non pas du Sault-au-Récollet ou de la Montagne, mais " des terres ". (Registres de Ste Anne du 29 juillet et du 19 octobre 1705 ; Cor. Gén. XXII, 99, 242 ; Lake St-Louis, 163-172 ; Sup- plément, 19-20). Enfin, la mission de l'Ile -aux -Tourtes cessa d'exister en 1726 et non en 1721 (Archives de Québec, rapport de M. Langelier, 210 ; Cor. Gén. XLIX, 84 ; Registres de Ste- Anne). D.S. xi by Google La Société du feu de Québec (VI, III, 704.)— Sous le régime français, Je système en usage pour combat- tre les incendies était des plus primitifs. Il n'existait aucune organisation, aucun corps de pompiers. Cinq ordonnances furent rendues pour prévenir ou com- battre les incendies. Elles datent des 16 mai 1676, 21 mai 1721, 22 octobre 1726, 12 juillet 1734 et du 30 mai 1754. Ces différents règlements obligeaient les habitants à faire ramoner leurs cheminées ainsi qu'à entretenir des échelles pour monter sur les toits, et ils défendaient de faire du feu dans les cours. Lorsqu'un incendie éclatait, tous les habi- tants devaient so rendre sur les lieux avec une hache et un sceau. On prenait l'eau dans les puits ou à la rivière, lors- qu'on n'en était pas trop éloigné, et on faisait la chaîne. On jetait a terre les clôtures et tout ce qui aurait pu aider le feu à se propager. Si l'incendie nenacait do s'étendre aux maisons voisines, on abattait celles oi au moyen de haches et de crochets en fer qui servaient à arracher les toits, etc. Cependant l'ordonnance de 1734 institua un commence- ment d'organisation. Elle portait qu'un certain nombre de seaux, de haches, de pelles et de crochets en fer munis de chaînes ou de cordages, seraient placés à certains endroits désignés, dans les quatre quartiers de Québec. Cette mesure ne relevait pas cependant les habitants de l'obligation d'ap- porter chacun leur hache et leur seau. Des les premières années de la domination anglaise, le gouvernement s'occupa de cette importante question. Il nomma des surintendants.des ramoneurs de cheminées pour Québec, Montréal et Tiois-Rivières,et amenda les règlements existante. Les rapporte de ces surintendante sont devenus très précieux de nos jours parce qu'ils nous donnent une liste de toutes les personnes tenant feu et lieu dans ces villes ; ce sont de véritables almanacs des adresser. — 222 — En 1768, le conseil exécutif de 1a province rendit one or- donnance à ce »u jet et nomma un surintendant pour chica- ne des trois villes. Cette ordonnance fut amendée en 1790. Le premier surintendant à Québec fut John Franks. En 1799 un nommé Robert Naddau remplissait cette charge.et en 1830 je trouve le nom de John Grant comme surinten dant. Ce n'est que le 23 mars 1839 qu'une ordonnance du Con- seil spécial érigea la Société du Feu de Québec. Les lettres patentes constituant cette société portent la date du 13 avril suivant. Eu furent nommés membres : MM.Jeremiah Leny- craft, président, William Phillips, Charles Panet, Daniel McCallum, Pierre Pelletier, Laughlin Me Pberson, Henry Pemberton, Joseph Morin, Ebeneaer fiaird, John McLeod, Pierre Boisseau, Robert Cairns et Frederick Hacker, tous habitants et propriétaires de Québec. Une société semblable avait été créée à Montréal, ie 25 mars de lu même année. L'honorable George Moffet en fut le premier président. L'ordonnance du Conseil spécial, 2 Vict, chap, 30 amen- dait les deux actes précédemment nommés, relativement à la nomination d'un surintendant pour empêcher les acci- dents par le feu dans la ville et les faubourgs de Québec. Elle décrétait que les émoluments, honoraires etc, de cet offi- cier sciaient dorénavant versés à la nouvelle société, qui serait formée de treize habitants de la ville, propriétaire a ayant un revenu annuel d'au moins £25, avec un président et un secrétaire-trésorier qui serait nommé par la majorité dos membres. La société du feu devuil faire des règlements sujets à l'ap- probation dee juges de la cour du banc de la Reine. Elle avait le droit d'imposer des amendes pour contravention à ses règlements. On lui donnait le pouvoir de diviser la ville en quartiers ; chaque quartier devait avoir une pompe à ized by Gocjgle vapeur et un certain nombre de pompiers volontaires, n'ex- cédant pas cinquante pour chaque pompe, sous le comman- dement d'un capitaine. Chaque pompier devait s'engager pour l'espace d'un an et devait travailler sous peine d'amen- de. En cas de mort ou d'incapacité, les pompiers devaient être immédiatement remplacés. Ils n'étaient pas rémunérés pour leur service, mais ils étaient exempts de servir comme jurés, constables ou officiers de la paix ; ainsi que dans la milice, excepté en cas d'invation du pays. Ils s'affranchis- saient aussi de la corvée. lia société devait en outre former un corps de soixante pompiers sous la direction d'un capitaino ou de deux lieute- nants. Ce corpe devait assister à chaque feu et ses devoirs devaient être spécifiés dans les règlements do lu société. Les pompiers blessés ou malades pouvaient recevoir l'aide de la société. Les familles de ceux qui mouraient victime du devoir pouvaient retirer une indemnité. La société était aussi autorisée à récompenser les services rendus, au. moyen de médailles ou autrement Un fond était créé pour dé- frayer les dépenses de la société. Les quelques notes qui précèdent suffiront, je crois, pour donner une idée de l'organisation du temps. On était sans doute encore loin du perfectionnement apporté depuis dans les méthodes pour combattre les incendies ; mais c'était un commencement, et cette société, telle qu'organisée, a dû rendre de réels services à la vieille capitale. F.-J. Aupet — 224 — QUESTIONS 726. — Quelle est l'origine et la signification du mot Soo. nom que les Anglais donnent au Sault Sainte- Marie ? Bip. 727. — L'Autobiographie du célèbre père jésuite Chaamonoi a-t-elle été publiée ? Bibljo. 728. — Dans quelle partie de la Talléo de la Chaudière w trouvait l'ancien fort " Sartigan " ? L. H. 729. — Feu Rodolphe Tanguay, avocat, neveu de Xgr Cyprien Tanguay, avait mis en drame le roman de Joseph Marmette : L'intendant Bigot. Ce drame a-t il été publié ? A MAT. 730. — Quand le canal Chambly a t il été ouvert à la navi- gation ? Mas, 731. — Dans !e statut 45, chapitre XII, Georges III, je H* qu'à l'avenir " tout marin, pour obtenir une licence de pilote, devra avoir fait deux voyages ou plus en Europe ou aux /«/«." Qu'entendait on, au commencement du siècle, par ce ternie les Isles ? Mab/.v 732. — Quelle différence y avait il, autrefois, entre uo fief simple et un fief do dignité ? Avons-nous eu au Canada det nefs de cette dernière catégorie ? Ccbieix 733. — Peut on me donner une tinte dee eu de la parole de Sainte-Anne de la Pérade ? Parois. 734. — Quand st-on commencé les premiers travaux de creusage dans le fleuve Saint-Laurent, entre Qoébec tt Montréal ? Quelle profondeur avait le chenal lorsque ces travaux furent commencés ? Quelle est sa profoodoar actuelle ? Pu.. irri by Google BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL. 6 AOUT 1900 No. 8 SAINTE-LUC E DE RIMOUSKI La paroisse de Sainte-Luce doit son origine 4 Michel Dee- rotûers, fils d'Antoine Desrosiers, juge à Trois*Rivière6, et de Anne Le Neuf du Hérisson, fille du lieutenant-général de ce nom. Il vint se fixer, vers 181 K, à l'endroit appelé Vanse-au- lardy un raille 4 l'ouest du moulin à farine actuel. Puis un peu plu» tard.vinrent s'éparpiller successivement sur le bord du grand fleuve : Jean Volant de Champlain (petit-fils du côté maternol du célèbro explorateur du Miseissipi, Louis de Joliet), Pierre Drapeau, Jean Langlois, Côme Lavoie, Xilné* Gagnon, Ignace Lavoie, etc., autant de souches ayant laissé de nombreux rejetons. En 1823, la forêt avait reculé et avait fait place 4 des champs— pas bien considérables encore — mais d'un rende- ment merveilleux. La jeune colonie voyait s'augmenter dans des proportions encourageante le nombre de sa population. C'est alors que l'on commença 4 agiter la question de se détacher de la paroisse de Saint-Germain de Rimouski pour se constituer en paroisse. Ala demande qu'ils en firent se- condés en cela par leurs seigneur^sses en tête desquelles était madame Luoe.-G. Drapeau Casault, Mgr Panot, évêque de Québec, par décret en date du 28 août 1829, érigea canon i- quement " la seigneurie de Lessard et partie de celle de Lepage et Tibierge en cure et paroisse sous l'invocation de — 228 — sainte Lace (1), dont la féte,selon le martyrologe romain, se oétèbre le treize décembre " Pour ee conformer aux lois françaises en usage dans ce pays il fallait, pour donner une existence civile à la nouvelle paroisse, se pourvoir de Lettres Patentes de Sa Majesté. En conséquence, une requête fut présentée au gouverneur Sir James Kempt, mais ce ne fut que le 12 février 1835, sous l'administration de lord Aylmer, que la paroisse de Sainte- Luoe fut reconnue civilement. Le 2 janvier 1830, les nouveaux paroissiens ayant envoyé une requête à Mgr Panet demandant à Sa Grandeur " de bien vouloir leur accorder la permission de bâtir une église en pierre de 80 pieds français, en dedans " (rien que cela pour commencer), l'évêque de Québec délégua, le 3 novem- bre suivant, M. Edouard Faucher, curé de Trois-Pistole*, pour fixer l'emplacement de la future église, ce qu'il fit le 21 du mois suivant en plantant une petite croix pour mar- quer l'endroit que devait occuper le maître-autel, et cela pré- cisément au beau milieu de la Pointe aux-Coques. Pour des raisons sur lesquelles on me permettra de glisser . la bénédiction de la première pierre ne fut faite, par Mgr Signay, que le 27 juillet 1838, et l'église fut livrée au culte le 26 décembre 1840. Cette poignée d'habitants relativement pauvres venaient d'édifier une église considérée alors comme l'une des plus vastes de nos campagnes canadiennes ; en voici les dimen- sions principales : 80 pieds de longueur, intérieur, pour la nef, sur 44 de largeur, aussi intérieur ; hauteur des murs, 22 pieds. La sacristie, 28 pieds de largeur sur 35 de longueur, intérieur ; hauteur des murs, 14 pieds mesure française. On (i) Ce nom patronal fut donné pour perpétuer la mémoire de la pre- mière bienfaitrice de la nouvelle paroisse, dame Lute Drapeau-Casault, co seigneuresse, femme d'une haute intelligence et d'un grand sens pratique. Digitized by Google — 229 — voit que chez le Canadien la foi ne compte pas avec les sacri- fices. La paroisse de Sainte-Luce fut jusqu'en 1842, alternati- vement desservie par voie de mission, par M. Picard, curé de Rimouski, ce prêtre dévoué et infatigable qui a tant fait pour cette paroisse, et par ses vicaires, MM. Gabriel Nadeau etChs.-Ed. Bélanger. Ce dernier — celui-là même qui mourut d'épuisement et de misère dans les savanes de Stanfold, dans la nuit du 23 au 24 novembre 1845 — fit faire, pour la première fois, le 30 juillet de cette année 1842, la première communion aux enfants,au nombre de 70. Je dis enfants et je me trompe, car parmi les nouveaux communiants, l'on comptait de grands et robustes gare portant moustaches, et d'accortes fillettes qui n'attendaient le second sacrement de l'église que pour piquer de suite au septième. Quelques semaines plus tard, le premier vicaire de Rimous- ki, M. Nadeau, fut nommé curé de la nouvelle paroisse, charge qu'il conserva jusqu'à sa mort (14 février 1869). La desserte de la paroisse fut alors confiée à M. Tobie Thé- berge jusqu'au 5 mai suivant, date à laquelle M. Edouard Guilmet commença à exercer les fonctions curiales. Dans l'été de 1876, M. Guilmet ayant abandonné la cure de Sainte- Luce pour prendre la rédaction du Foyer des Familles, jour- nal publié à Ottawa, il eut pour successeur M. M. R. Bilo- deau. A l'inverse des citadins qui viennent chercher un regain de santé dans le voisinage immédiat des eaux salées de notre grand fleuve, M. Bilodeau, lui, voyait dépérir la sienne, et, après un séjour de trois mois, il se vit dans la nécessité d'a- bandonner la cure de la paroisse.où il fut remplacé par M. le chanoine J.-B. Blanchet, le ouré actuel. Coïncidence assez remarquable, l'église de Sainte-Luce fut commencée sous les auspices de M. Picard, ancien curé de Rimouski. Il appartenait à son neveu, M. Blanchet, de lui donner la dernière main, car, il faut le bien remarquer, cette Digitized by Google église n'a rien,abeolument rien,à envier aux autres églises du district de Quebec, non seulement quant à sa beauté et à la richesse do son ornementation, maie aussi parceque depuis le 19 juillet 1894, elle jouit du privilège d'être, de tout ce dis- trict, la quatrième église consacrée, l'église métropolitaine de Québec et celle, de Sainte-Anne de Beaupré et de Sainte- Anne de la Pocatière étant, si je ne me trompe, ses seules devancière*. On a dit souvent que les peuple* avaient, comme les indi- vidus de l'espèce humaine, leur jeunesse, leur virilité, leur décrépitude. En lisant le tableau qui suit du mouvement de la population de la paroisse île Sainte-Luce, on serait en droit de supposer que cette paroisse, qui compte 4 peine un siècle d'existence, est déjà entrée dans la période, sinon de la déoré- pitude, du moins de la décadence. Nous verrons dans un ins- tant la cause do cette déperdition de la population. Années Habitants 1851 1895 1861 2145 1871 1774 1881 1503 1891 1233 On voit par ce relevé, extrait de documents officiels, que c'est en 1861 que la paroisse de Sainte-Luce a atteint le maximum de sa population, et qu'à partir de cette année, cette population accuse une diminution constante. Cette diminution s'explique par plusieurs circonstances bien connues, dont la première sont les morcellements pério- diques auxquels cette paroisse a été on butte. Lors de l'é- rection canonique de la paroisse de Saint- Anaclet (10 marc 1858), Sainte-Luce contribua pour 3780 arpents de terre en superficie de son meilleur sol, et 3 à 400 do ses enfants dans la formation de la nouvelle paroisse. En 1869, toute une Digiti nouvelle paroisse, Saint- Donat, était formée encore à même Sainte-Luce. Cette dernière, qui comptait alors huit rangs, tous plus ou moins habités, n'en conserva plus que trois, et encore, de ceux oi, il n'y avait que celui du fleuve qui eut sa longueur originaire, les autres ayant été écourtés au profit de Saint-Anaclet. Enfin, en 1882, ce dernier rang était écourté à son tour de 26 arpents (1092 arpents en superficie) et annexé à la paroisse de Sainte-Anne de la Pointe au-Père. Une autre cause qui a fait diminuer la population de Sainte-Luce.c'est lo Ht!au de l'émigration. Restreint autrefois à quelques comtés du district de Montréal et de celui de Trois - Rivières, ce fléau a gagné le vieux district de Québec, et la paroisse de Sainte-Luce, elle aussi, a dû subir son œuvre dévastatrice. Chaque année, depuis surtout que les commu- nications par eau et par terre sont devenues si faciles, grand nombre de ses enfants, bercés du fol espoir d'arriver vite à la fortune et éblouis par la perspective d'un avenir chiméri- que, abandonnent le sol natal, pour la grande République. Ce mouvement si fatal à la nationalité canadienne se con- tinue ici comme ailleurs dans des proportions vraiment alar- mantes. Cependant combien de ceux qui ont quitté le soin de la terre, la culture des champs, occupations si honorables et si indépendantes,pour aller vivre dans les manufactures ou dans les écuries des Yankees,, combien y en a-t-il qui l'ont acquise cette fortune tant convoitée ? sur cent peut-on en citer un seul ? ... J.-W. Miller — 232 — fcIBUrXiBAFHI£ DE LA POESIE FRA5CO- f AXADIEXXE pc.qw de C. Ltrrens, eéc* La M.«ia£*c — I?75l ±2 pp, J> C**/r« U 11 &iu S*a!-P**L S«cc*ie édls'oa. bee : C Darreaa, ïmpr.ttT da O.ngrea. é2. csoeL» *o* tA*fte— 1*52- 42 pp. ia-ê. Baillaje>,e, J<—EUjw„ <&r l'air da w Co«roe«*a«: da Bot. ~ S. L a. d. Baillai*/**. Xaceice. — Dermeri ai«tr Gr<&zuïït- C/aébee, typogrsphk de C. Daraau, g. rue de La Mct^^t* — 1*75. 7S pp BEcrcHEais.NEaÉE. — Ltt ior&tont tnattUn^et. Tn>* Kirier**, Viewr Ayatte, éditeur— itDCCCXCTIL 2U pp.. in- 8. BiLA*<#EB, J.-A — Met tert. Ontaona», A. Bureau, impri- meur, rue Sparks — 18*2. 217 x T pp., in- S. Benoit, Samcel.— La Ckarlcïad* ou Le Menteur démar- qué. Poème béroi^somique. Québec, imprimé su Dorera de Y Editent— 1&72. XXII x 39 pp. in 8. Bl B A c D, M I c HE L . — E pit ret, tatiret, chantons, ipigramwet. et autres piicet de vert. Montréal, imprimées par Ludger paremny, i l'imprimerie de La Minerve— 1830. 178 pp., in 12 (2). Brault, Eugèhe. — Ami* it. Imprimerie et librairie fran- çaise et anglaise, Wooneocket, R L, E. U.— 1899. 60 pp. io-12. Caocette, J.-B. — Let Voix intimes. Premières poésies. Avec une préface de Benjamin Suite, membre de la Société (I) La présente liste est nécessairement incomplète. Nous serions recon- naiMantt à cens qui, par leurs renseignements, nous permettraient de la compléter. (a) Premier livre de poésies canadiennes. ■ i Google 233 — Royale du Canada,etc. Québec, imprimerie de L.-J. Deniers & frère, 30, rue de la Fabrique, 30—1892. 310 pp., in-8. Càsoraw, L'abbé H.-R. — A ma sœur Rosalie. Epitre en vers. 1860. Les Miettes. Distractions poétiques. Edition intime à 50 exemplaires. Québec, ateliers typographiques de P.-G. De- liale, 1, Port Dauphin — 1869. 69 pp.in-8. Casseqrain^ Arthur.— La Grand-Tronciade ou Itiné- raire de Québec à la Riviire-dwLoup. Poème badin. Ottawa, G.E. Deebamts,imprimeur.éditeur— 1866. VIÏ.96 pp. in-12. Chapjian, William. — Les Québecquoises. Québec, typo- graphie de C. Darveau, 82, rue de la Montagne — 1876-224 pp. in-8. Les Feuilles d'érables. Poésies canadiennes. Montréal, typographie Gebhardt-Berthiaume, 30, rue St-Gabriel — 1890. 242 pp. in- 12 carré. A propos de la guerre hispano-américaine. Québec, Léger Brousseau, éditeur — 1898. 16 pp. in-4. Ciiauvkaij, P.-J.-O. — Souvenirs et légendes. Conférence faite à l'Institut Canadien de Québec. Québec, imprimerie A. Côté et cie. 1877. 37 pp. in-4. Le Dies Irae. Traduction en vers français avec le texte en regard, suivie d'une notice sur cette séquence célèbre et sur les traductions qui en ont été faites en diverses langues. Se vend au profit de la souscription pour la construction d'une chapelle du Sacré-Cœur à lu Basilique de N-D. de Qué - bec. Montréal, bureau des" Nouvelles Soirées Canadiennes." 1887. 14 pp. in-8. Chkvrier, M. de. — L'Acadiade ou Prouesses anglaises en Acadie, Canada. Poème comi-héroique en quatre chants, Cassel— 1758, Petit in-8. Chkvrier, Rodolphe. — Tendres choses. Poésies cana- diennes. Montréal, J.-P. Bédard, Imp.-éditeur, 170, rue Su Laurent— 1892. 205 pp., in-16. Digitized by Google — ra Cxxjcaz;*, Octave, — Le drapeau de Cari '.le,*. Homnage * MJL lea abonnés da Jomal >U Quite:. 1er de I an 185*. S pp., in 8. Horr-Tf-aye aux abcuhU dm - Journal de Q*ébi>:.~ 1er de I an 1860. 6 pp. in *. Caste friar do, convenir da 1er de l'an N' I. A MM. le» abonnés do Journal de Québec. 4 pp. id-?. Oevrrei complètes, publiée* sou» le patronage de l'Institut Canadien de Québec. Montréal, Beaucbemin A Valois, librai- res-imprimé nr« r 256 et 258, roe Saint-PauL 15*2. 544 ppin-S. Cithbeet. Uo^a.—L' Aréopage. Athènes tu as vécu,Rome tu van périr ! L'école canadienne dissipe son souvenir. Qué- bec, printed by John Xeilson, Mountain street. 1803. 13 pp. in -S. DEjfAi-LT. Amédée.— Luevrs d'aurore f Ebauche* de poé- sie) 1886-1-92. Avec un portrait à l'héliogravure. Maison de la bonne prose, 33, rue St-GabrieL Montréal — l 8 1*4. 1»4 pp. in -12. Dknih, L'abbé. — Mort de Francoiz-Xavier Milton, élève du collège de Montréal en 1852. Montréal, imprimé an bu» reau de La Minerve, 10, rue St-Vincent — 1857. 8 pp., in-8. Des* ai î.NiKKs. GfNZALVE . — L'absolution avant la ba- taille. I>^dié aux brave» de la Butte aux-Fran^ais. Montréal, imprimerie de U Etendard. 37, rue St- Jacques — 1886. 16 pp. in- 12. Duhamel, Jacoj/E!*. — Acoubar, ou La loyauté trahie. Tra- gédie tirée des amours de Piston et de Fortunie en leur voyage de Canada, avec des chœurs, dédiée à Philippe Des- porte*, abbé de ïyron— 1586. Acoubar, tragédie, tirée des amours de Pistion et Fortunie, en leur voyage de Canada. Rouen, Raphaël du Petit- Val — 1603. 71 pp pp., in- 12. Acoubar, tragédie, tirée des amours de Pistion et Fortu- nie, en leur voyage de Canada. Rouen, Raphaël du Petit- Val-1611.inl2. uigmzea Dy vjuu EtantureLjEudorb. — Premières Poésies. 1876-1878.Avec une préface de Joseph Marmette. Québec, Augustin Côté et de— 1878. XVI x 204 pp., in 16. Premières poésies. 1876-1878. Avec une préface de Joseph Marmette. Deuxième édition. Québec, Augustin Côté et oie. 1878. XVI x 204 pp. in-16. Premières poésies. 1876-1878. Troisième édition. Québec, imprimé par J. Dussault— 1888. 109 pages in-16. Feioe, L'abbé L.—Marcella, épisode dramatique. Hom- mage au " Cercle Vil le -Marie." Montréal, Eusèbe Senécal & fils, imprimeurs éditeurs, 20, rue Saint- Vincent, 1887. 15 pp in-8. Ferland, Albert. — Mélodies poétiques. Montréal, Pierre J. Bédard, imprimeur-relieur, no 1588, rue Notre-Dame, 1893. 143 pp. in-12. Femmes rêvées. Pour lire à la femme aimée. Préface de M. Louis Fréchette, lauréat de l'Académie françaire. illus- trations de Geo. Del fosse. Gravures de A. Morissette. Mon- tréal, choz l'auteur. MDCCCXCIX. Imprimé par Wilfrid Boucher, 828 rue Berri, Montréal, 52 pp. in-8. Fisbt, L.-J.-C. Les voix du passé. Vers dédiés à L.-G. Baillairgé, écuyer, président de la société St Jean -Baptiste, 24 juin 1858. 4 pp. in 8. S. 1. n. d. Jude et Grazia ou les malheurs de Immigration canadienne. Poème dédié à ses amis. Québec, imprimerie de Broussoau et frères, no. 7, rue Buade, 1861. 41 pp., in-4. Fréchette, Louis. — Mes loisirs. Poésies. Québec, typo- graphie de Léger Brousseau, rue Buade. 1863. 203 pp., in-12. La voix d'un exilé. Poésies politiques. 56 pp., in-18. S. 1. n. d. (1). Pêle-mêle, fantaisies et souvenirs poétiques. Montréal, Compagnie d'impression et de publication Lovell, 1877. 274 pp., in-12 carré. (l) Publiée à Chicago en 186S. Les fleur$ boréàles. Les oiseaux de neige. Poésies cana- diennes. Québec, C. Darveau, 1879. 268 pp., in- 12. Les fleurs boréales. Les oiseaux de neige Poésies canadien- nes couronnées par l'Académie française. Paris, E. Bou- veyre, éditeur, 1, rue des Saint s- Pères ; Em. Terquem, édi- teur, boulevard St-Martin, 15 MDCCCLXXXI. 265 pp., in-12. La légende d'un peuple. Poésies canadiennes. Avec une préface de Jules Claretie. Paris, à la librairie illustrée, 7, rue du Croissant, 1887. Tous droits réservés. 347 pp., in-8. La légende d'un peuple. Poésies canadiennes. Avec une préface de Jules Claretie. Edition corrigée, revue et aug- mentée. Québec, C. Darveau, imprimeur-éditeur, 82 à 84, rue de La Montagne. 1890. Tous droits réservés, 365 pp., in-12. La légende d'un peuple. Poésies canadiennes. Avec une préface de Jules Claretie. Edition corrigée, revue et augmen- tée. Québec, C. Darveau, imprimeur-éditeur, 82 à 84, rue de la Montagne— 1897. Jean- Baptiste de La Salle, fondateur des écoles chrétien- nes. Poème lyrique. Montréal,50, rue Cotté, 18S9. 60 pp. in-8. Feuilles volantes. Poésies canadiennes. Montréal.Granger «S: frères, éditeurs, 1891. 208 pp., in-8 carré. A Sa Majesté Victoria 1ère, reine arveau, 1891. 292 pp. in-12. LS8CARBOT, Marc. Adieu à la France. La Rochelle. 1606. Les muses de la Nouvelle- France. A Monseigneur le chan- celier. Avia Pieridura peragro loca nulliuis ante Trita solo. A Paris, ohez Jean Mi Ilot, sur les degrés de la Grand'salle du Palais. M. DC. IX. Avec privilège du Roy. 66pp. in 8. Les muses de la Nouvelle- France. A Monseigneur le chan- celier. Avia Pieridum peragro loca nuliius ante Trita solo. A Paris, chez Jean Millot, devant S. Barthélémy, aux trois coron dos. Et en sa boutique sur les degrez de la grand'salle du Palais. M. D. C. XII. Avec privilègo du Roi. 84 pp. in-8. Les muses de la Nouvelle- France. A Monseigneur le chan- celier. Avia Pieridum peragro loca nuliius anle Trita polo. A Paria, chez Jean Millot, devant S. Barthélémy, aux trois Coronnes. Et en sa boutique sur les degrez de la grand'- salle du Palais. M. DC. XII. Avec privilègo du Roy. 84 pp. in-8 (1). Lorrain, Léon— Les fleurs poétiques. Simples bluettes. Immortelles et pensées, roses et marguerites. Violettes et pivoines, poésies diverses. Montréal, C.-O. Beauchomin & Fils, libraires-imprimeurs, 256 et 258, rue Saint-Paul, 1890. 183 pp. in-8. Marchand, L'abbé Etienne.— Les troubles de Viglise du Canada en 1728, poème héroï-comique composé à l'occasion des funérailles de Mgr de Saint- Vallier. Lévis, Bulletin des Recherches Historiques, 1897. 20 pp. in 8. Marchand, F.«(t. — Un bonheur en attire un autre. Comé- die en un acte et en vers. Montréal, imprimerie de la Ga- 2etts, 18&3. Représentation et reproduction réservées. 50 pp. in-8. (i) Réimpression de Tross, i860- uigiti — 239 — Les faux-brillantSy comédie en cinq actes et en vers. Mon- tréal, Prendergast & Cie, éditeurs, 37, rue St- Jacques, 1885. Représentation et reproduction réservées. 107 pp. in- 8. Marmontel. — Le Huron, Comédie en deux actes et en vers, meslée d'ariettes, représentée pour la première fois par les comédiens italiens du Roi, le 20 août 1768. Paris, Mer- lin, 1770. 48 pp. in-8. Marsais, A. — Romances et cïiansons. Québec : J. & 0. Oémaxie, libraires éditeurs, 12, rue de la Fabrique, 1854. 52 pp. in-32. La loi du Maine ou de tempérance aux Etats- Unis. En vente chez les principaux libraires de Montréal et de Qué- bec, 1855. 12 pp. in- 12. Marsilb, M.-J. — Epines et fleurs ou Passe-temps poéti- ques. Bourbonnais, Grove, Ills. Journal du collège Saint- Viateur, 1889. 137 pp. in-8. Liola ou légende indienne. Montréal, imprimerio de l'ins- titution des Sourds-Muets, Mile-End, P.Q., 1893. 96 pp. in-12. Martinbau, L'abbé Y.— Une voix d 'outre-tombe. Poésies. Avec portrait. Montréal, imprimerie de John Lovell & Fils, 1888. 210 pp. in-8. Nantf.l, L'abbé A. — Les fleurs de la poésie canadienne, Montréal, C.-O. Beauchemin & Valois, libraires-imprimeurs, rue StvPaul, 237 ot 239, 1869. 134 pp. in-12. Les fleurs de la poésie canadienne. Deuxième édition aug- mentée et précédée d'une préface. Montréal, C.-O. Beauche- min & Fils, libraires imprimeurs, 256 et 258, rue Saint-Paul, 1896. 255 pp. in-8. Narbonne-Lara, M. de.— Esquisses poétiques. Montréal (Canada), Eusèbe Sénécal, imprimeur, rue Saint- Vincent, 6, 8 et 10-1875 255 pp. in-8. Paradis, Pierre-Paul.— Waterloo. Essais poétiques. Chi- coutimi, imprimerie du Progrès dn Sagucnay, 1893. 8pp. in-8. La fin du Monde. Chicoutimi, imprimerie Progrès du Saguenay, 1895. 22 pp. in-8. i Digitized by Google — 240 — Les funérailles de V amour. J.-L.« Arthur Godbout, éditeur, Chioontimi, imprimerie du Progrès du Saguenay, 1897. 27 pp. in 8. Prendbrqast, James-E.-P. — Soir d'automne. Québec, P.- G. Delisle, imprimeur, 1881. 24 pp. in-8. Pois80N,Adolphe. — Le prince impérial. 6 pp. in-8. S. 1. n.d. Chants canadiens à l'occasion du 24 juin 1880. Québec, imprimé par P.-G. Delisle, 1880. 78 pp. in-16. Heures perdues. Poésies. Québec, imprimerie générale A. Côté et cie. 1894. 257 pp. in-12. Meures perdues. Poésies. Deuxième édition. Québec,impri- merie général A. Côté et cie, 1895. 256 pp. in-12. Poitras, J.-W. — Refrains de jeunesse. Poésies canadien- nes. Aveo une préface de Louis Fréchette, lauréat de l'A- cadémie française. Montréal : La maison de la bonne presse, 31, 33 et 35, St-Gabriel, 1894. 190 pp., in-12. Routiuer, A.-B. - Les ichos. Québec, 1882.287 pp. in-12. Saffray, Madame la marquise de.— Aux Français du Canada. Sempé, Edouard. — Cantate en r honneur de Son Altesse Royale le Prince de Galles à l'occasion de son voyage au Canada. Montréal : imprimerie de Louis Perrault et com- pagnie, 1860. 8 pp. in-8. Stevens, Paul. — Fables. Montréal : à vendre chez Jean- Baptiste Rolland, libraire, no 8, rue St Vincent, 1857. De l'imprimerie de John Lovell, rue St-Nicholas. 124 pp. in-8. Sulte, Benjamin.— Les Laurentiennes. Poésies. Montréal, 1870. 208 pp. in-1 6. Chants nouveaux, Ottawa, imprimerie du journal Le Canada, coin des rues Sussex et Murray. 1880. 68 pp. in-16. Taché, Louis-H. — La poésie française au Canada. Précé- dée d'un article de revue historique sur la littérature cana- dienne-française— St-Hyacinthe imprimerie du Courrier de St-Hyacinthe, 1881. 288 pp. in-8. Digitized bvj^ j Thibault, Madams Duval. — Fleurs du printemps. Avec line préface de Benjamin Suite. Fall River, (Mas.) E. 17., Société do publication de l'Indépendant, éditeur, 49, rue Bedford, 1892. XI, 246 pp. in- 16. Thomas, Antoine-Léonard. — La mort de Jumonville. Thomas,Locis. — Epitre à Son Altesse Royale le Prince de Galles. 1860. 40 pp. in-8. Tremblât, Rémi. — Caprices poétiques et chansons satiri- ques. Montréal, A. Filiatreault & cie, imprimeurs, rue Ste- Thérèse, no 8 1883. 