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REVUE CRITIQUE

D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

NOGENT-LE-ROTROU, IMPRIMERIE DE A. GOUVERNEUR.

REVUE CRITIQUE

D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

PUBLIEE SOUS LA DIRECTION DE

MM. C. DE LA BERG.E, M. BRÉAL, G. MONOD, G. PARIS.

Secrétaire de la Rédaction : M. Stanislas Guyard.

NEUVIÈME ANNÉE

PREMIER SEMESTRE.

PARIS

LIBRAIRIE A. FRANCK

F. VIEWEG, PROPRIÉTAIRE RUE RICHELIEU, 67

1875

"2L

1007 R-4S-

i.l7

ANNÉE 1875

TABLE DU PREMIER SEMESTRE

Art. Pages Académie des inscriptions et belles-lettres. Voy. Sociétés savantes.

Africa. Voy. Pétrarque.

Agenais (Architecture religieuse de V). Voy. Tholin.

Alciphron, Lettres, tr. p. De Rou ville (A. Boucherie) 47 150

Alcuin. Voy, Jaffé.

Alexandre III (Lettre du pape) à Prêtre Jean. Voy. Zarncke.

Allemagne (Géographie de P). Voy. Kuhff.

(Le premier Conflit de la Pologne avec 1'). Voy. Merwart.

(Sources de l'histoire d'). Voy. Dahlmann. Allemande (Littérature). Voy. Hillebrand (J.). Alsace. Voy. Chansons, Curiosités.

Ammon-Ra. Voy. Hymne. Anglais (Vieil). Voy. Zupitza. Anglaise (Origines de la nation). Voy. Yeatman. Angleterre (Histoire de la Philosophie en). Voy. Rémusat. Annuaire géographique. Voy. Variétés. Architecture religieuse de l' Agenais. Voy. Tholin. Archives (Les) de Simâncas. Voy. Romero de Castilla. Argonautes. Voy. Stender.

Aristote, Poétique, p. et tr. p. Susemihl, 2* éd. ; Baumgart, Pa- thos et Pathema (Charhs Thurot) 36 115

p. p. Vahlen, 2^ éd. (Charles Thurot). ... 40 129

Aryabhatîya (L'), p. p. Kern (A. Barth) 72 242

Asie-Mineure (Voyage en). Voy. Davis.

Assézat. Voy. Fail (Noël Du).

AuBiGNÉ (D'), Œuvres complètes, p, p. Réaume et De Caussade,

t. III; D'AuBiGNÉ, Le printemps, p. p. Read (T. de L.) 48 15 j

Auvergne (Histoire des Institutions de 1'). Voy. Rivière.

VJ TABLE DES MATIÈRES.

Art PâÊfcs Backer (De), Bidasari, poème malais 120 293

Barreau (L'éloquence et le) dans la première moitié du xvi^s. Voy.

Froment. Bartrihari. Voy. Stances. Bartsch, Chrestomathie provençale , 5" éd 103 248

Voy. Chanson de Roland.

Baschet, Histoire du dépôt des Archives des Affaires étrangères (A.). 39 120

Baumgart. Voy. Aristote.

Beaux-arts (Bibliographie des). Voy. Vinet.

Bégon (Michel). Voy. Duplessis.

Behm. Voy. Variétés.

Bernhardi. Voy. Milton.

Bezsonoff. Voy. Chansons.

Bhagavad-Gîtâ. Voy. Hurrychund Chintamon. , . \ ,/,....;. .;:i,.

Bible (La), tr. p. Reuss (A. Carrière) .;....,... 7 20

Erratum 64

Bibliographie méthodique et raisonnée des beaux-arts. Voy. Vinet.

Bidasari. Voy. Backer.

Blaisois (Dialecte). Voy. Talbert.

Boissier, La Religion romaine d'Auguste aux Antonins (C. de la

Berge) 1 0 1 337

Errata 384

BoNAVENTURE DES PÉRIERS, Le Cymbalum Mundi, p. p. F. Frank. 123 398

Bons mots (Recueil de). Voy. Recueil.

Boucher de Molandon, La Salle des thèses de l'Université d'Orléans

(R. L-) 24 75

Brandebourg (Acquisition par Charles IV de l'Électorat de). Voy.

SCHOLZ.

Brandes, Mémoires sur l'histoire ancienne de l'Orient 125 406

Brugsch, Histoire d'Egypte, i''''p.j 2^ éd. (G. Maspero) 119 390

•Bulgares (Chants) du Rhodope. Voy. Variétés. Busson, Contribution à l'histoire de la ligue de paix conclue entre plusieurs villes allemandes en 1254 (Rod. Reuss) 67 214

Catalans (Contes populaires). Voy. Contes. Caussade (De). Voy. Aubigné.

Chanson de Roland (La), p. p. Bartsch 32 98

Chansons russes contemporaines, p. p. Kirejevsky et Bezsonoff (A.

Kirpitchnikoff) 100 331

(Deux) sur le passage en Alsace de l'armée de Navarre, en

1587, p. p. Reuss (X. Mossmann) 44 141

Chants bulgares du Rhodope. Voy. Variétés.

Charles IV (Acquisition par) de l'Électorat de Brandebourg. Voy.

SCHOLZ.

TABLE DES MATIÈRES. VÎj

Art. Pages Charles VII (Les Écorcheurs sous). Voy. Tuetey, Châtelains (Les) de Lille. Voy. Leuridan. Chrestomaîliie paléo-anglaise. Voy. Zupitza.

provençale. Voy. Bartsch.

védique. Voy. Delbrûck. Chrétienne (Littérature latine-). Voy. Ebert.

Christ, Métrique des Grecs et des Romains (Henri Weil) .... 46 146

Chronique de Robert de Torigni, p. p. Delisle, t. II ...... . 14 40

Chroniques de Saint-Martial de Limoges, p. p. Duplès-Agier (A.

Molinier) 15 45

Civilisation musulmane. Voy. Kremer.

Claretie. Voy. Pibrac.

Concile tenu en 836 à Jérusalem. Voy. Lettre.

Contes populaires catalans, p. p. Maspons y Labros, je série (Th. de

Puymaigre) 99 3

CooMARA Swamy. Voy. Sutta Nipâta.

Correspondance : Remarques supplémentaires sur le Dictionnaire étymologique latin, etc. -sanscrit de Zehetmayr

(Th. N.) 120

Lettre de M. G. d'Eichthal à M. Vidal-Lablache . 363

Cortambert, Histoire des progrès de la géographie de 1 8 5 7 à 1 874. 1 07 350 Courbet. Voy. Magny. Courrière, Histoire de la littérature contemporaine en Russie (Louis

Léger) 117 379

Création (Mémoire sur le texte primitif du i*"" récit de la) Voy. EiCH-

thal. Croisades. Voy. Rœhricht.

Curiosités de voyages en Alsace, p. p. Stœber (R.) 59 181

Cymbalum Mundi. Voy. Bonaventure des Périers.

Dahlmann, Sources de l'histoire d'Allemagne, p. p. Waitz, 2^ éd. 86 294 Dantès, Tableau chronologique et alphabétique des principaux évé- nements de l'histoire du monde 105 349

Daremberg. Voy. Dictionnaire.

Davis, Journal d'un voyage en Asie-Mineure (G. Perrot) 127 407

De. Voy. à leur lettre initiale les noms précédés de cette particule. Delbrûck, Chrestomathie védique (Abel Bergaigne) 6 17

Le Verbe dans la langue védique (Abel Bergaigne) . . 11 33 Delisle. Voy. Chronique.

Delitzsch , Poésies juives-arabes antéislamiques (St. Guyard) . . i 3

Erratum 32

Derenbourg (h.). Voy. Djawaliki, Recherches orientales. Dialecte blaisois. Voy. Talbert. Dialectes germaniques. Voy. Heyne,

Viîj TABLE DES MATIÈRES.

Art. Pages Dialogues (de Sénèque). Voy. Gertz.

Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, p. p. Daremberg

et Saglio (C. de la Berge) 5 8

étymologique latin, etc. -sanscrit de Zehetmayr. Voy.

Correspondance. Dissertations philologiques de Halle. Voy. Variétés.

Dîwân de Moslim, p. p. De Goeje (Barbier de Meynard) 89 305

Djawaliki, Le livre des locutions vicieuses, p. p. H. Derenbourg

(Barbier de Meynard) 75 257

(M.-J. de Goeje) 291

Documents inédits pour servir à l'histoire de la Réforme et de la Ligue,

p. p. LouTCHiTZKY (T. de L.) 116 377

DoNiOL, La Révolution française et la Féodalité (H. Lot) 34 101

Erratum 128

Drdimg (Le) populaire de Faust, p. p. Engel (***) 106 349

Du. Voy. à leur lettre initiale les noms précédés de cette particule. DuHN (De), Examen critique de l'épisode de ['Odyssée relatif au

voyage en Egypte de Ménélas (H. Weil) 57 177

Dùmmler. Voy. Jaffé.

Duplès-Agier. Voy. Chroniques.

Duplessis, Michel Bégon (T. de L.) ; . . . 33 99

Ebert, Histoire de la littérature latine chrétienne (Gaston Boissier). 109 3 56

Économie politique. Voy. Mesnil-Marigny.

Ëcorcheurs (Les) sous Charles VIL Voy. Tuetey.

Egger, Notions élémentaires de grammaire comparée, 7^ éd.; Les

substantifs verbaux, 2'' éd. (M. B.) 65 209

Egypte (Épisode de VOdyssée relatif au voyage en) de Ménélas. Voy.

Duhn.

(Histoire d'). Voy. Brugsch. Egyptologiques (Études). Voy. Pierret. EiCHTHAL (D'), Le site de Troie; Perrot, Excursion à Troie (P.

Vidal-Lablache) 80 273

Voy. Correspondance.

Mémoire sur le texte primitif du i" récit de la création. I

(J. Derenbourg) 124 402

II (Michel Bréal) » 4^4

Ellis, Peruvia-Scythica 126 407

Éloquence (L') judiciaire en France. Voy. Froment.

ÉNÉE, Poliorcétique, p. p. Hug (Charles Graux) 18 $4

Engel, Voy. Drame.

Erasme. Voy. Feugère.

Érinyes (Les). Voy. Rosenberg.

Ethé, Le poète épique Jules Grosse (C. J.) . 16 47

TABLE DES MATIÈRES. ÏX

Art. Pages

Voy. Recherches orientales. EucLiDE. Voy. Proclus.

Fables de Phèdre. Voy. Muller (L.).

Fabre-D'Envieu, Méthode pour apprendre le dictionnaire de la

langue grecque (M. B.) 2 6

Fail (Noël Du), Œuvres facétieuses, p. p. Assézat (C. Defrémery). 60 182 Faust. Voy. Engel.

Feugère, Erasme (Th. Gerold) 7^ 267

Fierville, Le Cardinal Jean Joufïroy et son temps (A. Molinier) . 42 13?

Frank. Voy. Bonaventure des Périers.

Friedlein. Voy. Proclus.

Froment, Essai sur l'éloquence judiciaire en France avant le xyii^s. ;

l'Éloquence et le Barreau dans la première moitié du xvi« s.

(Léonce Couture) 82 280

Gantrelle, Grammaire et style de Tacite (Max Bonnet) 37 116

Géographie de l'Allemagne en allemand. Voy. Kuhff.

(Histoire des Progrès de la). Voy. Cortambert.

(Nouvelle). Voy. Reôlus. Géographique (Annuaire). Voy. Variétés.

(L'année). Voy. Variétés. Germaniques (Dialectes). Voy. Heyne.

Gertz, Études critiques sur les Dialogues de Sénèque (Ch. Thurot). 22 68

Gevaert, Histoire et théorie de la musique de l'antiquité, t. I (E.). 83 282

GoEJE (De), Contributions à l'histoire des Tsiganes (E. Fagnan). . 93 321

Voy. Dîwân.

Grammaire comparée (Notions élémentaires de). Voy. Egger.

des dialectes germaniques. Voy. Heyne.

et style de Tacite. Voy. Gantrelle. Grébaut. Voy. Hymne.

Grecque (Méthode pour apprendre le dictionnaire de la langue). Voy. Fabre d'Envieu.

(Métrique). Voy. Christ.

Grecques (Antiquités) et romaines. Voy. Dictionnaire.

(Honneurs qu'on rendait aux fondateurs des cités). Voy. Lampros.

Greville, Mémoires, p. p. Reeve (Francis de Pressensé) 64 203

Grosse (Jules). Voy. Ethé.

Gubernatis (De), Lectures sur la Mythologie védique (Abel Ber-

gaigne) -. 17 49

Suite et fin 21 65

Hehn, Introduction en Europe des Plantes cultivées et des Animaux

X TABLE DES MATIÈRES.

Art. Pages

domestiques, 2" éd. (F. Baudry) 73 255

Heller, Études critiques sur le texte de la Républitjue de Platon

(Charles Graux) 85 294

Henri V (d'Angleterre). Voy. Lenz.

Herbert de Cherbury. Voy. Rémusat.

Heyne, Courte grammaire des anciens dialectes germaniques, 3^ éd.

(C. J.) 12 36

HiLLEBRAND (J.), La Littérature nationale allemande auxviii^etau

xix®s., ?«éd., p. p. K. Hillebrand (C. J.) 92 317

(K.). Voy. HiLLEBRAND (J,), Variétés. Histoire ancienne de l'Orient. Voy. Brandes.

critique de la fable de l'expédition des Argonautes. Voy. Stender.

(Contribution à 1') de la ligue de paix conclue entre plusieurs villes allemandes en 1254. Voy. Busson.

(Contributions à 1') de la Nouvelle en Italie. Voy. Landau.

(Contributions à 1') des Tsiganes. Voy. Goeje.

(Introduction à 1') de la littérature slave. Voy. Krek.

(Source de 1') d'Allemagne. Voy. Dahlmann.

d'Egypte. Voy. Brugsch.

de la civilisation musulmane. Voy. Kremer.

de la littérature contemporaine en Russie. Voy. Courriére.

de la littérature latine chrétienne. Voy. Ebert.

de la littérature nationale allemande au xviii^ et au xix"^ s.

Voy. HiLLEBRAND (J.).

de la littérature romaine. Voy. Teuffel.

de la Philosophie en Angleterre. Voy. Rémusat.

de la Réforme et de la Ligue. Voy. Documents.

de l'économie politique des anciens peuples. Voy. Mesnil- Marigny.

de l'écriture runique. Voy. Wimmer.

de l'Inde. Voy. Talboys Wheeler.

de l'Union évangélique. Voy. Ritter.

de saint Louis. Voy. Joinville.

des Croisades. Voy. Rœhricht.

des Idées Messianiques. Voy. Vernes.

des Institutions de l'Auvergne. Voy. Rivière.

des progrès de la géographie de 1857 à 1874. Voy. Cor-

TAMBERT.

des troubles des Pays-Bas au xvi^s. Voy. Paillard.

des troubles religieux de Valenciennes. Voy. Paillard.

et critique des Prolégomènes sur Homère. Voy. Volkmann.

et théorie de la musique de l'antiquité. Voy. Gevaert.

populaire des Saxons de Transylvanie. Voy. Teutsch.

TABLE DES MATIÈRES. XJ

Art. Pages Histoire romaine. Voy. Tite-Live.

Voy,. aussi Dantès, Lenz, Merwart. HoDGSON, Essai sur les langues, la littérature et la religion du Népal

et du Tibet 56 177

Homère. Voy. Volkmann.

HuG. Voy. Enée.

HuRRYCHUND Chintamon, Commentaire sur la Bhagavad-Gità (A.

Barth) 50 162

Hymne à Ammon-Ra, tr. p. Grébaut (Paul Pierret) \2î )6ç)

Ibérique (Les races historiques de la péninsule). Voy. Vilhena.

Idylle (Première) de Théocrite. Voy. Krumbholz.

Inde (Histoire de 1'). Voy. Talboys Wheeler.

Italia, p. p. HiLLEBRAND. Voy. Variétés.

Italie (Histoire de la Nouvelle en). Voy. Landau.

Jacob. Voy, Œuvres de Tacite.

Jaffé, Monuments Alcuiniens, p. p. Wattenbach et Dùmmler (F.). 52 168

Jean, précurseur de Prêtre Jean. Voy. Zarncke.

(Prêtre). Voy. Zarncke. Jérusalem (Concile tenu en 836 à). Voy. Lettre.

Jeux de l'enfance, recueillis p. Maspons y Labros 104 ^48

Jimenez de la Espada. Voy. Voyages.

JoiNViLLE (De), Histoire de saint Louis, p. et tr. p. De Wailly

(Léopold Pannier) 23 72

Jouffroy (Le Cardinal Jean). Voy. Fierville.

Keil. Voy. Variétés.

Kern. Voy. Aryabhalîya.

KiREJEVSKY. Voy. Chansons.

Krek, Introduction à l'histoire de la littérature slave (Louis Léger), 28 87

Kremer (De), Histoire de la Civilisation musulmane, t, I (Barbier

de Meynard) 108 353

Krumbholz, Recherches sur la première Idylle de Théocrite (Charles

Graux) 113 372

KuHFF, Géographie de l'Allemagne en allemand (H. Gaidoz) , . . 130 414

Lamentations de la Vierge. Voy. Schœnbach.

Lampros, Des honneurs qu'on rendait aux fondateurs des cités

grecques (***) 8 21

Landau, Contributions à l'histoire de la Nouvelle en Italie 98 330

Latine (Métrique). Voy, Christ.

Laun. Voy. Molière.

Lenz, Le roi Sigismond et Henri V d'Angleterre (Rod. Reuss) - . 70 235

Xlj TABLE DES MATIÈRES.

Art PscÉ^s

Lettre adressée à l'empereur Théophile par les Pères d'un concile

tenu en 836 à Jérusalem, p.p. Sakkélion (L. Duchesne). . 95 325 Erratum ,^8

de Prêtre Jean à Manuel I. Voy. Zarncke.

du pape Alexandre III à Prêtre Jean. Voy. Zarncke. Lettres du rhéteur Alciphron. Voy. Alciphron.

Leuridan, Les Châtelains de Lille (A. Giry) 19 58

Ligue. Voy. Documents. Lille (Les Châtelains de). Voy, Leuridan. Littérature allemande. Voy. Hillebrand (J.). . du Népal et du Tibet. Voy. Hodgson.

latine-chrétienne. Voy. Ebert.

romaine. Voy. Teuffel.

russe. Voy. Courrière.

slave. Voy. Krek. Livre du Voir dit. Voy. Machaut.

Locutions vicieuses (Le livre des). Voy. Djawaliki.

Loth. Voy. Recherches orientales.

Louis (de Bavière). Les Adversaires littéraires des Papes en son

temps. Voy. Riezler. Loutchitzky. Voy. Documents.

Machaut (Guillaume De), Le Livre du Voir dit, p. p. Paris (T. de L.). 121 394 Madvig. Voy. Tite-Live.

Magny(De), Les Souspirs, p. p. Courbet (T. de L.) 71 237

Manuel I (Lettre de Prêtre Jean à). Voy. Zarncke.

Manuel du vieil anglais. Voy. Zupitza.

Maspons y Labros. Voy. Contes, Jeux.

Max Mùller. Voy. Rig-Veda-Sanhitâ.

Mayhoff, Nouvelles Études sur le texte de Pline l'Ancien (Emile

Châtelain) 102 345

Ménélas (Épisode de VOdyssée relatif au voyage en Egypte de).

Voy. DuHN. Merwart, Le premier conflit de la Pologne avec l'Allemagne

(Ernest Lavisse) 128 410

Mesnil-Marigny (Du), Histoire de l'économie politique des anciens

peuples, etc., 2eéd. (E. Caillemer) 41 132

Messianiques (Histoire des Idées). Voy. Vernes.

Méthode pour apprendre le dictionnaire de la langue grecque. Voy. Fabre

d'Envieu. Métrique des Grecs et des Romains. Voy. Christ.

MlCHELET. Voy. MONOD.

Miklosich, Théorie des formes en Paléoslovène (J. Martinov, S. J.). 62 1 97 Minon, Œuvres politiques, ir. p. BEKîiHkRDi {A. Slern) 25 76

TABLE DES MATIÈRES. Xllj

Art. Pages

Molière, Le Misanthrope, Les Femmes savantes, Les Précieuses ridi- cules, Le Tartuffe, Le Bourgeois gentilhomme, p. p. Laun (C. J.) . 129 41 ?

MoNOD, Jules Michelet 35 107

Monuments Alcuiniens. Voy. Jaffé. Morel-Fatio. Voy. Variétés. MosLiM. Voy. Dîwân. MÛLLER (A.). Voy. Recherches orientales.

(L.), Supplément à son édition des Fables de Phèdre. . . 94 324 Musique de l'antiquité. Voy. Gevaert.

Musulmane (Civilisation). Voy. Kremer. Mythologie védique. Voy. De Gubernatis.

Népal. Voy. Hodgson.

Nietzsche, Schopenhauer éducateur 20 63

Nouvelle (Histoire de la) en Italie. Voy. Landau.

Odyssée (Épisode de T) relatif au voyage en Egypte de Ménélas.

Voy. DuHN. Œuvres complètes de D'Aubigné. Voy. ce nom.

de Jean Rus. Voy. ce nom.

de Tacite, p. p. Jacob (Gantrelle) 61 193

facétieuses. Voy. Fail (Noël Du).

poHtiques. Voy. Milton.

Orient (Histoire ancienne de 1'). Voy. Brandes. Orléans (La Salle des thèses de l'Université d'). Voy. Boucher de Molandon.

Paillard, Considérations sur les causes générales des troubles des Pays-Bas au xvi* siècle ; Histoire des troubles religieux de Valen- ciennes, 1 560-1 $67 (T. de L.) 54 171

Paléoanglais. Voy. Zupitza.

Paléoslovène. Voy. Miklosich.

Papanti. Voy. Recueil.

Papes (Les adversaires littéraires des). Voy. Riezler.

Paris. Voy. Machaut.

Pascal, Pensées {A. Molinier) 30 91

Pathema. Voy. Aristote.

Pathos. Voy. Aristote.

Pays-Bas. Voy. Paillard.

Peiper. Voy. Querolus.

Pensées. Voy. Pascal.

Pero Tafur. Voy. Voyages.

Perrot. Voy. Eichthal.

Peruvia-Scythica. Voy. Ellis.

Xiv TABLE DES MATIÈRES.

Art. Pages PÉTRARQUE, Africd, p. p. PiNGAUD (Léoncc Couturc) 77 26$

Phèdre. Voy. Mûller (L.).

Philippi. Voy. Recherches orientales.

Philologiques (Dissertations) de Halle. Voy. Variétés.

Philosophie (Histoire de la) en Angleterre. Voy. Rémusat.

PiBRAC (De), Quatrains, p. p. Claretie (T. de L.) 29 89

Pierret, Études égyptologiques, 2* livr. (Eugène Grébaut) .... 26 81

PiNGAUD. Voy. Pétrarque.

Platon. Voy. Heller.

Pline (l'Ancien), Voy. Mayhoff.

Poésies juives-arabes. Voy. Delitzsch.

Poétique. Voy. Aristote.

Poliorcétique. Voy. Enée.

Pologne (Le premier conflit de la) avec l'Allemagne. Voy. Merwart.

Printemps (Le). Voy. Aubigné.

Proclus, Commentaire sur le i^' livre des Éléments d'Euclide, p. p.

Friedlein (Charles Thurot) 31 97

Provençale (Chrestomathie). Voy. Bartsch.

Quatrains. Voy. PmKkC. .,;,: ;.-.•

Querolus, p. p. Peiper (G. P.) . . . . ,,-:-^;. . i' * 115 374

Races historiques de la péninsule ibérique. Voy. Vilhena.

READ.Voy. Aubigné.

Réaume. Voy. Aubigné.

Recherches orientales , p. p. Derenbourg, Ethé, Loth, Mûller,

Philippi, Stade et Thorbecke (M. -J. de Goeje) 84 289

Errata 368

Reclus, Nouvelle Géographie universelle, fasc. i et 2 (H. Gaidoz). m 361

Recueil de bons mots du xv^ et du wf s., p. p. PAPPiUri 97 329

Réforme. Voy. Documents.

Regnaud. Voy. Stances.

Religion (La) romaine. Voy. Boissier.

du Népal et du Tibet. Voy. Hodgson.

RÉMUSAT (De), Lord Herbert de Cherbury; Histoire de la Philoso- phie en Angleterre (Y.) 97 269

République de Platon. Voy. Heller. Reuss (E.). Voy. Bible.

(R.). Voy. Chansons.

Riese, L'Idéalisation des peuples du Nord dans les littératures grecque et latine (T.) 114 373

Riezler, Les adversaires littéraires des Papes, au temps de Louis

de Bavière (Th. Gerold) 87 29$

Rig-Veda-Sanhitâ, p. p. Max Mûller, t. VI (A. Barth) 68 225

TABLE DES MATIÈRES.

RiTTER, Histoire de l'Union'évangélique, t. II (Rod. Reuss). . . Rivière, Histoire des Institutions de l'Auvergne (A, Molinier) . . Rœhricht, Contribution à l'histoire des Croisades, 1. 1. 1 (G. M.)

II (C. Defrémery)

Romaine (Histoire). Voy. Tite-Live.

(Littérature). Voy. Teuffel.

(Religion). Voy. Boissier.

Romaines (Antiquités grecques et). Voy. Dictionnaire.

ROMERO DE Castilla Y Perosso, Les Archives de Simâncas (Alfred

Morel-Fatio) 91

Rosenberg, Les Erinyes (p. Decharme) 27

Rouville (De). Voy. Alciphron.

Runes. Voy. Wimmer.

Rus (Jean), Œuvres, p. p. Tamizey de Larroque (G. P.) . . . . 122

Russes (Chansons). Voy. Chansons.

