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-PATROLOGIA ORIENTALIS

TOMUS VICESIMUS SECUNDUS

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PATROLOGIA ORIENTALIS

TOMUS VICESIMUS SEGUNDUS

B2a BASILE RADU.: VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ÄNTIOCHE. MH. 2 IENAZIO.GUIDI. Les HOMILIAE CATHEDRALES DE SEVERE D’ANTIOCHE. Home- lies XCIX a CIU. ἘΞ DE EACY/O’LEARY. TuE AraBıc LirE OF 5. PisenTtivs. IV. JEAN BAKOS. GREGOIRE ÄBOULFARADJ DIT BARHEBRAEUS. Le (Candelabre des Sanctuaires. Vz EVMATILLANT: M&THoDE D’OrLympE. Ze De Autexusio.

PARIS

FIRMIN-DIDOT ET C!';, IMPRIMEURS-EDITEURS LIBRAIRIE DE PARIS, 56, RUE JACOB

1930

VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE

TEXTE ARABE ET TRADUCTION FRANCAISE

PAR

Basile RADU

SUPERIEUR DE L’EGLISE ROUMAINE DE PARIS

Professeur la Facult& de Theologie de Chisinäu (Roumanie).

PATR. OR. T. XXIL F. 1. 1

AVANT-PROPOS

Le texte que nous entreprenons de faire connaitre contient les relations de voyage du patriarche Macaire d’Antioche, 6crites par son fils, l’archidiacre Paul d’Alep.

Le patriarche Macaire occupa le siege patriarcal du 12 novembre ' 1647 au 12 juin 1672, apres le patriarche Euthyme de Ehio. Les dettes laissdes par son predecesseur etaient &normes et troublaient le c@ur du noble patriarche qui se pr&occupait de ne pas laisser peser sur lui la responsabilite d’une telle situation.

Comme l’a deerit son fils, la situation etait intolerable : les sommes emprunteces augmentaient de plus en plus, par suite des interets; d’ailleurs le patriarche ne trouvait personne qui püt l’aider resoudre ce probleme. A l’interieur de son patriarcat il ne pouvait compter sur ses ouailles, etant donne la domination turque, les impöts eleves que la population payait, l’avidite des gouverneurs et des pachas, et d’autres motifs peut-ötre que son fils ne signale pas. Il fallait done un secours urgent et considerable des chrötiens d’Europe, des princes qui excellaient encore par leur generosite issue de l’application de la doctrine chrötienne, princes qui, nombre de fois, avaient soutenu l’Eglise d’Orient par l’envoi de sommes importantes. Le patriarche devait s’adresser eux. Mais pour cela il lui &tait necessaire d’aller en Europe. Les princes et l’empereur dont il pouvait attendre un

-secours 6taient : Basile Lupu, prince de Moldavie, Bogdan Hmilnitzki, 'hatman des Cosaques, Matthieu Bassarab, prince de Valachie, et Alexis

Michailovitch, empereur de Moscou. Pour arriver jusqu’ä eux, il lui fallait entreprendre un tr&s long voyage,

prendre les mesures necessaires, afın d’assurer l’ordre durant son absence de

Damas, et choisir un interimaire digne de la place qu’il devait occuper pendant un si long sejour l’ötranger. Autant de diffieultes a surmonter. Macaire se dseida enfin partir et entreprit ce long voyage qui dura sept ans, de 1652

᾿ς 1659; e’est le reeit de ce voyage que nous publions.

Il semble opportun de donner au lecteur quelques details.

1. Lire : 12 novembre 7156 (1647), non pas 12 decembre. Οἱ. Dietionnaire d’histoire et de geographie, article Antioche, col. 700, qui porte la date de 12 decembre.

AVANT-PROPOS. [4]

Dans l’introduetion, Paul d’Alep montre avec quelle diffieulte 11] s’est rösolu prendre des notes sur le voyage de son pere, le patriarche Macaire d’Antioche. Il indique aussi le motif pour lequel ce distingu& patriarche devait recourir A la generosite des princes de Moldavie, de Valachie et l’empereur de Moscou : les dettes laiss6es par le patriarche pr&cedent 6taient si lourdes, qwon ne pouvait les payer. Paul d’Alep donne ensuite un abreg& de l’his- toire du patriarcat d’Antioche et decrit l’activite de son pere comme metro- politain d’Alep et comme patriarche d’Antioche. La visite de son diocese. que le patriarche fit avant son d6part, est d’une grande importance, pour l’ötude du christianisme cette &poque. Ensuite, l’auteur donne un apercu sur les dernieres anndes du ministre de son pere et des renseignements sur lui-möme.

Il entre apres cela dans la description proprement dite du voyage.

Le patriarche, accompagn& de son fils et d’une suite nombreuse, partit de Damas le jeudi soir 9 juillet 1652, et apres avoir travers& l’Asie Mineure, il arriva le septembre Bor, puis Constantinople le mereredi matin 30 octobre. 11 fit un sejour de quelques mois dans cette ville, puis il la quitta le lundi soir apres l’Epiphanie, il prit le bateau et arriva le dimanche A midi’ä Constantsa ou il dbarqua avec les personnes qui l’accompagnaient.

Le mereredi matin 12 janvier 1653, il partit de Constantsa et se rendit a Mäein ou il s’arr6ta le dimanche. Le lundi, il loua un bateau pour aller Galatz ou il arriva dans l’apres-midi.

Regu par le repr6sentant du prince Basile Lupu, il fut conduit l’eglise de Saint-Demetrius '.

De la, il se dirigea le mercredi vers Jassy, il arriva le mardi soir, 35 janvier et descendit au couvent de Saint-Sabas. Quelques jours apres, le dernier lundi de janvier, le patriarche eut une entrevue avec le prince Basile Lupu.

Le jeudi 3 fövrier, ’hegoumene du couvent de Golia l’invitait venir chez lui. Le mardi matin 8 fevrier, le patriarche se rencontra de nouveau avec le prince.

Pendant son sejour en Moldavie, il visita les couvents des Trois Hierar- ques, de Galata, de Barnowski; il eel&bra des offices et des messes dans dill&rentes eglises et couvents, assista A d’autres cer&monies du culte et participa des övönements tres importants pour ’histoire du pays, surtout la guerre entre Basile Lupu et Matthieu Bassarab. Le 1" septembre il se

trouvait encore Jassy.

1. Lire : Saint-Nicolas. Paul d’Alep a fait une confusion.

ον

[5] AVANT-PROPOS. 5

A cause des &venements qui se deroulaient sous ses yeux, il demanda au nouveau prince, Georges Etienne, le successeur de Basile Lupu, la per- mission de partir pour la Russie. Les troubles de la Russie du sud le force- rent d’abandonner momentanement son projet et il passa en Valachie le 22 novembre. Il traversa les villes de Rämnie et de Buzäu, arrıva Tär- goviste le 29 novembre 1653, et descendit au couvent de Stelea. Il fut tres bien regu par le prince Matthieu Bassarab et le m&tropolitain Ignace. Il assista plus tard aux fun£railles du prince Matthieu et l’election du nou- veau prince Constantin. Il cel&bra la fete de Päques et partit pour la Moldavie le deuxi&me dimanche apr&s la Pentecöte (27 mai).

Le 6 juin, il quitta Jassy pour se rendre en Russie, en traversant la Moldavie dans la direction de Soroca. Le samedi 10 juin 1654, il passa le Dniester, qui formait la frontiere entre les Cosaques et la Moldavie.

Il entra dans la ville de Räscov ou il fut recu par les pretres, la population et le commandant militaire de la citadelle. De la, franchissant le sud du pays des Cosaques, il se dirigea vers Kiev, accompagn& des soldats du hatman Hmilnitzki. Avant d’y arriver, il se rencontra avec le hatman qui se preparait faire la guerre la Pologne. Le patriarche Macaire visita le couvent de Petcherska et la crypte des reliques des saints, le mardi avant la föte des saints Apötres. Le vendredi, il fut invite par la superieure des reli- gieuses celebrer la messe dans le couvent. Ce m&me jour, apres les vepres, et le samedi matin, il y eut une cer&monie de requiem pour les morts.

Il repartit le jour meme dans la voiture de l’Archimandrite du couvent de Petcherka et arriva a l’eglise de Sainte-Sophie Kiev οὐ il fut recu par le frere du metropolitain Sylvestre, les evöques et les hegoumenes des couvents. Puis il visita la ville, accompagn& par le metropolitain et le clerge. Il visita, sur l’invitation de l’h&goumene, le couvent de Saint-Michel et, le mardi 3 juillet, l’eglise de la Dormition de la Vierge.

Apres avoir parcouru un long chemin par des villes et villages, il arriva au couvent de la Trinite, fondation de Basile Lupu, prince de Moldavie, suivant ce que dit Paul d’Alep. Il quitta ce couvent le lundi 17 juillet; le mercredi, il atteignit Korop, frontiere entre les Cosaques et les Moscovites. Le jeudi matin, deux ans apres son depart d’Alep, en la fete du prophete Blie, il partit pour se rendre l’invitation de Kyr Nikita, gouverneur de Putivl, qui lui avait envoy& des messagers. Arrive dans cette ville, il celebra des services religieux selon l’usage : Putivl &tait la frontiere entre les Moscovites et les Cosaques. |

6 AVANT-PROPOS. [6]

Le lundi matin 24 juillet, il quitta Putivl, et apres avoir traverse quelques villes et villages, il entra, le mercredi matin 2 aoüt, dans une tres grande ville appelee Kaluga. De la, il prit le bateau pour remonter le fleuve Oka, le vendredi 1 aoüt. Le jeudi suivant, il partit de bon matin pour Kalomna, οἱ il parvint le m&me jour.

Macaire fut recu dans la ville par le clerg& et les habitants et fit des prieres pour la famille imperiale. Il y celebra, le 29 aoüt, la fete de la Decollation de saint Jean-Baptiste.

Le 1” septembre, on fit memoire de saint Simeon le Stylite, qui fut fetee par les Moscovites avec une pompe extraordinaire.

+ * +

L’entr&ee Moscou eut lieu le samedi 26 janvier 1655. Le patriarche y resta longtemps, entour& des notables de la suite de l’empereur Alexis. Il cele- bra la föte de l’Epiphanie avec les mömes oflices qu’en Moldavie et en Valachie.

Paul d’Alep deerit cette occasion les coutumes du pays, et raconte les evenements historiques : le siege de Smolensk, la guerre avec la Pologne, le conflit du patriarche Nicon avec l’empereur, le retour du premier Moscou, evenements d'un grand interet qui eurent lieu le 3 fevrier, deuxieme samedi apres son entree dans la capitale.

Le patriarche y fut regu par l’empereur, et chaque membre de la famille imp6riale lui offrit des cadeaux. Quelque temps apres, Macaire fit une visite au patriarche Nicon de Moscou.

Le 20 fevrier, l’empereur et le patriarche Macaire se rendirent l’eglise de la Nativite de la Vierge et de sainte Catherine pour entendre la messe et comm6&morer la fete d’Eudocie, fille ainge de l’empereur. L’archev@que serbe participa ce service divin qui fut magnifique.

Le jeudi de l’abstinence du fromage ', le patriarche Nicon invita Macaire et l’archevöque serbe c&lebrer une messe dans la grande eglise en m&moire des defunts patriarches et metropolitains de Moscou. Paul d’Alep donne des details sur le patriarche Nicon, sur l’origine de la famille imperiale russe en commencant par l’'histoire du tsar Ivan.

La guerre entre l’armee russe et l’armde polonaise command£e par Radzivil, le siege de Moghilev et d’autres faits occupent une tr&s grande place dans son reeit.

Le 17 mars, l’empereur eelebra la föte de saint Alexis. Le temps s’&coulait et on approchait de Päques. Macaire fit de nombreuses visites, οὐ] νὰ l’ofice du dimanche des Rameaux, puis la föte de Paques en grande solennite

1. C’est-ä-dire le dernier jour avant le jeüne du Car&me les fiıleles peuvent user de laitage. Abel Couturier, Cours de liturgie, Il, p. 229, Paris, 1914.

Ar a rn ας. EEE κυ αν ΚΣ

\

ΠΥ ΨΥ ψη. ννν νν ννννννννυννυνννν Πα ΨΟΥΝΟΝΟΜΜΒΟΝ NNNEEEN UHR...)

[7] AVANT-PROPOS. 7

avec le patriarche de Moseou. Paul d’Alep deerit minutieusement les nom- breuses öglises qu’il a vues, ainsi que la vie religieuse des Moscovites. Le deuxieme samedi apres la Pentecöte, le patriarche de Moscou invita Macaire a l’eglise des Archanges, pour la comme&moration de la mort du tsar Ivan et de ses deux fils, enterres du cöt& droit du sanctuaire.

Les 8, 10, 11 et 12 juillet, il cel&bra des oflices, et le 19 juillet, il fut invite par Nicon a l’eglise des Archanges pour une ceremonie de requiem en m&moire du defunt empereur Michel.

lei, nous trouvons une tr&s interessante description du couvent de Saint-Sabas.

*

“+

Apres ötre rest& si longtemps Moscou et avoir visite la plus grande partie des eglises et des couvents, Macaire partit pour Novgorod le samedi 4 aoüt, accompagne de l’archev@que serbe, d'un interprete, etc...

Il y fut tres bien regu. 1] visita le couvent de Saint-Georges, trois verstes hors de la ville. Le m&tropolitain sortit au-devant du patriarche, ainsi que les prötres et les diacres, vetus de leurs ornements liturgiques. Macaire baisa les icones et benit le peuple, puis il entra dans la ville et fut conduit a l’eglise de Sainte-Sophie que Paul d’Alep decrit dans cette relation de voyage. Combl& d’honneurs, il visita le palais metropolitain et hors de la ville le couvent de Saint-Antoine, que l’auteur deerit egalement. Apres avoir parcouru encore une verste, le patriarche visita un autre couvent dedie la Dormition de la Vierge. Le mardi matin, franchissant encore quatre verstes, il arriva au couvent de Saint-Barlaam, ou il eel&bra les matines, le 29 aoüt; puis il alla au couvent de la Rösurrection et du Saint-Esprit.

Le septembre 1655, il se trouvait Novgorod. A cette occasion, la veille, on celöbra en grande solennite les vepres de la fete de saint Simeon le Stylite d’Alep. Paul d’Alep nous donne les details de cette eer&monie. A cet office participerent : l’archeveque serbe, le patriarche d’Antioche, les archimandrites des couvents de Saint-Barlaam, de Saint-Nicolas, de Saint- Antoine, du Saint-Esprit, chacun assiste de deux diacres. Apres le poly- chronion, on apporta de l’eau benite et le patriarche Macaire aspergea les notables et le peuple. Le lendemain matin, on eelebra la messe.

*

“+

Le jeudi 20 septembre, Macaire retourna Moscou d’oü il s’etait absente

_ quarante-sept jours. Le mardi matin 1” octobre, ἴα! celebree la föte du jour.

Paul d’Alep raconte la guerre du tsar avec les Polonais sous le comman- dement de Radzivil et la quatrieme victoire du tsar Alexis.

8 AVANT-PROPOS. [8]

Le patriarche feta la saint Nicolas avec une tres grande solennite, accompagne du clerge et en presence d’une nombreuse assistance. Aucun &venement historique n’&chappe Paul d’Alep. Il decrit la rentree du tsar Moscou et la maniere speciale dont il fut regu par le elerge&, les notables et l’armee. A cette solennit6 participa aussi le patriarche Macaire ainsi que sa suite. Le tsar recut les ambassadeurs du roi des Frances. Le tsar etait Smolensk quand il regut la visite d’un ambassadeur de Venise, arrive en Russie par le port Archangel et venu expres, etant donne la situation dans laquelle se trouvait sa patrie : les guerres avec les Tures, etc... Le patriarche Nicon invita le patriarche Macaire une messe celebree dans la cathedrale en presence de l’empereur et de l’imperatrice. Sur l’invitation de l’empe- reur, Macaire benit l’imperatrice. Paul d’Alep deerit le palais patriarcal bäti par saint Pierre, le premier mötropolitain de Moscou. Il montre la religiosite du peuple et depeint les vetements des moines et du clerge. L’inauguration du nouveau palais patriarcal fut l’occasion d’une tres grande cer&monie l’empereur et le patriarche Nicon echang£rent des cadeaux. A Noäl, Macaire se trouvait encore Moscou. Il y partieipa avec le patriarche Nicon la messe celebree en prösence de l’empereur et de l’imperatrice.

Paul d’Alep decrit les guerres entre les Moscovites et les Polonais : le siege de Kamenetz, la prise de Lublin, la defaite de Potovski qui fut fait prisonnier, la defaite des Polonais Vilna, etc...

Le patriarche Macaire, avec l’aide d'un interprete, eut une entrevue avec l’empereur dans le nouveau couvent que celui-ei avait fonde quarante verstes de Moscou, couvent dedie saint Sabas le Petit. Les notables vinrent saluer le patriarche. A l’entree de l’Eglise, !’empereur lui-m&me et un archi- mandrite le recurent et le conduisirent daus l’eglise. Il y eut un ollice special l’issue duquel l’empereur l'invita chez lui, pour l’entretenir de diverses questions concernant la situation du patriarcat et le voyage en Russie. Paul d’Alep fait une description detaill&ee du couvent. Le patriarche resta encore Moscou ou il cölebra des messes et des oflices, puis sur l’invitation de l’empereur, il oflieia hors de la ville. Un service divin fut cölebre l’occa- sion de la Saint-Alexis, föte de l’empereur, qui y participa.

Le dimanche 23 mars 1656, le cinquiöme dimanche du Car&me, Macaire alla faire ses adieux au patriarche Nicon, son depart ne pouvant &tre ajourne, apres une si longue absence. Avec sa suite, il se rendit Bielov, puis Bolkhov, ou il c&lebra la föte de Paques. Le mardi suivant, il se preparait aller A Putivl, quand il regut une lettre d’Alexis datde du soir du A avril, dans laquelle il &tait invit& retourner Moscou, l’empereur ayant eu le

a

[9] AVANT-PROPOS. 9

vendredi saint dans l’eglise une discussion avec le patriarche Nicon, sur V’attitude de ce dernier vis-A-vis de lui.

Macaire quitta Bolkhov le mereredi apres Päques et descendit au couvent de Saint-Cyrille qu'il avait habit& durant son s&jour Moscou. Il s’y trouvait quand vint une ambassade d’Etienne, prince de Moldavie, pour faire acte de soumission l’empereur de Moscou. Gelui-ei l'accepta, apres avoir consulte le patriarche d’Antioche.

Le dimanche de la Samaritaine, Macaire, sur l'invitation du patriarche Nicon, se rendit A la cathödrale pour participer la conseceration de Joseph, archevöque d’Astrahan. La messe finie, il retourna au couvent, accompagn& de Nicon. Il partieipa plus tard Moscou un synode fut discutee la question du bapteme des Polonais.

L’empereur, devant partir pour une expedition contre les Polonais, demanda la benedietion du patriarche Macaire. Apres avoir atteint une dis- tance de quarante verstes de son couvent et cinquante verstes de la ville, l’empereur &cerivit au patriarche une lettre autographe qu’il signa « votre pere spirituel, l’empereur Alexis ».

Le dimanche apres l’Ascension, Macaire c&lebra une messe dans la cathe- drale avec le patriarche Nicon. Il en fut de m&me le jour de la Pentecöte.

Le patriarche Macaire et le patriarche Nicon consacrerent une &glise selon le rite grec. A cette occasion, ils &changerent des cadeaux consistant en images et en ornements sacres. Le mercredi suivant, le patriarche Macaire fit ses adieux Nicon, quitta Moscou le jeudi 29 mai, accompagn& de soldats, dans une voiture dont l’empereur lui avait fait cadeau. Le jeudi 12 juin, il arriva Putivl, distant de cing cents verstes, quinze jours apres son depart. fut cölebr6e une messe le troisitme dimanche apres la Pente- cöte. Le patriarche quitta cette ville le 16 juin.

De Putivl, passant par Korop, il se dirigea vers Kiev οὐ il arriva le samedi 28 juin. Il fit visite au mötropolitain de Sophia qui s’y trouvait. Paul y vit le portrait du patriarche Joachim d’Antioche. Le mardi, Macaire prit conge du meötropolitain et se rendit le soir au couvent de Petcherska ou il resta jusqu’au lundi, puis il partit dans la direction de la Moldavie en passant par differentes villes et de nombreux villages, dans lesquels il s’etait arröte la premiere fois.

Il arriva le vendredi 15 aoüt A Räscov, qu’il quitta le lundi suivant.

*

ἘΣ

Le jeudi 21 aoüt 1656, le patriarche traversa le Dniester et entra Jassy le 23 aoüt. Le lundi septembre, il &tait encore Jassy (le prince de Moldavie &tait Georges Etienne). Macaire y resta jusqu’au mercredi octobre, jour de son depart pour la Valachie. |

10 ες ΑΥ̓ΑΝΊ-ΡΒΟΡΟΒ. [10]

Le dimanche 19 octobre, il arrıva Focsaui et le lundi passa Rämnie. Le vendredi 24 octobre, le metropolitain du pays, Etienne (1648-1668), ainsi que les boiars, sortirent sa rencontre et en cortege le conduisirent au couvent de Stelea ou il avait deja τό reeu pendant son premier sejour Tärgoviste.

Le patriarche visita les couvents, les eglises et les villes les plus impor- tantes du pays : le couvent Gurtea de Argech, le couvent et la ville de Campulung, les couvents de Cozia, de Dintr'un lemn, de Bistrita, de Arnota, de Crasna, de Strehaia, de Gura-Motrului, de Täntäreni, la ville et le palais de Poiana, de Filias, de Craiova, les couvents de Bucovät, de Jitianu, les villages de Brätäsani et de Bräncoveni.

ll celebra la föte de Päques en Valachie.

Puis il visita la grande ville de Bucarest, le village et le palais de Dobreni le 1" septembre 1657, ensuite le couvent de Comana, le village et le palais de Värästi, les couvents, de Negoesti, de Plätärästi, de Caldärusani et de Snagov.

Macaire participa au plus grand &venement de l’eEpoque, le detrönement du prince Constantin et l’avenement au tröne du prince Mihnea. Il se retira a Cämpulung la suite des evenements qui se produisirent dans le pays : l'incendie de la ville de Tärgoviste, etc. Le patriarche cel&bra Bucarest les fötes de Päques, de l’Ascension et de la Pentecöte. Paul d’Alep deerit ensuite les differents endroits ou le patriarche et lui se sont rendus pour obtenir des subsides. Le septembre 1658 le patriarche etait Pitesti.

Le depart de Bucarest -eut lieu le 9 septembre. La description du cou- vent de Slobozia lenachi, l’arrivee Galatz, et d’autres &venements historiques comme l’invasion des Tatares en Hongrie, la revolte de Hassan Pacha, οἷα... sont decrits en detail. L’arrivee Galatz eut lieu le vendredi soir 17 septembre, et le depart le 13 octobre 1658.

Le patriarche arriva par bateau Ismail et de la par la mer Noire, passant par Constantsa, Varna, ete... atteignit Sinope (parcourant ainsi une distance de mille quatre cents milles selon le calcul des geographes) le premier jour du caröme de Noöl (16 novembre). Il y [δία l’Epiphanie. Il quitta cette villele samedi matin, dernier jour de janvier, passa par Tocat, Sivas, Cesaree, que Paul d’Alep deerit minutieusement, et, traversant l’Asie Mineure, il arriva au fleuve Djihan et dans la ville de Zeitoun. Il ne eelöbra pas la föte de Paques, hätant son voyage pour arriver Damas. Il passa d’abord par Killiz et arriva le jeudi soir 21 avril 1659 Alep ou il [αὐ regu par le mötropolitain de la ville et salu& par Kyr Melece, meötropolitain de Tripoli, Kyr Nicolas,

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[11] AVANT-PROPOS. u

metropolitain d’Akkar, Kyr N&ophyte, m£tropolitain de Laodicde. Les habi- tants d’Alep porterent plainte contre leur mötropolitain qui s’etait mal conduit leur &gard pendant l’absence du patriarche.

Macaire quitta Alep le 21 juin et arriva Hama, puis Homs ou il [αἱ recu par le mötropolitain de cette ville (un second Arius, d’apres le dire de Paul d’Alep). Enfin il arriva le vendredi juillet 1659 a Damas le metropolitain de Sidon (Saida), celui de Beyrouth, celui de Baalbek et celui de Tripoli vinrent le saluer. Le patriarche visita le couvent de Sednaya, le 1 septembre. Il pr&para le saint chreme pendant la semaine sainte. Paul d’Alep donne la description detaill&e de cette pr&paration.

Un &venement important eut lieu : ce fut la convocation d’un synode destine juger le metropolitain de Homs, Ibn Amich, pour certains delits graves. Melece, mötropolitain de Tripoli, Philippe, metropolitain de Beyrouth, Jer&mie de Sidon, Nicolas d’Akkar, Neophyte de Laodicee, Gerasime de Zab- dani, Gregoire de Hauran et tous les pretres de Damas y participerent.