311 in-12. Coups d'aile et coups de bec. Poésies diverses. Montréal, imprimerie Gebhardt-Berthiaume, 30, rue St-Gabriel — 1888 pp, in-12. Boutades et rêveries. Poésies diverges. Fall-River, Mass., Société de Pub. de l'Indépendant, éditeur. 1893. 320 pp. in- 12 carré. Anonymes. — La carabinade ou combat entre les carabins et les chérubins (poème héroï-comique par un chérubin) Montréal, Les chérubins, imprimeurs-éditeurs, rue XXX, 1871. V 1-6 pp- in 8. La littérature canadienne de 1850 à 1860. Publiée par la direction du Foyer Canadien. Tome II. Québec, G. et G. E, Deebarats, imprimeurs-éditeurs, coin dee rues Sainte-Anne et des Jardins, 1864. 389 pp. in-12. (1). Légende des enfants. Du ciel à la terre. 8 pp.in-8. S. l.n. d. Le Pape et le Précieux Sang. Par une religieuse du mo- nastère du Précieux-Sang St-Hyacinthe, 16 juin 1875. 17 pp. in 8. Souvenir de la distribution des prix à V Académie St- Denis. Année 1867-68. 4 pp. in-8. S. 1. n. d. Souvenir de la première communion. La veille, le jour, le lendemain. Québec, C. Darveau, imprimeur éditeur, no 8t rue de la Montagne. 1868. 1 1 pp. in-12, P,G. R. (I) Le tome I ne contient aucune poésie. — 242 — « HISTOIRE DE NOTRE-DAME DE BONSECOURS A MONTRÉAL" Un jeune prêtre, M. Leleu, arrivé dernièrement ear nos places, avec les beaux talents d'une intelligence cultivée, chanto les gloires de Marie !... Et remarquez, ce n'est pas la dévotion familière à tous qu'il célèbre, ce serait déjà bien ; sa préface démontre qu'il le peut faire avec compétence ; mais c'est notre amour, à nous Canadiens de Ville-Marie pour notre patronne qu'il chante. Il a écrit pour la glorification d'un sanctuaire vénéré, auquel se rattachent les anciens et précieux souvenirs de notre ville. Oh ! que j'aime à recueillir les éloges de cette plume poétique, dans toute la fraîcheur de sa jeunesse littéraire pour ce type héroïque de la vénéra- ble Mère Bourgeois, fondatrice de ce vieux temple ! L'his- toire de sa vie prodigieuse de dévouement, comme du reste celle des fondatrices do toutes nos communautés, il faut le dire, n'est pas assez répandue. Sans doute, ceux qui repas» Bent un peu attentivement les premières pages de notre his- toire so rappellent les noms de la célèbre Marie de l'Incar- nation, de Mme de la Pelletrie, de Mlle Mance, etc., etc., mais c'est curieux de voir leur application à ne citer ces noms que le moins possible. Il semble même parfois qu'on vous trouve importun, troublant, que sais-je ? exagéré, quand vous redites ces noms illustres de notre berceau. Vous voyez de suite la frayeur d'amoindrissement de certains beaux types d'outro-mer. Il ne s'agit certes pas de cola, mais bien de mettre dans lour jour exact nos fumeux personnages d'an tan. Ils ont été saints, héroïques, et leur gloire doit être prônée avec d'autant plus de soin qu'il y a plus de négli- gence à en apprécier la valeur réelle. M. l'abbé Leleu a accompli cette tâcho«danB son joli livre de Notre-Dame de Bonsecours, et les pages délicieuses qui le composent ont été écrites par un jeune prêtre nouvellement arrivé de France. Digitized by Google J'en fais une seconde fois la remarque, parc*} que nous ne sommes guère habitués à voir un étranger apprécier juste en mettant le pied sur notre sol. Plus d'un aborde ici avec dos idées fixes, ne se donne jamais la peine d'étudier les gloires de nos origines. Quand les circonstances les y forceront, un petit éloge tombera de leurs lèvres, et c'est tout. Vous sen- tez qu'ils n'ont qu'une supériorité à proclamer ; pourtant, personne ne songe à l'amoindrir. Du reste, nous savons tous que nous avons tout reçu du vieux sol de France, et les fleurs de vertu qui ont épanoui sur les rives de noire beau fleuve ont été arrosées par des mains françaises. C'est donc pour nous un mérite spécial de ce jeune et brillant auteur d'avoir su reconnaître et proclamer la gloire de la vénérable Mère Bourgeois, et de ne pas hésiter à continuer une œuvre litté- raire toute à l'honneur de la Mère de Dieu et de la patrie. Bien d'étonnant quo des écrivains, véritable gloire de notre écrin littéraire, tels que MM. l'abbé Uasgrain, Benjamin Suite, notre poète lauréat Fréchette, se soient empressés de saluer l'apparition de ce beau livre. Il a été écrit en un style charmant, soutenu. Les pages sont inspirées de documents historiques, irréfutables, toutes imprégnées du parfum de piété de la vénérable Mère Bourgeois. Nous n'avons qu'un souhait à exprimer. Puisse ce livre attachant se répandre partout dans le pays, et même au loin ! Là, beaucoup de gens liront des détails qu'ils n'au- raient jamais dû ignorer, ot les étrangers reconnaîtront l'hé- roïque dévouement de ces femmes célèbres, qui ont fait de notre sol canadien un coin de terre digne d'études plus approfondies et d'admiration bien méritée ! CnARLKS-P. Bkaubikn, Ptre. REPONSES Les juges tie Troùt-Rivières, (VI, IV, 710.)— Le district judiciaire de Trois- Rivières fat érigé par la procla- mation du 12 avril 1790, qui créait en même temps la cour de* plaidoyers communs. Quelques notes eur l'administration de la justice dans la province, antérieurement à la création de ce dis tri et, ne seront pas hors de propos. Aussitôt après la capitulation de Montréal, la province fut mise sous la loi martiale et fut divisée en trois gouver- nements. Les gouverneurs se réservèrent tout d'abord l'administration de la justice. Un peu plus tard des officiers de l'armée anglaise participèrent & cette administration en qualité de juges de paix. " Los Canadiens repoussèrent ces juges éperonnés, dit Garneau, et ils firent régler leurs diffé- rents par le curé et les notables du lieu, dont l'influence augmenta ainsi dans chaque paroisse. Par un heureux effet des circonstances, le peuple et le clergé se trouvèrent unis d'intérêts et de sentiments, et sous le règne de l'épée, l'ex- pression de la morale évangélique devint la loi de chacun." En 1764 eut lieu l'établissement du gouvernement civil et la division de la province en deux districts. Comme le nombre de protestants capables de remplir les fonctions de magistrats à Trois-Rivières était très limité, les juges de paix de Montréal et de Québec furent chargés d'al- ler tenir les sessions trimestrielles de cette ville. Toute l'ancienne administration de la province fut en même temps refondue. On établit une cour supérieure, civile et criminelle, sous le nom de " cour du banc du roi " et une cour inférieure, dite " cour des plaids ou plaidoyers communs," toutes deux réglées sur celles do l'Angleterre et tenues de rendre leurs décisions conformément aux lois anglaises, excepté dans les causes pendantes entre Canadiens uiy — 245 — et commencées avant le 1er octobre 1764. Lee juges étaient nommés par la majorité du conseil du gouverneur et confir- més par l'Angleterre. Le conseil devait servir lui-même de cour d'appel sous la révision du conseil privé du roi (1). L'acte de Québec, 1774, rétablit les lois civiles françaises et confirma les lois criminelles anglaises. Les tribunaux ne paraissent pas avoir ebangé. En 1787, Carleton, ayant fait une enquête sur l'adminis- tration de la justice, découvrit une foule d'abus. Ce fut à la suite de cette enquête qu'eut lieu l'érection du district de Trois-Rivières. Los premiers juges de la cour des plaidoyers communs de Trois-Rivières furent messieurs Adam Mabane, Thomas Dunn, John Fraser, Ilertel de Rouville et Pierre Panet. Ils furent nommés par commission en date du 1er juillet 1790. Une nouvelle constitution fut octroyée au Canada en 1791. La province de Québec fut divisée en deux parties : le Bas Canada et le Haut Canada, ayant chacune leur gou- vernement. Le 12 janvier 1792, une nouvelle commission nommait les messieurs suivants : John Fraser, Thomas Dunn, Hertel de Rouville et Jenkin Williams. Une troisième commission, datée le 28 janvier 1794, con- tenait les noms de MM. Jean- Antoine Panet, Pierre- Amable De Bonne et James "Walker. Leur juridiction s'étendait aux trois districts do la province. Cependant la population ainsi que le commerce de ce dis- trict augmentait et par conséquent le nombre des procès civils et criminels. Il était devenu nécessaire de réorgani- ser les tribunaux. C'est ce que .fit le statut provincial 34 George III chap. 6., qui créait la cour du banc du roi du dis- trict de Trois-Rivières. Cette cour était tenue par deux juges de la cour du banc du roi des districts do Québec et de (I) Garneau Histoire du Canada. uigm ed by Google — 246 — Montréal auxquels on adjoignit le juge de la cour provin- ciale du district de Ïroia-Rivières, laquelle était créée par le même statut. La cour provinciale exista jusqu'à la fin de Tannée 1830. Voici la liste des juges de cette cour et la date de leur nomination. Deschéneaux, Pierre-Louis, 18 déc. 1794 ; Faucher, Louis- Charles, 1er janv. 1803 ; 8édard,Pierre,l 1 déc. 1912; Uniac- ke, Norman-Fitzgerald, (1) 24 mai 1827; Bédard, Pier- re, (2) 11 oct. 1827 ; Fletcher, John, (3) 6 juin 1828 ; Bé- dard, Pierre, 2 oct. 1828 ; Vallières de St-Réal, Joseph- Rémy, 13 mai 1829. Par le chap. 22, 10-11 George IV, la cour provinciale fut abolie et le juge provincial fut élevé au rang de juge de la cour du banc du roi, résidant à Trois- Rivières, et mis sur le même pied que ses collègues de Montréal et de Québec. Le juge Vallièree reçut donc une nouvelle commission. Voici la liste des juges résidents. Vallières de St Réal, Joseph- Rémy 10 déc. 1830 ; Gale, Samuel (4), 28 déc. 1835 ; Rolland, Jean-Roch (5), 13 fév. 1836 ; Rolland, Jean- Roc h (6), juge assistant, 28 déc. 1838 ; Gale, Samuel (7), juge assistant, 27 mai 1839 ; Vallières de St Réal, Jos.- Rémy (8), 8 août 1840 ; Mondelet, Dominique, 1er juin 1842. Le juge Vallières fut suspendu de ses fonctions par Col- borne, pour avoir rendu, durant les troubles de 1837-38,un jugement en faveur des détenus politiques qui demandaient des brefs d'habeas corpus. Il soutenait que le statut de la (1) Durant la maladie de Pierre Bébard. (2) Nouvelle commission. (3) Durant la maladie de Pierre Bédard. (4) Durant la maladie de Vallières. (5) Di«o. (6) Durant la suspension de Vallières. 17) Ditto. (8) Promu juge en chef de Montréal, le 1er juin 1842. 21e année de Charles II était loi en Canada ; bien que nous eussions une ordonnance spéciale, celle du conseil législatif de la province de Qaébec, 1784 ; et que l'ordonnance du gouverneur et du conseil spécial du 8 novembre 1838 était nulle comme étant contraire à un statut impérial (1), La cour supérieure du Bas-Canada fut créée par le chapi- tre 38, 12 Viétoria. Voici quels ont été les juges de cette cour depuis 1 850. Mondelet, Dominique, 1er jan. 1850 ; Polette, Antoine (2) 3 mars 1863 ; Bourgeois, Jean Baptiste, 15 nov. 1880. F.-J. Audet Les chapelain* secrets d'honneur de Sa Sain- teté. (V, VI, 629)—" Le Souverain Pontife a, pour l'as- sister dans les diverses fonctions ecclésiastiques, des prélat** ou des chapelains. Si ces cérémonies sont publiques, les auditeurs de Rote, qui sont reconnus comme chapelains per- pétuels du Pape, en exercent les fonctions ; si, au contraire, le Pape dit la sainte messe, ou fait une fonction dans sa cha- pelle privée, l'honneur de l'assister appartient alors aux cha- pelains secrets. " Le chapelain secret dit la messe d'action de grâces après celle du Souverain Pontife, l'aide au dépouillement de sa correspondance, des journaux, etc, fait ses commissions per- sonnelles. " Les chapelains secrets ont le titre de Monseigneur et les mêmes vêtements que les camériers secrets, portant comme eux en cérémonie la cappa rouge. Leur fonction cesse avec le pontificat. " Les chapelains secrets d'honneur ont les mêmes vête- ments que les chapelains secrets et le titre de Monseigneur. " De même qu'il y a des camériers d'honneur extra urbem, de même il y a des chapelains secrets d'honneur extra urbem. (1) Bibaud, Panthéon ianadien. (2) Se retira le 1er sept. l88ffet mourut le 6 janvier 1887. — 248 — Les ecclésiastiques qui ont reçu cette nomination aéraient appelés, si le Pape quittait Borne et arrivait au lieu où ils se trouvent, à lui rendre les services et exercer les fonctions des chapelains secrets à Rome. Ils ont droit, mais hors de Borne seulement, au titre de Monseigneur et au môme vêtement que les camériers d'honneur. Leur charge cesse avec le Pon- tificat " (Battandier). Mgr Joskph Desautels, Yarennee, 1862 ; Mgr J.-J. Viçbt, Sault-au-Bécollet, 1862. P. G. R Fief simple et fief de dignité. (VI, VII, 732,— " Le fief simple est celui qui n'est décoré d'aucun titre ou honneur. On appelle fief de dignité ou d'honneur ceux qui o nt justice ou des titres, depuis les châtellenies jusqu'aux duchés." Les fiefs de dignité avec titre, en Canada, sous le régime français, furent : la chStellenie de Coulonge, lee baronies des Islets, du Cap Tourmente, de Portneuf etdeLongueuil, le comté d'Orsainville (primitivement la baronnie des Islets), et le comté de Saint Laurent (l'île d'Orléans). Le roi de France érigea aussi la baronie de Beauville, en Acadie, et le duché d' Arkansas, en Louisiane. L'historien Bibaud fait mention d'un marquisat du Sablé érigé dans la ville des Trois-Rivières. M. Benjamin Suite, qui a fait une étude spéciale de la question, dit qu'une certaine portion de terrain située dans les limites de la ville des Troie-Rivières, et qu'il indique avec précision, a, pendant longtemps, été désignée sous le nom de marquisat du Sablé ; néanmoins, il affirme que ce prétendu marquisat n'a jamais été créé régu- lièrement. lia bien retracé dans plusieurs anciens docu- ments cette appellation de " marquisat du Sablé," mais, pour lui comme pour tous, l'origine de cette appellation reste inexplicable. La compagnie de la Nouvelle-France avait le droit, en vertu de l'article V de sa constitution, de concéder Digitized b — 249 — des fiefs et seigneuries avec titre d'honneur, mais la créa- tion dee duchés, marquisats, comtés et baronies devait être ratifiée par le roi. L'érection d'une timple cbitelleme pou- vait être faite sans que la ratification royale fût requise. Ebnest Gaqnon Xe Compte Dupré* (VI, III, 7050— En 1755, par commission du marquis Duqueene, gouverneur général du Canada, M. Le Compte Dupré était déjà capitaine. En juin 1755, il fut commissionné mak>r, lieutenant colonel en novembre de la même année, et enfin colonel pour la ville et le district de Québec, le 4 mars 1778, par commission du gouverneur Guy Carleton. Pendant plus de vingt ans, tout le district de Québec a été sous ses ordres, et le zèle avec lequel il s'est acquitté de son devoir lui a toujours mérité l'amitié, la confiance et la reconnaissance de tous les miliciens. L'anecdote suivante mérite d'être connue. Elle eut lieu en novembre 1775. L'ennemi était aux portes de la ville , trois sergents de la milice canadienne-française forment le complot de faire entrer les Américains par une petite porte près de la poudrière, dont un des sergents commandait la garde. M. Dupré, faisant sa ronde à onze heures du soir, découvre le complot et en avertit le lieutenant gouverneur Cramahé. Les sergents sont pris et emprisonnés jusqu'en mai suivant. On leur fit leur procès, et ils avouèrent que sans le colonel, la ville aurait été prise. Les Américains s'attachèrent à lui faire tout le tort qui était en leur pouvoir ; plus de quatre cents restèrent à sa terre, près de Québec, et ruinèrent entièrement son habita- tion. Dans sa seigneurie, ils enlevèrent tous les blés, farine et effets qui lui appartenaient Une preuve de la générosité et de la noblesse de ses sentiments est qu'il n'a jamais voulu accepter les terres qu'on lui a offertes en récompense de ses Digitized by Google services. L'amour de son roi et de eon pays » toujours été le seu. motif qui l'ait engagé i le» eerrir. G. d« Q. La France antarctique. (VI, III, 703.)— Où était située la France antarctique qui intéressait tant Montaigne, et par quels pays est-elle représentée aujourd'hui ? La réponse a cette question eet assez facile. Voyons d'a- bord à quelle époque vécut le célèbre philosophe et mora- liste. Montaigne naquit en 1533 en Périgord, et mourut en 1502. Il vit le jour un an avant le premier voyage de Jacques Cartier. Il avait douze ans lorsque parut chez Ponce Roaset, à Paris, la relation du deuxième voyage de ce bardi capitaine. Mais ce n'est pas aux contrées décou- vertes par le navigateur malouin que peut s'appliquer le nom de " France antarctique." En effet, qu'on lise le titre de la relation de Cartier : " Bref récit et succincte narration de la navigation faitte es ysles du Canada, Hochelaga et Saguenay." Il n'est nullement question ici de France an- tarctique, et Ton ne trouve nulle part cette désignation pour la région du Saint- Laurent dans les relations du 16ème siè- cle. Lescarbot parie des " voyages, navigations et décou- vertes des Français dans les golfe et grande rivière de Ca- nada." Ramuaio appelle les pays découverte par Cartier " terra nuova detta la nuova Francia." Ce n'est donc paa sur les rives de notre grand fleuve qu'il faut chercher la France antarctique. Portons nos recherches dans une autre direction. J'ouvre le précieux catalogue de M. Faribault, et je lis à la page 123 : " Thevet (André), historiographe de France—" Le* singularités de la FRANCE ANTARCTIQUE, autrement nommé Amérique, et de plusieurs Isles découvertes de notre temps : Paris, 1558, in-4. Anvers, avec figures, 1558 in-8." Nous voici avec le nom de " France antarctique." Mais à quelle région s'appliquait-il ? En 1555, un vaillant marin et homme de guerre, Nicolas Durand de Villegagnon, commandeur de l'Ordre de Malte, vice-amiral de Bretagne, conçut le projet d'aller fonder une colonie française dans l'Amérique méridionale. Il fit agréer eon dessein au roi de France, Henri II. Et en même temps, il s'aboucha avec l'amiral Coligny, le chef du parti hugue- not. Car il appert malheureusement que le commandeur de Malte avait donné dans le* erreurs du calvinisme ; et l'un des buts de son expédition était d'ouvrir un lieu do refuge aux religionnairee oatracisés en France, et de fonder au delà des mers une petite Genève américaine. Villegagnon quitte le Havre avec deux vaisseaux, le 12 juillet 1555, et au commencement de novembre il aborda à Rio Janeiro, alors connu sous le nom de Ganabara. Il dibarqua des hommes et se^ provisions sur une île, bâtit des huttes, creusa des retranchements. " Dans l'anticipation de triomphes futurs, écrit Parkman, par une étrange per- version de langage ,il appelle tout ce continent ' ' France an- tarctique, tandis que le fort reçut le nom de Coligny." Si l'on en croit certains auteurs, André Thovet accom- pagnait cette expédition. Thevet, né en 1502, mort en 1590, était un moine cordelier. Avide d'études et de lecture, il acquit une assez grande érudition. Pour augmenter ses connaissances, il obtint la permission de visiter l'Italie et l'Orient. Revenu en France, en 1554, il donna une relation de son voyage. En 1555 il accompagna Yiliegagnon àRio- Janeiro ou Ganabara. Comme l'expédition était,au fond, une entreprise protestante, il parait évident que ce cordelier avait des opinions excessivement larges. H fut malade pres- que tout le temps de son séjour en Amérique, et retourna en France l'année suivante. C'est alors qu'il publia sen " Singularités de la France Antarctique." En 1558, il obtint sa sécularisation et devint aumônier de la reine Catherine de Médicis. La protection de cette sou- — 252 — veraine lui valut successivement les thread historiographe et de cosmographe du roi, auxquels étaient attachée de rich^ émoluments. Il était lié arec le» poètes de la pléiade, Baif, Jodelle et Dorai. .Ses principaux ouvrages sont : Cosmo- graphie du Levant," 1555 ; " Singularités de la France antarctique, 1558 " ; " Discours de la bataille de Dreux," 1563 ; " Cosmographie universelle," 1571 ; " Les vrais por- traits et vies des hommes illustres," 1584. La colonie fondée par Yillegagnon n'eut pas une longue histoire. La discorde religieuse y déchaîna ses fureuis. Des ministres calvinistes arrivés à Ganabara en 1557 encou- rurent la disgrâce du commandeur de Halte, qui commen- çait à en avoir assez de l'hérésie. La disette désola le fort Coligny. Enfin Villegagnon re- passa en France, et après son départ, les Portugais s'empa- rèrent de l'établissement. La "France antarctique" avait à peine vécu deux ans. Pour en revenir à Montaigne, il est clair que cette France antarctique dont il se préoccupait si vivement était la colo- nie de Rio-Janeiro. Le livre de Thevet fut publié en 1558. L'auteur des " Essais " avait alors vingt cinq ana. Grand amateur de lecture, il avait sans doute parcouru ce livre curieux. L'homme qui avait demeuré dans la " France antarcti- que " et que Montaigne avait chez lui était évidemment un des colons de Yillegagnon rapatrié en France après la chute de I'tftabliffsement. Comme on le voit, à la lumière de l'histoire, la question posée par un collaborateur du Bulletin des Recherches His- toriques est d'une solution facile. Ionotus Le c/ienal entre Québec et Montréal. (VI, VII, 734.)— Lee premiers efforts tentes pour améliorer le cbenal entre Québec et Montréal remontent à Tannée 1825. Digitized by Google — 253 — L'année suivante, on commença à considérer la quostion comme étant d'intérêt public, et l'Assemblée Législative du Bas-Canada s'en empara. Un comité chargé de s'enquérir s'étant procuré des plans et ayant tenu des enquêtes, décida qu'il lui fallait obtenir de plus amples renseignements avant d'être en état de faire un rapport convenable, et en consé- quence, une nouvelle commission fut nommée l'année sui- vante. On reconnut bientôt la nécessité de faire des sonda- ges, et comme l'Amirauté Anglaise avait envoyé un corps d'ingénieurs pour faire ce travail, et que ces derniers étaient déjà parvenus au lac St Pierre, on résolut d'attendre le rap- port du capitaine Bayfield, officier de l'Amirauté, — rapport très élaboré et d'un grand intérêt. Ce rapport fut soumis à la Chambre en 1831, et référé à un Comité de cinq membres, chargé de l'étudier. Les choses en restèrent là jusqu'en 1838, alors qu'une somme de £500 fut votée pour faire une nouvelle inspection du lac St-Pierre. En 1841,un ingénieur du nom de David Thompson prépara un estimé du coût de creusage du lac St-Pierre à une profon- deur de seize pieds, à l'eau basse. La Chambre décida alors de prendre des mesures pour que ce travail s'ocoomplisse, mais ce n'était là que le commencement, et on discuta pen- dant trois ans encore, pour savoir si on creuserait le chenal naturel qui était passablement en courbe, ou si l'on ferait le chenal da ns ce qu'on appelait alors le " straight channel " chenal Yaughan. Après bien des débats de part et d'autre, les partisans de ce dernier projet l'emportèrent et les tra- va \xx furent commencés sous la direction du capitaine Yau- ghan, mais furent interrompus en 1846, puis abandonnés définitivement en 1847, en face de l'opposition violente qui s'était soulevée contre le projet. Encore des discussions jusqu'en 1850, alors que les com- missaires du havre de Montréal, soumirent un projet conçu Digitized by Google — 254 — à peu près en ces termes " Que lea commissaires du havre de Montré»! devraient être autorisés à entreprendre les tra- vaux et à emprunter, à un taux n'excédant pas huit pour cent ; tel intérêt, de même qu'un fonds de deux pour cent devraient être obtenus au moyen d'un droit sur le tonnage (enregistré) des navires, tel droit n'excédant pas un " shil- ling " du tonnage enregistré sur tous vaisseaux tirant dix pieds et au-dessus, pour chaque passage dans le lac ; et au cas où ce revenu ne suffirait pas au paiement des intérêts sur les argents emprunté*, les surplus des revenus du port de Montréal devraient être appliqués pour combler le déficit." Ce plan fut adopté, et, au mois d'août 1850, le parlement passa une loi (13-41 Vict. chap. 97), autorisant les commis- saires à emprunter £30,000 pour procéder aux travaux, la direction et la location en étant laissées aux commissaires. L'outillage qui jusque là avait appartenu au gouvernement fut transféré aux commissaires. Au mois de juin 1851, les travaux furent commencés dans le chenal naturel du lac St-Pierre, et en novembre de la même année, on avait déjà une profondeur de dix pieds six pouces. En 1855 la profondeur était de 16 pieds et en 1857, 18 pieds. En 1866 on atteignait 20 pieds. Tous ces travaux avaient été exécutés à même les fonds obtenus de l'émission de dé- bentures, dont les intérêts étaient payés par les revenus du port. En 1882, on évalua le coût du creusage du chenal à une profondeur de vingt-cinq pieds, à la somme de $2, 944,365,91. C'est en 1888 qu'une profondeur de vingt-sept pieds et demie fut obtenue dans le chenal entre Montréal et Québec, et c'est en cette même année que le gouvernement assuma la dette contractée par lea commissaires pour encourir les frais de ce travail gigantesque. Le 13 décembre 1688 la flotte Digitized by Google de dragueurs dti chenal des navires passu aux mains du département des travaux publics, qui a, depuis cette date.la direction entière de* travaux. A. Archambault L'abhé lHerre Gazelle. (V, VII, 640).— Au corn- mencement de la révolution française, l'abbé Pierre Gazelle émigra en Angleterre. C'est de là qu'il passa au Canada, on 1703, en compagnie de l'abbé Desjardins. Le 1er octobre de la môme année, il était nommé chapelain de l'Hôpital -Géné- ral de Québec. II fut en même temps précepteur des enfants do lord Dorchester. M. Gazelle repassa en France en 1 796. En 1821, l'abbé Gazelle remplissait les fonctions de cha- noine de la cathédrale de Chambéry et de professeur de dogme au grand séminaire de la même ville. Au passage de Mgr Plessis à Chambéry en cette même année 1821, l'abbé Gazelle s'empressa de venir présenter ses hommages au pré- lat canadien qu'il avait bien connue à Québec. Nous igno- rons où il mourut. P.-G. R. L'autobiographie du père Chaumonot. (VI, VII, 727).— L'autobiographie du P. Chaumonot a été trou- vée parmi les nombreux manuscrits que le dernier des anciens jésuites du Canada, le R. P. Jean-Joseph Casot mort en 1800 à l'Hôtel- Dieu de Québec, avait déposés entre les mains des Religieuses hospitalières. En 1860un écrivain de New-York, J. G. Shea, en fit impri- mer une centaine d'exemplaires, destinée aux seuls amateurs des curiosité bibliographies. En 1867, le P. Carayon fit entrer cette notice dans sa col- lection des Documents inédits sur la Compagnie de Jésus. Le R. P. Martin a aussi publié sous le titre Un mission- naire des Hurons, l'Autobiographie du père Chaumonot avec un complément, en 1885. P. — 256 — QUESTION'S 735.— Connaît-on l'existence quelque part de l'acte de concession de la seigneurie de Maure (8t- Augustin) ? A qui et à quelle date fut octroyée cette seigneurie 7 Vondenvelden et CbarUnd (Titre*? des concessions, etc., Québec, 1893), disent que l'enregistrement de cet octroi n'a pas été trouvé jusqu'alors au secrétariat de la province. En 1781, les Dames religieuses de l'Hôpital en rendent foi et hommage et ne peuvent produire autre chcwe qu'un acte d'adjudication du 22 septembre 1733, dan» lequel ni les dimensions ni le nom du concessionnaire ne «ont men- H. T., Quebec. 736.— Où est mort le célèbre jésuite missionnaire de 8met ? J. R 737 — L'ordre sacré et militaire du Saint-Sépulcre dont font partie plusieurs de nos Canadiens distingués est il l'or- dre de chevalerie fondé par Godefroi de Bouillon parmi ses compagnons pour défendre le Saint-Sépulcre contre les infi- dèles ? Y at-il plusieurs ordres de chevalerie encore en exis- tence de nos jours ? Rio. 738. — Qu'était la maison de la Trinité à Québec ? A Mon- tréal ? Ces institutions existent-elles encore ? A.