Russie (Littérature contemporaine en). Voy. Courrière.

XV

88

Pages 296

76

260

10

25

»

27

312

84

397

Saglio. Voy. Dictionnaire.

Saint Louis. Voy. Joinville.

Saint Martial (de Limoges). Voy. Chroniques.

Sakkélion. Voy. Lettre.

Salle des thèses de l'Université d'Orléans. Voy. Boucher de Molandon.

Saxons de Transilvanie. Voy. Teutsch.

ScHŒNBkCH, Sur les Lamentations de la Vierge 38 119

ScHOLz, Acquisition par Charles IV de l'Électorat de Brandebourg ■-•*

(R-) 5 3 170

Schopenhauer. Voy. Nietzsche.

Scyîhica (Peruvia-). Voy. Ellis.

SÉNÈQUE. Voy. Gertz.

Sigismond (Le roi). Voy. Lenz.

Simdncas (Les Archives de). Voy. Romero de Castilla.

Slave (Littérature). Voy. Krek.

Société des anciens textes français. Voy. Variétés.

Sociétés savantes : Académie des inscriptions et belles-lettres, 2 3 déc.

1874 (Julien Havet). . . 15

j G décembre »... 31

8 janvier 1 87 5 » ... 48

1 5 » »... 64

22 » »... 78

29 » »... 9 s

Erratum 112

5 février » ... mi

12 » »... 126

19 » »... 142

XV)

TABLE

DES MATIÈRES.

26

»

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5

mars

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12

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4 juin

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1 1

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18 » »

Souspirs (Les). Voy. Magny. Stade. Voy. Recherches orientales.

Stances de Bhartrihari, tr. p. Regnaud, 2" éd. (A. Barth)

Stender, Histoire critique de la fable de l'expédition des Argonautes

(P. Vidal-Lablache)

Stœber. Voy. Curiosités.

Style de Tacite. Voy. Gantrelle.

Substantifs verbaux (Les). Voy. Egger.

SusEMiHL. Voy. Aristote.

Sutta Nipâta, tr. p. Coomara Swamy

Art. Pages 158

17$ 206 207 225 258

255 270 286 302 318 33$ 351 367 383 399 4'5

118 385 66 211

45 MS

Tacite. Voy. Gantrelle, Œuvres.

Talbert, Du dialecte blaisois fArsène Darmesteter) 13

Talboys Wheeler, Histoire de l'Inde . n^^.rt. V;er<,';..M^î*f,iïîM^;ifr 49 Tamizey de Larroque. Voy. Rus. -

Teuffel, Histoire de la littérature romaine (L, Havet) 74

Teutsch, Histoire populaire des Saxons de Transilvanie (Edouard

Sayous) 58

Théocrite. Voy. Krumbholz.

Théophile (Lettre adressée à l'empereur) par les Pères d'un concile

tenu en 836 à Jérusalem. Voy. Lettre. Tholin, Études sur l'architecture religieuse de l'Agenais (R. L.) . Thorbecke. Voy. Recherches orientales. Tibet. Voy. Hodgson. Tite-Live, Histoire romaine , p. p. Madvig et Ussing, t. I, p. i

(Charles Thurot)

Torigni (Robert de). Voy. Chronique.

37 161

2$4

179

96 327

1 1

TABLE DES MATIÈRES. Xvij

Art. Pages Transilvanie (Saxons de). Voy. Teutsch.

Troie. Voy. Eichthal.

Tsiganes (Contributions à l'histoire des). Voy. Goeje.

TuETEY, Les Écorcheurs sous Charles VII (Rod. Reuss) 81 276

Union évangéliqne. Voy. Ritter

Université d'Orléans. Voy. Boucher de Molandon.

UssiNG. Voy. T1TE-L1VE.

Vahlen. Voy. Aristote.

Valenciennes (Troubles religieux de). Voy. Paillard.

Variétés : Société des anciens textes français 1 07

Italia,p. p. Hillebrand, t. II 157

Les Chants bulgares du Rhodope (Louis Léger) 216

Annuaire géographique, p. p. Behm, t. V; Vivien de Saint-

Martin, L'ia/zne'e geogra;7/î/^ue, t. XII (H. Gaidoz). . . 218

Dissertations philologiques de Halle, p. p. Keil, t. I (G.

Perrot) 298

Sur deux relations de voyageurs espagnols (Alfred Morel-

Fatio) 380

Védique (Chrestomathie). Voy. Delbrûck.

(Le Verbe dans la langue). Voy. Delbrûck.

(Mythologie). Voy. Gubernatis.

Vernes, Histoire des Idées messianiques (X.) 90 ?io

Vidal-Lablache. Voy. Correspondance.

Vilhena(De), Les races historiques de la péninsule ibérique (G. P.). 9 22

Vinet, Bibliographie méthodique et raisonnée des beaux-arts (Eug.

Mûntz) , .^^ %iV* :' ^^ '"^^

Vivien de Saint-Martin. Voy. Variétés.

VoLKMANN, Histoire et critique des Prolégomènes sur Homère, de Wolf

(Henri Weil) 51 165

Voyage en Asie-Mineure. Voy. Davis. W'.>if..'i ./cu.iitHv'^

Voyages de Pero Tafur, p. p. Jimenez de la Espada (Alfred Morel-

Fatio) •. 4? ni

Voy. Variétés. -f-?"»''''

en Alsace. Voy. Curiosités.

Wailly (De). Voy. Joinville.

Waitz. Voy. Dahlmann.

Wattenbach. Voy. Jaffé.

Wimmer, Histoire de l'écriture runique dans le Nord (K. Maurer) . 69 227

Wolf. Voy. Volkmann.

WÙLCKER. Voy. ZUPITZA.

Yeatman, Origines de la nation anglaise (Alphonse Rivier) . . ,„,.,. 5 i?

XViij TABLE DES MATIÈRES.

Art. Pages

Zarncke, Dissertation sur la lettre de Prêtre Jean à Manuel I ; Dis- sertation sur la lettre du pape Alexandre III à Prêtre Jean; Dis- sertation sur le patriarche Jean, précurseur de Prêtre Jean ... 6j 202

Zehetmayr. Voy. Correspondance.

ZupiTZA, Manuel du vieil anglais; Wûlker, Chrestomathie paléo- anglaise, l'^p. (C. J.) 110 360

PERIODIQUES ETRANGERS

ANALYSÉS SUR LA COUVERTURE.

Academy (The). New séries, N"' 1 36-161 N"' 1-26

Anzeiger fur Kunde der deutschen Vorzeit. 1 874.

N»"!! I

12 7

1875. 1 9

2 14

3 n

4 24

Athenseum (The). N"' 2459-2484 1-26

Bibliographia critica de Historia e Litteratura. Fasc. XI-XII. ... 22

Geographical Magazine (The). Janvier 1875 4

Germania. Neue Reihe, siebenter Jahrg. Heft IV 8

achter Jahrg. Heft I 19

Indian Antiquary (The). Part XXXVI 3

XXXVII 7

XXXVIII 9

XXXIX 15

XL 18

Jenaer Literaturzeitung. 1874, N"' 46-47 i

48-49 2

50-52 3-5

1875 I 6

5-10 18-21

1 1-14 23-25

Literarisches Centralblatt, N"' 51-52 de 1874. 1-2

1-24 de 1875 3-26

Mittheilungen aus der historischen Litteratur. IIF année. N** i. . . 8

2. . . 21

TABLE DES MATIÈRES. xix

Nordisk Tidskrift for Filologi og Paedagogik. Ny Raeke, 2 Bd.,

Haefte 1 N'" 22

Nuove Effemeridi Siciliane. Série terza, vol. 1 21

Philosophische Monatshefte. XI Band. Livr. i et 2 16

3 22

4 25

Propugnatore (II) 1 874. N"' 4, 5 et 6 6

1875. 1-2 21

Revue d'Alsace. 1875. Janvier-Mars 10

Revue de l'Instruction publique (supérieure et moyenne) en Belgique.

Nouv. série, t. XVII, G^ livr 2

XVIII, iMivr 10

2^ livr 18

3^ livr 26

Rivista Europea (La), 1874, décembre 4

1875, janvier 7

février 8

mars 22

jg» ± Neuvième année 2 Janvier 1875

REVUE CRITIQUE

D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

RECUEIL HEBDOMADAIRE PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION

DE MM. C. DE LA BERGE, M. BRÉAL, G. MONOD, G. PARIS. Secrétaire de la Rédaction: M. Stanislas Guyard.

Prix d'abonnement :

Un an, Paris, 20 fr. Départements, 22 fr. Etranger, le port en sus

suivant le pays.

PARIS

LIBRAIRIE A. FRANCK

F. VIEWEG, PROPRIÉTAIRE 67, RUE RICHELIEU, 6j

Adresser toutes les communications à M. Stanislas Guyard, Secrétaire de la Rédaction (au bureau de la Revue : 67, rue Richelieu).

MM. les Souscripteurs qui ne veulent pas éprouver de retard dans la réception de la Revue sont priés de renouveler de suite leur abonnement. Pour les départements, envoyer un mandat de poste au nom de M. F. VieTveg.

ANNONCES

En vente à la librairie A. Franck, F. Vieweg propriétaire, 67, rue de Richelieu.

F|->w 1 T~^ rjr Grammaire des langues romanes. 3<= édition refondue et L^ 1 CjZ^ augmentée. Tome II traduit par A. Morel-Fatio et G. Paris. 2e fascicule (complément du volume). 6 fr.

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HOpTTr'QPl-T-RT?V "'^^^^'■^ d'Egypte, i '' par- OlXLJvjro^n DELI tie: Introduction-Histoire des dynasties I à XVII. Seconde édition. In-8°. 6 fr.

PERIODIQUES.

The Academy, N* 136, new séries, 12 décembre. A lost Chapter in the History of Mary Queen of Scots recovered. By John Stuart, Edinburgh, Ed- monston and Douglas (Allan J, Crosby : dissertation sur les événements qui se rattachent à la dispense de mariage entre Bothwell et Lady Jane Gordon; M. Stuart a découvert l'original de la dispense). Diary of H. M. the Shah of Persia. A Verbatim Transi, by Redhouse. London, Murray (A. Lang : n'a de curieux que son insignifiance). Registrum Palatinum Dunelmense : The Regis- ter of Richard de Kellawe, Lord Palatine, and Bishop of Durham, 1^14-1316. Vol. II. Ed. by Sir Thomas Duffus Hardy. In the Master of the Rolls' séries (James Raine . importante publication). Notes and News. Notes of Travel.

The Palestine Exploration Fund (W. Besant : identifications de noms de lieu proposées par M. Conder). John Douglas, Bishop of Salisbury, and his Correspondents (J. J. Cartwright). Oxford Letter (A. H. Sayce) Corres- pondence. The Moabite forgeries (Ad. Neubauer : affirme de nouveau que les poteries moabites sont fausses, comme l'a démontré M. Clermont-Ganneau ; il est surprenant que M. Schlottmann s'obstine à publier des traductions des inscriptions fantaisistes qui chargent ces poteries). The Barhut Sculptures (Jas. Fergusson : réfute MM. Childers et Beal; M. Childers réplique), Shakspere and Marlowe (F. J. Furnivall). Meetings of Societies (Soc. de philologie de Cambridge, asiatique, d'anthropologie).

The Athenseum, N" 2459, 1 2 décembre. The Last Journals of David Living- stone. Ed. by the Rev. H. Waller. 2 vols. Murray (cette relation offre un double intérêt, car elle n'est pas seulement un récit d'aventures, mais encore une confession). Th. Martin, The Life of His Royal Highness the Prince Consort. Vol. I. Smith, Elder and Co. (écrit avec beaucoup de tact et d'habileté).

J. Thomson, The Straits of Malacca, Indo-China, and China; or Ten Years' Travels, Adventures and Résidence Abroad. Sampson Low and Co. Hans Conon von der Gabelentz (notice nécrologique). The Survey of Palestine (cf. ci-dessus VAcademy').— Literary Gossip. Hebrev^ Metrology (réponse de M. Conder à la lettre de M. Madden, Athen., 2457). Societies (Soc. asia- tique, d'archéologie britannique, de l'institut archéol. , de philologie de Cambridge).

Illustrations of the Life of Shakespeare. Part I. Longmans and Co. (impor- tante publication).

Literarisches Ceutralblatt, N' 51, 19 décembre. Schmid, Der heilige Meinrad. Sigmaringen, Liehner'sche B. In-8", vj-74 p. (essai sur la parenté du fondateur du cloître d'Einsiedeln avec la maison de Hohenzollern). Von Reu- MONT, Lorenzo de' Medici il Magnifico. 2 Bde. Leipzig, Duncker u. Humblot. In-8", xxiv-606; xviij-604 p. (ouvrage considérable, mais dépourvu des qualités littéraires qu'on aime à rencontrer dans un travail de ce genre). Herodotos. Fur den Schulgebrauch erkl. v. Abicht. i. Heft. 3. Aufl. Leipzig, Teubner. In-8°, x-234 p. (ne présente aucune modification). Ammiani Marcellini rerum gestarum libri qui supersunt. Rec. etc. Gardthausen. Vol. prius. Leipzig, Teubner. In-S", xxvj-339 p. (cette édition marque un progrès sensible dans la critique du texte). Ein altladinisches Gedicht in Oberengadiner Mundart. Herausg., ûbers. und erkl. v. Rochat. Zurich, Schabelitz. In-8°, 56 p. (sans grande valeur). Duntzer, Charlotte v. Stein, Gœthe's Freundin. i . Bd. Stuttgart, Cotta. In-8'', x-386 p. Brandes, Die Hauptstrœmungen der Lite- ratur des 19. Jahrh. Uebers. und eingel. v. Strodtmann. 5. Bd. Die Reaktion in Frankreich. Berlin, Duncker. In-8'', 364 p. (traduction magistrale de ce nou- veau volume qui ne le cède en rien à ses aînés).

Jenaer Literaturzeitung, 1874, "M^, 14 novembre. Ewald, Die Lehre der Bibel von Gott. Bd. III, Haslfte2. Leipzig, Vogel. In-S", 504p. (Schrader).

REVUE CRITIQ^UE

D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

1 2 Janvier 1875

Sommaire: A nos lecteurs. i. Delitzsch, Poésies juives-arabes antéislamiques.

2. Fabre d'Envieu, Méthode pour apprendre le dictionnaire de la langue grecque.

3. Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, p. p. Daremberg et Saglio.

4. TiTE-LiVE, Histoire romaine, p. p. Madvig et Ussing, t. I,p. i. 5. Yeat- MAN, Origines de la nation anglaise. Sociétés savantes : Académie des inscriptions.

A NOS LECTEURS.

Nous devons encore annoncer une modification dans la direction de la Revue. M. Charles Morel, l'un des fondateurs de notre recueil, ne pouvait depuis longtemps lui consacrer qu'une collaboration bien intermittente ; établi mainte- nant à Genève, il aura plus de loisir, et, tout en n'étant plus un des directeurs de la Revue, il en deviendra un collaborateur plus assidu. Nous avons fait appel pour le remplacer à M. Camille de la Berge, dont nos lecteurs connaissent la compétence en fait d'histoire ancienne et d'archéologie : nous espérons que son concours nous aidera à donner à cette partie de notre tâche toute l'importance qu'elle mérite.

Nous avons d'ailleurs peu de chose à dire cette année à nos abonnés. Us apprendront avec plaisir que l'existence matérielle de la Revue est, grâce à eux, mieux assurée qu'elle ne l'a été jamais. L'esprit qui la dirige est toujours celui qui a présidé à sa fondation, et qui arrive à se faire de plus en plus accepter: on reconnaît généralement que la Revue rend de véritables services. Nous avons répondu plus d'une fois aux diverses objections qui nous ont été faites quant à notre façon d'entendre la critique; nous n'y reviendrons pas. Parmi les personnes qui nous sont sympathiques, plusieurs nous adressent des observations dont nous reconnaissons la justesse, mais dont il ne dépend pas de nous de pro- fiter. On appelle notre attention, par exemple, sur le manque de proportions dans la place accordée aux diverses branches des études historiques; on se plaint de trouver des articles trop fréquents et trop longs sur telle science, trop rares ou trop courts sur telle autre; on signale les disparates de ton et d'étendue qui régnent entre les articles, les uns étant de simples annonces ou de brèves appréciations , les autres constituant quelquefois de véritables analyses critiques , ou même des suppléments aux ouvrages examinés ; ceux-ci s'étonnent qu'un livre important soit expédié en quelques lignes, ceux-là

qu'une brochure sans grande valeur soit l'objet d'un long article ; tous regrettent XV 1

2 REVUE CRITIQUE

que les publications nouvelles attendent d'ordinaire trop longtemps le compte- rendu qui leur est consacré, et que plusieurs des plus intéressantes soient com- plètement omises. Tous ces griefs sont fondés : nous ne voyons dans leur ex- pression qu'une preuve de l'intérêt que nous portent nos lecteurs, et nous sentons mieux qu'eux-mêmes tout ce qui manque à la Revue pour réaliser l'idée que nous nous faisons d'un parfait journal de critique. Mais nous ne sommes pas encore en état de nous rapprocher autant que nous le voudrions du but que nous aperce- vons clairement. Pour réaliser ce que nous désirons autant que nos abonnés, il nous faudrait au moins trois choses : avoir à notre disposition tous les livres de notre ressort qui sont publiés et choisii" ceux dont nous voulons rendre compte; disposer de deux fois plus d'espace; recruter pour toutes les branches de nos études des collaborateurs à la fois habiles et zélés, qui donneraient à leurs articles des proportions calculées en vue d'un ensemble homogène. Actuellement ces trois conditions nous font défaut : le choix des Hvres dont nous parlons est souvent déterminé par le fait que tel ouvrage nous est ou ne nous est pas envoyé; nos collaborateurs sont trop peu nombreux et font défaut pour plus d'une spé- cialité : il en résulte que nous cherchons avant tout à remplir la Revue de bons articles, sans pouvoir prétendre à être ni complets ni très-bien proportionnés, et surtout sans songer à augmenter l'espace dont nous disposons. Enfin comment exiger des articles absolument conformes à un plan méthodique , et surtout livrés rapidement, de personnes qui travaillent bénévolement pour notre recueil et qui souvent même n'ont pas reçu de nous les livres dont nous leur devons le compte-rendu ? Nous espérons bien que nous arriverons quelque jour à faire mieux, que nous pourrons rétribuer largement nos collaborateurs, leur distribuer tous les livres intéressants et ne leur distribuer que ceux-là, et imprimer à leur activité une direction plus uniforme. Alors peut-être trouverons-nous aussi plus facilement à compléter notre phalange de travailleurs, et pourrons-nous, en agrandissant nos colonnes, satisfaire successivement les vœux de toutes nos catégories de lecteurs. Mais ils ont déjà compris que ce qui nous manque pour le moment, ce n'est ni la bonne volonté ni le sentiment de nos lacunes, c'est la puissance de les combler. A eux de nous aider en continuant à soutenir notre entreprise et en lui gagnant des sympathies, Nous avons aujourd'hui quatre cents abonnés; le jour nous en aurons cinq cents, nous pourrons déjà réaliser bien des progrès; si nous en avions mille, nous leur fournirions un journal qui satis- ferait, pensons-nous, les plus exigeants.

d'histoire et de littérature. 3

I . Jûdisch-arabische Poesien aux vormuhammedischer Zeit. Ein Spé- cimen aus Fleischers Schule als Beitrag zur Feier seines Jubileums von Franz Delitzsch. Leipzig, Dœrffling und Franke, 1874. In-S", 40 p. Prix : 2 fr. 25.

M. Delitzsch a voulu montrer à son maître, M. Fleischer, que depuis 1836 il n'a pas oublié les excellentes leçons qu'il en a reçues, alors que sous sa direc- tion il expliquait le Hamâsah^ ce beau recueil d'anciennes poésies arabes dont nous devons à Freytag l'édition complète avec le commentaire de Tébrîzî. M. D. a donc choisi, dans le Hamâsah, comme se rapportant le plus à ses études, une pièce attribuée à un prince juif Samaw'al (Samuel) fils de 'Adiyâ, contemporain du fameux Imro'ol-qaïs, il l'a traduite avec le commentaire qui l'accompagne, et l'a fait précéder de quelques détails biographiques sur Samuel. Il a terminé sa brochure par un petit nombre de réflexions sur l'authenticité de ce morceau, sur l'origine des noms propres Samaw'al et 'Adiyâ, enfin par quelques notes sup- plémentaires. Chemin faisant, M. D, distribue avec un visible plaisir force horions à Freytag, à Rûckert et à quelques autres encore, il se donne la satis- faction de terrasser Schultens, Reiske, Michaelis et Bernstein qui n'en peuvent mais, et c'est sur un monceau de victimes qu'il dépose son offrande au vénérable doyen des arabisants.

Je reconnais volontiers que M. D. a déployé beaucoup d'érudition et de saga- cité dans son petit travail, qu'en plusieurs endroits il apporte une correction heureuse au texte de Freytag, qu'en plusieurs autres sa traduction est préférable à celle de ce laborieux orientaliste. Mais je déplore les airs de triomphateur qu'il prend à l'égard de celui qui lui a facilité la tâche en lui fournissant un bon texte et une excellente traduction latine qu'il aurait souvent pu mieux utiliser. M. D. se croit-il donc lui-même à l'abri de l'erreur par ce fait seul qu'il marche sous la bannière d'un homme illustre? J'espère lui prouver qu'il se fait illusion et qu'il a pu, lui aussi, se tromper, même en 40 pages, si Freytag, qu'il taxe de légèreté (p. 3 5), ne s'est pas toujours montré infaillible dans les 2,330 pages qui représentent son édition et sa traduction du Hamâsah.

Pour commencer, M. D. nous apprend (p. 1-2) que dans la préface du com- mentaire publié par Freytag, Tébrîzî dit avoir composé successivement trois commentaires du Hamâsah : un commentaire circonstancié, renfermant tous les morceaux de poésie, dans lequel toutefois Tébrîzî avait expliqué séparément chaque membre de phrase; un commentaire sommaire, dans lequel les scholies n'étaient pas non plus distribuées après les distiques; un commentaire qui intercale entre chaque distique l'interprétation qui s'y rapporte (comme c'est le cas dans l'édition de Freytag). « Sur ce point, ajoute M. D., Freytag est tombé » dans une telle confusion, qu'il ne sait pas lequel des trois commentaires il a » publié. Sans aucun doute c'est le dernier, continue M. D., cela ressort des « paroles de Tébrîzî. »

Je regrette d'avoir à le constater, M. D. s'est absolument mépris sur le sens du passage de la préface qu'il invoque; qui plus est, il ne s'est pas douté de la petite difficulté apparente que soulève la question des trois commentaires. Dans la préface du commentaire imprimé du Hamâsah , Tébrîzî ne parle en

4 REVUE CRITIQUE

réalité que de deux commentaires qu'il a composés, dont le premier, que j'ap- pellerai A, présentait chaque pièce de vers transcrite au long, sans interruption, un commentaire général venant à la suite, et dont le second, au contraire', celui que Tébrîzî présente au lecteur, que Freytag a édité, et que je nommerai B, intercale après chaque vers les explications qui s'y rapportent'. Mais Ibn Khallikân, dans la notice biographique qu'il consacre à Tébrîzî, et Hâdji Khalfa attribuent trois commentaires à Tébrîzî : i ° un Petit commentaire, dans lequel chaque pièce est transcrite au long, sans interruption ; 2" un Commentaire moyen, dans lequel chaque vers est séparé par l'explication qui s'y rapporte ; un Commentaire développé^. Comment concilier ces données? D'une façon toute simple. Il résulte de la comparaison entre le passage de Tébrîzî et le pas- sage de Hâdji Khalfa que le commentaire A et le Petit commentaire ne font qu'un, que le commentaire B et le Commentaire moyen sont un seul et même ouvrage. Si donc, comme l'affirment Ibn Khallikân et Hâdji Khalfa, Tébrîzî a encore composé un troisième commentaire C, c'est qu'il l'a rédigé postérieurement à B, que nous offre l'édition de Freytag, puisqu'on n'en trouve aucune mention dans la préface de B. Je demande à présent de quel côté est la confusion, de quel côté la légè-

1 . Voici la traduction de ce passage, c'est Tébrîzî qui parle : « J'avais composé sur le » livre du Hamâsah un commentaire intégral ; seulement j'y avais fait entrer chaque pièce » de vers en totalité (c'est-à-dire les vers se suivant sans interruption) , et ensuite j'expli- » quais en bloc (en résumant le sens général du morceau) chaque poésie, sans séparer les » vers par leur commentaire respectif. Je m'aperçus que plupart de ceux qui étudiaient » ce livre sous ma direction désiraient que l'interprétation de chaque vers vint à la suite, » et qu'ils souhaitaient cela pour que la connaissance fou l'intelligence) des passages dif- » ficiles de chaque vers leur fût facilitée, et que l'intention du poète leur apparût claire- » ment par l'explication que j'en donnerais. Alors, implorant l'aide de Dieu, je résolus de » commenter le livre du Hamâsah d'un bout à l'autre, d'une manière complète, et vers » par vers, etc. » C'est ainsi que Freytag a compris. Voyons maintenant comment M. D. a pu trouver dans ce passage la mention de 3 commentaires. D'abord il ne s'est pas aperçu que lorsque Tébrîzî parle du livre du Hamâsah, il se sert du pronom maso. ho (lui, le livre), que on rencontre le pronom fém. hâ, ce pronom s'applique aux pièces de vers qiVah; ensuite, il a cru que ^/t'^/z signifie membre de phrase « Redeglied, » il n'a pas vu que modjmllan indique ici la manière dont était interprétée chaque pièce (en gros, en donnant le sens général); puis, il substitue gratuitement afradto à awradto; il s'imagine que djamî'ahâ signifie toutes les pièces de vers, quand cela veut dire chaque pièce transcrite en entier, sans séparation entre les vers. Rencontrant scharahtoho (je l'avais commenté, lui le livre du Hamâsah) et un peu plus loin thomma scharahtohd (et ensuite je les expliquais, elles, les pièces de vers transcrites sans interruption dans le premier com- mentaire), il prend le second scharahto comme une indication d'un second commentaire. De la sorte, quand il arrive à la mention du véritable deuxième commentaire, il en fait un troisième.

