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PUBLIÉE
PAR M. L'ABBÉ MIGNB, É»8va«a »■ &A BBB&ioTBAftoa uHivaaM&&a »0 o&aa«É.
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DBS COBIW OOMVUnB SUR GBAQOB BRANCBB DB LA SOBNCB BCCLÉSIASfIQDB.
: 6 FB* LB VOL. POUR LE SOUSCRIPTEUR A LA COLLECTION ENTIÈRB, 7 FR., 8 FR., ET MÉHB 10 FB. POOB il
SOUSCRIPTEUR A TEL OU TEL BICTIONNAIBB PABTICOLIBR.
TOBIE DEUXIÈME.
DIOTIONNAIRE DE BIOGRAPHIE CHRÉTIENNE ET JkNTI-GHRÉTIE
3 TOLOIIBI, MK t 2k nUNGI.
TWIB UITXlàint.
'IMPRIME BT SE VEND CHEZ J.-P. l^KSNE , ÉDITE Ul
AUX ATELIERS CATHOUQUES, RUE D'AMBOISE, AU PETIT-MONTROUGE ,
•>MaftMi s'brfbk db paris.
1861
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I
DICTIONNAIRE
DE
BIOGRAPHIE
CHRÉTIENNE,
PRESEITUT Ll VIE :
1* Kl KUOIfKAGES BISTORIQDU Dl T0D8 LES PÀT8, QDI SE SONT UCHAUtS COHn APOLOGISTES ET Dfini(KIIM
K LA aÉTtLATION, PAK LCOBfi ODTKAGEe, LCUn VIE OD LEDR MORT, AVANT ET DEPDIB l'ËRB CHB^TlEnin ;
S* CELLE DE TDD8 LES HËRfSlAHQUEB, CHEFS DE SECTE, SOPHISTES, IHCHÉDCLES,
niLOSOPSEB ATHiEB, DilSTBB OD BiVOLUTIOKHAIREa, ETC., QUI ONT THODBLË LA PAIX DE iJtCtim,
ET QH OHT COMBATTD l'influence et les PHOCRtS DE LA RELIGIOH;
y CBUIDEBlCBlVAINSjPKOSATEDHS ET PORTES, 001 ONT PUBLIÉ DES OUVRAGES SUR, POUR OU CONTRE U BIlMIONt
AVEC LA nOMEKCLATqiS EXACTE ET DÉTAILLÉS DE CES tCRtTS, ETC., ETC. ;
OuTrafe 4eHt le fMid cmprurté à VELLER
A tTt GOUUAt ET TRfeS-SODTINT BBPONDU C'APRtS LEB INDICATIONS DB LA GlITIQUE ET DE LA mUMUmE CONTEMPORAINES ;
nmicBt d'une foule de NOTICES dont dn grand noihre ne ai trouvent iAm Ancm UCIIONMIRE BIOGRAPHIQUE, et prolongé jdbqd'a l'année 1850 iitcLSBnuniT ;
rvBUA PAR H. L'ABBÉ MIGffE,
ou imnMwm hr cunua branche de la science ecclésiastique.
TOME SECOND.
8 TOL. PRii : Si francs.
S'IMPRIME ET SE VEND CHEZ L'EDITEUR, ADX ATEUEKS CATHOLIQUES DU PETIT-MONTROUGK ,
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Iiiipriiiicrle jliurK, ;iu ! ciii*Mi'airouf6,
DICTIONNAIRE
DE
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BIOliRiPHIE RELIGIEUSE.
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EACHARD (Jean) y théolorien andicaD, né vers 16S6 dans le comté de Suffoik, de- vint, en 1675, maître du collège de Catherine- Hall à Cambridge, fut créé en 1676 docteur en théologie par une ordonnance royale, et mourut en 1697. On a de lui plusieurs écrits dans lesquels il montre un talent réel lors-
Si*il . se contente de manier Tarme de la , aisanterie et du ridicule ; mais lorsqu'il veut traiter gravement ses matières, il tombe au-dessous du médiocre. L'ouvrage qui a mérité principalement de survivre à son au- teur est intitulé : Recherches sur les motifs et les occasions du mépris pour le clergé et la religion^ ou Lettre à R. L. Il parut en 1670 sous le voile de l'anonyme, et a souvent été réimprimé. L'auteur découvre la source de ce mépris dans le choix des jeunes gens con- férés à l'Eglise, dans l'éducation qu'ils re- çoivent, et dans les motifs peu convenables qui portent beaucoup de parents à pousser leurs enfants dans la carrière ecclésiastique. Il raille aussi la manière des prédicateurs de son temps, sans épargner son propre père. Ce qui 6t surtout la fortune du livre, c*est le mélange très-piquant de gravité et de plai- santerie qu'on y trouve. Cette production fut attaquée par quelqrues écrivains, à qui il riposta par une autre lettre à R. L.,sous ce titre : 0uelques observations^ etc., du même genre que la première. L année suivante, il publia : Examen de Vétat de naiure deJSobbes^ en un dialogue entre Philanihe et Timothée^
3ui fut, tôt après, suivi de : Quelques opinions e Hobbes considérées dans un second dialo^ gueS entre Philanthe et Timothée^ où le sys- tème du philosophe de Halmesbury était l'objet des mordantes railleries du théologien frondeur. Celui-ci, jugeant que les rieurs ne passeraient point ae son côté, n'osa lui ré- pondre. Les OEuvres d'Eachard, précédées d'une notice sur sa vie, ont été publiées en 1774, 3 vol. in-i2.
EADMER ou EBMER, anglais de nais- sance, d*abord moine du Bec, puis de Can- torbéry, devint l'ami et le confident de saint Anselme, qu'il accompagna dans son exih On lui offrit Févèché de Saint-André en &
piÇT. DK BioeaAPHm R«ifio. Ilf
cosse. Les uns disent qu'il le refusa, les au- tres prétendent qu'il raccepta. S'il est vrai qu'il ait été évoque, il faut qu'il ait abdiqué répiscopat, car il mourut prieur de Cantor- béry en 1137. On a de lui : une Vie de saint Anselme^ divisée en 2 livres. On la trouve dans les éditions des OEuvres de saint An- selme^ ainsi que dans Surius et Bollandus ; YHistoire des nouveautés^ c'est-à-dire de ce
Sii s'est passé de plus considérable dans l'E- ise britannique, depuis l'an 1066 jusqu^à fan 1122; elle est divisée en 6 livres. Le P. Gerberon a publié cette histoire avec les notes de Jean Selden ; \?. livre De VexceU lence de la sainte Vierge ; le traité Des quatre vertus (la justice, la prudence, la force, la tempérance) qui ont été dans Marie; le traité de la Béatitude^ composé d'après ce que Ead- mer avait entendu aire à saint Anselme sur Tétat des bienheureux dans le ciel ; le traité des Similitudes. Le fond en est aussi de saint Anselme. Il fut rédigé par un de ses disciples, qu'on croit être Eadmer ; les Vies de plusieurs saints d'Angleterre, Il v a encore d'autres ouvrages d'Eadmer qui n ont point été imprimés. [Voy. Wharton, prœf. in t. II, Angl, sacr.) Les écrits d'Eadmer sont esti- més pour 1 ordre et l'exactitude ; le style est facile et naturel. Voy. Cellier. — Il ne faut pas le confondre avec Eadmer ou Ealver, prieur de Saint-Alban, mort en 980, auquel on attribue des lettres^ des homélies et 5 li- vras d Exercices spirituels. Vey, Fabricius, Bibliot. latin.y tom. 11^ pag.^ik.
EANBI ( Joseph - Antoine -François- Ji- r6he), savant physicien et prédicateur pié- montais, né à Saluées le 12 octobre 1735, mort à Turin le 1" octobre 1799, se forma à l'étude des sciences physiques et mathéma- tiques sous le célèbre Beccaria. Il professa la physique expérimentale à Turin et devint membre de 1 académie des sciences, de la so- ciété d'agriculture de cette ville, et de plu- sieurs corps savants d'Italie et de Piémont. Indépendamment des Sermons et des Panégy^ riques qu'il prononça et qui lui firent une grande réputat.on, il com[)osa plusieurs ou vrages scientifiques et religiisux, notamment :
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Elementa geometriœ et physicœ adSubalpinos^ qu'il composa en société avec Vassalli, et
Jui fut imprimé par ordre du roiyà Turin, en 793, 3 vol. in-8° : une contrefaçon en fut faite en 1800 ; Ragione e religione^ Turin, 1T72, in-8"; dos Discussions de principes po- litiques ; une Notice historique sur les études du Père Beccaria^ 1783, in-îf , qu'il dédia au cx)mte de Balbe, légataire des manuscrits du restaurateur de k physique et du propaga- teur des nouvelles théories sur Télectncité. Les Mémoires de Tacadémie de Turin con- tiennent de lui plusieurs mémoires intéres- sants. Vassalli, son neveu et so» liérUMir, a fait imprim^T dans le tome VI de ces Mémoi- res une Notice sur la Vie et les ouvrages d'Eandi, Turin, 1801, in-^■^
£ARLE (John), prélat anglais, né on 1601 à York, mort à Salisbury en 1665, fut d'a- bord chapelain et précepteur du prince de Galles, depuis Charles II. A l'époque de la restauration il devint évoque de Worcester, d'où il passa sur le siège de Salisbury en 1663. On a d'Earle une traduction latine de Të^xùv ^Màtmîi^ Icon regiaj sous ce titre : Imago régis Cargli m illis sms nerumnis et solitudinef La Haye, 16^9, in-12; et un ouvrage anglais iniïUilé : Microcosmogrotphia^ etc., Londres, 1628, iu-8% dont une sixième édition a paru à Oxford, 1811, in-8-.
EARLÉ ( JiBcz ), ministre anglais non-con- formiste, né en lo76, mort en 1768, est au- teur d'un Traité des sacrements^ 1707, in-S"; de plusieurs Sermons, et xl'uû recueil de Poé- êies ansdaises et latines.
EBBON, 31' archevêque de Reims, né d'une famille obscure, devint frère de lait et condisciple de Louis le Débonnaire, qui le lit son bibliothécaire, et le nlaça sur le siège de Reims Eobon conçut le aesseia de travailler à la conversion des peuples du nord, et ût approuver sa résolution par le pape Pascbal, qui le nomma son légat. Sa mission avant été infructueuse, il revint en France, et se mit à la tète de^ factieux qui dé[)Osèrent Louis le Pébonn^ire ; mais les divisions de Lothairc et de ses frères firent remonter presque aus- sitôt Louis sur le trùne. Ebbon fut enfermé dàus le monastère de Fulde, puis il fut mené i^u concUe de Thionville en 835, et il y con- damna sa conduite envers Tempereur. Il fut rétabli sur son siège par le crédit de Lo- thaire ; mais ayant été cité au concile de Pa- ris l'an 6kl ^ et ayant refusé d'y coiaparaitre* il encourut Tindignation de ce priDce, ei fut obligé de se retirer auprès de Louîs, roi de Bavière, <|uâ lui donna l'évécbé de Hikles- heim, où il mourut Tan 851. C'était un pré- lat ditlicik à définir parses qualités opposées. U fut successivement courtisan assidu, mis- sionnaire zélé, et enfin chef de parti. L'il- pologie qu'il composa pour se justifier dV Toir repris ses fonctions épiscopales se lit dans le Spicilége de dom a Achery dans le t. Vil des Conciles de Labbe, et dans b» jRr- oui'il (iifç historiens de Frofice^ do dom Bou- quet. Ln outre, on lui attribue : iYarra//o ctericorum mnensium de dépositions dupiici hbhonis, insérée dans les Scriptorcs his(ot\
franc, de Duchesne.— Hincmar, quilui suc- céda, a écrit sa Vie.
EBBON (saint), 29* évéque de Sens, né en Bourgogne, à la fin du vu* siècle, succéda à son oncle saint Guerric, et mourut, selon la chronique de l'abbaye de Saint-Pierre, le 27 août 750. Sa Vie se trouve dans les Acta san- etorum sancti Bénédictin et dans la collection dés SoHaBdistes avec des notes deJean Stil- ting.
SBBON, moine allemand, mort en 1139, a écrit la Vie de saint Othon, évoque de Bam- berg et apôtre de la Poméranie. Cette Vie «at imprimée dans les Acta sanctorum, au tome I*' du mois de juillet. On croit que le quatrième livre qui contient les détails de
Ja canonisation du saint évoque est d'un icrivain plus récent.
EBERHARD ou EVRARD, de Béthunc, dans l'Artois, qui vivait dans le xn* ouïe xiii* siècle, esi; connu aussi sous le surnom de Grœcista^ du titre d'un de ses livres. On n'a, du reste, aucun détail sur sa vie. 11 avait composé, in- dépendamment de plusieurs ouvrages, res- tés inédits : Grœcismus, defiguris et octopar^ tibus orationis ; sive grammatica regulœ t?er- sibus latinis explicatœ^ ouvrage de gram- maire dans le genre de Donat, Lyon, 1^83, in-4% avec un commentaire de Jean-Vincent MetuJinus, qui est peut-être le même que Quillet ou Quillot, professeur de belles-let- tres à Poitiers; Paris,lW7, in-foL, et Lyon, 1^90, in-4" ; Anti-hceresis^ ouvrage de con- troverse contre les Vaudois des Pays-Bas, appelés Piples ou Piphles en flamand. Ce li- vre a été réimprimé par J. GreLser dans sa Trias Scriptorumadversus Valdensium sectam^ Ingolstadt, 1614, in-i% et dans diverses édi- tions de la Bibliothèque des Pères. EBERHARD (Jkan-auguste), théologien et
ëhilosophe distingué, né le 31 août 1739 à [alberstadt, ût ses études à l'université de Halle et embrassa Tétat ecclésiastique ; il fit
Çaraitre son Apologie de Socrate^ Berlin, 772, in-8% qui eut une inQuence aussi dé*- cisive sur les destinées de son auteur que sur les études théologiques en Allemagne, et qui le plaça au premier rang des écrivains protestants de son pays. Dumas en donna une traduction française à Amsterdam, 1773, in-S'', sous ce titre : Nouvelle Apologie de So^ crale^ ou Examen de la doctrine touchant U sidut des païens. Cet ouvrage n'est qu'un ca« dre dans lequel l'auteur a fait entrer l'exa- men de la doctrine clu*étienne sur la corrup- tion de l'homme, sur la gtâce, sur la ré- demption, sur les conditions du salut : sur tous ces points il ébranle l'enseignement de la reli^çion. Lorsqu'il vit l'extension qu'on donnait à sa doctrine, il essaya, par un nou- vel ouvrage, intitulé Amyntor, Berlin, 1782, iii-8'', de faire aimer la morale évangélique ; mais Eberhard en méconnaissait le divin au* teur, dans lequel il ne voit que la nature hu- maine. C'est ainsi qu'une première erreur conduit à une xHnud»^ U doniîa eii>iiile V Esprit du christiatus,nc primit'fy llalîe, 3 T. iu-ii", lîi'07-l60S, où il ni étend i|uo voiL' re- liai., a eil née du cliot,ciu coi^çourset d'une
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fiision, pour ainsi dire» de la culture intel- lectuelle des Grecs avec la culture morale des peuples de l'Asie, paradoxe que This- toire, la réflexion et la critique repoussent également. Dans son Introduction à cet ou- vrage, il s'épuise en conjectures sur les cau- ses qui, en peu d*années, ont fait passer la nation française d'une vive admiration pour la spirituelle ftivoiité de Voltaire à un goût prononcé pour les beautés austères des écrits de Chateaubriand. Eberhard fut un des adversaires de Kant, et publia, de 1787
J'usqu'eii 1795, xmjournal uniquement destiné I comi^ttre le kantisme. Cependant cette doc* trine prévalut. Eberhard, soit lassitude, soit dépit de voir que ses cilbrts étaient infruc- tueux, s'appliqua à d'autres études et pu- blia un recueil de synonymes, sous ce titre : Essai d'im dictionnaire universel des synony- mes de la langue allemande, Halle, 1795-1802, 6 vol. in-8% où il montre un esprit aussi pé- nétrant que juste : lorsqu'il eut terminé, avec le pfus grand succès, ce long travail, il entreprit de faire la revue des richesses de la langue allemande en lui associant le tableau de celles del'étranger, dans un cours de rhétorique et de poétique, joint à la théo- rie générale des beaux arts* Cet ouvrage» devenu classique en Allemagne, parut sous le titre de Manuel d'Msthétique pour les lec* teurs d'un esprit cultivé dans toutes les classes de la société, 1803*1805, k vol. On a encore de lui plusieurs autres ouvrages et un grand nombi e d'axticles dans presque tous les jour- naux littéraires d'AUemague, etsurtout dans la Bibliothèque universelle cUlemande de Ni* colaï. Eberhard mourut le 7 janvier 1809. Sa Théorie de la faculté de penser et de sentir^ qui, en 1776, avait remporté le prix proposé sur celte questiou par i'acadénue de Berlin, lui avait valu, en 1778, la chaire de philo- soplii^ à Halk, que la mort de Meyer laissait vacante. Fr. Nicolaï a donné en aUemaad une Notice sur la vie d'Eberhard. l EBËRMANN (Vite), jésuite, néàReiût- weisdortr, dans l'évèche de Bamberg, en 1597, enseigna avec réputation les belles- lettres, la philosophie et la théologie à Mayence et à Wuxtzbourg ; fut recteur du séminaire de Fiilde, et mourut à Mayencele 8 avril 1675. Il a publié Bellarmini contro- versÛB vindicatœf Wurtzbourg, 1661, in-iMl y iDooIre que la manière dies bérOtiques en répoodaut a Bellat mia est de tronquer les preuves de ce célèbre coutroversiste, et d'i- soler des propositions pour pouvoir tes com-> battre avec une espèce d'avantage. Ebermaûo a tocore publié d'excellents ouvrages de c^mfyfQverse contre Georges Calixte, Hermaon CoQriogius, leau Musœus, professeur d'lé« Ba« eto,
EBEAT ( Tnéo^ou ), professeur à Franc» fort sur roder, dans le x vu* siècle^ s'est fait un nom» par ses ouvrages. Les principaux sont : Cns-onologia sanctiuris linguœ docto* rum; Elogiajunsconsultorum et polit icoriun centum illustriuin, qui sunctam hchrœam lin^ guampropagaruntj Leipzig, 16:2^*, in-8*; l^oe* lîça Hcbraica^ ibid,, 102ii, in-8% Ces livres
renferment beaucoup de choses savantes et
Îieu agréables, excepté pour les hébraïsaiits. 1 est mort en 1630.
EBION, philosophe stoïcien, disciple de Cérinthe, et auteur de la secte des ébionites, commença à débiter ses rêveries vers l'aij 72 de Jésus-Christ. Il soutenait que le Sau- veur éiait un pur homme, né paMe concours ordinaire des deux sexes. Il eyoutait que Dieu avait donné l'empire de ce monde au diable, et celui du monde futur au Christ Ses disciples lùÊlaient les préceptes de la re~ ligion clurétienoe avec le judaïsme. Ils obser- vaient également le samedi et le dimanche. Ils célénraient tous les ans leurs mystères avec du pain a^yme^ Ils se baignaient tous les jours comme les juifs, et révéraient Jéru- salem comme la maison de Dieu. Ces héréti- ques ne connaissaient point d'autre évan* gile que celui do saint Mathieu» qu ils avaient en hébreu, mais corrompu et mutilé. Ils re- jetaient le reste du Nouveau Testament, et surtout les Epitres de saint Paul, regardant cet apôtre comme un apostat de la loi. Us honoraient les anciens patriarches, mais ils méprisaient les prophètes. La vie des pre- miers ébionites fut, dit-on, assez sage; cellr^ des derniers fort déréglée. Ceux-ci per- mettaient la dissolution du mariage et la plu- ralité des femmes. Quoique juifs opiniâtres, les ébionites reconnaissaient Jésus «Christ pour le Messie ; ils voyaient donc en lui les principaux caractères sous lesquels il avait été annoncé par les prophètes. Un ne les ac^ ouse point d*avoir révoqué en doute les mi- racies de Jésus-Christ, ni sa mort, ni sa ré- surrection. Saint Ëpiphane atteste, au con- traire, qu ils admettaient tous cesfaits essen- tiels. Us étaient cependant nés dans la Judée avant la destruction de Ji rusalem ; plusieurs avaient été sur le lieu où ces faits s'étaient passés : ils avaient eu la facilité de les véri- Ber. — C'est contre les ébionites et leur premier maître Cérinthe que saint Jean cohi» posa son évangile.
£CCH£LL£NS1S (Auaham), aarant maro- aite, professeur des langues syriaque et arabe au collège royal à Paris^ où le célèbre Le Ja^ l'avait appelé. Cet homme illustre lui donnait par an 600 écus d'or, pour présider à l'impression de sa grande Binte polyglotte. La congrégation de propapanda fide T'agré- gea, vers l'an 1636, aux ii aducteurs de la Bi- ble en arabe. Ëcehellensis passa de Paris à Rome, après avoir obtenu en cette ville une chaire de langues orientales. 11 y mou- rut en 166^. Ce savant était profondément versé dans la connaissance des livies écrits en syriaque et en arabe ; et quoiqu'il ait eu des supérieurs dans la cminaissance de ces deux langues, il faut avouer qu'il les possé.- deit très-bien* On a de lui : la traduction d'arabe en latin des 5% 6* et 7' livres des Com\ niques d'Apf)llonius. Ce fut par ordre du grand-duc Ferdinand II qu'il entrefirit cet ouvrage, dnns te^jwel il fut qku^ par Jean-AI-
f^honso Borelli, nialhémalicion célèbre, oui 'orna de coiniuonlaires. Cette version lut imprimée à Floreuce avec le livre d'Archi-
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mède, De asêumptis, en 1661» in-fol.; Insti- tution de la langue syriaque^ etc., Rome, 1628 ; Synapse de la philosophie des Orientaux^ Paris, 16iH, in-4*; Versto Durrhamani de me-- dicis virtutibus animalium^plantarum et gom- marum^ Paris, 1647, in-8* ; des ouvrages de controverse contré les protestants, imprimés à Home; Eutychius vindicatus^ conivd Sel- den, et conf^e Hot tinter, auteur d une His- toire orientale, 1661, in-b"; des Remarques sur ie Catalogue des écrivains cbaldéens, composé par Ebcd-Jesu, et publié à Rome, en 1653 : el es sont précieuses pour les ama- teurs do la littérature orientale; une édition des Œuvres de saint Antoine, abbé ; Convor- dia nationum christianarum orientaliuni in fdei catholicœ dogmatibus, Hayence, 1655, in-8*. Il tâche de concilier 'es sentiments des Orientaux avec ceux de TEglise romaine, et il y réuss.t ordinairement très-bien. Léon Allatius a travaillé de concert avec Ecchel- lensis à cet ouvrage.
ECHARD ( Jacques ), dominicain, né à Rouen en imk^ mourut à Paris, en 1724. On a de lui : S, Thomœ Summa suo aulori vindi- cata, sive de K. F. Yincentii betlovacensis scriptis dissertation tn qua quid de speculo morali sentiendum aperitur^ 1708, in-8''. 11 contribua à illustrer son ordre par la Biblio^ thèque des écrivains qu*il a produits, 2 vol. in-fol.,à Paris, le 1*' en 1719, le 2* en 1721. Le Père Quélif avait travaillé avant lui à cet ouvrage; mais il en avait à peine fait un quart. Cette Bibliothèque est fort estimée nar tous les bibliographes. On y prend une iaée juste de la vie et des ouvrages des écrivains dominicains, de leurs différentes éditions, et des Bibliothèques où on les shi de en ma- nuscrit. Tout est appuyé sur de bonnes preu- ves. L'auteur donne le tiire de grands hom- mes à des personnages très-m Jdiocres ; mais l'exagération est le défaut de tous les ouvra-
5;es de ce genre. Le Père Echaid avait toutes es qualités d un savant vertueux. A la suite de cet ouvrage, Echard a placé Sacrum gy- nœceum Dominicanum^ seu sorores ordinis prœdicatorum quœ scriptis claruerunt.
ECHARD (Laurent), historien anglais, né à Barsham dans le comté de Suffolk , exerça successivement le pastont dans diverses églises, et mourut a Lincoln, en 1730. 11 éiait membre de la société des antiquaires de Londres. Ses ouvrages, tous écrits en an- glais, sont : VHistoire a Angleterre jusqu'à la mort de Jacques /", Londres, 1707, 1718, 3 vol. iii-fol., très-estimée en Angleterre; J/ia- ioire romaine, depuis la fondation de Rome jusque la translation de V empire par Cons-- latUtn, traduite en français par Daniel de La Boque, revue pour le style, corrigée et pu- bliée par Tabbé des Fontaines , Paris, 1728 et 1729, 6 vol. in-12. Cet abrégé n'est pas 5ans défaut ; mais la disette de bons ouvra- ges en ce genre lui a donné beaucoup de cours en France et en Angleterre. L auteur y a transporté les principaux traits de THis- toire romaine. Il y a fa.t entrer aussi de pe- tites digressions sur les principaux écrivains (1^ Romei qu*il peint avec plus de vérité que
de finesse. L'abbé Guyon a donné une coti- tinuation de cette Histoire en 10 vol. in-12. Les faits y sont arrangés avec ordre, la nai ra- tion est s>mple et naturelle, le style assez pur. Cette Histoire a été réimprimée en Hollande et à Avignon, en 12 vol. in-12. L'ouvrage d'E- chard Qt connaître son auteur au ministère d*Angleterre, gui remploya dans plusieurs affaires. Histoire générale de V Eglise avec des Tables chronologiques, Londros,*1702, in-fol., en anglais. Les ecclésiastiques d'Angleterre font autant de cas de cit abrégé, que les gens du monde en font de son Histoire ro- maine. L'Interprète des nouvellistes et des liseurs de gazette, ouvrage superficiel, qui donna à l'a 'bé Ladvocat l'idée de son Dic- tionnaire çéograjph que portatif. Echard com- posa aus 1 un Dictionnaire historique, qui n'est qu un squelette décharné. Traduction anglaise des comédies de Plante et de Té- rence, etc.
ECHELLENSIS. Voy. Egchellbnsis.