Apres un s&jour d’un an et quatre jours Damas (du “ἢ juillet 1660 au 4 juillet 1661), Macaire se rendit le 5 juillet au couvent de Sednaya et visita le dioc&se. Il revint Alep le 7 mai, apres avoir celebr& les Päques Hama, il consacra Neophyte comme metropolitain.

Le reeit de Paul d’Alep se termine la date du 15 juillet 1661.

En resume : Macaire commenca le voyage le jeudi soir 9 juillet 1652. Partant de Damas, il arriva Constantinople le 20 octobre 1652. Il resta dans cette ville jusqu’au lundi soir aprös l’Epiphanie, puis ils’embarqua et arriva Constantsa le dimanche apres midi. Le mereredi 12 janvier 1653 il quitta Constantsa et le lundi 17 janvier apr&s-midi arriva Galatz, qu’il quitta le mereredi.

Il arriva Jassy le mardi soir 25 janvier, le 22 novembre il alla en Vala- chie, puis passa en Moldavie le 27 mai 1654; le 6 juin, il quitta Jassy pour se rendre dans le pays des Cosaques. Le samedi matin 10 juin, il traversa le Dniester et debarqua Räscov.

Il passa Kiev, puis a Moscou et retourna par le meme chemin a Räscov, le 15 aoüt 1656.

Le 23 aoüt il entra Jassy. Le dimanche 29 octobre 1656 il arriva Focsani et le lundi passaä Rämnie, visita la Valachie pour la deuxieme fois, et partit par Galatz en Orient, le 13 octobre 1658. Il s’embarqua pour Sinope, 'traversa l’Asie Mineure et entra Damas le vendredi juillet 1659.

Le reste du temps, il l’employa visiter son diocese et regler les affaires qui etaient en retard par le fait de sa longue absence. Le manuserit en

᾿ς donne des relations jusqu’au 15 juillet 1661.

12 AVANT-PROPOS. [12]

La chronologie et la correspondance des heures.

Pour son reeit, Paul d’Alep emploie l’annde eccel&siastique qui commence par le mois de septembre et compte les annees de la cröation du monde la maniere grecque, 5508 ans de la creation jusqu’a Jesus-Christ, plus les annees apres la naissance du Christ. Pour savcir la date correspondante, il faut deduire des anndes mentionnees par lui, 5508 s’il s’agit d’une date avant le 1” septembre, et 5509 pour une date qui d&passe le 1" septembre jusqu’au decembre.

Pour les heures de la journee, il se sert de la methode employee par l’Eglise, empruntee au Nouveau Testament et en usage en Orient.

Voici le tableau comparatif des heures :

Les heures ' Les heures Les heures Les heures oceidentales orientales. oceidentales orientales. 6..Matin ee Re 12 ΒΟΟΣ a RE 12 Ro. Ro BE an HE 1 DR ne! a 1

Be ee ee re 2 Be Se NE ΤΑΝ ἘΝ

EEE NIEREN MR 3 9:nUI Re ee re 3 ΣΝ ΚΣ Er Sn A 10. τ το ee ee 4 VI EN Re le Be 5 A Re Pen ΤΣ σα οἱ Δ ΤΩΝ ee τ 6 12m ini 6 ASapres-nNdie re Se: 7 EN RERTORENEITEN ED: Oro 7 REN EDER Nr Dr De ee 8 > Orr τ. 9 Een ET es 9 ER RE oe τα 10 Rn ter: Co 10 N OA euere 11 δ ἐς τ = 11

Voici les noms des mois employ6s par Paul d’Alep avec leurs correspon- dants dans notre calendrier :

Ποὺ] Jb! septembre Tichrin elaoual IN ps oetobre Tichrin essani ei rm novembre Kanoun elaoual et ων ϑ' decembre Kanoun essani e. δ janvier Ichbath Lil fövrier Adar 9] mars Nissan ls avril

Yar ‚LI mai Haziran sine juin Tamouz 2 Juillet

Ab oo] aoüt.

[13] AVANT-PROPOS. 13

Le nombre des jours est compt&e comme dans le calendrier julien : mois de 30 et 31 jours; le mois de fevrier de 28 et 29 jours selon que l’annde est

bissextile ou non. 9% Les manuserits et leur valeur.

Nous connaissons des copies en entier et des fragments de copies du voyage du patriarche Macaire d’Antioche, sans connaitre l'original.

Les copies sont :

1. Le manuscrit de Paris, conserv& la Bibliotheque Nationale sous le 6016.

2. Le manuscrit de Londres, conserve au British Museum sous le ἢ" 802- 805.

3. Le manuserit de 1700, conserv& au Musee Asiatique de Leningrad sous le n’ 33, dans la collection du patriarche Grögoire IV d’Antioche.

4. Le manuserit qui se trouve Moscou dans les archives du Ministere des Affaires etrangeres, copie sur le manuscrit de 1700, en 1859.

5. Le manusecrit du Musee Asiatique de Leningrad, autrefois l’Institut des Langues orientales, copie sur le manuscrit de 1700, en 1847.

6. Le manuserit de la Bibliotheque Publique de Leningrad, copie aussi sur le manuscrit de 1700, en 1849.

7. Le manusecrit d’Alep, qui se trouve aujourd’hui Alep.

8. Le manuserit incomplet appartenant a A. E. Krimski, qu’il a acquis du couvent de Sednaya, mentionne par Mourgos dans son ouvrage '.

9. Le manuscrit vu par Senkovski Aintour dans le Liban, chez Arid, manuserit ecrit en caracteres syriaques, comme c’est l’habitude chez les Maronites. Cette information est donnee par Mourgos et par Archiva Romä- neasca.

De ces neuf manuscrits nous en connaissons sept, les deux autres sont sans grande importance : un etant un fragment, l’autre, d’ailleurs introu- vable, ecrit en caracteres syriaques. Des sept autres manuscrits, trois &tant des copies du manuscrit de 1700, n’ont pas une grande valeur scientifique.

Il reste done le manuscrit de Paris, celui de Londres et celui de 1700. Etant donne que Mourgos a fait sa traduction sur les trois copies du manus- erit de 1700 et qu’il signale des lacunes qu’il comble d’apres la traduction anglaise de Belfour ἢ, les trois manuscrits done sont incomplets. Celui de 1700 sur lequel ils ont ὀϊό copies est aussi incomplet et ne peut servir grand’chose. Nous avons compar6 le texte du manuscrit de 1700 avee

1. Iyremreersie aurioxiiickaro warpiapxa Marapin 8} Poccim BB ΠΟΠΟΒΗΗΒ XVII s&eka.

Mocksa 1896, V, p. 177 seq. 2. Belfour, The Travels of Macarius patriarch of Antioch, London, 1829-1836, 2 vol.

14 AVANT-PROPOS. [14]

celui de Paris et cette comparaison prouve l’infsriorit® du manuserit de 1700.

Le manuscrit de Londres, d’une tres belle &eriture neskhi, est aussi plein de lacunes, consistant en l’omission des textes grees et arabes. D’apres la comparaison que nous avons faite, le manuscrit a de nombreuses fautes d’or- thographe, ce qui en rend la lecture diflicile.

Le manuscrit de Paris reste seul. Il sert de base A notre travail; nous le croyons le plus complet et sans beaucoup de fautes.

Il serait trop long de faire ici une comparaison detaill&e des manuserits que nous avons indiques. C'est l’objet d’un travail part!.

Le manuserit ἢ“ 6016 dela Biblioth@que Nationale de Paris, contenant le voyage du patriarche Macaire, forme un seul volume. La reliure en cuir, sans ornementations importantes, est moderne, faite plus tard que le manuserit, qui date probablement de la fin du xvır sieele. Il contient 311 folios en eeriture neskhi sur papier ordinaire. La feuille comprend 22 centimetres de long sur 15 centimetres et demi de large. Le texte comprend 16 centimetres trois quarts de long sur 11 centimetres un quart de large, avec 25 lignes la page.

Au commencement, sur la premiere feuille, on trouve : „äs'} „sl a5 19 deux fois, avec la signature probablement ——= Se, puis sur le premier

folio, le numero du manuserit 6016 ajoute par la bibliotheque au moment de l’acquisition, et cöte quelques mots indechiffrables.

Le premier folio verso commence par les mots : Salt 4} et le folio 311° finit par ul Δ 55 0}.

Selon la place que la description occupe dans le manuserit, il peut se par- tager en plusieurs parties :

L’introduction et l'histoire abr&g&e des patriarches d’Antioche depuis Theodore Balsamon jusqu’a Macaire, son ministöre comme me&tropolitain d’Alep et patriarche d’Antioche, jusqu’ä son depart pour Constantinople (OL FAR-IANE):

Le depart d’Antioche, la traversee de l’Asie Mineure, le sejour Cons- tantinople, le döpart et l’arrivee en Moldavie (fol. 12 =- 28'° ]. 5).

La description detaillde de la Moldavie (fol. 28” 1. 6 fol. 501. 5).

Le recit du s&jour en Valachie (fol. 501. 6 fol. 6%" 1. 14).

Le voyage dans la petite Russie jusqu’ä Kiev et dans la grande Russie jusqu’a Moscou, Novgorod et leurs environs, le retour Kiev et en Mol- davie (fol. 64" 1. 15 fol. 262° 1. 8).

1. ΟἿ. Basile Radu, Voyage du patriarche Macaire, etude preliminaire, Paris, 1927, p- 17 864.

[15] AVANT-PROPOS. 5

L’entree en Moldavie que le patriarche ne fait que traverser, puis la description de la Valachie (fol. 262" 1. 9 fol. 293" 1. 1).

Le voyage de Galatz Sinope, puis Unieh, la traversöe de l’Asie Mineure, l’arrivee Damas, l’accueil fait par la population et le elerg6, les dispositions prises cause de sa longue absence, la visite du dioc£se, etc. (fol. 293"-311"°).

le manuscrit est de deux copistes, sans date et sans nom de scribe. Onne saurait aflirmer avec certitude que la premiere partie soit l’original &erit par Paul d’Alep. Il reste en &tablir l’identitö, d’apr&s les textes &erits par lui, qui setrouvent Leningrad ou ailleurs.

La premiere partie comprend les folios 1"-230', la deuxi&me les folios 231”-311. Les titreset les notes marginales sont Ecrits par le deuxieme copiste ; cela indique que le premier n’avait pas mis les titres, se reservant de les 6crire a l’encre rouge, comme on le voit sur quelques pages : fol. 113", 134°, 135" ete. Le deuxiöme copiste a combl& cette lacune, en &crivant les titres dans la premiere partie l’encre noire et dans la deuxieme l’encre rouge.

Quant aux espaces libres qu’on observe, les uns doivent marquer la separation des chapitres, par exemple : fol. 4”, 4”, 11 ete...; d’autres sont reserves aux textes grecs ou russes que l’auteur avait l’intention de mettre et dont il a donn& la traduction, exemple : fol. 81", 111” au bas de la page, 112" au haut et au bas de la page, 115“ au haut et au milieu de la page.

Lestitresäl'interieur du texte et les noms propres sont &crits l’encre rouge.

La langue employee dans le manuscrit est le dialecte d’Alep, avec beau- coup de fautes de grammaire et de syntaxe, des mots dialectaux, rares, d’au- tres usites par l’auteur dans le sens de l’&poque. C’est pourquoi le texte devient difficile lire et traduire. Le lexique est tr&s varie et tr&s interessant. Il contient encore des mots turcs que l’auteur emploie pour certains termes qui ont besoin d’etre expliques, des mots grecs en caracteres grecs, quand il cite des phrases entieres, et en caracteres arabes, des mots parfois estropies, desmots roumains pour lesquels il forme le pluriel selon le type des qua-

drisyllabiques de la langue arabe : ‚L5 pl. „ES; οὐ pl. Sol; des mots estro- pies, ex. : „,65,)| pour „Km 0,J! qu’on trouve plus loin, fol. 261°, &erit eorrectement; „L,» (Uman, une ville en Russie) qu'il ecrit plus loin „L,1. I

serait trop long de faire une comparaison entre differents mots incorrects que Paul d’Alep emploie dans son ouvrage.

* *.x*

L’importance de l’ouvrage de Paul d’Alep, si nous laissons de cöte les exagerations de chiffres que nous trouvons un peu partout, reside dans le fait qu’il raconte ce qu’il a vu avec exactitude, parfois en detail, parfois tres

Eee

E &

16 AVANT-PROPOS. [16]

succinetement. La description des &venements historiques, des pays, des rögions, des villes, des villages, des eglises, des palais, des maisons, de ’habillement, des maurs, est faite avec preeision. C’est pourquoi cette ceuvre constitue un document externe de l’epoque d’un tres grand interet pour l’etude de l’histoire.

Les traduetions et leur valeur.

Le manuserit du voyage du patriarche Macaire a &te traduit diverses öpoques sur des manuserits diflerents. De nos jours, nous connaissons des traductions faites sur le texte arabe et des traductions d’apres ces traduc- tions.

1. La traduction anglaise faite par Belfour, The Travels of Macarius, patriarch of Antioch, London, 1829-36, 2 vol. in-4°, d’apres le manuserit de Londres.

2. La traduction russe de tout le manuscrit, faite par Mourgos, IIyre- inecrBie aurioiickaro marpiapxa Marapisı BB Pocci® BB ΠΟΠΟΒΠΗΒ XV Bbra, ΟΠ ΠΟΔΠΗΟΘΘ ΘΓῸ ChIHOM'b APXNTAROHOMB 1laBı1oMB ΔΙΘΠΠΟΝΗΜΈ, Iepe- Bob ©b apaöckaro Mockpa, 1896, d’apres les trois manuscrits de Russie : 1847, 1849 et 1859.

3. La traduction roumaine faite par G. Popescu-Ciocänel pour une partie du manuscrit de Paris, publiee d’abord dans « Buletinul Geografie » An. RRIX, τ Bucarest.

Les traductions faites sur les traduetions anglaise ou russe sont frag- mentaires. En dehors de celles qui sont mentionnses par Mourgos, pour la partie concernant la Moldavie et la Valachie, nous avons les traductions sulvantes :

1. La traduction roumaine du premier voyage en Moldavie et en Valachie, faite d’apres Belfour, par l’'historien roumain B. P. Häjdau, dans la Revue « a Istorieä », 1", 59-111, Bucuresti, 1865. 7

La traduction de ἃ. Negruzzi, d’apres Salaviev qui son tour l’a faite we l’anglais sous le titre : « Cälätoria arabului patriarh Macarie de la Alep la Moscva, prin Moldova si Tara Romäneasca », publiece dans la Revue « Archiva Romäneasca », Iasii, 1862, editiunea a doua, p. 140-164, tres incomplöte.

3. La traduction roumaine d’Emilia Cioran, faite d’apres Belfour sous le titre : « Cälätorille patriarchului Macarie de Antiochia in Tärile Romäne 1653- 1658 », Bucuresti, 1900. Cet ouvrage contient le premier voyage du patriar- che en Moldavie et en Valachie, reproduit d’apr&s la traduction de B. P. Häjdäu, avec certaines corrections, et son deuxi&me voyage en Moldavie et en Valachie, apres le retour de Moscou, fait sur le texte de Belfour.

1

[17] AVANT-PROPOS. 17

D’apres la comparaison que nous avons etablie, ces traductions n’ont pas une tres grande valeur, parce qu’elles sont faites seulement sur certains manuscrits qui, eux-m&mes, n’ont pas une valeur certaine.

La traduction de Belfour abonde en lacunes et en fautes de traduction, concernant l’identification des noms propres, des termes ecel&siastiques employ&s par l’auteur assez fr&quemment pour la description qu'il fait: en un mot, il a laisse de cöte les diflicultes serieuses qu’il rencontrait dans le texte et les passages qui lui paraissaient inutiles.

La traduction de Mourgos est meilleure sous tous les rapports. Le traducteur s’est efforce de rendre tout le texte; mais, comme il utilisait des manuscrits contenant des lacunes, il fut oblige de traduire d’apres Belfour les passages qui lui manquaient, croyant que celui-ci donne dans certains endroits la traduction entiere du texte arabe. Ainsi s’explique pourquoi les lacunes que nous trouvons dans la traduction de Mourgos sont aussi nom- breuses que celles de la traduction de Belfour.

Il a utilise seulement les manuserits mentionnds par nous, sous les A, 5 et 6, manuscrits abr&ges, negligeant le manuscrit de Londres qui, en depit de ses lacunes et de ses fautes, represente un instrument de travail utile pour la comparaison, de m&me le manuscrit de Paris qui &tant complet et bien erit est un instrument de travail plus pr&cieux encore.

La traduction roumaine, faite par G. Popescu-Ciocänel, pour le commen- cement du reeit, jusqu’ä l’arrivee du patriarche Phanar dans la ville de Constantinople, et pour la derniere partie du manuscrit concernant la fin du voyage en Valachie, quand le patriarche fut de retour de Moscou, est sans valeur, parce que l’auteur, sans parler de ses fautes de traduction, identifie tres mal les noms propres et ne connait pas les termes employes par Paul d’Alep dans ses differentes deseriptions. Il passe sur les diflicultes d'une maniere trös l&göre, de sorte que sa traduetion ne peut &tre d’aucun secours aux historiens.

Le texte arabe de ce voyage n’a jamais &te publie, peut-&tre pour le motif que l’original n’a ὀΐό trouve nulle part. Les traducteurs, n’ayant eu que des copies contenant des erreurs et des lacunes constatees par eux-memes, n’ont pas os& entreprendre un travail qui, au point de vue scientifique, n’aurait eu aucune valeur.

Constantin Bacha a publie un fragment du manuserit de Paris, collationne avec celui d’Alep, dans un livre intitul6 : ie" vn. Sy! Spin ἀπὸ

PATR. OR. T. ΧΧΙΙ. F. 1.

18 AVANT-PROPOS. [18]

« Extrait du voyage du patriarche Macaire d’Alep ». Ce livre contient la premiere partie du voyage, selon le manuserit de Paris, onze folios et la der- niöre partie, quand le patriarche retourna Damas, venant de Russie, selon le manuscrit de Paris, partir du folio 303” 1. 1 folio 311"° 1. 10.

Le texte est plein de changements chaque page. L’auteur a voulu corri- ger les fautes d’arabe de Paul d’Alep, supprimer certains mots inutiles et en ajouter d’autres. Il a eu tort, parce que pour donner toute son importance au manuserit on doit le laisser tel quel : au point de vue linguistique, c’est un document remarquable.

Le texte que nous publions est celui du manuserit de Paris, collationne avec celui de Londres et celui de 1700.

Les notes que nous donnons au bas des pages sont nöcessaires pour P’in- telligenee du texte et de la traduetion. Pour ces notes, j'ai utilise en premiere ligne celles que j’ai trouv6es dans les traduetions susmentionn6es, et d’autres tirees des ouvrages &critsen roumain et en francais par M. N. lorga, professeur l’Universite de Bucarest, et qui forment, pour la partie du voyage en Moldavie et en Valachie, de pr&cieux instruments d’information.

Basıile Raprv.

Paris, 29 decembre 1926.

ῈΞ Io, N IN TAN ϑ ΑΝ :

al LK lasyy N us ale za May Sul ΔΝ αὐ Λυρῦὶ

Sal GA Izaey 1i 1941 ἐμ LE Wen νὰ Sl elnkal »El tal > ll) Gola Just; ala gl τσ u ως οὐ "Ὁ Οὐ" „u u ee Calss νὸν Je gl al nis ml ii Sy Or] ee ὦν Al u) el ae IE Am

sl on lau) N ud El τ 5]. οἱ μὰ E92] RR ESP BREIT) EUER SL EN οὐυθο, SIR BER)

1. L om. „as; add. : σοί ρο! als, a. Le manuscrit de Lgrd de 1700 omet le

titre. Dans une des copies conservees au Muse Asiatique sous le n’ 932 on trouve le

fire: a1 01. NEN us. 2. Lgrd 1700 om. Uas, ;. δ᾽ Ian IS | (2,9

"Au nom du Dieu unique, eternel, sans commencement et perpetuel Nous lui demandons secours.

INTRODUCTION

I. Morırs DU VOYAGE.

Louange Dieu qui a orn& le ciel et l’a @leve sans colonnes, qui a etendu la terre et l’a faite pour l’habitation des hommes et pour la croissance des fils de notre pre Adam, de sorte qu’ils sont devenus des peuples innom- brables et s’y sont multiplies. Ils y ont construit des villages, des villes et des cit6s dans chaque climat, contree et region, au sud, au nord, l’orient et l’oceident. Louange digne de sa souverainete et qu'il convient de pr&- senter sa divinit toujours, en tout temps, continuellement, perpetuelle- ment et dans tous les siecles.

Ensuite, moi, humble serviteur, celui des hommes qui a le plus besoin de la misericorde de Dieu mon Seigneur, Paul, appel& archidiacre ou diacre orthodoxe d’Alep, j’etais fils legitime du pere le plus distingue, le plus saint, le trös honore et tres estim& Kyr, Kyr Macaire, patriarche d’Antioche, fils

Ketol 1EVr

ale afol IL NZ.

20 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [20]

ds ar a dl Ay a u ee N ae gl ie Jar EN oe bi EAN yeal ἀν L eb οἷς le Sl all dan Sul 5 u Ge ala οἱ “ς „ls πο Οὐ ϑὶ za ὧν. 8 ὧν 5 Αδαδ le ale σὰ Is 2 Οἱ «lin ah εἰς, „ee el üle es GL ill ἐν Li NN Gin ζλλω ag Ey ya ill El ya] oe Asyl Age ill a oa N as ana aa al, All Lil U Su u |

ben Gb Yo Y Gun Ci Y δ σαν τοῖς ει ee EI pl zes Ay ul Y LE, AU Ir le δὴν zo Bus SEN sul I Ayla il Au Über) ZSÄN cl οἷς οὐό

1. L habet : Ge

du defunt prötre Paul, fils du pretre Abd-Elmasih, El-Protos, connu sous le nom de la famille de Za'im. J’ai ete eleve dans l’intimite la plus continuelle avec lui, et nulle autre compagnie ne me plaisait tant que la sienne, parce que toujours, depuis le temps οὰ je fus sevr&e par la mort de ma mere, il endura pour moi bien des fatigues, et je n’eus autour de moi nul autre qui dissipät mon chagrin. Je me nourrissais de ses paroles r&confortantes, buvant toujours l’eau de ses instructions douces qui desalteraient. Je lui ob6issais en toutes choses, et ou il etait, j'&tais toujours en sa compagnie, tout le temps sans me separer de lui.

Lorsqu’il fut elu et devint metropolitain d’Alep pendant douze ans et apres qu'il fut elev6 au siege du patriarcat d’Antioche de Pierre, siege de premier rang, qui est &etabli aujourd’hui dans la ville de Damas de Syrie, il ne cessa de le diriger pendant un certain temps, dominant la situation par ses justes conseils et sa ferme volonte, jusqu’ä ce que la main de la Providence le conduisit travers des pays lointains, des villages, des iles, non comme un spectateur qui se promene, ni comme un visiteur, mais forc6 par les diflieultes du temps, pouss6 par la necessite et non de son bon gr& et cela lorsque nombreuses 6taient les dettes qui pesaient sur le siege patriarcal, dettes laissdes par le defunt patriarche Eutbyme de Chio. Elles avaient augment6 par l’accroissement de nombreux interöts, au point que les fideles n’eurent plus le moyen de les payer parce qu'elles s’&taient &levdes

[21] INTRODUCTION. 2

Se Sole 5} Wal οἷς ng ΟἹ ba SU EES Aa Ten a | N ον} SE a el el, an „al a u Las 5 Als AU le = de y, Kl al ie ΠΝ ul CE ul el u ee 59». ς 2)» ἣν ΠΡ ΠΡ 2 ge u 2 de! Bi A inc)

ΤῊΝ Al) a all Ἐς os Sale ZU, 4. οι] a en ἘΠῚ τ ll el 53 or Au) are πὶ» | Ναὶ ae οἱ ls ae zus re ee 63) Ογ 6} οἱ τὸ τῷ &5 Als o φῇ 2 5 οὶ ἘΞ ale]! seh > Se 429 w. se ὧς er £,) el

“luiy 55 Amy all) yuae A, ie Kell VI, es a 29 En) «599 «ἰδ U US .». ἰδ! zes a ul zul a se

1. L habet:: DE

consid6rablement. Il fut rendu perplexe par cette situation precaire et en eprouva une inquidtude intolerable, mais il ne trouva cela ni remede, ni secours, ni solution. Il se mit faire eflfort et s’engagea dans la voie de l’endurance *et de la perseverance. Il se proposa de partir et de s’engager sur les routes penibles et difliciles qui menent aux sentiers agr&ables, je veux dire les mers immenses et debordantes, qui ne sont autres que les gens aux vertus elevees et aux caracteres exquis, secourables aux malheureux et genereux envers les suppliants. Ce sont les rois assistes [par Dieu], victorieux, et les princes, les voivodes pieux, celebres par leur vraie religion et leur loyale fidelitt que Dieu &ternise leur dynastie, conserve eternellement leur empire, aflermisse leur existence et les soutienne dans l’horizon de leur haute situation! [Il voulait] demander l’excellence de leurs bienfaits et de leur generosite d’acquitter ses dettes et de l’aider aflermir la religion. J’ai vu en ce temps-lä que je devais etre pour lui un compagnon capable de partager la fatigue et la peine du voyage et de la route. Nous nous sommes pröpares avec l’aide de Dieu et nous nous sommes deeides partir.