2. Cf. Hâdji Khalfa, t. III, p. 115: « Tébrîzî écrivit d'abord sur le Hamâsah un » petit commentaire, dans lequel il fit entrer chaque morceau de poésie en totalité » (les vers se suivant sans interruption). » Ensuite il écrivit un second commentaire, vers par vers (l'explication venant entre chaque vers). Enfin, il composa un long com- mentaire circonstancié. Les premiers mots du commentaire moyen (le second) sont : « Après la louange rendue à Dieu, dont les attributs ne peuvent être décrits, etc. » On remarquera que c'est par ces mots que commence la préface de Tébrîzî dans l'édition de Freytag. Le commentaire moyen de Hâdji Khalfa est donc celui que Tébrîzî présente en dernier lieu aux lecteurs, dans sa préface précitée. Cela ressort d'ailleurs de la description qu'en donne Hâdji Khalfa.

' d'histoire et de littérature, 5

reté ! Freytag sait si bien que le commentaire qu'il édite est le dernier cité par Tébrîzî et le second cité par Ibn Khallikân et Hâdji Khalfa, que voici comment il s'exprime à ce sujet : « Ibn Khallikân rapporte que Tébrîzî a composé trois » commentaires sur le Hamâsah, et dans la préface latine que j'ai placée en tête » du texte, j'ai dit que le commentaire de Tébrîzî que j'édite est le second des » trois. Ce que j'ai avancé est corroboré par ce qu'on lit dans la préface de » Tébrîzî, dans laquelle il est question de deux commentaires seulement'. »

Freytag aurait pu être plus explicite, sans doute, principalement en ce qui concerne le troisième commentaire; mais il faudrait être aveugle pour ne pas reconnaître qu'il savait très-bien à quoi s'en tenir sur l'ouvrage qu'il publiait, et que si quelqu'un s'est embrouillé dans les trois commentaires c'est à coup sûr M. D.

Cet exemple suffirait pour établir que M. D., aussi bien que tout autre savant, peut avoir quelquefois besoin d'indulgence, mais je ne puis à mon tour résister au plaisir de lui signaler les endroits il aurait mieux fait de consulter la tra- duction de Freytag que de se' confier à ses propres forces. P. 1 3, M. D. prétend que lam yathbot signifie : le mot « n'a pas été incorporé dans les anciens diction- >) naires ». Je ne surprendrai aucun arabisant en constatant avec Freytag que le vrai sens de cette expression est : « cela n'est pas fondé. » P. 1 5, M. D. fait dire à Tébrîzî que le mot 4Mm signifie penchant d'une montagne parce qu'il désigne « un endroit vers lequel on se dirige en s'écartant de la route. » Freytag fait rapporter avec raison ta'dilo à nâhiyah, et traduit : « endroit qui » incline vers la montagne, « ce qui est tout naturel de la part d'une montée. Ibid., lisez 'Adî, si vous voulez bien, au lieu de 'Ada. P. 17, note 3. Ce n'est pas le vers ajouté entre crochet qui prouve que dans le vers précédent il faut substituer manV à monîf, c'est, comme l'a fait observer Freytag, le passage même du commentaire Tébrîzî interprète le mot manî', sans parler de la leçon monîf, élevé, laquelle d'ailleurs s'accorderait très- bien aussi avec le sens du vers placé entre crochet. P. 20. Pourquoi M. D. traduit-il : « denn es » verschmâht sie der Tod ? » le vrai sens est celui que donne Freytag : « parce » qu'ils ont horreur de la mort. » Ihid., M. D. n'a pas compris le vers qu'il rend ainsi : « Es verschmâhen den Schlachtentod nur Simma's Mânner nicht : sie ;) verschmâhen jeden andern, wie denn die Grosse der(ihrentsprechenden) Grosse )) zueilt.» Freytag l'a également mal rendu à cet endroit, mais ensuite il s'est corrigé en traduisant plus loin le même vers qui revient, cette fois commenté, à la page 3 8 1 du texte, ce dont, par parenthèse, M. D. ne s'est pas avisé. Le sens est : « La mort » refuse de prendre d'autres guerriers que ceux de Simmah, et ceux-ci, de leur » côté, refusent toute chose autre que la mort. Ils courent d'eux-mêmes au- ;) devant de leur destin. » P. 22. Quel sens forcé M, D. prête à l'expression li 'annaho minho yataqadhdha 'r-ramaqo : « weil von ihr (der Nase) die letzte

I. Voici le texte, trad., t. I, p. xx-xxj : « Ebn Chaliikanus Tebrisium très commen- » tarios in Hamasae opus composuisse narravit et in praefatione Latina textui praeposita » a me editum Tebrisii commentarium iilorum médium esse dixi. Quae mea sententia ver- » bis Tebrisiij in quibus in praefatione de duobus commentariis sermo est, adiuvatur. »

6 REVUE CRITIQUE

» Athemzug gleichsam als eine Schuld eingefordert wird ! » La phrase signifie : « parce que c'est par le nez que s'exhale le dernier souffle. » P. 23, M, D. emploie treize mots pour rendre tafkhîm, emphase, redondance. P. 24, note 3, M. D. prétend que le vers commençant par 'alawnâ manque dans Tébrîzî. C'est une erreur : le vers s'y trouve, mais sans commentaire ; et il signifie, comme l'a bien vu Freytag : « Nous avons d'abord été portés par les plus nobles des » reins (ceux de nos pères), et au moment voulu, nous avons été lancés (litt. une )) descente nous a fait descendre) dans les plus nobles des matrices. » M. D. a transformé les reins en hauteurs fertiles que gravissent parfois les héros dont il s'agit, les matrices en vallées fleurissantes dans lesquelles ces mêmes héros aiment parfois à camper. Ibïd., la parenthèse : « weil helles nicht dunkles » Gewôlk sich schnell und unvermuthet entladet » est parfaitement inutile, car le commentateur n'oppose pas l'eau qui tombe d'un nuage blanc à celle qui tombe d'un nuage noir, mais l'eau de la pluie à toutes les autres eaux : « son )) eau (celle de la pluie) est la plus pure des eaux, parce qu'elle n'a encore servi » à aucun usage. « Ibid., nokhlifo 'l matara n'est pas : « wir lassen hinter » uns einen Regen (von Wohlthaten) zurùck, » mais bien : « nous remplaçons )) la pluie; j) c'est-à-dire, quand il y a disette, par suite de la sécheresse, nous remplaçons la pluie en répandant nos bienfaits sur les pauvres.

Je n'irai pas plus loin dans cette énumération. La brochure de M. D., je le répète, contient beaucoup de bonnes choses et contribue pour une très-large part à l'interprétation du poème de Samaw'al. Elle témoigne des fortes études arabes qu'a faites son auteur et montre que, bien que détourné par d'autres occupations, il n'a cessé de s'entretenir dans ses connaissances acquises. Mais d'autre part, elle amène à la conclusion que fût-on élève de M. Fleischer on n'en est pas moins sujet à l'erreur, même où, pour l'éviter, il suffisait pour ainsi dire de se baisser et de ramasser la vérité.

St. GUYARD.

2. Méthode pour apprendre le dictionnaire de la langue grecque et

les mots primitifs de plusieurs autres langues anciennes et modernes. Onomatologie de la géographie grecque ou l'art d'apprendre le dictionnaire grec en étudiant la géographie de la Grèce ancienne et de ses colonies, par l'abbé J. Fabre d'Envieu, pro- fesseur à la Faculté de théologie de Paris. 1874. Paris, Thorin. In-8'.

Dans le premier de ces ouvrages, qui est une introduction à l'autre, M. l'abbé J. Fabre fait la critique des moyens employés pour apprendre la langue grec- que. Il se plaint avec raison qu'on ne fasse pas la part assez grande à l'étude du vocabulaire. Le Jardin des racines grecques de Port-Royal avait été composé dans cette intention : mais « les enfants s'habituent à répéter les vers sans songer aux idées ; ils apprennent les racines par cœur machinalement, et ne les reconnais- sent plus quand ils les trouvent détachées du groupe. » D'autres hellénistes ont essayé de condenser le dictionnaire grec dans quelques pages écrites en vers ou en prose. « Mais cette méthode décourage les enfants, parce que, arrêtés sans cesse par de nouvelles difficultés, ils n'ont jamais la satisfaction de voir que les

d'histoire et de littérature. 7

mots déjà appris servent pour Pintelligence de ceux qui leur succèdent. » M. F. passe ensuite aux recueils de racines tels que celui de M. Bailly. « Nous avouerons que pour quelques groupes de mots cette méthode peut offrir certains avantages... Mais il faut beaucoup de temps, beaucoup de travail, pour donner aux élèves la clef qui leur serait indispensable pour pénétrer dans la grammaire et dans la lexicologie comparées. » L'auteur s'est donc avisé d'un autre moyen, qui consiste à prendre les mots grecs déjà connus des élèves, soit par la géogra- phie, soit par l'histoire, soit par la littérature ou les sciences mathématiques ou naturelles, et à les décomposer en leurs éléments, ces éléments resteront plus facilement dans la mémoire, puisqu'ils sont donnés par des mots déjà familiers à l'enfant. « On ne pourra, par exemple, penser à Tclémaque, on ne pourra exprimer le mot télégraphe, sans remettre devant l'esprit et sans enfoncer plus avant dans la mémoire le sens de quelques radicaux grecs Qzrike loin, au loin, de loin; \myyi combat, f^iyo\jm je combats; Ypaçw, j'écris). » M. F., qui a déjà appliqué cette méthode aux langues sémitiques en un ouvrage resté manuscrit, et qui se propose de l'appliquer plus tard, si son travail est bien accueilli, à l'allemand, à l'anglais, au russe, au sanscrit, au turc, au persan, au chinois, fait la première épreuve publique de son système sur le grec. Il se borne d'ailleurs aux seuls mots tirés de la géographie.

On ne peut nier qu'il n'y ait une part de vérité dans les idées de M. l'abbé F. Mais le procédé qu'il recommande, et qui d'ailleurs a été plus ou moins prati- qué de tout temps par beaucoup de professeurs, ne peut donner de bons résultats qu'à la condition d^une grande sévérité en matière étymologique. Autrement l'étymologie fait place aux artifices mnémoniques. M. F. n'est pas toujours resté en deçà des justes limites, et ce qui est plus fâcheux, il les a franchies sciemment. « Je ne me dissimule en aucune façon que quelques-unes des étymologies indiquées sont plutôt des conjectures que des inductions légi- times. On peut leur appliquer ce mot d'Homère relatif à Ulysse : tj^euBéa r^oWà Xlysiv èT6[ji,oiaiv ct;.oia. Aussi me garderai-je bien de donner ces opinions sous forme de thèse. Je les présente comme des homophonies destinées à établir une liaison entre certains noms propres et des noms communs, dont on retiendra, de la sorte, la signification beaucoup plus aisément. Je rapporte donc des étymo- logies enfantines imaginées par les anciens géographes, mais je ne les adopte pas et je m'approprie à cet égard le mot de Pollux : -rà Se Tciaura h6^.axa [xvjvuetv [AS y.ai [j.Yj xpiveiv voij^t^e. Je cite ces étymologies et je laisse aux professeurs et aux élèves le soin d'appliquer les principes de critique qui ont été, dans cette matière, très-souvent méconnus. « Nous trouvons, en effet, dès les premières pages, des étymologies que le savant professeur de la Faculté de théologie ne considère certainement pas comme sérieuses : mais elles n'appartiennent pas toutes aux anciens. Je citerai, par exemple (p. 21), les deux (ou plutôt les cinq) étymologies de l'Afrique, entre lesquelles le choix nous est laissé : le phénicien jaraq « couper » d'oili ha-friqah « la séparée »; le grec p'^Yvuj;/., en htm frango; le grec çpiccw avec à privatif; le verbe ûctito) « je brûle, je rôtis, » d'où un substantif inusité fjçpoç; le verbe çpÙYw « je fais frire, je fais sécher » avec à

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augmentatif. La ville de Larisse (p. 93) tire son nom du radical Lar qui signifie « prince » dans l'ancien toscan d'après Vossius. On retrouve ce mot dans l'anglais lord, qui est pour lared « celui qui possède, le propriétaire. » Cette étymologie, ajoute hauteur, pourrait être préférée à celle qui tire lord de hlaf-ord ou hlaf-vard « donneur de pain. » Quant à la seconde partie de Larisse, c'est le radical hys, en allemand haus, en hollandais ou en flamand huis, en slave hisha « maison. « Sur la page i, Fauteur nous prévient que la choro- GRAPHiE ne doit pas être confondue avec la chorégraphie : toutefois xwpoç « pays » et /opoç « danse » se rattachent à un même radical khor qui signifie la rondeur : cf. les danses ou rondes et les ar-ROND-issements.

Ces extraits suffisent pour donner une idée de l'ouvrage : nous croyons que les intentions de M. F. sont excellentes, mais les moyens qu'il emploie soulèvent beaucoup d'objections. Comment l'élève saura-t-il faire entre plusieurs étymo- logies un choix dont l'auteur n'a pas voulu prendre la responsabilité ? Ou croit- il qu'au fond l'étymologie soit indifférente, pourvu que l'élève retienne les mots ? C'est sans doute sa pensée. Mais l'enseignement est chose sérieuse, non pas seulement par l'objet qu'il a en vue, mais par les habitudes d'esprit qu'il doit donner, et l'utilité du résultat, en supposant qu'on pût l'atteindre par cette voie, ne rachèterait pas le caractère équivoque des procédés employés pour y parvenir.

M. B.

3 . Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments, ouvrage rédigé par une société d'écrivains spéciaux d'archéologues et de professeurs sous la direction de MM. Ch. Daremberg et Edm. Saglio. Paris, librairie Hachette. ^-4°. Fascicules I-III. Prix du fascicule : 5 fr.

On vient de distribuer le troisième fascicule du Dictionnaire des antiquités grecques et romaines rédigé sous la direction de MM. Ch. Daremberg et Edm. Saglio. La publication régulière de ce grand ouvrage, la valeur soutenue des articles qu'il renferme, confirment l'opinion favorable qu'on en avait conçue quand parut le premier fascicule , et légitiment le bon accueil qu'il reçut dès ce moment.

Pour exprimer ici un jugement d'une suffisante compétence, il faudrait consti- tuer une réunion de critiques pareille à celle des auteurs qui ont travaillé au Dictionnaire : le domaine de l'antiquité classique, bornée si l'on veut à ce qui concerne la vie publique et la vie privée des anciens, s'est tellement agrandi, que l'homme le plus intelligent et le plus actif ne songe ordinairement à en cultiver ou même à en visiter qu'un petit coin. Nécessairement tous les collaborateurs de M. Saglio ont quelque chose à apprendre les uns des autres. Le critique le mieux pourvu d'Adversaria ne pourrait de même aborder que quelques points d'une œuvre aussi vaste, et il la ferait involontairement mal apprécier en n'atta- chant qu'à quelques points ses éloges ou ses corrections.

Nous ne devons pas néanmoins laisser plus longtemps, sans le saluer de nos encouragements, s'avancer un ouvrage que son étendue et son importance

d'histoire et de LITTÉRAIURE. 9

recommandent si hautement aux antiquaires et aux humanistes. Nous pourrons d'ailleurs, et nous devrons même, quand nous aurons à rendre compte de quel- que livre nouveau sur l'antiquité, revenir sur les articles publiés et sur les opi- nions émises dans cette encyclopédie qui représente, d'une manière satisfaisante, l'état actuel des questions. Ajoutons que certains articles sont de véritables mémoires et doivent être étudiés et jugés comme tels. Ainsi l'article Alphabe- TUM, qui comprend 57 colonnes et plusieurs tableaux, M. Fr. Lenormant a condensé les faits développés dans son travail couronné, il y a quelques années, par l'Académie des inscriptions, mérite évidemment un examen approfondi et une critique détaillée.

Pour prendre une idée du Dictionnaire, comparons-le à un ouvrage analogue, bien connu et justement estimé, qui a probablement suggéré l'idée première de la publication présente. Nous voulons parler du Dictionary of Greek and Roman Antiquities publié par W. Smith. Notre troisième fascicule s'arrête au milieu de l'article Asîronomia, et nous avons déjà $78 figures. Dans le dictionnaire anglais, jusqu'au même point, je n'en ai relevé, en comptant les plus petites, que 97 '. Ici elles sont, on le voit, incomparablement plus nombreuses et elles offrent, vu le choix du format, une dimension beaucoup plus favorable à l'étude. Au mot Amphitheatrum les deux dictionnaires donnent, comme on s'y attend, le plan du Colysée : dans l'ouvrage anglais le grand axe de l'ellipse n'a que 1 1 centi- mètres, dans l'ouvrage français il en a 18. Au mot As je ne trouve dans le dic- tionnaire anglais que ^ figures de monnaies; ici j'en vois 14, et la plupart (y compris un decussis de 1 1 centimètres de diamètre) sont figurées en vraie gran- deur. Au mot Apotheosis Smith n'offre que le dessin réduit d'un camée de la Bibliothèque nationale représentant l'apothéose de Germanicus; ici nous avons 6 médailles et 2 bas-reliefs de la colonne Antonine dont l'un (représentant une decursio) occupe sur la page 325 un rectangle de 172 milHmètres sur 112.

Ces exemples suffisent pour faire apprécier la valeur du dictionnaire au point de vue des figures. Nous comptons bien que le dernier fascicule donnera une table complet^ et méthodique des gravures, qui rendra facile l'usage de cet immense et utile répertoire, tenant lieu, à bien des égards, de mainte publication coûteuse.

Les figures sont souvent empruntées aux monuments céramographiques. Un, bon nombre reproduit les célèbres peintures du Virgile du Vatican, et ce ne sont pas les moins bien choisies, car très-peu de personnes possèdent la repro- duction qu'en a donnée Aug. Mai et peu même l'ont vue 2.

Les gravures sur bois du Dictionnaire, dues à M. P. Sellier, sont habilement exécutées et reproduisent assez heureusement le caractère des monuments. Tou- tefois la figure 5 5 {Achille Citharède) est censée représenter une magnifique

1. Asîronomia dans le D'° de Smith n'a pas de figures, et ici nous avons déjà trois re- présentations d'Atlas soutenant le globe céleste.

2. Virglid pictura antiqua ex codicibus Vaticanis. Roma. 1835. f». Cet ouvrage, dont les figures passent pour supérieures à celles de Bellori, manque à la Bibliothèque natio- nale.

ÏO REVUE CRITIQUE

améthyste du Cabinet des Médailles, mais elle a été copiée sur quelque mauvaise gravure l'aspect du monument original est absolument défiguré; en outre la dimension a été agrandie, sans qu'on en soit prévenu, La hauteur du dessin dans le Dictionnaire est de 42 millimètres ; la hauteur de la pierre n'est que de 17.

Passons au texte. On trouve ici bien des articles (Achilles, vEsculapius, Apollo qui manquent dans le Dictionary of Anîiqiiiîies et que les lecteurs anglais vont chercher dans une autre publication de Smith , le Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, les dieux et les héros coudoient les gens de lettres et les princes. Ce nivellement évhémériste offre deux inconvénients graves. D'abord il froisse, au plus haut point, les mythologues. En second lieu il sépare, de la façon la plus illogique, deux idées manifestement corrélatives : le dieu et son culte ; en effet ce dernier est nécessairement classé dans les antiquités de la vie publique. On approuvera les directeurs du Dictionnaire de n'avoir pas disjoint deux choses aussi bien liées.

La disposition matérielle du livre nous paraît heureuse : les articles sont bien coupés, les figures judicieusement placées. L'air et la lumière circulent dans ces colonnes énormes. Les notes, en quantité très- rassurante, sont rejetées au bas des pages. Par est évité ce fourmillement de parenthèses qui, joint à l'absence d'alinéas, rend si pénible l'usage de V Encyclopédie de Pauly, et oblige à repasser tout un article pour retrouver le moindre détail. Ici, au contraire, prenons l'ar- ticle Apollo à la plume élégante de M. L. de Ronchaud. Les 21 colonnes, que remplit ce travail complet, précis, bien distribué, pondéré avec sagesse, offrent une lecture instructive, attrayante et facile. Mais n'est-il pas vrai que les éditeurs nous auraient gâté tout notre plaisir s'ils nous eussent forcés à enjamber les deux cent trente-sept pièces de l'échafaudage au moyen duquel M. R. a reconstruit la légende, les caractères, les fonctions et le culte du dieu de Délos ' ?

Parmi les articles,x[ue recommande leur importance, leur étendue ou la signa- ture des auteurs, nous citerons :

Ammon par M. Blondel; Apothéose par M. Boissier; Aqua par M. Briau; Amnestia, Anacrisis, Archai, Archontes, Areopagus par M. Caillemer; Am- PHYCTiONES, Apeleutheroi par M. Foucart; Adoptio, Antidosis par MM. Gide et Caillemer; Arcus par M. Guadet; Acropolis Agora par M. Guillaume; Accu- SATOR, Acta, Advocatio, ./Ediles, .Erarium, Ager (publicus, romanus), AGRARîyE leges, Ambitus, Annales Leges, Annona, Argentarm, Artifices (romani) par M. Humbert; Amuletum Aqu-îiductus (administration) par M. Labatut; Alphabetum As par M. Lenormant; Agmen par M. Masquelez; Asiarcha par M. Perrot; ^Esculapius par M. Robiou; ^Eneas, Apollo par M. de Ronchaud; Arithmetica par M. Ruelle; Abacus, Acroama, Acus, Adonis, Mois, Agger, Amentum, Annulus, Ara, Arbores Sacr^, par M. Saglio; Amphitheatrum, Antefixa, AQUyEDUCTUs (construction) par M. Thierry; Achilles, Amazones, Amphiaraus par M. Vinetr

On les retrouve, soigneusement rangées et numérotées, au pied du monument.

d'histoire et de littérature. I I

On voit que le Dictionnaire sera, pour l'intelligence des auteurs classiques, un puissant auxiliaire. Nous devons dire cependant que nous n'entrerons dans la pleine connaissance de l'antiquité qu'au moyen d'ouvrages tels que ceux de Preller, de Schœman, de Marquardt, d'Overbeck, la mythologie, la vie publique, l'art conservent leur rapport harmonieux et complet, les rapports historiques ou logiques des éléments qui les composent sont respectés et mis en lumière, et non rompus au hasard de l'ordre alphabétique. Mais en attendant que nous possédions en français de pareils livres, le Dictionnaire des Antiquités va jeter immédiatement dans le public un nombre infini de faits bien contrôlés, rectifier une bonne quantité d'idées fausses, multiplier les représentations de monuments de tout âge et de toute nature, et rendre ainsi d'incontestables services.

C. DE LA Berge.

4. Titi Livii historiarum romanorum libri qui supersunt. Ex recensione lo. Nie. Madvigii. Iterum ediderunt lo. Nie. Madvigius et lo. L. Ussingius. Vol. I, pars I. libres quinque primes centinens. Havniae, 1873, Gyldendal. In-8°, xxxiij-31 1 p.

L'illustre latiniste danois, M. Madvig, avait publié d'abord un volume d'obser- vations critiques sur le texte de Tite-Live ' ; puis il a donné, avec le concours de M. Ussing, une édition du texte, en plusieurs parties, qui ont paru en 1861 et les années suivantes. L'ouvrage dont nous rendons compte ici est une seconde édition des cinq premiers livres.

M. M. est resté fidèle aux principes qu'il avait posés avec une grande sûreté de jugement. Il a évité d'introduire dans le texte des formes rares, parce qu'elles se trouvent dans d'anciens manuscrits, elles peuvent provenir d'une erreur de copiste, et il a suivi l'orthographe commune, telle que les grammairiens latins nous l'ont transmise ; l'autorité de manuscrits copiés dans des temps de barbarie et d'ignorance n'est ici d'aucune valeur,

M. M. a eu à sa disposition, pour cette seconde édition, l'espèce de fac- similé du manuscrit palimpseste de Vérone que M. Mommsen a publié en 1868 dans le recueil des mémoires de l'Académie de Berlin (p. 31-206) et qu'il a accompagné d'observations intéressantes, l'on reconnaît sa profonde con- naissance des antiquités romaines.