-R R 739. — A-t-on conservé le nom du triste individu qui pen- dit les braves patriotes Cardinal, Duquet, de Lorimier, etc., etc., i Montréal, en 1838 ? Cc&iiux. 740. — Chateaubriand a-t-il visité le Canada ? N'a-t-il pas plutôt fait que passer aux Etats-Unis ? X. X. X. 741. — Qu'est-ce qu'un assistant au trône pontifical ? Pax Digitized by Google Digitized by Google ÉGLISE DE SAINT-ÉLOI DE TÉNUSCOUÀTÀ t Digitized by Google BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL. 6 SEPTEMBRE 1900 No. 9 SAINT-ELOI DE TÊMISCOUATA Saint-Eloi est formée des seconde, troisième et quatrième concessions des paroisses de Troie- Pistoles et de l'isle- Verte. Lors troubles qui éclatèrent à Trois Pistoles, en 1843, au sujet du chemin sur le* côtes, le parti favorable au chemin le long du fleuve, prévoyant de la part des habitante des con- cevions un vote hostile, lit tout ce qu'il put pour mettre a exécution le projet déjà formé depuis quelque temps de fon- der une nouvelle paroisse eu démembrant I' Isle- Verte et Trois-Pistoles. Ce démembrement devait diminuer, dans la pensée de ses instigateurs, d'autant le nombre des opposants au chemin le long du fleuve. Il n'en fut rien pourtant car le chemin sur les côtes reconnu d'utilité publique, fut tracé et ouvert. La nouvelle paroisse, mise sous le patronage de saint Eloi, en l'honneur du seigneur de Trois Pistoles, Eloi Kioux, fut érigée canooiquement le 9 mars 1848 et civilement le 13 juin 1848. La même année, on commença la construction de l'église. Elle fut bénie le lï novembre 1849. Ses dimensions sont de 110 pieds sur 46 pieds, avec une sacristie de 30 sur 45 pieds. Saint-Eloi fut d'abord desservie par M. L. S. Malo, curé dos Trois- Pistoles, du 11 novembre 1849 au 1er octobre 1850, et ensuite pendant une année par M. Isidore Doucet, curé de l'isle- Verte. En octobre 1851 ,M. Thomas Aubert de Gaepé, nommé premier curé de Saint-Eloi, venait prendre posses- sion de sa cure. Il a eu pour successeurs MM. Julien Rioux, 1856-1861 ; Jean-Charles- God f roi Gandin, 1861- 1867 ; Jean- Baptiste Blanchet, 1867-1876 ; Pierre- Joseph Dumas, 1876- 1887 ; Joseph Orner Normandin, 1887-1891 ; Thomas Gra- vel, 1891-1896 ; Louis- Alphonse La montagne, curé actuel. P. G. R. — 260 — LE CAXAL LACHINE («) Le projet de relier Lac hi ne et Montréal par nn canal, pour éviter le Sault Saint Louis, remonte aux premiers temps de la colonie. Un missionnaire écrivait en 1692 que le premier établissement français sur le Saint- Laurent est la Chine et qu il serait facile d y faire un canal par la rivière St-Pierre. " Il y a, dit-il, fort peu de terrain à couper pour faire un passage depuis le lac jusqu'à la rivière St-Pierre, qui est dans la dite isle et en ostant les arbres qui y sont tombés, son lit serait fort beau et assez profond pour passer les bateaux qui descendent d'en haut. " {Correspondance Générale, III, 248). En 1700, le Séminaire de Montréal commença le canal dont l'exécution fut peu de temps après suspendue, puis reprise en 1714, et enfin abandonnée entièrement à cause des trop grandes dépenses que l'excavation du roc nécessitait. {Lake Saint-Louis, 39). En 1703, MM. de Beauhamois et de Vaudreuil écrivaient au ministre : " Le projet du sieur de Breslé (nommé la même année curé de Saint- Louis du Bout-del'Ue) pour faire un canal à Montréal serait d'une très grande utilité à la colonie, s'il s'exécute comme il est commencé. Nous vous supplions, Monseigneur, de l'aider de mettre cet ouvrage à perfection." {Correspondance générale,XXlt 22). Le ministre ré|K>ndit la même année : '' Ce canal est fort nécessaire pour le service du Roy et du public. Il commence à 5 lieues au dessus de Montréal, d'où on ne peut descendre sans passer par des rapides très dangereux où il périt souvent des hommes et des marchandises, ce qui n'arriverait plus si ce canal était fait, par où môme on descendroit des bois à Montréal, qui (D I, X, 95- — 261 — commence a en manquer ; on pourrait y employer des sol- dats en leur donnant leur paye, dee outils et quelque poudre, et Mrs du Séminaire fournirait le surplus de la dépense et payerait les journées des soldats outre leur paye." (Ibid, XXI, 64). Vers 1714, Gédéon de Catalogne écrit dans ses explica- tions du plan des seigneuries : " Feu M. Dollier, supérieur du séminaire en 1701, à Montréal, voulut prévenir ces acci- dents en faisant un canal de communication de la Chine à Montréal, sur lequel il avoit dessein de bâtir des moulins qui ne sont que trop nécessaires à la ville et à la campagne. Sa mort qui arriva au mois d'octobre de la même année a empêché de voir finir cet ouvrage qui estoit aux deux tiers fait, et sans une excessive dépense, on y pourrait faire pas- ser de grands bateaux chargés, l'embarquement s'en faire au port de la ville. Monsieur l'abbé de Belmont fait conti- nuer le dessein, rouis c'est pour avoir de l'eau pour leurs moulins seulement." (Archives canadiennes, Moreau Saint Méry, vol. 1er, p. 199). L'intendant Bégon écrit le 12 novembre 1714 : " Mrs du séminaire de Saint- Sulpice sont dans le dessein de faire achever le canal de la Chine, non pour le rendre navigable mais seulement pour fournir de l'eau à leur mou- lin de Montréal qui en manque les trois quarts de l'année, n'en ayant que le printemps ; il n'y aura que la difficulté d'avoir des ouvriers qui pourra en retarder l'exécution. J'auray l'honneur de vous rendre compte de ce qui aura été fait sur ce sujet l'année prochaine." (Correspondance géné- rale, XXXIV, 396). D'après Garneau (II, 158). " en 1725, un prêtre de Saint- Lazare recommandait de creuser le canal projeté depuis longtemps entre Lachine et Montréal." Le canal Lachine pour les fins de la navigation ne fut jamais fait par les Français. C'est ce qu'on lit dans Bou- ■ Digitized by Google — 262 — gain ville et Knoz, qui étaient an pays à l'époque de la con- quête. Ce n'est que sous le régime britannique que cette importante entreprise fut exécutée. Il est surprenant que lorsqu'on 1779-83, le gouvernement impérial creusait un canal aux Cascades, aux Cèdres et au Cateau-du-Lac,il n'ait pas songé au canal de Lachine à Montréal. Dès Tannée 1791, le commerce demandait cette amélioration à la navi- gation et trouva en M. Adam Lymburner un avocat enthou- siaste. D'un autre côté, le colonel By, ingénieur royal et le fondateur de Bytown, aujourd'hui Ottawa, proposait plus tard de faire passer le commerce de l'ouest par le canal Welland, le Rideau, la rivière Outaouais et la rivière des Prairies jusqu'au bout de l'iele de Montréal en bas. Ce ne fut cependant qu'en 1815 que le projet de faire le canal Lachine prit une tournure sérieuse. L'intention des pre- miers promoteurs était de le creuser jusqu'au Pied-du-Cou- rant par la petite rivière Saint-Martin (rue Craig), avec un embranchement jusqu'à la pointe à Callièree ; mais mal- heureusement pour l'avenir de Montréal, la chicane inter- vint, ce qui eut l'effet de faire échouer ce grand projet et de le remplacer par le canal aotuel. Le premier canal Lachine fut partiellement ouvert en 1824, et les vaisseaux y passaient librement l'année suivante. (Voir rapport du Commissaire des Travaux Publics pour !867, par J.-C. Taché, pp. I, 568 ; Rapports sur les archives canadiennes de M. Brymner pour 1876, p. XII ; 1889, p. XLI ; pour 1890, pp. 67-96 ; pour 1897, p. 57 ; Lake Saint- Louis, 233-236..) Désiré Girouari» Digitized by Google L'ABBE JOSEPH-MATHURIN BOURG L'abbé de L'Isle-Dieu, vicaire générai du diocèse de Qué- bec depuis 1730, et demeurant au Séminaire des Missions Étrangères à Paris, écrivait le 19 juin 1766 : " J'ai actuellement en France dans le diocèse de Saint- Malo quatre jeunes Acadiens (dont deux vont finir leur philosophie, les deux autres, leurs humanités, et qui se des- tinent également à l'état ecclésiastique), ce qui pourrait peut-être par la suite en faire naître l'idée à d'autres, sup- posé que leurs facultés leur permissent de continuer et d'a- chever leurs études, et d'ailleurs de se procurer un titre clé- rical pour pouvoir être promus aux ordres sacrés, à moins que pour être ordonnés sub titulo paupertatis, ils ne voulus- sent s'engager à se consacrer pendant leur vie à l'œuvre des missions, car je ne suis pas en état de leur procurer des titres, ni leurs familles de leur en donner, le gouvernement anglais les ayant dépouillées de tout, lorsqu'il les a arraché à leurs habitations pour les transférer en France, et je pré- vois, Monseigneur (le préfet de la Propagande à Borne), qu'il nous sera difficile de lever un pareil obstacle et dé surmonter une semblable difficulté,' surtout à présent que j'ai épuisé toutes les ressources que je pouvais avoir pour secourir leurs pères et mères dans les premiers temps ou il sont arrivés en France, et jusqu'à ce que le Roi ait bien vou- lu leur accorder une légère et modique solde. Il me serait difficile, Monseigneur, d'exprimer à Votre Eminence com- bien je regretterais de ne pouvoir soutenir les jeunes candi- dats dans le cour» de leurs études, si la Providence ne m'en fournit pas les moyens : 1° Paroeque des jeunes gens nés d'une nation aussi sainte, aussi attachée à sa religion, et qui a tout sacrifié et abandonné pour la conserver, no pourraient jamais être que d'excellents et vertueux ecclésiastiques, four- nis d'ailleurs sous un évêquo qui est un des plus saints et — 264 — des plu» zélés que noua ayons dans le clergé de France ; 2° Parceque leur vocation une foie éprouvée,et décidée je pour- rais les faire passer à Québec, où ils pourraient être ordon- nés, sans que le gouvernement anglais put s'y opposer, attendu qu'Us *ont originaire* du diocèse dont l'Acadie fait partie." Et le 21 juin 1766 : " Monseigneur, je oupplie Votre Eminence de me per- mettre de lui écrire cette lettre particulière dans l'espérance qu'elle voudra bien m'honorer de sea conseils, et même de ses ordres an sujut des quai res jeunes Acadiens dont j'ai pris la liberté de lui parler dans ma première et très ample lettre. Ces quatre Acadiens «ont originaires delà province ou colo- nie de l'Acadie qui fait partie du diocèse de Québec, et ont été transférés en France avec leurs , familles, lors de la dé- vastation de leur pays. Les deux premiers (l'un nommé Jean Bro, âgé de 23 ans, l'autre nommé Mathurin Bourg, âgé de 22 ans) sont de la même paroisse, dite de Rivière aux Canards, sous le titre de Saint- Joseph. Les deux se- conds (l'un nommé Jean Pierre Bourg, âgé de 24 ans, l'au- tre nommé Isaac Hébert, âgé de 17 ans) de la paroisse de Cobeguik, poste appelé vulgairement Les Mines. Les deux premiers sont actuellement dans un petit séminaire du diocèse de Saint-Malo et vont y finir leur philosophie. Les deux seconds vont finir cette année leur cours d'humanité», et tous les quatre paraissent avoir de la vocation pour l'état ecclésiastique. Dans le cas où ils persévéreront et ils en seront jugés dignes, point de difficulté ni d'empêchement de les admettre aux saints ordrt-s, du moins les deux premiers, puisqu'ils ont leurs extraits de baptême en bonne forme et la preuve de la légitimité do leur naissance. Quant aux deux seconds,run et l'autre leur manquent,at tendu que dans l'enlèvement de leur missionnaire et de l'ecclésiastique qui desservait leur paroisse, les registres de baptêmes, de mari». geaet d'inhumations, comme tous lee petits effets du suedit missionnaire, ont été dispersée, pillée et perdus, et qu'il n'ost plus possible d'y avoir recoure, d'où il résulte que leur fige et la légitimité de leur naissance ne se peuvent aujourd'hui constater que par un acte de notoriété, et o'eet sur cela, Monseigneur.que je prends la liberté de supplier Votre Emi- nence de vouloir bien me donner ses conseils et eee avis, même ses ordres auxquels je me conformerai exactement. Il se présente une autre difficulté qui regarde également lee quatre susdits jeunes Acadiens. Ils sont pauvres et leurs familles sans facultés ni pouvoirs de leur constituer ou pro- curer par ami un titre clérical, qu'il est d'usage en France d'avoir et de présenter en bonne forme pour être admis aux ordres sacrés et qui doit être de 150 livres, du moins dans le plus grand nombre des diocèses de l'intérieur du royaume car il y en a plusieurs où le titre clérical ou ecclésiastique est de moindre valeur et quelques uns même où il est d usa- ge d'admettre au sous diaconat *ur le simple titre d'un béné- fice, quelque modique qu'il soit. Le seul remède à cet incon- vénient serait de faire ordonner ces qua trou jeunes Acadiens sub titulo pàuper t at is et sur la condition et la promesse de leur part de se consacrer et de se destiner à l'œuvre de« Missions ; et c'est assez l'usage du diocèse de Québec en fuveur de ceux qui manquent de facultés et ne sont pas en état de se procurer un titre ecclésiastique. Sur cela cepen- dant, je demande également à Votre Eminence et je la sup- plie do vouloir bien diriger et me prescrire la conduite que je dois tenir." Et le 8 septembre 17«6 : " M. l'Evêque de Québec est informé do la vocation des quatre jeunes Acadiens qui sont en France et qui se disposent à l'état ecclésiastique. L'idée de Votre Eminence sur ces quatre jeunes candidats est la meilleure qu'il puisse suivre, en lee faisant passer dans son diocèse et en les plaçant dans — 266 — ses séminaires pour leur faire achever leurs études et le» ordonner lorsqu'il les en jugera dignes. Mais la difficulté «era non d'obtenir leur passage, mais d'en faire les frais qui neront d'autant plus .considérables qu'il faudra nécessaire- ment qu'ils passent par l'Angleterre et que je n'en serai pas quitte pour les quatre a moins de 3000 livres, mais la Pro- vidence y pourvoira et je me suis toujours bien trouvé d'y mettre toute ma confiance depuis 36 ans que je me suis chargé de l'infortuné diocèse de Québec. Malgré la lon- gueur de ma lettre j'ai encore oublié et omis un article in portant des quatre jeunes Àcadiens qui sont en France et qui se disposent à l'état ecclésiastique. Deux manquent de leur extrait» baptistaires et se trouvent par conséquent hors d'état de constater leur fige et de prouver la légitimité de leur naissance, parceque les registres de baptêmes, de ma- riages et d'inhumations de la paroisse où ils sont nés ont été enlevés avec leurs missionnaires et par conséquent pillés, brûlés ou perdus sans qu'on y puisse avoir recours. Pour y supplier, Monseigneur, je les ai autorisés à faire dresser par un notaire un acte de notoriété, signé d'un nombre de témoins suffisants et connus par leurs mœurs, probité et catholicité. Si Votre Eminence croit que cet acte quoique judiciaire et autorisé par le plus prochain juge du lieu de leur domicile no soit pas suffisant pour constater leur âge et la légitimité de leur naiasancuje lui enverrai lus noms et je la supplierai do leur obtenir à chacun les dispenses néces- saires." Et le 6 octobre 1766 : " A l'égard des quatre jeunes Acadiens qui paraissent si disposés à l'état ecclésiastique, j'en avais informé M. l'Evê- que de Québec avant son départ de Londres et je lui avais proposé de les appeler et de tes faire passer à Québec pour les placer dans son séminaire, où, comme je l'ai déjà observé à Votre Eminence, il y a des places fondées pour des huma- Digitized by Google — 267 — niâtes, des philosophes et des théologiens, d!ou il résulterait qu'il ne s'agirait plus que des frai» de voyage et de séjour à Londres et de ceux de la traversée de Londres à Québec, dont je prendrai volontiers partie sur mon compte dans l'es- pérance que la Providence ne m'abandonnera pas, ainsi il ne s'agit plus que d'attendre la réponse do M. l'Bvôque de Québec, dont pour me conformer aux vues de ce Prélat et à celles de Votre Eminence qui feront toujours la règle de ma conduite." Et le 17 novembre 1766 : " Quant aux quatre jeunes Acadiens dont j'ai déjà eu l'honneur de parler à Votre Eminence, Monseigneur, les deux que j'étais dans le dessein de faire venir à Paris pour y commencer leur philosophie, n'étant pas assez forts d'hu- manité pour entendre leurs cahiers, je^ les ai réunis aux . deux autres pour y commencer leurs humanités et s'y for- tifier par un plan d'étude abrégé que je leur ai prescrit et je leur ai envoyé 200 livres soit pour avoir des livres ou pour pourvoir à leurs pressants besoins." Et le 9 février 1767 : " La Providence vient encore de me procurer une petite ressource pour mes pauvres jeunes Acadiens à qui je fais continuer leurs études en Bretagne et dans lo diocèse de St- Mato, dont par malheur nous venons de perdre le saint évê- que." Et le 24 août 1767 : " Votre Eminence verra, Monseigneur, par le petit mé- moire ci joint, que nous avons déjà établi 78 familles aca- diennes dans le diocèse de Vannes, mais il nous en reste encore de 5 à 600, c'est à dire plus de 3000 habitants que la cour et lo ministère se disposent à établir." L'abbé Anselme Riiéacmk •Digitized by Google I V — 268 — FRANÇOIS DE CRESPIEUL François de Crespieul ou Crépi eu 1, né à A iras en 1638, entra dans la Compagnie de Jésus a Tournay, le 29 octobre 1658. Il enseigna dans les collèges de son ordre à Lille, de 1662 à 1666 , à Cambrai, de 1666 à 1667 ; à Douai, de 1667 à 1670. C'est on 1670 qu'il B'embarqua pour la Nouvel le-France. A la fin d'octobre 1671, il commença son apostolat au milieu des Montagnais. Pendant trente ans, il suivit ses chers sauvages à travers les forêts épaisses et sur les montagnes, couchant sur la neige ou dans la cabane, vivant de la vie de ses néophytes, vie dure souvent, car la disette se faisait sentir des mois entiore. Chaque jour, il instruisait, il exhortait, il faisait prier ; " et, pendant le silence de la nuit, lorsque les sauva- ges cessaient de chanter et de parler, et les enfants de crier ou de pleurer, il s'entretenait avec Notre Seigneur au milieu des solitudes."^ Epuisé par tant dé travaux, le Père de Crespieul vint monrir à Québec, en 1702. La Vie d'un missionnaire montagnais présentée aux succes- seurs montagnais pour leur instruction, par le Père Crespieul, est bien connue. Le Règlemens concernant le bon estât de la mission de Tadoussac l'est moins. Peut-être même ne l'est-il pas du tout, car nous croyons qu'il n'a jamais été publié. P.-G. R. Digitized by RÉGLEMENS CONCERNANT LE BON ESTAT DE LA MISSION DE TADOUSSAC Afin que cette mission se paisse maintenir en bon estât et avancer tous les ans la gloire de Dieu, 1° La traite de ce port ne doibt pas sortir dos mains de la Communauté* des habitans du Canada pour les raisons allé- guées en un autre papier donné au R. P. Supr. 2° Personne des habitans ne doibt traiter à l'isle rouge ny à l'isle verte, ny au-dessous de Tadoussac, si ce n'est plus bas que vingt lieues. 3° Le missionnaire y doibt descendre dès aussitost que la rivière est libre, afin dy trouver à enseignerquelques nations qui y abondent dès le printemps et y font peu de séjour. 4° Il est besoin des catalogues de toutes les nations du nord qui descendent ordinairement en co port, tant de ceux qui sont chrétiens et catéchumènes que de ceux qui sont encore payons. Ces catalogues doibvent être distingués par nations et par familles, où sera l'âge de chaque personne, les mœurs, l'es- prit, la dévotion, les bonnes et mauvaises qualités. 5° Il faut régler quelques prières qui no sont pas encore bien réglées, comme le Confiteor, l'Acte de contrition, l'O- raison à l'ange-gardien ; ce qui regarde la communion, ee qu'il faut dire devant et après la communion. Il faut régler les kalendriers que Ton fait et que l'on donne aux sauvages pour leur hyvernement, c'est-à-dire que l'on doit mettre des choses semblables, afin que se rencon- trant dans les bois et se montrant les uns aux autres leurs kalendriers, ils voyent que nous sommes uniformes en nos règlements. Il est besoin de faire un catéchisme en langue montagnèze que le missionnaire de Tadoussac enseigne, afin que nous rendions aux sauvages les principes do nostre foy faciles a — 270 — retenir et que noue ne troublions pas les esprits de ces bonnes gens par une différente doctrine. 6° Il seroit bon qu'on ne change plus les prières du matin et du soir, le Pater, Ave, Credo, Commandements, etc., otc., la prière que l'on dit devant et après la messe, tout cela ayant été suffisamment établi, et d'ailleurs ces changements ne doibvent apporter que du trouble. 7° Il seroit bon aussi d'achever le dictionnaire du P. Le Jeune en langue montagnèze, d'autant qu'il n'y en a aucun en ce pays. 8° Il seroit bon que ceux qui sont envoyés en cette mis- siou gardassent tous la mesme méthode au baptême, confes- sions, communions, mariages publiques et choses semblables qu'ont gardé ceux qui ont commencé ot ont gardé jusqu'à la présente année 1680 depuis l'an 1641. 9° Il est à propos de faire quelques aumosnes selon le besoin que le missionnaire y voit, quelquefois en bled d'Inde, poids, petun, étofte, que le missionnaire emporterait de Québec pour les pauvres sauvages qui viennent do loing, estrangers qui, faute de vivres quelquefois et manquant de quoy se nourrir, sont contrains de s'en retourner au plus tost on leur pays, ne donnant pas le loisir au missionnaire de les instruire. 10° Pour les mariages qui se font entre les chrétiens du- rant l'hyver en l'absence de leur pasteur, il les faut tolérer quelque temps, pourvu qu'ils soient accompagnés de trois conditions : 1° qu'ils ne se fassent pas devant que d'avoir averti leur pasteur, ou si faire ne Be peut, ou pour le moins qu'ils lui tassent syavoir à la prochaine occasion pour sça- voir sur ce point sa volonté ; 2° qu'ils ne se marient pas «an» l'avoir porté à la connaissance des principaux de leurs cabanes ou de leur campement ; 3° qu'ilB soient advertis qu'encore qu'ils ne soyent pas mariés en face de l'Eglise que néanmoins ils ne se peuvent quitter. Digitized by Google 11° Le confessionnal de Tadoussac doibt être changé de place, afin qu'il soit en an lieu où l'on voye le pénitent qui se confesse pour l'édification et le bon odeur d'un chacun. Que si on ne le change pas de place pour la difficulté qu'il y pourrait avoir de ce faire, il faut faire en sorte que la tapisserie qui le couvre soit toujours retirée. 12° Les femmes ne doivent entrer dans la petite chambre où dorment les Pères,Péglise étant su muante pour les contenir. 13° Quand quelque sauvage chrétien a tombé eu une faute publique et scandaleuse, je lui ay toujours fait faire la péni- tence publique, pour réparation de sa faute. 14° Il faut avoir égard que le commis et les autres Fran • çais qu'on envoyé à Tadoussac soyent gensestimés,de bonne vie et d'édification, surtout point sujets aux femmes et au vin, et qu'on leur recommande d'être obéissants au père qui y sera. 15° Il faut avoir soin de faire aggrandir l'église si faire se peut et faire transporter le four qui incommode notable- ment l'église. 16° Les aumosnes que font quelquefois du castor lus sau- vages ou par pénitence ou autremont doibvent Bervir pour l'accomodement de l'église ou pour le soulagement des pau- vres. Les dits castors ont été pris jusque icy par les mes- sieurs du Conseil au prix de France. 17° Il serait bien à propos de continuer la mission du Sagné. Ainsy, il faudrait quoiqu'un des nostres qui restai Tadoussac pendant l'absence du père qui irait de cette mis- sion. Il faut avoir soin d'emporter une petite chapelle dis- tincte de celle qui est attachée à la mission de Tadoussac. 18° Il faut avoir soin de fermer le cimetière qui n'a pas esté bien clos. Ordre que fai gardé jusque* à la présente année 1680 à Tadoussac 1° La première ohose dont j'ay soin sont les morts chré- tiens. J'en prends los noms et le nombre dès que je suis — 272 — arrivé, pois je dy la masse pour eux. J'advertis les sauvages de Tenir à la chapelle à cette intention et leur fait la-dessus un petit discoure, et même quelquefois je lea réunis pour prier pour les trépassés. 2° Je visite les cabane© pour sçavoir s'il n'y a point d'en- fants a baptiser. S'il y en a, je les baptise au plus tost. 3° Je prends garde s'il n'y a point de désordre depuL* mon absence dans cette nouvelle église, et afin de me ren- seigner, je fay rendre compte de la conduite d'un chacun. Si je recognaia quelque défaut notable, je Oche d'y apporter remède. 4° Je dispose à faire paeques ceux qui en sont capables. c'est-à dire qu'ils se confessent et communient, mais devant on fait faire l'adoration de la Croix comme on fait le Ven- dredi Saint. 5° J'instruits les adultes au baptême. 6° Je fays le catéchisme aux garçons et aux filles trois ou quatre fois la semaine, et plus souvent si la nécessité le demande. 7° J'ay un soin grand de faire apprendre par cœur aux grands le Pater, le Credo et les actes, car faute de cela ils ne peuvent point les dire ny à la messe, ny soir, ny matin, ny dans les bois, etc. 8° Quand ils sont sur leur départ, je leur recommande •quelques points : 1° de ne point perdre la cousturae de prier soir et matin ; 2° de garder les dimanches selon l'or- dre que je leur ay donné ; 3° de tascher de demander par- don à Dieu tous les jours des fautes qu'ils pourraient avoir fait et de faire un acte de contrition et se confesser au plus tôt ; 4° de fuir tout ce qui regarde leurs mauvaises et an- ciennes coutumes : 5o de ne point s'entrequitter en leurs mariages. Ordre des jours ouvriers Je dy la messe aux sauvages sur les 7 heures, i laquelle assistent les chrétiens, et les catéchumènes jusquos à l'Evan- Digitized by Google I — 273 — gile incluae. Je fay les prières ordinaires durant qu'ils entendent la messe, puis je leur dy un mot d'instruction. A la fin de la messe, je leur fay faire l'action de grâce, puis je chante un hymne. Je fay les prières du soir vers le soleil couchant, c'est-à- dire que je leur fay dire la moitié de leur chapelet ou le Credo, commandements de Dieu ou de l'Eglise, eto. Ordre des dimanches et f estes Je fay les dimanches et feetes ce que je fay les jours ou- vriers, mais par-dessus je les assemble à midy pour dire le chappelet et chanter les veppres. A la messe, je fay l'eau bénitte, et s'il y a nombre suffisant de Français, je chante la grand'messe. Cela servant à l'édi- fi cation des sauvages et des Français. Les jours que les sauvages se confessent et communient, je dy la mest>e un peu plus tard, si ce n'est qu'ils se confes- sent dès le soir, comme ils font pour l'ordinaire. Quand y doibvent communier, y se confessent deux fois auparavant pour la plupart. Il faudrait faire le propre, mais ce n'est pas encore com- posé. CURÉS DE SAINTE-ANNE DES PLAINES René Coyteux, octobre 1788 à septembre 1802 ; Antoine Rinfret, septembre 1802 à octobre 1806 ; Jean-Baptiste Gatien, octobre 1806 a décembre 1810 ; Pierre Antoine Tabeau, décembre 1810 à septembre 1813 ; François-Math ias Huot, septembre 1813 à janvier 1816 ; Jean- Baptiste Saint- Germain, jauvier 1816 à octobre 1818 ; Pierre Grenier, octo- bre 1818 à octobre 1823 ; Isidore Poirier, octobre 1823 à 1839 ; Etienne Blytb, 1839 à avril 1841 ; Charles-Irénée Lagorce, 1841 à août 1844 ; George Thibault (desservant) août 1844 à juillet 1845 ; Antoine-Olivier Giroux, juillet 1845 à septembre 1848; Charles Champoux, septembre 1848 à 1872 ; Edouard Demers, 1872 à 1 884 ; J.-E. Dugas, curé actuel. L'abbé G. Dugas Digitized by Google — 274 L'EXODE DES NOBLES À LA CESSION DU PAYS Est-il vrai que les seigneur*, les lettres et les hommes du haut commerce quittèrent le Canada lors de la cession ? D'où sont venus ce mensonge, cette erreur historique ? Est-ce du fait accompli, ou des travaux de nos écrivains ,de nos historiens qui, se répétant les uns les autres,ont fini par ancrer leur manière de voir dans l'esprit du peuple ? Bibaud, Garneau et Ferland, nos trois principaux h is to - riens^ont contribué pour beaucoup à répandre cette fausse légende. Voyons d'abord ce que dit Bibaud : " Quoique signé lo 10 février (17G3J, le traité de paix ne fut connu, ou du moins publié en Canada, qu'au mois de mai suivant. Cet événement occasionna encore l'émigration de mille à douze cents Français ou Canadiens. Cette dimi- nution de la population canadienne était d'autant plus à regretter qu'elle avait lieu dans la classe élevée, la seule alors, & peu d'exceptions près, où il y eut des talonts déve- loppés et des connaissances acquises. Le changement alors opéré pour le pis, sous le rapport des arts et des sciences, se fît sentir longtemps dans le pays (1 )." Puis Garneau : 44 Après trois longues années passées entre la crainte et l'espérance, les Canadiens virent tomber leur dernière illu- sion. Leur destinée fut liée d'une manière irrévocable à celle de la Grande-Bretagne par le traité do 1763 ; ce qui détermina une nouvelle émigration. Les marchands, les hommes de loi, les anciens fonctionnaires, enfin la plupart des notables qui se trouvaient encore dans le pays, passè- rent en France après avoir vendu ou même abandonné des (I) Histoire du Canada, vol. II, p. II. Digitized by C^opgle 1 > — 275 — biens qui ont été jusqu'à nos jours un objet de litige entre leurs descendants. Il ne resta dans les villes que de rares employés «ubalternes, quelques artisans, à peine un mar- chand, et les corps religieux. Cette émigration ne s'étendit point au z campagnes, où la population était attachée au sol." (1) Et enfin Ferland, toujours si bien renseigné : " Peu de temps après, les troupes françaises partirent pour rentrer en France ; aveo elles laissèrent le Canada presque tous les chefs de la société ; dans le pays restaient plusieurs seigneur», peu d'hommes appartenant aux classes libérales, et uno population d'origine française d'environ aoixanle-etdix mille âmes. Avec elle, demeurait le clergé, q ui, dans l'absence des anciens chefs du peuple, se trouva ainsi chargé, non seulement de conduire le peuple, dans la voie de la religion, mais encore de le guider dans la politi- que et les matières civiles" (2). L'honorable juge Baby vient de publier un mémoire où il étudie savamment cette question de l'exode des classes d irigeantes à la cession du Canada (3). Il en vient à la conclusion que le Canada soutint très peu de l'émigration de sea familles nobles en France après la cession. Loin de nous,déclare le distingué écrivain, la prétention de dire que personne n'ait émigré en France. Nous con- naissons trop bien et sommes trop fiers des beaux noms qui ont jeté sur la race canadienne un si vif éclat dans la vieille France, tels que les de Kepentigny, les de Léry, les Bedout, les Jucbereau de St- Denis, les de l'Echelle, les Grasset de Saint-Sauveur, les Perthius, etc. Mais y en eût il eu davan- (!) Histoire du Canada, vol. II, p. 393. (2) Cours d'histoire du Canada, vol. II, p. 607. (3) L'exode de, classes dirigeantes à la cession du Canada. Montreal IQOO. Digitized by Google i — 276 — tage, cela n'aurait pu amener la situation que Bibaud nous mot bous les jeux : c'est-à-dire l'immence vide moral, intel- lectuel et social qu'il indique. " Rappelons-nous d'ailleurs que le petit nombre de cenz qui émigrèreot étaient presque tous des jeunes gens dont le but,«n quittant leurs familles, était d'aller s'établir là, où le sentiment lea attirant, ils pensaient améliorer leur sort. Ils choisissaient la France pour leur patrie, tandis qu'au même moment d'autres Canadiens, en France depuis quel- que temps, revenaient ici, optant pour le sol natal. Cepen- dant, les souches des premiers, profondément attachées aux lieux où avaient vécu leurs ancêtres, y demeurèrent ; et nous en retrouvons aujourd'hui maints rejetons distingués dans la société canadienne. " Il faut aussi que l'esprit impartial se pénètre bien de ceci : que parmi ces émigrés, il y avait certains officiers réformés, d'anciens fonctionnaires civile et militaires, de vieilles dames, tous jouissant de pensions de l'Etat français. Ils ne formaient, au total, qu'un chiffre bien insignifiant. " Il ne faut pas oublier non plus les quelques Canadiens qui se dirigèrent vers la Louisiane ; mais, dès l'instant delà cession de cette province à l'Espagne par la France, ces é migrants s'empressèrent de nous revenir presque tous." DEUX PROVERBES Les deux proverbes suivants sont très populaires en France, le premier dans le Languedoc, l'autre dans la Pro- vence : " Te mandaray on Canada pesca des raounines verdes." (Je t'enverrai au Canada pêcher des aigles-poissons verts). 