ECHIUS ou ECKIUS (Jeain), né en Souabe, Tan 1486, professeur de théologie dans l'u- niversité d Ing )lsta(lt, signala son savoir et son zèlo dans ses conférences contre Luther, Carlostadt, Mélanchlhon, etc. Il se trouva en 1538 à la diète d'^ugsbowg, et en 15^1 à la conférence dé Ratisbonne, et brilla dans Tu- ne et dans l'autre. II joua le rôle principal dans toutes les disputes publiques des ca- tholiques avec les luthériens. Ii avait de l'é- rudition, de la mémoire, de la facilité, de la pénétration, une logique précise et vigou- reuse. Ce savant théologien mourut à In- Solstadt en 15^3, à 57 ans. On a de lui, deux y ait es sur le sacrifice de la messe ; un Com- mentaire sur le prophète Aggée, 1638, in-8* ; des homélies f k vol. in-8<» , et des ouvrages de controverse, entre autres son Manuel de controverse e( son Traité sur la prédestina- tion. On conserve, avec une sorte de respect, dans le Muséum du collège d'Ingolstadt, la chaire où il était assis en donnant ses le- çons. — Il ne faut point le confondre avec Léonard Egkius, jurisconsulte célèbre, mort à Munich en 1550 : ce dernier jouissait d'une si grande réputation, et était si aimé de Charles-Quint, que ce prince disait que « ce « qui était conclu sans l'avis d*Eckius était ce conclu en vain. »
ECKART, abbé, avait embrassé la profes sion monastique dans l'abbaye d'Hirsaugen, ordre de Saiut-Benolt, lorsqu'il en fut tiré pour être le premier abbé d'Urangen dans le diocèse de Wurtzbourg, vers l'an 1160. Il partagea son temps entre les devoirs du su- périeur et les études ecclésiastiques, et com- posa plusieurs ouvrages parmi lesquels nous citerons : Libellus de expeditione sacra hiero^ solymitana, qu'il écrivit a la prière d'Ercham- bert, abbé de Corvey. Cet ouvraçe a été im- primé dans le tome V de VAmplissima col- uctio veterum Scriptorum ; des Sermons, des Homélies et des Lettres adressées à sainte Hil iegarde et à d'autres personnages célè- bres
ECKARTSHAUSEN (Charles d'), écrivain polygraphe, né le 818 juin 1752, au ch&teau
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de Haimbhausen en Bavière, fut ]e fruit des amours illicites du maître de ce chAteau avec la fille de son intendant, qui mourut des suites de ses couches. Il reçut une édu- cation très-distinguée, et au sortir de ses études, qu'il avait faites à Munich et à In- golstadt, son père lui procura le titre de con- seiller aulique. Il devint en 1780 censeur de la librairie, et en 1784 il fut nommé con- servateur des archives de la maison électo- rale. Mais rillf^gtimiié de' sa naissance le remplissait de tristesse , et il montra cons- tamment beaucoup de répugnance pour le monde ; les devoirs de ses emplois et la cul- ture des lettres partagèrent tout son temps. On a de lui un grand nombre d'ouvrages sur diverses matières littéraires, politiques, phi- losophiques et religieuses. Bans cette der- nière catégorie nous en citerons deux : Dieu est Vamour le plus pur ^ 17M, qui, souvent réimprimé en Allemagne, a été traduit en françiais par M. de Stassart, et dans lequel on retrouve, assure-t-on, quelque chose du langage et de TAme de Fénelon ; La nuée sur le sancttuiiref ou Quelaue chose dont la phi- losophie orgueilleuse ae ce siècle ne se aoute ÎaSf trad. en français, Paris, 1819, 1 vol. in- 6. Eckartshausen avait Tâme compatissante, et Ton cite de lui des trfflts nombreux de bienfaisance. 11 mourut à Munich, le 13 mai 1803.
£GKHARD(ToBiE),philo1ogueetlittérafeur saxon, né l'an 1662 à Juterbock, fut recteur du gjmn se de Quedlimbouig, et mourut le 13 décembre 1737, laissant divers ouvrages, notamment ceux dont les titres suivent : De dt<pu/a/tont6u5academtct«, Wittenberg, 1691, in-l» ; Memoria Quedlinburgi docti renovata^ Quedljnbourg, 1712, in-folio ; Notice des bi- bliothèques publiques de Quedlinbourg^ ibid., 1715, in-4% en allemand; Codicesmss.Quedn Unburgensesy ibid., 1723, in-4.** ; Conjecturœ de codice grœco ^uo usus est Lutherus in con- ficienda germantca (Bibliorum) interprétation ne, Halberstadt, 1722, in-8<^ ; De meritis co^ mitum Slolbergensium in rem litterariam ^ Quedlinbourg, 1719, in-4' ; Non christiano- rum de Christo testimonial ibid., 1725, in-4'. Quoiqu'il y ait beaucoup d'érudition dans cet ouvrage, il a été effdcé par celui de Bul- let. On trouve dans le livre d'Eckhard de cu- rieux détails sur les sibylles et sur leurs oracles. — Sa Vie, composée par son fils Christian-Henri, fut imprimée à léna, en 1739, in.4-.
ECKMARD (Paul- Jacques), neveu du pré- cédent, né à Juterbock en Thuringe le é dé- cembre 1693, étudia sous son oncle à Qued- limbourg, puis à l'université de Witteu- berg, et tit aabord quelques éducations par- ticulières. 11 lut ensuite pasteur à Jutei bock, et mourut le 6 mars 1753. On a de lui : Duo perantiqua ex aaro jutrebocensi eruta mo^ numenta^ Wittenberg, 1754-, in-4* : cet ou- vrage qui roule sur des armes antiques et des médailles sclavones, découvertes en 1728 et 1732, futpubtié d'abord en latin, puis en allemand*; Btiêtoire ecclésiastique des Wendes^
ou Sclavons de Lusace, ibid., 1739, in-8% en allemand ; etc. ECLUSE-DES-LOGES (Pibkre-Mathurin
DE l'), docteur de Sorbonne, abbé et curé de Saint-Nicolas-des-Champs de Paris, né à Fa- laise en 1716, remporta le prix d'éloquence à l'Académie française en 1741 par un dis- cours Sur le hasard et la Providence^ ou II n'y a point de hasard pour unchfiétien. Trois ans après, il prononça le Panégyrique de saint LouiSf en présence de cette compagnie, Pa- ris, in-4*. Ce discours, dit le Journal des sa- vants de 1744, p. 498, est dans le vrai goût de l'éloquence chrétienne, c'est-à-dire rem-
[>li et souvent même tissu de passages des ivifes siints. On y remarque du nerf ei de la chaleur , comme dans le morceau sui- vant, où l'auteur, faisant le récit du départ de saint Louis pour la croisade, s'exprime ainsi : « Déjà la croix arborée sur les ondes « a rassemblé autour de saint Louis ses nom- « brenx vaisseaux. Mer orgueilleuse, abaisse « tes flots sous l'étendard du roi des rois I « N'attends pas que sa voix impose silence « aux esprits des tempêtes 1 Ferme ces noirs « abîmes oui recèlent plus de richesses que « le monde entier n'en saurait contenir t « Ceux que tu portes sur ton sein, humbles « héritiers de la croix, n'ont ni or, ni pier^ « res précieuses à te sacrifier, ils ne veulent « que revoir la demeure, que baiser les tra- « ces de leur maître : toute leur ambition se « borne à conquérir un sépulcre. » Cet ora- teur chrétien mourut à Paris vers 1783,
ECUY (Jean-Baptiste l*), abbé de Prémon- tré, et général de l'ordre de ce nom , docteur de Sorbonne , chanoine titulaire de l'église métropolitaine de Paris, et vicaire général de l'archevêque de cette ville, naquit à Yvoy- Carignan, département dos Ardennes, le 3 iuill t 1740, et fit ses premières études dans Je collège de sa ville natale. Ayant achevé sa rhétorique à l'â^^e de 14 ans, il vint ter- miner ses études, en 1754, chez les jésuites de Charleville. Voué à l'état ecclésiastique, il fut envoyé , en 1758, au séminaire du Saint-Esprit, à Paris ^ l'année suivante il prit l'habit de chanoine régulier à l'abbaye chef- d'ordre de Prémontré, et il y fit profession en 1761. Envoyé, la même année, J)ar ses su- périeurs, au collège de l'ordre è Paris, pour y faire son cours de théologie, il fut appelé, en 1766, par M. de Vinay, abbé général de Prémontre, pour y tenir la chaire de philo- sophie et bientôt après celle de théologie. On l'envoya de nouveau à Paris pour y professer la théologie et se préparer à son cours de li- cence, et il obtint, vers la fin de l'année 1768, un des premiers rangs parmi des rivaux d'un mérite distingué. Il acc[uit, sur les bancs de la Sorbonne, cette puissance d'argumenta- tion, qu'il appliqua plus tard à des matières d'une pratique usuelle et mieux appropriée aux besoins de la société. Dès l'année 1769, à l'avènement de M. Manoury à la dignité d'abbé général, l'abbé d'Ecuy fut désigné cour être son secrétaire. Reçu docteur de sorbonne, en 1770, il fut nommé quelques années après (1775) principal et prieur di|
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colléKe de Tordre à Paris. Eo 1780, il fut élu abbé général de Prc^montré, et chef de tout l'ordre de 1782 à 1788 ; il tint et présida trois chapitres nationaui, y Gt décréter et exécuter ramélioralion des études, la ré- forme des brévinires et autres ouvrages liturgiques de Tordre : il établit dos con- férences théologiques dans son abbaye, di- vers cours d'études, et des eiamens pour les reli^ietix appelés aux cures. C'est parles soins de l'Ecuy que la bibli thèque conven- tuelle de Prf'moiitré était devenue l'une des plus considérables, et se trouvait composée d'un choix de livres anciens et modernes qui prouvait l'immensité et la variété des con- naissances littéraires du célèbre abbé géné- ral de Prémontré. Versé dans les sciences physiques, l'abbé l'Ecuy avait formé, dans une des salles d«' cette bibliothèque, un ca- binet de physique. La botanique charmait aussi ses moments de loisir. En 1788, il fut nommé , par le gouvernement, membre de l'assemblée provinciale du Soissonnais, et président de celle de Laon. Conformément aux décrets de l'assemblée Constituante, l'E- cuy dut quitter son abbatiale, et se retira à Penancourt, retraite de laquelle on vint l'ar- raclier, en 1793, pour l'incarcérer à Chaunv ; mis en liberté après quelaues jours de df> tenlion, il alla se réunir a son frère, reli- gieux prémontré, aux Grandes-Vallées, près de Melun. Il obtint, l'année suivante, la res- titution de ses livres, déposés au district de Chauuy. Privé de tout revenu , le besoin de s'occuper le décida à se charger, de concert avec son frère, de l'instruction de quelques jeunes gens. Il se fixa k Paris en 1801, et rédigea pour le Journal des Débals un grand nombre d'articles littéraires. Le culte ayant été rétabli, l'Ecuy fut nommé en 1803, cha- noine honoraire de Notre-Dame. Présenté à S. S. Pie VU, lorsque ce pape vint à Paris en 1805, il en fut accueilli d'une manière très-favorable, et le saint Père accepta Thom- niage de quelques-uns de ses ouvrages. En 1806 il fut nommé aumônier de la comtesse de Survilliers (épouse de Joseph Bonaparte), et fut, en cette qualité, chargé de la distri- bution des sommes considérables que cette princesse lui confiait pour les pauvres et pour diverses œuvres de charité. Aux fonctions d'aumônier, la reine d'Kspa^ue avait ajouté en faveur de l'Ecuy celles d'uistituteur reli- gieux des deux jeunes princesses ses filles. En décembre 1812, il fut cl argé de pronon- cer un discours à Notre-Dame pour l'anni- versaire du couronnement de Napoléon ; et le 15 août 1813, il prêcha dans le môme temple sur le rétablissement du culte. En 1818, il obtint de Louis XVlll une pension de 1500 francs. En 1824>, M. l'archevôque le nomma chanoine de Notre-Dame, l'admit dans son conseil, et le chargea spécialement de Texamcu des ouvrages soumis à son ap- probation. L'Ecuy avait 88 ans lorsqu'une chute qu'il fit le 8 avril 1828 dans la saciistie de Notre-Dame l'obligea de rester constam- ment depuis chez lui ; il continua néanmoins da s'occuper de littérature ; sa mémoire avait
conservé toute sa fraîcheur. Ce n'est que sur la fin de Tannée 1833 que ses forces dimi- nuèrent profiessivement ; enfin, le 22 avril 183^, il mourut dans sa 94* année, après avoir reçu toutes les consolations et tous les secours de la religion. Il a laissé : La Bi- ble de la jeunesse^ ou Abrégé de Vhistoire de la Bible^ contenant V Ancien et le Nouveau Testament, Paris, 1810» 2 vol. in-8% fig. et atlas in-folio ; Dictionnaire de poche latin et français , ou Nomenclature générale et ma- nuelle des mots de la langue latine avec leur in- terprétation française^ etc., Paris, 1805, in- 16, ûblong ; troisième édition, Paris, 1831, in-12 ; Essai sur la vie de Jean Gerson^ chan- celier de V Eglise et de rVnivcrsité de Paris, stir sa doctrine, ses écrits, et sur les événements de son temps auxquels il a pris part ; précédé d'U' ne introduction où sont exposées les causes qui ont préparé et produit le grand schisme d^ Occi- dent^ Paris, 1832, 2 vol. in-8' ; Flora Prœmonr stratensis,curaet sumptibus RR. DD. Joannis- Baptistœ VEcuy, etc., dirigcnte vero domino Claudio- Antonio le Marcant de Cambronne^ botanophilo Landunensi, annis 1787 et 1788 co/- lecta et ad naturœ fidemdepicta, Parisiis, 1827, 3 vol. in-folio ; il n'existe qu'un seul et uni- que exemplaire de cet ouvraj^e, qui n'est pas terminé, la révoèution de 1830 étant venue en suspendre rimprci^sion : l'auteur l'a don- né à la bibliothèque de Laon ; Manuel d'u- ne mère chrétienne, ou Courtes homélies sur les épitres et les évangiles des dimanches et fê- tes , pour l instruction morale et religieuse des jeunes personnes élevées au sein de leur fa- mille. Pans, 1822; seconde édition, Paris, 1827, 2 vol. in-12 ; Planctus Norbertinus, Parisiis, 182 >, in-8", éh'gie de soixante-huit vers latins ; Plainte élégiaque, trad. du latin en vers français, Paris, 1622, in-8". L'abbé l'Ecuy a eu In plus grande part à la rédac- tion de V Abrégé de géographie moderne, rédi- gé sur un plan nouveau par J. Pinkerton et C.-A, Walckenaer, sans qu'on l'ail fait con- naître, 1811, 2 part., in-8*. Il est auteur du 8* volume de l'ouvrage de l'abl.é Bassinet, intitulé : Ilistoire sacrée de l Ancien Testa- ment par figures accompagnées d'un texte his- torique, lequel 8' vol. contient les Actes des apôtres et rApocaî.\pse, 1820. On a encore de ce digne ecclésiaslique : un grnnd nom- bre d'articles de littérature dans le Journal de Paris, depuis le 30 nort''al an IX (20 mai 1801), iusques et com;)ris le mois de septem- bre 1811 ; beaucoup d'articles dans la Bio- graj^hie universelle de Michaud, parmi les- quels on distingue ceux de Fleury, le cardi- nal et labbé, celui de Gerdil, etc. ; d'autres articles dans le Supplément du Dictionnaire de Feller, 1819; enfin quelques articles dans les premiers volumes (je VAmi de la religion. Il est au::si auteur du mandement latin, fort remarquable, formant 7 pages, imprimé à la tête (lu bréviaire de son ordre , publié à Nanci en 1785 ; ainsi que de VépUre dédica- toire et de Vatertissement de huit pages, qui »e trouvent en tète des Principes de r«o- quence sacrée, à l'usage de l'ordre de Prémon- tré, par J. B. A. Medouiiii Soissons, 1787|
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fn-12. Barbier, dans son Dictionnaire des anonymes, affirme même que le plan de Touvrage est de l'Eeuy. On doit à Fabbé l'Ë^ cuy la traduction de l'anglais et du latin des ouvrages suivants : Œuvres de Franklin^ 1T73, 2 vol. in-4° ; et la Seitnce du bonhomme JUcAord, du même, 177^ ; Amintor et Théo-- dora, auM de VExcursion^ ou les Merveilles de la naêure, Paris, 1797, 3 vol. in-i2; Nou- veau diciionnaire universel, historique, bio^ graphique^ bibliographique, trad. de l'angl. et conâdérableatent augmenté; Paris, in-8% 1803 ; — Strenœ Norbertinœ, traduites du latin en vers français, 18^7, in-ë^*. 11 a pu'- blié, comme éditeur, les Atmales civiles et re- ligieuses d'Yvoy-Carignan et Mouzon, du cha^ noine-prémontré Gli. Jos. Befahaut, avec des augmentations et corrections de Téditenr, 1822,in-8';— Z)« copia a Mehemeie 11 Constan* tinopoli Leonardii Chiensis, etc., 1823, in-4^
ËDËLMANN (Jban«€hhistian), éciivain in- crédule de Saxe, né à Weissenfels en 1698, étudia la théologie à léna. Longtemps il hé- sita entre diiférentes sectes religieuses, ne demeurant constant que dans sa naine pour le christianisme. 11 travailla à la traduction de la Bible que ].-Fr. Haug publiait à Ber- iettourg, et y traduisit quatre des Epttres de saint Paul, il publia un livre intitulé : Véri-- tés innocentes, dans lequel il cherchait à prouver le peu d'importance de toutes les rdigions. 11 rejeta la doctrine et le sacrifice de Xésus--Christ, et fit de la raison une divi* nité* Il prétendait que cette raison était une portion essentielle de Dieu, dont elle ne dif- férait en rien : qu'ainsi Tâme était une nartie de la Divinité, et non-seulement celledes nom- mes, mais aussi celle de tous les animaux. Il s'abstint longteuQ)s de manger de la viande, afin, disait-il, de ne manger aucune portion de la Kvinité. Ses principaux écrits sont : Moïse démasqué (VlkO) ; in-8*' : Christ et Bélial^ 1741, in-«- ; la Divinité de ta Raison (1742), in-8'. Ces ouvrages sont tous en allemand. Chassé de Neuwied, deBruuswick, de Ham- bourg, etc., il (riHint enfin la permission de vivre à Berlin, à condition de ne plus rieu écrire et de rester tranquille, et il y mourut dans l'obscurité, le 15 février 1767, âgé de soixante-neuf ans. ].*Henri Praktje a publié une Notice aiir la vie, les ouvrages et ta doe^ trins d'Edehnann, Hambourg, 1*253, in-S**, en allemand, avec la notice des ouvrages écrits pour le réfuter.
£D£NIDS (Jordan), théologien, né eu 1624, soutint à Upsal, devant la reine Christine*, du temps qu'il y faisait ses études, une thèse pour prouver ({ue l'hébreu était La langue la plus ancienne, contre Stiernhiekn, aux yeux de oui le gothique avait ee caractère. Par l'ordre de la reine, on conserva le recueil des arguments qui avaient été proposés de part et d'autre. Edenius fut nommé pour professer la théologie à Upsal ea 1659, fut reçu doo* leur en 1661, et mourut en 1666, laissant en- tre autres ouvrages : Dissertationes theologi- eœ de Christianœ religionis veritate, Ano, 1664; Epitome kistoriœ ecelesiasticœ , que révéqae Gezelius fit paratoe à Abo, en 1681^
£DER (Georges), né àFreysingen, en 1524, et mort en 1586, se fit un nom par son habi- leté dans la jurisprudence. Il fut honoré par les empereurs Ferdinand 1'% Maximilien II et Rodolphe II, de la charge de leur conseil- ler, et laissa plusieurs écrits sur le droit, dont le meilleur est son OEconomiabibliorum, seu
Jmrtitionum theologicarum libri auinqne, Co- ogne, 1568, ia-fol. , plusieurs lois réimpri* mé. Nous citerons encore de lui : Maliens nce^ reticorum, 2* édition, Ingolstadt, 1580, in-8*»; Matœologia Hœreticorum, seuSumma hcereti- earum /s6u{arum,ibid., 1581, in-8".— On a de Woifgang Eder, religieux Augustin de Vienne dans Te xvi* siècle, quelques ouvrages ascé- lj<|ues, et une trad. allemande de la Vie de saint François de Sales, de Maupas Dutour, Munich, 1674, in-4^
EDGEWORTH DE FIRMONT (Henri Es- Sex), vicaire général de réalise de Paris, dernier confesseur de Louis XVI , des- cendait d'une famille très - considérée du comté de Middlcseï, qui, sous le règne d'E- lisabeth, alla s'établir en Irlande, où il naauit au bourg d'Edgeworthtown, eir 1745. Son père avait embrassé le catholicisme, et le jeune Edgeworth vint étudier chez les jésui- tes à Toulouse. Après avoir reçu le sacer- doce, il voulait se consacrer aux travaux des missions dans les contrées lointaines, et il n'y renonça que sur les représentations qui lui furent faites que les attaques continuel* les qui étaient alors dirigées contre la reli- gion en France, lui donneraient lieu d'exer- cer son zèle avec non moins d'utilité. En conséquence il remplit à Paris le mitiistère de confesseur, et eut la consolation de ra- mener à la seule reli^on vraie plusieurs de ses anciens compatriotes. Il refusa un évô- ché en Irlande, et devint, en 1T77, confesseur de madame Elisabeth, sœur du roi. Après les horribles journées de septembre 1792, il vivait retiré sous le nom dEssex k Choisy- le-Roi, lorsque la princesse Elisabeth, alors renfermée au Temple, inspira au malheureux Louis XVI le désir de recevoir de lui les con- solations religieuses. L'abbé de Firmont se hâta de répondre à l'appel du royal prison- nier, qui lui fut transmis par Tintermédraire de M. de Malesherbes. Lui-même il a raconté dans une relation les sentiments qui domi-" naient son âme lorsqu'il revit dans des fAr- constances si douloureuses celui qui fut un des rois les plus puissants de la terre. A son aspect, il tomba aux pieds du monarque et pleura. Il parvint à obtenir Fautorisation de célébrer le saint sacriflce de la messe le jour où le forfait devait être consommé, et Louis XVl- put recevoir de sa main l'hostie éternellement vivante, le pain* qui fait les forts. Le 98 janvier, il l'entretint jusqu'aorès minuit; le 21, après avoir dormi paisinle* ment pendant cinq heures, le roi reçut la communion au pied d'un autel que Tabné de Firmont, aidé de Cléry, avait dressé dans sa chambre. Les sbires commandés par le trop fameux Santerre entrèrent dans son appar- tement è neuf heures. « Tout est consommé, « mon cher sbhé, dit le prince en se jelant
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« à genoux ; donnez-moi votre bénédiction. » Louis XVI avait cru que son confesseur ne le suivrait pas ; mais le digne prêtre ne voulut point l'abandonner, et le roi lui en témoigna toute sa reconnaissance. Lorsaii'il futdescendu de voiture sur la place Louis xV, les bourreaux s'avancèrent pour lui lier les mains malgré son refus. Le royal martyr re- garda l'abbé Pirmont, qui lui dit : »< Sire, je « ne vois dans ce dernier outrage qu'un nou- « veau trait de ressemblance entre Votre « Majesté et le Dieu qui va ôlre sa récom- « pense. » Au moment de l'exécution, l'abbé Firmont lui dit : « Fils de saint Louis, mon- « tezauciel 1 » Le sacrifice ayant été accom- pli» le prôtre descendit, et fit signe aux sol- dats, qui s'écartèrent avec respect pour le laisser passer. Il se rendit auprès de Maies- herbes, et l'on a trouvé chez ce magistrat des fragments du récit de ce terrible événe- ment et de la conversation qu'ils eurent en- semble. L'abbé de Firmont retourna le soir môme à Choisy-le-Roi, d'où il ne sortit qu'en avril 1795. Alors, comme la persécution du- rait toujours, il erra d'asile en asile, et en i796 il réussit à passer en Angleterre. 11 se rendit en Ecosse auprès de Monsieur, frère du roi, et lui remit le dépôt des dernières
Eensées de Louis XVI et de madame Elisa- eth. Il rejoignit plus tard Louis XVIII à Blankenbourg, et resta dix ans auprès de ce prince. Des prisonniers français, dont un grand nombre étaient blessés, furent amenas dans la ville qu'habitait le roi, qui ordonna qu'on cherchât des hommes habiles pour les soigner, et qu'on leur fournit de bons ali- ments, tandis que la reine, les dames de sa suite et la duchesse d'AngouIême prépa- raient de la charpie. L'abbé> de Firmont se transportait auprès des malades, et leur pro- diguait les secours de la religion avec la charité la plus touchante. Une maladie épi- démi'que s étant déclarée parmi eux, Tabbé de Firmont redoubla encore de zèle, et suc- comba enfin, victime de son dévouement, le 22 mai 1807, à 62 ans. Le duc d'Angouléme suivit à pied le convoi funéraire, et son épouse accompagna aussi le cercueil. L'épi- taphe qui fut mise sur son tombeau fut com- posée par Louis XVIII, à qui, comme on sait, la langue latine était extrêmement fami- lière. L'abbé de Bouvens prononça à Lon- dres, dans la chapelle catholique française, le 29 juillet 180*7, l'oraison funèbre de ce vertueux ecclésiastique, qui a été imprimée à Paris, 1814, in-8*. On a publié les Mémoires de M. Vabbé Edgeworlh de Firmont^ dernier confesseur de Louis XVI , recueillis par E, Sneyd-Edgeu>orth^ et traduits de Vanqlais par le traducteur d'Edmond Burke (M. Dupontj, Paris» 1816, in-8'. Ces mémoires sont suivis d'une Relation des derniers moments de Louis lYIy par l'abbé de Firmont lui-même ; et de <][uel(]^es-unes de ses Lettres sur les révolutions^ adressées au docteur Moyiand : ces deux écrits offrent le plus curieux inté- rêt. Eufin l'on aies Lettres de Vabbé Edge^ %Dorth à ses parents^ à ses amis^ etc. , re- cueillies par le révérend Thomas A..., tradui*
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tes de l'anglais par madame Elisabeth Lebon, Paris, 1818, in-8* ; des Mémoires sur la vie de Vabbé de Firmont précédent ces Lettres.
EDISSA. Yoy. Esther.
EDMER. Foy.EADUER.
EDMOND ou EDME (saint), naquit au bourg d'Abington, près de la Tamise, d'un père qui entra dans le cloître, et d'une mère qui vécut saintement dans le monde. Il fil ses études à Paris, et y enseigna ensuite les mathématiques et les belles-lettres. Son nom ayant pénétré jusqu'à Rome, le pape Inno- cent III lui donna ordre de prêcher la croi- sade. Le pape Grégoire, voulant récompenser le zèle avec lequel il remplit cette fonction, le. désigna pour occuper le siège de Cantor- béry, vacant depuis longtemps. Le chapitre l'élut d'une voix unanime, et l'élection fut confirmée par le souverain pontife ; mais on eut beaucoup de peine à faire consentir Edme à accepter Tépiscopat. L'autorité de l'évêque de Safisbury ayant vaincu sa résistance, il fut sacré le 2 avril 1234'. Il continua toujours son premier genre de vie, sans craindre de s'exposer à la censure de quelques évêques qui n'étaient pas animés, comme lui, de l'es- prit de Dieu. « Sa principale occupation, dit « un historien, était de connaître les besoins « corporels et spirituels de son troupeau» « afin de pourvoir aux uns et aux autres. Il « avait un soin particulier des jeunes filles « qui n'avaient point de ressources ; et pour « les mettre plus sûrement à l'abri du dan- « eer, il leur procurait un établissement. Il « faisait une guerre déclarée aux vices ; il <K maintenait la discipline avec une vigueur « vraiment a{)Ostolique ; il veillait sur ses « officiers de justice pour qu'ils remplissent « avec intégrité les fonctions de leurs char- te ges, et qu'ils n'abusassent pas de leur au- « torité pour opprimer les faibles. » Le zèle qu'il employa h la réforme de son clergé lui attira des ennemis dans le chapitre même de son église. Eprouvant tous les jours des contradictions, il ne voulut point paraître conniver à des abus qu'il ne pouvait répri- mer, il passa secrètement en France, et mou* rut à Poissy, le 16 novembre 124>2, ayant été huit ans archevêque de Cantorbéry. Le pape Innocent IV canonisa saint Edmond en i2^7. Il nous reste de lui un ouvrage intitulé :;^ectt- lumEcclestŒy dans la Bibliothèque des Pères» un livre des Constitutions^ divisées en 36 ca- nons, dans la collection des Conciles d'Angle^ terre et dli lande, de Wilkins; plusieurs ma- nuscrits contenant des prières, des disserta- tions sur les sept péchés capitaux, sur le déca- logue, sur les sept sacrements. La Vie de saint Edme, tirée des mss. de l'abbaye de Ponti- gny, a été publiée à Auxerre, 1793, in-18.