C’est alors que l’un de mes amis intimes, vraiment sincere dans son allec- tion et son amiti6 pour moi, le frere respecte, cultive, excellent, honorable, unique de son temps et de son &poque, je veux dire le diacre Gabriel, fils du döfunt Constantin Assäyegh, d’une intögrite et d’une education parfaite,

ἘΤΟΙ 2000

EIFOL SIEH

22 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [22] οὐκ ὕπο, Je u ol Οἱ 5, μῶν GO a Ge N μὲ A m ie LE iu GV BE 015 0 Ba re EI we Big sbY| SU le u AS obeh NY) ns es οἱ «οὐδ ul iu EISEN

ἐν le se οἱ ll LS EL Ga a μαι μῶν! 65 > ph se εἰν στον! ia Een u PO EEE ze Ne nn ex Ya. Er Sy san au is Sb I, es I ll se ον as Ba au EI ee Ay El, sale „El Loser οἱ οἱ ass län a) Wels Lats ol ὧδ ae „el Se in Kam bes EU ey lu zu πῶ gell U ll as > ὁπ üy «Ὁ Ha SE al et tie ὁἱ οἱ Ja τ u EL s las

d’une science Sup6rieure, m’exprima le desir de me voir composer une histoire qui contiendrait la relation de notre voyage jour par jour durant toute notre absence, la description des diverses choses des pays que nous devrions parcourir pour que tous pussent contröler l’exactitude des r&eits qu’ils enten- draient ce sujet et des allusions qui y seraient faites. Je m’excusai aupres de lui, m’avouant incapable d’ex&cuter pareil travail et d&pourvu des qualites qui convenaient ce but, c’est-ä-dire l’art de la syntaxe et du style et la bonne ordonnance des phrases, que possedent les &crivains de talent, les seigneurs honorables. Je lui demandai de m’exempter de ce qui m’etait impossible, surtout parce que nous voyagions avec fatigue et avec häte. Il n’accepta pas de moi cette excuse, insista dans sa demande et y persövera. Alors je r&veillai mon Energie, je tendis ma main vers le but, non pour me classer dans la liste des historiens, mais pour allirmer les choses nombreuses qu’on niait aux rapporteurs et que personne ne croyait, car on pensait que l'auteur, les rapporteurs racontaient des legendes qu’ils inventaient; je voulais constater de mes propres yeux la verite de leurs r&eits et l’entendre

de mes oreilles. De fait, cette v6rite fut confirm&e chez moi, non seulement

en partie, mais tout entiere, c’est-A-dire que je la remarquai de mes propres yeux quand nous partimes pour le pays des chretiens. Alors nous vimes tout ce que nous raconterons, c'est-A-dire tout ce que nous constatämes dans le cours de la route et pendant notre s6jour la-bas, jusqu’ä notre retour dans notre pays οὐ nous &cerivimes. Car cela avait toujours &t£ ma preoccupation

[23] INTRODUCTION. 23 m οὐὐ Se δ ἰῷ bl LS Lillen “Ὁ: ll (οἱ ge ὁ» el. Y 5 > LS οὐ «δ᾽ cal sel] © ab wu a we οὐ π σε ΠΡ X al τε π'Π Πῶς ον ἐμ. σοί u) al All a5 Se gel ἐν aus U el ὡς All > als «UV! an all u sl Οὐ ραν, μον οἰ is 5, 88. a le ae u τὰν a υοὶ er ee de il et N ζῶ Be N N a EN Zn San ul Al Sl 8 οἷο de ls ll eh KAo sl „ls u ὧς Su Δ el 63 ll solijl νὰ gu sa au\aall οἱ. N 5. Ἐπ Gr ge a WI al Ag el 5.3.9

des mon enfance, de lire et recueillir les chroniques. Je les ai longuement parcourues et m’y suis appliqu& de toutes mes forces; j’en ai rassembl& tout ce que jai pu, y employant tout mon zele et mon pouvoir. Je souhaite que cela soit un agr&ment pour le lecteur et un divertissement pour l’esprit, et que le Dieu Tres-Haut soit lou&e par ceux qui l’&couteront * et le liront quand ils auront compris les descriptions, les r&cits interessants qui y sont renfermes, et que les chretiens en retirent toutes sortes de biens. Ils apprendront ce qu'il ya chez ces eroyants de nobles coutumes, leur application la beaute de la devo- tion dans la plus large pers&verance et leur recherche de la perfeetion dans la pratique des jeünes et des prieres successives, la purete de leurs sentiments religieux, la sinc6rite de leur foi, la droiture de leur conduite, la limpidite et la purete de leurs intentions, de leur conscience et de leur g&nerosite, c’est- ä-dire ce que nous decrirons et pröciserons plus tard : c’est ce que nous avons pu voir de nos propres yeux, puis nous le commenterons. Mais j’ai aime, pour honorer mon pere, citer d’abord les patriarches d’Antioche qui Pont precede et qui furent dans la ville de Damas de Syrie, depuis-les temps les plus anciens jusqu’a maintenant : nous demandons l’assistance et le secours de Dieu le Tres-Haut Createur, dont grande est la dignite.

Il. TRANSFERT DU PATRIARCAT D’ÄNTIOCHE A Damas.

Nous commencerons d’abord avec la direction du Tres-Haut, dont l’ex-

cellence est parfaite, par examiner les causes de l’etat du patriarcat dans

la ville de Damas de Syrie. Lorsque fut &lu mon appui, monseigneur le

μ ΡΣ

οὐ νοὶ ΤΙΝ

24 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [24] Sa Ken . ὭΣ ἘΠΕ ΠῚ te LS δ Ἐπ οἷ Ca

ἘΣ au Mt BT ans e «40! en ὧι ud gu Jen! N al Cl au ar & ri) «οἷ Am Ss a «ἵν gl ee ΩΝ el ὅτι Us 9 zeUl a lo

patriarche sur cette ville, comme il en sera fait mention detaillee par les nouvelles connues, je consultai tous les livres du palais patriarcal, puis ceux qui sont dans les maisons des notables chrötiens, pour trouver les causes du deplacement du patriarcat de la ville de Dieu la grande Antioche, la ville bien proteg6e de Damas. Mais je ne parvins pas mon but et je ne contentai pas mon desir. Je passai alors l’examen des ehroniques ancien- ennes, poursuivant le but propos& et recherchant le motif et la cause, jusqu’ä ce que m’apparüt ce que fit le roi Az-Zähir Bibars Al-Boundougqdäri, sultan celebre d’Egypte ', lorsqu’il se dirigea vers [Antioche] en l’an 666 de l’hegire,

1. La Syrie, conquise par les Arabes sous le calife Omar en 635, [αὖ reconquise en 969 par les Byzantins sous Nieephore Phocas. Ensuite elle passa dans les mains des diffe- rents chefs revoltes, puis elle fut conquise en 1084 par les Tures seleucides qui la perdirent pendant la premiere croisade, 3 janvier 1098. On fonda la prineipaute d’Antioche sous Bohemond. En 1187, le Sultan d’Egypte Saladin conquit la plus grande partie de la Syrie. Le 19 mai 1268, elle fut conquise par le sultan Bibars. Aprös, elle passa sous la domination des Mamelouks qui reculerent devant l'invasion de Timourleng. Le sultan Selim I conquit la Syrie, qui depuis cette date resta une province turque.

Le territoire conquis par les chevaliers de la premiere croisade forma le royaume de Jerusalem, la principaute d’Antioche, le distriet d’Edesse et de Tripoli. Au patriarcat d’Antioche appartenaient la princeipaut& d’Antioche et les deux distriets et en 1191 on ajouta a la conqu£te 116 de Chypre. Le premier patriarche latin lu vers 1100 fut Bern- hard, ev&que d’Athesie, originaire de Valence, et le dernier fut Christian qui mourut devant l’autel en martyr quand Bibars conquit Antioche. La ville fut oceup6e et les &glises devastees. Les patriarches latins continuerent seulement nominalement.

Les patriarches grees, apres Jean IV, residaient Constantinople ou dans un dioc&se queleonque du patriarcat. Au xır® siecle ils rösidaient probablement en Bithynie. Sous Michel Pal&ologue (1261-1283) le patriarche Euthyme vint Constantinople. Apres 1268, Antioche eut de nouveau ses patriarches avec la residence Damas. Le Quien, Oriens Christianus, 11, 756-776.

Apres la conque&te de Bibars le patriarcat d’Antioche fut transfer A Damas. Pour cela on tint un synode compos& de chrötiens et de 7 prelats : les mötropolitains de Hauran, de Baälbek, et les ev@ques de Zabdani, de Sednaya, de Ma'aloula, Yabroud, de Qära et un tres grand nombre de chrötiens. Manuscrit du Musee Asiatique de Lenin- grad, ἢ" 29, pag. 180, 1. 20-23. Sur la conquete ottomane cf. Dictionnaire d’hist. et de

| [25] INTRODUCTION. 25

ee li ae za ul. de 55 dl BY dan zur u da Sy al di yo se ul N Le 1.0 ὍΝ οἷα Yale del al gs dan χὰ θὲ la) ale zul on (SUSE de 29 US a an Yan UI ac Sy ya ag Le ὁ» οἷόν ὧἱ gel Is ΟἹ balyl gl AM Ile ol de lb κα me Jul Lule= üb 1,Xus Pants >! I di lag IV οἷς ποθ ne) ἀκ τς Ξ 3 lol) EV ον Js Aleäll, Ομ! Aura m en Ele 2 τ πὶ de lu El a Al ig dem ph ac) Lie ὡς de τοῦ Aal Wall, JUN elle Int, Gl BES er ΟΣ PER EP rule) Fl nl rl an a AR les Lit “os Yy Vl Ais Y dl al Se Wal κύων de »Ἱ ἐὼν

comme il est &crit dans les chroniques, sans que s’y attendissent ses habi- tants, car ıl vint d’Egypte en häte et descendit au debut du mois de ramadan. Un groupe de ses habitants alla lui, demanda gräce et proposa des conditions qu’il n’accepta pas et il marcha contre elle. Il la conquit le samedi 7 de ramadan.

On.a dit : lorsqu’il descendit devant elle, lui et ses generaux ainsi que ses soldats s'imaginerent qu’elle ne pourrait ötre conquise qu’apres une anne entiere et que son siege serait sans profit. L’arm&e resta trois jours devant

- ses murs et voulut installer les balistes pour le siege. Les soldats dresserent

les echelles en bois contre les remparts et monterent, mais ils ne trouve-

‚rent personne combattre. Ils occuperent donc la ville pendant la nuit

linsu de ses habitants. Ils pillörent les biens, les effets, les chevaux, les chameaux, les esclaves [hommes et femmes] en quantite indeseriptible et incal- ceulable. Ils ne recueillirent nulle part un butin aussi riche, et 115 tuerent plus

de quarante mille habitants. Ils incendierent ses eglises celebres dans le

monde entier, les detruisirent completement, reduisirent en esclavage le reste de ses habitants et les emmenerent en Egypte ou ils trouverent l’ordre, la protection et le bonheur. Une autre histoire dit : ce qui arriva Antieche et A ses habitants, de dommage et de malheur, les langues ne peuvent le

geographie, vol. III, col. 635. Sur le transfert du patriarcat d’Antioche Damas, cf. Die Ueberträgung des griechischen Patriarchats von Antiochien nach Damascus in XIV Jahrhundert dans laRevue de Paderborn : Theologie und Glaube, 1911, t. III, p. 372- 379, cite dans le Dietionnaire d’hist. et de geogr., col. 631.

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ΠΟ ΘΟΥΡΝ

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20 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [26] culsg ι 239 {π|τ9 en ἐπ (dal 3,» au > & ὧι ὌΝ ra ala gl. LE εν A αἱ A U A ee τὺ] «οἷ [N 5,2) =? In οἱ δ. ul ls εἰ ΑἹ al Al da us Ni weil U IR 08 Jasyl Als u Οἱ οἱ le st μον DE ὁ» del ol ie auch A il 35. a A ας Sal as 5. Saal ων ed a οἱ us Ss) Jin SUN Su τ Sin lg a ἴα] ἐς ον μὸ ma I El τὰ Can rar rl plug Ma line οἱ κῶς 5 A) ὅλ E55 eis da ul π᾿ Opus ἀζω Sl sy da ζω ἘΞ n 55... a οὖν! u di ἽΝ Re ἘΠ τ ale & ey kin EN Se en Gy 1. L habet : ἘΠῚ

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deerire, ni les manuscrits les contenir, * parce que le [vainqueur] a ἀόραββό toutes les bornes en frappant la ville, en la detruisant, en chassant ses habitants, en ruinant les &glises et en rasant les vestiges, en dispersant les chrötiens tant en Egypte que dans d’autres pays. Nous en avons assez dit läa-dessus pour la convietion du lecteur.

Pour ces raisons, je fus convaincu que les chretiens n’eurent plus la force d’y retablir le siege du patriarcat selon l’usage habituel, et il me parut evident que la cause de ce deplacement provenait de cette situation troubl&e. Lorsque je fus arrive la certitude apr&s beaucoup de peine et-de travail, une autre decision fut renouvelede en moi et je redoublai d’ardeur, je cherchai savoir qui [αὖ le premier des patriarches Damas. J’esperais trouver une histoire continue et detaillde οὐ serait mentionnee la succession des divers titulaires et la dur&e du s6jour de chacun d’eux. Je ne l’ai pas encore rencon- tr6e, mais j’ai vu des histoires separdes dans leslivres anciens et veridiques, qui contenaient la mention de tous, ladurde du gouvernement de chacun d’eux

jusqu’ä notre &poque, et leur totalite, je veux dire de l’annde 6874 d’Adam

l’annde 7156 de la er&eation du monde, l’annde ou mon pere fut elu patriarche. Je me suis eflorc& de r&unir ces parties separdes, d’en faire une histoire con- tinue et exacte. J’ai done presente avec soin dans le recueil la mention des premiers patriarches d’Antioche depuis saint Pierre, chef des apötres, jusqu’ä Elie et Christian ', patriarches latins, qui furent patriarches Antioche, lors-

1. Sur Rlie et Christian, ef. Le Quien, Oriens Christianus, vol. Ill, col. 1161-1162.

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[27] INTRODUCTION. 27 ao da Gl all RR & a ge er 95: [πὶ «sl «5 ‚IL, | lo Bel ad τ. a Is μ a Ans Ir ΠΣ a) Ἵν = τς «᾽ ἀς Br τὴν ugılal a > = u) Br m ne Isle Aw au «δ en us Lig lei 5 bin Lues 36 al Bol «δ᾽ ἜΣ ET en N un οἷς ΠΣ sub; δε ὅλο SL, lass bie N N An Rs «δ᾽ en) 5: BISPN LTR 3% ange] Ya ig) & - Y) en ala 3 es & ν et οἷς ..5.}.} SE au 155 US all AU] τ 98 αἱ “Ἢ Pen elule SR τ Ξ- or Br» el us te us Se Us 2) Er el ae 0 a N 1 5 I amd! All

1. L habet : ...95}}}9- 2. 1, habet : a, 3.L add. Ὁ.

quelle fut conquise par les europeens frangais en l’an 1274 de I’Incarnation

divine et dans l’an... de la creation du monde. Et apres eux, lorsque les musulmans conquirent la ville d’Antioche comme le mentionnent les histoires de l’Eglise que nous avons traduites du latin, on π᾿ pas connu les patriar- ches qui y siegerent, except& quatre qui sont : Theodore Balsamon ', men- tionne dans le code des canons grecs, d’abord diacre et bibliothecaire de Sainte-Sophie, la grande eglise de Constantinople, et apres un certain temps elu et consacr& patriarche sur la tres grande ville de Dieu, Antioche, et sur tout l’Orient, puis Joachim en l’an..., ensuite Hierothee en l’an..., enfin Athanase en l’an... * Apres ceux-lä nous n’avons pu r6tablir l’histoire des

patriarches d’Antioche, ni avec les chroniques europ6eennes, ni avec les

greceques, ni avec les arabes. Leur fin eut lieu le jour de la conquöte du roi Az-Zähir, comme nous l’avons mentionn& pour la ville d’Antioche.

Depuis cette &poque, les informations manquent completement, parce qu’il n’a pas paru un nouveau chroniqueur pour continuer l’histoire des savants de la religion chretienne, tout cela par suite des nombreux soucis et chagrins de la eaptivite et de la misere qui frapperent les chretiens. J’ai vu cela ala fin

1. Theodore IV Balsamon dans Le Quien, op. cit., vol. Ill, col. 763. Il occupa le siege du patriarcat d’Antioche entre 1185/1191 apres 1195. Dietionnaire d’histoire et de geographie, vol. III, col. 699. 2. Hierothee, Le Quien, op. cit., vol. Il, col. 76. Joa- chim 1°, Le Quien, op. cit., vol. II, col. 76. Dans le Dict. d’hist. et de geogr., ces trois patriarches sont omis, parce qu’ils n’ont pas de dates (col. 699).

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28 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [38] ΠΝ ey 8. ee 0125 ao ala SYS ol Eee ον Sc Gi Sl Al a5 Abs Al wol ir ll 5 de N he

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1. L habet : a.

d’un ancien livre « la grande Encyclopedie » faisant partie des livres de Qärä, 6crite par le moine Pimen Damas, qui l’avait termine le 18 avril de l’an 6724." d’Adam qui correspond [dans le comput] des Arabes la fin de Dhoul- Hiddjat de l’an 604, c’est-A-dire au temps du grand patriarche Simeon d’Antioche'.

Voilä ce que j’ai pu r&unir dans les livres d’histoire de l’Eglise et ce que nous avons trouv6 dans nos livres et dans les histoires des Latins.

J’ai reuni tout cela et en ai fait un livre part pour instruire tous ceux qui le consulteront, parce que je ne puis ici le reproduire, de peur de sortir du sujet que nous nous proposons.

III. Histoire DES PATRIARCHES D’ÄNTIOCHE.

En ce qui concerne le premier patriarche qui a röside dans la ville de Damas de Syrie, jai vu dans certains livres du palais patriarcal une tres ancienne histoire &crite par le feu patriarche Michel. Il dit ceci::

1. Const. Bacha donne quelques dates sur les trois patriarches que Paul d’Alep laisse sans date : Balsamon resida Constantinople et mourut en 1202; Joachim de m&me jus- qu'aux croisades en 1204, ensuite il partit pour Nicde, vint Antioche et y resta jusqu’en 1212, sous la protection du prince Boh&mond IV. Hierothee suivit Joachim et resida A Nicee avec le roi et le patriarche de Constantinople. 1] mourut en 1220. Athanase qui fut avant Balsamon resida Constantinople et vint Äntioche en 1161 pour bönir le mariage de l’Empereur grec Emmanuel avec la sur du prince d’'Antioche Bohemond III et resta a Antioche jusqu’en 1170 lorsque des grands troubles eurent lieu dans cette ville (di, p- 13, note 1).

[29] INTRODUCTION. 29

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1. L habet:: Jr.

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« Debut de l’installation du patriarcat Damas la bien gardee.

« Lorsque le patriarche Ignace ' mourut Chypre, fut installe patriarche apres lui Pacöme ? mötropolitain de Damas. Il y siegea pendant deux ans et fut depose. A ce qu’il semble, c’est lorsque le roi Az-Zähir fit sa conquete, que Ignace s’stait enfui d’Antioche Chypre ou il mourut comme il a ete dit. »

Mais revenons notre sujet.

Apres Pacöme, Michel® devint patriarche en l’an 6877 de la creation du monde. Il resta sept ans et mourut le 17 aout l’an 6881 de la creation du monde. Pacöme s’installa patriarche apres lui. Il resta deux ans et fut

1. PourIgnace, cf. Le Quien, Oriens Christianus, vol. 11, col. 766; Dietionnaire d’hist.

et de geogr., vol. III, col. 699, qui-le met sous le nom de Ignace Illavant novembre 1344- avant 1359. En ce qui concerne sa fuite Chypre, Const. Bacha dit que le recit de Paul d’Alep est faux, parce qu’il participa en 1341 au synode de Constantinople contre Gregoire Palamas. Cela resulte de l’epitre lue par le metropolitain de Tyr au synode qui s’est tenu en 1851. Il vivait encore et fut expulse de Constantinople sur l’ordre de Jean Cantacuzöne. Il mourut en exil et n’alla pas Chypre qui etait soumise aux croises Sa p. 15, note 1). 2. Pacöme, connu sous le nom de Pacöme I, occupa le siege du patriarcat d’Antioche trois fois : avant 1359-1368; aoüt 1375-milieu 1377; avril 1378-19 dec. 1386. Dietionnaire d’hist. et de geogr., col. 631 et 699. Cf. Le Quien, op. cit., 601. 767-788. Iei il faut une petite rectification en ce qui concerne la date de 19 decem- bre proposee par M. Karalevskij dans le Dietionnaire d’hist. et de geogr. Il s'agit de la lecture d’apres les manuscrits de Paris et de Londres qui est : μον = change en gel &2 19, mais en realite c'est 9 decembre. 3. Michel I” occupa le siege de 1368-17 aotıt 1375, Dietionnaire d’histo’re et de geogr., vol. III, col. 631 et 699. Le Quien, op.

eit., col. 767. D’apres la date indiquee par Paul d’Alep, 6881, comme l’an du deces du

patriarche Michel I, en retirant 5508 parce que nous sommes avant septembre le com- meneement de l’annde ecelesiastique, il nous reste 1373, mais d’apres la duree de son

- patriarcat qui est de sept ans, il faudrait admettre la date de 1375.

80 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [30]

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1. L habet : „Sy. 2. Lgrd 1700 habet : u; quelques lignes plus bas, nous lisons correetement κα, 3. L habet : le. Ξε 4. L habet : kur) στ habet : bl. 6. L habet:: sr.

depose aussi. Puis vint le patriarche Mare' de Constantinople Damas. Il resta deux ans et mourut le 10 avril l’an 6886 de la er&ation du monde. Apres lui, Pacöme devint patriarche. Il mourut le 9 decembre de l’an 6895. Niles® devint patriarche apres lui. II mourut le 11 janvier en l’an 6903. Puis fut install& le dernier patriarche Michel’, fils de Michel le metro- politain de Bosra, le dimanche 7 fevrier de l’Enfant Prodigue en l’an 6903 du monde, seize jours apr&s la mort du patriarche Niles, six ans et un mois apres la mort de son pere Michel, metropolitain de Bosra, et vingt et un ans et demi apres la mort de son oncle Michel, patriarche d’Antioche. Il est l’auteur de ces informations et les a crites de sa main. Il a vu ce qui se passa sous Tamerlan qui pilla ses ornements, les objets mobiliers et l’argent de l’eglise.

1. Mare I" occupa le siege du patriarcat au milieu de 1377-10 ἀντὶ! 1378. Dietion- ς naire d’histoire et de geogr., col. 631 et 699; cf. Le Quien, op. cit., qui l’appelle Mare Il, vol. II, eol. 767. On voit done qu’ici les dates sont donnees d’apres la traduction russe de Mourgos. 2. Dans les deux manuscrits, il y a une erreur de copiste, car nous lisons Niles. D’apres le texte il s’agit d’une seule lettre mal faite, 5% la place de IM occupa le siege patriarcal au debut de 1387, jusqu’ä la date indiquee par Paul d’Alep : 11 janvier 1395, Dietionnaire d’hist. et degeogr., col 631 et699. Le Quien, op. cit., vol. I, col. 768. 3. Connu sous le nom de Michel II, occupa le siege patriarcal le 6 fevrier 1395-18 avril 1412 (?). Dictionnaire d’hist. et degeogr., col. 631 et699. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 768. La date de 18 avril, d’apr&s les deux manuscrits de Londres et Paris, doit ätre rectifi6e en 8 avril, parce que par confusion on a lu „is url au lieu de or γκὰ dont il faut tenir compte.

[31] INTRODUCTION. 31 15 LS νὰ in Si ὁ» ΣΟΙ ade Ui Ay AU Ze sh als GV Eee N. A oe | ee θλα 415... est ἰοῦ, Ay az ia Le aid m, ed Al) nV Au ἀκοῦν οὖν} Au u Jay 35% er I τ Go wa ὁ. 38 «οὐ! «9 sp va Gb An „los

Nee I ἀκοῦν ΟὟ a ὅν al URS al aa 5 ΣῈ οὐ Φαρο Se ΟΣ] 5 U! A ee ee οὐ ai ‚de NE Ir 8 A οόον! ar „6 re Zi.

1. L habet : bl=*. 2. L habet:: ver:

Il s’enfuit Chypre en l’an 803 de l’hegire et eerivit cela le 9 δοὺξ de l’an 6912 du monde. Nous avons copie ces dates dans un manuscrit eerit de sa main, comme nous l’avons mentionne. Il porte apres [αἱ l’&criture d’une autre main. Il mourut le 8 avril, l’an 69... J’ai trouve A la fin d’un ancien Epistolier, faisant partie d’un legs pieux, dans Mahradat la bien gardee, l’&criture du defunt patriarche Michel, et comme date le commencement de decembre l’an 6905 du monde.