44 Ne m'en trufe coume do'u Canada." (Je m'en soucie comme du Canada). Digitized by Google PENDANT LE SIÈGE La vie ou la mort d'un homme tiennent souvent à des incidents bien futiles en apparence. Le capitaine de Gaspé fumait paisiblement la pipe, pen- dant le siège de Québec, en I7ti0, avec deux do ses frères d'armes, les capitaines Vassal et de Bonne, dans une exca- vation faite la veille par une bombe ennemie. Cette retraite les mettait à l'abri d'un vent glacial du nord-est, accompa- gné d'une pluie qui tombait à torrents, et semblait au ssi devoir les protéger des bombes et des boulets de l'ennemi. Il faudra que le diable s'en mêle, dit en riant le capitaine Vassal, si une autre bombe vient nous déterrer dans ce trou par cette nuit sombre. Ainsi fumons et jasons en paix. Ils étaient là depuis quélques minutes, devisant avec*la gai té habituelle des Français, lorsque le capitaine de Gaspé , croyant entendre quelqu'un qui l'appelait, dit, en sortant de l'excavation : On craint apparemment que nos jambes s'engorgent faute d'exercice. Mais il était à peine éloigné de quelques pas, qu'une se- conde bombe, tombant dans la i et rai te qu'il venait do lais- < ser, tua ses deux amis. Feu le juge de Bonne et feu le colonel Vassal, adjudant* général des milices canadiennes, pendant la guerre de 1812, s'entretenaient souvent avec mon père de cette fatalité qui les avaient fait tous deux orphelins, tandis qu'un hasard providentiel avait Bauvé la vie au père de leur ami. Philippe- A. de Gaspé REPONSES Les Pères I)*Olbeau. (IV, VI, 471.)— U y a eu deux pères d'Olbeau au Canada. On a étrangement mêlé la car rière de ces deux religieux. C'est le père de La Rochemon- teix qui a remis ces deux figures en lumière. Le père Jean d'Olbeau (Champlain écrit Delbeau, Sagard Dolbeau, et le père Le Clercq d'Olbeau), récollet, arriva à Québec en 1615, en même temps que les pères Jamay, Le Caron, et le frère Pacifique Du Plessis. C'est lui qui, le 25 juin 1615, célébra, à Québec, la première messe depuis les voyages de Jacques Cartier. La même année, il bâtit une cabane à Tadoussac, où il offrit le saint sacrifice. Bans l'hi- ver, il visita les Montagnais, les Betsiamits, les Papinachoia et les Esquimaux. En 1617, il passa en France avec Cham- plain. De retour l'année suivante, il fit l'ouverture, le 29 j uillet, du premier Jubilé célébré au Canada. Le 3 juin 1620, i 1 posa la première pierre du couvent des Récollets, à l'en- d roit où est aujourd'hui l'Hôpital-Général de Québec. Ren- voyé en France par les Anglais, en 1629, le père d'Olbeau n e revint jamais au Canada. Le père Jean d'Olbeau, jésuite, né à Langres, en 1608, arriva au Canada en 1640. Envoyé à Miscou, il y séjourna t rois ans. ?'n septembre 1643, épuisé par un dur apostolat, il s'embarqua pour la France. Le vaisseau qui le portait ayant été pris par trois frégates ennemies, fut livré au pil- lage. Quelqu'un ayant laissé tomber du feu dans les pou- dres, une explosion s'en suivit, et vainqueurs et vaincus périrent. L'infortuné père, dit la Relation de 1643, eut ainsi le bonheur de donner sa vie, dans un si généreux emploi, et d'avoir passé par lo feu et par l'eau pour entrer dans un repos éternel. Dig — 279 — Le capitaine Nadeau. (Ill, IV, 314.) — A la date du 30 mai 1760, le capitaine Knoz, qui faisait partie de l'armée anglaise, écrit dans son Journal : "A native of the parish of St- Michel was hanged yesterday, in sight of his own hamlet, for having exerted his utmost endeavours to spirit up his countrymen to revolt, and drawing several of his own company, he being a captain of the militia, to join the late french army." M. de Gaspé, dans ses Anciens Canadiens, nous donne le nom do ce bravo. Il était meunier et se nommait Nadeau. Il était surtout accusé d'avoir fourni des vivres à l'armée française. Bans un moment de colère, le général Murray le condamna à mort. Le pauvre meunier fut pendu à une vergue de son moulin à vent. Son cadavre y demeura trois jours, balancé au gré des vents et de la tempête. Murray reconnut bientôt son erreur, et, pour réparer sa faute, il adopta les deux filles de sa victime. Il les amena avec lui en Angleterre On a cru longtemps à Saint-Michel qu'il les avait fait périr peudunt la traversée de l'Atlantique. Une telle idée est ridicule. Il est plus rationnel de croire que Murray les fit élever convenablement et qu'elles devinrent plus tard d'honorables mères de familles. En 1768, le gouverneur Carleton, plus tard lord Dorches- ter, visitant Saint-Charles de Bellechasse, so fit présenter le fils orphelin du meunier Nadeau. Le gouverneur donna au pauvre enfant des marques d'une bonté paternelle II ordon- na qu'on le mit en pension au séminaire de Québec,en disant : " C'est un général qui lui a fait perdre son père, c'est un général qui lui en fora retrouver un autre." En effet, M. l'abbé Rhéaume, du séminaire de Québec, me dit qu'il a trouvé dans un cahier intitulé : " Annales du séminaire de Québec," qui contient les noms des pension- naires jusqu'en 1770, l'entrée suivante : " 30 octobre 1768, Charles Nadeau, de Québec." — 280 — Dana le Brouillard de 1748 à 1770, il a aussi trouvé l'en- trée suivante : " 14 nov. 1769, reçu pour solde de la pension du petit Nadeau, 54 1." P. G. R La comtesse de Puisaye, (V, VIII,646). — La com- tesse de Puisaye n'a pas tenu un petit magasin à Québec pour la bonne raison qu'elle n'est jamais venu dans notre pays. J'ai en ce moment sous les yeux la liste de tous ceux et celles qui accompagnèrent le comte de Puisaye au Canada. Seules,niadame la marquise de Beaupoil et madame la vicom- tesse de Chalus suivirent leurs maris ici. D'ailleurs, lo comte de Puisaye n'a jamais été dans une condition de fortune assez précaire pour forcer sa femme à tenir un petit magasin. lorsqu'il vint ici, deux domestiques, John Thompson et madameSmithers, raccompagnaient ; ce qui indique encore une certaine aisance. P..G. R. Lett wut' res de M, l'abbé L.-E. Bois (V, VI, 619.) — L'abbé Bois était aussi modeste que savant. Il n'a jamais voulu consentir à laisser mettre son nom sur les ouvrages qu'il a publiés. Voici, aussi complète qu'il nous a été possible de la faire, la liste de ses ouvrages : Esquisse de la vie et des travaux apostoliques de Sa Gran- deur Mgr François- Xavier de Laval-Montmorency, premier évtque de Québec ; suivie de l'Eloge funèbre du Prélat. 1845. Etudes et recherches biographiques sur la chevalier Noel Brulard de Sillery, fondateur de la mission Saint-Joseph^ à Sillery. 1855. Etat présent de l'Eglise et de la Colonie Française dans la Nouvelle- France, par M. VEvèque de Québec. 1857. Notice sur Michel Sarrazin, médecin du Roi à Québee, et membre du Conseil Supérieur. 1857. — 281 — Relations des Jésuites, contenant ce qui s'est passé déplus remarquable dans les Missions des Pires de la Compagnie de Jésus dans la Nouvelle-France. 3 volume» in-8 de 750 page h chacun. 1858. (M. l'abbé Bois est l'instigateur et le vérita- ble compilateur de cette édition canadienne des célèbres Relations). Le naufrage de l Auguste, 1860. Etudes sur les explorations de Soto, Joliette, Marquette et La Salle, 1860. Eloge historique de M. le marquis de Montcalm,avec notes 1860. Etudes biographiques sur M. Jean Raimbault, archipritre, caré de Nicolet. 1869. Notice sur M. Jos. O. Leprohon, archipritre, directeur du collège de Nicolet. 1870. La découverte du Mississipi. Notices sur les explorateurs De Soto, Joliet, Marquette et de la Salle, 1873. Esquisse du service postal. 1875. Le colonel Dambourgis. 1877. Le juge Mabane. 1881. Notes sur l'île d'Orléans. 1895. P. G. R Le bourreau Humphrey, (VI, VIII, 739). — A l'époque sanglante de la rébellion de 1837-38, le bourreau, à Montréal, était un nommé Humphrey. Humphrey avec un effrayant cynisme, bravait le mépris public ; lui seul parmi les bourreaux refusa de dérober se* traits sous un grand manteau noir. Il était taillé en Hercule, très obèse, et quoique n'étant atteint d'aucune mârmité, il marchait courbé sur un bâton. Les enfants se reculaient en frémissant à son approche, car personne n'Ignorait alors qu'elles étaient ses ignobles fonc- tions. Digitized by — 282 — Personne ne connaissait sa demeure ; il courait sur son compte, dans le peuple, les légendes les plus curieuses. Il n'a jamais essayé de se cacher et, chose vraiment étrange, on n'a jamais essayé de le frapper dans les rues. Il exerçait sur tous ceux qui l'approchaient une telle terreur, que les plus hardis même en nombre, n'auraient pas voulu combat- tre contre un tel adversaire. Voici les noms des glorieux martyrs de nos libertés, souil- lés par les mains du bourreau Humphrey : 21 décembre 1838.— J.-N. Cardinal, N. P., Joseph Duquet, étudiant en droit. 18 janvier 1839. — T.-Théophile Decoigne, Joseph -Jacques Robert, Ambroise Sanguinet, Charles Sanguinet, François- Xavier Ifamelin. 15 février 1839.— F.-X. Thomas de Lorimier, François Nioolas, Pierre- Rémi Xarbonne, Amable Daunais, Charles Hindelang. jr. La chiiase-yalerie. (V, III, 596.)— La chasse-galerie est une légende apportée de France, et adaptée au pays par nos voyageurs et coureurs des bois. D'après cette légende, ceux qui désirent être transportés rapidement d'un endroit à un autre, à travers les airs, et généralement en canot d'é- corce, passent marché avec Satan pour lu réussite du voyage, que le Prince des Ténèbres s'engage à mener à bonne fin aux conditions suivantes : lo Durant tout le temps du trajet, le nom de Dieu ne doit pas être prononcé ; 2o Les voyageurs veilleront à ne pas s'accrocher, en route, aux croix surmontant les clochers des églises ; 3o Les voyageurs conviennent de livrer leurs âmee a» diable, s'ils violent les deux conditions ci-dessus. Ces conditions une fois stipulées, il n'y a plus qu'à pren- dre place dans le canot et à prononcer les trois mots caba- listiques : A cabri ! Acabra ! A cab ru m ! L'embarcation s'élève alors dans les airs, qu'elle traverse à raison de cinquante lieues à l'heure. (Ces renseignements sont extraits de la nouvelle la Chasse-Galerie^ publiée par M. Honoré Beaugrand, dans le Century Magazine de septem- bre 1892). En Saintonge, d'où nous vient la légende, la chasse' galerie est encore aujourd'hui l'une des vieilles terreurs de la cam- pagne. On y définit par là le passage bruyant, durant la nuit, d'une troupe de diables sifflant, hurlant, faisant cla- quer des fouets et emportant des quartiers d'hommes. Les esprits forts, par contre, soutiennent que tout ce beau va- carme est en réalité causé par des vols de cigognes et de canards siflleurs, qui effraient les pochards attardés sur les routes. Nous venons de rencontrer, dans un ouvrage de Pierre Loti {Livre de la Pitié et de la Mort, p. 123), quelques ligne s relatives à ce sujet et quo nous croyons utile de rappeler ici. Pierre Loti relate, en ces lignes, un souvenir de sa jeunesse , et la chose se passe dans l'antique demeure de sa famille, sise précisément dans l'ancienne province de Saintonge : " Dans le grand silence, nous avions entendu passer au* dessus des toits... un vol d'oies sauvages qui émigraient vers d'autres climats ; un peu une musique de chasse-galery , un bruit de voix aigres, très nombreuses, gémissant toutes à la fois..." M. Louis Frechette, qui tient aussi pour l'origine fran- çaise du mot, citait, dans une de ses chroniques de la Patrie, un autre fait bien concluant : " Dans le district de Québec, raconte t- il, la chasse-galerie se rapproche plus de la légende française. Un homme est allé à la chasse pendant la grand' mes** le dimanche, et, depuis lors, il parcourt les airs avec ses chiens en criant : Tayant l tayant... — 284 — " Or, la preuve que la légende est d'origine française, c'est que ce terme de chasse est complètement inusité au Canada ; il ne s'est conservé que dans la légende." La chaste- galerie n'est plus maintenant qu'uno tradition au Canada, et l'on trouverait à peine quelques rares " vieux de la vieille" pour y ajouter foi. Mais, même dans le temps où la crédulité de nos pères s'exerçait à cet endroit, la chasse- galerie n'inspirait aucune crainte. Presque toujours, elle se présentait sous forme d'une bande de joyeux lurons, chan- tant force gais refrains et pagayant avec vigueur leurs canots d'écorce à travers les airs. D'autres fois encore, c'é- tait une troupe de chasseurs, se suivant à la queue-leu-leu à la crête des nuages, et ce dut même être là ce qui a donné lieu à l'étyraologie primitive du mot : la galerie ou bande de chasseurs. Par les belles nuits tranquilles, nous raconte-t- on, on entendait tout à clair le galop des chevaux, l'aboie- ment des meutes, l'hallali des ocre, etc. Sylva Clapin Le Père tie Nmet. (VI, VIII, 736).— Le célèbre mis- sionnaire belge est mort aux Etats-Unis. Ses compatriotes lui ont élevé un magnifique monument à Termonde. Le nom du Père de Smet est encore en grande vénération auprès des Peaux Rouges, qui l'appelaient non pas une robe noire mais la robe noire par excellence. En souvenir de lui le fameux chef dee Sioux, converti par le missionnaire jésuite, Taureau- Assis, a plusieurs fois relâché sans rançon des Canadiens et des Français. Il n'en voulait qu'aux Améri- cains envahisseurs do son territoire. Il m'a été donné de visiter le tombeau de mon compatriote à Florissant, village du Missouri, à une douzaine de milles de Saint-Louis. Florissant fut jadis la résidence du gouverneur et le chef-lieu d'un territoire à peu près grand comme les deux tiers de l'Europe, maintenant décomposé en plusieurs Digitized Etats. C'était une cité, alow que la ville do Saint-Louis n'exis- tait pas. Toute la vallée de Florissant est ravissante. Le Missouri en avait jadis certainement fait un lac, car le limon laissé par les eaux était à trente pieds de profondeur. J'ai vu des terres qui portent du mais depuis vingt ans sans que l'on parvienne à les appauvrir pour cultiver du blé. Dans ce village, fort étendu du reste, il y a deux églises catholiques et un noviciat construit par les Jésuites. De leurs propres mains, le Père de S mot et quelques compa- gnons, la plupart Be)ges,édi fièrent la log-house qui fut leur premier couvent. A côté du noviciat est le cimetière des Jésuites. En cherchant bien parmi les pierres tombales, tou- tes semblables, j'ai découvert celle que je cherchais. Elle porte cette inscription : " R. P. P. J. De Smet, né le mort le " Rien de plus. Si quelque chose distingue cette tombe de ses voisines, ce n'est qu'une plante de chèvrefeuille venue par hasard et dont les rameaux embaumés tamisent sur la pierre les ardeurs du soleil. A. DE WOBLMOMT JLecawU de Chambljf. (VI, VII, 730).— Le canal de Chambly a été commencé le 1er octobre 1831 et ouvert à la circulation dans le printemps de 1843. Il permet d'éviter les rapides entre Chambly et Saint-Jean, distance de douze milles. Le coût total de ce canal, y compris les dépenses faites jusqu'à 1893, s'élève à la somme de $677,318.82. On jugera de l'importance du trafic de ce canal par les données suivantes : Le système Richelieu, commence àSorel, au confluent du Saint-Laurent et du Richelieu soit quaran- te cinq milles plus ban que Montréal. On remonte le Riche» lieu jusqu'à l'écluse de Saint-Ours, de Saint-Ours àChambly, de Chambly à Saint-Jean, de Saint-Jean à la frontière, de la frontière au canal Champlain, du canal Champlain, au canal Erié, du canal Erié à Albany, et d' Albany à New-York. En tout quatre-cent-onze milles. R. — 287 — Mgr de Saint- Vallier, évêque de Québec ; Mgr Dosquet, évêque de Québec ; Mgr Pleseis, archevêque de Québec (1820) , Mgr T.-L. Connolly, archevêque d'Halifax (1856) ; Mgr C.-F. Baillargeon, archevêque de Québec (1862) ; Mgr William Walsh, arehevêque d'Halifax (1862) ; Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal (1862) ; Mgr K.-J. Horan, évêque de Kingston, (1862) ; Le cardinal Taachereau, archevêque de Québec (1875) ; Mgr J.-T. Duhamel, archevêque d'Ottawa , Mgr Antoine Racine, évêque de Sherbrooke (1886) ; Mgr L.-F.-R. Lafièche, évêque de Trois- Rivieres (1892) ; Mgr Vital Grandin, évêque de Saint- Albert (1886) ; Mgr L.-Z. Moreau, évêque de Saint- Hyacinthe (1887) ; Mgr L.-N. Bégin, archevêque de Québec ; Mgr Elphège Gruvel, évêque de Nicolet. P.-G. R. L'épée de Wolfe. (V, 11,579).— Il y a quelques années, on taisait l'acquisition en Angleterre, pour notre futur musée national à Ottawa, de l'épée portée par Wolfe lorsqu'il tomba sur les Plaines d'Abraham. Cette épée est-elle bien authen- tique f Je réponds sans hésiter : non. L'épée de Wolfe, celle qu'il portait à la journée mémora- ble du 13 septembre 1759, est oncore conservée à la Royal United Service Institution de Londres. Elle avait été don- née à ce musée par George Warde. héritier de la mère du héros anglais. R. Le êleur Du nui». (IV, X, 519)—." Une lettre du 27 février 1769 nous apprend que Dumas vient d'être relevé de son commandement général à l lle de France et de Bourbon." (Famille de Léry,p. 81). R ■ — 286 — La loi de primogeniture, (II, XII. 266). — La loi de primogeniture, par laquelle lorsqu'un père meurt tous ses biens passent à l'aîné de ses fila, n'a jamais existé dans la province de Québec, Dieu merci. Lorsqu'on nous donna la constitution de 1791 la province d'Ontario— le Haut Canada d'alors — fut soumise a la loi anglaise. La loi de primogéniture a donc été en force dans Ontario. En 1851, l'honorable M. Baldwin réussit à faire changer cette loi injuste. Et aujour- d'hui lorsqu'un père meurt sans faire de testament, tous les enfants ont une part égale dea biens paternels. P.-G.R. Len journaux de L4;ei«. (III, XI,375.)— Un grand n ombre de journaux et de revues ont vu le jour à Lévis. En voici la litste complète : Le Drapeau de Lévis, qui eut le poète Frechette pour rédacteur, 18b*4 ; le Journal de Lévis, dans lequel M. A.- D. De Celles écrivit eon premier article politique, 1865 ; le Progris de Licis, 1867 ; la Semaine des Familles, 1869 -70 ; Y Echo de Lévis, 1871-1876; le Quoti- dien, 1879 ; le Travailleur de Lit is, 1890-92 ; VOuvrier, 1890 ; le Glaneur, 1890 92 ; V Union Canadienne, 1891 ; le Feu-Follet, 1892 ; le Moniteur, 1893-96 ; le Bulletin des Recherches Historiques, 1895 ; la Bibliothèque Canadienne, 1898 ; la Revue du Notariat, 1898 : la Cravache, 1899 ; la Charité. 1900. Horack Têtu A»si*tant» an trône pontifient, (VI, VIII, 741.) Le» archevêques et leaévêques, seuls, peuvent être assistants au trône pontifical. Les prélats assistants ont le droit de porter la cappa. Ils font partie du cortège du Souverain Pontife. Dans les céré- monies, ils tiennent le livre et le cierge dont il se sert. Autrefois, les prélats assistants au trône pontifical jouis- saient d'un grand nombre de privilèges. Aujourd'hui, cette charge est purement honorifique. igmzea Dy Google — 288 — QUESTIONS 742. — Où peut-on trouver la biographie ou des renseigne- ments sur non anciens vice-rois ou lieutenants-généraux ? Koberval, de|LaKoche, de Chattes, de Monts sont bien con- nus mais qui connaît de Théminee, le duc de Maille- Breeze, le marquis de Feuquières, etc, etc ? Cua 743. — (rameau, parlant de la bataille des Plaines d'Abra- ham, dit : '* La perte des Français dans cette journée désastreuse fut considérable ; elle se monta à mille hommes environ y compris deux centroinquante prisonniers, qui tom- bèrent entre les mains des vainqueurs avec la plupart des blessés. " On m'affirme que oes deux cent cinquante prison - niera, la plupart Canadiens, furent transportés en Angle- terre et qu'ils ne revirent jamais leur patrie. Que dit l'his- toire ? Rio 744. — Je lis dans une lettre du maréchal Vaillant à un de ses parents lui demandant des renseignement sur sa famille : " J'ai entendu dire qu'un de mes grands oncles avait été soldat et blessé dans le Canada." Je serais curieux de connaître le nom de ce parent du grand soldat français. R O. P. 745. — En quelle année a-tron commencé i réunir des livres pour former la Bibliothèque de la Législature de Québec ? Biblio • 746. — Est-il vrai que le célèbre ministre Pitt, second lord Chatham, servit au Canada dans un régiment anglais pen- dant la guerre de l'Indépendance ? Con v. 747. — Le sulpicien Faillon a publié, n'est-ce pas, tons «es ouvrages sous le voile de l'anonymat. Pourries-vous me don- ner une liste des ouvrages du savant historien ? BiHi.ro. Digitized by Google BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL. 6 OCTOBRE 1900 No. 10 SAINT-IGNACE DU CAP SAINT-IGNACE La paroisse de Saint-Ignace du Cap Saint- Ignace eat for- mée de la seigneurie Vincelotte, concédée par Jean Talon a Geneviève de Chavigny, veuve du sieur Amiot, le trois novembre 1672, et par le gouverneur de Frontenac à Joseph Amiot, bieur de Vincelotte, le 1er février 1693 ; du fief Gamache ou Gagné, concédé par l'intendant Talon à Ga mâ- che et Belleavance,le 3 novembre 1672 ;du fief Sa in te- Claire, concédé par de Frontenac à René Lepage, le 17 man 1693, du fief Lalrenaye et du fief Fournier. Il y a près du fleuve Saint-Laurent, au centre de la paroiese, un petit cap, formant presqu'île, qui porte le nom de Cap Saint-Ignace. Ce nom lui fut-il donné par un mis- sionnaire jésuite ? La cho»e est possible, quoique la liste des missionnaires et curés de Saint-Ignace du Cap Saint- Ignace ne mentionne le nom d'aucun jésuite. Quoi qu'il en soit, du oap, ce nom ne tarda pas à s'étendre aux établisse- ments qui se formèrent dans les environs, et le 30 octobre 1678, lorsque Mgr de Laval érigea la paroisse, il lui donna une sanction officielle. Dans son rapport au roi, en 1683, Mgr de Laval écrit : " Le Cap Saint-Ignace (seigneurie de Vincelotte) contient une lieue ; il y a douze familles et 47 Ames. Dans la seigneu- rie de Gamache et de Belleavance, qui n'ont ensemble qu'une demie-lieue, il y a quatre familles et vingt-trois âmes." — 292 — La première mease à Saint-Ignace du Cap Saint-Tgnace fut dito dans la maison de Jacques Bernier, surnommé Jean de Paris, parce qu'il venait de Paris. Ce Bernier est la sou- che de tous les Bernior paeséi», présents et futurs. lia première chapelle fut bâtie en 1683, au bord du fleuve, dans les limites du fiof Gamache, sur un terrain donné par Nicolas Gamache. Elle était en bois. Un an ou deux après, on éleva une chapelle en pierre à côté de la première. En 1744, ello s'éboula avec la côte. On voit encoro les ruines do cette chapolle à maréo basse. En 1746, on constraint, à douze arpents plus haut, une maison en pierre pour servir de presbytère. Cette maison existe encore aujourd'hui. Elle est en bon état de conserva- tion. Elle est même habitée. Dans le même temps, les habitants de la seigneurie Vin- celotte se mirent aussi à bâtir un presbytère, malgré la défense de l'évëque. De là, de longues et pénibles difficul- tés. Cependant les habitants de la seigneurie Vincelotte eurent la messe dans leur presbytère, et cela pendant envi- ron 25 ans. Les divisions n'en continuèrent pas moins. Pour mettre fin à tous ces troubles, en 1772, Mgr Briand fixa la place de l'église sur los confins ouest de la seigneurie Vincelotte. Cette troisième église fut ouverte au culte en 1773. Elle était située au lieu et place de l'église actuelle. Cette église fut allongée une première fois en 1824 et de nouveau en 1854. En 1880, on la remplaça par une nouvelle église, qui fut incendiée le 14 décembre 1890. L'église actuelle, commencée Tannée suivante, a été entiè- rement terminée en 1893. C'est un beau et magnifique temple qui fait la gloire de la paroisse et proclame l'habi- leté de son curé et la générosité de ses habitants. La paroisse de Saint-Ignace du Cap Saint-Ignace a eu, depuis sa fondation, les desservants et curés suivant* : Digitized by Google MM. Pierre de Caumont, de Dovembre 1679 à avril 1680 ; Thomas Morel, 1680 à 1683 ; Paul Vacbon, de 1683 à 1685 ; Paul Sennémaud, du 1er janvier 1685 à mai 1685 ; Benoit Duplein, de juin 1685 à novembre 1685 ; Thomas Morel, de novembre 1685 à octobre 1686 ; Claude Moireau, récollet, de 1686 à 1687 ; Nicolas Cadard, de janvier 1688 à avril 1688 ; Elie Audy, 1688 ; Gaspard Dufournel, 1688 ; Louis Aubert, récollet, 1688-1689 ; Philippe Boucher, 1689-1690 ; Jean Pinguet, de 1690 à 1692 ; Pierre de Francheville,l692- 1698 ; Louis Mathieu, premier curé, 1698 1701 ; Eodolphe Dubus, de 1701 à 1702 ; Pierre Le Poyvre, 1702-1704 ; Philippe Rageot, 1704 1707; Joseph Denys, 1707-1708 ; Yves Le Riche, 1708-1712 ; Charles Hazeur Desormeaux, 1712 ; Yves Godard, 1 7 131 7 14 ; J.