EDMOND (saint), roi des Anglais orientaux, fut illustre par sa piété, gui le fit mettre dans le catalogue des saints. Ce prince» ayant voulu livrer bataille aux Danois, en 870, fut vaincu et contraint de prendre la fuite. Il crut pouvoir se cacher dans une église ; mais ayant été découvert, il fut mené à Ivar, chef des Danois, qui était à Hélisdon. Le vainqueur lui offrit d'abord de lui laisser
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son royaume, pourvu qu'il le reconnût pour son souverain, et lui payât un tribut. Ed- mond ayant refusé ce f^arti, Ivar le Gt atta* cher à lui arbre, et percer d'une infinité de flèches, après quoi il lui tit couper la tôle. Le chef d Edmonti ayant été trouvé qu* Ique temps après, fut enterré avec le corps à Saint-Edmonbourg, ville qui a reçu son nom de ce roi. Les historiens du temps en font rélogo le plus complet. Us relèvent surtout sa piété, sa douceur et son humilité. Les rois d'Angleterre l'honoraient comme leur prin- cipal patron , et le considéraient comme un modèle accompli de toutes les vertus royales
Ea)ODARD LE JEUNE (saint), né en 962 d'Edgar, roi d'Angleterro, parvint à la cou- ronne dès l'âge de 13 ans, en 975. La plu- part des grands du royaume le reconnurent pour leur roi. Quelques-uns s'y opj osèrent. Enfin Elfridè, sa belie-mère, oui voulait faire régner son fils Ethelrcd, le ut assassiner en 978. Il était âgé de 15 ans. L'E.^lise romaine l'honore comme martyr, et célèbre sa mé- moire le jour de sa mort, le 18 mars.
EDOUARD (saint), dit le Confesseur ou le Débonnaire^ fils d'Ethelred II, fut rappelé en Angleterre après la mort de son frère Elfred, successeur ae Canut II, mais assassiné à son entrée dans le royaume. Il était alors en Normandie, où les incursions des Danois l'avaient obligé de se retirer. Il fut cou- ronné Tan 1041. Le comte Godwin, qui (tait allé le chercher en Normandie, lui donna sa fille en mariage, et gouverna sous son nom. Ce général remporta d'assez grands avanta- ges sur les ennemis de TEtat. Le roi laissa avilir le sceptre par sa fâib'esse ; il parut d'abord n avoir apporté sur le trône que Ja piété et une douceur qui lui faisait dire qu'il eût mieux aimé passer ses jours dans une condition obscure et privée, que d'acheter une couronne par l'effusion du sang hu- main ; mais dès qu'il fut instruit des vexa- tions et des cruautés de Godwin, il confisqua les biens de ce ministre indigne de sa con- fiance, le déclara ennemi de l'Etat et gou- Tema par lui-même. Aucun roi ne termina plus heureusement les guerres qu'il eut à soutenir; dans les temps de paix, il s'appli- qua à rendre son peuple heureux. Il fit un recueil des plus belles lois portées par ses prédécesseurs, et ordonna qu'elles fussent observées partons ses sujets sans exception : ce qui leur fit donner le nom de lois commih nés; elles furent constamment respectées par les Anglais, même dans les plus grandes ré- volutions, a On vit alors, dit un auteur, ce « que peut un roi qui est véritablement le « père de ses sujets. Tous ceux qui appro-
< cbaient de sa personne essayaient de ré- « gler leur conduite sur la sienne. On ne « connaissait à sa cour ni l'ambition, ni l'a- « mourdes richesses, ni aucune de ces pas- « sions qui malheureusement sont si com- « munesparmi les courtisans, et qui préparent
< peu à peu la ruine dr^s Etats. Edouard pa- « raissait uniquement occupé du soin de « rendre ses peuples heureux ; il diminua le
« fardeau des impôts, et chercha tous les a moyens de ne laisser personne dans la « souffrance. Comme il n'avait point de pas- ce sions à satisfaire, tous ses revenus étaient « employés à récompenser ceux qui le ser- « valent avec fidélité, à soulager lespauvpes, « à doter les églises et les monastères. Il fit « un grand nombre de fondations, dont le « but était de faire chanter à pfTpétuitt^ les « louanges de Dieu. Mais les divers éfablis- « sements qu'il fit ne furent jamais à charge a au peuple. Les revenus de son domaine lui « sufijsaient pour toutes les bonnes œuvres « qu'il entreprenait. On ne connaissait point « alors les taxes, ou l'on n'y avait recours <K qu'en temps de guerre et dans des néces- « sites très- pressantes. » Les grands du royaume, s'imaginant qu'il avait épuisé ses finances par ses aumônes, levèrent une somme considéraule sur leurs vassaux, sans l'en prévenir, et la lui apportèrent comme un don que lui faisaient ses peuples pour rentretien des troupes, et pour les autres frais occasionnés par les dépenses publiques. Edouard, ayant appris ce qui s'était passé, remercia ses sujets de leur bonne volonté, et voulut que l'on rendit l'argent à tous ceux qui avaient contribué a former la somme. Il laissa par testament sa couronne à Guillaume le Conquéiant, quoiqu'il ne fût pas son l'Ius proche parent : le prince Edgar, qui devait naturellement lui succéder, avait pris la fuite et s'était sauvé en Ecosse, parla cra nte de ce terrible concurrent. Edouard mourut le 5 janvier 1063, après un règne de 25 ans. Il fut canonisé par le pape Alexan- dre IIL
EDWARDS (Jonathan), théolog'en calvi- niste rigide, né en 1723 à Windsor dans le Connocticut, obtint en 1724 une place d'ins- tituteur . au collège Yale, où il avait fait ses études. En 1726, le docteur Stoddard, son grand-père maternel, ministre d*une congré- gation à Northamnton, l'associa à ses tra- vaux ; mais, en 17H, la sévérité qu'il mon- trait à l'égard des jeunes gens qui se permet- taient des lectures obscènes, et qu'il voulait soumettre à des censures ecclésiastiques, ainsi que la rigueur qu'il mettait dans ses refus d admettre à la cène les personnes qui n'auraient pas donné des preuves sufSsantes de conversion, indisposèrent beaucoup de familles considérables. Sa justification ne fut pas écoutée, et il perdit sa place en 1750. Il passa comme missionnaire a Stockbridge, dans la province de Massschusset-Bay, en 1751, devint en 1757 président du collège de New-Jersey, de Prince-Town, et mourut en 1758, laissant entre autres écrits: Tableau fidèle de Vœuvre surprenante de Dieu dans la conversion de plusieurs centaines d'âmes dtms la province de Northamplon^ Londres, 1737; Boston, 1738, in-8" ; Traité concernant les affections religieuses ^ 17W; Vie de David Brainerd^ missionnaire en Amérique^ 1740, in-8'' ; Examen exact et sévère de Vidée gêné ralement adoptée de nos jours sur cette liberté de volonté que l'on suppose être essentielle à Vétre moral, 175fc, in^ ; Défense de la grande
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doctrine du péché originely 1758, in-8- ; Ser-- mons 8ûr difp/rmts sujets^ 1765, in-8*.
EDWARDS (Thomas), théologien anglican, né en 1729 à Coventry, s'appliqua à l'élude des langues savantes et de la littérature sa- crée, devint, en 1758, maître de l'école de cette ville, et recteur de l'église de Saint- Jean-Baptiste, et en 1779 il fut nommé pour le riche vicariat de Nuneaton, dans le comté de Warwick, où il mourut en 1785. Indépen- damment d'une traduction anglaise des Psau- mes, faite sur l'original hébreu, et enrichie de notes dans lesquelles Tauteur développe et défend le système hébraïque de l'évôquo Hare, on a de lai : Preuves que la doctrine de la grâce irrésistible n'a aucun fondement dans les livres de V Ancien Testament, 1759 ; Prole^ gomena in libros Veteris Testamenti poeti- eos, etc., subjieitur metricœ Lowthianœ con- futatio, etc., 1762, in-8°. Une controverse s'engagea à cette occasion entre Lowtn et Edwards, et plusieurs écrits fun^nt publiés de part et d'autre ; Sur Vabsurdité et Tinjus* tice de la bigoterie religieuse et de la persécu^ tion, leur parfaite opposition au caractère et à la conduite du Christ et de ses apôtres, et leurs funestes conséquences, 1766, in-S* ; Des qualités les plus essentielles pour l'interpréta- tion du Nouveau Testament, 1766, in-8° ; Duœ dissertaiiones , in quorum priore probatur variantes lectiones et menda, quœ in sacram Scripturamirrepserunt, non labefactare ejus auctoritatem in rébus quœ ad fidem et mores pertinent • in posteriore vero, prœdestinatio- nempaulinam ad gentilium vocationem totam spectare, 1768, in-8° ; un choix des Idylles de Tbéocrite, avec notes et remarques, 1779, in-8%
EDWARDS (Thomas), théologien anglais. Dé l'an 1599, fit ses études à Cambridge, et s'attacha d'abord au parti parlementaire lors des premiers troubles de la guerre civile. Plus tard il attaqua avec beaucoup de vio- lence les indépendants, et craignant les ef- fets de leur ressentiment après l'usurpation de Cromwell, il passa en Hollande, où il mou- rut en i6W. Ses principaux écrits, tous re- latifs aux affaires religieuses du temps, sont ; Raisons contre le gouvernement indé- pendant des congrégations particulières, Lon- dres, 16il, in-i*; Antapologia, Londres, 164V, ih-4*; Gangrena, trois parties in-V", Londres, 1645 et 1646 ; enfin un trailé inti- tulé : La dernière et la meilleure ressource de Satan jetée à bas, ou Traité contre la tolé- rance, Londres, 1647, in-4% - - Son fils Jean Edwards, né à Hertford en 1637, se rendit aussi célèbre comme théologien, et mourut à Cambridge en 1716. 11 s'était fait détester de ses oonfrères ecclésiastiques par son pu- ritanisme outré. On a de lui de nombreux ouvrases à peu près oubliés aujourd hui, et parmilesquels on ne cite guère que son Pré- dicateur, en trois parties, 1705 et 1706, et sa Theologia reformata, 3 vol. in-folio.
BDZARDI (EsDRAs), théologien pro^ostanl et hébraïsant, né à Hambourg en 1629, fit ses études à Leipziç et à Wittenberg, et Wiploya ensuite plusieurs années à étendre
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ses connaissances par des voyages. Après s'être instruit à Bâfe dans les entretiens de Buxtorf, et avoir pris à Rostock le degré de licencié en théologie, il enseigna les langues orientales dans sa patrie. Mais le but cons- tant de ses travaux et de ses efforts fut de ramener les Juifs à sa religion, et il y réus- sit souvent. Il est bien regrettable que lui- même ne reconnût pas la vérité orthodoxe. On a de lui plusieurs ouvra^jes imprimés, notamment des thèses, sous ce titre : De prœcipuis doctrinœ christianœ capitibus ad- versus Judœos et photianianos. Edzardi mou- rut à B^.le, le 1" janvier 1708.
EFFEN(JrsTE van), né à Ctrccht, le 21 avril 168i., d'un capitaine réformé d'infante- rie, mourut en 1735, inspecteur des maga- sins de Bois-le-Duc, âgé de 51 ans. On lui avait confié l'éducation de quelques jeu- nes seigneurs, et il s'en était acquitté avec succès. Cet auteur avait de la facilité, assez d'imagination ; mais il écrivait trop vile, et employait quelquefois des termes recherchés et bas. On a de lui: la traduction des Aven- tures de Robinson Crusoé, par Daniel Foé, fameux roman anglais, en 2 vol. in-12. C'est une des plus intéressantes et des plus inno- centes pro luctions que nous ayons dans ce genre frivole et souvent pernicieux. C'est en vain que M. Grivel s'est efforcé de ravaler Robinson pour exalter son Ile inconnue, Pa- ris, 1783, i vol. Il y a à la vérité dans ce dernier ouvra^^e des vues saines et utileSt mais les gens de goût préféreront toigoursle roman anglais. On ne s'avisera jamais de prendre Vile inconnue pour une histoire vé- ritable, comme on a pris longtemps Robinson Crusoé: les événements n'y naissent que des différentes vues de l'auteur qui paraissent à découvert : il y a d'ailleurs une légère teinte de philosophisme ; la religion naturelle, qu'il
S retend y établir, est une chimère. On trouve es Ja préface un ton de morgue et d'injures contre les Espagnols, Tinquisition, les mis- sionnaires, etc., qui n'honore pas le génie, et qui ne peut donner à la jeunnsse que des impressions fausses ; la traduction du Men- tor moderne, li'Addison, en 3 vol. in-12, celle du conte du Tonneau, du docteur Swift, en 2 in-12; le Misanthrope, 1726, 2 vol. ia-8° : ouvrage fait sur le modèle du Spectateur an- glais, mais écrit avec moins de profondeur et de justesse; la Bagatelle, ou Discours iron nique, 3 vol. in-8'. L'irnnie n*y est pas tou- jours soutenue avec assez de finesse : elle est d'ailleurs monotone. Parallèle d'Homère et de Chapelain, qu'on attribue à Fontenelle : on le trouve à la hn du Chef-d^œuvre d'un inconnu. — On cite encore de Van Etfen : Pensées /i- bres sur la religion, V Eglise et le bonheur de la nation, traduites de l'anglais de Mande ville, La Haye, 1722, 2 vol. in-12, plusieurs fois réimprimées; et on lui attribue : Essai sur la manière de traiter la controverse f Ulreclit, 1730, in-8'.
ËGBERT, frère d'Eadbert, prince de Nor- thumberland, fut élevé dès son enfance dans un monastère, devint archevêque d'York en 732« et mourut l'an 765. Nous avons de lui :
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Dialoaus de tcelesiastiea institutione, publié à Dublin en I6S4» in-«% par Jacques Wa- r«us ; Tractatus de jure tacerdomU et Ex^ eerpta ikk ex diciie et canonibus Patrum^ dans les Conciles du P. Lubbe, tom. VI; Pcb- nilentiale libris VI diêtim /wm, manuscrit que Ton conserve dans qudques bibliothèques d*Angieterre.
EGEDE (Jean), fondateur des missions da- noises au Groenland , né ^n Danemark en 1686, était pasteur de Vogen, dans Tévôché de Drontheim en Nurwége, lorsqu'il conçut le prqjet de travailler à Tinstruction et à la conversion des Groentandais. Après des ob- stacles sans nombre, il obtint la permission de se rendre dans leur pays avec trois navi- res, pour y former des élaWissements. 11 parvint à gagner la confiance des habitants par sa douceur, les instruisit des préceptes du christianisme, et les baptisa. Quand ses infirmités ne lui permirent plus de vaquer à ses fonctions, il se retira dans Tile de Fal- ster, où il mourut le 5 novembre 1758. On lui doit : Nouvelle recherche de l'ancien Groen^ landy ou Histoire naturelle et description de h situation^ de Vair, de la température et des productions de l'ancien Groenland^ Copenha- gue, 1729, in-i-; nouvelle édition, 1741. Ce livre a été traduit en allemand, en anglais, en hollandais et en français. Cette dernière traduction a été donnée par Parthenay Des- roches sous ce titre : Description et histoire natwrelle du Groenland, Copenhague et Ge- nève, 1763, in-12. Journal tenu pendant la mission au Groenland, Copenhague, 1738, in-^'. Il a été traduit en allemand, Ham- bourç, 17W, in-4% sous le titre de Relation détaHlée du commencement et du progrés de la mission du Groenland^ etc. On trouve dans le tome XIX de l'Histoire des voyages un ex- trait de Touvrage de Crantz sur le Groen-- laud, où sont déUillés les travaux d'Egède
four la colonisation du pays. — Son fils, aul EeÈDc, mort en 1789, fut nommé mem- bre du collège des Missions, directeur de l'hôpital des Orphelins, et évèque du Groen- land. Il a laissé : Relation du Groenland^ ex^ traite d'un journal tenu depuis 1721 jusqu'en 1788, Copenhague, 1789, in-12; Dicttona- rium groenlanaicum , Copenhague , 1754 , in-4* ; Grammatica groenlandica, 1760, in-12 ; Traduction en groenlandais de TEvangile, de l'Imitation de Jésus-Christ, etc.
EGliS (Jein-Iqnacb), capucin sous le nom du Pire Ignace de Rhinfeld, jaé dans cette ville en 1618, servit d'abord comme aumô- nier à bord d'un des vaisseaux de la flotte vénitienne, où il convertit et baptisa plus de 600 mahométans prisonniers. Il accompagna ensuite Octave, comte de Latour et Taxis, dans son voyaçe à la Terre-Sainte, séjourna trois mois à Jérusalem, et fut reçu avec lui chevalier du Saint-Sépulcre. Revenu dans sa patrie, il consacra le reste de sa vie à l'é- tude et aux missions dans les pays protes- tants. Il mourut à Lauifenbourg le 1*' fé^ vrier 1702. Eggs publia le résultat de son voyage sous ce titre : Relation du voyage de JmMmemf H Destription de toutes les mis^
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sions apostoliques de l'ordre des Capucins^ in-(»<> : ouvrage intéressant et qui ent beau- coup de succès. Il fut réimprimé en 1666 à Fribourg en Brisgau, et en 1699 à Augsbourg. EGGS (Richard), jésuite, né à Rhinfeld en 1621, composa dès l'ége de ik ans une
{nèce de vers latins sur Je martyre de saint gnace, qui lui mérita Tamitié les PP. Balde et Biderman , ses professeurs. Il enseigna les belles-lettres à Munich et à ingolstadt, et composa un certain nombre de petits dra- mes qu*il faisait représenter par ses élèves. On cite sa tragédie de Léonidej père d'Ori- gèncy comme une production vraiment dis- tinguée. Le P. Eggs prêcha aussi avec beau- coup de succès. U mourut à Munich en 1659, dune phthisie occasionnée par Texcès du travail, laissant plusieurs manuscrits parmi lesquels on remarque : Poemata sacra; lEpistolœ morales y Comica varii generis,
EGGS ( LioNCB ) , jésuite , parent du pré- cédent, né à Rhinfeld le 19 août 1666, cul- tiva aussi avec succès 4a poésie latine , et composa des pièces de théâtre en allemand , en latin et en français , qui ftirent jouées dans différentes villes d*Allemagne. Il était très-versé dans la langue grecque , et avait professé quelque temps la poésie et la rhé- torique dans les collèges de la société* Il accompagna au siège de Belgrade, en qua- lité d'aumônier , les fils de rélecteur de Ba- vière, et mourut le 16 août 1717 au camp devant cette ville. Ses ouvrages sont : Com^- positiones morales et asceticœ. C'est un choix de morceaux tirés d'ouvrages français et latins , et on en a fait en Allemagne de nom- breuses éditions ; Opéra moralia ; Œstrum ephemericum poeticum^ Munich, 1712. Cet ouvrage, publié sous le nom de Geneslus Gold , anagramme du sien » est formé d'au- tant d'élégies qu'il y a de jour» dans l'an- née , dont le sujet estpris du livre des Psau- mes. Epigrammutay ÈlogiUj Inscriptiones ^ Exercitationes sdiolastiem théâtrales: c^ opus cules ne paraissent pas avoir été imprimés. EnQn il écrivit en latin la Yie du Père R. Eggs , qui fait l'objet du précédent article.
EGGS ( Georges-Joseph ), chanoine, doyen de l'église de Saint-Martin de Rhinfeld , né vers 1670, mort vers 1750, était de la môme famille que les précédents. On a de lui : Purpura docta, seu Yitœ cardinalium scriptis illustrium, Munich, 1714-17Î9, t vol. in- folio, hvre estimable pour les recherches et l'exactitude , quoiqu il ne soit pas sans quelques erreurs ; Tractatus de qi^tuor no^ vissimis; Tractatus de morte sancta obeunda; Elogia prœclarorum virorum; Rhythmidepas- sione Christi; les Vies des Pères Ignace et Léonce Eggs , en latin. La plupart de ses écrits, peu connus en France, sont en allemand.
ËHINGER (Elib), théologien protestant, né dans la principauté d'Œting en Bavière en 1573, partagea le sort des luthériens qui fiirent obligés de sortir de l'archiduché d'Au- triche, où il était pasteur , et devint recteur à Roltuibourg sur la Tauber en i605, puis à Augsbourg en 1617. Plus tard il fut nommé conservateur de la bibliothèque publique dg
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cette ville, dont il publia en 1633 le catalogue, d'après un svstème de classification gui lui était particulier. Deux fois cha<?s6 d Augs- bourg comme minislre protestant , il se re- tira à Ratisbonne en 1635 , et y mourut en 1653. Outre de nombreux ouvrages de théo- logie, allemands et latins, Ehinger publia ; Apostolorum et SS. conciliorum décréta ^ gr.» lat. , Wittenberg , 1614 , iri-4% édilicm plus complète que celle qui fut donnée par Dutil* let, en 1540, in-i": avec des notes d'Osiander, on y trouve une version latine des anciens conciles; Quœstiones theologicœ et philosophie cœ Cœsarii S. Gregorii Nazianzeni fratris^ gr,- lat., Augsbourg, 1626, in-4'; Poggii de inh- licitate prineipum , Francfort , 1629 , in-8". Ehinger a fait les notes et la préface de ce livre ; De fidelitate servanda in auctoribus ci- tatU dissertation imprimée dans les Amœni" tates de Schelborn , tom. II, p. 530 sq. L'au- teur y critique des citations faites par Gra- tian, BellarmJn, etc.; Thésaurus antiquitor- tum ecclesiasticarum , Francfort, 1662, in-4*. Quoique Lenglet-Dufresnoy attribue cet ou- vrage à Ehinger , il n'est pas sur qu'il en soit l'auteur.
EHRARD ou ERHARD (dom Thomas-d'A- quim), savant bénédictin duxv' siècle, appar- tenait à la congrégation des Saints-Anges, et prit part h la dispute qui s'éleva entre les bénédictins et les chanoines réguliers , au sujet du livre de Ylmitation de Jésus-Christ. On a de lui plusieurs ouvrages : une édition latine de Vlmitation^ accompagnée d'une
E réface apologétique pour Ger^en, Augs- ourg , 1724 ; une défense de la môme opi- nion , intitulée : Polucrates gersennensis , m quaouatuor libri de îmitatione Christi, Joan- nis Cersennensis^ abbatis ordinis sancti Bene^ dicti , vindicantur: c'est la réfutation du Scutum kempense d'Amort, Augsbourg, 1729; Ars memoriœ sive clara et perspicua methodus excerpendi nucleum rerum, ex omnibus scien^ tiarum monumentis^ Auçsbourg, 1715, 2vol. in-8"; Gloria sanctissimt protoparentis Bene- dicti 9 m terris adumbrata, seu vita, virtutes^ prodigia j gesta et cultus sancti Bénédictin Augsbourg , 1719 , 6 vol. in-b*" ; Isagoge et commentarius in universam sacram Bi- bliam vxdgatœ editionis, Sixti V et démen- tis Vin pont, rom, , auctoritate recognitam^ Ausgbourg, 1729, 1735, 3 vol. in-8% et plu- sieurs autres ouvrages sur laBible.^-EHRiRD (dom Gaspard), bénédictin de la même con- grégation en Bavière, a publié Dulcis memO" ria in sancta evangelia , seu vita , doctrina et mysteria Jesu Christi , per brevem commenr^ tarium in sancta evangelia txplicata , Augs- bourg, 1719, 1 vol. in-8%
EHRHARDT ( Sigismond-Just ), théologien protestant , né à Gemund dans l'évéché de Wurtzbour^ en 17d3 , mort pasteur de Bes- china en Silésie en 1793, a écrit, tant en alle- mand qu'en latin , un assez grand nombre d'ouvrai§es , dont les principaux sont : His- toire abrégée et apologie de l'ordre des francs^ fnaçons, Cobourg , 1752 , in-S" ; Dissertation ^r Vorigine et les antiquités de la ville de Smalkalde, Schleusing, 1756, in-4*; Relation
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historique de la persécution exercée par h prince-évéque de Wurtzbourg contre les lu^ thériens. Halle, 1763, in-4*; Le vieux et le nouver^u Custrin , fragment historique , Glo- gau, 1769 , in-4* ; Nouveaux mémoires diplo- matiques pour éclaircir V histoire et Vancien droit de la Basse-Saxe^ Breslau, 1772-1774, in-4', en 5 numéros; Presbytérologie de la Silésie évangéliaue , Liegnitz , 178Ô-1790 , 4 parties in-4*. Il a laissé en manuscrit des matériaux pour servir à VHistoire du luthé- ranisme. La Gazette littéraire universelle de léna , plusieurs autres journaux et ouvrages périodiques , renferment un grand nombre de ses articles.