M. Mommsen a vu, ce que M. M. n'avait pu qu'entrevoir dans la première édition (p. IV), que les fragments étendus des livres III, IV, V, VI de la pre- mière décade contenus, dans ce palimpseste offrent une récension très-ancienne et différente de celle des autres manuscrits qui nous sont parvenus et qui ont conservé la mention de ses auteurs, Victorianus, Nicomachus Flavianus et Nicomachus Dexter. Le manuscrit de Vérone est à beaucoup d'égards très-pré- cieux. Ainsi on lisait dans les autres manuscrits (IV, 25, 4) « Magna... clades in » urbe agrisque promiscua hominum pecorumque pernicie accepta. Famem » cultoribus agrorum timentes in Etruriam... frumenti causa miserunt. » Crevier,

I. lo. Nie. Madvigii, professons Havniensis, Emendatienes Livianas. Havniae, Gylden- dal, 1860. In-8'.

12 REVUE CRITIQUE

dont le travail sur Tite-Live est estimé de M. M. ', avait compris que ce n'était pas pour les cultivateurs que la famine était particulièrement à craindre; comme il est question d'une peste dans ce qui précède immédiatement, il avait conjecturé qu'un mot comme absumptis manquait devant cultoribus, et M. M. avait conjecturé deficientibas après cultoribus pour que l'omission fût paléographi- quement plus vraisemblable. Le palimpseste de Vérone montre qu'il manquait quoque ex pestilentia morbo implicitis «, devant cultoribus, omission qui, comme tant d'autres, ne s'explique pas du tout paléographiquement. Dans le discours de Camille (V, 53, i) on lisait : « Veiosne haec [c.-à-d. comitia) » transferemus, an comitiorum causa populus tanto incommode in desertam hanc » ab diis hominibusque urbera conveniet ? Sed res ipsa cogit vastam incendiis » ruinisque relinquere urbem... hanc autem jactari magis causam quam veram » esse... apparere vobis puto. » Personne n'avait soupçonné et ne pouvait soupçonner qu'après conveniet il manquait « at enim apparet quidem... ^ nia nec » ullis piaculis expiari posse. » Cette omission ne s'explique pas mieux que la précédente. Il en est autrement de celle qui a été comblée par le manuscrit de Vérone dans IV, 26, 12 : « Ab eo L. Iulius magister equitum est dictus. Simul )) edicitur et justitium. » Il manquait dilectus devant simul. Il était impossible de deviner, sans le manuscrit de Vérone, qu'il faut lire le nom obscur et rare Folio au lieu de Fabio dans V, 41, 3 : « Sunt ^ui M. Fabio pontifice maximo » praefante carmen devovisse eos se pro patria... tradant. »

Le manuscrit de Vérone a confirmé un certain nombre de conjectures, en particulier de M. M. Ainsi dans IV, 56, 13, les tribuns du peuple refusent d'intervenir pour forcer les tribuns militaires d'obéir au Sénat et disent dans le texte qu'on avait autrefois qu'ils n'interviendront, que quand les honneurs seront accessibles aux plébéiens : « intérim patricii, soluti legum magistratuumque » verecundia, per se quoque tribuniciam potestatem agerent. « M. M. avait remarqué {Emendationes Livianae, p. 107) que agere potestatem trib. pour exercere était d'une latinité suspecte, que quoque qui devait tomber sur tribuniciam potes- tatem était mal placé et surtout qu'il n'y avait pas de rapports entre 5o/un/ggum... verecundia et l'exercice de la puissance tribunitienne, qui était elle aussi une magistrature. Il conjectura qu'il fallait lire, après quoque, et qui avait bien pu être omis entre quoque et tribuniciam ; et on avait ainsi un sens tout-à-fait satis- faisant : « Que les patriciens vivent sans respect des lois et des magistrats ; ce » n'est pas eux (les tribuns du peuple) ni la puissance tribunitienne qui les en )) empêcheront. » Per s'emploie souvent avec ce sens « sans obstacle, empêche- « ment de, » et Tite-Live dit (IX, 20) « sine legibus certis, sine magistratibus )) agere. » Le manuscrit de Vérone confirme cette correction non moins bril- lante par la sagacité qui avait découvert l'altération du texte que par la simpli- cité et l'évidence de la restitution.

1. « Creverius recti elegantisque iudicii home non ita pauca acute emendavit,

» subsidiorum, quac Lutetia ei subministrare poterat , nimis incuriosus. » Emendationes Liviana, p. 3 5.

2. Ces points indiquent quelques lettres qui n'ont pu être lues; M. M. suppose « pollui » om. »

d'histoire et de littérature. 13

Une autre conjecture de M. M., qui est confirmée, mérite d'appeler l'attention parce qu'elle est fondée sur l'emploi judicieux d'un moyen dont les philologues sont trop portés à se servir aujourd'hui. On lisait dans IV, 21, 7 « Fidenates, » qui se primo aut oppido aut montibus aut mûris tenuerant. » Duker s'était demandé quelle différence il pouvait y avoir entre oppido et maris et entendait le dernier mot de châteaux forts ou de villages fortifiés. M. M. avait fait la remar- que suivante [Emend. Liv. p. 97) : « Sed neque muros sic quisquam absolute » dixit, praesertim oppido in eadem sententia appellato, neque huius modi cas- )> tella mûris munita in Fidenati agro aut commemorantur unquam a Livio aut )) esse potuerunt. Addidit aut oppido aliquis, qui oppidum murorum appellatione » contineri non videbat. » Le manuscrit de Vérone ne donne pas en effet aut oppido. La conjecture de M. M. était très-plausible parce que les mots qu'il proposait de supprimer nuisaient au sens et que leur intercalation s'expliquait avec quelque probabilité. Il faut que ces deux raisons se réunissent pour qu'une intercalation, faute infiniment plus rare que les omissions, soit admissible. M. Mommsen, qui ne se fait d'ailleurs aucune illusion sur la valeur du manuscrit de Vérone, qui est très-fautif, a peut-être admis trop facilement comme probable l'intercalation de mots omis parle manuscrit. Ainsi III, 44, 5 « ratoa Veronensi )) abest; recte puto. » 65, i (cf M. M. p. xxiii). 67, 10 « ecquando unam )) urbem liabere abest a Veronensi fortasse recte. » IV, 11, 7 c coloni adscripti » ...iam admoniti ab antiquissimo libro omnino ejiciemus. ». 14, 6 « obtran- » cati... eleganter Veronensis omittit. « 17, i « regem ac Veientes... eo libenter )) carebimus. » V, 3, 7 « nisi forte hoc dicitis Veronensis non habet... quod apte » omitti pauci, opinor, negabunt. » 8, 3 « per agros vicinasqae urbes ab Livio » aliéna esse intelliguntur ex Veronensi. » M. M. n'a adopté aucune de ces suppressions; et il me semble avoir eu raison : pour supprimer des mots omis par un manuscrit, il ne suffit pas qu'ils soient inutiles à l'intelligence de la pensée ; il faut encore montrer pourquoi ils ont été intercalés.

Le Tite-Live de M. Madvig ne saurait être trop recommandé dans notre pays, cet auteur tient une place si importante dans l'enseignement classique.

Charles Thurot.

5. The History of the Common La°w of Great Britain and Gaul from the earliest period to the time of english légal memory, by John Pym Yeatman, of Lin- coln's Inn, Esquire, Barrister-at-Law , author of « An Outline of the practice of the » Mayor's Court of London, » etc. Part I. Second titre : A Revie-w of the Com- mon La-w of Great Britain and Gaul. Historical Introduction. Part I. The pre- historic period. Londres, Stevens et fils. 1874. In- 12, xii-200 p.

Sous prétexte d'Introduction historique, l'auteur fait une prétendue histoire, extrêmement diffuse, des origines de la nation anglaise jusqu'à Guillaume le Conquérant.

Cette histoire est surtout une diatribe contre les Saxons. M. Y. les déteste, au moins autant que les Allemands d'aujourd'hui, auxquels il reproche entr'autres d'être dépourvus de sens musical ! Il n'est d'ailleurs point sûr que ces barbares fussent de race germanique ou Scandinave : peut-être venaient-ils directement des steppes asiatiques; plus probablement, ils n'avaient pas de nationalité propre

14 REVUE CRITIQUE

(p. 199, 200). Leur nom signifie assassins; ils n'avaient point de chants natio- naux; ils n'avaient pas même de langue; absolument illettrés, ils étaient en outre incivilisables... Pour caractériser ce ramassis de sauvages, avec lequel le peuple anglais d'aujourd'hui ne peut avoir aucun rapport, M. Y. renchérit sur les lamentations de Gildas. Us n'avaient ni foi ni loi. Ce qu'on a donné, plusieurs siècles après, pour du droit anglo-saxon, n'est que le fruit d'impostures gros- sières, comme ce qu'on donne aujourd'hui pour de la littérature saxonne. Et l'on a créé une chaire à Cambridge pour enseigner le jargon de ces misérables ! Au reste, leur funeste domination ne s'est étendue que sur une partie minime de la Grande-Bretagne, partie reconnaissable encore maintenant à la stupidité de ses habitants. Leur roitelet, le trop fameux Alfred, dit le Grand depuis la Réformation, n'était qu'un ignorant grossier qui a volé les actes mémorables d'Arthur. Au surplus, il n'était probablement pas Saxon, mais Romain d'origine. Les récits attribués à Asser ont été forgés sous les Normands par un imposteur (177-181). Edouard le Confesseur était beaucoup plus Normand que Saxon. Le nom à'Anglo-Saxon a été imaginé par les écrivains modernes (p. 18).

Les Saxons avaient tous les vices, sauf l'incontinence; les Bretons, en revanche, étaient doués de presque toutes les vertus. Supérieurs par leur droit aux Romains mêmes, ils avaient surtout des rapports moraux, intellectuels et religieux avec les Grecs. César les a calomniés; la polyandrie et les cruautés du culte druidique sont de pures inventions. Diodore est plus digne de foi. Les Bretons sont des Angles, les Angles ou Llogrians des Ligures, les Ligures sont des Celtes, les Celtes des Pelages, les Pelages des Cimmériens (p. 19-22). Les Romains, qui appelaient la Grande-Bretagne Anglia, ne les ont pas latinisés, et ils les faisaient probablement gouverner de préférence par des Ligures (p. i8, 27, 76). Les Grecs appelaient les Bretons Angeloi, peut-être parce qu'ils voyaient en eux les messagers des Dieux (p. 26). Ce nom peut aussi se ratta- cher aux Angeles de la tribu Pandionis d'Athènes, d'oil Prydain serait venu (p. 25). Enfin Angeloi se rapproche de Leleges, équivalent de Ligures (p. 25). Le gallois actuel est encore plein de mots grecs (23, 36). L'origine grecque ou thrace de l'anglais est encore attestée par le th, que jamais Germain n'a su pro- noncer (26, 27). L'angle, ou ogrien, ou ligure, est encore l'anglais actuel : « Why should we hesitate to admit that English and Ligurian are identical ? » (p. 27-31, 35). C'est de la Hnguistique selon la méthode de M. Granier de Cassagnac. Plutarque rapporte que les Ligures de l'armée de Marius s'appe- laient entre eux Ambiones (sic) : c'est peut-être une corruption de Umbriones^ alors cela rappelle VHumber britannique; peut-être aussi est-ce une corruption d'Albion. Naturellement M. Y. croit à l'authenticité du Cosmos d'Aristote. En somme, l'Angleterre a été peuplée par des descendants de Gomer, de Tubal, de Javan, de Meseck, de Tiras, et de Gog. C'était probablement déjà du temps de Noé un établissement d'une certaine importance (p. 38-40).

En voilà bien assez, je pense, pour faire juger des connaissances et de la compétence de M. Y. en matière ethnographique et philologique. On a quelque peine à se persuader que son livre est imprimé en la présente année 1 874.

M. Y. traite les Romains avec une certaine bienveillance, et les Danois aussi,

d'histoire et de littérature. 15

qu'il estime très-supérieurs aux Saxons. Il ne tient nul compte de la parenté originaire des Saxons avec les Danois et les Normands ; il ne met en relief que les différences.

Le droit ne tient qu'une place modeste dans ce fastidieux fatras. La thèse que M. Y. entend soutenir est annoncée par l'épigraphe : « Currat lex communis sicut prias currere consueviî », et résumée dans le premier chapitre sous le titre de The pedigree of the Common law. La voici : Le Common law n'est autre chose, au fond, que le droit préromain, le droit des anciens Bretons. Il y a, sans doute, quelques infiltrations romaines, mais il faut se garder de voir des infiltrations partout il y a similitude ; en effet, il peut et il doit y avoir plus d'un trait commun au droit breton et au droit romain, l'origine de tous deux étant la même. M. Y. a l'air de croire que cette origine est grecque (p. 13-15). Les modifications postromaines ont été graduelles et partielles. Les Saxons n'ont rien su créer; l'aptitude leur faisait défaut non moins que le pouvoir. Guillaume, héritier naturel des rois danois, n'a pas voulu faire de changement. Il y a donc eu continuité dès les plus anciens temps jusqu'à nos jours. M. Y. attribue cette stabilité du droit national à sa grandeur intrinsèque qui commandait à tous le respect (p. 11). Cette thèse est intéressante et je crois qu'elle contient un noyau de vérité générale trop longtemps méconnue. Je suis, en effet, disposé à croire qu'il y a dans les divers droits des nations indo-européennes plus de traits communs qu'on ne pense, et que dans les institutions juridiques la perma- nence est, plus qu'on ne pense aussi, la règle, et le changement l'exception. Mais pour mener à bonne fin des investigations d'une nature aussi complexe et aussi délicate, il faut une méthode sévère et une préparation scientifique quasi- universelle. Je ne puis voir ni l'une ni l'autre dans le petit volume de M. Y. Cependant, il ne serait pas équitable de prononcer un jugement définitif avant d'avoir étudié les autres parties de l'ouvrage,

Alphonse Rivier.

SOCIÉTÉS SAVANTES.

ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES.

Séance du 2^ décembre 1874.

On annonce que M. Naudet a fait une chute ces jours derniers, mais cet accident n'a pas eu de suites fâcheuses ; les nouvelles qu'on a de lui sont rassu- rantes. — Les nouvelles de la santé de M. d'Avezac sont au contraire peu satisfaisantes.

M. de Sainte-Marie envoie la photographie d'une statue qu'il a trouvée à Car- ihage ; elle est conservée presque tout entière; c'est, selon lui, une statue de Junon.

M. Desnoyers présente de la part de l'auteur un ouvrage intitulé Antiquités préhistoriques, gauloises et romaines, du Cheylonnet {Haute-Loire), par M. Aymard, Le Puy 1874, 8°. M. Pavet de Courteille offre de la part de M. Barbier de Meynard une publication intitulée : Le seïd himyarite, recherches sur la vie et les œuvres d'un poète hérétique du deuxième siècle de l'hégire. M. Maury dépose de la part de l'auteur L'archipel indien, par M. L. de Backer.

l6 REVUE CRITIQUE D'hISTOIRE ET DE LITTÉRATURE.

M. Jourdain lit un mémoire intitulé : Nicolas Oresme et les astrologues de la cour de Charles V. Mémoire sur les ouvrages de N. Oresme contre l'astrologie. Il expose qu'on a exagéré le nombre des écrits de Nicolas Oresme contre l'astro- logie, parce qu'on a pris pour des ouvrages différents les titres divers d'un même ouvrage ou les différents chapitres qui le composaient. M. F. Meunier, dans l'étude qu'il a consacrée à Nicolas Oresme, a corrigé une partie de ces erreurs, mais il en a encore laissé subsister quelques-unes. Après avoir rétabli la vérité sur ce point, M. Jourdain indique le caractère des écrits en question et l'esprit qui y règne. Il signale des observations d'une sagacité remarquable sur les erreurs auxquelles l'homme est exposé par ses sens et dont la cause principale est, selon Oresme, la puissance de l'imagination, et sur la complexité réelle des perceptions sensuelles qui nous paraissent les plus simples. C'est un développement des doctrines d'Aristote, mais on doit remarquer combien le commentaire qu'il en donne est ]ud\c\eux.L'ouvrage Contra iudiciariosastronomos est écrit pour détourner les rois de s'adonner à l'astrologie. Cette étude était alors en grande vogue, et elle était spécialement en faveur à la cour de Charles V, qui, dit-on, s'en occupait lui-même. Un chapitre spécial est consacré à rappeler les malheurs dont ont été frappés les rois qui s'occupaient d'astrologie. Le prince, dit Oresme, a assez à faire de s'occuper du gouvernement de l'état. Toutefois il distingue entre l'astrologie judiciaire et la science que nous appelons aujourd'hui plus particulièrement astronomie. Pour celle-ci, il trouve bon qu'on la cultive, que le prince l'encourage, et qu'il en acquière lui-même des notions par les leçons des savants, pourvu qu'il ne perde pas son temps en recherches personnelles ; ce qu'il proscrit, ce sont les horoscopes tirés de l'astrologie.

M. Jourdain fait ressortir ce qu^il y a de remarquable dans ces attaques diri- gées par Oresme, qui avait été l'un des maîtres de Charles V, et qui vivait à la cour, comblé de ses bienfaits, contre un art qui jouissait alors d'une telle faveur auprès du roi lui-même. Il en conclut que Charles V ne devait pas être si adonné à cet art qu'on l'a rapporté : c'était sans doute la science astronomique, plutôt que l'astrologie judiciaire, qu'il aimait et cultivait.

M. Duruy donne une seconde lecture de son mémoire sur la distinction des honestiores et des humiliores dans l'empire romain. Ce travail est destiné aux mémoires de l'académie.

M. de Longpérier lit une note sur la statue dont la photographie a été envoyée par M. de S^" Marie. Cette statue est du temps de Trajan. Le visage est certai- nement celui d'une femme de la famille impériale. En comparant la coiffure de la statue aux diverses coiffures qu'on sait avoir été à la mode à la cour impé- riale en ce temps-là, M. de Longpérier suppose que la personne représentée est peut-être Sabina, femme d'Hadrien : la statue aurait été faite au moment de son mariage, en l'an loo. Mais la photographie envoyée ne permet pas d'en juger

suffisamment : une vue de profil aurait été utile.

Julien Havet.

Le propriétaire-gérant : F. VIEWEG.

Nogent-le-Rotrou, imprimerie de A. Gouverneur.

Sewin, Chronologie des Lebens Jesu. 2. Aufl. Tùbingen, Laupp'sche B. In-S", iij-169 p. (Lipsius). Von Amira, Erbenfolge und Verwandtschafts- Gliederung nach den altniederdeutschen Rechten. Mùnchen, Ackermann. In-8°, x-225 p. (0. Stobbe). Venetianer, Der Allgeist. Berlin, Duncker's Verl. In-S", iv-279 p. (Fritz Schulze). Bùnger, Theopompea. Argentorati, Trùbner. In-S", 71 p. (Ed. Wœlfflin). Bûcher, Die Aufstaende der un- freien Arbeiter 143-129 v. Chr. Frankfurt a. M., Sauerlaender. In-S", 132 p. (C. Peter). A. L. Ewald, Die Eroberung Preussens durch die Deutschen. 2. Buch. Halle, Buchh. d. Waisenhauses. In-8°, ix-357 p. (G. Hertzberg).

Dantis Alligherii de monarchia libri III, codicum mss. ope emendati per C. WiTTE. Ed. altéra. Vindob., Brauraûller. In-8% lxxxiij-144 p. (Wegele). Verhandlungen ûber Thomas von Absberg. Hrsg. v. Baader. Tùbingen. In-8°, 576 p. (H. Ulmann), Fischer, Geschichte der auswsertigen Politik und Diplomatie im Reformationszeitalter 1485-1556. Gotha, Perthes. In-8°, V-269P, (Varrentrapp). Hostmann, Der Urnenfriedhof bei Darzau. Braunschweig, Vieweg. In-8", vj-129 p. (J. H. Mùller). Ewald, Hebrseische Sprachlehre fur Anfsenger. IV. Ausg. Gœttingen, Dieterich'sche B. In-8", iv-235 p. Vosen, Kurze Anleitung zum Erlernen der hebrseischen Sprache. 12. Aufl. v. Kaulen. Freiburg im Breisgau, Herder'sche Verlagsh. In-8°, iij-124 P- (Schrader). Seeliger, De Dionysio Halicarnassensi Plutarchi qui vulgo fertur in vitis X ora- torum auctore (F. Blass). Dr^eger, Historische Syntax der lateinischen Sprache. Bd. I. Leipzig, Teubner. In-8°, xxxij-626 p. (Lùbbert). T. Lu- creti Cari de rerum natura libri sex, redigirt und erkl. v, Bockemùller. I. IL Strade, Verl. v. Steudel Sen. In-8", 255 p. (W. Hœrschelmann). M Tullii Ciceronis Orationes selectae XVIII in usum schol. edd. Eberhard et Hirsch- FELDER. Lipsiae, Teubner. In-8", xix-668 p. (Frey). DieMurbacher Hymnen. Herausg. v, Sievers. Halle, Buchh. des Waisenhauses. In-8°, vj-105 p. (Stein- meyer). Laur, Zur Geschichte der franzœsischen Litteratur, Mannheim, Schneider. In-8°, iij-119 p. (G. Grœber).

47, 2 1 novembre. Riehm , Handwœrterbuch des biblischen Alter-

thums. Lief. i. Bielefeld und Leipzig, Velhagen und Klasing. In-8", iv-96 p. (C. Siegfried). Des Magisters Petrus de Ebulo liber ad honorem Augusti. Hrsg, v, WiNKELMANN. Leipzig, Duncker u. Humblot. In-8°, x-96 p. (W. Arndt). Wecklein, Der Areopag, die Epheten und die Naukraren; Lange, De ephetarum Atheniensium nomine; Ders., Die Epheten und der Areopag vor Solon; Philippi, Der Areopag und die Epheten; Ders., Der Athenische Volks- beschluss von 409/8; Ders., Das Amnestiegesetz des Solon und die Prytanen der Naukraren zur Zeit des Kylonischen Aufstandes (R. Schœll). Weber, Disputatio de M. Valerii Messalse qui dicitur libello de progenie Augusti. Edidit Julius C^ESAR. Pars i. 2. Marburgi, typis acad. Elwerti. In-4", xix; xxiv p. (Emil ByEHRENs). Von Friesen , Altengland und William Shakspere. Wien, ÇraumûUer. In-S", viij-452 p. (Richard Wûlcker). j

Anzeiger fijr Kunde der deutschen Vorzeit, 1874, il. Buntglasierte Thonwaaren des 1 5.-18. Jahrh. im germ. Muséum. IX. (A. Essenwein). Summarische Beschreibung deren im fùrstlichen Schloss zu Marpurg am 22 De- cember Ao. 1625 angestellten Déposition etc. (Dr. Baur). Vorbereitungen zur Taufe des erstgebornen Prinzen Albert's VII. (Stifters des schwarzb.-rudolst. Linie), Cari Gùnther 1 576 (B. Anemùller). Ueber die Vernichtung und Verschleppung der verschiedenen Archive zu Mainz vor der franzœsischen Oc- cupation und waehrend derselben (Dr. Nolte). Zur Geschichte des Àugsburger Reichstages vom Jahr 1 5 30 (Dr. Wilhelm Vogt). Berichtigung (W. Watten- bach). Beilage zum 11. Chronik d. germ. Muséums. Chronik der histo- rischen Vereine. Nachrichten.

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE DES PRINCIPALES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.

AVIS. On peut se procurer à la librairie A. Franck tous les ouvrages annoncés dans ce bulletin , ainsi que ceux qui font l'objet d'articles dans la Revue critique. Elle se charge en outre de fournir très-promptement et sans frais tous les ouvrages qui lui seront demandés et qu'elle ne posséderait pas en magasin.

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lated from the Hebrew Text. Vol. 2.

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Lebas (H.) et V^addington (W. H.). Voyage en Grèce et en Asie-Mineure fait par ordre du gouvernement français pen- dant les années 1843 et 1844 et publié sous les auspices du ministère de l'instruc- tion publique, avec la coopération d'E. Landon, architecte. Gravure de Lemaître. 81* et 82e livraisons. Inscriptions. T. 2. Gr. in-4° à 2 col. 481-512 p. et 6 pi. Paris (Didot frères fils et C*).

Philippi (A.). Der Areopag u. die Ephe- ten. Eine Untersuchg. zur athenischen Verfassungsgeschichte. In-8*, xx-367 s. Berlin (Weidmann). 10 fr. 75

Reynolds (J.). Catalogue Raisonné of the Engraved Works of Sir J. Reynolds. With Short Biographical Sketches of each Engraver. Gr. in-8* cart. London (Coinaghi). 13 fr. 1 j

Sievers (E.). Paradigmen zur deutschen Grammalik. Gotisch, Altnordisch, Angel- saechsich, Altsaechsisch, Althochdeutsch, Mittelhochdeutsch. Zum Gebrauch bei Vorlesgn. zusammengestellt. In-4'', 5 s. mit 30 Taf. Halle (Buchh. d. Waisenh.).

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Veniero (S.). Relazione : ritornato da potestà di Verona. MDLXVIII. In-4*, 28 p. Venezia (Antonelli).

Vielge"wandt's Sprucheu. Groa's Zau- bersang (Fiœlvinnsmal-Grongelder). Zwei Norraenische Gedichte der Saemunds-Edda kritisch dargestellt, ùbersetzt u. erkiaert v. F. W. Bergmann. In-8*, 186 s. Strassburg (Trùbner). 6 fr.

"Walcott (M. E. C). Scoti Monasticon; the Ancient Church of Scotland : a His- tory of the Cathedrals etc. of Scotland. In-4* cart. London (Virtue). 52 fr. jo

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Nogent-le-Rotrou, Imprimerie de A. Gouverneur.

X* 2 Neuvième année. 9 Janvier 1875

REVUE CRITIQUE

D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

RECUEIL HEBDOMADAIRE PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION

DE MM. C. DE LA BERGE, M. BRÉAL, G. MONOD, G. PARIS.

Secrétaire de la Rédaction : M. Stanislas Guyard.

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PARIS

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F. VIEWEG, PROPRIÉTAIRE 67, RUE RICHELIEU, 67

Adresser toutes les communications à M. Stanislas Guyard, Secrétaire de la Rédaction (au bureau de la Revue : 67, rue Richelieu).

MM. les Souscripteurs qui ne veulent pas éprouver de retard dans la réception de la Revue sont priés de renouveler de suite leur abonnement. Pour les départements, envoyer un mandat de poste au nom de M. F. Vieweg.

ANNONCES

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En vente à la librairie A. Franck, F. Vieweg propriétaire,

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PERIODIQUES.