-B.Dugas, 1714 ; Pierre Loclair, deuxième curé, 1714 1722 ; Simon Foucault, 1722 ; Maurice Imbault, 1723 ; Lucien Verge, 1723 ; Charles Joseph Le Berre, 1723 ; Simon Foucault, 1724- 1741 ; J. Romain Dolbec, 1741-1746 ; François Marganne de Chapt de Lavaltric, de 1746 à 1747 ; Jean François Curot, 1747- 1764 ; Charles Mangue-Garaut Saint-Onge, 1764-1769 ; Jacques Hingan, 1769-1777 ; Paul Antoine Bédard, 1777- 1779 ; Jacques Panet, 1780 ; Jacques Olivier Guichard, 1780-1786; Jacques Panet, 1781-1783 ; J.Michel Paquet, 1783 1792 , J. B. Griault, 1792-1806 ; Pierre Nicolas Leduc, 1806-1812 ; Pierre Viau, 1812-1818 ; Philippe Auguste Parent, 1818-1832 ; Louis Gingras, 1833 ; Etionue Edouard Parent, 1833-1840 ; J. Etienne Cécil, 1840-1857 ; Frédéric Caron, desservant, 1857 ; François Morin, 1857-1859 ; Zé- phirin Sirois, 1859 1868; Napoléon Théodule Sirois, curé actuel. R. LES MOTS D'ORKÏINE SAUVAGE Achigan : Mot d'origine algonquine désignant la perche noire de nos rivières (black bass des Anglais). D'autres for» mes existent, et on dit, suivant le* localités, acigan, acignan, malachigan, manachigan. Le mot est très vieux, étant venu en usage dès le commencement de la colonie, et on lit, entr'autres dans Hennepin, Description de la Louisiane : " On y pesche des achigans." Agohanna : unité en polsie et en histoire pour roi, chef suprême. " Le Roy et Seigneur du païs qu'il* appellent en leur langue Agouhanna." (Lescarbot, Nouvelle- France, p. 320). Algonquin : Sauvage de la tribu indigène des Lenni-Len- napes, dont les descendants habitent aujourd'hui la région du lac Saint-Jean et du haut Saguenay. Au figuré.personne d'apparence rude et fruste, ou qui est bizarrement accou- trée : — Csst un vrai algonquin, c'est-à-dire un ours. Par extension, et pris substantivement, chose difficile ou impos- sible à démêler : Tout ça c'est de Valgonquin, c'est à dire il est impossibVe d'y voir goutte. Almouchiche : da micmac animout, signiâant chien, suivi de la désinence diminutive shish. Le mot almouchiche e»t une expression purement locale, appartenant à la région du Risiigoucbe, et Ton désigne par là une variété de chiens que l'on dresse à faire la chasse aux porcs-épics. " Pour l'ai- raouchiche point de péril dans la chasse." (Taché, Soirées Canadiennes^ 1861, p. 18). Apola : désigne une variété de ragoût, que M. de Gaspé (Anciens Canadiens, p. 192) décrit comme suit : " L'apola, ou étuvé d'alouettes, avec pommes de terre, mie de pain, et michigouen." Assinabe : de, l'algonquin assin, pierre. Lourde pierre servant à retenir une seine, un filet, au fond de l'eau. Digitize — 295 — Atoca : ce mot, désignant le fruit de la canneberge, est d'origine huronne ou iroquoise. Le lexique iroquois de l'abbé Cuoq donne lu forme tokware, et on lit, dans le Dic- tionnaire de la langue huronne de Sagard : " A toca, petit fruit, comme cerises ronges, qui n'a point de noyau." Atosset : mot mootagnais désignant un poisson particu- lier au lao Saint-Jean (Buies, Le Saguenay, p. 203). Autmoin : nom donné, par les 8ouriquoia, à leurs prêtres et sorciers. Co mot se rencontre fréquemment dans plu- sieurs anciens ouvrages sur le Canada, mais avec tendance à tomber de plus en plus en désuétude. " Les autmoins ados- ' saient, dans sa forme mystique,— Aux parois des rochers la loge fatidique." (Taché, Soirées Canadiennes, 1863, p. 100). Babiche : lanière de peau d'anguille. L'explication la plus rationnelle de l'origine de ce mot est celle qui le fait se rattacher au Souriquois ababich, signifiant corde, fil, ou • encore, au micmac ababee, même signification. Quoi qu'il en soit, l'emploi de babiche était à peu près général dès l'origine de la colonie, ainsi qu'en fait foi Lescarbot qui, en 1612,écrivait ababich dans son Histoire de la Nouvelle- JFrance. Batiscan : exclamation en forme de juron adouci, et qui au Canada, remplit l'office de sapristi en France. " M'en aller, batiscan ! On ne me déloge pas de cette façon." (Le- May, Picounoc le Maudit, II, 159). Boucane : fumée quelconque, et, plus spécialement,fumée épaisse ou nauséabonde. Cacaoui : variété de canard (Harelda glacialis), que l'on rencontre dans les parages du golfe Saint-Laurent. L'ori- gine de ce mot est douteuse, et cacaoui peut être tout sim- plement une onomatopée. L'abbé Cuoq, dans ses Etudes philologiques (p. 86), le fait dériver de l'algonquin anhan- howe, ou anh anhwe, d'où, ajoute-t-il, les Canadiens ont fait cacaoui. Ce qui semblerait prêter une grande force à cette Digitized by Google — 296 — étymologie c'est que le P. Petitot, dans son Dictionnaire de la langue Diné-Dindjii, désigne le même volatile par can- canwi. Canaoua : terme dérisoire, on de mépris, appliqué aux Sauvages par les blanos. Ce mot était surtout d'un usage très répandu, au -siècle dernier. On disait aussi canaouache et canaouich, " Les canaoua» vont t'écorchor comme une anguille.1' (De Gaspé, Anciens Canadiens, II, p. 135). Canot : petit bateau, fait d'éooroe ou d'un tronc d'arbre. Chose qui semblera étrange le mot canot lut employé au Canada avant de l'être en France, et dérive de l'espagnol canoa se rattachant au dialecte des Caraïbes, dans les Antil- les. Lescarbot, dans son Histoire de la Nouvelle- France, appelle canoa un " petit bateau tout d'une pièce." Carcajou : du montagnais Kar-Ka-Joo. Animal carnas- sier, appartenant à la famille des blaireaux et qui habite principalement le Labrador. Les Sauvages le désignent aussi bous le nom de quâ-guâ-sut (diable-dea-bois). Caribou : animal sauvage à la chair exquise, qne l'on a surnommé le renne de l'Amérique septentrionale. Cazagot : mot emprunté aux Montagnais du lac Saint- Jean, et désignant une sorte de boîte en Source que la femme sauvage s'attache derrière le dos, et qui lui sert à porter son nourrisson. " Elle avait sur «on dos, dans son ca*agot...un petit métis de douse mois." (Bert he, Souvenirs d'un demi- siècle, p. 433). Chichicoui : instrument de musique en unage chez les Sauvages, et servant à battre la mesure. "Cet instrument, fait de bois, de peau desséchée ou de corne, se compose d'un manche et d'une portion creuse, remplie de petits osselets, de petits cailloux, ou de plomb à tirer " ( J. C. Taché). Le vrai mot sauvage de cet instrument est chichigouane, de chi- chigoui signifiant serpent 4 sonnettes, sans doute par analo- gie avec le bruit de grelots de la queue de ce reptile. Digitized by Google Chouayen : term© dérisoire, ou de mépris, appliqué au Canadien-Français qui fait montre d'un loyalisme exagéré, en quelque sorte servile, via à-vis des Anglais. Le mot chouayen remonte assez loin dans l'histoire, et appartient même à lu période de la domination française, puisqu'on le vit apparaître, pour la première fois, lors de la prise du fort d'Oswego. A cette époque, quelques Canadiens-français, désespérant déjà du succès définitif des armes françaises, avaient résolu de passer aux Anglais, dont ils attendaient faveurs et protection. La victoire française d'Oswego, sur- venant sur ces entrefaites, fit éprouver à ces transfuge» un tel dépit, que le gros public prit de suite un malin plaisir à le leur rappeler à tout propos. Or, on sait que le fort Oswego s'appelait autrefois Chouaguen. De là l'appellation chouayen. Durant la rébellion de 1837, le mot chouayen obtint un surcroît d'actualité, et servit, bien entendu, à dési- gner ceux des Canadiens-français qui faisaient alors bande à part contre les " patriotes," et en particulier les " bureau- crates." Esurgnis : grains de porcelaine, faits de la nacre de cer- tains coquillages marins, et dont les Sauvages confectionnent des colliers. Ces colliers jouaient autrefois un certain rôle dans les relations des colons avec les Indiens, et se présen- taient, au début des délibérations, de conseils, comme gages de paix, de bonne entente. Il a toujours été, cependant, plus d'usage courant de remplacer esurgnis par son équiva- lent wampum, qui est un mot se rattachant au dialecte des Sauvages do la Nouvelle- Angleterre. " Lors chascunes d'i- celles donna audict cappitaine vug collier desurgny." (Car» tier, Bref récit, p. 44). Kayak : canot de pêche, en usage chez les Esquimaux de la région septentrionale du Labrador. Une coïncidence assez curieuse se remarque entre le Kayak des Esquimaux, et le Kayik des YaKoutes de Sibérie, ce dernier étant aussi — 298 — un canot de pêche. Selon toute probabilité, notre propre mot Kayik a donc dû prendre naissanoe en Sibérie, dans les parages du lac Baikal, puis, de là, passant aux Esqui- maux de la Léna, arriva en Amérique avec ces derniers, viâ le détroit de Behring. S'il est vrai qu'aucun fait, si petit qu'il soit, ne doit être laissé de côté pour l'intelligence des choses préhistoriques, ce mot Kayak viendrait donc ainsi singulièrement à l'appui de ceux qui prétendent que l'Amé- rique a été peuplée, à l'origine, à l'aide de migrations venues de l'Asie. Kini-Kinik : du sauvage algonquin Kininigegi, signifiant " Je mêle." On désigne, par ce mot, un certain mélange d'écorce ou de feuille» avec du tabac, et que fument les sau- vages, les trappeurs, etc. Quelquefois aussi, Kini-Kinick se prend tout simplement pour l'écorce même servant de base au mélange en question, écorce enlevée a une variété d'au- bier, dite " bois-rouge." Machicoté : de l'algonquin mat&hîgode. Jupe, jupon de femme. Mackinaw : couverture de laine, ou pelisse, par-dessus fait d'une épaisse couverture do laine. Le mackinaw fut autrefois l'objet d'un commerce très étendu avec les sauva- ges, et on le désignait ainsi parce qu'on se le procurait sur- tout au fort Mackinaw, qui en était l'entrepôt principal. M Enveloppés dans nos pelisses de bison et dans nos couver- tures mackinaw, nous pouvions,sans être incommodés, braver la fureur du vent." (LeMoine, Chasse et pêche, p. 31). Malachigan : corruption de manachigan, ou, selon Cuoq, de manacigan, et désignant spécialement une variété d'achi- gan mal conformé, que l'on nomme aussi " gros bossu." la première syllabe de ce mot sauvage a été confondue avec l'adjectif français mâle, tout comme s'il fallait écrire mâle achigan. Digitized by Google Manitou : mot d'origine algonquine (manito, génie, dieu, esprit). Divinité tutélaire adorée par nos sauvages. Chacun Aânx se choisit un manitou dans le premier objet venu qui frappe ses sons. Cette définition, si exacte qu'elle soit dans l'espèce, est cependant par trop vague et incomplète, et le mot comporte diverses autres significations qu'il est utile de préciser ici : 1° Esprit, ombre, mâne : " manitous de la plage, — Esprits, éveillez-vous." (Fréchette, Fleurs boréa- les, p. 50). 2° Bon ou mauvais génie, appartenant à une légende locale : " les plus nerveux parlaient de sortir et de provoquer en combat singulier le manitou du Saint- Maurice." (Suite, Mélanges, p. 357). 3° Eeprit invoqué par les jongleurs, les sorciers : " L'importance des jongleurs est en raison de l'importance de leurs ma nitous.u (Taché, Fores- tiers et voyageurs, p. 192). 4° Fétiche, symbole : " Dans le sac do voyage, le manitou tenait le premier rang.") Fer- land, Histoire du Canada, t. I, p. 113). Mascouabina : d'origine algonquine, désignant le cormier ou sorbier domestique. Le P. Lacombe fait dériver ce mot de maskomin, signifiant " graine d'ours," et cela parce que plusieurs animaux sauvages, entr'autres les ours, sont très friands de l'écorce du maskouabina. Maskeg : d'origine crée, désignant un marais, une savane. Le P. Petitot définit le maskeg " marais, ou plaine remplie de lichens." Bans lo dialecte otchipwe se trouve la forme mashkig. Maskinongé (esoxestor) : variété de brochet, ainsi nom- mée du mot algonquin muskelunge. Une corruption curieuse de ce mot existe parmi le peuple. On dit quelquefois masque allongé, sans doute par allusion à la tête allongée et laide de ce poisson. D'un autre côté, plusieurs étymologistes préten- dent que le mot original même.c'est-à dire muskelunge,dérïve de deux termes indiens : mâsk, laid, difforme, et kinongé, — 300 — poisson, ce qui donnerait, comme on voit, tout à fait raison d'être à l'expression canadienne. Matachias : d'origine algonquine, désignant les rassades dont les sauvages ornent leurs habits. Les ceintures, col- liers, etc., servant à parer les jeunes squaws indiennes, se nomment aussi quelquefois des mat ac Mas. " Les femmes et les jeunes filles brodaient des matachias." (Taché, Soi- rées Canadiennes, 1861, p. 31 j. Ce mot est très vieux, car on le rencontre dan6 Champlain, Lescarbot, Sagard, etc. Il n'a pas toujours, cependant, chez les vieux auteurs, lasignU fication précitée, et plusieurs entendent, par matachias, un mélange de différentes couleurs dont les sauvages se servent pour se peindre le visage ou pour former sur leurs vêtements certaines figures de bêtes fauves, d'oiseaux, etc. On trouve notamment, dans Leclercq (Relation de la Gaspésie), le mot matachias cité à plusieurs reprises en ce sens, et même so matachier, pour se tatouer. Michigouen : d'origine montagnaise, désignant une variété de persil, dont l'arôme est bien supérieur à celui de nos espèces domestiques. Micmac : l'origine de ce mot, employé pour embarras, intrigue, mélange, ne manque pas d'un certain intérêt. La tribu des Micmacs était distribuée, à l'origine, au nord de la baie de Fundy. De bonne heure, les Français se firent de ces aborigènes des alliés fidèles, et surent les utiliser pour exercer des représailles sanglantes contre les Anglais, au milieu desquels le seul nom de Micmac devint bien vite comme une sorte d'épouvantail. On sait de quelles atroci- tés, souvent inouïes, s'accompagnaient les guerres indiennes dans ces temps troublés. Les Micmacs, entr'autres, se dis- tinguèrent par leurs cruautés, et cela à tel point qu'il était devenu d'usage courant de dire : "Il y a du micmac là- dedans," chaque fois qu'on voulait parler d'un coup demain exécuté dans des conditions particulièrement révoltantes et Digitized by Google — 301 — dont des Micmacs seuls pouvaient avoir été les instigateurs.. Dans la suite, le dicton II y a du micmac s'appliqua i tous les meurtres et crimes commis avec accompagnement de férocités. Cela voulait surtout dire : " 11 y a du feu et du sang là-dedans." Puis, avec le temps, tout cela finit par s'atténuer, s'adoucir, et ce n'est plus maintenant que par un reste d'allusion à l'humeur batailleuse des Micmacs que le dicton est usité. Aujourd'hui, on no s'en sert plus qu'en parlant d'une entreprise, d'un projet, d'une affaire, où il y a matière à brouille, à altercation. On dit cependant encore : " Il fait du micîiuic" en parlant de quelqu'un qui brise, ruine, abîme tout ce qu'il touche. Micouenne : de l'algonquin emikwan. Longue cuillère de bols, usitée pour diverses fins domestiques. Plusieurs autres formes existent, et l'on dit micoine, micouaine, mi- couane, micouanne. Miteuse : ce mot dérive du sauvage mitas, signifiant guêtre. Mocassin : du sautoux makkasin, signifiant soulier. Mokok : d'origine micmaque, usitô surtout parmi les Aca- diens pour marais, savane. Munie : d'origine montagnaise, désignant un poisson par- ticulier à la région du lac Saint- Jean. " La munie, qui a la queue et la couleur de l'anguille, la forme du crapaud de mer et la tête comme celle de la morue." (Buies, Le Sague- nay, p. 203). Nagane : d'origine algonquine, signifiant petite planche, planchette. La nagane veut dire un ensemble de planchettes, munies de laceta, de cerceaux et de courroies, dont les mères indiennes se servent pour porter leurs nourrissons sur le dos. Ouache : do l'algonquin amikwac. Conduit pratiqué horizontalement sous terre, par le castor, et aboutissant à la ouiche, ou cabane. Ouananiche : mot sauvage désignant un poisson fortesti» Digitized by Google — 302 — mé, appartenant à la famille de* saumons d'eau douce, et que Ton trouve surtout dans la région du lac Saint-Jean et de ses tributaires. Ouaouaron: du h\irou ouaraon, crapaud. Grosse grenouille ▼erte, faisant entendre comme une sorte de beuglement, dont le mot ouaouaron donne d'assez près l'onomatopée. Les Anglais, du reste, appellent aussi ce batracien bullfrog, c'est à-dire grenouille bœuf. Le missionnaire Sagard, dans son Dictionnaire de la langue huronne, place le ouaouaron parmi les animaux décrits sous l'en-tête général de "Bestes à quatre pieds." Ouiche : de l'algonquin amifocic, cabane, cache, ou retraite du castor. Ouragan : du sauteux onâgan, signifiant plat, vase. Petit panier d'écorce de bouleau, servant de corbeille à pain. Les Cris des bois prononcent orâgan, oyâgan. Outiko : géant, ou monstre fabuleux, dans les légendes sauvages. Pagaie : petit aviron court, dont l'usage nous vient des Sauvages. Vacant (carya olivaeformis) : de l'algonquin pakane, ou pagân. Noix du noisetier ou coudrier. Pican : animal appartenant à la famille des petits ours,et qui fait le désespoir des chasseurs par sa finesse et ses espiè- gleries malicieuses. Pémican : viande desséchée de bison, très nutritive sous un petit volume. Pitouane : mot d'origine sauvage pour arbuste, arbris- seau. Pichou : du cris piseic, îoup-cervier, lynx. Nom sous lequel on désigne un être laid ou malin. On dit surtout communément : " Laid comme un pichou." Picouille : du cris piku, signifiant briser, fracasser. Tout animal étique, maigre, décharné à l'excès. 303 — Pimbina : trait du viburnum edule, que Michaux et Gray considèrent comme une variété de la canneberge du Maine et du Canada. Pirogue : mot sauvage francisé, et désignant soit un canot d'écorce, ou un canot fait d'un tronc d'arbre creusé. Sacakoua : l'équivalent de la chasse galerie, chez les Sau- vages, et signifiant grand tapage, orgie infernale. On dit aussi sacaqua et sacaqué. Saccacomi : du sauvage sakaw, allumer, ou encore sakai- pttagane, allumer la pipe. Le saccacomi est une plante du genre tabac, croissant dans les forêts, et atteignant la hau- teur du " petit tabac de Virginie." C'était même là le tabac fumé presquo exclusivement par les indigènes, lors de la découverte du Canada, et encore aujourd'hui bon nombre de nos habitants en font usage et continuent à lo désigner par son nom sauvage, afin do le distinguer du tabac propre- ment dit. Sagamiti : mot d'origine sauvage, et désignant une sorte de bouillie faite avec du blé d'inde, dans laquelle on cuit quelquefois de la viande. Le P. Lacombo fait dériver ce mot du cris Kisâgamitew, c'est un liquide chaud, tandis quo l'abbé Cuoq tient pour l'algonquin Kipagamite, signifiant le potage est chaud. De toute manière, il est évident que le mot sagamiié devrait ainsi son origino à une méprise, le premier Français qui l'entendit l'ayant sans doute pris à tort pour le nom même du potage dont il s'agissait. Sagamo : chef de tribu indienne. Vient du micmac sha- quemau. " Fins le shaquemau conduisit le missionnaire à la chapelle." (Faucher do Saint-Maurice, De tribord à bâbord, p. 442). Sisiquoi : Le P. Lacombo fait dériver ce mot du sauvage sisikwan, petit sifflet en os. Le sisiquoi désigne une sorte d'instrument que les Sauvages secouent avec cadence, dans leurs conjurations, et qui est composé d'un petit sac de — 304 — parchemin bandé, dans lequel sont renfermées de menues pierres. On dit ausei chichikois. Squaw : dérivé de l'algonquin. Femme indienne. Succotash : du sauvage msickquatash, qui, s'il faut en croire Webster, appartiendrait au dialecte Narraganset. Mélange de maïs et de haricots, que l'on a fait bouillir ensemble. Tamarac (larix america) : mot algonquin désignant l'arbre plus connu sous le nom d'épinette rouge. Certains étymologistes rattachent ce mot à l'arme dite tomahawk, laquelle était surtout faite avec le bois du tamarac. Tobagane : du cris otobanash, traîneau. Sorte de traî- nean, composé d'une longue planche de bois floxible, recour- bée à une extrémité, et dont on se sert, en manière d'amu- sement d'hiver, pour glisser du haut de pentes escarpées. On dit aussi traîne sauvage. Tomahawk : arme de guerre des Sauvages, en forme de casse tête. Le P. Lacombe fait dériver ce mot du cris oto~ mahuk, assommes le, ou ot&mahwaw, il est assommé. Totem : mot algonquin désignant l'emblème ou insigne particulière à une tribu, & une famille. Touradi : mot montagnais désignant une grosse truite partîclière aux lacs du nord de Québec. Wigwam : mot sauvage signifiant hutte, cabane, et qui désigne le " home " des Indiens. Dérivé du cris wikiwak, dans leurs demeures. Par extension, habitation délabrée, de peu de valeur : C'est un vrai wigwam, c'est-à dire cela n'est guère habitable. Wampum : expression anglaise pour wompam, qui est un mot tiré du dialecte des Indiens de la Nouvelle- Angleterre, et désignant la porcelaine, les grains de porcelaine. Wapite (Cervus canadensis) : cerf ou élan du Canada. Ce mot dérive du cris wapitew, signifiant blanchfttre,venant Digitized by Google de ce qu'on a voulu distinguer ce cerf de l'orignal ou daim, dont le pelage est presque noir. WarnUcootai (Somateria spectabilis) : Variété de canard eider, appelé aussi " eider remarquable," autrefois af»sez abondante dans lee parages du golfe Saint-Laurent, mais que l'on ne rencontre plus aujourd'hui sue sur le littoral du Labrador faisant face à l'Atlantique. Warou : loup-garou. Homme qui, suivant une supersti- tion, erre la nuit dans les campagnes, changé en loup. Watap : mot algonquin désignant la racine d'épinette rouge, dont on se sort pour coudre l'écorce. Sylva Clapin LES GENEALOGIES On croit que les généalogies ne s'appliquent qu'aux per- sonnages en évidence. Je me demande a quoi bon, dans ce dernier cas ? Celui qui atteint une haute position, la noto- riété, la célébrité, se passe bien d'ancêtres, et comme dit Corneille : II donne ses exploits pour noms de ses aïeux, tandis que l'humble artisan ou le cultivateur sans autre titre devraient plutôt ne retourner vers les tempe anciens et recons- truire la chaîne des parentés qui va juwju'à eux. S'ils ont du cœur, ils se tont gloire d'appartenir à telle ou telle famille qui a été des premières à transformer un coin du Canada sauvage en pays chrétien. Cette lignée les réconforte moralement dans les luttes de la vie, car bon sang ne doit pas mentir. Lorsque l'on reporte sa pensée sur de lointaines origines on se sent plus confiant en soi-même que l'individu isolé au milieu de la foule et venant il ne sait d'où. A l'heure des épreuves, tous nos morts marchent avec nous pour soutenir notre courage et nos résolutions. Comprendriez vous l'amour — 306 — de la patrie, sans cela ? On disait à un chef iroquois de partir avec sa tribu, et d'aller occuper un autre territoire. " Comment ferais-je, demanda-t-il, est-ce que je puis dire à ceux que je laisserais ici, dans la tombe : levez vous et sui- vez mes pas ? " Nous devons faire, à notre manière, ce qu'entendait ce barbare dans sa langue figurée. Il faut donc recueillir la partie de l'histoire du passé qui nous tou- cho de plus près, la répandre écrite, imprimée, afin d'en conserver le souvenir car, par la longueur du tempe, mille et mille choses «ont déjà sorties de la mémoire du peuple, et un jour viendra où personne ne pourra remplir le vide. Nous qui avons été, selon la volonté do Dieu, les pionniers de la terre d'Amérique, aimons à nous le rappeler — ceci est un orgueil non seulement légitime mais louable. En ce genre, il n'y a aucune vanité à nous faire valoir ; c'est bien plutôt une noble fierté qui nous relève à nos proproB yeux et dans l'estime des autres. Il est beau, sans doute, de pou- voir dire : " Je suis un ancêtre," il est beau également de comprendre ce qu'étaient nos pères et d'en parler. Ce cou- rant électrique de l'âme qui remonte à travers les généra- tions, inspire le respect de soi-même, même à la vertu, fait les peuples forts. Ne négligeons point de pareils éléments, nous qui avons tant besoin de nous appuyer sur quelque chose, nous qui cherchons à nous perpétuer, pour transmet- tre à l'avenir la forme et le fond d'une race respectable. Benjamin Sulte Digitized REPONSES Le Forillon (IV. VII, 487).— La côte nord de la baie de Gaspé se termine par une pointe rocheuse qui s'avance jusqu'à une lieue dans la mer et atteint 700 pieds de hau- teur : c'est le Forillon. D'où vient cette appellation et que signifie-t-elle ? Il y a deux anB dans les pages mômes du Bulletin (1), M. Georges Johnson, chef de la Statistique à Ottawa, et auteur de recherches curieuses sur l'origine des noms de lieux, se déclarait favorable à l'hypothèse émise par M. Thwaites, du Wisconsin, que forillon serait un dérivé du verbe forer. L'analogie entre le travail du forêt et l'action des eaux aur les rochers, aurait suggéré le nom. Mais y a-t-il lieu dans le cas actuel de recourir à l'hypothèse ? Je ne le pense pas. Voici ce qu'écrivait Champlain dès 1026 : " En ce lieu de Gaspey est une baye contenant de large en son entrée trois ou quatre lieues, qui suit au Norrouest environ, cinq lieues, où au bout il y a une rivière qui va assez avant dans les terres. Les vaisseaux viennent eu ce lieu pour faire la pesche du poisson sec, où est un gal lay où l'on fait la seicherie des moluës, & un ruisseau d'eauë douce qui se descharge dans la grand'mer, commodité pour les vais- seaux qui vont mouiller l'ancre à une portée de mousquet de ce lieu : & à une lieue du Cap de Gaspey, est un petit rocher que Von nomme le farillon, esloigné de terre d'un jet de pierre ; ce dit cap est une pointe fort estroitte, le ter- rouër en est assez haut, comme celui qui environne la dite baye, couvert de pins, sapins, bouleaux & autres meschan* bols. La pesche est abondante tant en moluës, harans, sau- mons, macreaux, homars." (Edition Laverdière, p. 1085). (i) Voyez vol. IV, pp. 285, 314. ■ — 308 — Ce passage de Champlain renferme plusieurs constatation» intéressantes : 1° L'orthographe du mot n'est pas" fou ri lion'', comme l'écrit l'abbé Ferland (/a Gaspisie), ni " forillon comme on le voit généralement ; mais " farillon." 2° Ce nom à l'origine ne désignait pas comme il l'a fait par la suite, le promontoire même qui termine la côte nord de la baie de Gaspé ; mais simplement " un petit rocher " détaché de ce promontoire, à un jet de pierre du rivage, et à une lieue de l'extrémité du promontoire, ou cap de Gaspé, 3° La baie de Gaspé était dès cette époque un lieu de pêche très fréquenté, où même l'on faisait le séchage de 1» morue. Or, le mot farillon tel que Champlain nous le donne se trouve dans Bescborclle, Larousse, Littré et la plupart dee grands dictionnaires et des encyclopédies. Ouvrez le Bes- chorelle de 1887 : " Farillon (rad. prob. phare) Pêch. Réchaud dans lequel les pêcheurs allument du feu pendant la nuit pour attirer certains poissons." On trouve également dans les dictionnaires le mot sous une autre forme : " Pha- rillon (prononcé fa ri!lon),petit phare, en général ; réchaud dans lequel les pêcheurs font un feu de flamme la uuit pour attirer les poissons ; pêche dans laquelle on emploie ce feu." Un Breton établi au Canada depuis quelques années, M. Lorans, m'informe que dans son pays on nomme farillous (ou pharillons) les lumières de moindre importance placées sur les îlots à l'intérieur du golfe du Morbihan. Ainsi farillon, diminutif de phare, est très français ; il a plusieurs significations, toutes applicables dans le cas pré- sent. Nous n'avons que l'embarrasdu choix. Essentiellement, c'est une lumière pour les pêcheurs, destinée à attirer les poissons ou à guider les marins. Des lors qu'avons-nous besoin de chercher ailleurs ? Léon Gérin « Digitized by Google — 309 — L'ordre sacré et militaire du Saint-Sépul- cre. (VI, VIII, 737.)— L'origine de Tordre du Saint Sépul- cre se perd dans la nuit des temps. Charlemagne, Louis VI, Philippe le Sage, saint Louis, Philippe, roi d'Espagne, ani- més d'un grand zèle pour la foi catholique, instituèrent à diverses époques de courageux chevaliers,soumis à certaines règles, dans le but de garder et de défendre contre les atta- ques des infidèles la ville de Jérusalem et le sépulcre de Notre- Scigneur Jésus Christ ressuscité. Lorsque Godefroy de Bouillon, à la tête d'une nombreuse armée de croisés, s'empara do Jérusalem et en fut solennel- lement proclamé roi, il créa parmi (tes plus nobles compa- gnons des défenseurs du Saint-Sépulcre. Plus tard, le pieux Beaudoin constitua le patriarche de Jérusalem grand maître et chef de cet ordre de chevalerie. Mais Jérusalem retomba entre les mains des infidèles, et son pasteur ayant été obligé de prendre le chemin de l'exil, l'or- dre de Saint-Sépulcre lui môme sembla menacer ruine. Les pape*», depuis Aloxandre VI jusqu'à Benoit XIV, mirent tout en œuvre pour augmenter la dévotion des fidè- les envers le Saint-Sépulcre. Pour exciter dans leurs coeurs l'amour pour les lieux saints, ils renouvel lèrent les statuts généraux de l'ordre du Saint-Sépulcre, et accordèrent que tant que lo patriarche serait forcé de vivre en dehors de son siège, des chevaliers du Saint-Sépulcre pourraient être créés et institués par le gardien du mont Sion et le custode de la Famillo Franciscaine dans la terre sainte. Mais il fut décrété que, lorsque le patriarche de Jérusalem serait rétabli sur son siège, ce serait à lui qu'appartiendrait de nouveau, comme dans les temps passés, par concession apostolique, cette ins- titution et création des chevaliers du Saint-Sépulcre. Lorsque Pie IX rétablit l'église patriarcale de Jérusalem, afin que les chrétiens fussent animés d un saint zèle pour défendre et étendre la religion catholique dans la terre — 310 — sainte, et afin que leur dévouement eût une récompense pro- portionnée à son mérite, il résolut de relever la dignité de Tordre du Saint-Sépulcre. Par sa lottre apostolique Cum Multa du 29 janvier 1858, après avoir renouvelé les statuts généraux de l'ordre, il constitua qu'il se composerait a l'ave- nir de trois classes de chevaliers : les chevaliers de 1ère classe ou grand 'croix, les chevaliers de 2e classe ou comman- deurs et les simples chevaliers. Les grand'croix doivent être choisis parmi les personnages de premier rang : les prince», tant ecclésiastiques que sécu- liers, les ministres, les ambassadeurs, les évêquee, les géné- raux d'armée, etc, etc. La décoration de l'ordre du Saint-Sépulcre consiste en la croix dite de Godefroy de Bouillon, formée de cinq croix en or émail lées de rouge sang. La croix du milieu, à l'exclu- s ion des autres quatre collatérales, doit être potencée. Elle ne doit être surmontée d'aucune couronne en mémoire du pieux Godefroy de Bouillon, qui refusa de porter la cou- ronne royale là où la tête du Sauveur avait été ceinte de la couronne d'épines. Celte croix est supportée par un ruban de soie moirée noire. Les grand'croix ont seuls le droit de porter la plaque d'ar- gent ornée de la croix. Ils la portent suspendue à une grande bande de soie noire moirée et mise en écharpe de l'épaule droite au flanc gauche ; les commandeurs portent la croix suspendue en sautoir par un ruban de moindre dimension ; les simples chevaliers la portent en format plus petit et sus- pendue à la boutonnière. L'uniforme est commun aux trois classes,quant à la forme et à la couleur, drap blanc avec cuirasse, collet, parements noire, plus ou moins ornés, selon le grade. Les conditions requises pour obtenir la croix du Saint- Sépulcre sont : Digitized by Google 1° Frofeeeion et pratique de la religion catholique jointe à une conduite honorable et irréprochable. 