EICHHORN ( ]ean-Godbfroi ), orientaliste et théolo.^ien allemand , né le 16 octobre 1752 à Dœrrenzimmen dans la principauté de Hohenlohe-OËhrinyçen, devint professeur de liUérature orientale à léna en 1775 , et fut nommé par le duc de Saxe-Weimar , en 1783 , conseiller de cour. Le titre de profes- seur de philosophie à l'université de Gœt- tingue lui fut donné en 1788 avec celui de conseiller de la cour britannique; en 1811, il professa la théologie dans cette université qui l'avait iusqfu'alors repoussé, et il mou- rut le 25 juin 1827. On a de lui, en latin ou en allemand, de nombreuses publications historiques, bibliçiues et critiques, parmi lesquelles nous citerons celles qui se rap- portent à l'objet de ce Dictionnaire : Monu- menta antiqmssimœ historiée Arabum^ post Alb. Schultens , arabice edidit^ latine vertit^ et animadvers, adjecit J.-G. Eichhom^ Gotha, 1775, in-8'; De rei nummariœ apud Arabos initiis , Gotha , 1776, in-4* ; Introduction à l'Ancien Testament, 3' édition, 5 vol. in-fr. « Eichhorn , dit un biographe, a porté aussi « loin que qui que ce soit les conséquences ff de V exégèse , c'est - à - dire de ce système « d'interprétation qui multiplie les plus dan- « gereux paradoxes , et qui tend à ébranler « les fondements sur lesquels repose l'ori- « gine de la révélation chrétienne. 11 a dé- « passé les idées libérales de ses conte mpo- « rains , comme ceux - ci avaient dépassé « celles de leurs devanciers, surtout des pre- «( miers réformateurs, qu'ils ont laissés bien « loin derrière eux. Quelques-uns de ceux « qui avaient favorisé cette critique auda- « cieuse s'aperçurent avec peine des excès « dont elle se i endait coupable , et regrettè- « rent d'avoir percé la digue qui retenait ce « torrent dévastateur.» Introduction aux /(- vres apocryphes de l Ancien Testament, Leip* zig, 1795, in-8°; Inttoduction au Nouveau Testament , ibid., 1804-1814, 3 vol. in-8*; Commentarius in Apocalypsim Joannis, Gœt- tingue, 1791, 2 vol. in-8". Eichhorn, qui ne voit dans ce livre divin qu'un drame , un poëme, le commente comme il commenter^iil une pièce de Térence ou d'Aristophane. Traduction de Job en allemand , Gœttrngue, 1824, in-8''; Répertoire de littérature 6t6/t- blique et on>n/a/f, Leipzig, 1779-1786,* 18 cahieis in-8''; Biblioth que générale de litté^ rature biblique, Leipzig, 1787-1801, 10 giros vol. in-8% faisant suite a l'ouvrage nrécédeot;
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les Prophètes hébreux^ Gœttingue, 1816-1820» 8 vol. in-8^
EISEN (Jean-Gborgbs), pasteur en Livonie, aumônier d'un régiment russe de dragons, professeur de sciences économiques à Mittau, né à Polsingen , dans le pays d Anspach , en 1717, mort en 1779, est principalement connu par la découverte d'une méthode économi- que de sécher les légumes pour les transpor- ter au loin , publiée à Riga en 1772 , in-8% sous le titre de VArt de sécher les légumes. Ce livre, écrit en allemand, fut traduit dans tou- tes les langues du nord, en anglais et en es- pagnol. Eisen composa aussi quelques ou- vrages théologiques; le plus connu a pour titre : Le christianisme d'après la saine raison et la Bible^ Riga, 1777, in-8% en allemand. — EiSEN (Jean-Godefroi) , frère du précédent, fut aussi aumônier a'un régiment de dra- gons russes, et mourut en 1795, â^é de 70 ans. Il avait écrit en allemand plusieurs ou- vrages de théologie et de morale , parmi les- 3uels on distingue le Parallèle des églises et es maisons de force^sous le rapport de ramé-- lioration des hommes , Nuremberg, 1778,in-8''.
EISENGREIN (Guillaume), chanoine de Spire, sa patrie, mort vers 1570 , est auteur d un ouvrage intitulé : Catalogus testium ve- ritatis , puolié à Dillingen en 1565 , in-4\ C'est une liste des écrivains ecclésiastiques qui ont combattu les erreurs de leurs temps, et par avance celles des siècles derniers. Flaccus Ulyricus a donné un catalogue des défenseurs du calvinisme, auquel il a donné fort mal à propos le môme titre.
EISLER (Tobib), sectaire piétiste, né à Nu- remberg en 1683 , étudia la jurisprudence et fut pendant sept ans secrétaire de cabinet de la duchesse douairière de Saxe-Eisenach. En 1713, il revint dans sa patrie, se lia avec le fameux visionnaire Tennnardt, et s'occupa tout entier de l'instruction primaire des en- fants , pour lesquels il fonua , en 1735 , une école à Helmstœdt. Le duc de Brunswick y joignit bientôt une autre école pour les pau- vres tilles. Eisler mourut en 1153, après avoir Subtié un assez grand nombre d'opuscules, îous n'en citerons que deux : Le christior nisme actuel confondu par les Turcs et les païens , Budingen , 1720, 2 part., in- 8"; Des- cription de V école des pauvres de Helmstœdtf avec une Notice abrégée des principaux étar- blissements de charité du même genre ^ Helm- stœdt, 1737, in-8-; 2- édit,, 1742, in-S".
ELA , roi d'Israël , fils de Baasa, succéda à son père Van 930 avant Jésus-Christ. La deuxième année de son règne, il fut assassiné dans un festin par Zambri, un de ses officiers. — n y a eu du môme nom lin prince iduméen, successeur dOlibama. — Un autre • père de l'insolent Séméi , et quelques autres moins connus.
ELAD , fils de Suahala , s'étant rendu se- crètement dans la ville de Geth avec son frère pour la surprendre , fut découvert par les habitants, qui les égorgèrent tous deux.
ELAM, fils de Se m, eut pour son partage le pays qui était à l'orient du Tigre et ue l'Assyrie. Il fut père des peuples connus sous
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le nom d*Elamites ou Elaméens. Chodorlaho- mor, qui vainquit les cinq petits rois de la Pentapole, et qui fut défait par Abraham, était souverain de ces peuples. La capitale du pays était Elymaïde, où l'on voyait le fameux temple de Diane, qu'Antiochus vo^iZut piller et*ou il fut tué. L Ecriture fait me'ition de quelques autres personnages de ce nom.
ELBAD, surnommé Danita^ parce qu'il était de la tribu de Dan, vivait vers le com- mencement du XII* siècle. Il est l'auteur vrai ou supposé d'une Lettre qui parut pour la première fois à Cons(antinople,en 1518, in-4% et où il traite des dix tribus qui sont au delà du fleuve Sabbation , de leur puissance , de leur empire, de leurs rites et coutumes, etc. Cette lettre, que Bartolocci, dans letome i"de SàBibliothecarabbinica^pàg. 100$q.,a réfutée de la manière la plus complète, fut sans doute écrite par un imposteur, sous le nom d'Eldad,
Eour accroître parmi les siens les récits fa- uleux dequelqpies rabbins touchant le fleuve Sabbation et les tribus, et augmenter Fespoir de leur délivrance.
ELEAZAR , fils d'Aaron et son successeur dans la dignité do grand-prêtre , l'an 1452 avant Jésus-Christ, suivit Josué dans la terre de Chanaan, et mourut après douze ans de pontificat.
ELEAZAR, fils d'Aod, frère d'Isaï, un des trois braves qui traversèrent avec impétuo- sité, le camp des ennemis du peuple de Dieu, pour aller quérir au roi David de Teau de la citerne qui était proche de la porte de Bethléem. Une autre fois les Israélites, saisis d'une frayeur subite à la vue d'^ l'armée nombreuse des Philistins, prirent lâchement la fuite et abandonnèri nt David. Éléazar seul arrêta la fureur des ennemis , et en ût un si
fand carnase que son épée se trouva collée sa main, 1 an 1047 avant Jésus-Christ. ELEAZAR , fils d'Onias et frère de Simon le Juste, succéda à son frère dans la souve* raine sacrificature des Juifs. C'est lui qui envoya 72 savants de la nation à Ptolémée Philadelphe , roi d'Egypte , pour traduire les livres saints d'hébreu en grec , vers l'an 277 avant Jésus-Christ (Voy. Aristée). C'est la version qu'on nomme des Septante , et qui^ suivant la remarque des Pères , a été pour les nations un moyen précieux d'instruction et de préparation à la aoctrine de l'Evangile (quoiqu'il y eût une version antérieure, mais moins accréditée et moins répandue, dont Eusèbe parle dans sa Préparation). Jésus- Christ et les apôtres citent cette version de préférence à l'hébreu, soit parce qu'elle était d'un grand usage et plus généralement con- nue parmi les Juifs même , au moins ceux qu'on appelait hellénistes , soit parce que le moment approchait où les nations qui ne savaient pas l'hébreu allaient recueillir avec avidité l'instruction et les lumières de ces livres divins. Un autre avantage inapprécia- ble de la version des Septame, c'est la déter- mination des véritables legons et du vrai sens , faite dans un temps où l'hébreu était une langue vivante et bien connue, où la tra« dition éteiit dans toute sa force, où le respect
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qu'oa portait è^es divins oracles, l'étude as- sidue qu'oo en foisaic, les iolerprélations réfléchies et traditionnelles des docteurs de la loi, mettaient ce dépôt sacré à Tabri de !8 légèreté et de la témérité des esprits. Encore amourd'hui , la version des Septante est la terreur des herméneutes hétérodoxes qui, par le moyen des points massorétiaues , in- vention moderne et sans autorité (Yoy. Cap- PEL et Hasclef), et d'autres subtilités gram- maticales , dénaturent les livres saints , lee dépouillent de tout ce qu'ils ont de surnatu- rel et de divin, et en font le jouet de Tima- gination et du caprice.
£L]BAZAR, vénérable vieillard de Jérusa- lem, et un des principc^ux docteurs de la loi, sous le règne d'Antiochus Epiphanes, roi de Syrie. Ce prince ayant voulu lui faire ttoan- gcr de la chair de porc, il aima mieux perdre la vie que de trans.^esser la loi. Quelques gentils ou juifs apostats de ses anciens amis, touchés pour hxi d*un^ fausse compassion, le supplièrent de trouver bon qu'on lui ap- portât des viandes dont il lui était permis de manger , aUn qu'on pûl feindre qu'il avait mangé des viandes du sacrifice, selon le commandement du roi , et , par ce moyen, le sauver de la mort; mais Eléa/ar ne voulut jamais y consentir. « H est indigne de l'âge « où nous sommes, dit-il, d'user de cette tic- ce tion; elle serait cause que plusieurs ieunes c gens, s'imaginent quËléa^ar, à T^e de c quatre-vingt-dix ans, aurait passé de la vie ce des juifis à celle des païens , seraient eux- « mêmes trompés par cette feinte, dont j'au- « rais usé pour conserver un petit reste de « cette vie corruptible. Par là j'attirerais une « tache honteuse sur moi, et 1 exécration des a hommes sur ma vieillesse. Car encore que « j'échappasse présentement aux supplices « des hommes , je ne pourrais néanmoins <K fuir la main du Tout-Puissant, ni pendant <c ma vie , ni après ma mort. En mourant « courageusement , je paraîtrai digne de la « vieillesse où je suis , et je laisserai aux « jeunes gens un exemple de fermeté , en « souffrant avec constance et avec joie une « aiort honorable pour le sacré culte de nos « lois très-saintes. »
ELEAZAR, le dernier des cinq_ fils de Ma- tathia», et frère des Machabées , les seconda dans les combats livrés pour la défense de leur reliçion. Dans la bataille que Judas Ma- chaînée livra contre l'armée d'Antiochus Eu- patop, il se fit jour \ travers les ennemis pour tuer un éléphant , qu'il crut être celui du roi. 11 se glissa sous le ventre de l'ani- mal, et le perça à coups d'éftée; mais il fut accablé sous son poids H reçut la mort en la lui donnant.
ELEAZAR, ma(||icien célèbre sous Tempire de Vespasien, qui, par H moyen d'une herbe enfermée dans un anneau, délivrait les pos- sédés en leur mettant cet anneau sous le nez. Il commandait au dt^mon do renvorscr une cniche pleine d'eau, et le drmon obéis- sait. C'est rhiftorien Jost'^pîie qui rapporte ces particularités; mais on sait quelle est la crédulité de cet historien à l'égard des faits
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ou faux ou très-incertains, tandis qu'il répand des doutes sur les prodiges les mieux con- statés des livres saints. Du reste , si Eléazar était réellement un magicien, les jeux qu'il exerçait de concert avec le démon n'ont riec d'incroyable. Voy. Lb Bkun , Delrio, etc.
ëLëCTË, fut une des premières femme$ qui se convertirent à Jésus-Christ. C'est celle à qui l'apôtre saint Jean écrivit pour la con- jurer de s'éloigner de la compagnie des hé- rétiques Basilide et Cérinthe.
ELEUTHÈRE (saint) , natif de Nicopolis, d'abord diacre du pape Anicet , fut oraonne prêtre, et ensuite élu pape après la mort de Soter, l'an 177. Il combattit avec beaucoup de zèle les erreurs des valentiniens pendant son pontificat. Les choses qui rendent cé- lèbre ce pontificat , sont : la mort glorieuse des martyrs de Lyon et l'ambassade qu'il re- çut de Lucius , roi de la Grande-Bretagne, pour demander un missionnaire qui lui en- seignât la religion chrétienne. Saint Eleu- thère mourut en 192 , après avoir gouverné l'E'^lise pendant environ 1^ ans.
ELEUTHÈRE (saint) , célèbre évèque de Toumay , naguit en cette ville de parents chrétiens. Sa famille avait été convertie par saint Piat, 150 ans auparavant. Depuis la mort de leur saint apôtre , les chrétiens de Tour- nay avaient beaucoup dégém'Té , et leur foi s'éteignait de jour en jour par le commerce des païens et les désordres des rois de France, encore idolâtres, qui y faisaient alors leur résidence. Tel était 1 t'tat de l'église de cette ville , lorsque saint Eleuthère en fut fait évèque. Il fut sacré en 486, dix ans avant le baptême de Clovis, H. arracha un grand nombre de Français aux superstitions du pa- ganisme, et défendit victorieusement le mys- tère de rincarnation, attaqué par les héréti ques. Son zèle ^ maintenir le dépôt de la foi lui coAta la vie. Des scélérats, obstinés dans Terreur, lui portèrent à la tôteun coup dont il mourut le !•' juillet 532. On trouve dans la Bibliothèque des Pères plusieurs sermons attribués à ce saint évé(jue; mais il n'est pas certain qu'ils soient de lui , si l'on en excepte trois : l'un sur l'Incarnation, l'autre sur la Naissance de Jésus-Christ , et le troi- sième sur l'Annonciation. Si Vie a été écrite dans le ix* siècle, par conséquent longtemps après la mort de saint Eleuthère. L auteur se trompe en le feisant contemporain de saint Médard, et en plaçant sa naissance sous le règne de Dioclétien. Un auteur postérieur de quelques années donna plus d'étendue è cette Vie et y ajouta l'histoire de la transla tion des reliques du saint, faite en 897. En- fin un troisième auteur y a inséré depuis rhistoire de %e% miracles et de la translaliou de ses reliques , quj se fit à Tournay en 1164.
ELIAB, le troisième de ces vaillants hom mes qui se joignirent à David quand ilfu>aiJ la persécution lit» Saiil. 11 ren«iit à ce prfncf alfl.gé des services très-considérables dam toutes ses guerres.
ELIACIM , grand-prétrc des Juifs sous le roi Manassès. Ccprince, étant devenu un mo*
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dèle de péAitenee depuis sa prisoB, ne s*aç-
{)llquait qu*à réparer les maux qu*il avait àits h la religion et k l'Etat; et pour cela il avait mis toute sa confiance dans Ëliacim, et ne faiisait rien sans son conseil. Gelui^-ci se trouvait ainsi chef de la religion et ministre d'Etat. 11 est quelquefois nommé /aaftim :
{ïlusienrs savants croient qu'il est auteur du ivre de JudUh. — Il y avait encore de ce nom un sacrificateur qui revint de Babylone avec Zorobabe! ; un fils d'Abiud , parent de Jésus^hrist selon la chair.
ELIâCIM, roi de Juda. Fojf. Joaghim.
ELIAS-LEVITA. Vùy. Elie.
ELIG A6ARAY (l'abbé Dominique) , cha- noine nonoraire de Paris , grand-vicaire de Reims, membre du conseil royal de l'instruc- tion publique, naquit dans le diocèse de Bayonne vers 1760. 9ès l'âge de ^ ans il professa la philosophie à Toulouse , et , en 1790, il ftit officiai de la Basse-Navarre. Lors- que la constitution civile du clergé fut dé- crétée, l'abbé Eliçagaray publia un écrit en ^venr des droits de VEglise , et mérita ainsi imitié de l'abbé Maury , qui voulut se l'at- tacher, et qui lui envoya, lorsqu'il fut élevé sur le siège de Montefiascone, des lettres de
Sand-vicaire. Maury, devenu archevêque Paris , l'appela de nouveau auprès de lui; mais les opinions orthodoxes d'Eliçagaray ne pouvaient s'accorder avec celles du prélat, qui s'était mis en opposition flagrante avec le chef de l'Eglise, et il refusa. Nommé suc- cessivement proviseur du lycée de Pau, pro- fesseur de philosophie , doyen de la faculté des lettres, recteur de Tacademie, il se fit re- marquer par la bonté de son enseignement et par la sage administration des établisse- ments qui lui étaient confiés. Pendant les Cent-lours, il suivit la duchesse d'Angouléme à Londres en qualité d'aumônier. En 1816, il fiât appelé au conseil royal de l'instruction publique, en remplaceoiènt et sur la dési- gnation de M. Frayssinous, nommé ministre. Chargé par If. de Corbière d'inspecter les établissements de l'université dans le midi de la France, il se vit, à Marseille, l'objet des attaques d'un journal d'opposition de cette ville, qui essaya de jeter sur lui du ridicule, en lui attribuant un discours qu'il aurait adressé aux maîtres du collège, et dans le- quel il était dît que l'administration devait avoir deux poids et deux mesures , selon les sentiments religieux des individus. Cette im- putation calomnieuse fournit aussi matière à une caricature , où l'abbé était représenté tenant dos points et une balance. Il parait que ces désagréments et d'autres encore qu*il eut à subir à cause «de ses principes Bionarchiques et religieux l'affectèrent vive- Bient. De retour à Paris , il fut emporté par wne attaque d'apoplexie, le 2^ décembre 1822. M. Durozoir, qui l'avait connu person- nellement, rapporte de lui des traits qui font le plus grand honneur à son esprit de bien- fa^sarice et de c-hirilé.
Kl.iE, prophète d'Jsmël , orij^inai.e de Thesbé ou Thisbé , ville du pavs de Galaad, vint à la cour du roi Achab , Tan 912 avant
lésus-Christ. H annonça à ce prince impie les menaces du Seigneur, et lui prédit le fléau de la sécheresse et de la famine, ©ieu >«i ayant ordonné de se cacher, il se retira dans un désert , où des corbeaux lui appor- taient sa nourriture. Il passa de cette soli- tude à Sarepta , ville des Sidoniens » y mul- tiplia l'huil»! de la veuve qui le reçut. Achab rendait à l'idole de Baal un culte sacrilège. Le pro;)hète vint en sa présence pour le lui reprocher. Il assembla le peuple, donna le défi aux prêtres de Baal : et sa victime ayant été seule consumée par le feu tombé du ciel, il les fit mettre à mort. Menacé par Jézabel, femme d'Achab, irritée du châtiment des faux pro-
Fhètes , il s'enfuit dans le désert : un ange y. nourrit miraculeusement. Il se retira en-^ suite à Horeb, où Dieu lui apparut et hii or- donna d'aller sacrer Hazaël roi de Syrie, et Jéhu roi d'Israël. Les miracles d'EÎie n'a- vaient point changé Achab. Le prophète vint encore le trouver pour hii reprocher le meurtre de Naboth , qu'il avait fait mourir après s'être emparé de sa vigne. 11 prédit peu de temps après à Ochosias qu'il mour- rait de la chute qu'il avait eue, et fit tomber le feu du ciel sur les envoyés de ce prince. Le ciel l'enviait à la terre; il fut enlevé par un chariot de feu vers l'an 895 avant Jésus- Christ. Elisée, son disciple, reçut son esprit et son manteau. On fait la fête d^Tenlève- ment d'Elie dans l'Eglise grecque. On croit qu'il fut transporté, non dans le séjour delà divinité , mais dans quelque lieu au-dessus de la terre, ou sur la terre même, mais écarté* et inconnu. Nous disons on croit , car , dans des «questions aussi délicates , il n'est pas permis de décider et de vouloir pénétrer ce que Dieu s'est plu à nous cacher; mais comme l'Ecriture nous apprend qu'Elie re- paraîtra sur la terre av^mt to dernier avène- ment du Fils de Dieu, il est naturel de croire qu'il n'est pas mort, et que la mission qui lui reste à remplir est celle d'un homme voyageur qui n'est pas encore arrivé au terme de la félicité.— On sait que les carmes ont longtemps regarrié Elie comme feurfon-* dateur. Yoy. Albert (saint) , patriarche de Jérusalem, et Papbbroch.
ELIE ou ELIAS LEVITA, rabbin du xvi« siècle , natif d'Italie et originaire d'Allema- gne, passa la plus grande partie de sa vie ^ Rome et à Venise , où il enseigna la langue hébraïque à plusieurs savants de ces deux villes, et même à quelques cardinaux. C'est le critique le plus éclairé que les juifs mo- dernes, presque tous superstitieux, aient eu. Il a rejeté , comme des &bles ridicules , la plupart de leurs traditions. Il mourut à Ve- nise en 1M9, à 77 ans. On lui doit : Lexieon ciuUdaicumf Isny, 15^1, in-fol. ; Traditiô doc- trinœ , en hébreu , Venise, 1538, in-i"*; avec la version de Munster, Bâle, iiS^^ in-8°; CoUectio tccorum^ inquibus ChMcrnspara- phrastes irUeriicit nom&n Messim Christi, /o- tine versa a Genebrardo ^ Paris, 1533; in-8"; plusieurs Grammaires hébraïques, iii-8", né- eessaires à ceux qui veulent approfondir les difticultés de cette langue; NoimnolaturQ he-*
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bratca, Isny, 1542, in-4' ; Idem, en hébreu et en latin« par Drusius, Franeker, 1681, in-S*. < ELIEZER, oriffinaire de la ville de Damas, était serviteur aAbraham. Ce patriarche If
f>rit tellement en affection , qu il lui donna 'intendance de toute sa maison; il le desti- nait même à ôtre son héritier avant la nais* sance d*Isaac. Ce fut lui qu'Abraham envoya en Mésopotamie chercher une femme pour son fils.
ELIEZER, rabbin, que les Juifs croient être ancien, et font remonter jusau'au temps de Jésus-Christ ; mais qui, selon le P. Morin, n*est que du vu' ou vin' siècle. On a de lui un livre intitulé : Les Chapitrée ou Histoire sacrée, que Vorstius a traduits en latin, avec des notes , 1644 , in-4'. Il est fameux parmi les hébra'isants. Cependant ses Chapitres sont remplis de fables grossières : il est dit, par exemple, au chap. 6, que le soleil et la lune ont été créés dans la même forme et la même splendeur; mais que s'étant querellés sur leur excellence , le soleil l'emporta , en de- vint plus grand et plus brillant, etc.
EL1EZER, médecin et rabbin de Crémone sous Philippe II , ayant été forcé de quitter cette ville , se retira à Constantinople , où il obtint la direction de la synagogue de Tlle de Naxos. 11 eut, plus tard, le même emploi dans la synagogue de Posen, en Pologne, et mourut a Cracovie, en 1586, laissant une réputatio'h de savoir parmi ses coreligion- naires. On a de lui : Commentaire sur le livre d'Esther, Crémone, 1576; Hambourg, 1711, et réimpr, de nouveau à Offenbach ; Histoire de Dieu , ouvrage dans leouel l'histoire du Penlateuque est exposée, Venise, 1583 ;Cra- covie, 1584.
ELINAND ou HELINAND , moine cister- cien de l'abbaye de Froidmont, sous le règne de Philippe-Auguste , est auteur d'une plate Chronique en 49 livres. Il n'est pas vrai qu'il ne nous eu reste que quatre. Cette chroni*
Îue était en entier a l'abbaye de Froidmont. insi Fauteur du Dictionnaire critique , en 6 vol., s'est trompé. Il aurait dû dire qu'on n'en a imprimé que quatre , qui renferment les événements principaux depuis Tan 634 jusqu*en 1204: Ouire cette maussade compi- lation, on a de lui de mauvais vers français et de plus mauvais sermons. Il était de Prout- «e-Roi en Beauvaisis, 11 mourut vers l'an 1227.
ELIOTT (Jean) , ministre anglican à Bos- ton, dans la Nouvelle-Angleterre, a fait pa- raître une Bible en langue américaine, im- primée à Cambridge; le Nouveau Testament parut d'abord en 1661 , et toute la Bible en 1663, in-4' très-rare.
ELIPAND, archevêque de Tolède, ami de Félix d'Urgel , soutenait avec lui que Jésus- Christ , en tant qu'homme , n'était que flls adoptif de Dieu, u défendit ce sentiment de vive voix et par écrit^. Celte erreur fut con- damnée par piusieurs*conciIes , et leur juge- ment fut confirmé par le pape Adrien, qui fit rétracter Félix. Elipand, moins s^um s que son maître, écrivit contre lui en 799, et mou- v\\i peu après.
ELISA , premier fils de Javan et petit-fils de Japhet, peupla TElide, dans le Péloponèse, ou, selon d'autres, cette partie de l'Espagne proche de Cadix, qui, à cause de ses agré- ments , fut appelée les Champs Elyséens ou Iles fortunées.
ELISABETH (sainte), femme de Zacharie, mère de saint Jean-baptiste , qu'elle eut dans sa vieillesse, reçut la visite de sa pa- rente, la mère du Sauveur, dans le temps de leur grossesse. Saint Pierre d' Alexandrie dit que deux ans après qu'elle eut mis au monde Jean-Baptiste, elle fut obligée de fuir la persécution d'Hérode. Elle alla se cacher dans une caverne de la Judée , où elle mou- rut, laissant son fils dans le désert, à la con- duite de la Providence, jusqu'au temps qu'il devait paraître devant le peuple d'Israël.
ELISABETH (sainte), fille d'André II, roi de Hongrie, née en 1207 , mariée à Louis, landgrave de Hesse, perdit son époux en 1227. Les seigneurs la privèrent de la re-
Sence, que sou rang et les dernières volontés u piince paraissaient lui avoir assurée. Elisabeth, mère des pauvres, avait employé non- seulement sa dot, mais encore sa vais- selle et ses pierreries, à les nourrir dans une famine. Elfe se vit réduite à mendier son pain de porte en porte. Tirée ensuite de ce misérable état, elle fut rétablie dans son pa- lais ; mais préférant l'état d'humiliation aux honneurs, elle prit l'habit du Tiers-Ordre, et s'employa à servir les pauvres de l'hôpital de Marburg qu'elle avait fondé. Son palais avait été une espèce de couvent. Elle avait sur le trône toutes les vertus du doitre ; et ses vertus n'eurent que plus de force, lors- qu'elle se fut consacrée à Dieu. Elle mourut à Marburg en 1231, à 24 ans, et fut canonisée quatre ans après. On garde une poriibn de ses reliques dans Téglise des carmélites à Bruxelles, et une autre dansla belle chapelle de la Roche-Gujon sur Seine. Il y en a aussi une poitiou considérable dans une châsse précieuse, qui fait partie du trésor électoral d'Hanovre. Théodore de Thuringe a écrit sa Vie.
ELISABETH (sainte), reine de Portugal, fille de Pierre 111, roi d Arason, née en ISnrii épousa en 1281 Denys, roi de Portugal. Après la mort de son mari, elle prit 1 habit de Sainte-Claire, fit bAtir le monastère de Coïrn* bre, et mourut saintement en 1336, à 65 ans Elle fut canonisée par Urbain YIIl en 1625.
ELISABETH-CHBISTINE, reine de Prusse, file du duc de Brunswick- Wolfenbuttel, née en 1715, épousa en 1733 le prince royal, qui devint roi sous le nom de Frédéric II. U déclara eu mourant que, pendant toute sa vie, elle ne lui avait donne aucun chagrin. Elisabeth était catholique, et il fallait quelle réunit toutes les vertus de sa religion pour vivre, sans orage, dans cette cour protestante, où la philosofihie du xviii* siècle exerçait d'ailleurs sa lunesle influence. Pendant j^ue les livres des modernes novateurs étaient applaudis dans le cabinet de Frédéric, la reine traduisait des ouvrages pieux tels que : Le Chrétien dans la solitude^ par Crugot, Berlûii
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1T76 ; de la Deêtinatian de Vhommé , par Spalding, ib., 1T76; Considérations sur tes œth vrts de Oieu, par Sturm , La Haye, 17T7, 3 vol.; Mamuel de la religion^ par Hermès, Berlin, 1789, 2 vol. ; Hymnes de Gellert, ibid., 1790. On lui attribue aussi des Réflexions sur Vétat des affaires politiques en 1778, adressées aux
Personnes craintives. Ellç^ survécut onze ans son époux et mourut en 1797. ELISAPHAT, fils de Zéchri , qui aida de ses conseils et de ses armes le souverain
rntife Joïada à déposer 1 impie Atbalie, et mettre Joas sur le trône. Il commandait une compagnie de cent hmnmes.