Apres lui, Pacöme' de Hauran, ancien metropolitain de Homs, devint

patriarche, le dimanche 1 juin l’an... * Il mourut le dimanche 9 octobre l’an * fol. 1.

6921 de la er&ation du monde.

J’ai trouve aussi A la fin d’un ancien livre ceci : en l’an 6933 du monde, mourut monseigneur le patriarche Kyr Joachim " d’Antioche, et dans un autre livre que Kyr Marc’ oczupait en 6935 le siege du patriarcat d’Antioche. Il

1. Les auteurs de la chronologie despatriarches d’Antioche, Jean Ajjeymi etBraik, se

sont servis de Paul d’Alep. Dictionnaire d’hist. el de geogr., col. 631 et 699. Ce Pacöme

est connu sous le nom de Pacöme 11. Le Quien le compte comme Pacöme Ill, parce 4} a suivi Päcöme Il. C’est une erreur. Le Quien, op. cit., vol. Il, col. 768. 2. Joachim occupa le siege A’une date inconnue. Il mourut en 6935 (1427). On prötend que Joachim I resta jusqu’en 1424-1425. Dietionnaire d’histoire et de geogr., col. 631 et 699. Si nous admettons la date finale, 1427 est plus probable. Cf. Le Quien, op. eit., vol. II, col. 768, qui l’intitule Joachim III. 3. Marc II. On peut stablir seulement la date de 1427 de Paul d’Alep. Dietionnaire d’hist. et de geogr., col. 631 et 699. Le Quien, ἼᾺ cit.,

vol. 768, le connait comme Marc.

32 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [32]

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1. Lgrd 1700 habet : a2. 2. L habet:: N. Lgrd 1700 habet:: HN. 3. Lgrd 1700 habet : 191°, erreur du copiste. ;

vivait au temps de Kyr Joseph patriarche de Gonstantinople, de Kyr Philothee patriarche d’Alexandrie et de Kyr Thöophile patriarche de Jerusalem. En l’an 6943 du monde, Kyr Dorothee! de Sednäya la bien peuplee et &eväque de cette ville etait l’administrateur du siege d’Antioche. Pendant sa vie, eut lieu le coneile chez les Europeens dans la ville de Florence, coneile auquel assisterent Jean, empereur de Constantinople (qui n’&tait pas encore conquise par les musulmans), Kyr Joseph patriarche de Gonstantinople ainsi que tous les prelats, Antoine metropolitain d’Heraclse reprösentant du patriarche d’Alexandrie Kyr Philothse et Isidore metropolitain de Kiev et de tous les pays russes, le representant du patriarche d’Antioche Kyr Dorothee dejä mentionne, Dorothee de Monembasie representant de Kyr Joachim patriarche de Jerusalem, en l’an 6948 du monde qui correspond l’annee 1448 " de Incarnation et l’an 843 de l’hegire. Ge patriarche est mort le jour de la föte de la Nativite de la sainte Vierge le 8 septembre 6960 de la ereation du monde, qui correspond au 10 chaban de l’annde 855 de l’hegire.

10) orothee I, 1434/35 8 septembre 1451. Dietionnaire d’histoire et deaeners col.

632 et 699. Pour les details cf. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 778-770. 2. L’an 1448 doit &tre corrige en 1440. C’est une erreur du ER dans les deux manuscrits : celui de Londres et celui de Paris. Mourgos et Const. Bacha admettent 1440. Const. Bacha, op. eit., p. 17 note.

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[33] INTRODUCTION.

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«65. πὶ δ ον τι ἘΠ a SEN ἘΞ am 5% \eluly zer 99 : + fol. kV’. 1. U habet:: yöp. 2. Lhabet : 3). 3. Lhabet : \ul=.*. 4. L habet:

ler. 5. L häbet : hl. 6. Lgrd 1700 habet : (ὐλ35)99.

La communaute elut apr&s lui comme patriarche de la ville de Damas de Syrie le pere Kyr Mare, l’eveque de Sednäya, le mardi, jour de la fete de la sainte Croix, au commencement de l’annde 6960 de la creation du monde, en presence des seigneurs les prelats : Joachim mötropolitain de Bosra, Cyrille metropolitain de Beyrouth, Marc metropolitain de Hosn, Jean metropolitain d’Euchaites, Ephrem metropolitain de Hama, Michel &eveque de ZabdJäni, Joachim &veque de Yabroud, Macaire &veque de Qärä, Arsene e&veque d’Akkar, ete... Ils lui donnerent comme nom de patriarche celui de Michel '.

En l’an 7006 du monde, pendant le mois de septembre, le siege patriarcal etait dirig& par Kyr Dorothee’, connu sous le nom de Ibn Säbouni.

*En l’an 7032 de la erdation du monde, Kyr Michel Ibn al-Mäwardi occupa * fol. ν". le siege d’Antioche®.

1. Michel III. 14 septembre 1451/56. Dietionnaire d’hist. et de geogr., col. 633 et 700; cf. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 770. Const. Bacha cite une lettre adressce par les patriarches Marc d’Alexandrie, Michel d’Antioche et Joachim de Jerusalem au Pape Pie II, par l’intermödiaire de Moise Djabalat, en date du mardi 11 avril 1459 (de, p. 20 et 21,

note 1). 2. Dorothee II Ibn As-säbouni, avant 1484 apres 1500. Dietionnaire d’hist. et de geogr., col. 636 et 700. Le Quien, op. eit., vol. Il, 90]. 770. Const. Bachaaflirme qu'il a trouve un 6vangeliaire arabe dans la bibliotheque du Saint-Sepulere sous le 11 &erit en l’an 7008 (1500) au temps du patriarche Dorothee d’Antioche (ὃ εξ p. 22, note 1). Nous remarquons la difference de dates entre les donnees historiques et la date de Paul d’Alep 7006 (1497).

La serie des patriarches est interrompue dans l’expos& de Paul d’Alep. Le Quien donne, apr&s Dorothee I, Michel II, Theodore V, Mare et Michel IV. Op. eit., vol. II, col. 770. Karalevskij donne les patriarches suivants : Dorothee I, Michel III, Mare ΠῚ, Joachim II et Michel IV. Dietionnaire d’hist. et de geogr., art. Antioche, col. 633-634 et 700.

3. Michel V, Ibn al-Mäwardi, vers 1523/1524 apres juillet 1529. Dietionnaire

dhist. et de geogr., 601. 637 et 700; cf. Le Quien, op. cit., vol. Il, col. 770.

-PATR. OR. T. XXI. Εἰ 1. 3

34 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [34]

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En l’an 7049 du monde lui succede au siege d’Antioche le patriarche Kyr Dorothee'. Il fut destitu& dans le synode qui eut lieu Jörusalem pour des choses qu’il commit et des actes illicites. Ils le remplac£rent par Kyr Joachim. Cela eut lieu au temps de Jerdmie [patriarche) de Constantinople, de Kyr ‚Joachim [patriarche] d’Alexandrie et de Kyr Germanos patriarche de Jerusa- lem, qui tinrent un synode contre lui, lorsqu'ils visiterent Jerusalem ἢ.

En l’an 7062 du monde, le titulaire du siege d’Antioche fut Kyr Joachim’ et, ainsi qu’on nous en a inform& dernierement dans le pays des chretiens, on

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a dit de lui qu’il resta patriarche soixante-dix ans. lei se terminent les renseignements historiques sur les patriarches defunts, qui siegerent dans la ville de Damas. Et ce fut avec une peine inouie que je

Const. Bacha, en se basant sur deux manuserits quiil cite, conclut que ce patriarche Michel Ibn al-Mäwardi occupa le siege d’Antioche avant la date menlionnee par Paul d’Alep. Dans la bibliotheque de Paris dans un ancien livre arabe sous le 147, on trouve le nom du patriarche Michel d’Antioche au 19 mars 7030 (1522), et dans la biblio- theque de Londres un livre syriaque 418 ou l’on trouve le titre du patriarche Michel : Michel patriarche de la ville de Dieu, la grande Antioche et tout l’Orient, le 10 novembre 7042 (1533). Il a vecu apres cette date. Cela rösulte d'un livre ancien de Hosn qui fut Lrouve par ee Cheikho ou estla date de 7047 (1539) al’occasion d’une dispute pour la fete de Päques (5,3. ‚P: 22, note 2).

1. Dorotliee ἦι, ? 1530/1531. Dietionnaire d’histoire et de geogr., cul. 636 et 700. Ci. aussi Le Quien, op. cit., vol. II, col. 770. 2. Pour la visite de Jerusalem, Const. Bacha, Sim, p- 23, nole 1. 3. Connu sous le nom Je Joachim III, compötiteur en 1527, 1530/1531 - avant πον. 1534. Dietionnaire d’histoire et de geogr., col. 636 et 700. Le Quien, op. eit., vol. Il, col. 770. En ce qui concerne le temps de son regne, il existe vraiment une confusion avec Joachim patriarche d’Alexandrie, comme observe Mourgos dans son livre « Voyage du patriarche Macaire » (en russe), vol. V, p. 187.

[35] INTRODUCTION. 35 er A| > Ay All Ayan Ann ui le A „el ὁ. Ua > τ Sal el da As any δὴ La air 14,55 Ua Lane μο ἘΠῚ all Ally lang LSy 5,5 ἴω.» lm an δῷ Ge se m 2.9 = SE Pl SP, as μὰν Hguey ala BY u du ἘΣ ον γὴν ii κρέας 9} 0.0 ER Aal ee | Sy he El hl an ὧν ll Le übe ln au Lage Jim u σὸς BEN el; ns ei, JS as > EIS we ame us dl) er Us Many A: κοῦ MY Al aa ὅτ "5 Gl οὐ ἘΞ Says συ el AS Le ge (Ὁ τ, Se le Se I

1. ἽΝ 1700 add. 2. Lomet ..5. -- 3. L habet : Je. 4. Lgrd 1700 habet : 1.323.

r&unis ces renseignements, täche que je n’ai accomplie qu’avec l’aide de Dieu. Celui qui trouvera apre&s nous d’autres documents sur eux, qu'il les ajouteä ce reeueil. Ils seront pour lui des intercesseurs dans ce monde et dans l’eternit£. A la suite de cela viendra le reste de l’histoire des patriarches. C’est un recueil mötliodique dont les parties se suivront les unes les autres telles que je les ai redigees, ou telles que je les ai trouvdes. Je l’atteste par le Dieu dont jimplore l’aide. En l’an 7051 du monde, mourut le patriarche d’Antioche Michel ', celui * qui partit pour visiter Jerusalem en l’an du schisme (?) qui eut lieu parmi les * fol. 5 τὸς chretiens, l’an 7047, laissant l’interimaire Kyr Joachim * metropolitain de Beyrouth connu sous le nom de Ibn Djoum’at, qui fut metropolitain A Beyrouth pendant onze ans. Ε De son temps eut lieu le saint coneile local οὐ il reunit tous les prelats pour le mariage des filles chrötiennes. Ils determinerent la dot, l’argent comptant, les biens immeubles, ete... et ils excommunierent quiconque deso- beirait ce qu'ils deereterent. Cela fut publie sur le linteau de la porte de la grande et aneienue eglise de saint Cyprien et sainte Justine. Il fit paraitre de

1. Michel VI Sabbägh, avant 10 novembre 1534-1542/1543. Dietionnaire d’histoire et de geogr., col. 637 et 700; Le Quien, op. cit., vol. II, col. 770. 2. Joachim IV Ibn Djoum‘at, competiteur de 1540, 1542/43 apres fevrier 1575. Dietionnaire d’histoire et de geogr., col. 637 et 700. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 77, le met comme Joachim V 1664. Il faut remarquer qu’il y a une diff6rence d'un an entre la date du texte et celle _ qui est proposce par Karalevskij dans son article.

90 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [36] Yo Gay dd Cr οἴ Sl El er wa υὺ A] λα οἵ ag 8 οἱ ar HM WAS dal, lb NV εὐ ee Ey Bit 39 ΠᾺΡ an 3 Am SEN 9 il Ten gun ul] EI gu un lK ae κα

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4. Lhabet : be. 2. Lgrd 1700 habet : &ey2. 3. Lgrd 1700 habetl : a 4. L habet : =.

la part de trois patriarches des anathömes comme confirmation de ses paroles. C’e&tait un homme superieur qui resta patriarche trente-trois ans. Il y avait eu entre ui et Ibn Hiläl', eveque de Qärä, une contestation pour le patriarcat et le susdit Ibn Hiläl mourut longtemps avant Ibn Djoum’at, qui finit sa vie apres lui en l’an 7084, et fut enterr Damas.

A sa place [αὐ mis Macaire de Hama, eveque de Zabdani. 1] regut le nom de Michel? et resta au patriarcat quatre ans, puis il fut döpose A la suite de querelles dont il fut l’auteur. Les discordes et les intrigues durerent un an parmi les chretiens.

A sa place devint patriarche l’an..... Dorothee, nomm& Daou, metropolitain de Tripoli, qui regut le nom de Joachim’. Il partit pour les pays chretiens ou nous allämes et οὐ nous vimes son portrait. Il revint et fut patriarche douze ans. Le patriarche Michel de Hama mourut quelques annses avant lui dans 1116

1. Macaire II Ibn Hiläl, antipatriarche, 1543 (?)-1550 (ἡ). 2. Michel VII, avant juin 1576-25 decembre 1592 A janvier 1593. Dietionnaire d’histoire et de geogr., col. 637 et 700. Le Quien, op. eit., vol. II, 60]. 771. 3. Joachim V Daou, antipatriarche. avant 25 mai 1581 - 7/17 octobre 1592. Dietionnaire d’histoire οἱ de geogr., col. 639 et 700. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 771, le nomme Joachim VI. Joachim fit des voyages en Russie pour faire des collectes. Il traversa la Moldavie et donna a Georges Moghila, quand celui- ei etait öv&que de Rädäuti, une icone en 1587, qu’on conserve encore dans le couvent de Sucevita. Son voyage a Moscou ne fut pas heureux, parce qu'il ne fut pas regu comme les autres patriarches. N. lorga, /storia Biserieii Romäne, vol. I, p. 258. Paul

d’Alep a vu son portrait Kiev.

a re νον νυν, νὐνελλδιν .....-Ὅὖν. 5 ν΄ ἡ.

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[37] INTRODUCTION. 37 05} u 8 ΠῚ Αϑς SL εἰ ἀν 489 ωϑ:- Ἐν “55 „5 \yb,: 5 saw EI, ga On All ωϑ εξ» εὐ Aa yo Ady du ‚is a ale “5 ss ol Kal era 55},.} Kal ἦγ} ἅω X ων 485 Gb oslans 2.0 „Ss [007 ω,- ἘΣ ΕΣ ..)55».» rn ξ-"} ol «5 Sys sie Gl se & αἷς θ΄ οἷ gi N ey οὐ Ge ‚el, & ὧϑ939 9.» > (9 ζ:-..9 Br οἷ AS sal) ὧἱ 5! r ΚΆΡΗ Aa 0332 a oh er Lob LEE en le Ss le A, ol> se Cl u ee RR bl pe ge)! γ-.

1. Lgrd 1700 habet : 1.5. 2. Lgrd 1700 habet : VI+T,

de Rhodes ou il fut enterre. Le susdit patriarche Joachim partit pour le pays de Hauran. Il y [αὖ tu6 comme martyr et enterre lä-bas. Apres lui, le siege resta pendant une annede entiere sans patriarche jusqu’ä ce qu’on eüt elu Asa place Kyr Joachim metropolitain de Homs, qui est Ibn Ziäde '. Joachim resta patriarche onze ans et perdit la vue. Sa grandeur pr&para dans son temps le saint chröme et le consacra selon l’usage le mercredi saint? de l’an 7102 du monde qui correspond l’an 1003 de !’hegire. Lorsqu’il devint aveugle, l’agi- tation contre lui alla en augmentant au temps du Cheikh Georges Ibn Samou- rou. A sa place fut elu patriarche Kyr Dorothee connu "sous le nom de Ibn Al-Ahmar, le Damasquin, qui l’avait consacr& de son vivant mötropolitain sur la maison patriarcale. Puis Ibn Ziäd& partit pour ’Egypte et mourut dans le couvent du Mont Sinai et il y fut enterre. Le patriarche Dorothee resta patriarche huit ans. I] mourut dans le village de Hasbaya Wadi at-Tim ety fut enterr6.

On mit apres [αὶ Athanase ἡ, nomm& Ibn Dabbäs, le Grand, mötropolitain

_ de Hauran. Il resta patriarche huit ans. Dans son temps il y eut des desordres

1. Joachim VIIbn Ziäde, avant fevrier 1593-160%. Dietionnaire d’histoire et de geogr., vol. III, col. 639 et 700. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 772, le nomme Joachim VII. 2. C’est une erreur, parce qu’on pröpare le chr&öme le jeudi saint, non pas le mercredi. Cf. Manuserit de Leningrad πὸ 29, p. 185", 1. 10 le patriarche Macaire donne jeudi. 3. Dorothee IV Ibn Al-Ahmar, 1604-1612. Dictionnaire d’histoire et de geogr., vol. III, p. 640 et 700. Cf. Le Quien, op. cit., vol. II, col. 772. 4. Athanase IT, Ibn Dabbäs, avant fin aoüt 1612-1620. Dietionnaire d’histoire et de geogr., vol. III, col. 640 et 700. Το Quicn. op. eit., vol. II, col. 772. Apres Athanase il faut placer Ignace III Atiye, 10/24 mai 1620 vers avril 1634 (ibid.).

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ΣΟΙ 8°.

38 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [38] IE οὐ» οἱ οἱ 55 ua EN le ee oe a8 2. & ee ob se" a eb ie SA 5 ΟἿΌΣ os κῶς Eye al 0155». alle ALS al zn „lo Syla abe igul Ian ul pgilel sbas ara ed] οὐ | a Ile Οἱ πὲ ὁ. We nl ge il aus al as au Je de in οἱ Sala ill Ay Puls all gl Ab Le gl ls len a ee N A δ hal οἱ οἱ ZN el Us U u ae Ban og! el U EU Se u ll N! ας Ey! N le IS I Ge ρος, al μεν

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1. Τιογὰ 1700 habet : el >». 2. Lgrd 1700 habet : ἐγ Ὁ: 3. Londres: 3. τ

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et des intrigues nombreuses jusqu’ä ce qu’il mourüt pendant le grand Caröme dans la ville bien proteg&e de Tripoli. Il fut enterre dans le couvent * de Kef- tin en dehors de cette ville.

Apres lui son frere Cyrille', mötropolitain lui aussi de Hauran, devint patriarche sa place dans Tripoli, le dımanche de la Samaritaine. Le meme jour, fut consacre Ignace metropolitain de Sidon, connu sous le nom de Atiy6, comme patriarche de la ville d’Antioche, dans la ville de Constan- tinople par Timoth6ee sans qu'on connüt la consecration de Ibn Dabbas A Tripoli. Ignace vint comme patriarche Damas et entre lui et le susdit Cyrille eclaterent des disputes et des querelles nombreuses et röpötees et il en resulta de serieux dommages pour les chrötiens, durant sept ans. On fut oblige de reunir tous les prelats du diocese d’Antioche chez l’emir Fakhreddin

1. Cyrille Dabbäs, antipatriarche, 10/24 mai 1620-1627. Dietionnaire d’histoire et de geogr., vol. III, 60]. 640 et 700; cf. Le Quien, op. eit., vol. II, eol. 772. 2. Fakhreddin II (1585-1635). L’emir ma'nide Qorqmas laissa apres sa mort un fils äge de deuze ans. Sa mere, pour le soustraire aux poursuites des Ottomans, l’eleva au Kasrawän dans la famille de Khäzin. Apres la mort de son pere il fut dmir sa place. Lammens, Syrie, Beyrouth, 1921, p. 71-72. Le sultan Mourad IV (1623-1640), le conquerant de Bagdad, voulut en finir avec l'indocile vassal'ma 'nide Ahmad-pacha, gouverneur deDamas, etl’at- taqua avec des forces considerables. Ali, le fils de l’&mir, fut surpris Wädihaim et succomba vaillamment. Les forteresses tombaient l’une aprös l’autre. Il se refugia Chäqil Tiroün. Apres une resistance, il dut se livrer Al’ennemi. Enchaing, il fut conduit

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Ibn Ma’an, gouverneur de ce pays syrien, tr&s connu, car il sympathisait beaucoup avec les chrötiens et &prouvait beaucoup de pitie& pour eux. Avec sa permission ils tinrent un synode dans le village de Ar-Räs pour examiner leurs opinions A tous deux et pour faire prevaloir la plus juste d’entre elles. Cyrille desirait cela. Mais lorsqu'ils lui envoyerent un messager pour l’inviter ä assister au synode, il ne voulut pas se presenter. Il avait fait eprouver aux chretiens de Damas beaucoup de pertes d’argent. Mais avec l’autorite de l’&mir on envoya le chercher et ’amener de force de Damas. Ils tinrent contre [αἰ un synode et deeiderent sa deposition et son 6loignement en s’appuyant sur des dispositions imp6rieuses des saints canons et surtout parce que c’6tait arriv6 sans le consentement des habitants du diocese et cause du mal et des preju- dices qu'il avait causös aux chretiens en general. Ils ecrivirent Ja minute de ce synode local et ce qu'ils y deeiderent en fait de canons et de lois en suivant les synodes ant6rieurs. Cela est jusqu’a present dans la bibliotheque du patriarcat et aussi chezl’humble qui &erit ces lignes. Quant au susdit Cyrille, l’emir Fakhreddin Ibn Ma’an se courrouga contre lui et l’envoya en exil äla eelebre grotte du moine pres Ju village de Hermel au pays de Ar-Räs; la fut son tombeau en l’an 7135 du monde. Le synode confirma le patriarcat pour

a Damas et puis a Stamboul. A la suite d’une victoire remportee au Liban par son neveu, l’emir Molhem, il fut condamne mort. Ses idees etaient tr&s personnelles et aucun ne put comprendre la grandeur de ses projets.

Avec son neveu l’&mir Ahmad, s’eteignit sa dynastie en 1697, parce que celui-la ne laissa pas de posterite. Lammens, op. cit., p. 88-90. Cf. aussi N. lorga, Geschichte des osmanischen Reiches, vol. Ill, p. 470. Sur les sultans de l’epoque et la table chrono- logique de l’&mir, Lammens, op. eit., p. 9.

ΠΟΙ

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40 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [40]

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1. Lgrd 1700 habet : aslaial!. 2. Lgrd 1700 om. wel. ὃ. Lgrd 1700 habet :

VieT, 4, Lgrd 1700 habet : (344. 5. L habet : sy“;

Ignace. Il resta gouverner le siege pendant sept ans, au d&but de la guerre ottomane avec l’&mir Fakhreddin Ibn Ma’an deja mentionne et pendant les troubles qui survinrent alors dans le pays. Et tandis que le patriarche Ignace fuyait de Sidon Beyrouth en se cachant sous un deguisement militaire, les Druses le tuerent mi-chemin pres du fleuve Ad-Damour, sans le reconnaitre, en l’an 7143. Il rendit son äme et [αὖ enterre au-dessus de Beyrouth dans un village appel& Chouefat.

Aussitöt la nouvelle arriva Damas et de la Alep par des courriers Kyr Melece, 'metropolitain d’Alep, connu sous le nom de Karme, de Hama, qui avait ὀτό moine dans le couvent de Saint-Sabas Jerusalem et qui de vint Alep. Par amiti6 pour lui et cause de ses enseignements anim6s, les habitants d’Alep le conduisirent Damas pendant la vie du patriarche Atha- nase Ibn Dabbäs et avec leur approbation celui-ei l’&lut metropolitain sur οὐχ, le jeudi 12 fövrier de l’an 7120. Alors il revint Alep et y resta m&tro- politain pendant vingt-deux ans. Il fit paitre son troupeau dans les päturages du salut comme il fallail * et apr&s que la ville d’Alep eut et@ appauvrie en chrötiens, depuis de nombreuses anndes on n’en connait pas les fideles y vinrent de tous les pays, de toutes les regions qui l’entourent, lorsqu’ils entendirent la beaut6 de ses enseignements divins et ses paroles

[41] INTRODUCTION. Λ1 | ar a) el γι Br seh ες: 19515}.9 \gs3 Io „er)s gas ir A le 5. Ta ze al HE Ya a le en ὥπρο

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1. Lgrd 1700 omet er 2. Lgrd 1700 habet : =". 3. Lgrd 1700 habet :

el. A. Lgrd 1700 om. E&

excellentes, ainsi que ses sermons viviliants. Ils s’y transplanterent, ils y lleu- rirent et produisirent des fruits, progressörent, et se maultiplierent. Il enrichit la pauvret& de leurs ämes par les richesses spirituelles, il les rendit heureux par sa bonne administration temporelle; il bätit une maison &piscopale merveilleuse, d'une construction soign6e, pourvue de nombreuses commodites, aux murs elev6s, splendide par son ensemble et solide sur ses bases. Il la con- sacra aux prelats qui lui succederent. Puis il y eut entre lui et Cyrille, le patriarche Ibn Dabbäs, des querelles nombreuses et des pertes consid6rables pour les chretiens. Il subit pour cela des peines diverses : il fut emprisonne dans la eitadelle d’Alep pendant douze jours; il fut oblig& de partir pour Cons-

- tantinople, afin d’obtenir des ordres imp6riaux. Il continua depenser ses

forces et faire des demarches jusqu’au jour οὐ le susdit Cyrille fut tu6, comme nous en avons ci-dessus mentionn& la cause.