Revue de Tlnstruction publique (supérieure et moyenne) en Belgique. Nouv. série. T. XVIL 6^ livr. Un mot sur la question des humanités. Un axiome de M. Jules Simon. De quelques parisianismes populaires et d'autres locutions non encore ou mal expliquées (Ch. Nisard; ^^ suite). Comptes- rendus. Actes officiels. Varia.

The Academy, N" i ^7, new séries. The Greville Memoirs. A Journal of the Reigns of King George IV. and King William IV. By the late Charles C. F. Greville. Ed. by H. Reeve. London, Longmans and Co. (T. E. Kebbel : ces mémoires offrent un intérêt soutenu). Gregorovius, Lucrezia Borgia. 2, Bde. Stuttgart, Cotta (M. Creighton : appréciation très-favorable). Notes and News (on annonce pour paraître prochainement deux manuels, Pun sur la science du langage, l'autre sur la mythologie, d'après Max MùUer; une histoire de la famine en Asie-Mineure; M. Thibaut vient d'être nommé professeur de sanskrit à Bénarès). Notes of Travel. Boston Letter (T. S. Perry). Corres- pondence. Shelley and Peter Finnerty (W. M. Rossetti). An Allusion in « Hamlet » (Richard Simpson). Menant, Annales des Rois d'Assyrie. Paris, Maisonneuve (A. H. Sayce : recommande chaudement cet ouvrage). Univer- sities Commission Report. Vols. II and III (James S. Cotton). The Washington Academy of Science (James C. Welling). Notes and News (analyse du mémoire de M. Halévy sur les prétendus touraniens de la Babylonie). Meetings of Societies (Soc. de philologie, d'anthropologie, de géographie).

The Athenseum, N" 2460, 19 décembre. Tomlinson, The Sonnet : its Ori- gin, etc. Murray. Blanc, L'art dans la parure. Paris, Renouard. The last Journals of Livingstone. Ed. by Waller. 2 vols. Murray (2* article). Spéci- mens of the Languages of India, including those of the Aboriginal Tribes of Bengal, the Central Provinces, and the Eastern Frontier. With a Préface by sir G. Campbell. Calcutta, Bengal Secrétariat Press (l'article dit que cet ouvrage est « un tissu de bévues »). The Diary of H. M. The Shah of Persia. Transi, by Redhouse. Murray. (article développé), Professor von Tischendorf (notice nécrol.). Bishops and Curâtes in the Sixteenth Century. Literary Gossip (on annonce que M. Fausbœll travaille à une édition, qui sera complète en cinq volumes, des Jâtakas bouddhiques; la traduction sera faite par M. Childers). African exploration (exploration des bords occidentaux du lac Tanganyika par le lieut. Cameron). Societies (Soc. royale, des arts, d'anthropologie). La- croix (Bibliophile Jacob), Military and Religious Life in the Middle Ages and at the Period of the Renaissance. Chapman and Hall (art. très-favorable). Miscellanea. Jéricho (Edward Peacock). Glamour (Alexander J. Ellis). Gower's Epitaph (J. W. Hales).

Literarisches Centralblatt, N' 52, 26 décembre. An Unsere Léser. -- Verzeichniss der Mitarbeiter aus den Jahren 1850 bis 1874. Ratzel, Die VorgeschichtedeseuropaeischenMenschen. Mùnchen, Oldenbourg. In-8*', 300 p. (ouvrage très-recommandable : forme le 1 1* vol. de la bibliothèque populaire des sciences naturelles). Dimitz, Geschichte Krains. i. Th. Von der Urzeit bis zum Tode Kaiser Friedrich's III (i49?)- i- "• 2. Lief. Laibach, Kleinmayr u. Baraberg. In-S", p. 1-198 (ouvrage devant être pris en considération, bien qu'il ne soit pas très-scientifique). Zwiedineck-Sùdenhorst, Fùrst Christian der Andere von Anhalt. Graz, Leuschner u. Lubensky. In-S", 84 p. K^emmel, Johannes Hass. Dresden, Burdach. In-8°, 246 p. (bonne contribution à l'histoire de la Réforme). Delbrûck, Vedische Chrestomathie (note favorable; on regrette seulement l'absence d'une esquisse de grammaire). Hehn, Kultur- pflanzen und Hausthiere. 2. umgearb. Aufl. Berlin, Borntraeger. In-8% xij-jjj

REVUE CRITIQ^UE

D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

N* 3 9 Janvier 1875

Sommaire : 6. Delbruck, Chrestomathie védique. 7. La Bible, tr. p. Reuss. 8. Lampros, Des honneurs qu'on rendait aux fondateurs des cités grecques. 9. De Vilhena, Les races historiques de la péninsule ibérique. 10. Rœhricht, Contribution à l'histoire des Croisades, t. l. Sociétés savantes : Académie des inscriptions.

6. Vedische Chrestomathie mit Anmerkungen und Glossar von B.

Delbruck. Halle, Buchhandlung des Waisenhauses. 1874. i vol. in-S", 128 p. Prix : 4 fr.

La publication de la Chrestomathie védique de M. D. répond à un véritable besoin de l'enseignement. Nous savons par expérience combien il était difficile jusqu'à présent d'introduire dans un cours élémentaire l'explication du Rig-Veda. Après avoir traduit les quelques hymnes que renferme la Chrestomathie de M. Benfey, il fallait avoir immédiatement recours à l'édition complète de M. Aufrecht (ou à celle qu'a récemment publiée M. Max Mûller) et au diction- naire de Pétersbourg, c'est-à-dire à deux ouvrages qui ne pouvaient guère être, le second surtout, à la disposition de tous les étudiants. Grâce au secours qui nous vient si à propos de M. D., ils trouveront dans un livre d'un usage com- mode et d'un prix peu élevé la matière d'exercices qui pourront les mettre en état, non pas sans doute de comprendre le texte entier du Rig-Veda, mais au moins d'en aborder l'étude pour leur propre compte. La nouvelle Chrestomathie fournira en un mot, avec la partie védique de la Chrestomathie de M. Benfey dont elle ne reproduit qu'un seul morceau (l'hymne I, 48), un texte suffisant aux premières leçons du maître.

Dans le choix des morceaux, l'auteur paraît s'être proposé surtout de faire connaître aux élèves les principales divinités du Rig-Veda, et de les leur faire connaître dans des hymnes offrant quelque intérêt littéraire. Il a cependant omis les Maruts qui ne figurent qu'accidentellement dans son recueil, particulièrement dans un hymne à Rudra (11,33). Peut-être aurait-on pu souhaiter en général l'introduction d'un plus grand nombre d'hymnes tout à fait faciles dans un livre naturellement destiné à des commençants.

Le texte est très-correct. Nous n'avons relevé dans un examen à la vérité fort superficiel qu'un nombre insignifiant de fautes : une apostrophe indûment placée dewanl jahur (II, 24, 7), 'catru pour 'çatru (V, 2, 12), sânkâh pour sdnkâh (VI, 75, 5). Le seul défaut du texte que nous donne M. D., mais il est grave à nos yeux, c'est d'être transcrit en caractères romains. Autant nous approuvons pour les publications qui s'adressent aux savants l'usage de la transcription qui diminue les frais d'impression, et, ce qui n'est pas à dédaigner non plus, la fatigue de la vue, autant nous jugeons indispensable de maintenir

XV 2

l8 REVUE CRITIQUE

l'emploi des caractères indiens dans les livres destinés aux étudiants, La lecture courante de l'écriture Devanâgarî est trop difficile à apprendre et à retenir pour qu'il soit prudent de les en dispenser trop tôt. Il peut moins encore venir à la pensée d'un maître ayant quelque pratique de l'enseignement de les en dispenser dès l'abord, et de différer, sous le prétexte de ne pas rebuter des commençants, une étude qui est naturellement liée à celle de la première partie de la gram- maire, c'est-à-dire de PEuphonie. M. D. est probablement du même avis que nous là-dessus, et peut-être a-t-il reculer devant des difficultés d'impression. L'usage des caractères romains dans sa Chrestomathie n'en est pas moins regrettable.

L'absence du Pada-pâtha, même sous la forme abrégée donnée dans l'édition de M. Aufrecht, se justifie mieux. Quoique l'euphonie des hymnes védiques, un peu plus arbitraire que celle des livres écrits en sanscrit classique^ offre des difficultés qui ne peuvent pas toujours être tranchées par la connaissance des règles, il n'est pas mauvais d'imposer à l'élève un effort de plus.

Nous ne pourrons naturellement bien juger qu'^ l'user la valeur du glossaire adjoint à la Chrestomathie. M. D. lui a d'ailleurs donné pour base, comme il l'annonce dans sa préface, le dictionnaire de Pétersbourg, et la partie actuelle- ment publiée du lexique de M. Grassmann. Nous y avons remarqué l'absence du mot vâhishtha (V, 2$, 7).

Les notes, placées au bas des pages, dans lesquelles l'auteur cite à l'occasion les traductions déjà données des hymnes, communique les faits et les idées nécessaires à leur intelligence, et enfin cherche à résoudre les difficuhés sérieuses qu'ils peuvent présenter, donnent naturellement, au moins celles du dernier ordre, plus de prise à la critique. Nous serons pourtant très-sobre d'observa- tions sur ce sujet, parce que le travail de M. D., exécuté avec une parfaite compétence, et un soin scrupuleux, ne nous laisse guère à relever d'erreurs évidentes, et que la discussion de tous les points qui peuvent donner matière à controverse nous entraînerait beaucoup trop loin.

Il lui a échappé pourtant en proposant pour le vers II, 23, 16 la réunion des deux mots abhl drnhâs d'écrire abhidruhàh sans songer que l'accent ne tomberait pas alors sur la désinence (cf. abhldràhe, II, 27, 16). Les corrections qu'il propose pour plusieurs autres passages du texte sont nécessairement hypothé- tiques, mais de plus, la nécessité ou même l'utilité n'en est pas toujours bien démontrée. En pareil cas, la hardiesse du critique ne vient quelquefois que d'une timidité excessive du grammairien ou du traducteur. Ainsi il propose de substi- tuer dans le vers i , 48, 14 ydt (conjonction) à yé, et dans le vers V, i , 9 eîi à eshi, faute d'avoir voulu reconnaître dans ces deux passages une construction hardie du pronom relatif sans antécédent exprimé, ni facile à sous-entendre dans la proposition principale, construction dont il a cependant signalé lui-même dans un autre ouvrage {Der Gebrauch des Conjuncîivs und Optativs, p. 49) un exemple emprunté au sanscrit classique. Le relatif nous semble avoir dans une construc- tion de ce genre un sens indéfini analogue à celui du latin quicumque : « Quelques » Rishis anciens qui t'aient invoquée (mais dans le sens de comme, et non de

d'histoire et de littérature. 19

)) quoique), agrée nos louanges, etc. « et « A quelque homme que tu sois » apparu dans toute ta beauté, aussitôt ô Agni tu surpasses les autres (feux pour )) cet homme » cf. 1,59, i)'. Ailleurs c'est le traducteur qui nous semble avoir été trop timide. Ainsi dans le vers IV, 56, 2 M. D. ne propose sans doute de réunir en un seul les deux mots pdri dhydyâ qu'à cause de l'étrangeté apparente du sens : « ils ont fait un char de (en le tirant de) leur esprit » (mânasas pàri). Nous croyons cependant cette traduction très-admissible, parce que le char fait par les Ribhus, conçus comme d'anciens sacrificateurs, nous semble être la prière avec laquelle ils amènent les dieux sur l'autel.

M. D. nous paraît avoir abusé de l'interprétation pittoresque à propos du vers V^ 2, 4 il propose pour pâlikmr id yuvaîdyo bhavanti la traduction : <( Les jeunes deviennent vieilles » ce qui signifierait selon lui que les deux morceaux de bois avec lesquels on allume Agni deviennent gris de fumée. Mais le pluriel semble bien indiquer que les mères d'Agni dont il s'agit ici sont, non les deux morceaux de bois qui servent à l'allumer sur l'autel, mais les eaux au sein desquelles il naît dans l'atmosphère, et nous traduirions plutôt le passage en question : « Les vieilles deviennent jeunes. » Agni rajeunit ici ses mères comme ailleurs il les engendre. L'idée que la prière à Varuna qui forme l'hymne VII, 89 est adressée à ce dieu par un hydropique peut sembler ingé- nieuse. Mais il paraît pourtant bien naturel de laisser un sens moral à ce vers : « La soif lia cupidité) s'est emparée de ton chantre alors qu'il était au milieu » des eaux, » placé entre deux autres le dévot confesse ses péchés. Quant à la comparaison : « Je vais bondissant (plutôt que tremblant), en quelque sorte, » comme une outre enflée, » toute bizarre qu'elle est, ne peut-elle convenir à la marche désordonnée du pécheur qui a quitté le droit chemin .>* Le vers X, 14, 16 dont M. D. trouve la première moitié obscure nous paraît signifier : « Il vole (va) par les trois coupes (les trois mondes) : les six terres (ou plutôt » les six mondes, trois ciels et trois terres) et le grand unique (le septième » monde), la trshtubh, la gâyaîfi, les mètres, toutes choses sont comprises en » Yama. » Sur les six mondes et le septième monde qui est le monde du mystère, « la place cachée de la vache ou de l'oiseau, » on peut comparer les vers I, 164, 6 et VIII, 41, 9. M, D., d'après le sens qu'il donne à la racine sphnr dans son glossaire pour le vers 9 de l'hymne sur les dés (X, 34), en com- prend le premier pâda, comme l'a traduit M. Muir, c'est-à-dire à peu près ainsi : « Ils roulent en bas et bondissent en haut. » Or le reste du vers ne con- tient que des jeux d'esprit sous forme de paradoxes : « Étant sans mains ils » triomphent de celui qui a des mains; charbons divins jetés dans la fosse » (où l'on fait rouler les dés, le mot signifie aussi source), quoique froids ils » brûlent le cœur. » Il nous semble naturel de chercher un paradoxe du même genre dans le premier pâda, et l'on voit par ceux que nous venons de traduire qu'il n'est pas indispensable d'en trouver un d'un goût bien délicat. La racine sphuT « bondir » paraît signifier activement « bondir sur, écraser « dans un passage il est question de la victoire d'Indra sur les démons (II, 12, 12) et surtout dans un autre elle est accompagnée de l'instrumental padà « avec le

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» pied » (I, 84, 8). Nous croyons donc que le passage en question signifie : « ils roulent en bas (dans la fosse), ils écrasent en haut (le joueur), n

ne se bornent pas les discussions que nous pourrions entamer à propos soit des notes de M. D., soit de son glossaire. Mais il ne nous est naturellement pas permis de prendre occasion d'une Chrestomathie pour soulever toutes les questions auxquelles peut donner lieu l'interprétation des morceaux qu'elle ren- ferme, et il ne nous reste qu'à renouveler nos remerciements à l'auteur pour le livre dont il vient d'enrichir notre bibliothèque scolaire.

Abel Bergaigne.

7. La Bible; traduction nouvelle avec introductions et commentaires, par Edouard Reuss, professeur à l'Université de Strasbourg. Préface et introduction générale. Paris, Sandoz et Fischbacher. 1874. In-8*, 64 p. Prix : 1 fr. 25 ^.

C'est avec une vraie satisfaction que nous annonçons aujourd'hui le premier fascicule d'une publication longtemps attendue et vivement désirée. Tous ceux qui, en France, se préoccupent d'études bibliques ou s'intéressent aux résultats de la critique historique appliquée aux livres de l'Ancien et du Nouveau Testa- ment, savaient que M. le professeur Reuss, de Strasbourg, avait consacré une partie de sa vie si laborieuse à une traduction française de la Bible; ils savaient aussi que cette traduction devait être accompagnée d'introductions, de commen- taires, de notes, en un mot de tout ce qui peut contribuer à faciliter l'intelli- gence des livres sacrés du peuple hébreu et de la littérature primitive du christianisme. Le nom de l'auteur disait assez comment la tâche serait conçue et exécutée. Le savant professeur qui avait écrit l'Histoire de la théologie chrétienne au siècle apostolique 2 et l'Histoire du canon des Ecritures saintes dans l'Eglise chré- tienne 5, ne pouvait produire qu'une œuvre sévèrement scientifique, exclusive de toutes préoccupations ecclésiastiques ou dogmatiques.

Un travail de ce genre était devenu, pour notre public lettré, d'une néces- sité absolue. Non pas que les traductions de la Bible en langue française fassent défaut; nous en avons beaucoup, quelques-unes même dignes d'éloges : par exemple, les versions de l'Ancien Testament dont nous sommes redevables à Perret-Gentil et à M. le professeur Segond4, de Genève, peuvent supporter la comparaison avec tous les travaux analogues publiés à l'étranger. Mais ces traductions ne présentent qu'un texte nu, sans notes ni commentaires. Ce qui nous manque, ce qui constitue la lacune que va combler la publication de M. Reuss, c'est un exposé, joint à la traduction de chaque livre, des grands résultats obtenus depuis trois quarts de siècle par la critique et l'exégèse biblique. A quelle époque fut écrite telle partie de la Bible ? Par quel auteur .?

1. Le prix de l'ouvrage complet ne dépassera guère la somme de 100 francs pour les souscripteurs.

2. 3* édition. Strasbourg, 1864, 2 vol. in-S».

3. 2' édition. Strasbourg, 1864, 1 vol. in-8°.

4. Genève, 1873. 2 vol. in-8*.

d'histoire et de littérature. 21

Quelle en est la valeur historique ? Dans quel rapport se trouve tel livre avec tel autre ? Quelle est l'interprétation scientifique de tel ouvrage controversé ? Autant de questions que se pose à chaque instant le lecteur intelligent et qu'il ne peut guère résoudre avec les seules ressources de notre littérature. Dès aujourd'hui nous sommes en mesure d'affirmer que bientôt, grâce à la Bible de M. Reuss, la patrie des Bochart, des Cappel et des Richard Simon, fondateurs de la science biblique, sera en possession d'un véritable Bibelwerk et n'aura plus rien à envier sous ce rapport aux autres pays.

Nous n'avons encore sous les yeux que le premier fascicule de ce grand ouvrage qui se composera de I2à 1 5 volumes in-8°. L'auteur y expose à grands traits l'histoire du recueil sacré et la manière dont il entend le présenter aux lecteurs français. Dès les premières pages, on se sent en face d'un des maîtres de la science, mais cet exposé, ou plutôt ce programme, est conçu en termes généraux qui ne laissent guère prise à une critique de détail. Une véritable appréciation de la méthode suivie par l'auteur ne sera possible que lorsque plusieurs livres auront été publiés. Tout ce que nous avons à faire en atten- dant, c'est de signaler la classification nouvelle à laquelle M. Reuss a soumis les livres bibliques, classification beaucoup plus rationnelle que celle qui est vulgairement adoptée. Les diverses parties de l'Ancien et du Nouveau Testa- ment seront rangées dans l'ordre suivant :

I. Ancien Testament. I. Résumé de l'histoire des Israélites depuis la conquête de la Palestine jusqu'à l'Exil (Livres des Juges, de Samuel et des Rois). IL Les Prophètes (d'après l'ordre chronologique). IIL L'histoire sainte et la loi (Pen- tateuque et Josué). IV. Chronique ecclésiastique de Jérusalem (Chroniques, Esdras, Néhémie). V. Poésie lyrique (Psaumes, Lamentations, Cantique). Vl. Poésie didactique, philosophique, morale (Job, Proverbes, Jonas, Ecclésiaste, Tobie, Ecclésiastique, Sapience). VII. Littérature politique et polémique (Ruth, Daniel, Esther, Baruch, Judith).

II. Nouveau Testament. I. L'histoire évangélique (Synopse des trois premiers évangiles). II. L'histoire apostolique (Actes des Apôtres). III. Les épîtres pauliniennes. IV. L'Apocalypse. V. Les épîtres aux Hébreux, de Jacques, de Pierre et de Jude. VL La théologie johannique (Évangile et Épîtres).

Au seul examen de ce plan, tout lecteur un peu au courant de l'état actuel des questions bibliques pourra entrevoir les principaux résultats critiques aux- quels l'auteur a été conduit par ses études. Nous nous croyons autorisé à ajouter que certaines conclusions défendues par M. Reuss au sujet de l'histoire du peuple hébreu seront nouvelles pour ceux-là mêmes qui se consacrent spéciale- ment à cette branche de la science.

A. Carrière.

8. De conditorum coloniarum Greecarum indole prsemiisque et hono-

ribus. Dissertatio inauguralis historica quam scripsit Spyridion P. Lampros,

epirota. Lipsiae. 1873. In-8* (en grec). Prix : 2 fr.

Cette dissertation ne mérite pas de retenir longtemps la critique ; c'est un

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devoir d'élève. Le plan en est clair; les faits connus y sont distribués avec ordre, mais elle ne contient ni un fait nouveau, ni une idée qui soit personnelle à l'auteur. Nulle part celui-ci n'a essayé d'indiquer à quel fonds d'idées primi- tives et d'antiques croyances religieuses se rattachaient les honneurs rendus aux fondateurs des cités; nous le renvoyons à un excellent chapitre de M. Fustel de Coulanges, dans la Cité antique; c'est le cinquième du livre III.

9. As Raças historicas da peninsula iberica e a sua influencia no direito portuguez por Julio de Vilhena. Coimbra. 1873. Impr. da Universidade. In-8°, 141p.

Cet opuscule a principalement pour but de combattre la théorie de M. Th. Braga, qui attribue dans la formation de la nationalité portugaise et notamment dans le développement du droit une part prépondérante à l'élément germanique et « mosarabe », Nous avons dit ici même tout ce qu'il y avait en effet d'exagéré et parfois de hasardé dans le système de l'ingénieux historien de la littérature portugaise. Malheureusement M. de Vilhena, qui signale sans ménage- ment les brillants défauts de son adversaire, est loin d'être exempt de torts en partie identiques, en partie plus graves encore. Les deux écrivains parlent trop doctoralement, d'après des ouvrages de seconde main, de choses qu'ils connais- sent fort mal; chez l'un et chez l'autre, l'esprit de système nuit d'ailleurs à la juste appréciation des faits.

Dans le ch. I, après avoir parlé en général de M. Braga, M. de V. le réfute en ce qui touche son assertion la plus risquée, à savoir que les Romains auraient conquis et administré, mais non assimilé l'Espagne. Ici il a pleinement raison, mais les textes sur lesquels il s'appuie, et qui sont cités sans méthode, auraient pu être très-augmentés et rapportés plus exactement.

Le ch. II traite des habitants primitifs de l'Espagne; il est excessivement faible. L'auteur se figure être au courant des travaux et des résultats de la lin- guistique moderne, parce qu'il accumule les citations empruntées à des ouvrages généralement à des ouvrages de vulgarisation ~ de la valeur la plus inégale. Chaque page pourrait servir de texte à un commentaire rectificatif aussi long que fastidieux. Bornons-nous à dire que M. de V. rattache les Ibères à la famille aryenne, répète, d'après je ne sais quel compilateur belge, les rêve- ries qu'on croyait à jamais oubliées sur la proche parenté des Celtes et des Mèdes et la séparation des Mages d'avec les Druides, prouve (p. 40) la parenté du latin avec l'allemand par les mots Bischof, Kopf, Pfund et Pfeffer, etc. , etc. Ce chapitre serait simplement à rayer si l'auteur n'appuyait pas la suite de la démonstration sur l'origine aryenne des Ibères, qui explique, d'après lui, leur fusion prompte et facile avec les Romains.

Le ch. III traite de l'influence des Allemands non pas sur la race portugaise (car ce côté de la question n'est pas même abordé), mais sur le droit portugais. M. Braga a peut-être exagéré cette influence; M. de V. la restreint au-delà de toutes limites raisonnables. Ainsi quand il veut prouver que les cojurateurs, le

d'histoire et de littérature. a 5

combat judiciaire et le wergeld ne sont pas des institutions d'origine germani- que, il a recours aux raisonnements les plus vains. Le serment se retrouvant dans la législation romaine, les cojurateurs peuvent bien, d'après lui, en provenir; mais ce qui fait des cojurateurs une institution si originale, c'est qu'ils jurent non pour eux, mais pour un autre, non pour attester un fait qu'ils connaissent, mais pour ajouter à l'affirmation d'un tiers le poids de leur autorité ' . De même le duel de David et de Goliath, le combat des Horaces et des Curiaces, ne prouvent aucunement que le combat judiciaire ait existé ailleurs que chez les Germains, non plus que des rapprochements avec l'Inde ou la Grèce ne prouvent que les épreuves judiciaires proviennent du droit romain. L'idée la plus bizarre de M. de V. est de voir dans le vi'ergeld, ce trait si spécial et si caracté- ristique des lois barbares, le produit de l'influence du christianisme et de l'Église sur la législation romaine ! On voit combien cette argumentation est systé- matique et superficielle.

Le ch. IV est consacré à une appréciation du moyen-âge, que l'auteur ne veut considérer ni comme un recul, ni comme un arrêt, ni comme une crise dans le « développement de l'humanité », et qui, d'après lui, n'est qu'une phase normale de l'évolution continue. Au point de vue juridique notamment, l'auteur montre que les plus anciennes ordonnances des rois de Portugal sont empreintes de l'esprit du droit romain et en reproduisent parfois littéralement la disposition. Mais il ne voit pas que le droit royal, appuyé, en Portugal comme ailleurs, sur la législation romaine, est en grande partie une innovation et même une réaction contre la période précédente. Il laisse presque entièrement de côté les chartes de commune (Joraes) sur lesquelles M. Braga s'était surtout appuyé, et qui présentent un caractère bien différent des constitutions faites par les rois. Avec de bonnes parties, ce chapitre est donc loin d'être complet et conforme à la vérité.