2° Noblesse de naissance ou au moins une position sociale telle qu'on puisse vivre more nobilium. 3° Importance de mérites personnels acquis par des ser- vices rendus à la religion, surtout en terre sainte. Tout chevalier, lorsqu'il est admis, doit verser dans le tré- sor de l'ordre une offrande, exclusivement destinée au raain- tion du patriarcat, de ses missions et de toutes les œuvres confiées à son administration. Les devoirs des chevaliers du Saint-Sépulcre sont : 1° Vivre en bon chrétien, évitant tout ce qui pourrait êtro une tache pour le nom de chevalier de Jésus-Christ. De plus, ne cesser de se livrer à la pratique des bonnes œuvres et à l'acquisition de toutes les vertus, afin de se montrer de jour en jour plus digne de l'honneur qu'on lui a fait, et faire res* plendir davantage en sa personne, la dignité de la religieuse milice dont il porto les insignes. 2° S'appliquer avec zèle et dévouement au soutien et au développement du catholicisme en Terre-Sainte, particuliè- rement dans le but do défendre et conserver les droits des catholiques sur les Lieux Sainte. Chevaliers grand'croix : — Mgr J.-Thomaa Duhamol, Otta- wa, 1882 ; Comte de Premio-Réal, Québec (1). Chevaliers commandeurs : — E. Lefebvre de Bellefeuille, Montréal ; Dr J.-E. Landry, Québec ; Hon. A. C. P. R. Lan- dry, Québec. Chevaliers : — L.-A. Huguet-Latour, Montréal, 1881 ; U.- E. Ârchambault, Montréal, 1882 ; Edward Murphy, Mon- tréal, 1882 ; P.P.-E. Smith, Québec, 1882 ; F.-R-E. Cam- poau, Ottawa, 1883 ; Jean-Elie Marti neau, Québec ; Hon. Dr C.-E. Casgrain, Windsor, Ont ; S. Bingham, Ottawa, (l) M. le comte de Premio-Réal reçut son diplôme d'investiture, a Rome. — 312 — 1897 ; Heney, Ottawa ; Hon. George Couture, Levis ; Mar- tineau, Fall River, E. U ; Dr Berthelot, Montréal ; Clément Vincelette, Beau port ; François Kirouac, Québec ; J. A. Langlais, Québec. P.-G. R. Le suicide sous le régime f rançais, (II,V,201.) — Sous l'ancienne loi française, on traînait les cadavres des suicidés sur la claie. Vers 1682, un habitent de Beauport du nom de Lefebvre fut trouvé mort dans sa grange. La justice fit une espèce d'enquête, et sa mort fut attribuée au suicide. En consé- quence, son corps fut traîné sur une claie, et ensuite exposé à la voierie. R Le général James Murray. (Ill, VII, 336.)— " Notre premier gouverneur anglais, legénéralJames Mur- ray, devint lord Kl i bank, à la mort de ses frères." Cest là une erreur que je vois imprimée pour la centième fois. Il y a eu dix barons EJibank : 1° Patrick Murray, mort en 1650, remplacé par son fils ; 2° Patrick Murray, mort en 1661, remplacé par son fils ; 3° Alexander Murray ,mort en 1687, remplacé par son fils ; 4° Alexander Murray.mort en 1735, remplacé par son fils ; 5° Patrick Murray, mort en 1778, remplacé par son frère ; 6° George Murray, mort en 1785, remplacé par son neveu (fils de Gideon Murray, troisième fils du quatrième baron) ; 7° Alexander Murray, mort en 1820, remplacé par son fila ; 8° Alexander Murray, mort en 1830, remplacé par son fils ; 9e Alexander Oliphant Murray, mort en 1871, remplacé par son fils ; 10° Monto- lieu Fox- Oliphant Murray, baron Elibank actuel. James Murray, notre gouverneur, était le cinquième fils de Alexander Murray, quatrième baron Elibank. )igitizl James Murray se maria deux fois. Il eut plusieurs enfants de son second mariage. Une de ses petites-filles, lady Trol- lope, vit encore à Londres. P. G. B. Samuel de Champlain, ( V, II, 583.) — Champlain, qui a pris la particule de asset; tard, y avait-il droit ? Oui, sans aucnn doute. Il s'en est abstenu tant qu'il n'y a pas eu droit ; mais devenu possesseur de la terre de Champlain, à la mort de son père, il a indiqué cette possession en se disant Sieur de Cham- plain. Je t&che de donner des preuves ? Le fondateur de Québec était-il noble, annobli ou rotu- rier? Je conclus qu'il a été au moins annobli. Celte conclusion est tirée des lois et des usages de l'épo- que, ainsi que des contrats, actes, commissions qui concer- nent Champlain. On sait qu'on France la noblesse s'acquérait de sept ma- nières, entre autres par la possession, pendant quelques géné- rations, d'offices ou de charges nobles. Or, on considérait comme tels les offices qui donnaient au titulaire le droit de se qualifier de chevalier, d'ieuyer, de noble homme. Loyseau (Des Ordres de la Noblesse) désigne quelques- unes de ces charges, v. g. cellos do maréchal des logis, de gouverneur de ville. Champlain peut encore prétendre à la noblesse graduelle, ou noblesse a pâtre et avo. L'usage et les lois avaient établi que lorsque l'aïeul et le père avaient successivement possédé un office noble, le petit- fils avait, en raison de cette possession, acquis la noblesse qu'il pouvait désormais transmettre à ses descendants. — 314 — Après avoir étudié et développé cee différente pointe, je passe à l'examen des actes et des commissions qui concer- nent Champlain, et je tire la conclusion que j'ai indiquée plus haut L'abbé Hospice Verbeau Jean d'Entrées, vice-roi de lu Nouvelle- France. (VI, IX, 742).— Jean d'Estrées naquiten 1624, à Estréee, près d'Arras ; il était fils du maréchal François Annibal, marquis de Cœuvres et duc d'Estrées. Il servit d'abord dans l'armée de terre, comme volontaire et reçut bientôt un brevet de colonel d'un régiment d'infan- terie. En 1648, on le trouve sous les ordres du grand Condé ; l'année suivante, promu au grade de maréchal de camp, il prend part aux guerres civiles de la Fronde et passe sous le commandemant de Turenne. Il n'avait encore que trente et un ans quand il fut nommé lieutenant général des armées. En 1668, il était à la tête d'un escadre destinée à se ren- dre en Amérique pour s'opposer aux ravages que les Anglais exerçaient dans les possessions françaises du nouveau monde. A son retour en 1669, il fut élevé au grade de vice-ami- ral du Ponant. En 1670, il reçut l'ordre d'aller visiter les comptoirs euro- péens de la côte occidentale d'Afrique. Son père étant mort cette même année, il prit alors le titre de duc d'Estrées. En 1672, il commandait l'escadre blanche à la bataille de Southwold (7 juin 1672) et soutint avec valeur le choc de l'avant garde hollandaise aux ordres du lieutenant amiral BanKaert,mais il fut accusé par les Anglais d'avoir reçu et exécutée les ordres de Louis XIV, qui lui aurait enjoint, disait-on, de ne pas trop se compromettre et de se tenir sur la défensive plutôt que d'agir avec vigueur ; au reste, cette accusation ne paraît pas être absolument dénuée de fonde- ment. Digitize A la bataille de Walcheren, livrée en 1673, il commandait le corps de bataille de l'armée combinée de France et d'An- gleterre contre la Hollande II eut successivement affaire a Ruyter et i Corneille Tromp et son attitude fut infiniment plus décidée que Tannée précédente. Une troisième bataille eut lieu le 14 juin 1673, et d'Estrées fut exposé au feu des ennemis, sans être appuyée par les Anglais ; enfin, le 11 août de la même année, dans une nouvelle bataille, qui resta indécise comme les trois précédentes, d'Estrées commandait lavant-garde et se trouva de nouveau en face de BanKaert. Les Hollandais firent des efforts incroyables et les deux esca- dres anglaises se trouvèrent un instant dans une position critique ; mais d'Estrées vint à leur secours et leur épargna certainement une défaite. En 1676, le vice-amiral d Estrécs proposa au roi de diri- ger une expédition contre les colonies hollandaises de l'Amé- rique ; mais son projet ne reçut qu'une exécution tardive, et les Hollandais eurent le temps de n'emparer de la ville de Cayenne, de l'île Tabago et purent ravager les île» de Marie-Galante et de Saint-Domingue avant que notre flotte intervînt. Ce ne fut que le 6 octobre de la même année que d'Estrées quitta Brest avec sept vaisseaux et trois frégates ; le 8 décembre.il mouillait devant Cayenne jetait 800 hommes a terre, dont il prenait lui-même le commandement et enle- vait la ville l'épée a la main. Il se rendit ensuite à la Martinique où il fut informé que le vice-amiral Beisko avait mouillé devant Tabago et que des forces considérables avaient été réunies pour la défense de la place. Le 12 février, d'Estrées quitta la Martinique, après avoir augmenté son escadre de trois bâtiments. H vint jeter l'ancre en dehors de la rade de Tabago. Ayant appelé set* capitaines en conseil, il fut décidé que l'attaque de la ville aurait lieu simultanément par terre et par me». — 316 — Le 20 du même mois, l'escadre appareilla ; malheureuse meut, le vaisseau V Intrépide, en effectuant son appareillage, toucha sur une roche, et il fallut suspendre le mouvement. Le 21, les troupes do marine furent mises à terre, mata le feu des vaisseaux hollandais les empêcha d'agir sérieuse- ment. Kntin, la division entra dans la rade le 3 mars. Le vice amiral hollandais avait disposé ses vaisseaux en crois- sant et fait construire deux batteries sur le rivage. M. d'Estrées attaqua d'abord l'escadre ; le combat s'engagea de vaisseau à vaisseau dans un espace très resserré et ne tarda pas à devenir fort meurtrier ; bientôt un vaisseau hollandais sauta, et couvrit do ses débris enflammés le Glo- rieux, monté par d'Estrées, qui dut quitter son navire, que les flammes ne tardèrent pas à dévorer. M. d'Entrées reçut en cette occasion deux blessures graves à la tête, et eut toutes les peines imaginables à gagner la terre, parce que l'embarcation qu'il montait faisait eau de toute part Ce combat fut interrompu par la nécessité où chacun se trouvait de s'occuper de son propre salut ; on effet l'incen- die avait pris sur presque tous les navires : Les vaisseaux hollandais les Armes de Leyde, V Etoile d'or, le Popinboury, le Sphera mundi, le duc d' York et le Moine d'or furent brû- lés. Il en fut de même dos vaisseaux français le Glorieux, le Marquis et V Intrépide. Après un désastre semblable, M. d'Estrées dut renoncer pour cette année du moins à conquérir Tabago ; il fit rem- barquer bos troupes, revint à la Martinique et de là fit voile pour la France où il arriva au mois de juin 1677. Dans le courant de la même année, d'Estrées s'empara des Iles d'Orguin et de Gorée sur la côte occidentale d'Afri- que. Il se dirigea ensuite vers Tabago et, le 6 décembre, il mouillait dans une baie située à six milles de la ville. La descente des troupes de débarquement s'opéra sans obsta- cle ; le 12, elles campaient à quatre cents mètres des forts Digitized by Google — 317 — de la ville, et des batteries furent aussitôt installées. Dès le début du tir une bombe tomba sur la poudrière et détermina une explosion terrible, grfi.ee à laquelle les troupes françai- .ses purent pénétrer dans le fort sans éprouver la moindre résistance. Le vice-amiral Binks avait été tué par l'explo- sion : la ville capitula et devint possession française. En mai 1678, d'Estrées voulut compléter son succès en enlevant Curacao. Il se dirigea sur ce point avec quinze vaisseaux et trois brûlots. Mais une catastrophe causée par son inexpérience en navigation fit échouer cette entreprise ; la division entière se jeta sur les récifs des îles Aves ; douze vaisseaux furent complètement perdus ; seuls, les trois bâti- ments qui se trouvaient en arrière, eurent le temps de virer de bord. Ils sauvèrent une grande partie des équipage». En 1681, le roi le nomma maréchal de France. Il conser- va néanmoins son titre de vice-amiral du Ponant, dont il obtint la survivance pour son fils Victor-Marie. En 1686, il fut chargé de bombarder Tripoli. Louis XIV créa la même année la vice- royauté de la Nouvelle- France et la lui donna, ainsi que la croix du Saint-Esprit. En 1688,les Algéniens ayant recommencé leurs hostilités, d'Estrées fut envoyé contre eux et les obligea de nouveau à demander la paix. Ce fut sa dernière expédition. Il fut nommé gouverneur de Bretagne, et rendit de grand services dans cette province en assurant la sûreté dee côtes. Il est mort à Paris, le 19 mai 1707,à l'âge de quatre-vingt- trois ans. Edouard Gœpp Les ouvrages de M. Faillan. (VI, IX, 747.)— Pour donner une idée de la puissance de travail de M. Fail- Ion, il suffit de faire la simple énumération des principaux ouvrages édités par lui dans un lape de temps relativement restreint : — 318 — Vie de M. Démia, supérieur de* Saurs de Saint-Charles— 1829. Vie de M. de Lantages, supérieur du séminaire du Puy— 1830. Histoire des Catéchismes de Saint- Sulpice — 1831. Méthode des Catéchismes— 4832. Coutumier des Catéchismes— 1832. Recueil de Paraboles et de Comparaisons pour les Caté- chistes—1822. (2 vols.) Explication, d'après Us rires, des six jours de la création, —1835. Notice sur sainte Marie- Madeleine — 1835. Ouvrages de M. Olier revus et annotés— 1836. (10 vols.) Vie de M. Olier— 1841. (2 vols.) Documents sur M. Emery, supérieur de Saint- Sulpice — 1845. (2 vols.) Monuments sur l histoire et F apostolat de sainte Marie- Madeleine— 1848. (2 vols.) Vie de la sœur Bourgeois— 1854. (2 vols.) Vie de mademoiselle Mance — 1851. (2 vols.) Vie de madame ose pas. »et qu'on semble ne pas s'en apercevoir." Ce Mémoire eut le sort des autres. Louis XIV était des- «cendu dans la tombe, et Louis XV régnait sur le trône de France. Le régent, Philippe, duc d'Ork-ans, dut peut-être ht* demander de quoi se mêlait le Jésuite du Canada. Ce qu'il y a do certain, c'est qu'on ne daigna pas l'écouter, et I on prépara ainsi la perte d'une des plus bolles colonies de la «ouronne de France. Les historiens de la Nouvelle-France, mêmes ceux qui ne sont pas favorables aux Jésuites, eommo Garneaû (1), ont rendu justice au P. Aubery. 44 Ce religieux, est- il dit encore •dans le Panthéon Canadien, prévit les réclamations du cabi- net de Londres trente ans avant qu'elles n'arrivassent. Si le Gouvernement de Paris eut écouté î*os s>ages eoiiwiils, il eût évité, peut-être, la guerre qui lui enleva la Nouvelle- France." (2) Quand le P. Aubery défendait ainsi les intérêts de la co- lonie française, et avec ces intérêts ceux de la religion ca- tholique dans l'Amérique du Nord, H administrait la chré- tienté de Saint-Francois. 11 avait quitté le pays des Abéna- kis en 1709 pour se rendre dans cette mission, que le P. Vincent Bigot avait dû abandonner pour prendre le gouver- nement général des missions de la Nouvelle- France, et où le P. Jacques, son frère, mortellement atteint par une maladie 3. Nova Plantarum Americanarum Genera, authore P. Corolo Plumier, Ordinis Minimorum in Provincia Francia», apud lnsulas Americtinas Botanieo Regio. Parisiis, 1703- 4to, 52 pp. Texte latin. 39 gravures sur cuivre. Catalogua Plantarum Americanarum, par le R. P. Chas. Plumier. Traité de* Fougères de l'Amérique, par le R. P. Chas. Plumier. Folio. 172 planches. Paris. 1705. Histoire véritable et naturelle des mœurs et productions du pays do la Nouvello-France, vulgairement dite le Canada* par Pierro Boucher. lb*b*4. • (Cet ouvrage contient une nomenclature de nos plantes.) Histoire et description générale de la Nouvelle-France avec le journal historique d'un voyage fait par ordre du roi dans l'Amérique Septentrionale, par le père de Charle- voix. 1744. 6 vols. (Contient une description des plantes les plus communes du pays avec planche pour en désigner l'espèce et la forme). Mémoire présenté à son Altesse Royale Mgr le due d'Or- léans, Régent de France, concernant la précieuse plante du Gin-seng de Tartaric, découverte en Amérique par le père Joseph-François Lafitau, de la compagnie de Jésus, mission- naîro des Iroquois du Sauk St- Louis. Nouvelle Edition. Précédée d'une notice biographique par M. Hospice Ver- reau, Principal de l'Ecole Normalo Jacques-Cartier et ac- compagné d'un portrait du Pire Latîtau. d'un fac-similé de «on autographe et de la planche représentant le Ginseng. Montréal, Sénécal, Daniel & Cie, 1858. Gr. in 12 de 44 pp. Flore Canadienne ou description de toutes les plantes des forêts, champs, jardins, et eaux du Canada, donnant le nom botanique de chacune, ses noms vulgaires français et an- glais, indiquant 6on parcours géographique, les propriétés qui la distinguent, le mode de culture qui lui convient, etc.. accompagnée d'un vocabulaire des termes techniques et de ciels analytiques permettant de rapporter promptement chaque plante à la famille, au genre et à l'espèce qui la dé- terminent. Ornée de plus de quatre cents gravures sur bois par l'abbé L. Provancher, curé de Portnouf. Québec. C. Darveau. 1862. 2 vols de 842 pp. Cours Elémentaire de Botanique et Flore du Canada à l'usage des maisons d'éducation par l'abbé J. Moyen, P. S. S., professeur de sciences naturelles au collège de Montréal. 2e édition, revue, Corrigée et augmentée par A. Orban, P. S. S., professeur de sciences au Séminaire de philosophie. Mont- réal, Librairie St-Joseph, Cadieux & Deromo. 1 vol.gr. in-8 de 418 pp. Nombreuses illustrations. Cart. Lo verger, le potager et le parterre dans la province de Québec ou culture raisonnée des fruits, légumes et fleurs qui peuvent réussir sous le climat de Québec. Ouvrage orné de gravures sur bois par l'abbé L. Provancher, rédacteur du Naturaliste Canadien. Québec. C. Darveau. 1885. 1 vol. in- 12 de 332 pp. Traité élémentaire de botaniquo à l'usage des maisons d'éducation et amateurs qui voudraient se livrer à l'étude Digitized by Google fi ■( m t — 331 — 1 «lo celte science sans le concours d'un maître, par l'abbé L. Provancher, Docteur-ès-scionces, auteur delà " Flore Cana- dienne " et do divers ouvrages sur l'histoire naturelle. Deu- xième edition entièrement refondue et mise en rapport avec lo programme du Baccalauréat de l'Université Laval. Que- lle, J.-A. Langlois. 1884. 1 vol. lo*8 pp. Cart. Studies of plant lite in Canada or Gleanings from Forest, Lake and Plain, by MrsC. P. Traill Lakoneld, Ont., author of " Hack woods of Canada ", u Canadian Crurscos otc., etc. Illustrated with chromo lithographs from Drawings by Mrs Chamberlin, Ottawa. Ottawa, A. S. Wood burn. 1885. 1 vol. 10 x 7. 288 pp. The Canadian Naturalist, a series of conversations on tho natural history ot Lower Canada, by P. II. Crosse. Cor. Mem. of the Nat. Hist. Soc. of Montreal and Hist. Hoc. ot Quebec. London John Von Voorst MDCCCXL. 1 vol. iii- 12 de 372 pp. (Cet ouvrage contient quelques descriptions de nos plan- tes accompagnées de gravures.) Wild flowers of Canada. Album de 288 planches en cou- leurs publié en 1892 par le Montreal Star. Monographies de plantes canadiennes, suivies de croquis champêtres et d'un calendrier de la Flore de la province do Québec, par E. Z. Massicot te, avocat, publicists, secrétaire de l'Ecole Littéraire de Montréal, avec des illustrations par Edmond J. Massicotte. Montréal, C. O. Beauchemin & fils. 1899. 1 vol gr. in-8 de 148 pp. D'après Lwber, qui a fait de longues et consciencieuses rechorchos sur le pouvoir de l'argent, la valeur du franc était, vers le milieu du dix-septième siècle (1659), environ triple de ce qu'elle est aujourd'hui. Digitized by Google — 332 — ADRESSE DES PROPRIÉTAIRES ET HABITANTE DE L'A XCi EX N K-LO RETT E PRÉSENTÉE À SIR JAM ES- H ENRY CRAIG, LE 5 AVRIL 1810 (1) A Son Excellence Sir James- Henry Craig, Chevalier du trîs honorablo ordre du Hain, Gouverneur en chef du Iras et haut Canada, etc., etc., etc., Représentant de Sa tn-t» gracieuse Majesté George 3, lo meilleur des Rois. Qu'il plaise il Votre Excellence de vouloir bien recevoir j>our Sa Majesté les marques les plus sincères de notre sou- mission et de notre très profond respect : nos vœux les plus vrais pour sa conservation. Nous no cesserons jamais de bénir l'Etre Supremo de nous l'avoir donné pour notre Roi ; c'est une marque signalée de sa bonU' pour nous. Qu'il lui accorde de longs jours, qui nous sont si chers ! qu'ils durent ces jours, et qu'il durent pour notre bonheur ! A ces témoi- gnages de la plus vive sincérité nous y joignons pour votre Excellence ceux du respect profond et des égards qui lui sont dus. Xous n'avons rien a nous reprocher envers Sa Majesté, ni son gouvernement, qui puisse nous inquiJter. Votre Excellence peut se Her à nos sentimens. Ce sont ceux de la lidélité et de la plus parfaite reconnaissance envers notre Souverain. Sur nos humbles foyers et paisibles sous l'aile bienfaisante de notre bon Roi, pourrions- nous penser autrement ? Que votre Excellence soit bien convaincue que si à notre connaissance il se passait quelque chose qui fût contraire à la fidélité et à la loyauté dues au gouvernement, nous nous empresserions de nous y opposer et de l'en préve- nir et nous ne pouvons que desaprouver toute autre con- duite à son égard. En agissant ainsi nous ne ferions qu'obéir (1) Voyes " Histoire du Canada " de Garneau, vol. III, page 134. Digitized by Google ec (Haute-Ville), tit, aussitôt après son éloction, " distri- buer cent louis d'or aux pauvres sans distinction." Aux élections générales suivantes (179(5), il annonça, après avoir •été proclamé élu, qu'il s'était toujours " opposé a ce qu'il fut donné du rhum ou des cocardes " aux électeurs, mais qu'en revanche il s'engageait à donner cent piastres aux ■doux filles résidentes en la haute-ville de Québec, qui se marieraient les premières. C'est le même M. Panet qui fut orateur de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada presque continuellement de 1792 * 1H1G, et cela sans toucher un sou de la caisse publique. R — 334 — ST-ULRIC DE LA RIVIÈRE BLANCHE" Dans le canton de Matnne, a 9 milles environ à l'ouest dut village du même mira, se trouve un petit tributaire du St Laurent justement nommé la rivière Bl3, ces messieurs donnaient par acte notarié à la corpora- tion archiépiscopale de Québec un lot pour y construire une •chapelle. Pendant plusieursaniues encore, les choses restèrent néanmoins dans le même état. Le 1C avril 1857, Mgr. Chs-Fr. Baillargeon. évêque deTloa et administrateur du diocèse de Québec, ayant pris en considération la requête des habitants cau a présidé à la formation mo- rale de SU- Ulric et aux progrès accomplis en cette paroisse pendant un quart de siècle ,; Homme énergique et ferme, il fut un administrateur modèle. Avec des ressources rela- tivement faibles, il exécuta des travaux considérables et Digitized by Google et laiwa la fabrique dans un état florissant ". Tel est le jugement porte5 hur Monsieur Drapeau par une personne qui l'a bien connu. Malgré l'addition d'un jubé en 1808, l'ancienne chapelle était devenue trop petite pour contenir la foule dos parois- siens. Le 30 juin 1873, il était donc décidé dans uue assem- blée de paroisse de construire une église et un presbytère. L'ancien presbytère devait être converti en sacristie. Trois syndics lurent élus le 15 février 1874 pour voir ù l'exécu- tion des travaux : c'étaient MM. Vilbois Gosselin, Alexis Pelletier et Noël Desrosiers. Ce dernier étant décédé le 18 lévrier 1877 lut remplacé le 13 mai suivant par M. Antoine St-Laurcnt. La bénédiction de la première pierre fut faite le 2 bcptembre )875 par monsieur l'abbé Chs. G. Founder, curé de Ste-Flavie. L'église fut bénite lo 21 avril 1878 par M. A.-C. Lebel, premier curé de St-Ulric. La première messe fut chantée le môme jour par Monsieur l'abbé 1\-C. Audet, curé de St-Fabien. Les travaux de parachèvement ont été faits do 1888 à 1892 d'après les plans de M. David Ouellet, architecte de Québec. L'entrepreneur fut d'abord M. Dosithée dernier de St-Thoraas de Montmagny, puis M. Alphonse Matte de liimouski. Il ne manquait que des autels qui fussent en harmonie avec les autres parties de l'église : ils ont été laits et installés cette année mémo par M. Joseph Villeneuve, de St-I?omuald. L'église de St-Ulric est un bel édifice de 110 pieds sur 52. Les murssont en pierre et l'in- térieur en bois. Les décorations sont agrémentées d'or ré- pandu sur fond blanc. Le tout présente le plus jolie coup- d'œil. Après la mort de M. Drapeau, la paroisse de St-Ulric a été desservie pondant quelques jours par le père Bonaven- ture, O. M. C, jusqu'à l'arrivée du curé actuel, monsieur l'abbé Joseph-Henri Lavoio. 338 Il est écrit dans nos saints livres : ante mortem, no laudes homincm quemquam (Eccli. X I. 30). Ces paroles nous viennent à l'esprit au moment où nous allons parler de monsieur le curd de St-Ulric, et semblent bien propres à retenir les louanges prêtes à tomber de notre plume. C'est pourquoi nous ne dirons qu'un mot. L'œuvre de monsieur Drapeau ne pouvait guùre tomber entre meilleures mains. Fort) ter in re, suaviter in modo, telle semble être la devise de monsieur Lavoie, car un beu- reux mélange de douceur et de fermeté caractérise son ad- ministration. Une charité toujours compatissante, une mo- destie qui cherche l'oubli, une piété pleine d'onction lui atti- rent 1 estime et l'aHection de tous ceux qui l'approchent. La prudence et le savoir-faire qn'il déploie sont un gage de succès pour les affaires qu il entreprend. Les faits accom- plis depuis son entrée dans la paroisse en disent plus long que ces quelques lignes. Kucore un mot sur St-Ulric avant do clore cet article. De Sandv Bay à, Matane s'étend un terrain d'allnvion d'une couple d'arpents de largeur et limité au sud par une falaise que les flots du St-Laurent ont dû caresser pendant les âges géologiques. L'église de St-l'lric est construite sur cette bande de terre ù quelques pieds seulement au dessus du ni- veau do la marée haute. Le village se déploie sur une seule ligne de chaque côté de l'église. Du haut de la falaise l'on voit au sud une plaine dont la monotonie est interrompue par un joli mont qui dresso à quelques centaines de pieds sa cime verdoyante, et au nord le St-Laurent avec sa vaste nappe d'eau. A l'horizon les côtes du Labrador se laissent voir sous la forme d'une ligne bleue disparaissant brusque- ment à la pointe des Monta. A droite et à gauche le re- gard aperçoit une rangée de maisons et le chemin royal qui décrit de grandes courbes pour obéir aux sinuosités du rivage. Digitized by Opoogle La population de St-Ulric est aujourd'hui de 1500 fîmes réparties entre 250 familles. Là. comme partout aillours le fléau de l'émigration s'est fait sentir. Les Etats-Unis ont attiré un grand nombre de familles dont la plupart ne sont pas revenues. Sans cet exode la paroisse compterait au delà de 2000 ames. Après avoir vue décroître sa population, St- Ulric verra bientôt son t erritoire amoindri, car une nouvelle mission, future paroisse placé sous lo vocable de St Léandre, est en voie de s'organiser dans les rangs les plus éloignés. L'ancienne chapelle, qu'on voit encore debout près de l'é- glise de St-Ulric, sera démolie et les colons de St Léandre seront heureux d'employer ces reliques du temps passé pour construire une demeure au bon Dieu. Ces débris seront encore pour eux un souvenir de leur Aima mater. E. R. ORIGINES DE NOMS DE LIEUX Haut-Canada : On a nommé ainsi le Haut-Canada à cause de sa situation en amont sur lo fleuve St-Laurent et sur les lacs d'où il sort. Féneloris. Falls : Vers le milieu du dixseptième siècle quelques sulpicicns parcoururent à peu près toute la partie de la province d'Ontario située au nord du lac qui porte ce nom. C'est on l'honneur de l'un d'eux, François deSalignac de Fénélon, frère do l'illustre archevêque de Cambrai, qu'un petit village du comté de Victoria, à plus de 100 milles de Toronto, a pris le nom de Fénelon's Falls. 340 KÉPOXSKS Le cure Lefelivre et Pherolne de Verdieres, (VI, V, 713.)— Vue affaire retentissante eut lieu ù Qu'bec, en 1730, ontre le curé (Servais Lefebvre. de la parois de St- François- Xavier, en la seigneurie de Batisean, et le» sieur et dame de Lapérade. Le 17 juin 1730, le curé Lefebvre présente une requête a la Prévosté pour faire assigner devant elle les sieur et dame de Lapérade. 11 accuse Marie-Magdeleine .laret de Ver chères (l'héroïne Madelon. connue de tous) upou.se du Pierre-Thomas Tarieux, écuicr, sieur de Trfipérade, lieute- nant d une compagnie des troupes du détachement de la marine et seigneur en partie du fiel* et seigneurie de Ste- Anne, d'avoir malicieusement et témérairement formulé et porté à Monseigneur l'évêquc de Samos, des plaintes inju- rieuses et diffamatoires contre son caractère, son honneur et sa réputation, à savoir : lo D'avoir compos,- et chanté des litanies burlesques que la dite dame a remises à Mgr l'évêque, où la religion, la pureté et la charité sont également blessées par les termes impies, obscènes et diffamatoires dont elle* sont remplies. 