Apres la mort du susdit patriarche Ignace, comme nous l’avons expli- que, et l’arrivee des messagers de Damas chez lui Alep, des son election par les Damasquins, il se rendit chez eux. Ils le firent patriarche et le nommerent Euthyme. Lorsque commeneerent paraitre dans le diocese les €clairs de ses lumieres qui brillerent l’horizon du ciel de la religion chretienne, les soleils

_ de ses vertus par l’el&vation de sa Jumiere, il fit beaucoup d’eflorts pour rendre

12 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [42]

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1. Lgrd 1700 habet : „N. 2. Lgrd 1700 om. _S!. 8. Lgrd 1700 : „nl. 4. Lgrd 1700 habet : b, =.

heureux tout son diocese par sa bonne administration et par la droiture de son jugement, pour les diriger et les conduire tous dans le chemin de la vertu. Peu de temps apres, un malheur lui arriva, une maladie connue le frappa et la mort le saisit. Il &tait depuis sept mois au patriarcat, mais son espoir ne fut pas decu, pas plus que ses previsions, parce que, comme l’a annone& Celui qui est toute sagesse, le fils veridique naitra pour la vie et de ses vertus on recueillera les fruits de justice. Et cette parole fut accomplie exactement par ce pere vertueux et ses deux fils, c’est-A-dire ses deux &löves qu'il avait adopt6s et qu’il avait engendr6s par l’esprit, comme [ἃ dit l’Apötre. Dans les deux rangs et dans les deux endroits il les laissa sa place, savoir le premier d’entre eux le pretre Jean, fils du pretre Paul, le genereux, respecte, que Dieu le sauvegarde et eternise sa prösence, car ill’avait loue et designed comme meötropolitain d’Alep, apr&s avoir quitt6 cette ville et combien etait beau ce poste! parce qu’il l’aimait beaucoup. Des sa jeunesse il &tait son elöve, il l’ordonna diacre, cure et prötre, il l’öleva au rang de confesseur. Le deuxieme prötre etait Melece deChio, le peintre, qu’il ft venir du couvent de Saint-Sabäs de Jerusalem pour decorer l’eglise avec des icones, puis il fit de lui son successeur, le consacra patriarche pendant sa vie et Τὰ] donna le nom d’Eu- thyme ', au moment de sa propre mort. Ges deux fils suivirent son chemin beni,

1. Euthyme II Karme, debut de mai 1634 debut de decembre 1634. Dietionnaire d’hist. οἱ de geogr., vol. III, col. 641 et 700. ΟἿ, Le Quien, op. eit., vol, II, col. 772.-Sur

[43] INTRODUCTION. h3 So) Au) Au) mn Las] Sg a, el ον! le αἷδρ use ce Au dA ᾿ οἷν al >) αὐλῶν «leg

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1, Lgrd 1700 habet : \»!. 2. Lgrd 1700 habet : La.

ilsse conformerent A ses bonnes indications et ses heureuses orientations, ils furent heureux et contenterent leur troupeau en le rendant heureux. Sa mort arriva le jour de la föte de la Circoneision, au commencement de l’annee. Que Dieu le Tres-Haut* ait pitie de lui et lui accorde sa misericorde!

Apres lui fut installe comme patriarche Euthyme le Chiote', le magna- nime, au mois de decembre l’an 7142. Il resta au patriarcat treize ans moins quelques jours.

IV. MacAIRE ELU METROPOLITAIN D’ÄLEP.

En ce qui concerne la question des habitants d’Alep, les pretres, les notables, le elerg& pieux avec les autres chretiens se r&unirent le jour de la fete de la Croix, au commencement de l’an 7144 du monde, dans le palais metropolitain. Ils elurent le susdit cure Jean, mon pere, comme metro-

la vie du patriarche Euthyme Karme, cf. manuscrit ἢ" 30, fol. 25-35". C’est une bio- graphie tres interessante mais incomplete. Macaire, patriarche d’Antioche, l’auteur de cette biographie, disciple de Karm&, aurait pu ajouter encore bien de choses tres utiles sur la vie religieuse et sociale qu'il connaissait tres bien. 1. Euthyme III le Chiote, fin decembre 1634 debut de decembre 1617; apres lui vient Macaire III Za'im, 12/22 decembre 1647 12/22 juin 1672. Dictionnaire d’hist. et de geogr., col. 642 et 700; ef. Le Quien, op. cit., vol. Il, col. 773. [οἱ il faut rectifier la date de l’election du patriarche Macaire, qui change aussi Ja date de la mort du patriarche anterieur. 1] s’agit seulement du mois, mal lu par Mourgos dans son ouvrage : le Voyage du pa- triarche Macaire, vol. V, p. 193,1. 20. Il alu 12 decembre. En realite, d’apres les manus- erits de Paris et Londres fol. 2, 1.4 et Constantin Bacha, Zuxtrait du voyaye du patriarche Macaire d’Alep (en arabe), 1916, p. 54, nous lisons : el error

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* fol. 6 v”.

A VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [44] io yplul AS 55 (595 Äl ul] hs Ley) aelyl αὐρζι = Ay el los Οἱ Any ehe AS Aus, am InoH3 al «6] \onisy al en τον sie (1, ER a τ Ni abs ag Alan σου bl) ἀν U 55 35 ον EN οότ 5 le Lily 5 el Es, Su, zu se 9.5, [SE aus an Wels; 6}. EI οὐ a el “9

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1. Lgrd 1700 habet : „ysy&&. 2. L habet : «σ᾽

politain avec le consentement des pretres, des grands, des notables οἱ des autres chretiens ensemble. Ils &taient d’aceord et contents. 115 l’en- voyerent avec la caravane Damas et le firent accompagner de prötres et de laiques. Apres son arrivde en bonne sante et en s&eurite, le patriarche Kyr Euthyme consacra mon pere seigneur metropolitain d’Alep, le dimanche 27 octobre, et a cause de sa grande amitie eten consideration du defunt son initiateur et son ducateur, ille fit catholicos, inspecteur de son diocese, exar- que, c’est-A-dire son representant, son gerant sur le pays d’Amad et ses envi- rons et sur Antioche, le siege du patriarcat, et ses environs. On lui permit de celebrer la messe s’il y venait. Puis il revint, ainsi que ses compagnons, Alep avec une grande joie. Les chretiens l’aceueillirent et le recurent avec bonheur, respect et allegresse. Il y resta metropolitain pendant douze ans entiers, suivant les traces des seigneurs anterieurs, qui ont une renomme6e excellente. Il conduisit les chrötiens dans les päturages du salut, accomplis- sant tous les commandements du Dieu Trös-Haut sans defaut. Π les dirigea par son habilete et son heureux gouvernement. Il marcha comme ceux qui l’ont preeede, ou mieux encore, il augmenta le bien-ötre et le bonheur plus que par le passe, lorsqu’il couvrit les chretiens de son aile comme l’aigle couvre ses petits,

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[45] INTRODUCTION. 45 dr ἘΝ (als 11. “ΕἾ AL. τυ νιν > WERE, ὧς So, I al «99

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1. Lgrd 1700 om. t+£9 au sy... 2. L a la note marginale : Be] gi! ΠΥ ῖς ὃς e Sy. 3. Lgrd 1700 habet : Baur ἧς L om. a0& SL τες 5. Lgrd habet : 1700 L&. 6. L habet : u“.

V. - ÄRRIVEE DU SULTAN MourAanp A περ en 1049.

En l'’an quatre de son Episcopat qui est l’an 7147 du monde et 1049 de ’hegire, le sultan Mourad arriva de Constantinople Alep avec une armee. Ily entra le jeudi 12 juillet, avec l’intention de partir pour la ville de Bagdad

_ alin dela conquerir. Toutes les communaut6s chretiennes sortirent et le regu- rent avec diverses 6tofles de qualites precieuses en les d&ployant sur les bords de la route; elles avaient avec elles leur pere et seigneur mötropolitain, les prötres et les autres chretiens avec les diflerents corps de metiers, depuis Khan Toumän jusqu’ä la place du Midän. Ce jour fut un jour celebre qui comptera dans la vie des peuples et qui sera mentionne dans les äges futurs jusqu’äla fin des siecles. La sultane europsenne, son &pouse, l’avait devance de trois jours avec son cortege de carrosses. Il resta seize jours Alep. Ce fut beau, comme un röve, parce que par sa presence l’abondance arriva, tout devint fertile. La ville n’eut besoin de rien malgr&ö les nombreux soldats qui l’accompagnaient et qui ressemblaient par leur multitude ala pluie tombante, Puis ils se diri- gerent tous vers la ville de Bagdad par milliers qui döpassaient la mesure et _ les nombres, jusqu’ä ce qu'il y arrivät par sa puissance. Il hissa sur elle le _ drapeau de la victoire et de la gloire; ıl y resta quarante jours, l’assiegeant

tal a Zur?

"fol.

46 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [46]

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ἘΝ le en: οἱ τὸ δὴ τὰ er ei en La) UN us all Km a! os 4,3 a ee Jo Ur. a Ab ω aver) ω sr ὧν 35 ἐς δ᾿ Dre > aa Sl es ER = en s“ 1. Lgrd 1700 \,&, erreur du copiste. 2. Lgrd 1700 :5,1.J1. 3. Lgrd 1700 :

A. Lgrd 1700 habet : „==. 5. Londres habet "=: pro ἀα». 6. L habet : erreur du copiste. 7. Lgrd 1700 habet : sy“=.

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2

sans negligence et sans pr&occupation, et il la conquit ets’en rendit maitre de

7. Ja main de Güzel Pacha par la force. Il fit passer beaucoup de ses habitants au

ΠῚ de l’eEpse. Les nouvelles Sal qui annoncaient la vietoire se repan- dirent dans tous les pays. Tous le feterent sept jours avec une grande joie, puis il revint son siege vietorieux. Il resta Constantinople une demi- annde et mourut, devenant l’habitant de l’eternite. Apres lui regna son frere le sultan Ibrahim '.

En l’an cing de l’Episcopat de mon pere, le 9 aoüt, vint a Alep le pere et seigneur patriarche Kyr Euthyme de Chio et apres lui ses amis. Il ordonna le cur& Joseph d’Alep mötropolitain d’Akkar et de Rahbe et l’envoya dans les pays des chretiens habites et vastes. Lorsque celui-ci arrıva une ville nomm&e Putivl? pres de Moscou et Korop, il passa dans la miserieorde du Dieu Tres-Haut et dans la societe de son Maitre. Le seigneur patriarche resta a Alep presque cent jours entiers et, apres avoir pergu la dime, il en sortit le

1. Apres le sultanMourad, oceupaletröne le sultan Ibrahim, qui n’a pu jouer le rölede

son predecesseur cause de sa vie desordonnde. A la suite d'une conspiration entre les

Boustandgi-Bachis et Walides, le sultan fut fait prisonnier et ex&cuts etle bourreau recut 50 ducats. Telle [αἰ sa fin. Pour les autres details de son regne, sa cour, sa person- nalitc, son temps, ef. N. lorga, Geschichte des osmanischen Reiches, vol. IV, p. 35-53.

2. Putivl etait la douane entre les Cosaques et Moscou. (Juiconque venait d'un pays

6tranger devait y passer. Buletinul Comisiumei Monumentelor Istorice, Bucuresli, an, Ν, 1012; Ρ.. 118:

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48

[47] INTRODUCTION. 47

Jeies 4255 ει [se bssles slu> Οἱ slesss ne 5. Sl 5,u>

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1. Lgrd 1700 habet : „o-I=".

mardi 22 novembre de l’annee. Il partit avee Sa Grandeur mon p£re, et moi, je l’aceompagnai. Nous lui fimes nos adieux Hama et nous revinmes - enrichis de ses bönödictions.

VI. LE PELERINAGE A JERUSALEM.

Dans la septieme annde de son &piscopat, c’est-ä-dire en l’an 7150 du monde, il partit pour le pelerinage de la sainte ville de Jerusalem en compagnie de soixante personnes d’Alep, parmi lesquelles il y avait des pretres et des diacres. Ge [ut un beau pelerinage qui restera m&morable dans les sieeles futurs. Nous l’avons accompli avec joie et allögresse spirituelle, avec glorifica- tion et celebration de messes, avec la louange et les prieres qui s’unirent pour la psalmodie et le chant. Nous faisions avec les habitants de Jerusalem une grande, nombreuse et abondante caravane. Ils nous suivaient; ils marchaient 'sinous marchions, et s’arretaient quand nous nous arretions.

A Qärä nous les quittämes et nous nous dirigeämes vers Yabroud οἱ nous

_ visitämes ses 6glises majestueuses dans le monde, les cellules de saint Conon le jardinier, des excavations dans une montagne, je veux dire celuiqui empri- sonna les d&mons dans les cruches. Ses jardins sont nombreux et celebres, ses fruits sont delicieux. Comment n’en serait-il pas ainsi ils sont cites et louds dans la sainte Bible ou l’on dit : « comme des jardins Pamphylia », car tel etait son nom dans l’ancien temps.

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48 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [48] Sage Il aus LS οὐ Yan οὗν ΜΔ], κόρ οὐ Lil lie

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1. Lgrd 1700 om. ‚lb. 2. Lgrd 1700 habet : ἰς:». 3. I.grd 1700 habet : „Ib. 4. Lgrd 1700 habet : 6x2 5. Lgrd 1700 habet : Li.

De Ἰὰ nous sommes venus Seleucie de Syrie qui se nomme aujourd’hui Ma’loula, ou nous avons visite l’Eglise sainte de la premiere martyre, sainte Theele', (son corps y est cach6), et le couvent de Saint-Serge le Thaumaturge, Les eaux de cette ville sont abondantes et jaillissantes.

De la, nous sommes alles vers le fort de Sednäya dans le but de visiter la Vierge, la maitresse du monde, la reine du genre humain, la m&re de J&sus- 2 Christ attendu; nos ämes linstant en furent ranimees et toutes nos peines dissipees.

Ensuite nous sommes allds ADamas la bien gardee par le chemin de Menin. Nous nous sommes rencontr6s avec le pere seigneur patriarche. Ses habitants nous regurent joyeusement, tous se r&jouirent de nous voir et furent contents parce que tous s’attendaient notre venue. 115 nous firent descendre dans la demeure du patriarcat florissant, avec tous les honneurs. Nous restämes chez eux presque dix jours’ et nous les quittämes en nous dirigeant vers la ville de Siyhoun [= Jerusalem). Pour y arriver, nous marchämes courageusement. Notre arrivde coineida avee celle de son seigneur l’'honor6, c’est-A-dire de Sa Grandeur le patriarche Kyr Thsophane, parce qu’il 6tait absent depuis sept ans, pour la reparer et pour la restaurer. Il nous traita avec tous les soins

1. En ce qui concerne sainte Thöcle on peut consulter C. Marinescu, Za Catalogne et l’Armenie au temps de Jacques 11 (1201-1327). Envoi par le roi Ochime des reliques des sainte Thecle la cathedrale de Tarragone, Paris, 1923, p. 11 seq.

[49] INTRODUCTION. 49 ey EAN] ἀό δ US; ar „te «οὗ Amel ai τς 383 «la y) ME οἷς 9. Ὁ. bu Ju od 5 «δ᾽ ala 31 ἐν al

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1. Lgrd 1700 om. ὁ.5.95.}}. 2. L habet : \aus ‚z& pro (eK δ᾽ «ἂν». 3. L habet : ya al.

et tous les honneurs. J’aurais souhaite que ce sejour füt plus long; e'etait la fete des-glorieuses Päques, le 10 avril. Nons avons visite tous les couvents et lieux saints et nous descendimes dans le couvent de Saint-Säbäs, deux jours. Nous avons parcouru les couvents de cet Ouadi qui fut deerit sans men- songe et qui contenait quatorze mille cellules ereusses dans le roe comme nous l’avons constate suflisamment de visu. Le jeudi apres le dimanche de saint Thomas, nous quittämes J6&rusalem et nous revinmes Damas. Nous y enträ- mes le matin du dimanche du Paralytique. Au grand matin nous assistämes dans son öglise la sainte messe, et le dimanche d’apres, qu’on appelle la Samaritaine, notre Maitre c&l&bra la messe avec la permission de monsei- gneur le patriarche, qui lui ordonna de faire un sermon pour le peuple. Il s’in- clina devant son ordre avec obeissance et soumission, il leur parla autant qu’il put et leurs ämes se röjouirent et furent soulagees par ses paroles. Ils admirerent ses conseils animes et doux. Il termina le sermon par un remercie- ment monseigneur le patriarche, avec les voux fervents et les meilleures paroles. Dans ce m&öme jour il ordonna diacre le lecteur, I’humble historien que je suis. Nous fimes nos adieux tous et nous allämes vers notre ville. Nous partimes de Jerusalem avee Kyr Maxime, le catholicos de G£orgie.

Le jeudi de l’Ascension nous enträmes Alep οὐ fut röserv& un bon aceueil Sa Grandeur le mötropolitain de la part de ses sujets et de ses commu-

nautes, avec la plus grande eer&monie, avec honneur, respect et consideration. PATR. OR. T. XXI. —F. 1. %

50 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [50] Er Οὗ! galt ae AL 0 δ ΑΝ len led] Fa Lane a «ἀσ El π ρα οὐ I Yo ann Soll Ilzeyl ddl als leo, 8 5 „Ka Mus a a LS ee se il ee

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1. L habet : rd 2. Lgrd 1700 habet : 233). 3. Lgrd 1700 om. gun! Nous traversämes la ville d’Alep que Dieu la sauvegarde de tout mal

et malheur! fertile par son bon march& et par sa prosperite ; elle 6tait dans une parfaite justice et öquite. Le gouverneur en ces jours-lä &tait Housein

Pacha, le fils de Nassouh Pacha. Nous n’avons jamais vu l’injustice A cette

epoque.

Dans cette annde on forma le projet de faire venir de Perse l’eau de samar- mar, comme on le faisait depuis longtemps, pour faire disparaitre les saute- relles, car en cette annde il en parut un grand nombre. Malheureusement, on ne trouva pas de cette eau.

Lorsque les envoyds revinrent et l’apporterent, ils la firent monter dans

un vase au-dessus de la porte du maqäm du cheikh Abou-Bakr, parce qu’il la -

surveillait afın qu’elle ne passät pas sous un toit, ni sous un linteau de porte. Alors il ordonna de sortir A sa rencontre tous ceux qui se trouvaient dans la ville: musulmans, chrötiens et juifs. Les musulmans s’avaneerent les pre- miers en louant, puis les chretiens chantaient en gree ; ils marcherent autour

de l’enceinte de la ville en ordre parfait, jusqu'ä ce qu’ils l’eussent apportee et

suspendue A la porte du maqäm. Ils la recurent dans des vases de cuivre par- dessus la porte [dudit maqäm]. Nous partimes ensuite devant [l’eau] jusqu’ä ce qu’ils montassent avec elle la eitadelle. Ils la monterent au-dessus de la porte de la eitadelle et la suspendirent sous l’auvent du minaret sans la faire

[51] INTRODUCTION. 51 55} äs > οὐϑ Mes auiiey ae ἀμ» AU el wos a ie οἱ σὲ 8 HU 5,6 χων Sl 5 sol IS GE ya Me 5959. ir de all Lili οὶ Sie zeuchh μων ll ὦν ὧν

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1.L om. 3,58. 2. Ladd. : 5.

passer sous les portes de crainte que son pouvoir" ne Τὰν dötruit et que ses effets utiles ne fussent perdus. A l’öpoque de l’Eclosion des sauterelles et de leur vol dans l’espace, on remuait le vase de cette eau gardee et il arrivait un nombre considerable d’oiseaux nomme&s samarmar. Les sauterelles tom- baient les unes apres les autres jusqu’ä ce qu’il n’en restät plus une seule. Description de cet oiseau : il est noir et petit comme un moineau. Le pacha ordonna de ramasser dans des sacs les sauterelles &closes autour du territoire d’Alep et surtout du cöte du sud. Il imposa cette obligation aux "paysans, aux habitants de la ville et ceux qui vivaient dans les environs. Ils ramasserent quatorze mille sacs et les firent jeter de main d’homme dans le puits houar en face de la porte de la citadelle. Dans la neuvime annde de son öpiscopat, vint Alep une deuxiöme fois le pre et seigneur patriarche Kyr Euthyme. Nous le regümes Hama avec joie et rejouissance. Son entree, qui eut lieu le 1” fevrier, redoubla la joie des chrötiens et ΟΠ obligea Sa Grandeur mon pere me marier. Il me maria le dimanche de

IV’Enfant Prodigue, le 17 fevrier; j'avais l’äge de dix-sept ans. Il recueillit

aisement la dime de ses sujets selon l’usage et partit cent jours apr&s. Il se ο dirigea le 17 mai vers Hama et Tripoli en häte, puis il revint Damas.

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52 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [52]

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1. Lgrd 1700 om. U! as.

VII. ELECTION AU PATRIARCAT.

Au commencement de la treizieme annde de son &piscopat, le seigneur patriarche Euthyme tomba gravement malade. Tous desespererent de lui. Les prötres et le clerg& se r&unirent, lui firent l’onction sacree et lui demanderent qui le remplacerait 51} venait mourir. Il leur r&pondit que Dieu le tienne en sa misericorde! en leur faisant part de son espoir et de son dessein : « Si vous voulez un organisateur habile, ne mettez comme patriarche per- sonne autre que le meötropolitain d’Alep. » Il termina par cet avis judieieux,

par l’excellente parole du saint Evangile : « le disciple sera consider comme

son maitre ». Il a fait comme son predecesseur, c’est-A-dire celui qui l’avait consacre que la misericorde de Dieu soit sur ui! Il &lut [mon pere] mötropolitain.

Lorsqu’ils entendirent prononcer cette parole, ils furent enchantes, et en häte ils &erivirent et lui presenterent cette lettre. Il la signa pendant qu’il etait dans cet &tat [grave] et ils l’envoyürent avec un messager au mötropolitain. Ils lui recommanderent de presser son ἀόραν et de häter son arriv6e. Lorsque le messager arriva Alep, ilne trouva pas le mötropolitain, qui &tait deja parti cause de nombreuses injustices et de prejudices commis par le gouverneur Qara Hassan Pacha, qui abusait de l’espionnage (chan- tage) et de la taxation illegale. Il etait parti du pays de Ma’arra et de Hanak Killiz. Le messager ne cessa de s’informer de lui en le cherchant jusqu’a ce qu'il eüt atteint son but. Lorsqu’il l’eut rencontr6, il lui remit cette lettre;

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[53] INTRODUCTION 53 N; Ye ale τς οἷ» A a ον οὗ (ο89 del el οἷν οἱ 5) λα. sis SEK VE sch ὧδ = al A > Bez de dis all Kr u gie sl ln ΟΣ (5 Ir ale 5 oe N ie LE ld Zell je a ul al AU as ln I τὴ ir ὦ» re ls el GA Je ya > gel Ws ll as al ΘΝ ar sa Jay => EREEN ba Als Br Ya u ο9 eb 3) al all el N „\ elall 43. ἀξ \iKas ως 5 ἊΝ 1}. | δ» Ἐν a5! ων al.

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1. Lgrd 1700 om. Is. 2. Lgrd 1700 habet : δἰ. 3. Lgrd 1700 habet: 2).

il la lut et apprit ce qu’on [αἱ voulait. Ce desir lui causa une grande peine, surtout quand il sut la gravit& de la maladie qui avait atteint le patriarche ; il ne voulut pas partir et envoya une r&ponse pour s’excuser. Lorsque le patriarche apprit son refus, il se courrouga. Pendant qu'il etait l’agonie, il ordonna de lui envoyer une deuxieme lettre en lui faisant savoir, qu’au cas οὐ il refuserait de venir, il serait interdit. A l’arrivee de cette deuxieme lettre, il se erut oblig6 d’envoyer la reponse "qu’il arriverait sans retard. Ainsi il se dirigea malgre lui vers Damas, avec moi qui ne le quittais jamais.

Lorsque nous arrivämes la ville de Hama, nous trouvämes un autre troisitme eourrier avee une lettre pour nous demander de la part des pretres et des notables de Damas, (lettre] eonforme en substance la premiere lettre elle-m&me, annoncant la mort du patriarche la nuit de 11 octobre et sup- pliant Sa Grandeur le mötropolitain de venir sans retard de peur qu’il ne restät exclu du testament et Dieu nous garde de ce grand danger! quun retard ne fit &clater des disputes, des querelles et des intrigues, etant donn& surtout qu’au moment de la mort du patriarche, on avait obtenu le transfert du pouvoir et l’acte authentique au nom de Macaire conformement au testament du defunt Euthyme.

* fol. 8

* fol.8 ν".