Enfin, dans le ch. V, l'auteur parle des Arabes, et montre sans grande diffi- culté que leur domination, toute-puissante à la surface, n'a pas jeté de racines dans le sol national, que leurs institutions juridiques et sociales, par exemple, n'ont exercé aucune influence sur celles des vaincus. Il conclut que, malgré les inva- sions des Carthaginois, des Allemands et des Arabes, la race ibérique, aryenne d'origine et complètement romanisée, est restée romaine dans tous ses traits essentiels.

Malgré ses nombreux défauts, cet ouvrage contient, comme on le voit, une part notable de vrai. L'auteur, comme beaucoup d'autres aujourd'hui, aime à s'emplir la bouche des grands mots de «science moderne», «critique moderne», «philosophie de l'histoire», «anthropologiescientifique», etc., et passe beaucoup trop de temps à proclamer solennellement un programme qui est ensuite bien maigrement réalisé. La science et la critique « modernes », comme celles de

1. Autre chose est de savoir si M. Braga, dont je n'ai pas le livre sous la main, a eu raison de retrouver des cojurateurs dans le droit portugais du moyen-âge. Il est sou- vent arrivé qu'on a confondu l'institution des cojuratorcs avec celle du jury, absolument différente.

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tous les temps, reposent sur quelques principes bien simples, qui ne prêtent pas aux belles phrases, mais qui doivent toujours être présents à l'esprit de ceux qui prétendent travailler dans le grand atelier scientifique : ne pas aborder un sujet sans avoir essayé de connaître tout ce qui s'y rapporte ; ne jamais avancer un fait sans s'être assuré s'il est exact, dans quelle mesure il est certain et sous quelle forme précise on le connaît; ne jamais tirer des faits que les conclusions qui en ressortent naturellement, etc. M. de Vilhena, qui paraît avoir un esprit judicieux et le goût du travail, pourra, en se conformant plus strictement à ces règles, rendre de grands services à l'histoire de son pays.

G. P.

10. R. Rœhricht. Beitrœge zur Geschichte der Kreuzzûge. I Bd. In-8*,

x-346 p. Berlin, Weidmann. 1874. Prix : 10 fr, 75.

Depuis les grands ouvrages de Michaud et de Wilken, l'Histoire des Croisades n'a été l'objet de presque aucun travail important. L'histoire de la première croisade par Sybel est un essai tout à fait isolé; essai de jeunesse d'ailleurs, et qui ne satisfait pas les exigences actuelles de la science. Le peu d'empressement qu'on a mis à étudier des événements aussi considérables s'explique par ce fait que les orientalistes sont d'ordinaire peu versés dans la connaissance des docu- ments historiques du moyen-âge occidental ; et que les médiévistes de leur côté sont le plus souvent incapables de consulter directement les sources arabes. Celles-ci d'ailleurs sont encore en majeure partie inédites; la collection française des historiens orientaux des croisades procède nécessairement à ses publications avec une grande lenteur, et son plan l'oblige à commencer par rééditer des œuvres dont nous possédons déjà non-seulement le texte, mais parfois même la traduction. Dans de telles conditions, les travaux de longue haleine sur les croi- sades sont.presque impossibles. On doit se contenter d'élucider des points de détail dans l'intérêt des historiens de l'avenir.

C'est le but que se propose M. R. Rœhricht dans ses Beiîr£ge zur Geschichte der Kreuzziïge, dont le premier volume vient de paraître. Il s'ouvre par un essai sur la croisade de Frédéric H. Bien que M. R. ne paraisse pas connaître lui- même l'arabe, il a pu, grâce au concours de savants orientaHstes, contrôler et compléter les unes par les autres les sources occidentales et les sources orien- tales. Aussi nous donne-t-il un récit beaucoup plus complet que ceux que nous possédions jusqu'ici sur les négociations de l'empereur avec le sultan Al-Kâmil, et nous fait-il parfaitement comprendre comment les querelles d'Al-Kâmil avec son frère Al-Moazzam et son neveu Al-Nazir l'ont amené à consentir à la cession de Jérusalem. La qualité qui distingue le travail de M. A. est une précision rigoureuse. Il n'avance pas une assertion qui ne soit appuyée par un renvoi aux sources et souvent même expliquée par des notes assez développées et toujours très-instructives. Rapide, net, lumineux, son récit est néanmoins complet jusqu'à la minutie.

d'histoire et de littérature. 2)

Au premier abord M. R. semble s'être borné au rôle de narrateur et s'être abstenu de toute appréciation et de toute idée générale. Mais on découvre bientôt sous cette apparente objectivité une thèse soutenue avec habileté et avec passion. M. R. est convaincu que Frédéric II n'a différé son départ pour la Terre-Sainte de 121 5 à 1228 que pour les motifs les plus légitimes, que la conduite de Gré- goire IX envers lui a été un tissu de mensonges et d'iniquités, et que l'empereur avait mérité par son expédition et son traité avec Al-Kâmil la reconnaissance et l'admiration de la chrétienté. Si l'on devait juger les événements historiques d'après nos idées contemporaines, l'opinion de M. R, serait parfaitement justifiée. Frédéric II avait de très-bonnes raisons pour ne pas s'en aller en Terre-Sainte et ne pas sacrifier pour une expédition probablement inutile la tranquillité de ses Etats et sa propre santé; il a montré une intelligence supérieure en ne cherchant pas à rien arracher aux infidèles par les armes, mais en profitant de leurs dissen- sions intestines pour obtenir par la voie sûre de la diplomatie ce que la violence n'aurait peut-être pas réussi à conquérir. Enfin Grégoire IX a lancé contre Fré- déric des accusations certainement calomnieuses et peut-être consciemment mensongères. Mais tout cela ne suffit pas à légitimiter le jugement de M. R. Au point de vue moral du xiii® siècle, Frédéric II était coupable, et c'était le pape qui représentait la vérité et la justice. Le devoir de Frédéric II était de sacrifier et son royaume et sa personne à l'accomplissement de son vœu : c'est ainsi qu'agit S. Louis. Les négociations amicales de Frédéric avec Al-Kâmil étaient des sacrilèges aux yeux des vrais chrétiens, et le traité par lequel l'em- pereur laissait aux musulmans non-seulement la presque totalité de la Palestine, mais deux mosquées dans la ville sainte, était une trahison des intérêts de la foi '. M. R. objecte que d'autres traités ont été conclus avec les musulmans sans que l'Eglise s'en soit indignée. Sans doute; mais ces traités suivaient des batailles et n'étaient que la ratification de ce qu'avaient décidé les armes; tandis que Frédéric traitait sans avoir combattu. M. R. dit avec beaucoup de justesse (p. 11) que l'empereur n'avait point fait une croisade, mais une négociation diplomatique appuyée par une démonstration militaire. Il a donné en cela une preuve de la supériorité de son esprit sur celui des hommes de son temps; mais vouloir que les contemporains approuvassent cette manière d'agir, c'est ne pas comprendre les mœurs et les idées de l'époque. C'est un malheur pour un chef d'Etat d'être trop supérieur par l'intelligence au temps dans lequel il vit ; il se trouve comme dépaysé,, dépourvu de règle fixe et de but pratique. C'est la raison pour laquelle, malgré ses hautes capacités, Frédéric II s'est montré durant tout son règne in- décis, faible et finalement impuissant. S. Louis^ au contraire, quilui était intel- lectuellement inférieur et qui partageait tous les préjugés de ses contemporains, a eu un règne fécond et utile. Il était venu à l'heure propice, dans le milieu pour lequel il était fait, tandis que Frédéric II était en avance de plusieurs siècles

I . M. R. a eu le tort de raconter en' bloc les négociations de Frédéric avec Al-Kâmil après le récit de l'excommunication lancée par Grégoire IX. Ces négociations commencées avant la maladie et rexcommunication de l'empereur expliquent en partie l'indignation du pape.

26 REVUE CRITIQUE

sur ceux qui l'entouraient. Il ne pouvait qu'inspirer de l'iiorreur aux croyants; quant aux armes employées contre lui, aux mensonges, aux calomnies dont on l'accablait, qu'importait aux yeux des hommes de ce temps ? Frédéric à son tour employait les mêmes armes contre le pape. Dans ces temps violents et troublés, on croyait tout possible de la part d'un ennemi, et l'on ne distinguait pas entre le possible et le réel. Il suffit pour s'en convaincre de lire les écrits des papes et des empereurs pendant leur grande lutte. On ne peut les juger d'après les mêmes règles morales que nous appliquons à nos contemporains.

M. R, donne une preuve bien frappante de sa partialité en faveur de Fré- déric II, Quand l'empereur, poursuivi par les anathèmes du pape et du patriarche Gerold, se rembarqua pour l'Italie, il ordonna à tous les croisés de le suivre, au grand désespoir et à la grande indignation des chrétiens de Palestine. M. R. trouve leurs plaintes illégitimes et la conduite de Frédéric pleine de sagesse, car il savait par expérience que les chrétiens ne respectaient les traités avec les musulmans que quand ils étaient trop faibles pour les violer. C'était dans leur propre intérêt et pour leur conserver Jérusalem qu'il leur enlevait le plus grand nombre possible de troupes (p. 46). Même en admettant que ce fût le motif de la conduite de l'empereur, on ne pouvait vraiment exiger que les habitants de la Palestine comprissent l'excellence de ces raisons. Il est d'ailleurs bien plus vraisemblable de croire que Frédéric a cédé à son ressentiment, qu'il ne tenait pas à rien faire pour les chrétiens de Syrie, qu'il voulait les affaiblir pour les empêcher de troubler ses relations amicales avec Al-Kâmil et de contrarier ses projets de traité de commerce avec le sultan. S'il faut en croire les historiens orientaux, il n'aurait réclamé la cession de Jérusalem que pour pouvoir retourner la tête haute parmi les princes d'Europe. Il est peu probable qu'il ait exprimé explicitement sa pensée à ce sujet, mais les musulmans comme les chrétiens l'ont comprise, et c'en est assez pour expliquer les colères qu'il a soulevées.

M. R. croit que néanmoins la croisade de Frédéric a produit une impression grandiose sur une partie des contemporains, que les âmes naïves ont trouvé merveilleuse cette expédition de dix mois qui avait rendu sans coup férir à la chrétienté la ville sainte, perdue depuis quarante et un ans. Ce fait serait devenu dans l'imagination populaire le point de départ de légendes le souvenir de l'empereur est resté comme celui d'un héros de la foi. M. R. rappelle à ce sujet les poétiques paroles consacrées par Jean de Winterthur à Frédéric II, réforma- teur de l'Eglise et sauveur de l'empire. M. R. oublie d'ajouter que le moine franciscain traite cette légende de « magna dementia et fatuitas, » et l'on a prouvé que la légende de Frédéric a pour unique base le double fait qu'il a passé pour l'antéchrist et qu'il était considéré comme le dernier empereur. Le De Vita Antechrisîi d'Adson a été l'origine de tous ces récits, et l'admiration des contem- porains de Frédéric II n'y est entrée pour rien '.

I. Voy. un art. de M. Riezier, Zur deutschen Kaisersage, dans l'Historische Zeitschrift de Sybel. 1874. 3'fasc. p.6^ M. Rœhricht, citant les paroles du chroniqueur thuringien Rothe qui annonça pour la fin des temps la venue d'un puissant empereur qui établira la paix parmi les princes et s'appellera Frédéric « umbe fredis willen, den her machit »,

d'histoire et de littérature. 27

A la suite de l'essai sur la croisade de Frédéric II, M. R. donne en appendice la traduction allemande d'extraits des auteurs arabes, empruntés à Amari, Biblio- îheca arabo-sicula, et de deux passages de Makrisi; 2 1 des fragments d'Amadi et de Florio Bustron, et une note sur la légende de l'arbre desséché auquel Frédéric suspend son bouclier et qui alors reverdit et porte des fruits.

Le second essai a pour sujet la lutte de Saladin avec les chrétiens en 1 187 et 1 1 88. C'est un récit détaillé des événements arrivés depuis la rupture de la trêve de II 87 par Renaud de Chatillon jusqu'au siège d'Acre par Gui de Lusignan en août 1 189. La bataille de Hattin (^-4 juillet 1 187) qui anéantit en deux jours de combat la puissance militaire des chrétiens de Palestine et la prise de Jéru- salem par Saladin forment naturellement la partie la plus importante du travail. Mais ces faits étaient déjà suffisamment connus. M. R. a seulement mis en lumière, mieux encore qu'on ne l'avait fait jusqu'ici, la magnanimité de Saladin envers les habitants de Jérusalem, magnanimité d'autant plus frappante qu'elle contraste avec la férocité dont il fit preuve après la bataille de Hattin. M. R. nous raconte aussi avec la plus minutieuse exactitude la campagne faite par Saladin contre tous les châteaux-forts de la Syrie. Il montre la même rigueur de méthode et de preuves que dans son premier essai. Il lui échappe cependant aussi, mais bien plus rarement, de juger les personnages d'après les idées modernes et non d'après celles de leur temps. Il s'étonne que Renaud de Chatillon qui viola la trêve de 11 87, en pillant une caravane musulmane, ait été loué par certains chroniqueurs et même vénéré comme un saint, après qu'il eût été tué par Saladin (p. 175, n. 68). Rompre une trêve conclue avec des infidèles ne paraissait point un crime aux yeux des chrétiens du xii* s.^ et Renaud était mort martyr de sa foi, puisque Saladin lui avait offert la vie sauve s'il voulait embrasser l'islamisme. L'appendice du 2^ essai contient deux fragments d'Ibn-Khallikan tirés de la traduction anglaise par M. de Slane et une lettre de l'évêque Guillaume (nous ne savons quel était son évêché) sur la ruine de Jérusalem. Cette lettre, fort curieuse, signalée par M. Riant (de Haymaro monacho, p. 33) d'après un ms. de Copenhague, est donnée en entier d'après l'original conservé à Leipzig.

G. M. II.

Les 128 dernières pages du volume de M. R., en ne comptant pas un court index géographique, sont occupées par un long et intéressant extrait de l'histoire d'Alep, de Kémâl-Eddin, traduit en français par le baron Silvestre de Sacy, et publié pour la première fois. Il s'agit ici d'un travail de la jeunesse de notre grand orientaliste, travail qu'il entreprit à la demande d'un savant bénédictin de l'abbaye de Saint- G ermain-des- Prés, dom Berthereau, et dont il confia plus tard le manuscrit à Frédéric Wilken, qui l'a mis à contribution dans sa grande histoire des croisades. L'ouvrage de Kémâl-Eddin (Abou-Hafs Omar) est une des chro- niques arabes qui renferment le plus de renseignements neufs et curieux sur l'époque des croisades, et notamment sur la principauté d'Antioche et les comtés

dit que ces paroles méritent d'être rappelées dans l'état actuel de l'Allemagne. Est-ce parce que le prince royal s'appelle Frédéric^ On sourit de rencontrer de pareilles puérilités dans un ouvrage sérieux.

28 REVUE CRITIQUE

d'Edesse et de Tripoli, que leur position mettait plus directement en contact avec les souverains d'Alep. L'auteur parle souvent en témoin oculaire ou d'après des témoins oculaires, et pour les faits relatifs aux premières croisades il a, en général, puisé aux meilleures sources. Il était en l'an de l'hégire $88 (1192 de J.-C), dans la ville d'Alep, oii son père, son aïeul et son bisaïeul avaient été revêtus de la dignité de kadhi; il fut lui-même employé soit dans l'enseignement, soit dans diverses négociations, et mourut au Caire, l'invasion des Mongols l'avait obligé de chercher un refuge, en 660 (1261). Comme l'a dit S. de Sacy, l'histoire d'Alep « est une des meilleures histoires particulières composées par » les Musulmans; et nous ne craignons pas d'assurer que, parmi les historiens » orientaux, Kémâl-Eddin est un de ceux dont l'ouvrage mériteroit le mieux de » voir le jour'. »

L'extrait traduit par S. de S. commence avec l'année 488 de l'hégire (1095 de J.-C.) et avec le récit de l'expédition de Tadj-Eddaulah Toutouch, prince seldjoukide de la Syrie, contre son neveu le sultan Barkiarok. Il finit à la mort de l'atabek Nour-Eddin (i $ mai 1 174), et comprend ainsi un espace d'environ quatre-vingts ans. Le commencement de cet extrait correspond à peu près à un morceau publié, il y a vingt ans, par l'auteur de la présente note, qui n'avait pas eu connaissance du travail de son illustre devancier 2. La traduction faite par nous s'arrête à la mort de Tancrède ; sur quelques points elle est plus complète que celle de S. de S., dans d'autres endroits elle donne un sens différent, et M. R. a eu soin de signaler la plupart de ces divergences. Il a reproduit aussi en tout ou en partie un assez grand nombre de nos notes, en les faisant suivre du nom ou de l'initiale de l'auteur. Il est à regretter que le savant allemand n'ait pu recourir à l'original arabe, pour corriger et compléter la traduction de S. de S. Car dans un assez grand nombre de passages ce travail ne peut être considéré que comme une ébauche, et il nous paraît très-probable que l'auteur n'a pas relu son manuscrit, ou du moins ne l'a pas soumis à une dernière révi- sion. De plus, quoique l'écriture de S. de S., même vers la fin de sa longue et laborieuse carrière, fût très-nette et très-facile à lire, M. R. n'est point toujours parvenu à la transcrire exactement. C'est ainsi qu'il a imprimé (p. 214) que les habitants d'Apamée députèrent en Egypte pour demander au gouverneur un calife fatimite, au lieu de : demander un gouverneur au calife; qu'il fait émettre par un des chefs musulmans confédérés contre les croisés, à Antioche, cet avis qu'on les mît enfermés dans Antioche, au lieu de qu'on les tînt (p. 224). Ailleurs (p. 246) le moueddin (crieur chargé d'appeler les fidèles à la prière) d'Ezaz est transformé en Mouin-ed-din; souffrirez-vous, en suffirez-vous (p. 2 50); le nom propre Amina, en celui d'Anna, et cela à deux reprises différentes (p. 229 et 250); la grande (citadelle d'Alep), en la garde (p. 251); le taux (des impôts), en temps (p. 263); il n'éprouva point de soulagement, en il n'aprouva (sic) point son logement (p. 271), etc.

1 . Notice des manuscrits de D. Berthereau (extraite du Magasin encyclopédique), p. 1 3. Cf. la Biographie universelle, t. XXII, p. 284.

2. Récit de la première croisade et. des quatorze années suivantes, etc., dans les Mémoires d'histoire orientale, etc., par M. C. Defremery, Paris, F. Didot, 1854, p. 3J à 6j.

d'histoire et de littérature. 29

Je vais indiquer maintenant une partie des changements dont la traduction me paraît susceptible. En donnant à ces observations une plus grande extension, j'aurais craint de fatiguer la patience du lecteur. Mais si l'éditeur continue son recueil et qu'il veuille y insérer des additions et corrections pour le morceau emprunté à l'histoire d'Alep, je suis tout disposé à lui communiquer des remar- ques qui n'ont pas trouvé place dans les pages suivantes.

Page 212, les mots Djénah-Eddaulah ont été oubliés devant le nom propre Hosein, et le mot fils entre Behrâm et de Toutousch. Même page, au lieu de : jusqu'au moment Tadj-Eddoula s'étant rendu maître de Rey, ils vinrent ensemble le trouver dans cette ville, le texte arabe dit : jusqu'à ce qu'il se mît en marche vers Rey et qu'ils l'accompagnassent dans cette expédition {ila an sâra ila'rreyyi fésârâ maahou). Page 2 1 3 il faut lire Adhb-Eddaulah (le glaive de l'em- pire) Abak, fils d'Abd-Errezzak, et non Abad-Eddoula Ibek, fils de Rezzak, et partout il y a Abad (p. 214, 215, etc.), il faut substituer Adhb '. Page 215, le nom de la ville de Bozaa a été estropié en Bazaga. P. 217, il est question d'un personnage qui fut pris dans un combat, et conduit à Alep, il fut ren- fermé dans la prison et s'évada ensuite. Mais l'orthographe donnée au nom de ce personnage, Asbara, n'est pas conforme au manuscrit, on lit clairement Asbaoua (fol. 1 18 v°). Il s'agit de l'individu nommé ailleurs Sabaoua. Ensuite le chroniqueur dit qu'il fut remis en liberté (tsoumma ouîhlika), et non qu'il s'évada. Le manuscrit appelle la princesse, épouse de Rodhouân, Djendjec, et non Djourdic. Page 219, il est fait mention de deux fils du prince d'Antioche, nommés l'un Chems-Eddaulah et l'autre Mohammed. S. de S. ajoute au nom de ce dernier le mot Asfar. Mais cette addition est le résuhat d'une inadvertance provenant de ce que le nom de Mohammed, mis à l'accusatif, a été joint au mot suivant, qui n'est autre chose qu'un verbe à la troisième personne du singulier du prétérit, précédé d'une conjonction (Mohammedann fésâra; ms. fol. 1 19 v°). A la même page il faut lire avec le texte vingt-deux vaisseaux et non 28.

Page 228, Kémâl-Eddin dit que les Francs restèrent 33 jours en possession de Maarra, à partir de l'assaut qui les avait rendus maîtres de cette place (ouéma- lacouha tsalatsaîann oué tsalaîsyna yaumann bad'alhadjmati); et non pas qu'ils « employèrent 3 3 jours au siège de cette place. » En réformant la traduction de S. de S., ainsi que je viens de l'indiquer, les difficultés que ce savant avait cru voir dans le récit de Kémâl-Eddin disparaissent complètement, et l'on n'est pas obligé de supposer avec lui une lacune d'un feuillet dans le manuscrit, supposi- tion d'ailleurs qui n'était point partagée par dom Berthereau. En effet, le docte religieux a tracé en cet endroit sur notre manuscrit de Kémâl-Eddin une note ainsi conçue : cette page paraît être la suite immédiate de la précédente. Page 228, 1. 1 5 , il y a une phrase de l'original omise dans la traduction. Il faut suppléer ainsi cette lacune : Djénah-Eddaulah consentit à la demande de Rodhouân, et

I. P. 309, vers le milieu, on trouve le nom d' Abad-Eddoula, donné à Modjyr-Eddin Abak, prince de Damas. Le manuscrit porte encore ici Adhb et non Abad (f. 166 r*, ligne anté-pénultième). Mais dans cet endroit les mots Adhb-Eddaulah nous paraissent avoir été introduits à tort, sans doute par suite d'une réminiscence de l'auteur ou d'un copiste.

JO REVUE CRITIQUE

celui-ci revint à Alep, en compagnie du premier, P. 229 et ailleurs, le nom du vizir Abou'lfadhl ibn-Almaoussoul est changé en Ibn-el-Mansour. Dans cette même page, le nom de Sermyn a été omis devant celui de Maarra. Page 233, le prince de Tripoli est appelé Ibn-Omar, au lieu de Ibn-Ammâr.

Page 235, note i, M. R. dit par inadvertance que Cotlough était gouverneur de Moussoul, confondant ainsi ce personnage avec Djaouély Sékaou, dont il est parlé sept lignes plus bas. P. 239, il est question de soixante maisons ruinées que Rodhouân vendit en un même jour, et l'auteur ajoute : « Ce sont les soixante masures désignées encore aujourd'hui dans les registres de la chancel- lerie d'Alep » (/y déouaouyni Haleta) et non « que l'on nomme aujourd'hui Déouaouin-Haleb » (les douanes d'Alep). P. 261 , il est dit que Baudouin II, roi de Jérusalem, ayant fait une incursion dans les environs d'Alep, prit des hommes et des bestiaux dans Elganadek. Au lieu de ce mot le manuscrit porte dis- tinctement (fol. 142 v°, 1. I®) Alfanadik, pluriel du mot fondouk^ synonyme de khan ou caravansérail. P. 266, les mots à Mardin Çila Maridyna) doivent être suppléés après les mots arriva sain et sauf (cf. le ms. fol. 143 r°, l. 4). Page 267, dans la réponse de Baudouin au messager de Soleïmân, les mots ouéouka- tilou dounahou signifient « et je combattrai pour sa défense », et non : « et à porter mes armes ailleurs. » Page 268, les mots ouédakhala biha bihaleba signi- fient « il consomma son mariage avec elle à Alep, » et non « l'amena avec lui à Alep. « Page 271, l. 5, le mot vertes doit être ajouté après noix. Ibidem, d'après le texte arabe, Galeran était cousin-germain (littéralement fils de la tante mater- nelle, ibna khaleîihi), et non neveu, de Josselin. Vers le bas de la même page, la phrase signalée comme obscure ne présente aucune difficulté : il suffit de consi- dérer comme une sorte de parenthèse les mots relatifs à la conquête de Harrân par Balac, et l'on aura le sens que voici : Balac fit sortir de la citadelle d'Alep Sultanchah, fils de Rodhouân, et le fit conduire à Harrân, dont il s'était emparé dans le mois de rébi second. Il agissait ainsi à cause de la crainte que lui inspi- rait ce prince.