2o D'avoir tenu des discours trop libres devant plusieurs personnes et d'autres injurieux à la réputation de la dame Lapérade et ù eel le de sa famille. 3o D'avoir engagé une femme a faire un faux serment, qui lui a porté un très notable préjudice, sous promesse do lui en donner l'absolution, et d'avoir rendu publiques toutes ces choses. L'affaire est fixée au 14 juillet suivant. Le 26 juin, l'é- lection de domicile a lieu. Lo curé Lafebvre établit lo sien chez le sieur Louis Dunière (aussi (îunière), bourgeois de Québec, rue Notre-Dame, et le sieur de Lapérade cher. lliehard Tostu, sieur de la Bichardière, capitaine do port, demeurant rue de la Montagne, eon gendre. Le 10 juillet, le curé Lef'ebvre part de Batiscan pour Québec, en canot, avec deux hommes, j>our comparaître à la Prévosté. Le 14 juillet , le* parties sont admises à faire prouve de leurs dires. Lo 28 juillet, l'évêque de Québec dépose au greffe les pièces relatives à cette affaire. Le 29 de juillet commence l'enquête. Du côté des sieur •t dame de Lapé rude, furent assignés : Daniel Partail, sieur de ttenron, âgé de 33 ans, vonu au Canada par lettre de ca- chet, comme cadet dans los troupes ; Mario-Anne Lovreau de Langy, âgée de 24 ans, son épouse ; Joachim do Sac- quespee, écuior, sieur de Voispreux, âgé de 29 ans, venu ici lui aussi comme cadet dans les troupes, et que le curé Lo- febvre dit s'être mari.' à la gaumine délit pour lequel il aurait été mis au cachot par M. de Vaudreuil ; Louis Trot- tier de Labissonnière, âgé de 25 ans et Arnoul Balthazar Pollet, âgé de 30 ans, qui tous s'accordent à dire qu'ils ont entendu le curé Lofebvre proférer certaines parties des sus- dites litanies burlesques et rapportent en outre une foule d'autres propos plus que grivois qu'il aurait tenus devant eux. Du côté du curé Lofebvre, les personnes suivantes furent assignées : Messiro Bertrand de la Tour, doyen du chapitre, demeurant au séminaire, âgé de 30 ans ; Nicolas-Thomas Langloia, valet de chambre de Mgr l'évêquo de Québec, âgé de 30 ans, et Messire Thierry llazeur, prêtre chanoino, âgé de 4G ans, qui fit défaut et fut condamné à 6 livres d'amen- de, " au paiement de laquelle somme il sera contraint par saisie de son revenu temporel, ce qui sera exécuté nonobs- tant oppositions ou appellations quelconques ". Il fut assi- — 342 — gné à paraître de nouveau, le 2 d'août, sinon, qu'il sera fait droit sur la réquisition du dit sieur Lefebvre. Mettre Bertrand de la Tour dépose que dans le moi* de- mar» dernier, la dame Lapéradc est venue le trouver dan» le parloir du dit .séminaire pour lui demander justiee en qualité d 'officiai, sur plusieurs " chefs de plaintes " qu elle disait avoir contre le sieur Servais Lefebvre. prêtre, curé do Batisean, lesquels elle exposa fort au long, " et que luv dé- posant luy ayant répondu qu'avant de commencer une af- faire de cette conséquence, il souhaitait prendre les ordres- de Mgr qui était pour lors à St-Joachim, et qu'il pria la dite dame do vouloir attendre son retour, ou prendre la peine d aller voir Sa Grandeur à St-Joachim." La dite dame «i retira et alla en effet, peu de tempt après, à St-Joachim. ou elle formula ses plaintes à Monseigneur. Mesnire de la Tour ajoute que Mgr étant revenu de St- Joachim, lui dit qu'il était à propos d'écrire au sieur Lo- febvre, afin que, s'il était innocent il eût à se justifier, ou à réparer le tcandale, s'il était eoupable, ce que le déposant tit sans retard. Nicolas-Thomas Langlois, valet de chambre de Monsei- gneur, déj)o«e qu'il n'a autro connaissance de l'affaire dont il s'agit, sinon qu'étant avec Mgr l'évéquo qui était à la pro- menade, pour lors à St-Joachim, dans le chemin du Roy, il vit une calèche où était la dame Lapérado, accompagné du sieur Portail, laquelle, dès qu'elle aperçut Mgr l'évêque, s'écria plutieurs fois— Mgr, je vous demande justice — à quoi Mgr lui répondit : Entrez madame en votre voiture, et don- nez-vous la peine de venir chez moi où nous parlerons d'af- faire, ce lieu n'étant pas propre pour cela." Le chanoine Thierry Hazeur dépose qu'il a connaissance do ce que le sieur Portail et la dame L'ipérade ont dit au sujet du sieur Lefebvre. Outre les plaintes déjà mention- nées dans la déposition de Messiro Bertrand de la Tour, il sajoute leur avoir entendu dire ce qui suit : — " que le sieur Lefebvre avait fait un faux écrit en France pour empescher Monsieur le Marquis de Vaudreuil d'être pendu ; et que le ■dit sieur Lefcbvrc avait engagé le dit sieur Portail à se marier à la gumine ". Le 3 août, nouvelle enquête, où sont entendus comme té- moins par addition du sieur Lefebvre, les sieurs François Landron, orfèvre, rue de la Montagne, âgé do 44 ans ; Michel llivard.de Batiscan, âgé de 43 ans, et François Ilerby , fils de François, habitant de Batiscan, figé de 21 ans. Landron dépose qu'il ne sait rien positivement de l'affaire i. Crisaei. Crisacy, Crosassy, Cresasy, Cressassy, Grisassy, Grisalsy. Il y a eu doux personnages du nom de Crisasy dans la Nouvelle- France. Ile étaient frères. Originaires de Messine. Sicile, ils étaient cousins germains du prince do Monaco et appartenaient a une des plus illustres et des plus puissante» familles d'Italie. Ils s'étaient révoltés contre leur prince légitime dans le soulèvement de la Sicile, qui menaça d'en- lever ce royaume au roi d'Espagne. Tous doux avaient été des premiers a se déclarer pour le roi de France. Lorsque les troubles eurent été paeirîés, ils ne purent ob- tenir ou n'osèrent demander leur grâce à Sa Majesté Catho- lique et se virent dépouiller de tous leurs biens qui étaient considérables. Les frères Crisasy crurent pendant quelque temps que le roi de France s'intéresserait à leur faire rendre leur fortune ou les emploierait d'une manière convenable à leur uaissance et & leurs services. Mais ils furent trompés dans leur attente et se virent réduits à accepter, chacun, une compagnie d'un détachement de la marine qui partait pour la Nouvelle- France. Le marquis Antoine de Crisasy, 1 aîné des deux frère.*, ae rendit très utile en 1(192, en déjouant les complots de huit cents Iroquois qui avaient formé le projet de se jeter sur la colonie. En 109G, dans l'expédition de Frontenac contre les Iro- quois, il eut la garde, au lac Onondaga, du fort où étaient renfermées les provisions de l'armée. Il succéda, en 1702, à François Prévost, en qualité de gouverneur de Trois- Rivières. Il garda ce poste jusqu'à sa mort arrivée à Troia-Rivières le 6 mai 1709. Digitized bn J Le marquis do Crisasy avait épous1, à Québec, lo 17 f '« vrier 1700, Mario-Claire, âgée do quinze ans, fille du procu- rtur-général Ruette d'Auteuil. Cetto union fut do courte durée, car, cinq an* plus tard le 9 octobro 1705, la mort ravissait au marquis sa jeuno épouse. Lo cadet, Thomas de Crisasy, qui était chovalior de Malte, fut, dans la Xouvellc-Franeo, lo bras droit do Frontenac. Avec M. de Vaudreuil. le capitaine do Mino et lo joune LeMoine do Bienville, il livra bataillo, en 1690, aux On- neiouths, à lîepentigny, et les défit. C'est le chevalier de Crisasy qui. en 1(392, secourut Mlle de Verchères attaquée par une bande d'Iroquois. En 1694, il fut chargé par Frontenac do relevor Catara- coui, ce qu'il tit avec une habileté qui lui valut les plus grands éloges. Le gouvernour et 1 intendant tii-ent valoir son mérite à la Cour, mais inutilement. La douleur de voir ses services méconnus le conduisit au tombeau. Le chevalier de Crisasy mourut à Montreal lo 1er mars 1696. Son acte de sépulture a été conservé. Il se lit comme suit : " Avons inhumé dans le chœur de l'église do cette paroisse, le corps do frère Thomas Crisasy, chevalier de Malte, capitaine d'une compagnie d'un détachement de marine, etc. En presence du marquis do la Grois et do M. Tonty, capitaines." Charlevoix a rendu un beau témoignage au chevalier de Crisasy : " On ne savait ce qu'on devait le plus admirer en lui. écrit-il, ou de son habileté dans la guerre, ou do sa pé- nétration dans le conseil, ou de sa conduite dans les entre- prises, ou de sa presence d'esprit dans l'action." R. Les prisonniers de la bataille des Plaines d'Abraham. (VI, IX, 742.) — En rapportant l'issue de la première bataille livrée sur les Plaines d'Abraham, et la — 34S — chute de Quél>ce, dans la journée du 13 septembre 1759, nos historiens portent à 1000 le nombre des combattants cana- dien* et français, tués et blessés, y compris les 250 soldats laits prisonniers. Quel fut le sort de ces 250 hommes ? L'histoire ne dit pas un mot sur le traitement qu'il subiront. Cependant nous avons été assez heureux pour découvrir un document ori- ginal et inédit qui nous renseigne sur cette question. C'est le témoignage de liberté donné par Alexis Dumontier à la veuve d'un nommé Alexis Gagné dit Belavance, afin de lui permettre de se remarier. Voici ce témoignage : " Nous, Alexis Dumontier, demeurant à la Pointo-a-La- caille (Saint-Thomas de Montmagny), certifions eu notre unie et conscience, ce qui suit : " lo Qu'après avoir été faits prisonniers a Québec, le 13 septembre 1759, avec quantité d'autres Canadiens, nous avons été mis dans un transport tous ensemble quelque* jours, et qu'après, nous avons été divisés pour être remi» dans d'autres bâtiments. " 2o Que tous les Canadions prisonniers ont été passés en revue deux ou trois fois devant que de passer en Angleterre, et qu'après les dites revues ils ont été tous embarqués sur des vaisseaux de guerre et conduits à Plimouth. " 3o Qu'étant arrivés à Plimouth, on nous a fait tous dé- barquer et conduire en prison où nous sommes restés quatre mois, et après les dits quatre mois, nous avons été conduit* à Dieppe, port do France. " 4o Qu'étant arrivé à Dieppe, avec tous les prisouHiers,Mr Laco loin bière- iLacorne m'a chargé do faire une liste de tou* les prisonniers canadiens, que j'ai faite très exactement, sans en omettre aucun. t! 5o Que Alexis Gagné dit Belavance, de la paroisse de Saint-Pierre, Rivière du Sud, mon parent, n'a point paru Digitized by Ggodje — 349 — •parmi les prisonniers, dans les revues qui ont été faites en •Canada, devant que d'embarquer sur les vaisseaux pour ailler à Plimouth, ni en arrivant à. Plimouth, ni a Dioppe, quand Mr Lacolombière-Lacome a fait faire la liste de tous les prisonniers Canadiens, ce qui est une preuve qu'il est "mort dans le combat, comme je le pense. " Kn foy de quoy j'ai signe le vingt -troÎB février, mil sept cent soixante et quatre. " Alexis Dumontier " Moe Cyprikn Tanguât Le mot canadien " tire (IV, II, 422.)— La fête de sainte Catherine est toujours un événement dans la pro- vince de Québec. Ce jour-là, les familles se réunissent, et l'un •des ngréments de la soirée est d'étirer la tire. D'où vient ce mot canadien de tire, f On dit que ce bonbon fut ainsi nommé par la bienheureuse Marguerite Hourgeoys, pre- mière supérieure des sœurs de la Congrégation de Notre- Dame. La bonne religieuse aurait inventé le bonbon du pay*, pour attirer à elle les petits sauvages qu'elle voulait ins- truire, et comme les jeunes indiens s'y laissaient prendre comme des oiseaux à la glu, sœur Hourgeoys aurait baptisé le sucre ainsi préparé et qui attirait si bien, du nom de tire. R. Les noms des Longueuil. (Ill, XI, 381.) — Charles LeMoyno, fondateur de Longueuil, malgré l'attachement qull avait pour la Nouvelle-France, n'oublia pas la Vieille- France. Lorsqu'il fut anobli, il prit le nom do Longueuil ■d'un village de Normandie, aujourd'hui chef-lieu de canton, e fit appeler sieur de Bienville en souvenir de la commune de Bienville, qui fait aujourd'hui partie du dépar- tement de l'Oise. Le nom de Sérigny adopté par Joseph LeMoyne remé- more la commune de Sérigny, près de Bellêmo. Louis, sieur de Châteauguay, n*aurait-il pas pris son nom de la commune de Châteauguay, à quelques lieues de Kiom ? 11 y a près de Dieppe une commune qui porte le nom de AoMgny. Gabriel, hieur d'AsMgny, le lui emprunta. P.-G. R. Les appointements de nos gouverneurs. (IVT X, 518.)— En 1047, M. Louis d'Ailleboust, sieur de Cou- longe, qui devait être gouverneur-général de la Nouvelle- France un an plus tard, étant pass,' en France, réussit ■%, faire opérer des modifications importantes dans l'adminis- tration de la Nouvelle- France. Les appointements du gou- verneur-général qui étaient de 25,000 livres, furent réduits à 10,000 ; par contre ceux de» gouverneurs particuliers de Montréal et de Trois- Rivières furent Wx-lë à 3,000 livres. Digitized by Google Sir John-Coupe Sherbrooke. (VI, X, 753.)— XJarnoau nous apprend que Sherbrooke avait demandé son rappel à cause de sa mauvaise santé. Une note trouvée dans les papiers de ee gouverneur donne raison à notre historien. " Il a plu a la Providence de m'envoyer une grande afflic- tion. Comme je revenais de ma marche, entro deux et trois heures, je fus soudainement saisi d'une attaque de paralysie qui me priva de l'usago do mes membres, et qui rendit né- cessaire mon retour on Angleterre pour me fairo soigner. J'ai on conséquenco envoyé ma résignation, et le 28 juillet j'ai été remplacé par le duc de Richmond." Sir John-Coupe Sherbrooke vécut encore douze ans après son retour en Angleterre. Il s'était retiré au village de Calverton, entro Nottingham et Southwell. Lorsque Mgr Plessis passa en Angleterre en 1819 il ne manqua pus d'aller présent or ses hommages a cet ancien ami du Canada. II était infirme, raconte-t-il, mais conser- vait une mémoire exquise, un jugement très-sain, et un cœur ouvert et loyal ; le vieux général aimait toujours le Bas-Canada et s'intéressait au bonheur du pays, plus vive- ment qu'on n'aurait pu l'attendre d'un homme complète- ment retiré des allai res. Après une conversation prolongée, Mgr Plessis se sépara du géuéral, avec la douloureuse pen- sée qu'il ne reverrait plus ce bienveillant ami du Canada. Sherbrooke mourut en 1830, et fut inhumé dans le caveau de sa famille à Oxton. L'épitaphe suivante préparéo par lui-même fut placée dans l'église du village de Calverton : " Sacred to the Memory of General Sir John Coape Sherbrooke, G. C. B., Colonel of the 33rd Regiment of Foot. He died on February 14, 1830, aged sixty-five years. And his remains are deposited in the family vault at Oxton, in this County." P.-G. R. — 352 — QUESTIONS 754. — La route qui conduit de La Prairie i Saint-Jean, est appek'c le 4t Chemin de Saint-Jean ", et est très ancienne. Qui pourrait me dire quand ce chemin a été fait et par qui ? S. A. M. 755. — Sous l'ancien n'gimc à quoi correspondait le grade de garde de la marine f Cltrio 75C. — On voit que Bigot, notre dernier intendant fran- çais, fut commissaire-ordonnateur au Cap- Breton pub* à Louisbourg. Quelles étaient alors les attributions du com- missaire-ordonnateur ? Fonc 757. — Le» ennemis de notre foi voulaient alors (17S4) mettre à la tête des a Maires ecclésiastiques, soit le domini- cain Taylor, soit le récollet Kilder, personnages presque entièrement jierduB de caractère." Quels étaient ces per- sonnages ? Rir. 758. — Quel îtait ce capitaine Michel Biais dont il est si souvent fait mention dans les récits de l'invasion américaine de 1775 ? C. O. B. 759 — Quelqu'un pourrait-il donner des renseignements sur l'arpenteur Sullivan qui exerçait sa profession à Wotton et dont les rapports d'arpentage se terminent en 1809 ? Cette queatiou est demandée au point de vue généalogique. R. L. 760. — Kn 1743 ou 1744, il y avait un père récollet du nom de Simple Boquet à Trois- Rivières. Mgr Tanguay ne men- tionne pas ce religieux dans son Répertoire. Quelques-uns des lecteurs du Bulletin possèdent-ils quelques notes sur le père Boquet ? Franck Digitized by Google - L'ANNONCIATION DE NOTRE-DAME DE BONSE- COURS DE L'ISLET ad by Google BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL. 6 DÉCEMBRE 1900 No. 12 L'ANNONCIATION" DE NOTRE-DAME DE BONSE- COURS DE L'ISLET La paroisse actuelle de l'Islet fut concédée en deux seigneuries. La première, de une lieue de front sur deux lieues do profondeur, touchant par son extrémité nord-est à la sei- gneurie de Port-Joly, fut concédée le 17 mai 1677 à Gene- viève Oouillard, veuve du sieur du Tertre. Dans certains actes de notaires, cette seignourie est appelée V Islet Saint- Jean ; d'autres la nomment tout simplement Saint-Jean. L'autre concession, bornée à son extrémité nord-ouest parla seigneurie de Vincelotte (Cap Saint-Ignace) fut accordée par l'intendant Duchosneau, le 1er juillet 1677, au sieur Jean- François Bélanger. Elle contenait environ une lieue et demie de front sur deux lieues de profondeur. On désigna la seigneurie de Bélanger sous le nom de Bon- secours. Au pied du quai actuel de l'Islet, placé à huit arpents de l'église, il y a, à l est, un rocher s'élevant à une quarantaine de pieds environ au-dewms du niveau des hautes marées. Ce rocher a un peu pins de quatre arpents de longueur sur cent -cinquante pieds do largeur. Autrefois, il se trou- vait entièrement eniouré des eaux du fleuve. Il formait alors une petite île, un îlet, mot que l'on prononçait îlette. Ce nom servit d'abord k désigner la seigneurie de la veuve du Tertre. Plus tard il s'étendit à la paroisse formée des deux seigneuries do l'Islet et de Bonsccours. — 356 — La ëituation avantageuse et la fertilité du soi de ces deux seigneurie» y attirèrent aussitôt des colons. En 1701 ou trouve déjà sur les domaines de la veuve du Tertre et du sieur Bélanger une vingtaine de familles. On y voit des Bé- langer, des Rouleau, des Cloutier, des Larouche, des Mar- chand, des Langelier, des Lavergne, des Fortin, des Les- sard, des Caron, des Leclerc, etc., eto. Les courageux colons de Bonsocours et do l'Islet reçurent dès l'origine de leur établissement la visite du missionnaire envoyé par l'évêque de Québec. Il est bien probable que le ministre de Dieu célébrait les saints mystères dans la mai- son du seigneur Bélanger, mais il n'en est pas fait mention dans les notes restées dans les archives de la paroisse. La première église de l'Islet fut construite en 1700, à l'endroit où se trouve aujourd'hui la chapelle dos morts, à l'oiitréo du cimetière. Ses dimensions étaient bion modestes : vingt-cinq pieds par vingt. Cette église ne contenait que onze bancs. Quoique les paroissiens fussent alors peu nombreux, onze bancs no pou- vaient suffire à ceux qui venaient assister aux offices. Mais il leur restait la ressource qu'on n'a pas perdue dans la plu- part des églises du pays, celle d'entendre la messe debout dans les allées ou en arrière des bancs. C'est M. Louis Mathieu, premier curé du Cap Saint- Igna- ce et desservant de Bonsocours, qui fit bâtir oe petit torn- pie. (1) En 1721-1722, à l'endroit môme qu'oocupe l'église actu- elle, la deuxième église de l'Islet fut construite. Elle mesu- rait soixante-douze pieds de longueur par vingt-cinq pieds (t; Cette église, qu'on désigna longtemps) tout le non de chapelle des congre - ganiste», fut démolie en 185t. Avec la pierre qu'il en retira, M. le cure Delâge fit construire le solage de la chapelle adjointe au pan nord-ouest de l'église. Cette chapelle peut contenir aisément dcux-cenUcinquante personnes. Elle n'a été ter- minée qn'en iSS.v Digitized by Google de largeur. Il y avait un retrait de dix pieds à l'entrée du chœur, cinq pieds de chaque côté. On y mit quarante-un bancs. Elle fut bâtie sous la direction do M. Pierre Leclair, des- servant de Bonseeours et du Cap Saint-Ignace. En 1768, la deuxième église de l'Islet lut entièrement dJ- radie pour faire place au temple actuol. Il fut construit par le curé Hingan. Il mesurait à Tori gine cent-vingt pieds do longueur par cinquante six de largour. I n 1830, M. le curé Bourget l'agrandit de quarante pieds. Il éleva deux belles tours ayant saillie sur la façade et sur les côtés, chacune se terminant par des clochers assez jolis. C'est aussi à cette époquo que fut construit le petit clocher qui est encore sur le rond-point. Dans chacun de ces trois clochers M. Bourget plaça une cloche dont kj son était bien agréable mais un peu iaible. Le carillon rendait les notes sol, la, sî. La façade un peu mesquine de 1830 fut considérablement agrandie et embellie en 1884 et les clochers des tours f urent entièrement refaits. On donna les cloches, l'une à l'église de Saint-Cyrille et les deux autres a celle de Saint-Eugène. De nouvelles cloches fabriquées par MM. M ears & Cio., de Londres, pesant ensemblo 4086 livres, furent installées à leur place. En 1898, on a construit des galeries latéralos et on a fait toilette nouvelle à l'intérieur et à l'extérieur de l'église. Le chauffage avec poêles est disparu en 1898 et 1899, et on a installé deux fournaises, l'uno à vapeur pour l'église et l'autre à eau chaude pour la grando chapelle et la sa- cristie. Dans le cours de la belle saison de l'année 1900, la Fabri- que a fait construire un quai magnifique avec plate-forme et terrasse. On y a commencé des plantations d'arbres d'à- r*- 'r.\*~.r. -.-.I Aî-.-.nt :.; ';>v*.~i ;-vrw»:f:an — c -s-t e nuns . n & ;> .1-»» k '^rmMia^nrji — * i*^ «uir- it it- . A a rr. le : -*ii-.;'-.r» "• ?'>. p«. pvarj-.r: :e . Isiet e^ait 2*Jr4 i.r,»i»» - J *■"" 'a: rrsn* : m at-L-»- Le aumbr?- 5*rr. -tA.-„ i.* \1\ tr,nt I- 1 r%. ;>/-.. .l*rc,\irn par,'**» Î*- Oo -.rora'^.TS'.aa:*. i;*"ra.b «a^rû ■iîrxnirt- <.a.r.rt e 'l;o. PnHre d* 5-:tniuaire Je l^a^-bec, cet >nfV:;;.ihi<; rri;-rW,r»aire d*?->servit la urn l'automne de 16>*7, M. Morel tit une mission à Cham- plain. Il descendit à Québec dangereusement malade, et mourut le 23 novembre suivant. Son corps repose dan» la «athédralc de Québec dont il était un des chanoines. li. P. Claude Motreau (1686). Le récollet Claude Moi- rcau ou Moreau— il se servait des deux orthographes— arri- Digitized by Google vu au Canada le 10 septembre 1671. Il fut successivement missionnaire à Trois- Rivières, à la ftivière Saint- Jean (1675) -et à la Pointe aux-Trembles. De décembre 1686 à mai 1688, le P. Moireau desservit le Cap Saint-Ignace et l'Islet. On ne trouve qu'un acte de lui dans les registres de l'Islet. Il est daté de décembre 1686. . En 1690, le P. Moireau se rendit au Cap-Santé. Il mou- rut le 16 octobre 1705. Ji. P. Louis Ober (1688). Le P. Louis Ober, *écol)et, arriva au pays le 31 mai 1680. 11 était en 1688 missionnaire de la côte sud. en bas de Québec. 11 y a deux actes du P. Ober dans les registres de l'Islet. Ils sont tous deux de 1688. Le P. Ober retourna en France en septembre 1700. Jf. Jean Pinguet (1690-1692). M. Pinguet naquit à Québec le 8 décembre 1655. Il était his de Noël Pinguet et de Marie-Madeleine Dupont. Il fut ordonné prêtre le 21 décembre 1680. Nommé chanoine à l'élection du cli api t it- do Québec, M. Pinguet desservit d'abord la Pointe-aux- Tre mbles. De 1690 à 1692, il desservit le Cap Saint-Ignace et l'Islet. Lus registres de cette dernière ]>aroisso contiennent trois actes de M. Pinguet, l'un du 28 avril 1690. l'autre du 27 août 1691 et le dernier du 21 juin 1632. M. Pinguet fut curé de Beaumont de 1698 à 1704. 11 mourut au séininairo de Québec, dont il était membre, le 20 mars 1715. Ses restes reposent dans la cathédrale de Québec. JI. Louis J/afA*'cw(1699-1701). M.Mathieu, qui appar- tenait au diocèse de Paris, était sous-diacre lorsqu'il arriva à Québec. 11 fut ordonné prêtre le 16 février 1698. Il desservit en même temps le Cap Saint-Ignace, dont il fut le premier curé en titre, l'Ile-aux-Gruee, où il baptisa un — 360 — jeune Anglais captif des Sauvages, et l'Islet. La chapelle do Bonsecours do l'Islet n'était alors qu'une annexe de la cure du Cap Saint-Ignace. M. Mathieu a commencé à l'Islet le troisiômo registre le 17 août 1699, et il le continua jus- qu'au mois de février 1701. M. Mathieu repassa en Franco en octobre 1720. R. P. Rodolphe Duhus (1701-1702). Le récollet Rodol- phe Du bus arrivé au Canada en juin 1G99, desservit, en )701 et en 1702, le Cap Saint-Ignace et l'Islet. Le dernier acte signé par le P. Dubus dans les registres de l'Islet est du 27 septembre 1702. Il mourut le 7 octobre 1737. R. P. Pierre LePoyvre (1702-1704). Le P. LePoyvre, récollet, né à Hheims, le 10 avril 1669, arriva à Québec le 1er juillet 1696. Il desservit successivement les paroisses de Beaumont, de Saint-Michel et du Cap Saint-Ignace. En 1702, il était supérieur des KécolleU à Trois- Rivières. Du 11 novembre 1702 au 18 octobre 1704, il était à l'Islet. En 1721, il desservit Sainte- A nue de la Pérade et l'année suivante il était missionnaire à Chambly. Il fut trouvé mort dans sa chambre trois heures après avoir dit sa messe le 19 février 1741. 11 portait, nous dit le Mortuologe des Ricol- lets, la bonne odeur de Jésus-Christ au -dedans et au dehors. R. P. Philippe Rageot (1704 1707). Le récollet Rageot était fils de Gilles Rageot et de Madeleine Morin, et il naquit à Québec le 11 juin 1678. Il reçut l'onction sacerdotale le 24 juillet 1701. Le P. Rageot desservit d'abord le Cap Saint-Ignace et l'Islet. Il tint les registres de cette dernière paroisse du 27 décembre 1704 au 25 septembre 1707. Il fut ensuite curé du Cap-Santé puis de Kamouraska (1709) où il mourut le 21 soptembre 1711. Digitized by Google M. Yves Le Riche (1707-1712). M. Le Riche arriva dan» la Nouvelle-France le 22 juin 1701. Il fut d'abord mission- naire chez Ion Abénaquis, puis desservit la Baie Saint-Paul de novembre 1701 à juillet 1706. Nommé eu ré du Cap Saint-Tguaco en 1707 il en repartit en 1712. C'est pendant son séjour au Cap Saint-Ignace que M. Le Riche desservit l'Inlet. Il a signé les actes du 3 dé- cembre 1712 au 14 mai 1714. M. LeRiche partit du Cap Saint-Ignace pour aller pren- dre possession de la euro de Saint- Laurent, île d'Orléans. En novembre 1729, il était nommé chanoine du chapitre de Québec. Il mourut le 10 décembre 1755, à l'Hôtel-Dieu de Québec, et fut inhumé dans la cathédrale de Québec. M. Charles Hazeur-Dessonneaux (1712). Il naquit à Montréal le 17 avril 1083 du mariage de Léonard Hazeur, marchand, et de Marie-Anne Pinguet. Ordonné prêtre en 1706, il fut nommé, quatre ans plus tard, curé de Berthier. En 1712, il donna ses soins aux habitants de l'Islet. En janvier 1715, son évêque lui donnait la dessorte do Saint-Thomas. Il y mourut le 6 juin suivant. li. P. Yves Godard (1712-1714). Le P. Godard, récollet, arriva au pays le 6 juin 1709. De 1712 à 1714, il desservit le Cap Saint-Ignace et l'Islet. il a signé les registres de l'Islet du 3 décembre 1712 au 14 mai 1714. 11 mourut le 6 mars 1734. M. Jean-Baptiste Duyaxt (1714). M. Dugast né à Mont- réal le 15 juillet 1684, fut ordonné prêtre à Québec le 22 avril 1714. Il fit une mission au Cap Saint-Ignace et à l'Islet du mois de juin au mois d'août 1714. Il fut ensuite chargé de la mission de Saint-François du Lac, où il mourut le 9 mars 1763. — 362 — M. Pierre Leclair (1714-1722). Né en 1687. M. Leclair fut ordonné prêtre à Québec le 7 octobre 1714- Du 7 novombre 1714 au 13 septembre 1722, il desservit le Cap Saint- Ignace et l'Islet. En 1747, ou trouve M. Led air missionnaire à Saint- Joseph et à Sainte-Marie de la Beauce. 11 mourut curé de Saint- Vallier le 26 novembre 1761. Il fut inhumé dans l'é- glise d© cette parois*». R. P. Maurice Imbault (1722-1723). Le récollet Imbault arriva au Canada le 26 juillet 1716. Il desservit Saint- Anne de la Poeatière en 1719. Du 8 novembre 1722 au 4 septembre 1723, le P. Imbault desservit le Cap Saint-Ignace et l'Islet. Il retourna ensuite à Sainte-Anne de la Poeatière. Il mourut le 12 févrior 1758. H. P. Simon Foucault (1727-1741). Le P. Foucault, ré- collet, fut ordonné prêtre le 18 décembre 1723. Il desservit le Cap Saint-Ignace, l'île -au x-G rues et l'Islet du 20 novembre 1727 au 10 octobre 1741. Le P. Foucault mourut à Mont n'ai le 9 octobre 1747. M. Louis- François Soupiran (1741-1744). M. Sou pi ran était le 61s du docteur Soupiran et il naquit à Québec le 26 février 1706. Ordonné prêtre le 23 septembre 1730, il fut, l'année suivante, chargé des cures de Sainte- Anne de Beau- pré et du Château -Richer. M. Soupiran desservit l'Islet du 23 octobre 1741 au 6 juin 1744. 