ELISE (en arménien EGHISCHÉ), évéque arménien, disciple du patriarche Sanak, et de Hesrob, inventei'r de Talphabet arménien, et Tun des plus célèbres historiens de cette contrée, naquit au commencement du V siècle, et mourut vers 480. Il avait été, avant d*étre élevé à l'épiscopat , secrétaire de Vartan, prince des Mamikomans, et général des armées arménienne et géorgienne. On a de lui : une Histoire delà guerre du général Yartan contre le roi de Perssy imprimée à Constanlinople, 176'*, 7 part. in-4.° ; des Commentaires sur la Genèse^ sur les livres des Juges^ sur VOraison dominicale: des Règles sur la vie monastiaue, sur les devoirs des prêtres ; et des Homélies: manuscrits conservés à la bibliothèque du roi.
ELISÉE, disciple d'Elie, et prophète com* me lui, était fils de Saphat, et naquit dans la ville d*Abelmeula, qu'on croit avoir existé dans la tribu de Manassé, à dix milles de Scylbopolis. Il conduisait la charrue, lorsque Elie se l'associa par ordre de Dieu. Son mai- treavant été enlevé par un tourbillon de feu, Elisée reçut son manteau et son double es-
{>rit prophétique. Les prodiges qu'il opéra» efirentreconnaltrepour l'héritier des vertus du saint prophète. U divisa les eaux du Jour- dain, et le passa à pied sec ; il corrigea les mauvaises qualités des eaux de la fontaine de Jéricho ; il fit dévorer par des ours, des enfants quile tournaient en ridicule (c'étaient, observent les saints Pères, des enfants for- més par des parents impies, à la dérision des ministres de Dieu) ; il soulagea l'armée de Josaphat et de Joram, qui manquait d'eau; il leur prédit la victoire qu'ils remportèrent sur les Moabites ; il multiplia Thuile d'une pauvre veuve; il ressuscita le fils d'une Dunamite; il guérit Naaman, général Syrien, de la lèpre ; et Giézi, son disciple, en fut frappé, pour avoir reçu des présents contre son ordre ; il prédit les maux qu'Hazaël fe- rait aux Israélites ; il annonça à Joas, roi d'Israël, qu'il remporteraitautant de victoires sur les Syriens, qu'il frapperait de fois la terre de son javelot. Elisée ne survécut pas beaucoup à cette prophétie. Il mourut à Sa- marie, vers l'an 830 avant Jésus-Christ. Un homme assassiné par des voleurs ayant été jeté dans son tombeau, le cadavre n'eut pas plutôt touché les os de l'homme de Dieu, qu'il ressuscita. « C'était un de ces hommes rares, ,« dit un historien théologue, que la Provi-
.« dence suscite dans des temps de corruption
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« et d'obscurité, pour rammer la foi par des t œuvres extraoroinaires , et ramener à Dieu « par l'éclat des prodiges, des peuples sé- « duits qui ne croient plus en sa puissance.» ELISÉE (Jean-Franç. Copbl, dit le P.), fils d'un avocat au parlement de Besançon , na- quit dans cette ville en 1728, y flt ses premiè- res études au collège des jésuites, et s'y dis- tingua par ses progrès. Ayant fait une re- traite aux Carmes de Besançon, il entra dans cet ordre, et se voua pour toujours à Dieu, le 25 mars 1745. Sa ferveur soutenue d'une piété sincère ne se démentit point. Il remplit pendant six ans, dans le couvent, les fonc- ti' ns de professeur, employant les inter- valles de liberté qu'elles lui laissaient à cultiver l'élude des belles-lettres, et à former son goût pour l'éloquence. 11 commença sa carrière évangélique en 1756 avec le plus
Spand succès. L'année suivante, il partit pour aris, où pendant 26 ans il a exercé le mi- nistère de la parole, tant à la cour qu'à la ville, toujours avec la même affluence d'au- diteurs et les mômes suffrages. Entin, excédé de travaux, et sa santé succombant sous son zèle, après avoir fait les plus granJs efforts
f>our prêcher le carême à Dijon, il mourut' e 11 juin 1783 à Pontarlier, en a'iant en Suisse pour prendre les eaux de la Brévine,
2ue .es médecins lui avaient ordonnées. Ses ermonsoni été imprimés en h vol. in-12, 1785. a C'est une chose bien remarquable, « dit un auteur, que le succès de ce prédi- « cateur, les suffrages qu'il a recueilus, la « vogue Qu'il a eue parmi les petits et les c( grands. Tel est l'empire de la raison, des « éternelles et imprescriptibles règles du « goût. Au milieu de la dégradation qui flé- « trit les lettres, de ces sifflements épigram- « matiques et antithétiques, de- ces grosses « phrases laborieuses et boursouflées, qui ont «remplacé le langage naturel, noble et éner- «ffique des Chrysostome et des Bossuet; « durant le triomphe même de la fausse élor « quence, de cette petite coquette, resplendis«- <c santé de faux brillants, et ridiculement affu- « blée de colifichets, (pii s'élève sur les débris « de la dignité oratoire , un pauvre religieux, « déjà par son état en contraste avec les» ap- « plauoissements de la multitude, fixe Tap- it probation de la cour et des peuples par des « aiscourssans fard, sans prétention, simples « et quelquefois négligés. S'il n'a pas la force « et l'élévation de Bourdaloue, la douceur « insinuante de Massilion, l'abondance et la « rapidité de Neuville, il a du moins tout ce « qui distingue l'ancienne et véritable élo- « quence de l'affélé verbiage du siècle. » Dans le Journal historique etlittéraircy on avait d'abord jugé trop sévèrement cet orateur, sur le rap[>ort des critiques qui l'avaient entendu, mais après la lecture de ses discours, on lui a rendu la justice qu'il mérite (vovez ce Journal, n' du 1" novembre 1785, p. 323). On a remarqué que, dans son sermon sur ta
c( site de la mer, et qui domntez l'orgueil des
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f flou I réprimez la licence des esprits» et < arrôte? ce t^èrr^ni de Timpiété qui menace «de ravager la terre, fiélas! peut-être tou- « chons-DOus à ces jours désastreux, où les « yeux des élus, contraints de gémir sur les f malheurs de la sainte Jérusalem, se chan- A geron t en des sources de larmes l Les progrès «( rapides de l'incrédulité, le méprisdes choses « saintes, riiidilférence pour les dogmes, la « prévention des esprits forts contre le mer- « voiljeux , et Jeurs efforts pour découvrir « ddns les forces de la nature, la cause de « tous les prodiges ; le Dieu du ciel pres- « que oublié dans les arrangements humains, « comme s'il n'était pas le Dieu des armées <c et des emj lires ; les vœux que les Moïse <clui adressent sur la montagne, regardés « comme indifférents aux succès des combats; « les travaux du ministère, les sacrifices des d vierges, les larmes des pénitents, méprisés « comme des inutilités pieuses ; enfin la fa- «< cilité des esprits à recevoir ces funestes « impressions, doivent nous faire craindre une «révolutionda s la foi. Eloignez, grandDieu, *f ce funeste présage ; conservez ce dépôt sa- « cré dans co royaume, que la piété de ses « rois, le zèle éclairé des pontifes, l'attache- « ment du peuple au culte de ses pères, reu- A dent encore une poi tion florissante de votre tt héritage. Augmentez dans tous les fidèles •c l'amour de la religion ; faites gémir l'impie « sur ses excès, et que tous les cœurs réunis
0 par la foi dans le sein de votre Eglise aspi- «rent ai)x récompenses promises jiux vrais « adorateurs. » Voyez Beacvais, Champion
DE PONTAUER, POULLE, BeAUREGARO, elC.
ELLEBODIUSouELLEBODE(NiCAiSEVA?j),
natif de Cassel en Flandre, fit ses études à Padoue. Sou habileté dans les sciences lui m(^4ita l'eslimo des grands hommes de son temps. Radécius, évoque d'Agria en Hongrie, l'attira cliez lui, et lui donna un canouicat dans sa cathédrale. Il mourut à Presi>ourç le 4 juin t5T7. Nous avons de lui : une Version du ^rec en latin de Néniésius^ Anvers, 1565, Qiford, 1671, et dans la Bibliothèque des Pares, édition de Lyon, tome VIII. Cette ver- sion d'un ouvrage savant et utile est faite do main de maître. Il est le premier qui ait donné une bonne édition de Némésius^ et cela sur deux m<inuscrits corrompus, qu'il a cor- , rigés avec beaucoup d'art «l de travail. Geor- ges Valla en avait donné une avant lui, où/
1 auteur grec est ridiculement défiguré. Dos poésie$ lalines dans les Deliciœ poetarum Bel- ffarunkj de tirviterus
ELLER (Elie), chef d'une secte luthérienne connue sous le nom de communion de Rens^ dorffj né en 1690 dans le duché de Be^^ mort le 16 mai 1750, quitta le métier de tisserand quHl exerçait à Elverfeld, pour se livrer en- tièrement à ses rêveries. Il se faisait appeler le Père deSion. L'électeur palatin, souverain de Berg, permit à Eller de réunir ses prosé- lytes^ Kensdorif, et le nomma premier bourg- mestre de cette ville. Le roi de Piusse, ç[ui favorisa plus spécialement la propagation (le ses doctrines, lui conféra le titre d agent des églises protestantes des duchés de Juliers
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et de Berg. Le prétendu catéchisme l'Eller, intitulé Éirten-Tasche (la Panetière], écrit en allemand, a été imprimé dans les Cérimonie$ religieuses^ édition de 1809, tom. X, et dans Y Histoire des sectes religieuses^ par Grégoire. La secte fondée par Eller ne parait pas lui avoir loni^temps survécu.
ELLES (Philippe), curé de Lannion, cha- noine honoraire de Saint -Brieuc et vicaire général pour la partie du diocèse qu'il habi- tait, naauit en 1754, d'une famille recom- mandable, dans la partie de la ville de Morlaix qui appartenait au diocèse deTréguier. Après avoir fait d'excc^llentes études, il entra au sé- minaire de Saint-Sulpice, et lorsqii'il eut été élevé au sacerdoce, il fut nommé supérieur du collège de Tréguier, par M. Le Mintier, son évêque. Deux ans plus tard, il fut nom- mé curé de Loguivy-Plou^^ras, où il se trou- vait ïi répoque de la révolution. Plutôt que de manquer à ses devoirs en prêtant le ser- ment à la constitution civile du clergé, il sacrifia sans regrets tout ce qu'il possédait, et tout en se dérobant aux persécutions qui n'auraient pas manqué de l'atteindre , il en- courageait les fidèles à demeucer fermes dans I i fcfi et dans ia pratique de la religion. Sa vie fut plusieurs fois en danger, mais la Providence le conservait pour des temps mei'leurs. Lorsque le schisme eut pénétré dans sa paroisse, se voyant dans Timpossi- bihttî de continuer ses travaux, il se retira dans 1 s environs do Quintin, où. nuit et jour il continua de montrer la môme activité, le môme dévouement. A|[)rès le concordat de 1801, Mgr Caifarelli lui confia la curedePer- ros-Guirec, puis , en 1808, celle de Lannion. La prudence et la douceur de M. Elles le firent triompher des obstacles et des difficul- tés qu'il rencontra dans l'exercice de ses fon- ctions, et il sut par sa tolérance et son amé- nité s'attacher par 1 s liens les plus forts ses paroissiens dont sa mort seule a pu le sépa- rer, malgré les offres d'avancement qui lui furent taites plusieurs fois. II expira, à iasuite d'une longue maladie, le ik avril 1831. Un 'modeste monument lui a été élevé parsuile d'une souscription, à laquelle tous , sans acception de partis, s'empressèrent de con<* tribuer.
ELLEVOOD (Thomas), né au village de Crowell dans le comté d'Oxford en 1639, mort en 17t3, est un des premiers quakers qui ait écrit pour la propagation de celte secte. Le premier ouvrage où il publia ses opinions lui attira la surveillance uu gouver- nement, et il fut mis en prison plusieurs fois. Sun père, de son côté, irrité de voir professera sou fils des nrincipes différents des sions, lui infligea diverses punitions; mais il persévéra opiniâtrement oans Topi- nion qu il avait embi assée. L'éducation d'El- levood avait été très-négligée ; pour remédier à ce défaut et se mettre en état de défendre la cause dont il s'était fait lardent prosélyte, il se plaça comme lecteur auj^rès de Millon, alors aveugle, et qui , tandis qu'EUevood lui lisait les auteurs classiques, lui en expji- OOdut ie* passages les plus difficiles, et lai
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^ donnait les premières notions aes seiences el des lettres. Il se sépara de ce poète pour mma de santé , et fut ensuite deshérité par son père, pour avoir contracté un mariage selon le rit bizarre des quakers. On a d'Él- levood plusieurs ouvrages , entre autres : Alarme donnée aux prêtres^ ou Message du ciel pour les avertir, 1660 ; Histoire sacrée^ 2* partie aui contient le Nouveau Testament, 1709 ; la Davidéidej poëme en cinq livres, 1712.
ELLYS (Antoine), théologien anglais, né en 1693, Qt ses études à Cambridge, posséda successivement différents bénéQces, et fut nommé en 1752 à Tévôché de Saint-David, On a de lui -.Défense de V examen sacramentel^ comme étant une juste sécurité pour VEglise établie^ 1736, in-4.% Cet ouvrage, écrit en fa- veur de Téglise anglicane, était dirigé contre les dissentcrs ; Traité de la liberté spirituelle et temporelle des protestants en Angleterre. Cet ouvrage est divisé en deux parties. Dans la première, Tauteur s'efforce de prouver qiie les protestants avaient eu le droit de cnanger leur doctrine contre cequ'il appelle les prétentions de TEglise romaine. Daus la seconde, il s'occupe de la lil^erté religieuse dans le rapport des sujets avec le gouverne- ment. Ce livre parut en 1763, après la mort de l'auteur, arrivée à Glocestcr en 1761. On a encore d'ElIys : Remarques sur un Essai de David Hume^ concernant les miracles^ 1752, in-4', et quelques Sermons^ imprimés sépa- rément.
ELMENHORST (Geverhart ou Gerhart), 'de Hambourg, mort en 1621, s'appliqua à la critique , et &'y rendit très-habile. On a de lui des notes sur Minutius Félix et sur plu- sieurs autres auteurs anciens. Il donna ft Leyde, en 1618, lé^ableau de Cébès, avec la versioii latine et les notes do Jean Casel.
ELMEI^SHORT (Henri), auteurd'un traité allemand sur les spectacles, imprimé à Ham- bourg, en 1688, in-4', fait de vains efforts dans cet ouvrage pour prouver que les spec- tacles, tels qu'ils sont aujourd'hui, loin d'ôlre contraires aux bonnes mœurs, sont capables de les former. On peut voir cette matière discutée avec plus de raison et de vérité, dans le Traité des spectacles, de Bossuet, dans une Lettre du fameux citoyen de Genève à d^Alembert, dans les Lettres sur les spectacles, nar Desprez de Boissy, et dans le Journal historique et littéraire. 15 avril et 1" mai 1781.
eLOI (saint), né àCadillac près de Limoges, en 588, excella dès sa jeunesse dans les ou- vrages d'orfèvrerie , particulièrement dans ceux qui étaient destinés à orner les églises et les tombeaux des saints. Clotairo II em- ploya ses talents, ainsi que Dagobert, qui le lit son trésorier. On le tira de ce poste pour le mettre sur le siège de Noyon en 640. 11 mourut Saintement en 659, après avoir prê- ché le christianisme à des peuples idolâtres, fondé grand nombre d'églises et de monas- tères, et paru avec éclat dans un concile de Châlons, en 64^. Saint Oaen, son nnii, a Scfll âA Yi^: Lèveciue en a doimé une tradu-
ction, Paris, 1693, in-8%11 l'a enrichie d'une version de 16 homélies, qui poHent le nom do saint E!oi. Elles sont très-touchantes, rem- plies de belles images, et vraiment éloquentes, malgré la simplicité du style qui porte par- tout le caractère intéressant delà franchise antique. On a aussi quelques Lettres de ce saint.
ELPIDroS ou HELPIDIUS (RtJSTicus), dia- cre de l'église de Lyon au vi* siècle, se livra h l'étude de la médecine et acquit la réputa- tion d'un habile praticien. ïhéotloric , roi des Ostrogoths, l'appela auprès de lui, et on croit qu'il lui confia la charge de questeur de la ville d'Arles. Elpidius mourut vers Tan 633, à Spolète, ville dont il avait relevé les édifices renversés pendant les guerres. On a de lui un Recueil des passages de la Bible que les saints Pères ont reconnu s'appliquer à Jésus-Christ, et un Poëme sur les bienfaits du Sauveur. Ces deux ouvrages so trouvent dans le Poetarum ecclesiasticorumThesaurus^ de George Fabricius, Bâle, 1562, in-4% dans la Bibliotheca Patrum et dans le Carminum spécimen d'André Rivinus, Leipzig, 1652, in-8*.
ELROI (David), imposteur juif vers l'an 933, s'acquit une si grande autorité parmi ceux de sa nation, qu'il leur persuada qu'il était le Messie, envoyé de Dieu pour les ré- tablir dans la ville da Jérusalem et pour les délivrer du joug des infidèles. Le roi de Perse, Bazi-Bila, informé delà hardiesse de ce four- be, donna ordre de l'onfermer; mais il s'é- chappa de prison. 11 fallut, pours'en délivrer, que son beau-père, gagné par de grandes sommes d'argent, le poignardât pendant qu'il dormait.
ELXAI, juif qui vivait sous l'empire de Trajan, fut chef d'une secte de fanatiques qui s'appelaient elxaites. Us étaient moitié juifs et moitié chrétiens. Ils n'adoraient qu'un seul Dieu ; ils s'imaginaient 1 honorer beaucoup en se baignant plusieurs fois par jour. Ils reconnaissaient un Christ, un Messie, qu'ils appelaient le Grand Roi. On ne sait s ils croyaient que Jésus fût le Messie, ou s'ils en admettaient un autre, qui n'était pas encore venu. Us lui donnaient une forme nu- maine, mais invisible, qui avait environ 38 l'eues de haut; ses memb. es étaient propor- tionnés à sa taille. Us croyaient que leSaint-- Esprit était une femme, peut-être parce mie le mot, qui en hébreu exprime le Saint-Ès^ prit, est du genre féminin. EIxaï était consi- déré par ses sectateurs comme une puissance lévélée et annoncée par les prophètes, par- ce que son nom signifie sel m l'hébreu, qui est révélé. Ils révéraient même ceux de su race jusqu'il l'adoration , et se faisaient un devoir de mourir pour eux. Il y avait encore sous Valens deux sœurs de la famille d'Elxaï^ ou de la race bénite, comme ils rappelaient! Elles se nommaient Marthe et Marthène^ et étaient considérées comme des déesses par les eixaïtes.
ELYMA», nommé aussi Bar-Jeêu, fils dk lébas, de hi prtivince de Cyt)re. Il était avec le prdeckisuf Sergius PaUlaa4 lorsque aaiiti
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Paul vinl à Paphos, et il mit en usage son art magique, pour empocher que le procon- sul n'embrassât la foi de Jésus-Christ. Mais Paul, le regardant d'un œil menaçant, lui
curcirent, et tournant de tous côtés, il cher- chait quelqu un qui lui donnât la main. Ce miracle toucha le proconsul, qui se rendit k la vérité et se déclara hautement pour Jésus- Christ.
EMRER (Paul) , ministre protestant , né à Débreczin aans la Haute-Hongrie , a donné plusieurs ouvrages au commencement du xviii* siècle : Des sermons en hongrois, Clau- senbourg, 1700, in-4° ; Hisloria ecclesiœ re- formcUœ inHungaria et Transilvania, Ulrecht, 1728, in-V, avec des additions par Fr.-Ad. Lampe , professeur d'histoire ecclésiastique dans cette ville. Charles Péterfly dit, dans sa Collection des conciles de Hongrie, tom. 1'% que cette Histoire n'est farcie que de faits apocryphes, de calomnies et d'invectives con- tre TËglise romaine.
£>fEKlCH. Yoy. Etmerick (Nicolas).
ËMiiiHY (Jacques-André), supérieur géné- ral de la congrégation de Saint-Sulpico, né à Gex le 26 août 1732-, était Qls du lieutenant- général criminel au bailliage de celte ville. Après avoir commencé ses études chez les jésuites de Mâcon, il entra, vers 1750, dans la pet: te communauté de Saint-Sulpice à Pa- ris, et fut ordonné prêtre en 175G. 11 devint professeur de dogme au séminaire d'Orléans en 1759, professeur de morale au séminaire de Lyon peu de temps après , et se fit rece- voir docteur en théologie en 1764 à Tuni- versité de Valence. Emery fut nommé , en 1776 , supérieur du séminaire d^Angcrs et vicaire-général do ce diocèse , et devint , en 1782, supérieur-général de la congrégation de Saint-Suipice, après la démission de Tab- I)é Legallic. En 178V , il reçut Tabbaye de Bois-Grolaiid , dans le diocèse de Luçon. Dans les diverses fonctions qui lui furent contiées , labbé Emery fit preuve de toutes les qualités requises pour les remplir di- gnement ; on remarquait surtout en lui un mélange heureux de douceur et de fermeté, et une grande connaissance des hommes et des choses. Il établit en 1789 un séminaire à Baltimore, qui venait d'être érigé en évô- ché, et y envoya plusieurs prêtres de Saint- Sulpice. Bientùt la révolution Tenleva à ses pieus.'s occupations : son séminaire fut fer- mé, et lui-même jeté dans la prison de Sainte- Pélagie , d'où il sortit peu de temps après, pour être de nouveau renfermé à la Concier- g;erie. Pendant seize mois une dura sa cap- tivité, il prodigua les consolations aux mal- heureuses victimes de la révolution , et tel était le succès de son ministère , que Fou- quier-Tinville disait de lui : Ce petit prêtre empêche les autres de crier. Les évêques cons- titutionnels Lamourette et Fauchet avaient été proscrits et jetés dans la même prison que l'abbé Emery : celui-ci eut le bonheur 06 les amener au repentir. Après la révolu-
tion du 9 thermidor an ii (27 juillet 179W, il fut rendu à la liberté. M. de Juigné , alors en exil, Tavait nommé grand-vicaire. L*abbé Emery administra dès lors presque seul le diocèse de Paris , et par sa conduite pru- dente et modérée se concilia tous les suffra- ges. La révolution du 18 fructidor an v (i septembre 1797) l'obligea de se condamner encore guelque temps à la retraite. L'abbé JEmery fut entièrement étranger au concor- dat de 1801, auquel il se soumit, parce qu'il émanait de l'autorité du saint-siége. En l602, le gouvernement lui offrit l'évêché d'Arras, qu'il refusa : il ne demandait qu'à reprendre ses anciennes fonctions ; et il acheta une mai- son h Paris, où il donna de nouveau ses soins à réducation ecclésiastique. Il avait la confiance de tous les évêques de France, et entre autres celle d'un prélat alors en cré- dit, le cardinal de Belloy. En 1809, il fut ad- joint à une commission de deux cardinaux et de cinq évêques. 11 y parla avec fermeté, et refusa, le 11 janvier 1810, de souscrire à des projets funestes à la religion. Il eut ordre de quitter son séminaire ; mais il y rentra bientôt , et fut adjoint à une seconde com- mission, où il montra la même fermeté. Mandé aux Tuileries, il y parla avec une courageuse liberté devant l'homme à gui il était si peu aisé de faire entendre la vérité. 11 mourut bientôt après, le 28 avril 1811. Ses obsèques furent célébrées avec pompe ; plu- sieurs prélats et un grand nombre d'ecclé- siastiques de tous les grades les honorèrent de leur présence. On lui doit les ouvrages suivants : L'Esprit de Leibnitz, Lyon* 1772 , 2 vol. in-12, réimprimé en 1803, sous le titre de Pensées de Leibnitz sur la religion et la morale, 2 vol. in-8". L'auteur se proposa de réunir dans cet ouvrage^tout ce que Leib- nitz avait écrit sur la religion, afin de prou- ver que l'incrédulilé n'était pas , comme les philosophes modernes s'en vantaient, le par- tage de toute tète pensante, et qu'on pouvait ici opposer philosophe à philosophe ; VEs~ prit de sainte Thérèse , Lyon , 1775 et 1779 , in-8% et 1820, 2 vol. in-12. C'est un recueil de ce que lauteur a jugé de meilleur pour la pratique dans les écrits de cette sainte. Conduite de VEolise dans la réception des mi- nistres de la religion , qui reviennent de Vhé- résie et du schisme , 1797 et 1801 , in-12 ; Le christianisme de François Bacon, ou Pensées et sentiments de ce grand homme sur la reli- gion, 1799, 2 vol. in-12. Le Discours prélimi- naire, la Vie de Bacon et deux éclaircisse- ments, qui sont à la fin de Touvraçe, attes- tent la solidité, la sagesse et la critique de l'auteur. Une édition de la Défense de la Ré- vélation d'Euler contre les objections des es- prits forts, suivie des Pensées de cet auteur sur la religion , supprimées dans la dernière édition de ses lettres à une princesse d'Alle- magne, Paris, 1805, in-S". Cet ouvrage d'Eu- 1er, écrit en allemand et traduit en français, était devenu extrêmement rare ; ainsi , c'est un nouveau service que l'abbé Emery a rendu à la religion, en ressuscitant, pour ainsi dire, un monument si précieux. Ce qui distingue
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particulièrement les réflexions d'Euler, c'est fa clarté réunie à la précision; c*est une certaine simplicité qui accompagne presque toujours les pensées véritablement profon- des. Celles surtout où il fait tourner ses connaissances astronomiques en preuves de la religion, sont très-remarquables; Nou- veaux opuscules deFleury^ Pans, 1807, iu-12. Ils renferment des éclaircissements sur ras- semblée du clergé de 1^2, et de judicieuses réflexions sur les quatre articles qui y furent dressés ; Pensées de Descartes sur la religion et la morale^ Paris, 1811, in-S**. M. Emery se proposait de joindre Newton aux philoso- phes dont il avait fait connaître les senti- ments ; mais il n'eut pas le temps de termi- ner ce travail. II a été l'éditeur de plusieurs ouvrages de M. de Luc , ainsi que des Let- tres à un évéque sur divers points de morale et de discipline^ par M. de Pompignan, 1802, in-8*'. Il a aussi inséré plusieurs articles dans les Annales philosophiques.