Page 273 et p. 279, au lieu de Scheikhtân, il faut lire Schébakhtân, ainsi qu'il est écrit plus haut (p. 239). A la page 279, vers le milieu, après les mots le mit en fuite, il faut ajouter avec le texte (fol. 149 v") et le tua (puékaîalahou). Page 283, 1. $, en place de la porte d'Elgazak, il faut sans doute lire avec le ras. la porte d'Alirak ou de l'Irak. Page 294, 1. 4, au lieu de la forteresse de Siz, il faut lire avec le ms. Assinn. Page 298, les mots djobbata athlasa et imamata cherbinn sont rendus peu exactement par un manteau de satin et une tiare de couleur écarlate. Il vaut mieux dire : une tunique de satin et un turban d'étoffe de lin, ou plutôt de soie '. Page 299, le vrai nom du personnage cité à la 1. 3, est Sédyd-Eddaulah ibn-alanbâry, et non Seïf-Eddoula ibn-al-Anbazi, et le titre de catïb Alincha, dont il était revêtu, signifie secrétaire pour les dépêches, et non secrétaire pour les arrêts. Page 300, la fin du message du prince de Damas, Chems-el-molouc, à l'Atabec Zengui est inexactement traduite. Le sens est

I. Cf. le Glossaire des mots espagnols et portugais dérivés de l'arabe, par R. Dozjf et W. H. Engelmann; Leyde, 1869, in-8', p. 260, 261.

d'histoire et de littérature. jt

celui-ci : « J'appellerai les Francs et leur livrerai Damas » (istadaïtou'l frendja oué sallamtou Dimachka ileihim). Page ^07, au lieu de Boufmis, il faut lire Bou- kobaïs', nom d'un château-fort situé vis-à-vis de Chaïzer (l'ancienne Larissa). Page 508, le nom de Barni doit être changé en Baryn, et le nom suivant se lit dans le ms. (fol. 16$ r") Allacma, au lieu de Elkelma. P. 309, il ne peut être question de la célèbre ville de Dara, en Mésopotamie; aussi faut-il lire Daréya, avec le ms. (fol. 166 r°).

Page 311, dans le récit du siège d'Ëdesse par Zengui, il est dit que « l'armée d'Alep commença à creuser des mines en différents endroits dont le local leur était parfaitement connu. » Le texte porte Al-Halébiyoun, mot qui signifie bien les Alépins, mais qui, comme son synonyme Halébiya, est quelquefois employé pour désigner des mineurs , des sapeurs. Actuellement encore, ainsi que S. de Sacy l'a fait observer, dans son admirable commentaire sur Abd-Allatif, « l'es Alépins ont la réputation d'être des plus experts dans l'architecture en pierre et dans la construction des caves 2. » Page 514, c'est à Yaghra, et non à Bagras, que Nour-Eddin battit les Francs. Le ms. (fol. 170 v°, ligne dernière) porte bibaghra {sic). Page 320, il est dit que Nour-Eddin donna la ville de Harrân à Zeyn-Eddin, et S. de S, ajoute dans une note : c'est vraisemblablement Ali Kondjek (lisez Kutchuc, c.-à-d, en turc, le Petit; cette faute d'impression, pro- venant sans doute d'une faute de lecture, revient très-souvent dans le cours de l'ouvrage). Le fait n'est pas douteux, car le ms. porte distinctement les mots Aly Koudjuc, et ajoute que ce personnage était le lieutenant de Kotb-Eddin, frère de Nour-Eddin. Page 325, au lieu de Albeni, prince de Mardin, il faut lire Alby. Page 330, il est dit que Chircouh choisit vingt mille cavaliers dans l'armée de Nour-Eddin et en enrôla 60,000 {sic). Ces chiffres doivent être changés en 2000 et 6000. Page 335, les mots Kitâbann maa neddjabinn signifient «une lettre portée par un courrier monté sur un dromadaire 3, » et non « une lettre très- respectueuse. )) Enfin, p. 336, au lieu de Hesnay, il faut lire avec le ms. (foh 1 84, v°) Béhesna, nom d'un château-fort, situé non loin de Mérach et de Sou- maïçât, et qui est inscrit sur la carte de Kiepert {Klein-Asien und Syrien, 1 860), sous la forme Béhesni. C. Defrémery.

SOCIÉTÉS SAVANTES.

ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES.

Séance du 30 décembre 1874. Le ministre de l'instruction publique transmet à l'académie un décret qui approuve l'élection de M. G. Perrot en remplacement de M. Guizot. M. Perrot est introduit et prend place. Une lettre de M. J. Leblanc, bibliothécaire et con- servateur du musée de Vienne (Isère), annonce la découverte qui a été faite en

1 . Cf. les Nouvelles recherches sur les Ismaéliens ou Bathiniens de Syrie, plus connus sous le nom d'Assassins, etc., par M. C. Defrémery. Paris, 1855, in-S", p. 60, n. i.

2. Relation de l'Egypte, par Abd-Allatif, etc., p. 224, note (32).

3. Cf. sur le mot neddjâb, les Mémoires d'histoire orientale déjà cités, 2^ partie, Paris, 1862, p. 370, note; Boha-Eddin, Saladini Vita et res gesta, p. 146, 1. 9; les Historiens orientaux des croisades, t. I", p. 583 et le Kitâb Alincha, apud Quatremère, Hist. des sultans mamlouks de l'Egypte, t. I, i" partie, p. 196, n.

^2 REVUE CRITIQUE D'hISTOIRE ET DE LITTÉRATURE.

cette ville d'une statue romaine en bronze brisée en un très-grand nombre de fragments. Deux inscriptions l'accompagnaient, et M. Leblanc s'occupe à en rassembler les fragments pour les reconstituer. L'une est du 3^ s. et porte le nom de C. Julius Pacatianus, l'autre mentionne un hommage des charpentiers vien- nois à L. Aquilius Severianus. M. Jourdain présente de la part de M. Garcin de Tassy une publication intitulée La langue et la littérature de rHindoustan.

M. Hauréau lit un mémoire Sur quelques maîtres du douzième siècle. Il examine un poème en vers latins rimes qui a été publié par M. Thomas Wright sous ce titre Metamorphosis Golu episcopi. L'auteur y décrit un rêve dans lequel lui sont apparus les dieux et les grands hommes de l'antiquité et les principaux de ses contemporains. On y remarque une grande admiration pour Abailard et des in- vectives violentes contre S. Bernard et les moines de son ordre. Ce texte a été attribué par M. Wright avec assez de vraisemblance, malgré quelque difficulté pour faire concorder les données chronologiques, à l'archidiacre d'Oxford Walter Mapes. Il paraît avoir été écrit en 11 41. L'intérêt de ce poème est dans les détails qu'il fournit sur plusieurs des principaux maîtres de cette époque. M. Hauréau discute les identifications proposées par M. Wright pour les per- sonnages qui y sont désignés plus ou moins clairement, et les corrige en partie.

M. de Longpérier lit une note de M. Chabas intitulée Hebr£o-£gyptiaca. M. Chabas a déjà signalé des textes qui montrent que les Hébreux et les Égyptiens ont eu un fonds commun de traditions et de règles concernant la morale et la religion. Il signale au même point de vue le texte déjà connu du papyrus Prisse, puis celui des maximes du scribe Ani, qui a été publié par M. Mariette, et dont il a fait un examen spécial. Les principes exposés dans ce dernier texte présentent suivant M. Chabas des ressemblances frappantes avec ceux de l'ancien et du nouveau testament. Il annonce une étude détaillée de ces maximes, dans laquelle, après en avoir examiné le texte philologiquement, il en donnera la traduction et mettra en évidence les analogies qu'il se contente maintenant de signaler.

M. Brunet de Presle lit un mémoire Sur deux inscriptions de Mile. A propos des questions qui ont été soulevées au sujet de la Vénus de Milo, M. Brunet de Presle pense qu'il y a lieu de rappeler l'attention sur deux inscriptions qui avaient été trouvées dans le voisinage, et que l'on a cru être sans rapport avec la statue. Elles sont aujourd'hui perdues, mais des éditions en avaient été données. M. Brunet de Presle cherche à en restituer le texte. Si l'on adoptait la lecture qu'il propose pour l'une de ces inscriptions, il en résulterait que la Vénus aurait été l'objet d'une consécration nouvelle à l'époque romaine, ce qui n'empêcherait pas d'en faire remonter l'exécution à un âge plus ancien.

M. Guérin, poursuivant sa communication sur la géographie historique de la Palestine, indique ce qu'on rencontre en continuant de suivre la vallée du Jour- dain du S. au N., et expose particulièrement ce qui concerne les ruines de Phasaélis, d'Archélais et du mont Sarthaba. Julien Havet.

ERRATUM. i, p. 3, 1. i, au lieu de aux, lisez aus.

Le propriétaire-gérant : F. VIEWEG. Nogent-le-Rotrou, imprimerie de A. Gouverneur.

p. (cet important ouvrage est maintenant augmenté de loo pages et d'un index). Dante Alighierî, La divina Commedia. Riv. e comm. da Scartazzini. Vol. I. L'Inferno. Leipzig, Brockhaus. In-S", xij-444 p. (malgré ses défauts, cette édition peut être comptée au nombre des meilleures). Hamann's Schriften und Briefe in 4 Theilen. Herausg. v. Pétri, Hannover, Meyer. 4 Th. In-S", 548 p. Chappell, The History of Music. Vol. L London, Chappell and Co. In-S", xc-400 p. (contient de nouvelles vues sur la musique dans l'antiquité).

Jenaer Literatarzeitung, 1874, n'48, 28 novembre. Ritschl, Die christ- liche Lehre von der Rechtfertigung und Versœhnung. Ed. IL Bonn, Marcus. In-8°, v)-377 p. (Wilh. Bender). Brandes, Der Kanzler Kreil. Leipzig, Barth. In-S", viij-199 p. (G. Graue). Endemann, Studien in der Romanisch- kanonistischen V^^irthschafts- und Rechtslehre. Bd. L Berlin, Guttentag. In-S", xij-471 p. (Stintzing). WoLF, Lucas Geizkofler und seine Selbstbiographie 1 550-1620. Wien, BraumûUer. In-8°, iv-2n p. (Th. Muther). Simson, Jahrbûcher des frsenkischen Reichs unter Ludv^'ig dem Frommen. Bd. I (Meyer v, Knonau; cf. Rev. crit. 1874, ^h P- 5 0- D'Arneth et Geffroy, Marie- Antoinette (M. Philippson; cf. Rev. crit., 1874, II, p. 22). Adam, De l'har- monie des voyelles dans les langues ouralo-altaïques. Paris, Maisonneuve. In-8*', 76 4. (Bœhtlingk). Rœnsch, Itala und Vulgata. 2. Ausg. Marburg, Elv^ert'sche Verl. In-S", xvj-5 26 p. '^Wilh. Schmitz).

N" 49, 5 décembre. Hausrath, Neutestamentliche Zeitgeschichte.

Th. III. Heidelberg, Bassermann. In-8°, vij-644 P- (Holtzmann). Kayser, Das vorexilische Buch der Urgeschichte Israels. Strassburg, Schmidt's Univ.- Buchh. In-S", vj-198 p. (Schrader). Luthardt, Der johanneische Ursprung des vierten Evangeliums. Leipzig, Dœrffling u. Franke. In-8*', viij-223 P- C^- Grimm). Maurer, Island von seiner ersten Entdeckung bis zum Untergange des Freistaats. Mûnchen, Kaiser. In-8", ix-480 p. (K. v. Amira). De Bun- sen, The chronology of the bible. With a préface by Sayce. London, Longmans and Co. In-8'', xiv-i 58 p. (Schrader). Menant, Annales des rois d'Assyrie. Paris, Maisonneuve. In-8'*, xii-312 p. (Schrader). Hopf, Chroniques gréco- romanes. Berlin, Weidmann. In-8", xlviij-538 p. (B. Kugler). Baumgart, vElius Aristides. Leipzig, Teubner. In-8°, viii-24op. (R. Volkmann). Deutsche Rundschau, herausg. v, Rodenberg. Jahrg. I, Heft i, October 1874. Berlin, Gebr. Pastel. In-8° (Walter).

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Procksch (A.). Die Consecutio temporum beiCaesar. In-8°, 36 S. Leipzig (Teubner).

I fr. 10

Sanders (D.).Vorschlasgezur Feststellung e. einheitlichen Rechtschreibung fur All- deutschland. 2. Hft. In-8°, viij-242 S. Berlin (Guttentag). 2 fr, 75

Schmidt (A.). Shakespeare-Lexicon. A complète dictionary of ail the english words, phrases a. constructions in the Works of the Poet. Vol. L A-L. Gr. in-8', viij u. S. 1-678 Berlin (G. Reimer).

16 fr.

Schmidt (R.). Kritik der C^ellen zur Geschichte der Gracchischen Unruhen. ^-8", 35 S. Berlin (Weber). i fr. 3 5

Schriften der Universitaet zu Kiel aus d. J. 1873. 20. Bd. In-4*, iv-652 S. mite. Steintaf. Kiel (Universitasts-Buchh.). 6 f .

Schuessler (0.). De(^. CurtiRuficodice Oxoniensi A. In-4"', 29 S. Leipzig (Teubner). i fr. 10

Secretan (E.). La langue allemande com- parée à la langue française au point de vue de la prononciation, de l'orthographie et l'étymologie et des flexions. In-8°, viij- 77 p. Lausanne (Benda). 2 fr.

Seyfifert (0.). Studia Plautina. ^-4», 31 S. Berlin (Calvary et C«). i fr. 65

Simon (J.). Souvenirs du 4 Septembre. Origine et chute du second empire. In-8', 440 p. Paris (Michel Lévy frères). 6 fr.

Wahl (P. M.). De grscas radicis *EP vario usu et verbali et nominali. In-8', 38 S. Leipzig (Hinrichs). i fr. 50

Nogent-le-Rotrou, Imprimerie de A. Gouverneur.

N* 3 Neuvième année. 16 Janvier 1875

REVUE CRITIQUE

D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

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DE MM. C. DE LA BERGE, M. BRÉAL, G. MONOD, G. PARIS.

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The Athenseum, N''246i, 26 décembre. Continental Literature in 1874. Belgium (E. de Laveleye Paul Fredericq_). Bohemia (Dr. J. Durdik).

Denmark (E. Jessen). France (Gustave Masson). Germany (Robert Zimmermann). Greece (S. Comnos). Holland (A, C. Loffelt). Hun- gary (A. Vambéry). Italy (Angelo de Gubernatis). Servia and Croatia (G. Popovic). Spain (J. F. RiAÎio). J. R. Phillips, The Civil War in Wales and in the Marches. The Public Libraries of London. Dr. Williams's Library. The Authorship of the anti-Martinist Tracts. L Pap with a Hatchet (Brinsley Nicholson). Literary Gossip. Hebrew Metrology (Barclay V. Head). Societies (Soc. royale, de numismatique).

Literarisches Centralblatt, N* i , 2 janvier. Brentano, Psychologie vorn empirischen Standpunkte. i. Bd. Leipzig, Dunckeru. Humblot. In-8°, XVJ-350P.

The Jade Chaplet in 24 beads. A collection of songs, ballads, etc. (from the Chinese) by Carter Stent. London, Trùbner. In-S", viij-i 66 p. (on ne peut juger cette traduction qu'au point de vue littéraire). Destinon, De codicum Cornificianorum ratione. Comm. L Kiel, Haeseler, In-S", 83 p. Quellen und Forschungen zur Sprache- und Culturgeschichte der germanischen Vcelker. Herausg. v. Brink und Scherer. II. Ungedruckte Briefe von und an Johann Georg Jacobi, herausg. v. Martin. Strassburg, Trùbner. In-8°, viij-90 p. C0MOENS, Os Lusiadas. Herausg. v. Reinhardtstœttner. Strassburg, Trùbner. ln-8°, xlj-96 p. (article sévère). Scaenicse Romanorum poesis fragmenta secundis curis recens. Ribbeck. Vol. IL Comicorum fragmenta. Leipzig, Teubner. In-8°, cxxxvj-508 p. (art. favorable; on reproche seulement à l'auteur l'âpreté de son ton lorsqu'il parle de ses émules).

Jenaer Literaturzeitung, 1874, n* 50, 12 décembre. KôSTLIN, Martin Luther. Sein Leben und seine Schriften. Bd. i. 2. Eingel. v. Nitzch. Elberfeld, Friderichs. In-S", viij-8i i ; iv-679 P- C^- Holtzmann). Weingarten, Zeit- tafeln zur Kirchengeschichte. 2. Aufl. Leipzig, Hartung. In-8°, vj-171 p. (Nip- pold). Sauter, Diplomatisches ABC. Schlùssel zum Verstaendniss und Lesen alter Handschriften, etc. Stuttgart, Bruchmann. Tn-folio, 15 Tafeln. Arndt, Schrifttafeln zum Gebrauche bei Vorlesungen und zum Selbstunterricht. Berlin, Kœnigliche Hof-Steindr. In-folio, 25 Taf. (Wilh. Schum). Capasso, Historia diplomatica Regni Siciliae inde ab anno 12 50-1 266. Neapoli. In-4'', 376 p. (Wilhelm Bernhardi). Ritter, Die Union und Heinnch IV 1607-1609. Mùnchen, Rieger'sche Univ.-Buchh. In-8% vj-627 p. (G. Droysen). Otto, Johannes Cochlaeus der Humanist. Breslau, Aderholz. In-8% viij-199 p. (C

REVUE CRITIQ^UE

^D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

N* 3 16 Janvier 1875

Sommaire : 1 1. Delbruck, le Verbe dans la langue védique. 12. Heyne, Courte grammaire des anciens dialectes germaniques, 3* éd. 13. Talbert, Du dialecte blaisois. 14. Chronique de Robert de Torigni, p. p. Delisle, t. II. 15. Chro- niques de Saint-Martial de Limoges, p. p. Duplès-Agier. 16. Ethé, Le poète épique Jules Grosse. Sociétés savantes : Académie des inscriptions.

t;

^\. -r- Das altindische Verbum aus den Hymnen des Rigveda seinem Baue nach

dargestellt von B. Delbruck. Halle, Buchhandlung des Waisenhauses. 1874. i vol. - in-8% 248 p. Prix : 8 fr. I

La nouvelle publication de M. D. offre un double intérêt. A défaut d'un tra- vail d'ensemble sur la grammaire védique que nous attendons toujours de M. Benfey, elle traite du moins, d'une façon aussi complète que possible, l'un des plus importants chapitres de cette grammaire, le chapitre de la structure du verbe, et rend ainsi un service signalé aux études indiennes. Mais en même temps elle fournit à la grammaire comparée des matériaux indispensables pour l'étude des origines de la conjugaison dans les langues indo-européennes, M. D. est lui-même avant tout un linguiste dont les différents travaux sur les textes védiques ont toujours été des contributions à la science des Bopp, des Schleicher et des Curtius, le plus souvent d'ailleurs à une partie encore peu étudiée de cette science, nous voulons dire la syntaxe comparée. C'est encore à ce dernier ordre d'études que se rattache indirectement le livre dont nous rendons compte : M. D. nous annonce en effet que, dans sa pensée, un exposé de la formation du verbe védique n'est qu'un travail préparatoire à l'étude des temps.

L'auteur a ordonné son ouvrage, non selon le plan ordinaire des grammaires sanscrites, mais d'après les principes de la grammaire comparée, et nous ne pouvons que l'en louer : car les catégories des grammairiens hindous, particu- lièrement la division des verbes en dix classes, appropriées seulement à la langue sanscrite classique dont elles n'embrassent pas même toutes les formes, paraissent tout à fait insuffisantes quand on essaie de les appliquer au Rig-Veda. Un court résumé de la table des matières sera la meilleure recommandation du livre auprès de nos lecteurs.

Après une introduction consacrée à des généralités sur le texte du Rig-Veda et les travaux dont il a fait l'objet (p. 1-20), M. D. traite d'abord des désinences et de l'augment, c'est-à-dire des éléments distincts du thème (p. 23-80). Il étudie les désinences en rapprochant successivement toutes celles d'une même personne dans les différents temps, d'abord à l'actif, ensuite au moyen : cet ordre a l'avantage de réunir tous les éléments qui remplissent une fonction iden- tique, ridée de la personne restant la même dans quelque temps du verbe qu'elle soit exprimée. Puis vient (p. 8j-i88) la revue des thèmes de temps. M. D.,

34 'TX \lfyl' REVUE CRITIQUE [ f \J Ti fj

remarquant que la caractéristique a par exemple n'est pas plus, en principe, le signe du présent que celui de l'aoriste, que le redoublement n'est pas propre au parfait, mais se rencontre aussi au présent, etc., adopte avec raison une classi- fication générale uniquement fondée sur la contexture matérielle des thèmes. Il étudie successivement les thèmes identiques à la racine nue; les thèmes identiques à la racine redoublée ; ceux en a non renforcés, i " avec l'accent sur la racine, avec l'accent sur la caractéristique; ceux en a renforcés; ceux de la classe nasale formant les 5% 7^ et 9* classes des grammairiens hindous et en outre une partie de la i""* et de la 6% ceux en ya, y compris les thèmes de passif; enfin ceux en cha. Ici se place un appendice sur les verbes qui forment leur pré- sent de plusieurs manières. M, D. passe ensuite aux thèmes d'aoriste en s, en distinguant naturellement ceux qui sont entés en quelque sorte sur un thème de présent (ex. grnîsh-e), puis aux thèmes de futur en sya, et enfin aux désidératifs. Un appendice est ensuite consacré au prétendu / de liaison. De la page 191 à la page 198, l'auteur traite des modes : subjonctif, optatif et précatif, impératif. Ensuite viennent (p. 201-218) les thèmes de verbes dénominatifs, au nombre desquels il range les causatifs, et enfin (218-238) les formes non personnelles, c'est-à-dire les infinitifs et les participes. L'ouvrage se termine par un index des formes les plus difficiles.

Sous chacune des divisions principales que nous venons de reproduire, et de leurs subdivisions, M. D. donne l'énumération complète des formes qui s'y rap- portent dans les hymnes du Rig-Veda, en y joignant les formes curieuses que peuvent présenter les autres textes védiques. Il ne cite pas les passages du Rig- Veda se rencontrent les différentes formes, se contentant de renvoyer ses lecteurs à l'index de M. Max Mûller et surtout à celui de M. Grassmann oili elles sont méthodiquement classées. Nous ne saurions blâmer M. D. d'avoir diminué le volume de son ouvrage en supprimant les indications qui auraient fait double emploi avec celles d'un autre livre, et nous ne pouvons que regretter le retard apporté à la publication des derniers fascicules de M. Grassmann, Quanta l'énu- mération des formes, nous n'avons pu encore l'étudier d'assez près pour affirmer qu'il ne s'y remarque aucune omission. De plus la classification de ces formes d'après leur fonction, que M. D. n'a pas négligée, tout en la subordonnant à la classification fondée sur leur contexture matérielle, dépend trop étroitement de la traduction du texte, pour que les listes qu'il a dressées ne soient pas destinées à subir certaines modifications avec le progrès de l'interprétation védique. Mais dès aujourd'hui nous pouvons dire qu'elles paraissent présenter toute l'exactitude dont un tel travail était susceptible dans l'état actuel de la science.

En même temps qu'il énumère les formes, l'auteur pose et discute les questions d'origine soulevées par la comparaison de celles qui, différentes matériellement, sont équivalentes quant à la fonction. Son livre en effet n'est pas seulement un recueil de matériaux pour une grammaire scientifique; il est lui-même une œuvre considérable de linguistique. Nous sommes loin d'ailleurs d'accepter toutes les solutions de M. D. qui souvent ne les présente lui-même que sous forme dubi- tative. En général, dans cette partie de son ouvrage, comme dans les autres

d'histoire et de littérature. 35

travaux qu'il a déjà publiés, l'auteur, sans suivre servilement sur les questions déjà traitées les opinions généralement reçues, se montre plutôt conservateur que novateur, et le caractère général de ses analyses linguistiques est une sorte d'éclectisme, mêlé de vues originales, mais toujours fidèle à certains dogmes (qu'il nous pardonne cette expression dont il semble reprocher l'usage à M. Westphal p. 5 1), à certaines solutions qui, pour être consacrées par un long et presque universel assentiment, ne peuvent cependant à notre avis passer pour définitives. Nous voulons parler surtout de la théorie des désinences per- sonnelles, et de la répugnance de M. D. à admettre sur ce domaine une diver- sité d'éléments analogue à celle qu'il reconnaît volontiers quand il s'agit de la formation ou de la dérivation des thèmes. Ainsi tandis qu'il revendique avec raison les droits d'une caractéristique indépendante u dans karoti contre l'hypo- thèse d'une chute inexplicable de l'n de krnoti (p. 1 56), il aime mieux au con- traire supposer la chute tout aussi inexplicable d'un / (p. 66-67) qu'une multi- plicité des désinences de la 3* personne qui tendrait à assimiler la conjugaison à la formation et à la dérivation ordinaires. Il nous semble en un mot que M. D., qui d'ailleurs ne nie pas l'adaptation tardive de certaines formes telles que le thème du causal (p. 109) à la fonction qu'elles ont prise dans les périodes histo- riques du langage, tient trop à l'idée d'une extrême simplicité primitive des désinences personnelles, et l'ardeur avec laquelle il a défendu contre l'attaque selon nous mal dirigée, et pourtant victorieuse sur plus d'un point, de M. Ludwig (cf. Revue, 1873, ^ P- 387) la théorie de Vagglutination, c'est-à-dire de la créa- tion des formes par l'adjonction aux racines d'éléments pronominaux revêtus déjà à l'état isolé de la fonction qu'ils remplissent après l'agglutination, nous fait supposer qu'il ménage surtout dans les explications consacrées de la flexion verbale le dernier refuge de cette théorie. Nous doutons encore que M. D. fût, sans cette préoccupation, aussi prompt à admettre le changement de f en 5 dans les troisièmes personnes du pluriel en us rapprochées de celles en an pour ant (p. 5 1), qui sans être impossible en soi n'est pas suffisamment prouvé, et qu'on ne peut guère accepter sans glisser bien vite sur la pente dangereuse de l'identi- fication des suffixes nominaux ant, an, as, etc. Sous le bénéfice de ces réserves, nous reconnaissons que les analyses de M. D. sont en général fines, ingénieuses, appuyées de rapprochements empruntés à une érudition sûre et étendue, et nous n'ajouterons plus qu'un très-petit nombre d'observations sur des points de détail.