54 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [54] N Breegee EN ον EA) ES Le Aue ee) οὐ > Lil 56 ol das „am ae 1}. BEN ΕΝ An ὦ" Sams) I) gb al Als NE) ΞΕ u) Be ti ste N wm ol we u slu> ws 35 οὐ το. ἱμῶ De ie Un 105. Older λοὶ» „Ss !laxe e U asEy Sl er ed Ey be a «0 gel ol ὁ}. A Slas er ab COM gi Va re Br «οὐ ἘΣ > eldl „III ger Klel Rp 5:53:

1. L habet : 5.λ.,ο; Lgrd 1700 a la forme correcte : Lu. 2. La la note margi- nale : IFA a.

Alors Damas ötait pacha Mahomed Pacha Kupruli' le respeete, qui

devint apres grand vizir. De peur aussi que l’opinion publique ne se divisät et qu'il ne surgit de nouvelles complications, ils demanderent de faire venir avec Jui le mötropolitain de Hama, Melece, et le mötropolitain de Homs, Phi- lothee. Ils parlirent avec nous et nous trouvämes, Sednaya, Kyr loseph, metropolitain de Qärä. Nous enträmes Damas de bon matin. Kyr Gregoire, metropolitain de Hauran, y &tait. A Yunanimite ils elurent [mon pere] patriar- che et le consacrerent pour le diocese d’Antioche. Il s’eleva et devint chef

par l’inspiration vraiment divine le 12 novembre l’an 7156 de l’existence du monde p£rissable*.

1. Sur le grand vizir Kupruli, ef. N. lorga, Geschichte des osmanischen Reiches, vol. IV, p. 86-106. 2. Nous reproduisons ici un resum6& qui nous donne une idee de la valeur des ouvrages composes jusqu’ä pr&sent sur l’histoire des patriarches d’Antioche. Le premier auteur d’une liste syst&matique des patriarches melkites d’Antioche est Atha- nase III Dabbäs qui cerivit probablement en arabe vers la fin du xvı° sieele et traduisit son histoire des patriarches d’Antioche en grec littöraire en 1702. (οἱ ouvrage qui se base sans le dire sur Euthychius Yahyä, le patriarche Macaire III et son fils, larchi- diacre Paul, est encore inedit et se conserve la bibliotheque nationale de Vienne sous

len’ 71, fonds grec. _

Le bollandiste Pierre van der Bosch (Boschius) a inser& en töte du tome IV de juillet des « Acta Sanctorum », Anvers, 1725, un Tractatus historico-chronologieus de patriar- chis Antiochensibus, dans lequel il discute la chronologie des titulaires grecs, jacobites et latins, jusqu’a l’&poque de Jean IV inelusivement, compos& d’apres les sources con- nues celte epoque. Ce travail est le premier essai serieux de chronologie. Il a &t6 depass@ par le dominicain Le Quien, dont le deuxiöme volume de l’Oriens Christianus, publie Paris en 1740, renferme (col. 699-776) une serie aussi complöte que possible depuis saint Pierre jusqu’a Cyrille VI Tänäs d'un cöte et Sylvestre de Chypre de l’autre. Son travail reste encore aujourd’hui la base de toute &tude ulterieure. Dictionnaire d’hist. et de geogr., col. 697, et sur les autres details, col. 698.

La liste des patriarches d’Äntioche qui a le plus de valeur aujourd’hui a &t@ composde

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Plus tard on rassembla un synode pour se consulter et pour deliberer: on fixa la totalit& des dettes inscrites dans les registres, c’est-ä-dire de celles que laissa apres sa mort ce patriarche. On trouva un total de six mille piastres y compris les interöts. Puis on fixa d’accord ce qu’on avait depense pour son

par Ouspenskyd’apres le Taktikon de’ Jean Ajjeymi et l’histoire des patriarches d’Antioche par Braik, et publiee dans Troudy de l’Academie spirituelle de Kiev, 1875, p. 385-480.

On peut rapprocher de ces histoires des patriarches d’Antioche composees par Paul d’Alep, Athanase Dabbäs, Jean Ajjeymi et Braik, l’ouvrage similaire du patriarche de Constantinople Constance | : Περὶ τῶν ἐν ᾿Αντιοχείᾳ πατριχρχευτάντων publie dans Κωνσταντίνου A. Τοῦ ἀπὸ Σιναίου πατριάρχου Κωνσταντινουπόλεως Βιογραφία χαὶ σύγγραφαι αἱ αἴλάσονες Par Th. Aristoklis, Const., 1866.

Voiei la liste des patriarches dont il a ete question jusqu’a maintenant, sans laisser de cöte les patriarches dont Paul d’Alep ne parle pas dans son introduction.

Theodore Ill Balsamon, entre 1185/1191 apres 1195.

Simeon II Ibn Abon Satbe, avant 1206 apres 1235.

David, vers 1242 (?) apres 1247.

Euthyme I, avant 1258 au plus tard 1273.

Theodore IV de Villehardouin, juin 1275 vers 1283/1284.

Arsene, vers 1283/1284 environ entre 1285/1290.

Cyrille II, environ 1285/1290 peut-etre 1308.

Denis I, vers 1309 (?) apres 1316 (?).

Cyrille III ??

Denys I1??

Sophrone ? ?

Ignace II, avant novembre 1344 avant 1359.

Pacöme I, premiere fois, avant 1359-1368.

Michel I®, 1368 17 aoüt 1375.

Pacöme I, deuxieme fois, δοὺξ 1375 milieu 1377.

Mare 15", milieu 1377 10 avril 1378.

Pacöme I, troisieme fois, avril 1378 19 decembre 1386.

Nicon, debut de 1337 (?) 11 janvier 1395.

Michel Il, 6 fevrier 1395 18 avril 1412 (?).

Pacöme II ie Haouranite, juin 1412 (?, 9 octohre 1412.

Joachim Ie, ? 1424-1425.

Marc II, 1426/1427 ?.

Dorothee I®, 1434-1435 8 septembre 1451

Michel III, 14 septembre 1451/1456 ἢ)

Mare ΠῚ, 1456 (ἢ) 1457/1458

56 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. 156)

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enterrement et ses obs&ques et pour l’obtention du firman du pacha au nom du nouveau patriarche selon l’usage, plus ce qu’on avait depens& pour fixer cela dans l’acte lögal avec le consentement de tous, c’est-A-dire de tous les chretiens du diocese, cela pour mettre fin aux contestations et oppositions et pour prevenir le retour des choses anterieures. Le montant de cette derniere depense fut d’environ quatre mille piastres et la somme totale des dettes fixce dix mille, puis on la convertit en faveur des cr6anciers avec les interöts et en peu de temps elle monta plus de treize mille. En nantis- sement de cette somme, on mit en gage quatre mitres : l’ancienne, la grande,

Joachim II, avant 20 juin 1458 aprös juin 1459,

Michel IV, vers 1470/1474 avant 1484.

Dorothee II Ibn As-Säbbouni, avant 1484 apres 1500.

Michel V Ibn Al-Mawardi, vers 1523/1424 apres juillet 1529.

Dorothee III, ? 1530/ 1531.

Joachim III, comp&titeur des 1527, 1530/1531 avant novembre 1534.

Michel VI, Sabbägh, avant 10 novembre 1534 1542/1543.

Joachim IV Ibn Joumma, competiteur des 1540, 1542/1543 apres fevrier 1575.

Macaire II Ibn Khilal, antipatriarche, 1543 (?) 1550 (Ὁ).

Michel VII, avant 17 juin 1576 25 decembre 1592 A janvier 1593.

Joachim V Daou, antipatriarche, avant 25 mai 1581 7/17 octobre 1592.

Joachim VI Ziäde, avant fevrier 1593-1604.

Dorothee IV Ibn Al-Ahmar, 1604-1612.

Athanase II Dabbäs, avant fin aoüt 1612-1620.

Ignace III ’Atiye, 10/24 mai 1620 vers avril 163%.

Cyrille IV Dabbäs, antipatriarche, 10/24 mai 1620-1627.

Euthyme II Karme, debut mai 1634 debut d6cembre 1634.

Eutliyme Ill le Chiote, fin d&cembre 1634 d&but d&cembre 1617.

Macaire ΠῚ Za'im, 12/22 döcembre 1647 12/22 juin 1672. Dietionnaire d’histoire et de geogr., vol. III, col. 699-700; ef. Le Quien, op. eit., vol. II, col. 759-766.

A utiliser avec les corrections proposdes pour chaque patriarche deerit par Paul d’Alep. Pour l’histoire des patriarches d’Antioche en dehors des sources citees par M. Karalevskij dans son &tude publise dans le Dietionnaire d’histoire et de geographie, on trouvera des details tr&s interessants dans le man. 29, p. 180-191, pour les patriarches partir de Theodore Balsamon jusqu’ä Macaire, et dans le manuserit πὸ 30, fol. 17-35", pour les patriarches partir de Joachim Ibn Djoumma. Les deux manuserits sont composds par le patriarche Macaire d’Antioche. Ils se trouvent actuellement au Musce Asiatique de Leningrad.

[57] INTRODUCTION. 57

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1. L habet : 9.3}, erreur du copiste. 2. L habet : ls=*. 8,1, habet : —ara9, erreur du copiste. 4. L habet : ls. 5. L habet : bL&, erreur du copiste. 6. Lgrd 1700 om. us.

celle d’Alep et celle de Constantinople, avec le reste des chasubles et les vases du culte. Ensuite monseigneur le patriarche envoya ses benedictions et ses voeux, selon l’usage, dans tous les pays.

Le 21 novembre il elut et ordonna prötre Michel, fils du prötre Bechara d’Alep, qui avait dt6 en sa compagnie, comme metropolitain d’Alep, et l’appela Metrophane, et il !’y envoya. Il consacra avec lui son humble historien archi- diacre, c'est-a-dire chef des diacres, sur les deux villes de Damas et d’Alep et sur tous les pays arabes, et il partit.

VIlIl. VısıreE DE SON DIOCKSE.

Il partit pour visiter le couvent de Sedndäya, pour s’y prosterner et demander a la sainte Vierge ses meilleurs dons. Il arriva Seleucie de Syrie, c’est-ä- dire Ma’aloula et aPamphylia, c’est-a-dire Yabroudet Qärd. Il revint aux villages d’Ain Et-Tineh“ et de Bakhet et dans le reste du diocese de Djabat Assal.

Le 5 fevrier, il choisit et consacra Sednäya eveque de Yabroud et de Ma’aloula le pretre Ibrahim de Deir Atiy&, homme vertueux et ermite, et l’appela Athanase.

Apres la visite, il revint a Damas, et ordonna pretre et cur son diseiple,

= fol. 97%

Zfol29c0%

58 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [58] Le el re) ζῶ in (ο - sie Be rs ὦ» Il ἀμὶ ζ.5 955 u rl! 0 «9 er WEBER) \aus se I tell „A οὐ I LS, ."»,»} Bu un use) | day 453 © (μ9. ὡς οἷ (3 «᾽ AN El Is, 2,4) 3 «οἷ» | : Ab ᾿ A jaze τς Eger er eh lies Nie a L ei a au dus τ Ar Ju Ss u 4) ala Sy &; eu zb ἘΣ Jsblas a! aa yes τς ἄρ» zo)! ον ai, a! all Kg el ὧν al AI, 3,06 = Be Zee) le rn“ eu alas " τ 05) Αι υϑεὶ ἘΝ Oldie a! % εἴ Jul. «οἷ el θυ Ὡς οὐ οτος τα in dl οἱ ων σολοῖι

1. L habet : ΔΑ, erreur du copiste. 2. L habet : ip !|, erreur du copiste. 3. Lgrd add.: 2. 4. L habet: ya erreur du copiste, -

le diacre Gabriel d’Alep et lui donna le rang d’archimandrite, c’est-a-dire chef des couvents, et l’envoya comme exarque, c’est-A-dire son representant, au pays de Georgie avec des personnages en sa compagnie.

Le 6 juillet, monseigneur le patriarche sortit de Damas pour visiter son diocese, pour ramasser les dimes et pour voir l’&tat de ses fideles en dehors du pays de Damas, c’est-ä-dire Sidon (Saida) et Beyrouth, et dans le distriet de Chouf. Il passa cette nuit dans le village de Dimäs; de la il se rendit Aita, Qaroun, Machgarat, Kafar Milka; de la il retourna Sidon (Saida), ou il entra un jeudi. Puis il monta Harah et Abrah et revint Sidon (Saida) ou il resta douze jours. Il en sortit et vint Wadi Leimoun, puis Barriye (— Berti?), kafar Beit, Kafar Hatta, puis encore A Wadi Leimoun, et delaaux villages de Bersi, Anbel, Bäaglin, village de l’&mir Milhem, et se rencontra avee lui. Ensuite il revint Anbel, Gharife, Mezräa, Ain-Qane, Amatour, ABeter, ainsi qu’ä Niha, celebre par sa eitadelle ou s’&taitcach6 l’ömir Fakhreddin lorsqu’il yfut assiög& par Kudjuk Ahmed Pacha de Damas qui le prit et l!’envoya Constan- tinople ou il [αὖ tue. Puis il alla Bäadran et de Ἰὰ El-Khraibe, El-Müaser, Betloun, Freidis, de la Barouk οὐ nous avons vu Räs-el-Ain, de laa Ain-

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[59 INTRODUCTION. 59 AN] Bet) ls eur ZA «οἷ er lin ἘΝ > ὧς «οἷν or «οἷ

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1. L habet:: er wur τ 2 2. Lgrd 1700 habet : I». - >; αὶ habet : «ἰδ Pro ‚Le. 3. Dans le manuserit de Benngted de 1700, apres : 1...) ἘΠ er manque toute la description du voyage, les dernieres preparatifs pris par ᾿Ξ Ἐπὶ ττῖς Macaire, la traversee de l’Asie Mineure, le sejour Constantinople et la description de la ville,

Zahalta, bessine, Brih et Ain-Waszieh, ὃ. Samaganieh, Ed-Deir et Chouei- fat ou il celebrala messe le neuvicme dimanche apres la Pentecöte.

Il entra Beyrouth la bien protegee le 21 aout et je me rendis apr&s Päques Alep, j'y restai un moment, puis je revins Damas. Ensuite j'allai le rejoindre Beyrouth, οὐ je me suis rencontr6 avec lui. Nous en partimes le 21 septembre, nous montämes la montagne de Kesriwan, puis arrives au village de Bekfaya et El-Mhaidteh, nous celebrämes la messe dans son eglise le premier dimanche de saint Luc. Nous arrivämes au couvent de Mar-Elias nous celebrämes la messe et nous partimes pour le village de Chouer et pour Beskinta au pied du mont Liban nous celebrämes la messe dans l’eglise. De Ἰὰ nous partimes pour Kefer Akab et nous dimes la messe dans la nouvelle eglise apres sa con-

N 7 -

seeration et la decoration de son sanctuaire et cela le premier dimanche d’octobre. Nous retournämes El-Mhaidteh, ou nous 'eelebrämes la messe deux autres fois, puis nous arrivämes Bekfaya et nous descendimes Beyrouth le vendredi 16 octobre et nous sortimes de la ville en compagnie de son metropolitain Joseph.

Nous nous embarquämes le 18 octobre et le matin nous arrivämes au port de Tripoli nous debarquämes. Et tous les chrötiens vinrent au-devant de nous en compagnie de leur metropolitain Kyr Joachim et nous accueillirent avec

* fol. 9.v”,

* fol. 9

60 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [60] Dee gt el al ya A al ΕΞ & = = su) > σῦν. τ um ὠν τ SÄs σὺ I Aloe

> τῇ Ei ee ste N A ἰῷ a ul alany ug ago LU N Ass ae u a ap aid sin dl a Vol is anf " Ns As ln er a ey ll 5 οἱ οἱ A as se sa ὧν IR le, za lol Loläl, al ey an

al 25 οἱ zAl pe a5 N N Ar AN 8 ir dm al Joel N] DB" - (89 (>. N) el Ss, οἷ ls 0 ΕΣ & οἷ is (ss el, οἱ ine; I οἰ >; , ua ἱρῷ gl Un 3 ei Lee

des eglises ete... Cette partie est resumee en quelques lignes : LLls>, N © gi,

ar ςτὸ (lire 110°) Io IN el) ΟΝ vie am LS νῦν He Set er

SEHE, st = Be

a a al | (lire 38 } 2) a)! pe EIN" ε Sl Se) s al Pe Dei

cr Al: Ba

Bes 2) ya 5 I, ΡΘΕ ΣΟ " Ex Us we Ku En ὡ’Ρ»ὶ ἰ...}. τ © -

3 4} pp: Aus il poursuit son reeit avec: ε ) = qui se trouve dans le manuserit it de

Paris au fol. 27'°, 1. 19.

1. L habet:: hier.

bonheur et joie. Nous enträmes dans la ville, puis nous celebrämes la messe le dimanche des Gadareniens'. Nous montämes Häret El-Djabal et nous οὐ]ό-

ν΄. brämes la messe * dans l’6elise de Saint-Michel le jour de sa fete, le 8 novem- 8 J

bre. Puis nous partimes pour la visite du couvent de la |sainte) Vierge Keftin οὐ nous c&lebrämes la messe.

Le dimanche 19 novembre il eönsacra mötropolitain de Tyr et Sidon le pretre Elie Marmeniti et l’appela Jersmie. Nous sortimes de la le jeudi 20 novembre pour inspecter le district de Koura, puis nous visitämes premie- rement le couvent de Mar γα χὴν le Decapite et nous y c&lebrämes le jour de la fete de l’Entree de la Vierge dans le Temple. Ensuite nous vinmes Deir Belment olı nous celebrämes la messe. C’est un grand couvent royal. Nous y vimes cette epoque les grenadiers, les poiriers, les pommiers et pruniers en fleurs et ayant dejä nou6 des fruits mangeables, parce que les arbres de la οὐ produisent deux fois par an que Dieu soit beni! Nous sortimes du couvent et nous arrivämes au village de Qalhat, de la Fiya ou nous οὐϊό- brämes la messe; puis nous arrivämes au village de Betram eelebre par ses copistes, et nous y cölebrämes la messe le dimanche, Nous allämes au couvent

1. 11 est trös dillieile d’identifier le mot „a ΔΑ τοῦ

4 N TU 00 EN OR DYDR® WIR... ὙῊΝ

[61] INTRODUCTION. 61

Mus Στ. 2 lie „8 οἱ ἰδ Wien au Le Mails Aula gl Sl ὧδ οἱ Mel οὐ» nl de ee el il bl 23 οἱ oo u ie FM ab ld u οὐ» bel ll 55 N an ul 5 ΟἹ ie ea αἱ ἐς ποτ τι -.κΞ A ae ' τ πο

οἷν ls le dl as; We κὰν» sl ins Ὁ. hallo sugel zleel u Su) As u fl ch τ Ξ eh ne ls Slen ll les le Αδαδ BE Yy ll ls al lin ann La gi wol «οἱ il ne (οἱ il u ge lm El u le οἷν 99} rel gl El A a Lu il N ee ὀβὰθ, »» “5 N A LE LBS Unle

N ee la Sohlen

1.Ladd.: N lan, pi.

de la Vierge du Räs pres de et nous y celebrämes la messe. Nous partimes pour Badiya et nous revinmes Beiram, de la au village Amioun connu par ses savants et nous y restämes une semaine. Nous partimes pour Kafar Akka et pour Kesba, et le saint couvent de Hamatourah. Le chemin qui y conduit est trös difhieile, il est creuse dans une montagne au sommet de laquelle on voit encore le couvent de Saint-Georges. De lä, la route va vers le pays de Beharre. Nous sortimes et nous arrivämes au village de Kafar Caher et au cou- vent de Saint-Elie pres du fleuve. Nous revinmes Deir Belment, puis nous alläames au couvent de Natour, de Ἰὰ la ville d’Enfeh, a Hämät et nous mon- tämes Deir Saidat-en-Nouriye jusqu’a Wijj-el-Hadjar, de la Bordj et Hämdit.

Nous retournämes Tripoli nous passämes les fötes de Noöl et de l’Epiphanie. Nous sortimes et descendimes Batroun ainsi qu’a Abrin, a Kafar Helda, Kefour au pied du mont Liban ou sont les nids des aigles. On en prit pour nous un, dont nous tirämes la graisse. De la, [nous allämes] Douma, Toula le village du chef Ali, Bekhaaz, Gherzouz, Chikhan, Djbail, Ghazir, nous revinmes Barbära. Nous retournämes Abrin et arri- ‚vämes au couvent de Kefloun, nous passämes le nahr Qadicha (le fleuve saint) et nous y c@lebrämes la messe le mardi du caröme. De nous retournämes ala ville de Tripoli, le lendemain mercredi.

Nous fimes nos adieux aux Tripolitains et nous sortimes de chez eux le jeudi de la deuxieme semaine du car&me. Nous nous dirigeämes vers le pays

* fol. 10 τ΄

τ fol. 10 r?

62 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [62] sl le db We οἱ in Ya Οἱ Lil IE «αὶ οἷς ὕρ ul (ES Fa “Ἐπὶ e ἘΞ er . δ οὐ ἐμὰ ἕοκι as sl its οἱ Lil ραν ὁ» Sl a a ουϑ Ἐπ 13. ἘΠ αν δ τς u ΠῚ all al ey le sy ll du eV en ἰῷ lass ans ll lang ls Τρ. Lin gie U IS Lay WEL οἱ Lian Lay oh ll ρϑ ὦν

-: - WIRST, : Der ἘΠ οἱ (5.9 ω- Ace] ul]! οῷ I) co! & Als)! ? Al

| u οἷς ὑπ κἂν Spas! a! lag Arasya ei ὁ} N any bl > Yl ναι sol a Luasy Su ξεν" δ) οἷ ἐξ 3 ‚le a! Las Liale Sl Us „SI El 55 ll «οἷ ὕω. ΣΕ a 55 As Lass lo Ks (οἱ 5.59. „sl 4.,869 gab N ων 659 N ee ee ae ee

1. L habet : Jsl,. 2. L habet : bl. 3. L habet : as) pro εὖ"

d’Akkar et nous arrivämes Bgerzla, de la, “Ἄγψα, Djabräil qui possöde une elegante eglise ou il γ une source d’eau courante qui jaillit sous la table du sanctuaire et coule l’exterieur et guerit les malades. Nous y c&lebrämes la messe le deuxieme dimanche du car&me. Nous arrivämes Khanigah et Rahbeh Οἱ nous restämes deux semaines. Nous y eöl&brämes la messe le troisieme et le quatrieme dimanches. De la, nous partimes pour ‘Aiath et nous revinmes A Ain Ya'qüb οἱ Bezbina qui &tait en ruines. Nous retournämes Rahbeh et sortimes le lundi de la einqui&me semaine du car&me. Nous allämes Sisnieh, Boueida, puis nous revinmes Safita, nous y dimes la messe dans la grande &glise de Saint-Michel, dans le celöbre Bourdj, le einquieme samedi. Nous revinmes

. Sisnieh” ol nous c@lebrämes la messe le cinquieme dimanche. Et nous allämes-

a Tannourin, Marmanita, El-Hosn ou nous visitämes l’Etoile du matin = Venus), sa citadelle, et de la, a Anaz. Nous retournämes pour la visite du couvent de Saint-Georges Hamirat. Nous celöbrämes la messe le dimanche des Rameaux et le lundi saint nous partimes pour le village de ‘Arbah. le mardi saint nous enträmes Aphioun.

Le mercredi saint, 21 mars, nous enträmes Hamah et nous esl&brämes la föte de Päques qui superbe. Le jeudi 25 avril, il y consacra le prötre Atalah I’Amadien m£tropolitain d’Amad et de ses environs et il Pappela

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Γ [695] INTRODUCTION. R 63 es ss als ihn A Je ER ον! abe δον al τῶ»

EN δὲν ee el ae ον κι ὦ» 08 Le ὦν Sl > ΟἹ 3 FR Br Yo u al ala 892 9 920 ἘΠ ἘΞ le a Eu Φυυζ 3, Ole a sy N N Id) a us BL u E Jiyl Us, aüslyelle ΟΝ > a le μ OK Yo an lin μὴ m! ἐμοὶ ον 5. εν ὦ} ar. all οἷς A: a ig «ἰδ . u ὅν. = ὧν si N ΑἹ 19} εὐ BEN; 9 ὧν ὧδ > 38 Ad u ss Jo ἘΞ Sl N ΑἹ ωύ GE ὩΞ δι Ja F ld aa als u bel Loge da un = Us τ: Br al ya 4“; lm An ls «δ᾽ > αὐ allg 8 le ie ar am Ey 59. di Ale δ bh «ὦ ad AU edel Ah en 1.5

1. L habet : also! su] pro SH „N Seel] Ὁ}:

_ Theodose, cela d’apres son m£rite et sur le choix et consentement des habi- tants, et ille leur envoya.