EMILIANI ( saint Jérôme] , fondateur des clercs réguliers, dits Somasques^ né à Venise, d'une famille patricienne , | orta les armes pendant sa jeunesse. Ayant été fait prison- nier de guerre, et délivré d'une manière tout extraordinaire, il prit la résolution de quitter les armes pour se dévouer entière- ment au service du grand Maître des armées. * De retour à Venise, touché de compassion à la vue des orphelins qui manquaient de tout, il en retira un grand nombre dans une maison, où il leur prodigua tous les soins pour les former à la vertu , et pour les ren- dre utiles à la société. Le bienheureux Caje- tan, et Pierre Caraffa , depuis pape sous le nom de Paul IV, louèrent beaucoup son zèle, et Tengaçèrent à faire , dans d'autres villes, des établissements semblables à celui qu'il venait de faire ^ Venise. Après en avoir formé à Brixen, à Bergame et ailleurs , il se retira dans un petit village près de cette ville, nommé Somasque , où il institua sa congré- gation, qui fut appelée de ce nom. La Gn de cette congrégation est l'éducation des or- phelins et l'instruction de la jeunesse. Cet institut fut approuvé par Pie V , Sixte V et Clément VIII. Il passa le reste de ses jours dans les exercices de la plus grande charité envers le prociiain, et mourut l'an 1537, âgé de 56 ans. Benoit XIV le béatifia. Ausustin Turtura et André Ste.la , l'uu prêtre, rautre général des Somasques, ont écrit sa Vie.
EMLYN (Thomas) , théologien anglican , de la secte des non-conformistes , né Tan 1663 à Stamford , dans le Lincolnshire , fut, en 1683 , chapelain chez la comtesse de Do- negal, mariée peu après à sir William Frank- lin. Kn 1691 , après avoir voyagé et prêché dans divers endroits de l'Angleterre et de l'Irlande , il s'attacha à la congrégation des non-conformistes de Woed-Street, à Dublin. Il s'était marié, et il jouissait d'une position honorable, lorsque, s'étant déclaré contre la Trinité et pour la prééminence du Père sur le Fils et le Saint-Esprit , il fut privé de ses fonctions , puis condamné à une amende et enfermé dans une prison , où il resta deux
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années. Rendu à la liberté , il n'en continua pas moins de prêcher et d'écrire en faveur de son système jusqu' à sa mort , arrivée le 30 juillet 1743. Parmi ses nombreux ouvra- ges de controverse , nous citerons : Défense du culte de Notre-Seigneur Jésus-Christ ^ dans les principes des unitaires^ 1706 ; Consiâér ac- tions sur la question préliminaire aux diver- ses questions relatives à la validité du bap- témcy etc., 1710. Cette question préliminaire est de savoir si le baptême d un premier chrétien ne suffit pas à sa postérité tout en- tière , et si la cérémonie en doit être renou- velée sur chaque enfant. — Son fils, Sollom Emltn , fut un habile jurisconsulte; il mou- rut en 1756, après avoir publié une Histoire des plaids de la couronne^ par le lord Chief Justice Haie , 1736 , 2 vol. m-fol. , avec une préface et des notes ; et les OEuvres comr- piétés de son père, 17W, 3 vol. in-8% en tête desquels il mit une Notice biographique,
EMMERICH (Frédéric -Charles -TiMO- théb), ministre et prédicateur protestant, né à Strasbourg , le 15 février 1786 , soutint , à l'âge de 21 ans, une thèse, qu'il intitula : De Evangelio secundum Hebrœos^ JEgyptioSj a/- que Justini martyrisa Strasbourg, 1807. Il voyagea en Allema^e , vint en France , et demeura pendant six mois à Paris, où il fit la connaissance des savants les plus distin- gués. De retour à Strasbourg, il fut nommé supérieur du collège de Saint-Thomas, et, en 1802 , il obtint la chaire des langues la- tine , grecque et hébraïque , au gymnase de cette ville. En 1812 , il devint professeur agrégé du séminaire protestant, où il donna un cours d'histoire ecclésiastique. En 1819, il professa la même science à la faculté de théologie, qu'on venait d'établir en vertu d'une ordonnance royale , et prêcha souvent dans le temple de Saint-Thomas, où son élo- quence attirait de nombreux auditeurs ; sa bibliothèque était une des plus riches de l'Alsace. Èmmerich se proposait de donner une histoire politique de tous les temps et de tous les pays, qui était le résultat de lon- gues et pénibles recherches , lorsqu'il suc- comba, le 1" juin 1820, à l'âge de 34 ans. On a de lui , outre la dissertation dont nous avons parlé : Quel est pour nous le but du Jubilé de la ré formation? (en allemand) Strasbourg , 1816 ; Deux discours prononcés par F.-Ch.-T. Emmerich, ibid., 1817, Treut- tcl et Wurtz (en allemand) ; Choix des ser- mons posthumes du docteur F.-Ch.-T. Emme- rich, ibid. , 1821, 1 vol. in-8% avec une pré- face du docteur Redslob. En 1824, on pu- blia les Sermons d'Emmerich , à Strasbourg , ' en2vol.in-8^
EMMERICH r Anne -Catherine), née à Flansk, près Coesfeld, dans Tévêché de Munster , le 8 septembre 1774 , de parents pauvres, fut favorisée dès son enfance de
f;râces extraordinaires, et voulut se faire re- igieuse. Après avoir essuyé plusieurs refus, elle fut enfm admise, en 1802, chez les augus- tines de Dulmen, et, le 13 novembre 1803, elle prononça ses vœux. En 1798 , elle avait eu une première vision où le divin Rédempteur
des luDmoied lui mît sur la tète une coui* voime d'épises. Il lui suTTlnt une enflure du firoot et des tempes* accompagnée de douleurs esses rives et fréquentes , et il en découlait en sang. Le 3 décembre 1811 , le couvent de Dulmen fut supprimé sous le gouvernement de Jérôme Bonaparte, roi de westpbaUe; Anne-Catherine, alors malade, obtint de ne quitter la maison qu*en 1813,
Ïiuis une pauvre veuve de l'endroit raccueil- it chez elle. A cette époaue elle eut plu- sieurs visions, dans lesquelles elle fut mar- quée des stigmates du cruciflement. Une croix était empreinte sur sa poitririe, et sou- vent du san^ en sortait. Sur la fin de Tannée 1812, elle tomba gravement malade, et fut sur le point de mourir. C'est alors qu'elle reçut les dernières empreintes de la stigma- tisation : ses mains et ses pieds reçurent des impressions qui fisuraîent exactemeot les plaies du Sauveur. La pieuse religieuse per- sistait à garder le silence sur ces merveilles, lorsque, le 25 février 1813, le hasard les fit découvrir à une de ses anciennes compagnes de religion. Le bruit s'en répandit bientôt dans la ville, et le médecin du lieu, après un sérieux examen , attesta la vérité des faits. L'autorité ecclc^^siastique envoya de Munster, auprès de la stigmatisée , une commission d'enquête qui confirma la déposition du mé- decin. Le conseiller de Druffel, médecin pré- sent à l'enqiiéte, ne cessa de vénérer la reli- Îieuse. et donna, en 181^ , dans un journal e médecine de Strasbourg, une relation des phénomènes observés chez elle. Le comte de Stolberg » et plus tard la princesse de Salm, vinrent la visiter, et attestèrent la vé- rité des phénomènes. De toutes parts les visiteurs afQuèrent , et l'humble religieuse eut beaucoup à souffrir de rindiscrète cu- riosité des uns, des soupçons ou des insul- tes des autres. Sos vertus , et particulière- ment celle de patience , en prirent occasion de se fortifier de plus en plus sous les yeux du Seigneur, et elle mourut, le 9 février 182^ , avec une {[rende réputation de sain- teté. La foule qui suivit son couToi fut im- mense. Les détails que nous venons de don- ner se trouvent, avec d'autres renseigne- ments intéressants , dans une Notice sur la vie d'Anne-Catherine, publiée par Clément Brentano, poëte allemand , ami de l'évèque Sailer et du comte de Stolberg , en tête de Touvrage qui a pour titre : La douloureuse passion de Notre-Seimeur , d'après les médi- talions de la smwr Êmmerich^ Paris, t835, in-8-.
E&ION, premier abbé de Werum , monas- tère de l'ordre de Prémonlré, près Gronin- gue, dans la Frise, vivait à la fin du xii' siè- cle et au commencement du xiir. Dom Rivet rapporte « qu'aidé de son frère, il copia tous « les auteurs des arts libéraux et les livres « de théologie et de droit qu'ils avaent vus « è Paris, à Orléans et ailli urs, dans le cours « de leurs études, p II «goûte a que, dans la f suite , le désir d'enrichir sa bibliothèque « le porta k v employer des religieuses, ayant f pourtant l'attenlion de ne leur faire trans-
* a erire que les livres de ki BlUe et les éeriti c des saints Pères, comme étant plus k leur c portée. » L'abbé Emon mourut subitement en 1237 , après avoir composé plusieurs ou- Tra,.ces sur divers sujets. Nous ne citerons de lui que sa Chronique^ depuis 1203 jus- ,qu*en 1237, continuée par Menko, &* abbé de Worum , et ensuite par un anonyme , jus- qu'en 1:292. Inédite jusqu'en 1700, elle ftit in- sérée par Antoine Matthieu dans sis Analec- tes, tome III, réimprimée par l'abbé Hugo, avec des notes dans le premier tome des Sor crœ aniiquitaiis monumenta , pag. 120, Eti- val, 1725, 2 vol. in-fol. — Il ne faut pas le confondre avec una itre Emon, son cousin- germain, qui dota de ses biens l'abbaye de Werum, où il prit aussi Thabit de l'ordre de Préroontré, et qui mourut à Rome, en 1215. EMPEREUR (Constantin l' ) , né vers l'an 1580 à Oppyck, village du comté de Hol- lande, savait consommé dans l'étude des langues orientales, occupa avec honneur une chaire d'hébreu et de théologie à Marderwick et è Leyde. U mourut en 16'4>8, dans un ftge fort avancé. Tous les ouvrages qu'il a don- nés au public offrent des remarques utiles, et respirent une profonde érudition cabbini- que et h braique. Nous avons de lui : Tat^ mudis Babylonici codex Middàth cum eon^
' menlariisj etc., Leyde, Elzevir, 16:10, ia-fc% en hébreu et en latin. Ce commentaire, orné de Bgures très-exactes, explique avec beau- coup de netteté toute la structure du temple de Jérusalem , de ses autels , etc. D, Isaaei Âbrabanielis et Mosis Alsheicki commentarius in Isaiœ prophetiam^ Leyde , EIzevir, 1631 , io-8^, en hébreu et en latin. L'Empereur, en
f)ubliant les commentaires de ces rabbins sur a prophétie d'Isaïe , qui regarde les souf- frances et la mort de l'Homme-Dieu , a eu soin de réfuter leurs explications détour- nées, et de repousser les traits qu'ils ont lanc^'S contre le christianisme. Grammaire chaldaiquef en hébreu et en latin, Leyde, Eizevir , 1631 ; Itinéraire de Benjamin de Tu- dêtCf en hébreu, avec la traduction en latin et des notes de L*Empereur, Leyde, 1683» et plusieurs autres traductions des livres judaï- ques, enrichies d'observations savantes; elles sont les meilleures que l'on ait, quoiqu'elles ne iiOient pas toujours exactes.
EMPORAGRIUS (Eric), docteur en théolo- gie et évéque de Strengnes, en Suède, mort 'année 167^ , avait été professeur à Dpsal, et pasteur à Stockholm. Pendant qu'il occu- pait cette dernière place, il fut question d*un projet de réunion entre les luthériens et les réformés, proposé par un Ecossais nommé Dury. Em))oragrius , attaché à la confession d'Augsbourg , s'opposa à la réunion , et se mit à la tète du clergé de la capitale , pour donner une protestation solennelle. Il pu- blia mémo à ce sujet un ouvrage eontre l'é- vèque Mathiœ, qui penchait pour les opi- nions de Dury. Peu après la mort de Gus- tave-Adolj)he, Emporagrius publia un dis- cours intitulé : Oratio in fua Iffomaidem pontificiam, quœ divum Gustaimm de wudio 4uMuli$f et marti/ri^ i^r/omwSp 49tjke ^Uiee^
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4aêu$ f ete. , Dpsal » 1636 , in-fol. Un calé- «bisme luthérien, qu'il publia , cofome évÂ- cRie de Strengnes , fut supprime par l'ordre 4e la reine Hedwige-^éonore , à qui la dé- noqaiLatioa ^Hmmeutile$ domestiquée , appli- quée aux femmes, avait beaucoup déplu.
EliSEft (iâaÔMB), théologien catholique allemand^ naquit à Ulm en U77. Après avoir commencé ses études à Tuliin.^en, il alla les fioulinuer à ficelé , où il s'appliqua au droit, à la théologie et à Thi^breu. Il accompagna ensuite en Allemagne et en Italie le cardinal llajmoud de Qurti , dont il a été nommé chapelain et secrétaire. Quelque temps après, il professa les humanités à Erfurt, qu'il çiuitta |)ientôt pour passer à l'université de Leipzig, dont i] fut reçu membre , et où il enseigna le droit canonique. Vers le même temps , le duc Georges de Saxe le prit pour son secré- taire et son orateur dans la ville de Dresde, et rengagea à écrire contre le luthéranisme,
S ni commençait à s'étendre en Allemagne, mser avait été jusque-là l'ami de Luther; il eut avec ce réformateur (quelques conféren- ces t espérant le ramener du sentier de l'er- reur par des conseils d'ami ; mais, voyant qu'il ne ^gnait rien sur l'esprit de ce sec- taire obstiné, il se déclara son adversaire, et le combattit vigour usement. Il mourut su- bitement à Leipzig le 8 novembre 1527, lais- sant les ouvrages suivants : Motifs pour les- quels la Traduction du Nouveau Testament par Luther doit ilre défendue au commun des fidèles^ Leipzig, 1523, in-ii.% réimprimés avec augmentation, sous le titre d'Annotations sur la Traduction du Nouveau Testament^ etc. , Dresde, 152&, in-4% Traduction allemande du Nouveau Testament, pour être opposée à celle de Luther, Dresde, 1527, in-fdl.; Paris, 1630; Àssertio missm; De canone missœ. Ces deux ouvrages sont une défense de la messe. His- iaire de la vie et des miracles de saint Ben- non^ Leipzig, 1512; Dresde, 15%, in-i^; et un grand nombre d'autres écrits de contro- Terse.
ENARD (Jean-Baptiste), religieux béné- dictin, né à Stenay en 17&9, enseigna pen- dant ^ années les sciences physiques et ma- thématiques au collège de Metz. En 1792, il refusa le serment, ei il se vit, par suite des persécutions dont il était Vobjet, dans la né- cessité d'émigrer. Après le concordat de 1801, il fut nommé vicaire dans sa ville na- tale, et plus tard Fonlanes le nomma cen- seur des études au 1 jcée impérial de Nancy, place qu'il occupa peu de temps. A l'époque de la restauration, il obtint le titre d'aumô- nier de la chambre des députés, qu'il con- serva Jusqu'en 1829, année de sa mort. On Î;de dom Enard: t' Abbé Grégoire jugé par ui^-mimCf Paris, 181&, in-S"* : on a reproché à l'auteur d'avoir mis dans cette brochure trop de la rudesse oui, dit on, était dans son caractère ; Le grana travail de M. de Pradt, sur les quatre concordats , corrigé et amendé,
Saris. 1819. iûrS% où Ton a blÂiné le même éfaut.
EKCKEVOIRT (Guulauvb vah}, né à IP^<3|3tyilUg^ du Brabanti, é^t originaire de
lilaestrieht. Il avait obtenu diverses dignités ecclésiastiques lorsque le pape Adrien YI l'apoela auprès de lui, et le nomma chef de sa uatorie ou chancellerie. Il lui conféra en
}m(re l'évèché de Tortose, en Espagne, que ui-même avait occupé, et le fit cardinal, au mois de septembre 1523. Nommé évèque d'Ctrecht , en 1529, par Clément VU , il prit possession de son siège par procureur ; mais il continua de résider a Rome, où il mourut en 153^. Le collège du pape à Lou- vain le regarde comme un de ses bienfai- teurs. Un discours intitulé : Oratio ad facuh- tatem S. theologiœ Lovaniensis, est le seul écrit que l'on connaisse de lui.
ENDELECHIDS, ou 8EVERUS SANCTUS, rhéteur et poète , né à Bordeaux , dans le IV' siècle, était fils, suivant quelques critt- ques, de Flavius Sanctus, beau-frere d'Au- sone, d'après une épitapt^e que celui-ci lui a consacrée dans ses Parentalia. Ami de saint Paulin, évèque de Noie, il embrassa à son exemple le christianisme. Vers la fin de sa vie, il se consacra à la retraite , et Ton croit même qu'il avait embrassé l'état ecclé- siastique. L'abbé Longchamp place sa mort à Tannée &09. Saint Paulin cite avec éloge les hymnes d'Endelechius, composa' es sur la pairabole des dix vierges de l'Evangile, mais elles ont été perdues. Il ne nous reste de ca
Coëte qu'une é^ogue intitu.)ée De mortibv^s oum , faite à Toccasion d*une maladie con- tagieuse, qui, vers 377, fit de grands ravages dans la Turquie, l'illyrie et la Flaufire. Les interlocuteurs sont un païen qui se livre au désespoir, et un chrétien qui lui offre pour le consoler la pensée de la Providence. Cette pièce a paru pour la première fois en 1590, dans les Epigrammata et poemata veterum, tom. 11, pag. 448 et suivantes. Depuis elle a été imprimée séparément à Franclortt 1612,. in-S", avec des notes de Weitz ; à Leyde, 1714, in-8% avec les mêmes notes et celles de Wolfgang Seber. Elle a été aussi insérée dans la Biuliotheca Patrum et dans différents re- cueils de poésies chrétiennes.
ENÉE DE GAZA , philosophe platonicien, sous l'empire de Zenon, dans le v* siècle, embrassa le christianisme, et y trouva une philosophie bien supérieure à celle de Pla- ton. On a de lui un dialogue intitulé Théo- phraste , du nom du principal interlocu- teur, il traite de l'immortalité de l'àme et de la résurrection des corps. Jean Bower lê mit au ^our à Leipzig en 1655, iu-&*, avec la traduction et les savantes notes de Gas- uard Bartbius. On le trouve aussi dans la Bi« Dliothèqiie des Pères.
ENÉE, évèque de Paris , homme d'esprit et consommé dans les affaires, publia, a la
{>rière de Charles le Chauve, un livre contre es erreurs des Grecs. Il entre[)rend à la fois de répondre aux écrits du patriarche Photius contre l'Eglise latine, et'de montrer la vérité de là doctrine et la sainteté des dogmes de cette église. 11 mourut en 870.
ENFIELD (Gcillaumb), miniSire anglican/ non-conformiste, né à Sudbury en 17U, fut pasteur et professeur de I^eUes-lettreç
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& Warrinston dans le Lancashire. Il mourut en 1797, a Norwich , où il était pasteur de la congrégation des non-conformïstes. On a de lui : des Sermons à l'usage des familles^ 1779,2 vol. in-S"; Le prédicateur anglais, ou Sermons sur les principaux sujets de la religion et de la morale , choisis , revus et abrégés de divers auteurs, iT13, h yo\. in-12; Essai sur Vhistoire de Liverpoolj 1774, in- fol.; Histoire de la philosophie jd*après Bnuc- ker, 1791, 2 vol- in-4'; Sermons sur des su- jets pratiques, VJ9Sj 3 vol. in-8°:tous ouvra- ges écrits d'un style clair, élégant.
ENGAD (Jean-Rodolphe) , jurisconsulte , professeur a TUniversité d'Iéna, conseillera fa cour de Saxe-Weiraar et d'Eisenach, né à £rfiu*t le 28 avril 1708, mourut à léna, le 18 janvier 1755. On a de lui, entre autres ou- vrages : Elementa juris criminalis germanico- carolini, léna, 1738; 7- édition, 1777, in-8% avec des Observations ; Elementa juris cano- nicO'pontificio-ecclesiastici y léna, 1739; 5' édition, 1765, in-8', avec les additions de Schmidt ; Traité du droit des chefs de VEglise sur les docteurs qui occupent les chaires, Weissembourg, 1787 , 3 vol. in-8', ouvrage aui parut d*abord en allemand , mais que 1 auteur, après Tavoir beaucoup augmenté, publia en latin en 1752.
ENGEL (Arnold), jésuite, né à MatJstricht en 1620, professa plusieurs années la rhé- torique, fut nommé préfet des classes, enfin s'appliqua aux travaux des missions, et par^ tout montra autant de zèle que de capacité. On lui doit plusieurs ouvrages de piéte^ et de poésie religieuse; entre autres: Jndago monocerotis ao natura humnna deitatis saga- cissima venatrice, per quinque sensuum desi- deria amanter aaomatœ , Frague, 1658, in- *• (en vers) ; firtutis et honoris œdes in he- roibus et poematibus XXV grœco-latinis illu- s tratœ y ii)\d. y 1671, in-8*; \es panégyriques de la sainte Vierge, de saint François-Xavier, VOraison funèbre de lempereur Fei'dinand JII, en latin, etc. En général ses ouvrages sont ppu estimés. Engel mourut kPrague vers 1676. Southwell le nomme à tort Angélus,
ENGELBERT, abbé d'Aimont , de Tordre de Saint-Beuott , dans la Styrie, mort en 1331, laissa un grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : De ortu, pro- gressu et fine imierii romani, publié par les soins de Gaspard Brusch, Bâle, 1553, in-S" ; Mayence, 1603, in-8'. On le trouve aussi dans le Supplément à la Bibliothèque des Pères, Cologne, 1622 ; Tractatus super pas-- sionem secundum Matthcnim ; de Statu de- functorum; de Providentia ; de Causa longœ- vitatis hominum ante diluvium, inséré dans le tom. t" des Anecdota du P. Pez; Spéculum virtutum. Cet ouvrage, divisé en douze par- ties, forme le 3* volume de la Bibliothèque ascétique , de Pez ; Epistola Engelberti de studiis et scriptis suis , adressée à Ulrich, scolastique de Vienne, et insérée dans le tome !•• des Anecdota^ du Père Pez.
ENGELBRKCHT (Jean), visionnaire alle- mand, né à Brunswick en 1599, était d'une - constitution maladive qui le jetait dans des
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angoisses et des perplexités continuelles, et plus d'une fois il tenta de mettre fin à ses jours. Sa mélancolie le tourna vers les rê- veries* religieuses, et il crut, dans une vision, avoir été transporté réellement dans leûfer et dans le paradis, oti il fut tour à tour té- moin et des horribles tourments des damnés, et des délices ineffables dont jouissent les bienheureux. Dans le séjour de la doire ce fut le Saint-Esprit lui-même qui, sous la forme d'un homme blanc, lui servit de guide. Il voulait faire passer pour prodiges les jeûnes vrais ou supposés qu'il prolongeait pendant plusieurs iours, les longues insomnies aux- quelles il était sujet, allait prêcher de maison en maison, et parlait de révélations extraor^ dinaires dont il aurait été favorisé. Les pas- teurs protestants de Brunswick, qui avaient d'abord cru reconnaître dans les actions de cet homme quelque chose de surnaturel, finirent par l'exclure de la cène. En 1624, il quitta sa ville natale, et alla publier ses rê- veries dans la Basse-Saxe, dans le duché de Schleswig, à Hambourg et ailleurs. Engel- brecht aurait bi<*n souhaité que des per- sécutions accréditassent sa doctrine; mais il ne réussit dans beaucoup d'endroits qu'à se faire renvoyer comme fou. Enfin il mou- rut à Brunswick au mois de février 1642; le clergé refusa d'assisttrà son enterrement. Quoiqu'il fût illettré, il a cependant laissé plu- sieurs écrits en allemand : Véritable vue et histoire du ciel , Brunswick , 1625 , 1640, Amsterdam, 1690, in-4". Dans cet ouvrage l'auteur raconte son voyaçe en enfer et dans le paradis ; Mandat et orare divin et céleste délivrés par la chancellerie céleste, Brème, 1625, in-4». Cet écrit manque dans le recueil intitulé : Œuvres, visions et révélations divi- nes de Jean Engelbrecht, 1625, in-8* ; Bruns- wick, 1640, et Amsterdam, 1680, in-4«. Elles ont été traduites en anglais, en hollandais et en français, et les OEuvres de Mite de Bourignon en contiennent quelques-unes.
ENGELGRAVE ( Henri ) , savant iésuite belge, né à Anvers en IblO , mort dans la même ville le 8 mars 1670, a laissé des ou- vrages estimés, qui ont pour titre : Lux evanr gelica sub vélum sacrorum emblematum recon- dita in anni dominicas, selecta historia et mo- rali doctrina varie adumbrata^ Angers, 2toip. in-4% 1648-1651. 11 s'en est fait plusieurs réimpressions de différents formats ; Lucis evangelicœ sub vélum sacrorum emblematum reconditœ pars tertia,hoc est cœleste Panthéon, sive cœlum novum in festa et gesta sanctorum totius anni selecta historia et morali doctrina varie illitstratum , Cologne , 1647, in-folio ; Anvers, 1658, in-4*' ; Amsterdam, 1659, in-8"; Cœlum empyreum in festa sanctorum apos- tolorum , martyrum , confessorum, virginum, etc., in-fol., in-4% et 2 vol. in-12; Cœlum empyreum, pars altéra, Cologne, 1669, in-fol. p in-4" et in-8\ On a encore de lui des Médita- tions sur la passion de N. S., en flamand, Anvers, 1670, in-8'.— Son frère aîné, Jean- Baptiste EifGBLGRAVB, jésuito commo lui, jouissait d'une grande considération dans son ordre et pubua : Meditationes per iotum
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annum in omnes dominicas et feita^ Anrers. 1654, in-4-.
ENGESTROEM f Jeau), théologien suédois, né Tan 1699, mort en 1777, fut évèque de Lund, et yice-chancelier de l'université de cette ville. Il était très-habile dans la philo- logie sacrée, et il composa, indépendamment de plusieurs savantes dissertations, une Grixmmatica Hebrœa biblica , imprimée ii Lund, en 1734.
ENGLEFIELD (sir Charles-Henri), savan anglais, né d'une famille très-ancienne du Berkshire, mort à Londres, le 21 mars 1822, composa, outre plusieurs ouvrages sur l'as- tronomie et l'archéologie, les deux écrits suivants : Lettre à VatUeur de la Re,vue sur les protestants dissidents , 1790, in-S*" ; Sur les motifs de la séparation des protestants d'avec VEglise Romaine.
ENJEDIN ou ENTEDIN (Georges), un des plus subtils unitaires qui aient fait des re- maraues sur l'Ecriture sainte. On a de lui Explicatio locorum scripturœ veteris et novi Testamenti^ ex quibus dogma Trinitatis sta- biliri solety in-i": ouvrage pernicieux et rem- pli de vains sophi$me$,qui a été sévèrement défendu et brtUé dans différents endroits. Il a été réfuté par Richard Simon. Cet auteur, né en Transylvanie, ministre et surintendant dans sa patrie, mourut en 1597, flgé de h/1 ans. U a emprunté presque toutes ses re- marques d'Etienne Basilius, unitaire de Co- loswar.