11 mourut le 8 juillet 1745. LES CURÉS DE L'ISLET M. Joseph-Romain Dolbec (1745-1767). M. Dolboc né à Québec le 10 mars 1717 fut ordonné prêtre le 23 septembre Digitized by Google — 363 — 1741. Il fut nommé, la même année, curé du Cap Saint- Ignace. En 1745, M. Dolbec fut nommé à la cure de l'Islet et chargé en même temps de la dessorte de Saint- Jean Port- Joli. Il est le premier prêtre qui ait pris le titre de curé de l'Islet. Ses prédécesseurs, dont les premiers avaient toute la côte du sud à desservir, signaient simplement mis&ion- naires. En 1767, M. Dolbec prit possession de la cure de l'Ange- Gardien, qu'il garda jusqu'à sa mort le 10 décembre 1777. Il est inhumé dans l'église de 1* Hôpital-Général de Québec. M. Jacques Hingan (1767-1779). M. Hingan, né à Avranches le 6 février 1729, était fils de Jean Hingan et de Jeanne Jamany. Il fut ordonné prêtre à Québec le 17 no- vembre 1753. L'année suivante, il était nommé curé des Grondines, qu'il quittait, en 1762, pour aller à Saint-Jean Deschaillons. C'est en 1767 que M. Hingan fut nommé curé de l'Islet avec la desserte du Cap Saint-Ignace où il fit bâtir l'église en 1777. En 1779, il prenait la cure de Saint-Jean Port-Joli. Il mourut à l'Islet le 19 août de la même année. Il est le premier prêtre inhumé à l'Islet. Lors de l'inhumation de M. Bourget, en février 1833, ses ossements furent trouvés près de la fenêtre du côté sud du chœur, entre le mur de l'église actuelle et celui de l'ancienne. M. Paul-Ambroise Bidard (1779). Tous les actes des re gistres de l'Islet, du 5 avril 1779 au 6 octobre de la même année, sont signés " Bédard, ptre, desservant du Cap Saint-Ignace et de l'Islet". C'est probablement M. Paul-Am- broise Bédard, ordonné prêtre le 17 août 1777. Il mourut le 28 octobre 1780, à l'âge de vingt-six ans. Ses restes repo- sent dans la chapelle du séminaire de Québec. M. Jacques Panet (1779-1829). M. Jacques Panet, frère — 3G4 — de Mgr Bernard-Claude Panel, naquit à Québec le 14 te- rrier 1754. Il fut ordonné prêtre le 29 mai 1779. l^e 11 octobre de la même année. M. Pauet fut nommé curé de 1° Islet, po>to qu'il conserva jusqu'au 7 octobre 1*29. Eu abandonnant le ministère, M. Pauet ne quitta pas l'Islet. Il y demeura jusqu'à son décès, le 23 mai 1834. Il fut inhu- mé sous la marebe du maître autel. M. Pierre Bour.jct (1*29-1833). M. Pierre Bourget était le frère aîné do Mgr Ignace Bourget. Il naquit à Saint- Joseph de Lévis, le 13 août 178(5, et fut ordonné prêtre le 4 juin 1814. D'abord vicaire à Saint- Hyacinthe, il fut nonim - en 18 1(5 curé de Sorel, puis, l'année suivante, de Chateau- guay, et, en 1822, de l'Isle- Verte et de Trois -PUt oies. Le 11 octobre 1829, AL Bourget prenait |K»>se*sion de la cure de l'Islet. 11 y mourut le 20 février ls:i:;. Il fut inhu- mé dans le clurur de l'église, près Hic jacet Vir Génère ac Virtute Nobilis Carolua, Xicolatus, Fortunatua De Moutenach Dominus de Perreville Fnburgi, m Heivetiâ B patricia gente ortot In hac regione ClariBsimœ Domina Garolœ Le Moine Barouissœ de Longueuil Gêner Quem probitate, peritiâ, seioque bono public! CoiiHpicuum, Cives comitatibu* Yamaskensis 8uum in Commit i is Provincialibus Delegatum Elegerunt, Ubi Regis ac populi Jura Conoionibus, Ac suffragiis acquft constancia défendit. Dilectissimœ conjugi, Kiliis, amicis ac Bonis omnibus. Multum flebilis, Obiit Marianopoli, Die XXIV Maii, A. D. MDCCCXXXII, An nos natus quadraginta et mense Et in hâc sepulchrali capellâ Familiœ de Longueuil tumulatus Die XXVIII ejusdem mensis Requiescat in Pace. (i) Cette sapultare dane l'effllee œtboliqoe de LongucaH était de droit réeervée a 1* famille d« M ontenacb, branche catholique de U famille de I-onijueail, per privilège spécial dea* l'acte de vente per mediae le baronne de Loofueuil aie Digitized by Google — ■367 — A la mort de la baronne de Longueuil, sa mère (1841), madame de Montenach hérita de la seigneurie de Belocil. -dont elle jouit jusqu'à sa mort , survenue à Montréal, le 8 juin 1870. Elle avait 78 ans et 11 mois et demi. En elle s'étei- gnait l'un des rejetons de la plus vieille noblesse du pays. Elle fut inhumée dans l'église de Longueuil le 14 juin 1870. Une pierre érigée à : a mémoire porte l'inscription suivante : ln hoc signo vincos loi Reposent les cendres de Marie-Elisabeth Grant, Veuve de feu C.-N.-F. de Montenach, décédée à Montréal, le 8 juin 1870, figée de 79 ans, regrettée par ses amis, pleuré* par ses enfanta Sistite qui transitis, et orate. Par ses qualités éminentee, plus encore que par l'éclat de 8a lignée, madame de Montenach mérite d'être rangée par- mi les intelligences d'élite. D'un esprit brillant et solide, enjouée dans la conversa- tion, juste dans ses appréciations, dévouée pour ses amis et charitable pour l'infortune, modeste et sans prétentions, sympathique, versée dans les affaires, qu'un veuvage de trente-huit ans la força d'étudier, tout à la fois énergique et douce, ce beau type de la femme noble n'a jamais donné que des exemples de simplicité et de vertu. Nous ne saurions mieux faire connaître les mérites de Digitized by Google - 3(78 — cotte dame qu'en citant ce qu'en dit M. do (raspé, dans m» Mémoires : 44 Si je ne craignais do blesser la modestie do madame de Montenach, tille de feue madame la baronne do Longueuib je dirais qu'une jeune demoiselle de l'dge do madame de Selby ot sa cousine, partageait autrefois avec elle l'opinion publique sur l'esprit brillant dont elles étaient toutes deux douces ; que celle que l'on entendait causer la dernière fai- sait oublier les saillies de sa rivale absonte, etc." De son mariage, madame de Montenach laissa quatre en- fants, trois filles et un til*. L'aînée, Emma, née à Montréal, en 1810, épousa, le 1er mars 1832. à Montréal, le capitaine Pritcbard, du 52e régi- ment. 11 prit saretraito avec le grade de colonel, après avoir été décoré d'une médaille d'honneur pour ses services, et pour les glorieuses blessures qu'il avait reçues dans la guerre de la Péninsule. Résidant à Montréal où son épouse mourut le 29 juin 1848, il avait eu d'elle deux enfants, Em- ma, m'e à, Québec, le 14 septembre 1844 (elle épousa le comte Quiqueran de Beaujeu), et Charles qui entra daus l'armée en 1856, et mourut à Gibraltar. Il était lieuteuant au 55e régiment, et avait fait la campagne de Crimée. La deuxième des tilles de madame de Montenach, Wil- helmine-Dudding, néo à Québec en 1817, épousa à Lon- gueuil le 14 octobre 1833, M. Olivier-JoBeph-Elzéar Per- rault de Linière, (1) fils aîné de l'honorable Jean-Olivier Perrault, mort en 1827, juge de la Cour du Banc du JRoi à Québec, et de Louise-Marie Taschereau. De ce mariage naquirent cinq enfants : mademoiselle Marie-Victoria-Harlinc, née le 9 juin 1844, à Montréal, est la seule survivante. (i) Ainsi appelé du nom de l'on de te* fiefs, et en mémoire de son oncle mater- nel, le colonel Linicrr. Digitized by Google M. Perrault mourut à Montréal, !o 27 janvier 1870, et fut inhumé à Longueuil, dans l'église, à lu placo réservée à la famille de Montenach ; sur la pierre érigée à sa mémoire, noua lisons : Ici Reposent les cendres do Olivier J. E. Perrault de Linière, Epoux de M. W. Dudding do Montenach, Décédé à Montréal, Le 27 janvier 1870, figé de 64 ans. Priez pour lui. Madame Perrault se romaria en secondes noces à Fri- bourg, le 4 septembre 1871, à l'honorable Thomas Ryan, lieuten»nt-coloncl et sénateur de la puissance du Canada. Né en 1808, à Balinakill, comté de Kildare, Irlande, l'hono- rablo M. Ryan, vint encore jeune au Canada, où il se voua aux opérations commerciales. Il taisait partie de la maison " Ryan et Frères ", à Montréal et à Québec. Il se retira d'affaires eu 1863, avec une belle fortune. Elu conseiller législatif pour la division Victoria, il siégea ainsi jusqu'à la Confédération. Il fit partie de la commission nom- mée par le gouvernement pour ouvrir des relations commer- ciales dans divers pays, et comme tel fut envoyé aux Indes, au Mexique et au Brésil. En 1867, il fut appelé à la charge do sénateur de la puissance du Canada par proclamation royale. L'honorable Thomas Ryan mourut le 25 mai 1889. Sa veuve lui survit. Lors de son second mariage madame Ryan était devenue co-propriétaire de la seigneurie de Belœil avec son frère, le major Théodore de Montenach, a la mort de sa mère, ma- — 370 — dame de Montenach (1870). Elle devint seigneureese et propriétaire do la môme seigneurie de Belœil en entier k la mort de son frère, le 13 octobre 1885. Madame Ryan eut une tille, qui épousa Edward Smytho, capitaine au 30e régiment. Le capitaine Smythe mourut à Montréal en 1878 et fut inhumé dans l'église de Longueuil avec la famille de Montenach. La troisième fille de madame de Montenach, Marianne, m-e X Montréal, en 1818, y épouoa le lieutenant-colonel Whyte, du 7e hussard. Ils allèrent réaider sur leur do- maine en Irlande. Le quatrième enfant de madame de Montenaeh, Charles- Théodore, était né à Longueuil. le 20 novembre 1821. Ap- partenant à une race de militaires, il se consacra, jeune encore, à la carrière des armes, où il se distingua par sa bravoure et son intrépidité. Après un court passage dans une école élémentaire an- glaise, il passa en Angleterre pour achever sas études dans la célèbre institution de Stonyhurst, dirigée par les pères Jésuites. A peine figé de dix-huit ans, fort et robuste, il put, grâce a la protection d'un ami de la famille et d'un ancien administrateur intérimaire du Canada, sir James Kempt, occupant alors une charge élevée au ministère de la guerre, obtenir une commission d'enseigne dans le 15e régiment d'infanterie. Le colonel ée son régiment se trouvait être lord Charles Wellesley, fils cadet du duc do Wellington. Après avoir été successivement en garnison dans plu- sieurs villes d'Angleterre et d'Irlande, il reçut un jour l'or- dre de partir pour les Indes et de so rendre à Colombo, capitale de l'île de Ceylan ; île immense, couverte d'impéné- trables forêts, au sein de la flore la plus variée en couleur, et produit d'une puissante végétation ; cette lie, pleine d'é- léphants, de rhinocéros, de tigres, d'hyènes, do cerfs, d'é- Digitized by Google lane, de daims, d'un© multitude de singes, de serpents, d'oi- waux, allait lui offrir le théâtre et le rôle qu'il rêvait. Deux révoltes den indigènes, aussitôt réprimées, furent les sou!» faits de sa vie militaire aux Indss. La guerre, lui refusant les dramatiques épisodos des combats et des luttes-, il rechercha dans les grandes chasses, les émotions et les périls des rencontres avec les bêtes jaunes. Tantôt monté sur un éléphant, il chassait ou le tigre re- doutable, ou le rhinocéros ; mais plus souvent le cerf le chevreuil ou l'élan. Que d'aventures survenues au courant de ces expéditions, que le galant capitaine (car son avancement avait marché avec le temps), racontait avec beaucoup de verve ! La publication en volume du récit des chasses du capi- taine de Montenach à Ceylan, aurait obtenu tout le succès de celles de Gérard, le tueur de lions, ou de Bonbonnel, le tueur de panthères, deux officiers français morts à la poinc. Après dix ans de ces exercices, sous un ciel meurtrier pour les Européens, le brave capitaine, sérieusement atteint dans sa santé, se décida à abandonner l'armée au bout de dix sept ans de service. Il prit cette détermination malgré les avis de son colonel, qui lui prédisait un splendide avenir militaire ; car, à trente deux ans, notre Canadien était le plus ancien capitaine dJ son régiment. En 1856, il revint respirer l'air natal pour rétablir sa santé ébranlée. A son retour au Canada, il fut nommé major de brigade à Saint-Hyacinthe, et subséquemment, député-adjudant- général du septième district militaire. — 372 — Le major de Montenach consacra tout son temps, son énergie et une partie de sa fortune, à travailler au succès de la milice canadienne. M. Theodore de Montenach était célibataire, et possédait une grande fortune. Il était co- propriétaire de la seigneurie de Belœil avec sa soeur (madame Thomas Ryan), depuis la mort de sa mère (1870). Il alla demeurer à l'ile-aux Cerfs (1), qu'il a habit te et possédé» jusqu'en 1882, époque où il vint demeurer à Mon tréal chez sa sœur, madame Ryan. M. de Montenach a toujours été un citoyen honorable ; il était un type du parfait gentilhomme. Sa position et son urbanité lui avaient fait un nombreux cercle d'amis. Le major de Montenach était un homme d'une haute stature et d'un extérieur imposant qui révélait le militaire. Ses manières avaient le cachet de la distinction, et déno- taient un esprit d roit, un cœur généreux et une âme fière. mais compatissante. Il savait se dévouer à ses amis, et sou- lager la misère des pauvres. II était catholique et mourut à Montréal, le 18 octobre 1885 ; il fut inhumé à Longuenil, dans la nouvelle église avec les autres membres de sa famille, le 23 octobre de 1» même année. Albx. Jodoin (i, Situé* dan» le Richelieu, vit-i-TÏ» le haut de la paroi, m de Saint-Marc, i 1'ca.bo.chure du Ruiaaean de Behril, et prée de la «ciKneurie de Belœil. Digitized by Google RÉPONSES Officiers de marine en Canada sous le regime français. (VI, XI, 755.)— La phrase suivante se rencon- tre souvent dans les livres, les revues, et les journaux qui mentionnent certains faite de notre histoire : '' AI. un tel un tel était officier do la marine." Nous nous sommes embrouil- lés tout à fait là-dessus. Les " officiers do marine " se montrent à partir de 1673 dans les régistros des paroisses, les actes des notaires et la correspond anoe dos gouverneurs. En 1673, le régiment de Carignan était retourné en Fran- co. Comme il fallait des soldats pour les petits postes de Québec, Trois- Rivières, Sorel, Chambly, Montréal et Cata- vacouy, on décida d'enrôler des hommes sortant do l'armée française pour former un simple détachement, deux à trois cents, qui seraient dispersés dans les garnisons de la colonie. Do cette manière, Louvois, ministre de la guerre, four- nissait à Colbert, ministre de la marine et des colonies, les dix ou vingt militaires demandés chaque année pour rem placer le même nombre décédés ou déchargés. Parfois, co> volontairos do France étaient moins nombreux que le chiffre requis, et alors le gouverneur du Canada recrutait parmi nous pour combler le vide. Louvois consentait bien à donner quelques soldats, mais non pas 4 les payer et entretenir au bout du monde. Colbert se chargea do ce soin— c'est pourquoi l'on disait : " le déta- chement de la marine entretenu en Canada." Nos anciens papiers sont remplis de cetto formule. Officiors et soldats qualifient ainsi le corps dans lequel ils servaient., afin de n'être pas confondus avec la milice qui, — 374 — elîe aussi, se composait d'officiers, do soldats et avait une- Le détachement dit de la marine n'était donc pas formé de marine. Il faut cesser de dire que notre population a reçu, par l'entremise de ce détachement, un fort contingent d'hom- mes de mer et que nous tenons d'eux les termes do marine qui se rencontrent dans notre langage. Ces termes ne sont pas plus extraordinaires en Canada qu'en France, où ils abondent jusque dans l'intérieur dus terres. Le tout petit nombre d'officiers de marine que nonsaron» produit se sont éloignés du Canada pour toujours et n'ont rien do commun avec notre détachement de la marine qui tenait garnison sur suc ou sept points éloigné . les uns des- autres, depuis Québec jusqu'au Détroit, et même Michili- makinac. Chaque garnison était commandée, selon son importance,, par un enseigne, un lieutenant, parfois un capitaine. La paie d'un capitaine était la plus haute que l'on put toucher comme commandant d'un fort, même si l'officier avait élé jadis major dans un régiment français Le chef avait rang et solde de major. Il demeurait à> Québec. De 1670 à 1754, ce détachement fut toute notre armée régulière. Il ne vint pas do régiment de Franco et l'on n'en forma aucun dans le pays. En 1683 et durant les années suivantes, à cause de la guerre, il arriva quelques compagnies dont on aurait pu former un petit régiment, mais la chose n'eut pas lieu. Ce* corps demeurèrent indépendants les uns des autres et diri- gés par le gouverneur général. Louis XIV voyant, vers 1675, qu'il faudrait envoyer des officiers pour remplacer ceux qui manqueraient dans le dé- tachement dit de la marine, demanda au comte de Fro nie- • Digitized by Google *nac de lui désigner les jeunes Canadiens, qui, par letir in- telligence, etc., pourraient remplir ces situations. A partir *de ce moment les trois quarts des officiers de nos garnisons furent des Canadiens. Ce sont ces mûmes hommes qui ont semé la terreur dans la Nouvelle- Angleterre à plusieurs reprises, de 1690 à 1759: et que M. Francis Parkman a le soin de qualifier "d'officiers français "*vec une persistance qui serait curieuse si Ton ni* savait que cet écrivain trouve tout mauvais chez nous et -que tout lui paraît excellent chez les Français. Or, comme il est obligé, coûte que coûte, de faire l'éloge de ces vail- lants hommes, il s'en tire en les rangeant parmi les Fran çais, ce qui, à ses yeux, signifie une classe supérieuie aux •Canadiens. Benjamin Sult* Le capitaine Michel Biais. (VI, XI, 758).— Le •capitaine Michel Biais se distingua dans l'invasion améri- caine de 1775-1776. A pprenantque tes Amérioains,dans lecampdesquels se trou - vaient encore quelques Canadiens, se disposaient à faire de* incursions au sud du fleuve, les propriétaires royalistes au nombre d'environ quatre-vingt, se réunirent sous les ordres de M. de Boaujou, seigneurie ltlo aux Grues, et vinrent re- joindre, a Saint-Pierre de la Rivière du Snd, le capitaine Biais, un des plus ardents royalistes. Sur sa maison fut aussitôt arboré le pavillon anglais. C'était le 25 mars 1776. M. Bailly de Messein (plus tard évêque) qui revenait des missions s'était joint à la troupe en qualité d'aumônier. Une suite d'environ cent-cinquante voitures des différentes pa- roisses venait à la rencontre des Boutonnais qui s'avançaient par la route de Saint-Vallicr. Ces derniers ayant placé des canons sur une côte, qu'on appelle encore aujourd'hui la Cùto au Canon ". firent sur la maison du capitaine Biais - 37b- — une décharge qui tua quelques Canadiens et blessa l'aumônier. Lt« assiégés se défendirent courageusement ot les Améri- cains eurent au i*i leu rs blessé. Cej>cndant les Canadiens crurent prudent de se disperser. Los ennemis s'emparèrent de la maison du capitaine Biais, le tirent prisonnier, lui et son tils, ainsi que M. de Lanaudière. Ces braves turent plus tard mis en liberté à Berthier, près do Montréal, par l'inter- vention de M. Pouget, curé. Deux des tilles du capitaine Biais se firent religieuses au monastère des Ursulines de Québec. L'ainée, la mère Marie- Joseph Biais de Saint- Michel, mourut lo 11 juin 17.H2 ; l'autre, la mère Marguerite Biais de Saint-Pierre, s'éteignit le 24 février 1830, après soixante-deux années de vie reli- gieuse. R. Le Pere Simple Boquet. (VI, XI, 760.)— Le Père Simple Boquet ou Bocquet, récollet, arriva dans la Nou- velle France on juin 1743 et fut envoyé immédiatement par ses supérieurs à Trois- Rivières. Lo 10 août 1754, il se rendit au Détroit pour remplacer le Père Bonaventure Carpentier. Il y resta un grand nom- bre d'années. Parvenu à un âge avancé, le Pèro Boquet perdait sou- vent la tramontane et il lui arrivait, parfois, do parler tout haut dans l'église. Un jour qu'il faisait la procession de la Sainte- Vierge il était si faible que deux marguillers furent obligés de lui soutenir les bras qui pouvaient à peine porter la statue. Voyant qu'elle trébuchait à chaque pas : " Qu'est- ce qu'elle a dit-il assez haut, " elle frétille comme une anguille ". Une autre fois, pendant la mosse de la Sainte-Trinité, où l'on faisait le renouvellement des vœux du baptême, il s'a- perçut que son sacristain, François Leduc dit Persil, dor- mait. 11 lui doDna un coup de cierge sur la tête pour le Digitized by Google — 377 — réveiller. " Quand je vous le disais qu'il mo tuerait ", dit Persil tout haut en *e réveillant et en se frottant la tête. A la fin le Pèro Hoquet radotait tant qu'on fut obligé de le renvoyer à Québec, cbez les Récollcts, où los Pères avaient la permission de continuer à subsister jusqu'au dé- cès du dernier survivant de l'ordre en Canada, ainsi que l'a- vait décrété le gouvernement anglais. On embarqua donc le Père à bord d'un vaisseau. Au bout de quelque temps le Père entendant sur sa tête le bruit des sacs qu'on chargeait à bord : " Quest-ce donc ?," dit-il à Persil. " Ce n'est rien, ce n'est Tien '', dit celui-ci, " ce sont les gens qui apportent la dîme." " Tant mieux, tant mieux reprit le Père, "elle rend bien cette année ". P.-B. Casorain Les Lauzon. (VI, X, 753.) — On connaît la pièce do plomb émise par John (îoudio en 1S21, destim'e ù servir comme billets de passage sur le bateau il vapeur '• Lauzon \ traversier entre Québec et la Pointe-Lévis. On connaît également une variété de cette pièce, celle surchargée • J. McK., " initiales de J. McKenzie, propriétaire subsé- quent du " Lauzon ". Toutes deux devenues très-rares, la dernière surtout— j'entends les véritables, car on en a mis des contrefaçons en circulation. Celui qui posséderait un Lauzon portant l'inscription " Laurent Chabot " d'un côté et " Good for four pence " de l'autre, aurait là une rareté dont il aurait droit de se vanter. J. \V. M. — 3TS — QUESTIONS 761 — On mo dit que la ville do Xicolet a pris sun nom do l'interprète Jean Nicolet. Kn quelle aniu'e ? Nicolet a t il habité cot endroit ? Rio 762 — Pouvezvous me donner la liste de tous le» consul* de France qui se sont succédés» à Quélnit- depuis 1858, année de l'arrivée du premier consul français en notre pay* ? P. O. R 763 — Marie Morin a-t-elle réellement été la première reli- gieuse canadienne ? X. 764. — Eu quelle année la dévotion à sainte Anne a-t-elle été implantée dans la XouveHo-Franee ? Québec 765. — Voulez-vous me dire en quelle année l'Ile du Prince- Edouard a commencé a être colonisée ? Les pre- miers colons étaient-ils des Canadiens ? A qui appartenait 1 île il y a 65 à 70 ans ? Géographe 766. — Y a-t-il ou plusieurs oomtés et barounics érigés au Canada sous le régime français ? Appli. 767. — Où et quand mourut M. Titnothé O'Sullivan, Sul- livan, .Sylvain ou Silvain, médocin irlandais, qui épousa ma- dame veuve de la .Temmerais, mère de la célèbre fondatrice des Sœurs Grises, madame d'Youville ? Relio. 768. — Je possède un vieux bouquin intitulé Recueil de cantiques à l usaye du diocèse de Québec et publié en 1819- Est-ce là le fameux recueil de cantiques du Père Daulé ? Ri p. Digitized by Google < — 379 — TABLE DES MATIERES PAGES Alphonse Je Liguori, La théologie de saint., 102 Amhcrwt, Sir Jertery. 7. .. 192 Ancourt, Le comte d' 64, 117 Angleterre, La Nouvelle 62 Assistants au trône pont irisai, Les 256, 285, 286 \ul>t rt. M 133 Aubert, La carte de..... 160, 183 A u béry , Le Père J oaeph 324 A u tref bis et a ujou ni 1 > u i . 333 Baptiste, Le capitaine 121 Beaujcu Le comte du 321* IVdard, L'emprisonnement de 57 JSeletto rozelet ou l'hermine, La, 201» lîi 1>] ioLri'ai 'hie de la poésie franco-canadienne 232 bibliographie des ouvrages sur la flore canadienne 32'..' Libliotlu-que circulante, L ne 142 Rigot. L intendant . 224 Bissot de Yincennes, Jean 109 Blairiindie. Le nom 12s Biais, Michel 352, 375 Bois, Le» œuvres do l'abbé L.-E 280 Boquot, Le Père Simple 352, 376 * Bord -a-Plourte, Le..... "TTT> Borgia, Joseph Levasseur Ht! Borgia, Le moulin et la maison 37 Boulogne, La mère de 32, 155 Bourdon, Jean 151 Bourg, L'abbé Joaeph-Mathurin 8, 263 Cadeau, Jean- Baptiste... ♦• -s3 Canada, avant 1672, L'histoire du Canada,. Le Haut- 339 Canso,.. 205 Cassegrain. L'abbé Paul 86 Catholiques et protestants daus la même égliso 63 Caiighna^aga, Les Iroquois de 96, 116 <."au!incourt, Le général "de 64, 117 PAGES' Chabot, Luu rent - .'Î20, oil Chambly, Le eanul 224j 2*5 Champlaio, Samuel de HIM Chanson dan» la Nouvel le- Franee, La 5ii Chapelains d'honneur secrets de Sa Sainteté, Lee 247 Chasse galerie, La 51_. 2jii Chateaubriand et le Canada 25n* Chaumonot, L' Autobiographie du Père 224, 2jfè Chenal entre Quebee et Montréal, I^e 224, 2â2. (Chevaux au Canada, Les 218 Commissaire-ordonnateur, Lu» fonctions du &Ï2 Couette de nos ancêtres, La ïill Couillard, Guillaume 115 Craig, Adresse des habitants do Lorette ;\ iiii2. Craig's Koad liA Créquy, L'abbé Jean-Antoine-Aido Uhi Creupieul, Le Père Francois do 2ti8 Crisa*v, I^e*» frères ii2il Dcweliors, L'abbé Pierre Ihii Desjardins, L'abln- Louis- Joseph lt»4 De»jardins, Les tableaux de l'abbé P.-J.-L 32^ {ni Devise canadienne, II no 214. DOlbeau, Les Pèw» 2I£ Doliaid et ses compagnons 2j^ 12ii Dorion et Gérin-Lajoie, J.-Ji.-Kric t>4 Dubuque, Origine du mot % DuLuth, Origine du mot : & Dumas, Le sieur Dupré, LeCompte U\) Durban, La ville de 128, 158 Kcosse, La Nouvelle SI Elections sous l'Union, Los S2 Esclavage au Canada, L' 111} Estrées, Jean d' 3l4 Faillon, Les œuvres do l'abbé « 288, 111 Fénélon's Falls, Origine du nom 333 Fief simple et tiof de dignité 224. 24S File indienne 159 Finlay et le Père de Glapion, Hugh 2M — 3S1 — PAO KB Flore canadienne, Bibliographie dos ouvrages sur la. .. 321)' Forillon, Le 307 Foulons, Les 22 France antarctique, La - 96, 156. 251) Frechette, Charles 1 53 Gardes de la marine, Les 352, 373 Gaspé, Etat des services de Philippe- Aubert do Ï9 Gazelle, L'abbé Pierre 255 Genealogies, Les 305 Georges III, La mémoire de I Glapion, Hugh Finlay et le Père de 206 Gouverneurs, Les appointements de nos .. 350 Gugy au Canada, Les g$ Guignolée, La o& Guillaume IV au Canada. Le voyage de ~ 147 Hébert, Louis „ 64, Hermine ou belette rozelot, L' 209 norse boats, Les [qq\ ][)] Humphrey, Le bourreau ' 281 Hurons, Los .... 32 * 64 , ail Incarnation, La mère de 11 151 Indépendance, Les Canadiens et la guorro de i'...... 2M Inhumations hfitives, Les il Invasion de 1775 Tj^L' '. 132 Iroquois de CaugRnawaga, Les 96, H£ Islee, Les 224 Wet, Notre-Dame de Bonsecours de 1' 355. Jacques-Cartier, Le fort 32 Journal publié au Canada, Le premier 160, 213 Juges de Trois-Rivièros, Les 128, 244. Justice à la fin du dix-septième siècle, La 36. Kilder, Le récollet 352 Lachine, Le canal 2M Lachine, Les victimes du massacre de 41 LaMotte, Origine du nom lâfi Langevin, La Trappe do 203 Langlois, Le père trappiste L.-A.-G IM LaPotherie 23 LaSalle, Le fils de L£0 — 382 — PAOXS Laine, Le Tiro Picne IhZ Les Lauzon 377 Lefebvre et U dame de la Pérade, Le curé WO, 340 Lefrançois, Le Frère François- Luc UiZ Levis. Gaston Pierre-Marc de 2ft Lt vis, Les journaux publiés à 2M Longueuil, Le château de ÎH Longueuil, Ijcs nome des 3lâ Longueuil, L'orthographe du mot 152 Louisiane, Origine du mot 1M Macdonald, Un duel désir John 215 MacNab et la langue française, Sir Allan IR Marte), Jean 21 Mann?, La seigneurie de 25fi Mésaventare, Une LU Moine, Le chenal du 152 Montcalm, Les uniformes de l'armée sous Iâ5 Montcnach, La famille de 365 Mots d'origine sauvage, Les 294 Murray, Le général 312 Xadeau, Le capitaine 279 Nelson, Le docteur Wolfred L8Û Niagara, La chute 125 N'oblos à la cession du pays, L'exode des 274 •• Notre-Dame de Bonsecours " 355 Oka et ses missionnaires, La mission 147. 220. Olbeau, Les Pères d' 228 Omar et le Père Vaillant, Le testament de 12 Pain bénit, le 21 Patronage, Le droit de til Peinture au Canada, La 15Q Piastre, L'origine du signe ($) de 21fi Pierron, Le Père 1M Pitt, Lo ministre 2K£ Pizcau, La côte à til Plaines d'Abraham, Les prisonniers des 288, 347 Poésie franco-canadienne, Bibliographie de la 232 Pommier, L'abbé Hughes 152 Porlier, L'abbé P.- A 132 Portage, Noire-Dame du 163 ; I 7\ * — 383 — PAGES rothonc, La 23 Prêtres français prisonniers à Québec en 1801 lûl Primogeniture, La loi de 286 Proverbes, Deux 216 Puiaaye et ses royalistes, Le comte de 22Q Puisaye, L'épouse du comte de 192, 2SQ Québec, La cathédrale de 128 Québec, Les anciennes prisons de 53 Rasle, Le Père Sébastien IMi 20.Î Récher, L'épitaphe du curé 14i Richard, L'abbé Gabriel 122 Riitigouche, La bataille de l^ii Roberval, Lo navire de 2Jii Saint-Alphonse du Saguenay 35 Saint-Clet doSoulange* ( jj9 Saint-Eloi de Témiscouata 251) ^ Saint-Ignace du Cap Saint- Ignace 2ILL J 4 * Saint- Laurent, Le creusage du 224, Sartigan, L'ancien fort 2^4 Saunders, Sir Charles ™ Saut-au-Matelot, La croix du Jjjg Siège de 1759, Pendant le 27 ] Sherbrooke, Sir John-Coape 351 Smet, Le Père de ^ 2M Société du feu, La 9b> *f\ Soq « *** Suicide sous le régime français, La punition du 3_12 TAOER Sullivan, L'arpenteur 352 Taylor, Le dominicain Thibaudeau, L'hon Elie 62 Thorel, L'abbé* Ni colas- Aubin HQ " Tire ", Le mot canadien 349 Tonty, Le père du chevalier .. 3J Tourmente, Les croix du cap 1 ">s Trappe de Langcvin. La 2n: ; Trappiste canadien, Le premier ... Trinité, Les maisons de la 256 345 Trois- Jîivières. Lt\s juges de 128, 2JJ Uniformes français sous Montcalm, Les 185 Vacciner, La manière do 20S Vaillant et le testament de Claude Omar, Le Père 4J> Valley field, Sainte-Cécile de £ Villeray, Lea armes do M. de 122 Vincennes, Jean lîissot do 109 Vincent de Paul, Une lettre de saint L43 Walker, Une chanson sur l'expédition de 81 Winsor. Justin 54 Wolfe, L'épie do v, 282 Wolfe. Monument on son honneur dans l'abbaye de West- minster . 320 Digitized by Google Digitized by Google Digitized by Google » Google