Quant Al’affaire du susdit mötropolitain d’Alep et A ce qui eut lieu dans son eveche l’inspiration de l’Ennemi du bien et ’Ami du mal, etä ce qu'Il sema que Dieu le confonde! de paroles, de querelles entre lui et les fils d’Alep, ceux-ci adressörent au patriarche des r&clamations et des plaintes indignöes contre lui au sujet de sa negligence leur &gard, de son manque de conve-

ΟΠ nances et de son peu de zöle pour l’administration de l’öglise et de son insu- bordination vis-A-vis de son chef ainsi qu’ils en avaient &t& charges. A cause de cela les chretiens ne pouvaient lui obeir, le calme et la tranquillite ces-

serent parmi eux, parce qu’ils avaient dit qu'il n’avait pas suivi le chemin de

2 son maitre, ni la conduite de son pred&cesseur. Cela peina beaucoup le sei-

ξ _ gneur patriarche qui en fut tres courrouee. Il envoya lui adresser un bläme et d’apres les dispositions anciennes le priva de la dignit& de metropolitain, et

τι suspendit, puis apres l’interdietion il l’excommunia en lui disant : « Pen- _ dant ma vie et apres ma mort 5015 excommunie et eloign& de Dieu. » A cause de cela l’&veque s’eveilla de son ivresse, de l’erreur de son ignorance, il se leva 7 et, quoique malade de chagrin, alla le trouver Hamah. Il [le patriarche] l’ac- Esabla de reproches amers. [L’&v&que] confessa ses fautes, se repentit de tout

* fol. 10 v®.

* fol. 10 v®.

64 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [64] SEELE Sal ze τ09ῷὁ:Ῥοε-ς:- οἷς ἘΠ N 8 SS ὡς 5, le ey ὡς ul „Lu 0 Sg Sl e il lass ya ee Sr ae 5 Ξ οἷν Kst 25... ai «οἷ ὡς gie day lie «6

el) Gol LyI vi & Gb ülay> ze δὲ en Way ba 16} au τἰ59 la N | 0,595 au en lie za ῬΏΞΥΙ Zul Ἐπ «οὐ τς le σόν ον les LI Ey Sie el π AL le Ib Ge GM u ae ΚΙ ον ll un a | bl del

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El el eh N il ze Al ya as ae LS le NN 0 ll dla Hl ya U οἰς ὁ) en a ll ρου le Ems al aut Wal Ta, ἐδ

1. Lire : δίψαν, comme dans le manuscrit de Londres.

ce qu'il avait commis, et repartit. Par les soins des deux mötropolitains de Hamah et Homs qui intereedaient toujours pour lui, il jura de renoncer au vin et aux boissons enivrantes et tout ce qui avait &t& rapporte sur son compte οὐ de faire une soumission respectueuse. Puis il signa de sa propre main l’engagement de s’abstenir de tout ce qui avait &t@ mentionne contre lui et demanda pardon de tous ses torts. Alors |le patriarche] le benit, lui donna Vabsolution et lui pardonna.

Alors il lamena Alep et y entra le 1” juin 7158 de notre pere Adam. Il resta un certain temps jusqu’au retour complet du calme; il en sortit le jour de la föte de l’Entree du Christ au Temple et se dirigea vers Damas ou il entra le 11 fevrier. Il regla avec les prötres, les notables et le elerg& le compte de ce 4} leur avait envoy& dans ce voyage, cela faisait plus de six mille pias- tres. Ils payerent une part de la dette, capital et interets.

Le reliquat de la dette ne cessa d’augmenter au point d’entrainer la perte des öglises et autres edifices qui furent laisses aux gouverneurs des villes.

Le lendemain de la föte de Penteeöte, le 3 juin, il consacra mötropolitain de Homs le pretre Ibrahim fils d’Amich de Killiz et Pappela Athanase il eüt 6t& plus convenable de le nommer Arius, * comme je l’ai dejä dit ceci

[65] INTRODUCTION. 65 IT ὅθ le le sel al νος δ᾽ m ἰῷ a Aal) yLäl en ob asgball ἸΑΞῚ aba ἰὼ}. lie Ay LuSple un rd Als ln ey μοῦ 5 ΘΒ al Al ai obs u 5 by 9 ὅθ Duo Hair gpmull a A ln ip nel ld Län Οἱ ον Sl rl

Layt>l 5 x (is aan αὶ a ya Als „el LS ν΄ „al ang

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εἰ 35 el d> οὐ ὁπ ὁ) les ‚ac el EU Bro u EEE ee 1. L. habet : γί.

avec le consentement et le choix des habitants. Peu apr&s, Satan sema entre lui et eux-l'ivraie de la duret€ de c@ur et de la haine. 115 &changerent des propos malveillants plus nombreux que par le passe. Tout cela fut cause par leur mauvaise conduite et leur ingratitude envers lui et peut-&tre möme les intrigues qu’il fit pour obtenir sa consecration, parce qu’aussi ni lui, ni eux, n’avaient dans leurs caurs des intentions pures. Monseigneur le patriarche [αν decu leur sujet; suivant ce qu’on avait cru, il avait voulu les..." parce 4115 etaient tous deux d’Alep, pour augmenter en eux sa gloire. Ce recueil donnera de nouveaux details sur cela.

Abchir Pacha etait alors gouverneur de Damas. Le patriarche se rencontra ayec Jui et Jui oflrit un cadeau qu’il accepta et lui fit l’accueil le plus hono- rable.

Apres cela un groupe d’habitants de Gaza vint chez le patriarche se plaindre de l'attitude honteuse de certains d’entre eux, qui quittaient leur reli- gion les uns la suite des autres. Et cela cause de l’impöt foncier qui leur etait demande : cent quatre-vingt-cing noms y 6&taient astreints par celui que le pacha de Damas envoyait comme d’habitude en insistant parce qu'il etait charge de percevoir leurs impöts du restant de la province de Syrie.

Cette annee-lä, ’impöt foncier des habitants de la Syrie atteignit treize

ΕΊ u Ξ , . ΕΥ . 1, ς- Δ 1, nommer son vicaire, son Successeur, ne parait guere convenir. PATR. OR. T. XXI. F. 1.

66 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [66]

NY! ie elle u οὐ 5 οὐδ. del σα A a αδὶ dal Iydch) ME ὧβ μα! as Y ab ie ll ee 18,25 Il Yo μές ΠΝ μον! oda Län λάρον de zn Lu al ans Zul it le ee Se ae a al ae οἱ Ion A alle de el as il il lo τί Lil, 3954 ar As ei Klo, ri N! Bet ΠΟΥ el) an gu Br «οἱ OR ls ale mie das ὧν ον εἰσ Bil μὲ οὐρὰν ΑἹ κῶς ΟὟ οἱ Rn N ee Gl 5 Da es all διῶ!» asldlaie οἷς Ay au ch EL sale sl ne u ἘΠῚ Ἐπ ἘΠ ΕΝ br Go 11 8 λα EV nl ec ae | a ke κε Δ

1. L add.: „re bi.l,.

piastres. On nommait pour l’impöt foncier de Jerusalem et de sa province et sur les...', susmentionnes un grand aga independant, avec de nombreux cava- liers, leur reelamant les impöts sous les noms mentionnes. Les pauvres gens, tous tant absents que presents, ne depassaient pas trente. 115 d&clarerent au patriarche leur pensede, qu'ils n’avaient personne qui s’apitoyät, diminuät et reduisit ces noms en exc£s, et que si l’on ne le faisait pas, 115 d&camperaient, abandonneraient leur domicile, et quitteraient leur religion comme d’autres lavaient fait. Il s'apitoya sur eux et il eut peur que leur eglise aux antiques colonnes byzantines, qu'avait bätie saint Porphyrius son metropolitain, ne füt abandonnee par eux et ne tombät en la possession d’autres peuples. eut done pitie d’eux, il commenga s’occuper de leur affaire et il retrancha cent quarante et un noms de la liste inserite sur le registre imperial. Apres cela, il leur remit une lettre de recommandation pour le vizir Abchir Pacha, parce que le pacha de Syrie 6tait charge de la reduction des impöts fonciers et des impöts mobiliers suivant ce qu'il jugerait bon. Le patriarche döpensa pour cette allaire et-pour la reduction deux mille piastres, en se gardant ce qui a 6t6 dit anterieurement. Ils lui promirent que s’ils triomphaient dans leur espoir, ils lui enverraient ce qu'il avait BEBEnES pour eux, mais par la suite, ils prouvörent qu’ils &taient ingrats, parce qu'apres lui avoir envoy6 une faible

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partie de ses depenses, 115 mangerent le reste en le regardant comme une aumöne; et lui, parce qu’il etait un homme simple, il les croyait. D£s le debut, ils disaient qu’ils avaient des frais et ils se montraient menteurs dans leurs paroles.

Leshabitants de Damas furent jaloux alors de ce bienfait et 115 lui dirent : « Le mieux est que tu nous rendes service nous tes fideles l’exclusion des autres! » Il s’interessa ainsi A eux, il s’efforga et s’appliqua et deduisit cent vingt“ noms; et quinze noms des habitants de Qärä et aussi des habitants de Ma’arouniye, trente des habitants de Yabroud, trente-eing des habitants de Deir Atiye. Cela coüta de quatre cing mille piastres. Ils ramasserent une partie de cela et laisserent le reste la charge du seigneur patriarche et cela lui fat demande comme une bonne auvre. Il remercia Dieu de l’avoir rendu digne de ce bienfait par une haute faveur du Donateur. Et ces charges nou- velles aggraverent sa dette et il &prouva beaucoup de soucis de l’accroisse- ment des interets. Le dimanche 13 octobre de l’an 7159, il ordonna le prötre Farah le Beyrou- thin metropolitain de Beyrouth, avec le consentement de ses fideles et sur leur demande; il ’appela Philippe suivant leur choix et le leur envoya. Le jour de la föte de l’Epiphanie, il consacra catholicos de la rösidence patriarcale de Damas le pretre Salomon fils du prötre Fardjallah l’Alepin,

* [01.1172

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08 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [68] gie an la Al do abs ΘᾺ An zer Se A οἷς

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aprös sa vie monacale et son ordination comme diacre et pretre. Il l’appela Sylvestre.

Le 10 janvier, il consacra metropolitain de Bäalbek le prötre Azarias le Tripolitain, ’hegoumene du couvent de Notre-Dame l’honorde connue sous le nom de Notre-Dame de Räs au village de Betram, du consentement de ses habitants, et il le leur envoya. Il l’appela Antoine.

Le dimanche de saint Thomas, 6 mai, il consacra, apres son retour de Georgie, son disciple, l’archimandrite Gerasime, metropolitain de Zebdani et de Ferzol.

IX. PRrEPARATIFS DE VOYAGE.

Lorsque le seigneur patriarche vit l’aceroissement des dettes pour le siöge d’Antioche etl’accumulation des interets, il rassembla tous les chretiens aDamas ainsi que les prötres et le clerg& et les consulta. Leur avis fut l’unanimite de se diriger vers le pays des chrötiens [= l’Europe] pour arriver son but: cela au moment m&me ou le Voivode Basile, prince de Moldavie, lui adressa un message pour l’appeler chez [αἱ et lui promit de l’aider et de lui payer ses dettes, parce qu’il 6tait toujours disposd faire de bonnes actions de ce genre. 1} avait acquitt la dette du Saint-Sepulere, celle du patriarcat ἘΞ Cons- tantinople et celle du patriarche d’Alexandrie. Le patriarche fut alors de son avis. I] choisit ce m&me Sylvestre qu'il nomma catholieos, pour le remplacer.

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169] INTRODUCTION. 69

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1. L om. us.

Il quitta Damas le jeudi 11 fövrier de l!’an 7160 d’Adam et de l’hegire 1062. Il entra le 20 du m&me mois, vendredi matin, Alep pour la deuxieme fois. Abchir Pacha y &tait gouverneur, parce qu’il avait &t& destitu& de Damas. Le patriarche alla sa rencontre, lui fit un cadeau qu’il accepta. Le pacha le recut avec tous les honneurs. Il celöbra la föte de Päques Alep et cette m&me semaine il apprit la mort de Sylvestre frappe de la peste. Il envoya pour la gerance, d’apres les canons, le metropolitain Gerasim.

Le dimanche de la Toussaint', apres la Pentecöte, le 13 juin, il consacra re metropolitain d’Akkar et de Rahbeh le pretre Naser de Homs * avec le consen- tement et la demande des habitants leur arrivee dans la ville d’Alep. II Vappela Nicolas. Trois jours apres, il consacra metropolitain de Tripoli οἱ de sa province le pretre Michel fils de Muhana l’Alepin et cela du consentement de ses habitants, et il le leur envoya. Il l’appela Melece.

Apres cela, avec l’aide de Dieu, nous commencämes le projet que nous

avions form& d’ecrire cette histoire.

1. L’eglise grecque fait tomber en ce jour la fete de tous les saints qui, ayant corres- pondu aux gräces de l’Esprit-Saint, sont parvenus au s&jour des bienheureux. Abel Cou- turier, Cours de liturgie grecque-melkite, Il, p. 326, Paris, 1914.

το VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [70]

*

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1. Lom. &s.— 2. Lhabet: 4}. 3. Lire: so). Si en

ζ PREMIERE PARTIE LIVRE PREMIER VOYAGE EN ORIENT I. Depart D’Auer. Avec les meilleures pensdes et les intentions les plus justes, monsei- + fol. 127°, gneur le patriarche persevera dans sa resolution de se rendre A Constanti- ; nople. Nous fimes done nos pr&paratifs, nous emportämes des cadeaux et tout ce dont nous aurions besoin, et nous placämes notre confiance dans l’appui du ᾿ Tres-Haut. Le patriarche que Dieu lui accorde une longue vie! partit

d’Alep le jeudi soir 9 juillet ' pour Lädaqiye et Djebel afın de percevoir les ᾿ dimes et revenir Antioche. Je sortis moi, son humble historiographe et nos autres compagnons, au point du jour le mardi de la fete du prophete - Elie, et nous arrivämes avant le soir A un village appel& Ma'arretakwän. A l"aube nous nous levämes et nous arrivämes Härim et Ghaträrin, un village dans le voisinage de Djiasr El-Djadid sur le bord d’Al-Asi, et nous y pas- sämes la nuit. Nous enträmes Antioche le jeudi 22 juillet et nous assistämes la messe le septieme dimanche aprös la Pentecöte. Nous partimes pour visiter le couvent de Saint-Simeon le Thaumaturge, le Marin, sur l’aneienne et

1. Il faut corriger : 8 juillet, d’apres le man. de Leningrad. Musde Asiatique, fonds arabe π΄ 17, coll. du patriarche Gregoire IV, fol. 3, autographe de Paul d’Alep.

[71] PREMIERE PARTIE. LIVRE Ir. 71

Ib se (ο- «ὃ οἷόν. Ina Ya ie ρον ὕγαξι 3 al a EN 0. ὦν» " Sl; Su> 733, del Iyas WW σοὶ iS se μὰ. ὧν» «οἷς πῆρ το ἀξ ὧν οὐ δ οἱ αἰ ρον ὧϑ οὐ οἷ Kite τ΄ du 5 ΘΝ kan SE yn ἐπ τ τ 15 ὧν ἘΝ αὐ νὰ in πὸ le ΕΞ ἀν yagley {,35 za Ya As ll > ‚le lie οἱ Bd ts sel & Us aal! N ] \ „N Won; «οἷ An 029 g>3

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droite voie romaine qui avait &t& rouverte cette &poque, mais qui avait &t& oublise depuis longtemps. Et combien de fois dans les annees passees, lorsque

- nous visitions ce saint couvent, on nous menait par le chemin de Sowweidiye l’eglise de Saint-Spiridon sur le lieu οὐ ses ennemis avaient coupe les tetes

de ses änes. Nous passions la nuit dans le village de Zeitouniye et de la nous nous dirigions sur le couvent par un chemin tres diflicile et travers une grande foret. Quant ce chemin-lä, il est tr&s ais, droit et proche; combien

de fois monseigneur le patriarche l’a-t-il demande d’apres les indications qu’a donnees le saint? Il ne fut ouvert et connu que cette annee. Louange

- A Dieu, car nous nous sommes egayes et nous avons passe l’apres-midi dans le grand couvent du saint, qui y avait men& une vie d’anachorete pendant “sa jeunesse; et sa colonne qui subsiste encore est haute de six coudees. Et nous y avons entendu les vigiles et la paraclisis dans l’eglise catholique'. il y a sept eglises, la plupart sont en blocs de pierre et le mur a quatre portes dont la plus grande donne sur la mer de Souweidiye. Ce mur est bien fortifie. Le fleuve Al-Asi descend de l’est dans le fond de la vallee; on le voit quand il se jette dans la mer pres de la montagne d’Al-Aqra et les navires s’y appro-

- visionnent d’eau. Apres avoir cel&bre la messe, nous retournämes Antioche. Le jeudi 29 juillet monseigneur le patriarche vint Antioche οὐ il resta six

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1. Dans les villes, l’eglise l’Eveque a son tröne, la cathedrale, est dite commune&ment VEglise catholique. Mais on appelle aussi catholiques les autres grands edifices du culte eonstamment ouverts tous les fideles, I. Pargoire, Eglise byszantine, Paris, 1923, p. 83.

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72 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [72] le el U εἰδο Li any ΚΟΥ LK Sul a ey del a Wal srl as U ir LE all SA sie Luc IT ze U Es "al a EN el 2 ΤΟΝ a le aa alas Wal) 02.8 ul ae N rl lach (u la ats Ay kan gs del EN ie ee el τ

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jours et eelebra six fois la messe. Nous louämes pour Adana une monture et nous sortimes de la, la veille au soir du jeudi 5 δοὺξ. Nous arrivämes le matin Beylän et dans l’apres-midi Alewandrette, e’6tait la veille de la fete de la Transfiguration. Les Chypriotes nous regurent avec les plus grands honneurs. Nous assistämes aux vigiles dans leur öglise et au moment de « l’entree » tout le clerg6 s’avanga, recut la benediction, se vetit et se se plaga en cerele a l’entree suivant ses habitudes en chantant : « lumiere 6clatante ». Le matin monseigneur le patriarche celöbra la messe. Nous partimes de le soir et le samedi matin nous arrivämes Päyäs οὐ monseigneur le patriarche eslebra la messe le huitieme dimanche apr&s la Pentecöte ainsi que le lundi et le mercredi.

Nous partimes de Ἰὰ le soir, et le matin nous nous arrötämes A Djisr Albarnäs et nous arrivämes apres Qarn Qapou. Le chemin est eflrayant, c’est un defile ötroit et redoutable. Le matin nous arrivämes A l’auberge Qourt Qoläg ou « l’oreille de loup », ainsi nomme6e parce que dans l’auberge existe une mosqude avec deux coupoles ressemblant exactement des oreilles. Nous partimes minuit en compagnie de dix-huit fusiliers chretiens de PayAs. Au point du jour nous enträmes Missisa, ayant la forteresse de Hayyät notre droite. Nous en partimes minuit et traversämes le pont du fleuve Djihan qui s’appelle Tchihan. Nous arrivämes Adana le samedi matin 14 aoüt et nous descendimes dans les jardins chez les nötres du rite gree. [Adana] est une grande ville dans laquelle il y a beaucoup de jardins et chaque jardin,

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[73] PREMERE PARTIE. LIVRE Ir. 73 ee I ὁ» LS Sp 55 zul 58 hell Lem] αν elle es all „el | pet Οὐ ὦ. τοὶ, las EL a σὺ a sb du el A ΘΒ Lan U el imo | 03... ες, ΠῈΣ FON © οἷο οἱ ll " ὦ» U Lie 5 üb οἷς Ulm, (δὲ ng JE οἱ EN US τὴν dl οὐ; ΠΑ el, U ale u un ll cl Ib Lay ass > στὸ ἀρ ON I) ὁ. le AL ζὼς ge la laney ur ne! a | A a SU > al ds (οἱ N 1.5. οἱ an ge las; ie ge all A ai, üb ülbL οἷς öl N Gr ie ai als SL Ayla u Soll 58 3a ΟἹ sa les Je οἱ Us Em ee 5 us, „as Li Wu; μι 5% is) ΔΝ 5 Als SED Kia

contient plus de trois ou quatre cents orangers semblables des müriers. La location de chaque arbre &tait d’un quart de piastre. Quant aux limons doux et aux orangers, 115 sont tr&s nombreux.

Monseigneur le patriarche partit pour Tarsous et pour le village de Timor, pour Dj’afar Pächa et pour les villages chypriotes qui les entourent, afın de percevoir ses dimes. Il revint ensuite Adana et de la nous partimes pendant la nuit de 29 aoüt en compagnie de l’aga des Turcomans de Syrie. Nous arri- vämes avant midi l’auberge Bairam Pächa et nous campämes sur le bord de la riviere Djägot. Nous partimes le soir et nous marchämes toute la nuit tra- vers des bois et des terrains pierreux. La nuit 6tait sombre et nous &eprouvä- mes de grandes terreurs et le matin nous arrivämes la forteresse de Kolak. Puis nous traversämes Qozloq Khän, c’est-A-dire « l’auberge des noyers », parce que tout autour il y ade nombreux noyers. Nous fimes halte avant midi Täkir qui est la cel&bre Aylat de ibn Ramadan. Ensuite nous partimes le matin et nous traversämes Soultän Khän, laissant notre droite la forteresse d’Anä- chah. Nous passämes sur Agh Koprou, c’est-äA-dire «le pont blanc ». C’6tait la limite entre les rois circassiens et les ottomans. De la, nous traversämes (irq Kädjy, c'est-äA-dire « quarante gu6s », parce que nous passämes gu6 quarante fois. Avant midi nous arrivämes Djiftä Khän, c’est-A-dire « l’auberge du mari6 ». Il est certain que ces chemins sont impraticables pendant l’'hiver par suite de leur etroitesse, du grand nombre deruisseaux et de rivieres. Nous nous arr&tämes pendant deux heures et, apr&s, nous nous levämes pour nous diriger

ἈΕΤΟΪ 19.

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7A VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [74] Us sl) In LM bs zes sl (οἱ ὁδ- ES BE ee Loy u Lig as all EU Lig „el ne 1,55 LS ὑὸν ἜΣ ἘΣ τ 2 “9 «οἷ gu Kal “1.9 | go ala SV & “- ca JAl „2 Jl ἀκα en da all; > en ats MM ya E u I ι(5.. ᾿ ie Be ἘΝ er x «55 Be u ἘΦ, 5») nn os Au ἐν} au „18 en ὉΠ Ἐν στ τοῖς ls τι | Al>y Joys EIER] BEN 48 94.5.9 i> 0 oh! se ul Js N > a ΣῈ ΕΝ Ny el AEG AL ale de on MU eh δ > ET iin are 5 ἴὰφ 3 En)

1. L habet: _5>2!, erreur du copiste. 2. L habet:: al.

vers l’auberge Mohammed Pächä, c’est-a-dire Yenky Khän ou Olen Kouchloug. Le soir arriva sans que nous l’eussions atteinte. Nous campämes pr&s de maisons de Turcomans, parce que, comme nous l’avons mentionne, nous tions accompagnes de leur aga et nous passämes cette nuit-lä chez eux. Nous nous levämes le mercredi matin septembre, commencement de l’an 7161, pour nous diriger vers Al-Bor. Nous marchämes dans ce pays qui justifie le nom de Bor'. Sur un espace d’un jour en largeur et en longueur, il n’y avait

-aucune herbe verte : elle 6tait brülde et noire. Pendant cette journde, nous

endurämes une grande fatigue jusqu’ä ce que nous arrivassions le soir. C’est un joli village ou la vie est bon march6, dont les eaux sont abondantes et les vignes nombreuses. Toute chose y est bon march& et‘ le ratl de viande en poids d’Alep coüte quatre osmani, un ratl de pain trois, un ratl? de vin vieux sup6rieur cing osmani et de vin nouveau un osmani. Ily a beaucoup de verjus. Il y a aussi une merveilleuse fabrique de poudre avec des roues semblables de grandes norias mues par l’eau; les vis se relövent et des marteaux descen- dent sur des auges en bois rangses et pilent la poudre. Un seul homme suflit pour mancuvrer pendant la journee et un autre pendant la nuit. C’est une belle invention avec des rösultats heureux et peu de fatigue. Les chretiens d’iei parlent ture; ils sont tr&s pieux. Ils nous firent descendre chez eux et

1 Bor en arabe signifie un lieu non cultive, 2, Ratl correspond 2564 grammes,

[75] PREMIERE PARTIE. LIVRE Ir. 75 FR sul ar =)! An BZ Ju λον] 65 aaa ya be! „Lus] | "οὶ ine Il li sul Age as al Lady all ls ars El De sro τὰ als 5 τῷ τις Jain „N „ae οἱ ai ὁ» SL Lan μλω οἱ; Lola WU Ua 58 - Ban “Ξε no 4 Il 4 γ5:5 οδοὺ Jı>s bb οἱ γα Un > ah Isa iin üben gl üle Yylal ὦν =

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1. L habet : 1,52}. 2. L habet : 131,5. C’est une forme derivde de 213 = essence, substance, personne, individu. 3. Lhabet : l»lı. 4. L habet : ‚Lu 33. —5. L habet:

38 2. Erreurs du copiste dans les deux cas.

nous regurent tres bien. Nous celebrämes la messe dans une de leurs &glises, dediee saint Eugene et.ses compagnons, le treizitme dimanche apres la Pentecöte; c’est une grotte sous un tres petit minaret. Nous restämes chez eux

Βαϊ jours et nous partimes la veille de la fete de la Naissance de la sainte

Vierge, le 8 septembre, escortes de Turcomans paye&s qu’on avaıt envoyes avec nous depuis le soir jusqu’au milieu de l’apr&es-midi du lendemain pendant vingt heures. Ce fut une longue etape, un long detour et une terre brülee. Nous endurämes une grande chaleur et une soif‘qui faillirent nous faire perir, nous et nos animaux. Nous desesperämes de nous-mömes et, gräce Ala sollieitude du Createur le Tres-Haut et l’intercession de la sainte Vierge sa m£re, nous pümes arriver pendant l’apres-midi dans un village de Turcomans appel&

A Qirwän,; nous &tions presque sans connaissance et surtout nos montures

_ [etaient &puisees). Nous nous jetämes immediatement l’eau jusqu’ä ce que la

vie nous füt revenue. Et c'est dans leur village que nous nous sommes arretes

_ vendredi. Le soir nous partimes avec eux par des chemins terribles. Le lende-

ran BF

main nous arrivämes l’auberge Qara Pounär. De Djifta Khän/nous passämes parla voie imperiale de Constantinople et de vers le Khän Mohammed Pächä, Yenky Khän, de la par Erekli vers Qara Pounar. Nous partimes de la avant minuit et nous arrivämes Ismil avant midi et nous en partimes le soir,

76 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [76]

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al al Ele any gel ὅίω, 23 a JA ΓῚ οὐ sis RR os & en lie IS U de ee δ κοῦ sad ze oa Us wc Bull ὧϑ 5 μέ ale gr 5 χα εὶς EI sy 5 {1 ih ol ζῶ db > iS glei En Als DU αἱ ὧν li al ee eu la ME za obs Jo » WS κῶς gr ἰοῦ ἀπ} σὺ se

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II. Iconıum.