ENNODIDS (Magnus-Félix) , né à Arles vers M3, et originaire des Gaules, embrassa l'état ecclésiastique du consentement de ta femme, qui de son côté se fit religieuse. Ses vertus el ses talents le firent élever sur le siège de Pavie l'an 511. On le choisit en- suite pour travailler à la réunion de l'Eglise grecque avec la latine. Il fit deux voyages en Orient, qui ne servirent qu'à faire con- naître les artifices de l'empereur Anastase, et la prudence d'Ennodius. Cet illustre prélat mourut saintement en 521. Le Père Sirmond donna au public en 1612 une bonne édition de ses Œuvres^ in-8'. Elles renferment neuf livres àiipUres^ recueil édifiant et utile pour l'histoire de son temps ; dix recueils ao^Êmres diverses ; la Défense du concile de Rome^ qui avait absous le pape Symmaque ; vingt-huit discours ou déclamations; des poé- sies. L'Eglise honore sa mémoire le 17 juill.
ENOCH, filsalné deCaïn, bâtit avec son père la première ville. Ce mot, dans l'origine, ne signifie qu'une habitation fixe, un terrain environné de clôture. Caïn et Enoch en firent une pour eux et pour leurs descendants ; elle fut appelée Enochie.
ENOCH ou HENOCH, fils de Jared et père de Hathusalem, né l'an 3<i'12 avant J.-C.» fut eiilevédu monde pour être placé dans le Pa- radis terrestre, après avoir vécu 365 ans avec les hommes. 11 doit venir un jour pour faire entrer les nations dans la pénitence (voyez Eue). On lui attribua, dans les pre- miers siècles de l'Eglise, un ouvrage plein de fables sur les astres, sur la descente des anges sur la terre, etc. ; mais il y a appa-
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rence que cette production avait été suppo- sée par les hérétiques, qui, non contents de falsifier les saintes' Ecritures , se jouaient, par des écrits supposés et fabuleux, de la crédulité de leurs imbéciles sectateurs. Quel- ques critiques nrétendent que cet ouvrage, véritablement a'Enoch, a été défiguré par des mains infidèles ; ils se fondent sur ce que saint Jude, dans son épftre canonique, {parait en citer un passage. Mais saint Jude 'cite Enoch sans parler de son livre ; le pas- sage en question peut être le fruit d'une an- cienne tradition, conservée dans d'autres li- vres. Vou. Jude.
* ENOCH, fils d'Abraham , rabin de Gnesne et de Posen, est auteur des ouvrages sui- vants : Commentaire sur le psaume lxxxiii, extrait du Commentaire entier fait par le même auteur sur tous les fsaumes; Dispute de Joseph avec ses frères ; Discours sacrés sur les divers lieux du Pentateuquey imprimés à Amsterdam. Le lieu et la date de sa mort sont inconnus.
ENOCH (Etienne-Géiestin), évèque de Rennes, né en 17^2 à Hiénin-Liétard dans l'Artois, entra, à l'âge dé 2'* ans, dans l'Ora- toire, où il connut Fouché, depuis ministre général de la police. Ayant refusé le serment sous la révolution, il dut émigrer ; en pas- sant par Grenoble, il fut arrêté, et il aurait péri, si le maire, père d'un de ses élèves, ne l'eût arraché à la fureur des démagogues. U se rendit ensuite en Italie, el plus tard il fut choisi pour être le précepteur des enfants du comte d'Artois, depuis Charles X. U oc- cupa pendant deux années cet emploi impor- tant, fut, en 1805, nommé évoque do Ren- nes, et parut au concile de 1811. Après 17 années d'épiscopat, il demanda sa retraite, reçut le titre de premier chanoine de Saint- Denis, et mourut dans celte ville en 1825. On n'a de lui d'autres ouvrages imprimés que ses Mandements.
ENOS, fils de Seth et père de Caïnan , né l'an 3799 avant J.-C, mort âgé de 905 ans, établit les principales cérémonies du culte que les premiers nommes rendirent à l'Etre
suprême. . .
ENS (Jean), théologien protestant, minis- tre et professeur en Tuniversité d'Ctrecht, né en 1682 à Quadick dans la Westfrise, mort en 1732, a laissé : Bibliotheca sacra^ sive Diatribe de librorum Novi Testamenti canone, Amsterdam, 1710, in-8"; des Obser- vations sur le XI* et le un* chapitres d'Isale (en hollandais) , Amsterdam , 1713, in-8" ; Oratio de persecutione Juliani^ Dlrecht,1720, in-4.*; el d'autres ouvrages en hollandais dirigés contre Voët, Fruglice et leurs adhé- rents»
ENZINAS (François), né à Burgos en Es-
1>agne, vers 1515, est également connu sous es noms de Dryander et de Duchesne en français. U fit ses éludes à Wittenberg, sous Mélanchthon, qui lui inspira du goût pour le luthéranisme- Il embrassa ouvertement les nouvelles erreurs h Anvers. U y entreprit, à la sollicitation de Mélanchthon, une traduc- tion du Nouveau Testament en espagnol,
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1^3. în-Q*, qu'il eut Taudace de dédier k Gharle^-jQuint et de présenter à ce prince, en le priant de la prendre sous sa protection; Charles le lui promit, pourvu qu'il n'y eût rien contre la loi antique. La version ayant été examinée, Tauteur fut mis en prison, où il fût détenu pendant 15 mois. 11 s'évada l'an 15W, parcourut l'Angleterre, rAllcma- gne, et se rendit à Genève, auprès de Calvin en 1SS&2. On ne sait rien de lui au-delà de cette époque. U a laissé une mauvaise His- toire de Vetat des Pays -Bas et de la religion d*Espagne^ Genève, in-8". Cette histoire fait partie du Martyrologe protestant , imprimé ea Allemagne. C'est l'histoire apologétique des calvinistes et luthériens» punis pour s'être arro;^é le droit de dogmatiser, d'insul- ior les prêtres, d'exciter des troubles, etc.
EON DE L'ETOILE , gentilhomme breton, homme sans lettres, mais d'une extravagance et d'une opiniâtreté telle qu'on en voit r/ire- inent. Ce rou se disait le fils de Dieu, et le juge des vivants et des morts, sur l'allusion grossière de son nom avec le mot eum dans cette conclusion des exorcîsmos : Per eum
Îui judicaturus est vivos et mortuos. On ne oit pas s'étonner qu'un insensé ait pu trou- ver une telle absurdité dans son im.iginntion. On ne doit pas l'être non plus qu'u ait fait un grand nombre de sectateurs, et que quel- ques-uns aient mieux aimé se liisser brûler 3ue de renoncer à leur délire. Il n'y a, comme it Cicéron, aucun genre de folie, ou d'ex- cès dont l'esprit humain ne soit capable. Ëon fut pris et conduit au concile de Reims, assemblé par le pape Eugène 111 en 1158. Le pontife demanda h Técervelé : « Qui es- tu ?» Il lui dit : a Celui qui doit venir juger « les vivants et les morts. » Comme il se ser- vait, pour s'appuyer, d'un bâton fait en forme de fiiurche, le pape lui demanda ce que vou- lait dire ce bâton ? « C'est ici un grand mys- « tère, répondit le fanatique. Tant que ce « bâton est dans la situation où vous le « voyez, les deux pointes tournées vers le « ciel, Dieu est en possession des deux tiers « du monde, et me laisse maître de l'autre « tiers. Mais si je tourne les deux pointes
fut enfermé dans une étroite prison , où il mourut peu de temps après. Ceux d'entre les sectateurs d'Eoo, qui demandèrent à rentrer dans l'Eglise, furent reçus avec bonté ; mais, comme il paraissait que de telles extrava- gances soutenues avec tant de fureur prou- vaient quelaue intervention de l'esprit sé- ducteur, on les exorcisa comme des démo- niauues.
, EPAPHRODITE, apôtre ou évêque de Phi- lipues en Macédoin.e. Les fidèles de celte ville ayant appris que saint Paul était détenu prisonnier à Rome, envoyèrent Epaphrodite pour lui porter de l'argent, et l'aider de ses aervices. Ce député exécuta sa commission avec beaucoup de zèle, et tomba dangenu- aement malade à Rome. Quand il i\jt guéri, saint Paul le renvoya avec une lettre pour
les Çdèles de Philippes , remplie de témoi- gnages d'amitié , pour eux et pour Bpa^ phrodite, l'an 62 de J.-C.
EPÉE (l'abbé de L'), né à Versailles le 25 novembre 1712, d'un père architecte, s'est rendu célèbre par ses travaux en faveur des sourds et muets de naissance. Son assiduité et sa patience, autant que ses talents, ont donné h ses peines un succès mérité, dont la ffloire eût été plus pure encore, s'il avait dédaigné les liaisons avec un parti qui a toujours mis les bonnes œuvres en ostenta- tion, quoique personnellement il fût simple et modeste. L'abbé de L'Épée donne lui- même une idée juste, claire et précise de sa méthode dans son Institution den sourds et des muets (voyez le Journal hist, «I Kiêé^ raircy du 15 septembre 1T76, page 81), ou- vrage écrit avec sentiment, et (jul n'a pas le ton de sécheresse et de didacticisme que le litre semble annoncer. Il y a à la fin une belle petite oraison latine, prononcée par un de ses élèves et terminée par ce passage de la Sagesse : Sapientia aperuit os mutorum^ et linguas infanttum fecit disertas (Sap. x^* Ce livre a été réimprimé en ilSk sous ce ti- tre : La Véritable manière dHnstruire les sourds et muets , confirmée par une kmffue expérience, Paris, 1 vol. in-12. On connaît le différend qui s'est élevé entre l'abbé de L'Épée et l'abbé Doschamps, qui, dans soa Cours élémentaire d'éducation^ regarde Tins-
f)ectîon des mouvements de la langue comine e moyen principal de l'instruction des sourds et muets, tandis que le premier, et son dé- fenseur, M. Desloges, regardent l'usage des signes naturels et méthodiques, comme te- nant la place la plus importante dans cette instruction. Peut-être n'est-ce qu'une dispute de mots ou une manière de raisonner, qui tient plus è la spéculation qu'à la pratique (voyez le Journal hist. et litt., 1*' octobre 1780, page 182). Si l'on considère les élèves comme sourds, le moyen direct et principal d'instruction, ce sont sans doute les signes ; mais ce sera l'articulation et les mouve- ments de la langue, si on les considère comme muets. Quoiqu'il en soit, l'art défaire parler les sourds et muets, plus exercé au- jourd'hui et perfectionné , n'est cependant pas neuf; nous le tenons, comme tous les autres, des hommes plus instruits et moins bruyants que nous, qui nous ont laissé le fruit de leurs observation». U y a bien des années que Péreira afait à Paris fea plus heu- reux essais en faveur des muets^. En 1771 il présenta au roi de Suède , qui se trouTftit dans cette capitale, trois muets qui parlèrent devant ce prince. Il reçut une pension du gouvernement ; et lorsque l'abbé de L'Éjpée conimença à faire du bruit, Péreira écrivit à l'abbé Fontenai une lettre où il revendiquait sa découverte. Nous avons une dissertation latine de Jean Conrard Amman, sur la parole, imprimée à Amsterdam en 1700, qui présente les détails' les plus curieux, résultat d'une longue et pénible expérience ; on eo voit une traduction française à la fin del'ouvragB de M. Deschamps, le même auteur ooas a
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donné le Suréfuê hqum$ (le spoFd parlant)* imprimé à Harlem en 1692. Longtemps avant le médecin Amouin» Jean Wallis avait exercé avec beaucoup de succès Tart de faire parler les sourds et muets, qu'un religieux, nommé Ponce, avait déjà foit eonnaltre en Espagne. Le P. Gaspard Scbott a écrit des choses inté- ressantes sur le même objçt, et M. Mercier, dans la notice de ses ouvrages, lui fait hon- neur de la découverte. L'abbé de L'Épée est fiQort à Paris, en décembre 1789.
ÉPHRAIM, deuxième fils du patriarche Joseph et d'Àsenetb, fille de Putiphar, naquit W ^g7Pte vers l'an 1710 avant Jésus-Christ. Jacob étant sur le point de mourir, Joseph lui mena ses deux fils, Ephraïm et Manassès; le .saint patriardie les adopta et leur donna sa bénédiction, en disant que « Manassès se- % rait chef d'un peuple , mais que son frère « serait plus grand que lui, et que ça posté- « rite serait la plénitude des nations; » et xnettantt par une action prophétique, la main droite sur Ephraïm, le cadet, et la gauche aur Manassès. Bpbraim eut pjlusieurs enfants #a £^pte, oui se multiphèrept tellement,
Su'au sortir de ce pays ils étaient au nombre e 40,500 homqaçs capables de porter les «rmes. Après qu'ils furent entrés dans la terre proiQise, Josué, qui était de leur tribu, tes plaça entre la Méditerranée au couchant et le Jourdain à l'orient. Cette tribu devint , n effet , selon la prophétie de Jacob , beau- coup plus nombreuse que celle de Manassès.
JgPMfiAlM de Nevers, religieux capucin, fàé à Aux erre, d'uiie bonne famille, était frère de M. Bêchateau des Bois , conseiller au parlement de Paris. 11 fut destiné à la mission du Pégu ; mais il s'arrêta à Madras, où les Anglais l'accueillirent favorablement. he succès de ses prédications était tel, qu'il suscita, dit-on, la jalousie de plusieurs ecdé- aiastiques. On se saisit de sa personne en 1048, et on le jeta dans les prisons de l'in- quisition à Goa, où il demeura quinze ou vingt mois. Le pape excommunia le clergé de Goa, jusqu'à ce qu'il eût remis Ephraïm #n liberté. Ces menaces restèrent sans effet; mais le roi de Golcoode, gui avait conçu une yive estime pour ce religieux, obtint sa déli- vrance en envovant une armée assiéger la ville de Saint-Thomé. Depuis cette époque, la P. Ephraïm continua d'exercer le saint ministère à Madras, rendant toutes sortes de services à ses compatriotes , et particulière- ment au voyageur Tavernier, qui fait le plus grand éloge de sa piété, de ses connaissances ft de son caractère.
EPQftËM (saint), diacre d^Edesse, fils d'un laboufQur de NisiJ;^e, s'adonna dans sa jeu- nesse à tous les vices de cet âge. 11 reconnut ^es égarements, et se retira dans la solitude your les pleurer. Il y pratiqua toutes les austérités» mortifiant son corps par les jeûnes et les veilles. Une prostituée vint tenter l'homme de Dieu. Ephrcm lui promit de faire tout ce qu'elle voudrait, pourvu qu'elle le «uîvlt ; mais cette malheureuse , voyant qu(e le saint la menait dans une pUce publique, Uii. dit <iu'ellfd ro\^ir^it d^ ^e (lo^^er ep
^etacle. %s solitaire lui repondit avec un saint emportement : « Tu as honte de pécher « devant les hommes, et tu n'as pas honte de « pécher devant Dieu, qui voit tout et qui « connaît tout. » Ces paroles touchèrent la {)rostituée, et dès lors elle résolut de $e sancv- tifier. Ephrem ne resta pas toujours dans ça |solitude; il alla à Edesse, oii u fut élevé a^ diaconat. La consécration de lordination anima son zèle, et ce zèle le rei>dit orateur. Quoiqu'il eût négligé ses études, il prêcha avec autant de facilité que d'éloquence. Comme les apôtres, il enseigna ce que jusr qu'alors il avait ignoré. Le clergé, tes mo^ nastères, le choisirent pour leur guide, et les pauvres pour leur père. U sortit de sa re- traite dans un temps de famine, pour les faire soulager. Il retourna enfin dans son dé^ sert, où il mourut vers l'an 379. Saint Ephrem avait composé fdusieurs ouvrages en syria- que, pour l'instruction des infloèles ou pour la défense de la vérité contre les hérétiques; ils furent presque tous traduits en g^ec de son vivant. U écrivit avec force contre les erreurs de Sabellius, d'Arius, d'Apollinaire et des manichéens. On a une très-oelle Ti- tien en latin , ^rec et syriaque , de ceux qui sont parvenus jusqu*à nous, en 6 vol. in-foho, publiés h Rome depuis l':32 jusçju'en 1746, sous les auspices du cardinal Quirini, par les soins de M. Assémani, sous-bibliotniécaire du Vatican. L'illustre cardinal l'avait chargé de ''ette entreprise, dont l'exécution a satis- fait le public savant. Cette édition est enri- chie de prolégomènes, de préfaces, de notes. Les ouvrages de piété de safnt Ephrem ont été traduits en irançais par M. l'abbé Le Merre, Paris, 17W, 2 vol. in-i2. Ses écrits tirent leur principale force du çénie et des figures propres aux langues orientales. Ce qu'il y a de plus admirable, c'est qu'il n'y a nen d'étudié, et que toutes les paroles ne sont que les effusions impétueuses d'une àme qui s'épanche; on y remarque partout le langage d'un cœur pénétré a amour, de confiance, dé componction, d'humilité et de toutes les autres vertus. L'auteur s'y est peint tel qu'il était; il y parait uniquement occupé des grandes vérités du salut. Sans cesse il s'humilie cous la main toute-puis- sante d'un Dieu Infiniment saint et terrible dans sa justice; la présence divine lui inspire une frayeur respectueuse; le souvenir du jugement dernier augmente sa ferveur, le porte à praliquer et à prêcher les austérités de la pénitence, et l'anime à travailler de toutes ses forces pour se préparer un trésor de mérites. Ses paroles impriment dans les Ames les sentiments dont elles sont l'image; elles y portent tout à la fois la lumière et la conviction. Ce n'est point un feu qui produit une chaleur passagère; c'est une âamme qui dévore et détruit toutes les affections terres- tres, qui transforme l'âme en elle-même » et qui continue de brûler sans rien perdre de son activité. « Quel est Torgueilleux., dit <i saint Grégoire de Nysse, qui ne deviendrait « k; plus humble des hommes^ en li^nt ses % qi^coursi siir l'humilité? Qui ne ^orai^J^nr
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« flammé d'un feu divin, en lisant son traité « de la charité ? Qui ne désirerait d'être « chaste de cœur et d'esprit, en lisant les « éloges qu*il donne à la chasteté? » Saint Sphrem fut en relation avec les persoona^^es les plus illustres de son temps, avec saint Grégoire de Nysse, saint Basile, Théodoret. Le premier rappelle le docteur de l'univers; le dernier, la lyre du Saint-Esprit,
ÉPHREM , patriarche d'Antioche , souscri- Tit à redit de Justinien contre Origène, et à la condamnation des Trois chapitres , écrivit plusieurs ouvrages pour la défense du concile de Chalcédoine, de sa^iit Cyrille et de saint Léon , dont Photius nous a conservé des ex- traits. 11 mourut vers Pan 5i6.
ÉPHREM, né Tan 173^« était Hls d'un per- sonnage distingué de Sis en Cilicie, nommé Markos, et s'acquit par son savoir une si grande considération parmi ses compatriotes unis h l'Eglise romaine, que la cour de Rome le nomma évoque in partibus infidelium. Elu patriarche de Sis en 1771 , après la mort de son frère Gabriel, il occupa ce siège pendant treize années, et mourut en 178^. On a de lui une Histoire chronologique des patriar^ ches arméniens de CtViciV, restée manuscrite, et beaucoup de poésies, relatives pour la plupart à des sujets religieux, dont les Ar- méniens font beaucoup de cas; elles n*ont pas non plus vu le jour. Ephrem eut pour succes:seur Thoros ou Théodore IV.
ÉPINAC (Pierre d'), archevêque de Lyon, né .e 10 mai 15^0, au château d*Epinac en Forez, près de Saint-Bonnet-le-Château, était neveu, par sa mère, d'Antoine d'Albon, arche- vêque de Lyon, qui le fit admettre, dès l'âge de 10 ans, au nombre des chanoines comtes de cette ville* Après avoir fait ses études de droit à Toulouse, il fut deux Tois député à la cour pour des affaires du chapitre de Lyon, notamment en 1566, pour s'opposer à la ré- ception du concile de Trente. C'est en 157^ qu'il succéda è son oncle Antoine d*Albon sur le siège de Lyon. En 1576, il présida le clerçé aux premiers étals de Blois, en sa qualité de primat , et il y prononça un dis- cours qui fut reçardé comme un modèle d'éloquence. Henri III le récompensa en le
Kurvoyant de riches abbayes et en l'appe- it dans son conseil dEtat. Plus tard il prit *parti pour la Ligue , et se trouva mêlé dans les affaires du temps. Il manqua périr avec les Guise, et reçut de Mayenne le titre de
Eirde des sceaux. Devenu gouverneur de yon, il s'opposa à ce que cette ville rccon- nûl Henri IV, et néanmoins il le harangua lorsque ce monarque vint la yisiler, au mois de septembre i59o. Pierre d'Epinac mourut à Lyon le 9 janvier 1509. Sous son épiscopat, Lyon vit s'établir dans son sein les capucins et les chartreux, et plusieurs confréries de pénitents. Indépendamment du discours dont nous avons parlé, et qui a été souvent im- primé , on a de lui : des Statuts st/nodaux , pulJliés en 1577, et insérés dans les Statuts synodaux du diocèse de Lyon, 1827, in-8-; une Exhortation à son peuple, avec le for- mulaire de prières qui se font tous les jours
de la semaine, Lyon, 1583, in-lft: un nou- veau Bréviaire à 1 usage de son diocèse.
ÉPINE (Je4n de l'), ou Sptnn, fameux mi- nistre calviniste, avait été religieux auguslin. Il assista au colloque de Poissy« et échappa au massacre de la Saint-Bartbéfemy. On a de lui plusieurs livres de morale et àc contro- verse assez mauvais. U mourut à Saumur en 159i.
ÉPIPHANE, fils de Carpocrate, hérétique comme son père, fut instruit dans la philo- sophie platonicienne, et crut y trouver des pnncipes propres à appuyer ses erreurs. U supposait un principe étemel, infini, et alliait avec ce principe fondamental le système de Yalentin. Selon lui, comme selon nos régé- nérateurs modernes qui ont changé le plus beau royaume en des monceaux de ruines, ce sont l'ignorance et la passion qui , en rom|)ant l'égalité et la communauté des biens, ont introduit le mal dans le monde; les idées de propriété exclusive n'entrent point dans le plan de l'Intelligence suprême : elles sont Touvrage des hommes. Il concluait de le qu'il fallait supprimer les lois et réta- blir l'état d'égalité; il concluait encore aue la communauté des femmes était le rétablis- sement de l'ordre, comme la communauté des fruits delà terre. U est surprenant, dit Feller, oue nos prôneurs de l'égalité des droits de 1 homme ne l'aient pas encore étendue jus- que-là. Par bonheur pour ses contemporains, cet Epiphane mourut à l'Age de 17 ans , vers le commencement du m* siècle. Sa doctrine avait tellement plu au peuple, qu'il le révéra comme un dieu. On lui consacra un temple à Samé, ville de Céphalonie, et l'on érigea une académie |H)ur perpétuer sa doctrine.
EPIPHANE ( saint ), évèque de Salamine et Père de l'Eglise, naquit dans le territoire d'Eleuthérople en Palestine, vers l'an 310. Dès sa plus tendre jeunesse il se retira dans les déserts de sa province, et fut le témoin et l'imitateur des vertus des saints solitaires qui les habitaient. A 20 ans il fonda un mo- nastère, et eut un grand nombre de moines sous sa conduite. Il s'appliqua dans sa soli« tude à l'élude des écrivains sacrés et profa- nes. Elevé à la prêtrise, il le fut bientôt à l'épiscopat en 366, par les vœux unanimes du clergé et du peuple de Salamine, métro- pole de l'ile de Chypre. Le schisme d'Anlio— che l'ayant appelé à Rome, il logea chez l'il- lustre veuve Paule. De retour dans son dio- cèse, il instruisit son peuple par ses ser— mons, et l'édifia par ses austérités. Il le pr^ serva de toutes les hérésies, et surtout de celles d'Arius et d'Apollinaire. Epiphane oe fut pas moins oppose à Origène qu ilcrorait coupable des erreurs qu*on rencontre dans ses écrits. U les anathématisa dans un con— cile en 401, et se joignit à Théodoret, poiir engager saint Jean Cnrysostome à souscrire à cette condamnation. Le saint iiatriarctie l'ayant refusé, Epiphane vint en W3 àCoij»- tantinople, h la persuasion de Théophile d'X.*- lexandrio, pour y faire exécuter le décret de son concile. Celte démarche était impruden teç i celle d'ordonner un prêtre à Jérusalem
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le consentement de Jean, patriarche de cette ville, ne Test peut*ètre pas moins. Le patriar- che s*en plaignit amèrement, et saint Epi- phane s*en excusa sur la nécessité des cir- constances et sur le consentement présumé de Jean, sur ce (;[u*il avait ignoré la défense que Jean avait faite ; enfin sur ce que le mo- nastère où il avait fait Fordination, n*était point de la juridiction de l'évéque de Jéru- salem [voy, le tom. II des Œuvres de- saint Epiphane, p. 312, édition de Paris, 16^). Il ordonna aussi un diacre à Constantinople sans le consentement de saint Chrysostome. Le pape Urbain II l'excuse en ces termes en écrivant à Hugues, archevêque de Lyon : Legimus êonctum Epiphanium episcopum, ex diacesi S. Jo. Chrysostomi quosdam clericos
de cette ordination. Saint Epiphane mourut en retournant de Constantinople à Tile de Chypre, en M3,âgé d'environ ^3 ans, regardé comme un évoque charitable, zélé, pieux; mais peu politique, et se laissant quelquefois emporter trop loin par son zèle. De tous les ouvrages qui nous restent de ce Père, les plus connus sont : son Panarium, c'est-à- dirfe V Armoire aux remèdes. C'est une expo- sition des vérités principales de la religion, et une réfutation des erreurs qu'on y a op- posées. Son Anchora^ ainsi appelé parce qu'il le compare à l'ancre d'un vaisseau, et qu'il le composa pour fixer la foi des fidèles et les affermir dans la saine doctrine; son Traité des poids et des mesures, plein d'une profonde érudition; son livre des Douze pierres pré- eieuseSf qui étaient sur le rational du grand-
Srôtre, ouvrage savant, trad. en latin, Rome, 743, in-4'', par les soins et les notes de François Fogiiii. Tous ces écrits décèlent une vaste lecture; mais saint Epiphane ne la pui- sait pas toujours dans les bonnes sources. Il se trompe souvent sur des faits historiques
Eeu importants ; il adopte des fables et des ruits incertains. Son style, loin d'avoir l'élé- vation et la beauté de celui des autres Pères grecs, des Chrysostome, des Basile, est dur, négligé, obscur, sans suite et sans liaison. Saint Epiphane était un compilateur plutôt qu'un écnvain; mais la postérité ne lui doit pas moins de reconnaissance. Sans lui, nous n'aurions aucune idée de plusieurs auteurs profanes et ecclésiastiques, dont il nous a transmis des fragments. La meilleure édition des œuvres de ce Père est celle du Père Pé- tau, en grec et en latin, 1622, avec de sa- vantes notes, eii 2 vol. in-fol. Voy. la Biblio- thèque choisie des Pères de l'Eglise grecque et latine par M. l'abbé Guillon, où l'on trouve une excellente analyse des ouvrages de saint Epiphane.
EPIPHANE, patriarche de Constantinople en 520, prit avec zèle la défense du concile de Chalcédoine et de la condamnation d'Eu- tyehès. Le pape Hormisdas lui donna pou- voir de recevoir en son nom tous les évo- ques qui voudraient se réunir à Féfçlise ro- inainei à condition qu'ils souscriraient à la
formule qu'il avait dressée. Il mourut en 535» avec la réputation d'un bon évoque.
EPIPHANE le Scolastique, ami du célèbre Cassiodore, traduisit, à sa prière,les Histoires ecclésiastiques de Socrale, de Sozomène, de Théodoret. Il en fil ensuite un abrégé en 12 livres, auquel il donna le nom d'Historia tri- partita. 11 florissait vers l'an 510.
EPIPHANE, moine et prêtre de Jérusalem,
?u' Anselme Banduri croit être le même que OLYEucTE, patriarche de Constantinople en 956, mort le 16 janvier 970, nous a laissé : De Syria et Urbe Sancta, en grec et en latin, inséré dans les Symmicta, d'Allatius, lib. I; Vitœ B, Mariœ Virginis et S. Andreœ apostoli, dont Allatius fait mention dans sa diatribe de Simeonum scriptis^ p. 106.
EPIPHANE (le Père), religieux capucin, né sur le commencement du xvii* siècle à Moirans, près Saint-Claude, s'appliqua avec beaucoup de zèle aux travaux des missions dans I s Indes. On sait qu'il existait encore en 1685. On a de lui divers écrits de théo- logie et de controverse, dont aucun ne paraît avoir vu le jour. Tels sont : une Explication littérale de l'Apocalypse; une clef du môme livre ; les Annales ntstoriques de la mission des Pères capucins dans la Nouvelle-Andalou- sie; Ars memoriœ admirabilis omnium nescien- tium excedens capturn^ et autres, dont ou peut voir les titres dans la Bibliotheca scripto- rum capuccinorum du P. Bernard, de Bologne.
EPISCOPIOS ( SiMOK ), dont le nom de fa- mille est Bischopy évèque, né à Amsterdam en 1583, professeur en théologie à Leyde en 1613, se ht beaucoup d'ennemis pour avoir pris le parti des arminiens contre les goma- ristes. ces deux sectes, toutes deux enthou- siastes et factieuses, divisaient alors la Hol- lande. Episcopius plaida pour la première. Il fut insulté en public et en particulier, et insulta à son tour. Les états de Hollande l'ayant invité de se trouver au synode de Dordrecht, il ne put v être admis que comme homme de parti cité à comparaître, et non pas comme juge appelé pour donner des dé- cisions. Le synode le ctiassa de ses assem- blées, le déposa du ministère, et le bannit des terres de la république : décision injuste et absurde de la part de gens qui ne recon- naissaient point ae juges en matière de doc- trine, et qui s'arrogeaient en même temps une infaillibilité qu'ils refusent à l'Eglise universelle ( Voy. Aruinius, Gomar, Yors- Tius). Il se retira à Anvers, où ne trouvant
Eas de gomaristes à combattre, il s'amusa disputer avec les jésuites. Son exil dura quelque temps ; mais enfin, l'an 1626, il re- vint en Hollande, pour être ministre des re- montrants à Roterdam. Huit ans après il fut appelé à Amsterdam, pour veiller sur le col- lège que ceux de sa secte venaient d'y ériger. Il y mourut en 1643, d'une rétention d'urine après avoir professé publiquement la tolé- rance de toutes les sectes ({ui reconnaissent l'autorité de l'Ecriture sainte, de quelque manière qu'elles l'expliquent. C'était ouvrir . la porte à toutes les erreurs. Cette opinion
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l'avait fait soupçonner de sociniamsme. et il n'avait pas détruit ces soupçons en publiant ses Comm€ntair$s sur le Nommu Testament. L'on sent assez h travers ses équivoques, qu'il pensait que Jésu&*hrist n'était pas Dieu. « Du calvinisme au sociniaûisme, dit sage- ci meut un théologien, il n'y a qu'un pas ; » et rarement même on s'arrête là ( Yoy. Len- TOLOS, Sbrvkt, etc.)- Ses ouvrages de théo- logie ont été publiés à La Haye en 1 678, 2 vol. in-fol. Episcopius était ton diffus, mais vif et très-emporté, quoique apôtre du toléran- tisme. 11 ya quelquefois plus de subtilités que de solidité dans ses raisonnements. La vie de ce sectaire est à la tête de ses Œuvres, publiées par Courcelles : Philippe de Lim- borch l'a aussi écrite en 1702, in-8'.
ERASME ( Didier )^ Desideriiis Erasmus, naquit à Roterdam en 14G7,du commerce illégitime d'un bourgeois de Gouda, nommé Pierre Gheraeds, avec la fille d'un médecin. Il fut enfant de chœur jusqu'à l'âge de 9 ans, dans la cathédrale d'Dtrecht. A 14, il perdit son père et sa mère ; à 17, il se fit chanoine régulier de Saint-Augustin à Stein , près de Gouda; à 25, il fut élevé lau sacerdoce par l'évèque d'Utrecht. Sa pénétration était très- vive, et sa mémoire très-heureuse. Erasme voyagea pour perfectionner ses talents, en France, en Angleterre, en Italie. 11 séjourna
Eres d'un an à Bologne, et y prit en 1506 le onnet de docteur en théologie. Ce fut dans celte ville qu'ayant été pris pour chirurgien des pestiférés, à cause de son scapulaire blanc, il fut poursuivi à coups de pierres, et courut risque de la vie. Cet accident lui donna occasion (récrire à Lambert Brunius, secré- taire de Jules II, pour demander la dispense de ses vœui : il l'obtint. De Bologne, il
Sassa à Venise, ensuite à Padoue, enfin à ome , où ses ouvrages Tavaient annoncé avantageusement. Le pape, les cardinaux, en particulier celui de Medicis (depuis Léon X), le recherchèrent et Tapplaudirent. Erasme aurait pu se faire un sort heureux et brillant dans cette ville, mais les avantages que ses amis d'Angleterre lui faisaient espérer de la
5 an d'Henri VllI, lui firent préférer le séjour e Londres. Thomas Morus, grand chance- lier du royaume, lui donna un appartement chez lui. Erasme s'étant présente à lui sans se nommer, Morus fut si agréablement sur- pris des charmes de la conversation de cet inconnu, qu'il lui dit : « Vous êtes Erasme ou un démon, m On lui offrit une cure pour le fixer en Angleterre ; mais il la refusa. 11 fit uo second voyage en France, 1 an 1510, et peu de temps après il retourna encore en Angleterre. L'université d'Oxford lui donna une chaire de professeur en langue grecque. Soit qu'Erasme fût naturellement inconstant, soit que cette place lui parût au-dessous de son mérite» il la quitta pour se retirer à Bâle, d'où il allait assez souvent dans les Pays-Bas, et même en Angleterre i sans que ses fré-* qaentes courses l'empêchassent de donne au public un grand nooolire d'ouvrages Léoti X ayant été élevé sur le saint-siége , Brasme lui demanda la permission de lui dé^
dier son édition grecque et latine dti Nouveau Testament, et reçut la réponse la plus obli- geante. Il ne fui pas moins estimé par le successeur de Léon et par les autres souve- rains pontifes. Paul III voulait l'honorer de la pourpre romaine ; Clément VII et Henri VIiI lui écrivirent de leur propre main, pour se l'attacher. Le roi François 1", Ferdinand, roi de Hongrie, Sigismond, roi de Pologne, et plusieurs autres princes essayèrent en vain de l'altirer auprès d'eux. Er.sme, ami de la liberté autant qu'ennemi de la contrainte des cours, n'accepta que la charge de conseiller d'état, que Charles d'Autriche, depuis empe- reur sous le nom de Charles-Quint, lui donna. Cette place lui acquit beaucoup de crédit, sans lui procurer beaucoup de gêne. L'héré- siarque Martin Luther tâcha de l'engager dans son parti , mais inutilement. Erasme , prévenu d'abord en faveur des réformateurs, se dégoûta d'eux quand il les eut mieux con- nus. Il les regardait comme une nouvelle espèce d'hommes obstinés, médisants , hypo- criteSi menteurs, trompeurs, séditieux^ force- nés , incommodes aux autres, divisés entre
eux « On a beau vouloir, disait-il enplai-
« santanl,que le luthéranisme soit une chose « tragique; pour moi, je suis persuadé que « rien n'est plus comique, car le dénouement « de la pièce est toujours quelque mariage. » Ces plaisanteries et l'approbation qu'il donna au livre de Henri VUI contre Luther exas- pérèrent les réformateurs, et sa modération lui fit aussi beaucoup d'adversaires dans le parti opposé, sort orainaire qu'éprouvent les griis pacifiques dans les temps de troubles. Au milieu de ces agitations, il publia ses Colloquia (1522), qui furent vivement criti- qués de part et d'autre; la Sorbonne excitée par ses ennemis censura une partie de ses ouvrages, et accompagna son anathème de réfiexions mortiliantes. Les partisans de Luther devenant de plus en plus puissants et nombreux à Bâle, Erasme quitta cette ville en 1529, et se retira à Fribourg où il reçut un accueil bien propre à le dédommager de toutes les persécutions dont on l'avaii acca- blé; mais il n'y resla que six ans : sa santé devenant plus faible, il se persuada que la résidence de Bâle lui serait plus favorable. Il j revint, et c'est dans Cftle ville qu'il mou- rut d'une dyssenterie ,dans la nuit du 11 au 12 juitlet 1536, à l'âge de soixante-neuf ans. Il avait été durant tout le cours de sa vie d'une complexion délicate: il fut, sur la fin de ses jours, tourmenté par la goutte et la gia- velle. Sa mémoire est aussi chère à Bâle, qu'il avait illustrée en y fixant sa demeure, qu'à Roterdam, qui jouit de la gloire de lui avoir donné le jour. Ses compatriotes lui ont fait élever une statue au milieu de la grande place, sur la base de laquelle on lit ces pa- roles :
Desiderio Erasmo Ma^Do acieiiiiarum ai<iae
Liiteraior» i olitioris YinUicî et iinuiiralori
Pour faire cette statue , on fit fondre un ma- gnifique crucifix de bronze; ce qui donna
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lieu à Vondel» Mëto holtaiidais, de laire uiid épigrammé saillante $ur le palriotismé des Roterdamois IVoy. Yohi^bl). U fut le plia bel esprit et le seyant le plus tinîTersel de son époque. C'est à lui principalement qu'on doit la reriaissance des belles-lettres, les pre* odières éditions de plusieurs Pères de TE- l^ise f la saine critique. U ranima les illus- ires morts de l'antiquité , et inspira le goût de leurs écrits à son siècle. 11 avait formé son style sur eux. Le siftn est pur, élégant , aisé ; et quoique un peu bigarré, il ne le cède en rien à celui des meilleurs écrivains de son temps, a On ne peut lui refuser, dit M. Noël, la gloire d'avoir été le plus bel esprit et le savant le plus universel de son siècle. C'est lui qui tira l'Allemagne de la barbarie ; c*est à lui princli)alement que le nord de l'Europe doit la renaissance des lettres, les premières éditions de plusieurs Pères de l'Eglise , les règles d'une saine critique et le sodtdelan* tiquité. Pénétré de la lecture des anciens , sur lesquels il S'était formé, son style, quoi- ({u'en aient dit ses détracteurs, est pur, aisé, ingénieux ; et quoique la facilité de sou ex- pression ne soit pas toiyours accompagnée de la plus parfaite élégance, il a une manière qui lui est propre et qui ne le cède en rien aux écrivains de son siècle, même à ceux qui avaient la pédanterie de n'employer au- cun terme qui ne fût de Cicéron. 11 est un des premiers qui aient traité les matières de théoiogie d'une manière noble et dégagée des arguties et des termes barbares de Fécole. Ses ouvrages de piété ont une élégance qu'on ne trouve point dans les autres mystiques, ji On a reproché, non sans raison , à Erasme , une trop grande liberté sur ies matières qui concernent la religion. Il exerce souvent une critique mal fondée contre les saints Pè- res. 11 se plaît à grossir les vices de son temps; jamais sa plume n'est plus féconde en salirea, nue quand il parle ues religieux et des ecclésiastiques ; il se rend justice à lui-même , lorsqu'il dit ( lib. i , epist. 11 ) : « lit ingénue, quod verum est , falear, sum « natura propensior ad Jocos quam fartasse « deceat, et linguœ liberioris quam nonnun- c quam expédiât. » On peut voir sur ce point la Préface du Père Canisius sur les EpUrea de saint Jérôme , et Y Apparat sacré du Père Possevin. Se fiant trop sur ses propres lu- mières dans les matières de religion, il s'est quelquefois écarté du vrai cliem^i. C'est pour cela que plu^eurs de ses ouvrages ont été censures par les facultés de théologie de Paris et de Louvain, et mis à VIndex du con« cile de Trente. c( Samnatus in plerisque, dit a un auteur moderne, suspectas in multis^ a caute legendus in omnibus. » U faut ce--
Eendant avouer que quelques-uns ont poussé i critique irop loin contre Erasme. 11 est certain qu'il a vécu et qu'il est mort dans le sein de i Eglise catholique, comme Ta mon- tré Jacoues MarsoUier dans son Apologie d'E' fostue^ Paris , 1713 : ouvrage d'ailleurs trop favorable à Erasme, et contre lequel le Père Tournemine s'éleva avec force. Peu de jours avant sa mort % Erasme écrivit k Conrad Go«n
elénias, son intime ami , qu'il voudrait fiuilp ses jours ailleurs qu'à Bâle, à raison des ^ visions que lés nouvelles sectes avaient pro- duites dans cette ville : « Ob dogmalum dis- < sensionem malim alibi finire vitam. » Cet homme célèbre essuya plusieurs orages qu'il ne supporta pas avec trop de patience. Na- turellement sensible à 1 éloge et à la criti- que, il traitait ses adversaires avec dédain et avec aigreur. U eut toute sa vie une passion extrême pour l'étude ; il préféra ses livres à tout , aux dignités et aux richesses. Il était ennemi du luxe , sobre, sincère , ennemi de la flatterie, bon ami et constant dans ses ami- ' tiés ; en un mot, il n'était pas moins aima- ble homme , qu'homme savant. Toutes ses OEuvres furent recudlies à Bâle par le cé- lèbre Froben son ami, en 9 vol. in-fol. Les deux premiers et le quatrième sont consa- crés uniquement aux ouvrages de gram- maire , de rhétorique et de philosophie. On Y trouve VEloge de la foKe et les Colloques , . les deux productions d'Erasme les plus ré- pandues. La première est une satire assez triviale contre les désordres et les ridicules de son temps, ou contre ce qui lui a paru tel. « Les détails , dit un critique , en sont « froids, prolixes, exagérés, quelquefois plats « et dégoûtants. U est inconcevable que ce ce livre ait pu jouir d'une si grande vogue ; « il n'y a que le style et le nom de l'auteur « qui peuvent avoir produit cet enchante- « ment. » On ne doit pas juger plus favora- blement ses Colloques , qu'on lit plus pour la latinité que pour le fond des choses. Il y a çà et là des endroits lubriques et obscurs, déplacés dans tout ouvrage , mais surtout dans un prétendu livre d'éducation qu'Erasme écrivait pour le fils de Froben: quand on ré- fléchit que l'auteur avait 60 ans , on ne sait plus qu en penser, ou bien on ne le sait que trop. Le 3* volume renferme les EpUres , dont plusieurs ont rapport aux affaires de l'Eglise ; le 5% les livres de piétiy écrits avec une élégance qu'on ne trouve point dans les autres mystiques de son temps ; 4e 6*, la Yersian du Nouveau Testament , avec les no- tes; le 7', ses Paraphrases sur le Nouveau Testament ; le 8* , ses traductions des ouvra- ges de quelques Pères grecs ; le dernier, ses apologies. Jean Le Clerc a donné une nou- velle édition de tous ces diiférents ouvrages, en 11 vol. in-fol., à Leyde, chez Vander-Aa, 170J. VEloge de la Folie a été imprimé sé- parément, cum notis variorum^ 1676, In-S*; et h Paris, Barbou, 1765, in-12. On en a une assez mauvaise traduction française , par Gueudeville, Amsterdam, 1728, in-8* ; Paris. 1751, in-»» et in-4% fig. Les EIzévir ont donne une édition de ses Adages , 1650, in-12 ; de ses Colloques, 1636, in-12. Il y en a une édi- tion, cum notis variorum, 166i ou 1693, in-8*. Us ont été traduits en français par Gueude- ville , Leyde , 1720, 6 vol. in-12, fig. Barrett a donné en 1789 une nouvelle traduction de VEloge de la Folie. On a imprimé séparé- * ment à La Haye et à Amsterdam ses meil- leurs ouvrages au nombre de 2^ , qui P6U-' V0&t se relier en 13 voL petit in-13. Ceux
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qui voudront connaître Erasme plus en dé- toil, peuvent lire Y Histoire de sa vie et de seb ouvrages y mise au jour en 1757, par M. de Burigay, en 2 vol. in-12. Quoique assez mal écrite , elle est intéressante dans plusieurs endroits. On voit encore à Bâle, dans un ca- binet qui excite la curiosité des étrangers , son anneau , son cachet , son épée, son cou- teau, son poinçon , son testament écrit de sa Eropre main, son portrait par le célèbre Hol- ein , avec une épigramme de Théodore de Bèze. On lui a fait cette épitaphe :
Pallida mors imgaiim nobis accepit Eeasiiijm , Sed DmoBEiOM tollere aoo potuit.
ERASTE (Thomas), médecin , né en 1524, à Bade en Suisse, enseigna avec réputation à Heidelberg, puis k Bâle, où il mourut en 1583. On a de lui : divers ouvrages de mé- decine , principalement contre Paraceise , ainsi qu'une Vie de ce philosophe, médecin et charlatan ; on j voit qu'il se mêlait de magie, et que le diable lui rendait des vi- sites : Bâle , 1572, in-4.* ; des thèses qui ont fait beaucoup de bruit dans le temps, Zurich, 1595, in-î"; Varia Opuscula medicaf 1590, in-fol. ; ConsiUùy Francfort, 1598, in-fol.; De auro potabilif in-S" ; De putredine^ in-S"; De theriaca, Lyon, 1606, in-4*; Delamiis seu strigibusy Bâle, 1578, in-8". Tous ces ouvrages sont inutiles, si ce n'est à ceux qui cherchent des renseignements sur l'histoire de l'art, et notamment sur le système médical de Para- ceise. Eraste s'occupait aussi do théologie; c'est à ce litre qu'il lut envoyé au colloque de Maulbrun, avec les théologiens du Pala- tinat, par l'électeur Frédéric 111. Parmi ses ouvrages théologiques nous mentionnerons ses thèses contre T excommunication^ et Vauto- rite des consistoires, Amsterdam, 16^9, in-S**. Il parait que l'auteur était dans le cas de les craindre. Le médecin était préférable chez lui au théologien; mais ni l'un ni l'autre ne méritaient le premier rang.
ERATH (Augustin d'), savant professeur de théolpgio dans les collèges de l'ordre des chanoines de Saint-Augqstin, protonolaire apostolique, abbé de Saint-André et comte palatin, né à Buchloa en Souabc en 16^8, mort en 1719, a publié sur la théologie et l'histoire ecclésiastique plusieurs ouvrages, dont on trouve la liste dans Moréri : le plus remarquable est un Commentaire historico-- théologico-juridique sur la règle de saint Au- gustin, en latin. Vienne, 1689, in-fol.
ERCHEMBERT, Lombard, vivait dans le IX* siècle. 11 porta les armes dès sa première jeunesse , et fut prisonnier de guerre. Il se retira au Mont-Cassin, où il embrassa la règle de Saint-Benoit à l'âge de 25 ans. On lui donna le gouvernement d'un monastère voi- sin; mais il y fut exposé à tant de traverses, 2u'il se vit encore contraint de se retirer, e fut dans le lieu de sa retraite qu'il écrivit un Supplément depuis l'an llk jusqu'en SBk^ à VBistoire des Lombards, par Paul Diacre. 11 ajouta à ce Supplément VBistoire de la ruine et de la restauration du Mont-^assinf et de rincursion des Arabes, jusqu'ù Tan 88i.
On lui attribue la Vie de Landuipke, ivique de Capoucj en vers, et un Abréqé de FÉiê- toire des Lombards ; mais on doute qu'ils soient de lui. Antoine Caraccioli , prêtre de l'ordre des clercs réguliers, a publié son supplément qui offre quelques faits curieux, avec d'autres pièces, à Naples, en 1620, in-**. Camille Pérégrin l'a donné de nouveau au
Sublic dans son Histoire des princes Lom- ards, en 161^3, in-*^ Erchembert mourut vers l'an 889.
ERDOEDl (Gabribl - Antoine , comte d*), doyen des suffragants de Hongrie sur le mi- lieu du xviii* siècle, fit imprimer à ses frais un ouvrage du jésuite Samuel Pinson, inti- tulé : Opusculum theologicum in quo quœritur an et qualiter princeps catholicus nœretieos in sua ditione retinere, vel contra pcmit eo$ aut exiliOy ad fidem catholicam amplectendam cogère possit, Tyrnau, 1721 ; ce livre est de- venu très-rare, l'empereur en ayant interdit la vente, parce qu'il en désapprouvait la sé- vérité.
ERDT (Paulin), religieux franciscain alle- mand, professeur de théologie à l'université de Fribourg en Brisgau, né à Verloch en 1737, mit beaucoup de zèle à combattre les incrédules, soit par des traductions de Tan- çais et du français, soit par ses propres ou- vrages, dont la liste se trouve dans le Dic- tionnaire de Meusel. Nous en citerons les suivants : Historiée litterariœ theologiœ radt- menta octodecim libris comprehensa, seu via ad historiam litterariam theologiœ revelatœ^ adnotationibus litterariis instructa, k vol. in-8". Le plan de cet ouvrage avait déjà paru sous'ce titre : Conspectus, Aug'^bourg » 1785, in-S*" ; Eclaircissements sur la doctrine actuelle des académies (universités) dans les Etais au- trichiens, Augsbourg, 1785, in-8*; Première principes d'histoire littéraire pour servir d'introduction à une histoire complète de la théologie, ibid., 1787, in-8*; Introduction élémentaire pour les bibliothécaires et amor- teurs de livres, ibid., 1786, in-8*. Erdt mou- rut le 16 décembre 1800.
ERHARD. Voy. Ehrârd
ERIC IX (saint), tils de Jeswar, fut élu par les Suédois pour être leur roi l'an 1152; mais en même temps les Goths élevèrent sur le trône Charles, Qls de Swerker. Cette double élection occasionna de grands débats. EnQn les deux partis convinrent qu'Eric ré- gnerait seul sur les Goths et les Suédois , qui ne feraient plus quime même nation,
Ïue Charles lui succéderait après sa mort. ;ric, attaqué par les Finlandais en 115$h, ga* Sna sur eux une bataille qui le rendit maître e leur pays. Us étaient idolâtres. Eric leur envoya des missionnaires, à la tète desquels il mit saint Henri, archevêque d'Dpsal, dont le siège avait été érigé en métropole, l'an llihS, parle pape Eugène III. Ce prélat gagna la couronne du martyre dans sa mission fan 1157. Eric s'appliquait en même temps à p(H •licer ses Etats par de bonnes lois. On a de lui un code qui porte son nom. Le zèle de ce prince pour le bon ordre et sa piété lui firent des ennemis qui l'assassinèrent le jour
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de rAscemion, 17 mai 1108. II est honoré tomme martyr. Israël Erland a donné sa Vie en latin , et Jean Schœffer l'a enrichie de notes, Stockholm, 1675, in^.
ERIZATSY (SaHois ou Sbrgius), savant évêmie arménien, né yers le milieu du xiii* siècle, à Eriza ou Arxendjan, ville d'Arménie. En 1386, Jacques I*% patriarche de Sis, l'ap- pela à sa cour et le fit son secrétaire. Il fut sacré en 1391, é?6que d'Arzendjan, et peu de temps après le roi des Arméniens de Ci- licie, Hayton ouHathoum II, le fit aumônier de son palais. En 1306, il assista à un çrand Gondle qui se tint à Sis, capitale de la Cilicie, et H mourut peu de temps après. On a de lui * un Traite sur la hiérarchie civile et re- liaieiue ; une Explication des Canons de /'£• glise; un Discours sur la prédication des Apôtres et sur la propagation du christia- msme. Tous ces ouvrages sont restés ma- nuscrits.
ERMAN (Jban-Pibrub), pasteur de la co- lonie française de Berlin, né dans cette ville en 1733 , était principal du collège français de Berhu, directeur du séminaire, conseiller du consistoire supérieur, membre de Taca- demie des sciences et belles-letlres. Erman se fit remarquer par son zèie à maintenir les méthodes d enseignement que les réfugiés avaient apportées Se France.Xa reine, épouse de Frédéric II, l'admettait souvent à sa cour. U rédigea, avec le pasteur Reclam , les Mé^ moires pour servir à l'histoire des réfugiés Français dont les Etais du roi de Prusse ^ Berlin, 1793-17%, 8 vol. in-8% recueil trop prolixe et d'un style trop négligé ; mais on y trouve des faits intéressants et des anec- dotes curieuses. Les deux derniers tomes sont tout entiers de la main d'Erman. II pu- blia aussi VEloge historique de la reine de Prusse, Sophie-Charlotte, épouse de Frédé- ric I*'; des Traductions^ des Sermons ^ des discours académiques, et des articles dans divers recueils , notamment dans la Biblio- thèque germanique. Erman mourut à Berlin en 18U.
ERNESTI (Jban-Auocstb), un des plus il- lustres critiques qu'ait proauits l'AlIeuiagne, né en 1707 à Tennstadt en Thuringe, fut docteur et professeur en théologie à Leipzig. L'un des premiers , il sépara en Allemagne la théologie de la religion , distinction qui, sous la main de ses élèves, est devenue une source d'innovations radicales que sans doute Emesti n'eût jpas voulu approuver. Il mourut à Leipzig le 11 septembre 1781. On a de lui : Opuscula philologico-critica^ Ams- terdam, 1762, in-S**; Ofuscula oratoria^ ora-- iioneSf prolusiones et eTogria, Le; de, 1762 et 1767, in-8*; Opuscula^ orationes^ nova col- leetio. Lçipzig, 1791, in-S** ; Archeologia lit- ierarta, MA., in-8-, 1768 et 1790. Cette der- nière édition, qui est revue et augmentée par J. H. Martin, est très-estimée. Initia doctri- nœ soUdioris , Leipzig , 1736 , 7* édition, 1783, in-8*.Le st>le paifait de cet ouvrage fit donner à Emesti le surnom deCicéron de r Allemagne. Institutio interpretis Novi Tes- iomenti f Leipzig 9 1761, in-8% V édition,
DlGT. PB BlMRAraïF ftELlG. IL
1792; des Sermons en allemand, I^eipzig, 1768-82, 4. vol. in-**, où le savant se montre plus que l'orateur chrétien ; Opuscula theolo^ gica, 1773 et 1792, in-8« ; Nouvelle bibliothè-
Se théologi^e en allemand, Leipzig, 1760 , 10 vol. in-8'. Ebert et d'autres savants ont eu part à cet ouvrage. Emesti a donné aussi des éditions estimées et recherchées d'Homère, Leipzig, in-8- , 1759-64-65; de Callimaque, Leyde, 2 vol. in-8*, 1761 ; de Po- lybe,