Le dimanche 11 septembre, le quatorzieme [dimanche] apres la Pentecöte, avant midi, nous enträmes Iconium Οὐ nous celebrämes la föte de la Croix, dans une &glise de notre communaute greeque dont le toit est en bois. Ensuite nous partimes pour visiter le couvent de Saint-Chariton, dont la fete est le 26 septembre, il &tait pres de deux heures de chemin. Toute la construction du couvent, de ses @glises et de ses cellules est en pierre de taille tirde de la montagne. L’öglise prineipale est grande, haute et construile en pierre ainsi que ses sanctuaires. Derriere l’autel il y a une grotte, dans laquelle on aceede par des marches, ou le saint s’est consaer6 la piete. "νὰ, il ya une pierre longue semblable un oreiller; on nous apprit que e'6tait son oreiller. Dans cette eglise il ya aussi une tombe sur laquelle est Ecrit en στρα : «de la descendance de celui qui est ne sur la pourpre ». Nous caleulämes la date contenue dans ce chronogramme et trouvämes cing cents ans. De meme sur la porte de l’eglise est sa date en grec. Les autres eglises du couvent sont petites. Un peu hors du couvent, il ya une ancienne grotte οὐ l’on descend par des marches. C'est que les voleurs emprisonnerent le saint. Il en fit sourdre pour eux une grande source miraculeuse tres agreable. Nous y passämes la nuit du mereredi dont le lendemain 6tait le 15 septembre. Pendant la matinde nous retournämes dans la ville. Les murailles sont grandes etil y a des &difices extraordinaires, des sculptures, des statues qui semblaient parler. Nous par- times pour visiter la fondation Mollä Khän de Molla Khandkäar, Il y a des

[77] PREMIERE PARTIE. LIVRE I". 77 al, Aal yarlas Up ber EI lE ὦ» Ip rd an SH 9,5 „u ὧν aa κϑ re) 55 lg" οὐ λαν λό 3 Ill „es u ai 3 „U alas als ul) 5 255 χὰ N a N ar ον

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1. L habet : „all, erreur du copiste. 2. L habet:: st. 3. L habet : Jr.

edifices extraordinaires; les chandeliers sont en argent et en or, les lampes prises dans le tr&sor des empereurs sont nombreuses. Un seul chandelier [orne] * de toutes sortes de fleurs p&se quatre-vingt-dix oqgas d’argent et d’or. Les marches pour monter son tombeau sont en argent. Pres de ce tombeau est celui du moine son compagnon qui porte un vötement et un grand turban noir. La balustrade de cet escalier est un morceau de marbre transparent et ajoure tout intact ', semblable des eiselures d’argent. [En voyant ces splendeurs] tous eeux qui entrent dans cet endroit sont stup6faits. Le chef (däda) et les autres derviches aiment beaucoup les chretiens et les moines. [15 nous ont fait entrer.et nous avons regarde non sans crainte. Quant la race des Turcomans, elle est maudite, c’est pourquoi on ne les laisse pas entrer. Ensuite, nous etant rassembles avec le juge d’Alep et avec une caravane de la m&me ville, nous partimes en leur compagnie le jeudi et nous arrivämes le matin Zädäk qui est appele dans les synaxaires Lycaonie. Lä, il y a une grande &glise dediee a saint Michel, des edifices byzantins et beaucoup d’eglises. Nous partimes de cet endroit vers le soir, et le matin nous arrivämes dans un bourg appele Al- gham. A sa sortie se trouve le bain Qaploudja, d’eau thermale, οἱ sa proximite ilyal’eau froide. Nous partimes le soir et nous arrivämes le samedi malin 18 septembre au village de Aq Chehr connu par la tombe du celebre Djoha. Nous partimes le soir et nous arrivämes.le matin Saglah, le premier dimanche

1. Salimi : sens inconnu. 2. C'est le Khodja Nasser Edlin.

* fol. 13V’.

* fol. 13v°.

78 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [78] is ll ui Aal as u Il ἀτὰρ als luch ats lie las USE a ig un Hal οἱ alde a Suhl) Ha ee ὑσωο as au Lass δ λα Lil SS, Ol di Wh A zu üb GE ὅλο Lie ia «οἷς Il ΤΡ απ Lely ats li le sie au οἷς μων lmuely λο Ἐπ κα yigg τ Πα ἘΣ ΘΝ ed a ig El u en N a ΟἹ, οὗ ἐμαὶ > Al a alle A| As Aw gu Ἄς ei E mel u] Le Lie I Lin Ian un m ale Allee οἶον de An se gs ll Wi us du are οὐ οἷς & SEN uch el span ᾧβ Οἱ Way zul Ya τ U un SE φὸ ζω» Ir οὐνεδεα wa es Y LE EI U any sr a a

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1. L habet : kt.

apres la föte de la Croix. Nous partimes minuit et le matin suivant nous ar- rivämes Beläidon. Le chemin de Saqlah Beläidon consiste en ponts et en une chaussde. De la nous passämes l’ötape de Khän Beyaz pendant la nuit, puis nous arrivämes le matin l’auberge de Khosref Pächä d’oü nous partimes le soir. Le mereredi nous arrivämes Seyyid Ghäzy. Nous en partimes pendant la soiree et nous arrivämes le jeudi 24 septembre Esky Chehr, connu par ses melons jaunes trös doux. On les suspend et cause de leur durete ils se con- servent jusqu’a l’hiver. Nous y sejournämes le vendredi et, nous etant leves le soir du meme jour, nous arrivämes le matin Bos Heuyuk. Nous en sortimes le samedi soir et nous arrivämesle lendemain Bazodjuk, le deuxieme dimanche apres la föte de la Croix. Le chemin du commencement jusqu’ä la fin est etroit, A droite il ya une montagne et une foret, et gauche un cours d’eau dangereux. Nous partimes le soir et nous arrivämes le lundi matin Yenky Chehr. Nous passämes la nuit par l’etape du Khän-Ag-Bezeuga. Ensuite nous quittämes la caravane de Constantinople et nous passämes la nuit dans l’au- berge. Le mardi matin nous la quittämes et A midi nous arrivions dans un

village prospere dont le nom est Bä-Zäwenk. [Ce village se trouve ἃ] moitie |

chemin entre Yenky Chehr et Brousse. Nous y avons goüte du lait ture, d’un goüt ineflable, du pain et des melons. Il y a aussi une fontaine d’eau douce, froide, excellente.

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[79] PREMIERE PARTIE. LIVRE I. 79

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1. Lire: u}.

Il. Brousse.

Nous enträmes Brousse le soir du m&me jour, mardi, c’est-A-dire le 28 septembre. Nous descendimes Yenky Khän chez les Alepius; nos caurs se rejouirent de les trouver. Nous passämes cette nuit chez eux. Le mercredi matin le clerg& et les notables de Brousse arriverent au khan et nous mene-

rent au quartier de l’eglise de Qaya Bachy dedice Notre-Dame elle est restauree ainsi que toutes les eglises. On revetit monseigneur le patriarche du mandyas des le commencement de la rue; le clerge et les diacres nous recu- rent avec des cierges et des encensements. Les chantres chanterent jusqu’ä notre entree dans l’eglise. On mentionna d’abord le nom des empereurs [ehretiens], puis celui du patriarche d’Antioche et de tout l’Orient deux fois, * * fol. 14 re, puis on termina la litanie. On nous logea dans une maison prös de l’eglise. Le samedi matin 2 octobre, on nous emmena avec les Alepins au bain Esky Qaploudja ou nous nous baignämes dans son eau chaude naturelle. De nous allämes au jardin des chätaigniers. Nous revinmes le soir et chantämes les vepres la veille du troisieme dimanche apres la fete de la Croix, dans l’eglise

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_ mentionnee.

De Brousse Constantinople, ensuite dans le pays de Valachie et de Moldavie et dans les pays voisins, on n’a pas l’habitude de chanter les vigiles comme dans notre pays, mais quand il y a une grande fete, on les celebre pendant la nuit avant le service de minuit. On retarda l’encensement jusqu’äa

80 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [80]

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1. Lhabet : ua. 2. L habet : 1b. 3. L habet : ar erreur du copiste.

« Eternel, je t!invoque », jusqu’au moment de la « Gloire », en attendant que le monde s’assemblät. Dans la litanie on fit mention, du nom de monseigneur le patriarche d’abord, et apr&s des me6tropolitains. A l’entr&e, tous les prötres presents recevaient la benedietion et revetaient des chasubles suivant leur habitude et tournaient en passant l’entree deux par deux en chantant : « lumiere &elatante ». C'est un signal pour les prötres qui tournent l’entree le soir, qu’ils c@l&breront une messe le lendemain.

Remarque. L’archiprätre ou le prelat est celui qui recite les psaumes des vöpres et aussi « lumiere 6elatante » et « rends-nous dignes, Seigneur » et « maintenant laisse ton serviteur en paix » et de m&me dans les matines les psaumes du matin, ensuite « gloire celui qui nous a fait voir la lumiere » etc... Ge möme dimanche matin, monseigneur le patriarche cel&bra la messe. Dans tout pays grec, on commence par le canon et apres le septieme chant et les synaxaires, on dit « Tout ce qui respire », l’Evangile et « Ο Dieu, sauve ton peuple ». Le prötre sort en portant l’&vangeliaire que l’archiprötre baise, ainsi que tous les assistants, puis il va avec l’&vange£liaire chez les femmes aussi et s’en retourne pour encenser. Quant aux heures, chez les Grecs, elles sont sup- prim6es, except£ la premiere des matines, et ils terminent le service et le pr&tre olliciant les dit voix basse. Dans le pays des Cosaques et des Moscovites, on les dit comme chez nous; le diacre sort avec le saint corps devant les prötres et eux derriere lui. Dans tous ces pays, except& Moscou, les fideles

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[81] PREMIERE PARTIE. LIVRE I“. 81 la Il eu ul 5 el IE KL! ον ae SU win

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"1. L habet : τόσω», erreur du copiste.

prösents dans l’öglise entrent pour recevoir le pain benit de la main du prelat ou du prötre, m&me les femmes et les enfauts vers lesquels il sort pour leur en distribuer.

Le samedi 9 octobre, on nous invita aux bains de Yenky Qaploudja, qui sont comme Behräm Pächä et Moustalfa Pächä Damas et Alep. Nous avons vu la source de cette eau bouillante. Elle sort d'un rocher et ses vapeurs s’elevent jusqu’au ciel, son odeur est sulfureuse et il est impossible d’y plonger la main. On peut y ö&chauder une poule et y faire cuire des.eufs, comme nous en avons &te temoins. Pour les bains on y melange trois quarts d’eau froide afın de la temp£rer. Ce bain est spacieux. Le quatrieme dimanche matin, les pretres et les grands du quartier Baliy Bäzar inviterent monseigneur le patriarche celebrer la messe dans leur eglise dediee saint Jean l’Evangsliste. Il y alla cölöbrer la messe l’Eglise est aussi restauree. La veille du mardi, les habi- tants du‘ quartier de Damir Qapou l’inviterent aussi A leur 6glise et il y οὐϊό- bra l’'oflice de l’eau benite seulement et il passa la nuit chez eux.

Le mercredi 12 octobre, c’est-A-dire le seizieme jour de notre sejour Brousse, nous en sortimes. Les grands, apr&s nous avoir faıt leurs adieux, vin- rent avec nous jusqu’ä Moudania. Les habitants vinrent tous la rencontre de

_ monseigneur le patriarche A une grande distance. Ils nous recurent dans leur PATR. OR. T. XXI. F. 1. 6

* fol. 14 νος

+ fol 14 v%

82 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [82] ἘΠ 85 Ci u Sl sb Au „us 259 Sc ya El 5 A ben all Gl YyLS Lil Als ey, dar) y θυ kan W > Lab ον] 2 u lin all 35 > m a al el u Sl, us ame asla Izl „SI Ai anlis Aa ag „ll als se ss ie LS ΣῈ Ay «οὐϑ ἘΠ 4 eb οἷς al res Ὁ) Wa Saal u ill Aedl le azun Lölel Wi PN le og a lg gar u οἱ li Ar Aal) a os a 5 Ἂν Ägs ME N a ee το ον rs ale u ey ἰῷ la lie delt GE Seh es el Me Il pe LU kn Zee öl a Isa us Ile 5} κῶς 3,5 alas We di ag VI ὦ» in U 5} ala LS, Pl ὁ» Ui ai IE N de el or Gi Ne anlie

1.Lhabet: .b,sb. 2. L habet: K, erreur du copiste.

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grande öglise dediee A la Dormition de la Vierge. Le diacre mentionna d’abord le nom du patriarche de Constantinople, puis celui d’Antioche. Il ne mentionna pas leur mötropolitain Clement que Dieu efface son nom du livre de la vie! parce qu’il est arrogant et hai par le peuple, surtout parce qu'il n'est pas venu la rencontre de monseigneur le patriarche son arrivce. Pour cela, nous ne nous sommes pas arretes longtemps et nous n’y avons pas celebre la messe. Son peuple nous honora beaucoup, parce qu'il est tres reli- gieux. Nous fümes loges dans la maison de l’archonte Krichy Kourty sur le bord de la mer. C’est une grande promenade. Presque toutes les maisons de Moudania sont jolies et la plupart sur le bord de la mer. [οἱ il y a pres de vingt eglises. Et dans le palais metropolitain il y a une petite eglise de la Transfiguration et au-dessous une fontaine sacree. Le Mont Athos y est peint ainsi que tous ses couvents. Nous y avons visite l’eglise de Saint-Theo- dore, qui est tr&s belle, et celle de Saint-Georges. Nous n’eümes pas le temps de visiter les autres eglises parce‘ que nous &tions presses de nous embarquer pour Constantinople avant la temp6te de saint Dömötrius. On loua pour nous une barque pour huit cents osmani et nous partimes de le ven- dredi 16 octobre. Apres avoir ram& sur une distance de douze milles, vers le soir on jeta l’anere et vers minuit nous repartimes. Nous arrivämes au milieu de la mer; tout coup une grande tempete se leva et l’agita. Elle fut si violente que notre barque faillit couler cause des grandes vagues.

[59] PREMIERE PARTIE. LIVRE I", 89 Sal tue. Le 53 Ile kl Wh ar gan ὕο399 igs Lach gi au) οἷ gu hr sel del δρῶ! κ 951 5.1, οὐ άδο Joy λα τον el «δ᾽ ὧθ Br Aalal!s sale Gral lelarz.l, ΞΕ (5 sÄne ὧξ A &

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1. L habet : Us», erreur du copiste.

Notre raison s’envola de nos tötes, nous pleurämes, nous nous lamen- tämes et nous desesperämes de nous-mömes. Nous nous fimes des adieux les uns aux autres et confessämes publiquement nos peches. Monseigneur le patriarche lut sur nos tetes la priere du pardon et de la r&mission ; nous atten- dimes la mort d’un moment l’autre. Mais le Createur que son nom soit exaltö! qui ne delaisse pas ses serviteurs, ne nous abandonna pas; gräce lintercession de la sainte Vierge sa mere, qui est le refuge et l’assistance de tous ceux qui sont dans la dötresse, puis de saint Nicolas, saint Simon le Thaumaturge, le Marin et l’Alepin, de saint Georges, chevalier sur la terre et sur la mer, de saint D&metrius dont la föte s’approchait car cette ap est redoutse de ceux qui naviguent avant ou apres sa föte les flots s’apai- serent. Apr&s une grande fatigue et une grande crainte, les matelots ramerent vers la terre et carguerent les voiles apr&s que le mät eut failli &tre brise par la violence de la tempete. Nous n’osions pas croire notre salut quand nous sautämes terre; nous 6tions dans un &tat mis6rable. Le lendemain matin ils nous conduisirent A force de rames l’auberge du celebre Bouzbouroun. LA, on jeta l’ancre et nous trouvämes plusieurs navires restös l’ancre de peur de ce qui avait eu lieu. Nous restämes Bouzbouroun depuisle samedi matin jus- qu’au mardi minuit; quand le vent se fut ameliore, on mit la voile et nous arrivämes le matin dans le village dont le nom est Qäterli. Nous sortimes pour en visiter l’öglise dedice A sainte Cyriaque. Le soir nous vinmes dans un

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54 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [84]

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1. Lire : 65. 2. L habet:: & lb».

village florissant sur le bord de 116 mentionnge dans les synaxaires et dans l’histoire sous le nom d’ile Proty, ou « la premiere », et son nom maintenant est Birindgi. A l'interieur se trouve le cimetiere des patriarches de CGonstan- tinopole jusqu’aujourd’hui. Il y a aussi trois öglises dediees A la sainte Vierge, saint Demötrius οἱ saint Georges. Nous partimes minuit et arrivämes le matin Scutari. Nous nous dirigeämes vers Chaleedoine et Karam El-Arra- malah οὐ fut deporte saint Jean Chrysostome. Jusqu’ä present elle est comme une presqu’ile et porte le nom de Qady Keuy, e’est-ä-dire Chaleedoine.

LIVRE DEUXIEME VOYAGE A CONSTANTINOPLE Il. EntREE A CONSTANTINOPLE.

Nousenträmes dans la ville de Constantinople le mercredi matin 20 octobre. Depuis notre döpart d’Alep trois mois s’6ötaient &eoules. Nous descendimes la mötochie du Saint-Sepulere l’entree de la porte de Qabra pr&s du palais du patriarche. Monseigneur le patriarche avait envoy& une lettre au patriarche Paisios de Constantinople et aux metropolitains pour leur demander, selon l’usage ancien, la permission de venir dans la ville de Constantinople. On le lui permit, parce qu'il avait fait son devoir au contraire de ses pred6cesseurs, et ils envoyörent tout de suite la permission demand&e. Alors monseigneur le patriarche leur fit demander des le soir la permission de se pr&senter chez οὐχ, Le jeudi matin, les mötropolitains vinrent chez lui et le condui-

ii

[88] PREMIERE PARTIE. LIVRE MH. 85 K All 5.5. sus sus a)! 1.115. ἘΝ Ms po lu ya Seil lach Syäl Ey οἀξοὶ well διό az SU ὦ» Je a se le! a a ae! ee u say Kyle 9 le ΟἹ N yes Οἱ μἱ ir ae hai Eee - a. ee ey AL I le hi a ls

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sirent au palais du patriarche. Lorsqu’il entra par la porte, deux prötres le reeurent, l’un avec l'’evangeliaire, l’autre avec l'icone et le diacre avec l’en- censoir, tous dans leurs ornements sacerdotaux. Il baisa l’evangeliaire et l'icone selon l’usage, et le diacre l’encensa. L’un des metropolitains lui donna

"une crosse d’argent et les chantres chanterent « l’Axion » jusqu’ä leur entr&e

dans l’eglise patriarcale dediee saint Georges. Pendant qu'il baisait les icones qui sont sur les portes du sanctuaire, le

- patriarche de Constantinople descendit, entra dans l’öglise vetu du mandyas

et se placa sur son tröne. On plaga monseigneur le patriarche dans un tröne vis-a-vis de [αἱ et le diacre dit : « Ayez pitie de nous, Dieu, selon Votre grande

- misericorde. » Ils mentionnerent Alexis, ’empereur des Moscovites, l’impera-

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+

trice Marie, Basile prince de Moldavie, son epouse Catherine, Matthieu prince de Valachie et son &pouse Helene, ensuite Kyr Paisios patriarche de Constanti- nople et Kyr Macaire patriarche d’Antioche. Les chantres chanterent pour chacun « Seigneur, ayez piti& de nous » trois fois.

Le pretre termina le service etles patriarches descendirent de leurs trönes, se serrerent la main reciproquement et marcherent ensemble. Devant eux marchaient deux personnages portant de grands chandeliers d’argent avec des cierges de cire blanche;; les mötropolitains les suivaient et ils monterent au divan (salon) du patriarche. Ils se mirent table. tandis que les chantres

ehantaient. Le patriarche de Constantinople se comporta vis-a-vis du patriarche

* fol. 15 vo

* fol. 15°,

80 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [86]

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1. 1, habet : ©, συ on!

d’Antioche avec une grande solennit& et beaucoup d’honneurs et de sentiment. “On nous presenta tant d’especes de plats et de sortes de vins qu’on ne peut les decrire. Ce fut un grand jour dont on se souviendra toute la vie! Vers le soir, ils descendirent, ehanterent les vöpres et nous firent leurs adieux. Mon- seigneur le patriarche se rendit la mötochie avec des metropolitains et des pretres devant et derriere lui avec les Qapi Kehaia' de Moldavie et celui de Valachie et d’autres encore, jusqu’ä ce 411] les eüt benis. Alors ils s’en retournerent. Les notables des chretiens venaient et le saluaient. La veille du dimanche des Gadareniens, monseigneur le patriarche partit pour l’eglise patriarcale la suite d’une invitation qui lui avait 6t& adress6e selon la cou- tume. L’un et l’autre revötirent le mandyas et firent leurs prieres. Devant chacun se tenait debout une personne portant un chandelier avee un cierge de cire blanche, depuis le commencement du service jusqu’äla fin. Le kathisma* de psaumes fut lu par un diacre place entre les deux patriarches. Au moment de la « Gloire » les pretres firent au patriarche de Constantinople des genu- llexions, une premiere fois, une deuxicme fois, puis se tournant vers le pa- triarche d’Antioche, firent eing paires de genuflexions. Ils mirent leurs cha- subles et marcherent l’entrde en se rangeant pres des deux patriarches en demi-cercle; le diacre encensa les portes du sanctuaire distance, les deux patriarches, les prötres et les fideles qui 6taient dans le chour.

1. Une sorte d’ambassadeur de Moldavie et de Valachie qui residait Constantinople. 2. Le psautier est divise en 19 kathisma et chaque kathisma ecomprendun nombre variable de psaumes.

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[87] PREMIERE PARTIE. LIVRE II. 87

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1. L habet : St.

Les pretres commencerent chanter « lumiere Eclatante » haute voix, ensuite le diacre recommenga encenser les deux patriarches et les prötres firent des saluts aux patriarches, deux deux, puis 115 entrerent dans le sanc- tuaire et Öterent leurs vetements sacerdotaux, car c’est leur habitude pour toute veille de dimanche ou de fete prineipale. Ces prötres appartiennent aux öglises des quartiers qui sont autour du patriarcat. Cela est le signe qu'ils se pr&parent la sainte messe comme nous l’avons dit. Apres la fin du service, leur benedietion simultande et leur sortie hors de l’Eglise, pr&cedes de deux chandeliers garnis de cierges et tout le peuple se tenant debout, un de ceux qui portaient les chandeliers dit voix forte :

« De Sa Saintete Paisios, archeveque de la ville de Constantinople, la nou- velle Rome, et patriarche oecum&nique, pour beaucoup d’annees », trois foıs. Le patriarche leva la main droite et benit le peuple. L’autre porteur de chandelier dit egalement : « Macaire le bienheureux, patriarche de la ville de Dieu, la grande Antioche et de tout l’Orient », et on r&pondait : « pour beaucoup d’an- nees », trois fois. Lui aussi leva la main droite et benit encore le peuple. Ensuite ils öterent leur mandyas et le patriarche de Constantinople emmena le patriarche d’Antioche chez luien haut et 115 dinerent ensemble. Il l’accompagna jusqu’ä la porte de la maison et rentra chez lui, parce que son äme n’etait pas orgueilleuse.

01.16

* fol. 161°

88 VOYAGE DU PATRIARCHE MACAIRE D’ANTIOCHE. [88] A ae a 15 Cal Cl LE γάλαν eV u αὐλῶν, aaa Hlaaty KU χἱ 599. al Il g ai u dh | See ee a ee Οἱ (οἱ sul sl Sl Le, Fo ἘΞ 50} as se ἘΣ bay] a BR

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1. L habet : KARL 2. L habet : „e:2’.,— 3. L om.