Il ne semble pas que le vers i , 48, 3 puisse être invoqué (p. 1 1 9) en faveur d'une forme dadharire pour dadhrire, la prononciation de asyâs en trois syllabes (cf. a^ya dans Grassmann) rétablissant seule la forme métrique parfaite du pâda qui dans l'hypothèse de la lecture i^^Aar/ren'auraitni le double iambe final, ni la 8^ syllabe longue. Nous réclamerions à la p. 91 une place pour l'aoriste âvas de la racine vas « briller « que nous avons cru reconnaître dans trois passages au moins du Rig-Veda, I, 113, 13, 1 57, i; VII, 75, i ÇMém. de la Société de linguistique, II, p. 37). L'opinion de Bopp d'après laquelle la désinence ati de la 3^ personne du pluriel serait une abréviation de anti, n'est pas restée, comme le croit (p. 51)

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M. D., à l'abri de toute contestation, et MM. Bréal et Louis Havet ont eu au contraire l'idée, selon nous très-plausible, que la seconde pourrait bien n'être qu'une nasalisation de la première (ibid. II, p. 193). Sur Ve des désinences du duel ethe, eîe dans la conjugaison en a, M. Ludwig a présenté une hypothèse qui peut être dégagée de sa théorie générale, et qui, ce semble, aurait mérité une mention à la page 45. Il est difficile en effet de n'être pas frappé de l'ana- logie de cet e avec celui qui dans la déclinaison en a est le résultat de l'élargis- sement du thème par un /. L'identification de la désinence des impératifs en si avec celle de l'indicatif présent (2* personne) nous semble être une manière d'éluder plutôt que de résoudre la question soulevée par ces formes si intéres- santes. Nous renvoyons sur ce sujet à l'hypothèse que nous avons présentée dans la Revue (1873, I, p. 338). Le changement de yeno que suppose le rappro- chement du grec 86va|xat et de la racine sanscrite yu «tirer à soi, s'emparer de» (p. 78), nous semble difficilement admissible depuis que M. Bréal a ramené, avec la plus grande vraisemblance, à un thème pronominal da les suffixes de formation M. Curtius avait cru observer ce phénomène phonétique {Mémoires etc. I, p. 193 et suivantes). Enfin nous avons quelque peine à comprendre la formule par laquelle M. D. cherche à expliquer le rapport phonétique des lettres sanscrites h et j (la muette sonore palatale). « Il n'y a pas de doute, » dit-il, « que le h indien n'ait été une spirante sonore comme le/. » M. D. croi- rait-il donc que le ; avait dès l'origine la prononciation du g italien devant un i ou un e, c'est-à-dire celle d'une lettre double, d'un d suivi du / français ? Mais les classifications des grammairiens hindous ne nous permettent pas de voir dans le ;', tel qu'il était prononcé de leur temps, autre chose qu'un son simple et explosif.

Abel Bergaigne.

12. Kurze Laut- und Flexionslehre der altgermanischen Dialecte,

von Moritz Heyne. j* éd. revue et corrigée. 1874. Paderborn, Druck von F. Schœ- ningh. In-S", X-4Î4 p. Prix : 6 fr.

On attendait avec impatience cette troisième édition d'un ouvrage, jugé si sévèrement à son apparition par Schleicher, et qui malgré d'inévitables défauts n'en a pas moins réussi, et a été depuis douze ans si utile en Allemagne et à l'étranger à tous ceux qui étudient les anciens idiomes germaniques. Mais on pensait aussi que le retard prolongé apporté à la publication de sa grammaire aurait permis à l'auteur de nous la donner enrichie des derniers résultats de la science. Malheureusement les nombreux travaux qui occupent depuis longtemps M. Heyne ne lui ont pas permis cette fois plus qu'il y a quatre ans de remanier et de refondre son ouvrage. Le seul changement apporté à cette édition se borne à l'indication entre crochets des publications nouvelles dont les dialectes germa- niques ont été l'objet depuis 1870. C'est sans doute trop peu. Mais quoiqu'il en soit, nous n'annonçons pas moins avec une vive satisfaction la publication d'un livre indispensable à quiconque veut s'initier rapidement à la connaissance des anciens idiomes allemands. Toutefois nous espérons que M. H. tiendra à

d'histoire et de littérature. 37

honneur de nous donner dans la quatrième édition, ce qu'il n'a pu faire jusqu'ici: une refonte et un remaniement complet de son travail primitif. Il serait à sou- haiter aussi qu'il y joignît, comme seconde partie, un abrégé de la syntaxe allemande, dont sont privés les germanisants, qui ne possèdent que la seconde édition de la grammaire de Grimm.

C. J.

13. Du dialecte blaisois et de sa conformité avec rancienne langue et rancienne prononciation française, thèse présentée à la faculté des lettres de Paris, par F. Talbert, professeur de rhétorique au prytanée militaire de La Flèche. Paris, Thorin. 1874. i vol. in-S", xv-338 p. Prix: 7 fr. 50.

Le titre qui précède annonce une étude sur le dialecte de Blois et des rappro- chements entre ce dialecte et la vieille langue française. On s'attend donc à trouver d'un côté une description exacte et méthodique de la phonétique, de la grammaire et de la syntaxe de ce patois, de l'autre une étude comparative éta - blissant rigoureusement en quels points il a conservé des traces de l'ancien français, en quels points il a innové. Mais, en ouvrant le livre, on est quelque peu déçu. L'ouvrage de M. T. ne contient qu'un essai de description plus ou moins précis du patois ou, comme dit de préférence l'auteur, du dialecte blaisois, accompagné, quand l'occasion s'en présente, de digressions étendues sur la vieille langue, depuis la fin du moyen-âge, jusqu'au xviii^ siècle. Ce n'est pas une étude méthodique sur un point spécial et nettement déterminé de la philologie française; c'est un ensemble d'observations rentrant dans un cadre plus ou moins large. Il ne serait pas juste de demander à l'auteur plus qu'il n'a voulu nous offrir. Voyons comment, le plan de son livre ainsi compris, il l'a exécuté.

On n'a qu'à jeter un coup d'œil au hasard sur l'ouvrage de M. T. pour se convaincre que l'auteur n'est nullement au courant des questions de la philologie française. Il ne connaît ni les méthodes ni les travaux de Diez et de son école. Il paraît ignorer l'ouvrage de M. Gaston Paris sur Vaccenî latin, qui est Vabc dans la science de la philologie française. La seule autorité à laquelle il se réfère volontiers est Burguy, dont il fait son guide habituel, et c'est un guide peu sûr, comme on sait. Bien que l'ouvrage paraisse fait, à en juger par la table des matières, sur un plan correct (I Voyelles; II Diphthongues ; III Triphîhongiies ; IV Consonnes; V Article, substantif et verbe ; VI Textes blaisois) l'ordre suivi dans le détail n'est rien moins que scientifique. D'abord, on chercherait vainement soit une carte soit une description géographique du dialecte dont l'auteur entreprend l'étude. Les quelques mots qu'il dit dans V Avant-propos ne sont pas suffisants. En dehors de Blois, quels sont les environs qu'a exploités M. T. et jusqu'où s'étendent-ils ? Si nous entrons dans l'examen du livre, nous voyons dans la cinquième partie, une section (p. 243-259) consacrée aux substantifs qui ne diffèrent du français que par la prononciation, autrement dit, qui sont soumis à des lois de phonétique spéciale. L'auteur n'a pas vu que cette question devait rentrer dans l'étude de la prononciation des voyelles et des consonnes. M. T. n'a qu'unis vague idée du rôle de l'accent latin en roman, et il ignore l'histoire

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du vieux français et des lois de sa formation. Dès les premières lignes, consta- tant ce fait que le dialecte blaisois allonge Va long français et tend à en faire un 0 (sable = sâbe), il cite à l'appui de cette prononciation nasale (sic) les formes de l'anglo-normand aun, le changement de al en au, faits d'ordre entièrement différent; il en rapproche d'autres formes blaisoises telles que papa, maman oh c'est Va atone initial qui devient 0 bref ou long. Comme exemple du changement de a en e, il cite (p. 1 1) almena, bremer qui contiennent un e féminin, à côté de chercutier, catherre qui renferment un é ouvert. «E sonne é dans » dehors, fainéant, lézard, lécher, jeter, etc. » (p. 18). Ici sont rapprochées des formes dissemblables, 1'/ de diors,féegniant est à un adoucissement de l'hiatus; celui de lizard, licher, jiter, à l'action de la gutturale avoisinante. Dans les exemples de changement de i en e ou é, ou ai ou ei (c'est tout un pour l'auteur), on trouve pêle-mêle réunis des mots ayant un / atone, ou un i en position, ou un i devant un consonne palatale (p. 24). M. T. affirme que les rimes Othon, semun de la Chronique des ducs de Normandie (v. 18144-45) sonnaient oun, et il tranche la question de Vo en vieux français d'après les assertions de Burguy, sans se douter de la complexité des problèmes que soulève l'étude de cette voyelle. Il démontre que Vu s'est jadis prononcé eu. « Telle a été, en effet, non » pas la seule prononciation de la voyelle, mais une des plus communément » employées depuis l'origine de la langue (!) » (p. 49). Il fonde cette étonnante affirmation d'un côté sur des exemples établissant la prononciation eu pour des mots qui depuis ont eu un u, mais qui se prononçaient d'abord eu et plus ancien- nement eu, ce qui ne prouve rien; de l'autre sur le témoignage de Palsgrave qui note par eu notre u, ce qui n'est pas plus étrange que la notation allemande du même son par ue {ueber). Pour prouver que de tout temps ai en v.-fr. sonnait é, noté par é ou par ei (p. 62), il cite les imparfaits normands en eit, comme si l'imparfait français avait toujours été en ait, les participes bourguignons en eit (de aîus) et des formes en e réduites de ai qu'il accentue à son gré en é; parmi ces formes en e qu'il donne comme issues de ai, on trouve des mots tels que per (aujourd'hui pair de parem), qui n'a jamais été en v.-fr. que per et ne doit son orthographe par ai qu'à une erreur des lettrés de la Renaissance. Entre autres exemples de l'affaiblissement de ai en a (p. 70) il cite des mots comme vrâment, pâment ce qui est exact, ou comme agu, aguser, claron, char (carnem), que j'aimasse (affaiblissement de que j'aimaisse, dit M, T., p. 246); il ne remar- que pas que dans ces derniers mots 1'^ est étymologique. Il partage l'opinion des grammairiens qui voient des diphthongues dans des sons simples tels que ou, au, eu (p. i $7); aussi écrit-il que « la diphthongue ou sonne 0 dans un » certain nombre de mots : tourment, poumon, nourrir, etc., prononcez tor- » ment, etc. « Il fait dater la diphthongue iau des origines de la langue et comme preuve à l'appui, il cite des vers d'Eust. Deschamps, d'Adam de la Halle, c'est-à-dire des textes de la fin du xiii'= siècle ou du xiv*. Ayant remarqué que le normand a une affection spéciale pour Ve et le bourguignon pour Va, et admettant la théorie surannée qui voit dans le français un mélange de deux dialectes, il reconnaît du normand dans le v.-fr. amere, avère (amara,

d'histoire et de littérature. î9

avara), serchent (circant) et du bourguignon dans parcevoir, mrrai, damier, larme, gendarme! Combattant Chevallet, Ampère, etc. qui voient dans 'f aurais soit haherem, soit habuero, il penche à faire venir ce temps de fiabere habeam (p. 294), ne se doutant pas que depuis longtemps l'étymologie habere habebam est hors de conteste. On peut prolonger sans fin cette énumération de rapprochements inexacts, d'erreurs de faits, d'assertions téméraires. Presqu'à chaque page on se heurte à des fautes de ce genre, et il n'est pas besoin d'un bien long examen pour se convaincre, comme nous le disions au commencement, que M. T. est étranger aux questions de la philologie française.

Cependant cet ouvrage est-il sans valeur .? Loin de là. La description du dialecte blaisois laisse plus qu'à désirer; on n'en trouve pas moins des formes curieuses, dignes d'être notées; les textes blaisois cités à la fin de l'ouvrage, quoique peu nombreux, sont intéressants. Les affirmations de M. T. sur le vieux français sont plus que téméraires; mais ses observations sur la langue du xvi* et du xvii® siècle sont en partie neuves. C'est surtout dans ces observations que con- siste l'intérêt de son livre, dans les témoignages qu'il cite des grammairiens et des littérateurs, dans l'étude intelligente qu'il fait des rimes des poètes. Il y a bien des faits curieux qu'il réunit, qui ne sont pas tous nouveaux comme il se l'imagine, mais qui le sont du moins pour le grand public. Je signalerai spécia- lement le chapitre consacré à l'histoire de la diphthongue 0/, et dans lequel il montre bien, contre M. Quicherat, que le son oua de cette diphthongue a été précédé d'un son oué (et même ouè) lequel à son tour dérive de oe. encore, sans parler d'erreurs de détail et de sa facilité à se contenter de certains argu- ments bons en soi, mais insuffisamment développés, l'auteur n'a pas vu que oe dérive d'un 6i (prononcez comme dans le grec jxoi) , qui provient lui-même d'un ei antérieur commun à toute la langue d'oil et issu le plus souvent d'un é ou d'un i latin. Au xii^ siècle, la Picardie change cet ei en oi; la Bourgogne l'imite; l'Ile-de-France aussi mais partiellement; la Normandie refuse de suivre dans cette voie les provinces de l'Est et garde son ei. Je signalerai encore le chapitre consacré à l'histoire de la finale er dans les verbes. encore M. T. a raison contre l'auteur du Traité de versification française. Je noterai aussi les obser- vations sur la prononciation des nasales au xvi* siècle, sur la distinction du passé défini et du passé indéfini au xvii« s. Ces diverses observations, d'autres encore que je ne puis signaler ici, prouvent un esprit judicieux et perspicace. Elles forment, malgré les nombreuses erreurs qui les déparent et qui sont dues à l'ignorance de la vieille langue, la partie solide du livre de M. T. Ceux qui s'intéressent à l'histoire du français tireront profit des renseignements utiles qu'il y a réunis.

L'ouvrage de M. T. nous montre une tendance nouvelle qui porte les esprits curieux vers l'étude scientifique de notre langue. C'est ce qui a été compris en Sorbonne, et on ne peut qu'approuver la Faculté des Lettres d'avoir donné ses encouragements à de pareilles tentatives en recevant comme thèse de doctorat un travail sur un patois. Si l'on ne peut aborder sans études préliminaires, longues et difficiles en somme, des travaux sur le vieux français ou même sur

.:•!«!!! REVUE CRITIQUE

les patoisj il reste toujours un champ ouvert aux recherches des hommes studieux. L'étude de la langue du xvi" et du xvii" siècle demande moins de connaissances spéciales ; il suffit de lire avec attention les ouvrages du temps : grammaires, observations littéraires, etc. En recueillant et coordonnant avec soin et critique les documents de ce genre qui abondent du reste, on peut apporter beaucoup de faits nouveaux à l'histoire de notre langue. Si l'ouvrage de M. T. était le signal de recherches de ce genre, nous ne pourrions que nous en féliciter.

Arsène Darmesteter. tit}hnQîiqnozsi>Râ M' :-J2o 3^sivîjo j3") Jr

14. Ghronlqiie de Robert de Torigni, abbé dii Mont-Saint-Miéhel , suivie de

divers opuscules historiques publiée d'après les mss. originaux par L. Delisle.

T. II. Coll. de la Société de l'Histoire de Normandie. Rouen, Le Brument. 1874. I vol. in-8", xix-415 p. Prix : 12 fr.

Ce volume complète l'excellente édition de la chronique de Robert de Torigni entreprise par M. E. Delisle pour la Société de l'Histoire de Normandie '. Il contient une préface sur la vie et les oeuvres de l'historien normand ; la fin de sa grande chronique de 1 1 68 à 1 1 86 ; les additions que cette chronique a reçues dans les monastères de Fécamp, de Lire, de Savigny et du Valasse; la conti- nuation ajoutée par un moine du Bec pour les années 1 1 57-1 160 à la première rédaction de la chronique s'arrêtant à 11 56 ; l'opuscule intitulé : De immutaîione ordinis monachorum. De abbatibus et abbaîiis Normannorum et xdificationibus earum; des Annales du Mont Saint-Michel s'étendant de la naissance de Jean- Baptiste à l'année 1291 et dont une panie de 1135 à 1173 est l'œuvre de Robert; d'autres courtes annales de 506 à 1 1 54 et de 876-1087; enfin les actes de Robert de Torigni conservés en majeure partie dans le cartulaire du Mont Saint-Michel et aux archives de la Manche et commençant par le récit de l'administration du monastère pour les années ii $5-1 159. Un index très- complet termine l'ouvrage. Nous possédons par conséquent dans les deux volumes de M. Delisle les œuvres complètes de Robert, à l'exception du hui- tième livre ajouté à Guillaume de Jumièges qui ne peut pas être séparé des livres précédents et qui sera publié par M. Lair dans l'édition de Guillaume qu'il pré- pare en ce moment pour la Société de l'Histoire de France. Une partie de ces œuvres était inédite. Les Annales les plus développées du Mont Saint-Michel (ms. d'Avranches, 211) n'avaient jamais été publiées; il en était de même des courtes Annales de 876-1087 (Paris, ms. lat. 1 180); les actes de Robert étaient également inédits, à l'exception des dernières pièces, la lettre à Gervais prieur de Saint-Céneri pour l'inviter à écrire l'histoire de Geoffroi le Bel duc de Nor- mandie et comte d'Anjou, la lettre écrite à l'abbé du Bec en lui envoyant la seconde partie de sa chronique, et un prologue à une collection d'extraits de saint Augustin. Les actes relatifs à l'administration du Mont Saint-Michel pen- dant les années 11 55-1 159 sont en particulier du plus haut intérêt; ils nous offrent un tableau de l'activité de l'abbé d'un grand monastère normand au

i, Voy. sur le i" vol. Rev. ait. 1873, n* 4, art. 21.

i;;^ î;3I

d'histoire et de littérature. 41

milieu du xii* siècle et peuvent être rapprochés du livre si intéressant de Suger : de rébus sua administratione gestis. L'opuscule sur les monastères normands avait déjà été publié à plusieurs reprises par D. Luc d'Achery en 165 1 la fin des œuvres de Guibert de Nogent), par D. Brial (dans le t. XIV du Recueil des Historiens de Fr.), et dans le Monasticon anglicanum (t. VI, p. 1061-1065). M. Delisle le premier a indiqué la différence entre les deux rédactions de l'œu- vre : il donne comme ses prédécesseurs le texte de la seconde, mais il met en note les variantes que fournit la première.

C'est la chronique qui forme naturellement la partie la plus importante du travail de M. D. Nous la possédons pour la première fois dans un texte vraiment correct et complet, avec l'indication de toutes les modifications que Robert a apportées à son œuvre lors de chacune des rédactions successives. Jusqu'à l'année 1 147 il suit la chronique de Henri de Huntingdon, et M. D. note avec soin tous les rapports entre les deux ouvrages. A partir de 1 147, Robert écrit d'une ma- nière tout à fait indépendante et originale, au fur et à mesure des événements, d'abord au monastère du Bec, puis au Mont Saint-Michel. M.D., dans les notes vraiment excellentes qui accompagnent le texte, ne laisse passer aucun nom de personnage ou de lieu sans l'expliquer, souvent par des documents inédits ; il renvoie aux passages des autres chroniqueurs anglais contemporains qui peu- vent éclaircir et compléter les renseignements que nous fournit Robert, J'avais déjà signalé à propos du premier volume les annotations de M. D. Je ne puis que répéter ici ce que j'avais déjà dit : il est impossible d'être plus complet, plus sobre et plus précis. Aussi ne pouvons-nous nous empêcher de regretter que M. D. ait cru devoir borner ses annotations à la chronique et n'en point donner aux autres écrits contenus dans cette édition. L'opuscule sur les abbayes nor- mandes en particulier nécessiterait des éclaircissements presque à chaque ligne, et ces éclaircissements eussent été surtout désirables dans une publication qui n'est pas exclusivement destinée aux érudits, mais encore aux membres très- divers d'une société d'histoire provinciale. Je reconnais toutefois que ce commen- taire eût été très- difficile à exécuter et qu'il aurait augmenté d'une manière disproportionnée le travail déjà si considérable de M. D.

C'est le désir de ne pas trop dépasser les limites qui lui étaient prescrites qui a imposé à M. D. dans sa préface une sobriété que nous serions disposé à trouver excessive. Il dit tout ce qui est essentiel ; et il le dit avec une précision qui ne laisse rien à désirer. Pour un livre destiné aux savants, il n'y aurait rien à demander de plus ni de mieux; pour le grand nombre des souscripteurs de la Société, quelques pages sur le caractère de l'œuvre de Robert, sur ses sources, sur son autorité, sur le groupe d'historiens auxquels il se rattache n'eussent pas été sans utilité. Continuateur de Sigebert de Genebloux, il fait partie en effet de cette série d'auteurs d'histoire universelle qui ont pour source primitive la Chronique d'Eusèbe traduite par saint Jérôme et qui écrivent pour la plupart sous l'influence de l'Empire d'Allemagne, héritier de l'empire rom.ain; continuateur de Henri de Huntingdon, il peut être considéré comme un chroniqueur anglo-normand. H a lui-même très-bien indiqué la nature de son

4i REVUE CRITIQUE

travail dans sa lettre à l'abbé du Bec (p. 540-341 de la présente édition) dont M. D, eût pu faire remarquer l'importance, et qui détermine parfaitement sa place dans l'Historiographie du moyen-âge les chroniques se relient les unes aux autres et semblent s'engendrer naturellement.

Quant à l'autorité de Robert, M. D. n'en dit qu'un mot, mais ce seul trait a une importance capitale, et l'habile éditeur aurait pu y insister davantage. Il montre comment les fonctions d'abbé du Mont Saint-Michel mirent le chroni- queur en rapport avec un grand nombre de personnages importants, et en parti- culier avec le roi d'Angleterre Henri II, et il nous indique toutes les occasions le roi et l'abbé se trouvèrent réunis. Nous voyons donc que Robert était dans une position exceptionnellement favorable pour l'exécution de son ouvrage. Mais en même temps M. D. nous fait remarquer que Robert glisse sur les démêlés de Thomas Becket et de Henri II. Ce n'était pas dire assez. A l'année nyi, Robert passe entièrement sous silence l'assassinat de l'archevêque de Cantorbery et ne parle que de sa canonisation par le pape. Les quatre vers qui indiquent la mort de Thomas ont été ajoutés postérieurement par une autre main dans le manuscrit autographe de Robert.

La biographie du chroniqueur était déjà assez bien connue dans ses traits généraux. Néanmoins M. D. a tiré des actes de Robert des détails nombreux relatifs à sa vie au Mont Saint-Michel et il a rectifié une erreur assez grave accréditée depuis longtemps. On croyait que Robert avait été à Rome en 1 1 6 3 . M. D. réduit à néant cette hypothèse, montre que Robert et Alexandre III se sont vus à Tours au concile de 1 165 et non à Rome, et replace à sa vraie date (30 sept. 12 59) une lettre d'Alexandre IV qu'on attribue d'ordinaire à Alexan- dre III et qu'on date du 30 sept. 1163.

Les additions faites à la chronique de Robert dans divers monastères nor- mands n'avaient jamais été publiées à part sous leur forme authentique et séparées du texte primitif comme elles le sont aujourd'hui. La plus importante est celle que M. D. appelle Continuatio Beccensis, qui a été prise par les précédents édi- teurs pour une des formes de la chronique de Robert, et qui est en réalité une continuation tout à fait indépendante. M. Bethmann s'y était trompé et avait reproduit dans les Monumenta Germaniae l'édition des Bénédictins, tout en pré- tendant avoir coUationné deux mss. l'un de Rouen et l'autre de Paris dont l'examen attentif lui aurait certainement fait reconnaître le vrai caractère de l'œuvre ' .

On peut juger par ce que nous venons de dire de l'importance de l'édition de M. D. C'est une bonne fortune pour la Société d'Histoire de Normandie d'avoir pu à ses débuts offrir aux amis des études historiques une publication aussi remarquable.

1. Bethmann, un des meilleurs collaborateurs des Monumenta, était malheureusement assez sujet à des négligences de ce genre.

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15. Chroniques de Saint-Martial de Limoges, publiées pour la Société de l'Histoire de France par H. Duplès-Agier. Paris^ Renouard. 1874. In-8*, lxvij-429 p. Prix : 9 fr.

Parmi les monastères de la France au moyen-âge, l'un des plus brillants fut certainement l'abbaye de Saint-Martial de Limoges. L'importance de sa bibliothèque, le soin avec lequel la plupart des abbés se plurent à l'augmenter et à la conserver, enfin l'existence d'un grand nombre de fragments de chroniques manuscrites, tout concourt à le prouver. Ces chroniques, restées pour la plupart inédites jusqu'à la publication dont nous rendons compte, sont d'une grande importance, non-seulement pour l'histoire de l'Aquitaine, mais encore pour celle de toute la France ; on y trouverait nombre d'indications nouvelles sur l'histoire des démêlés des rois de France et d'Angleterre aux xii^ et xnf siècles, et quand elles deviennent tout-à-fait locales aux xiv* et xv«, elles ne laissent pas pour cela de présenter encore un grand intérêt. Avant d'adresser à M. Duplès-Agier les quelques reproches que nous croyons pouvoir lui faire, nous devons rendre hommage au talent qu'il a déployé, à la patience avec laquelle il a su retrouver dans près de 200 manuscrits les fragments qu'il nous donne aujourd'hui. En effet, il n'est pour ainsi dire pas une seule de ces chroniques qui forme corps dans les manuscrits; elles sont éparpillées par fragments de quelques lignes sur leurs marges, sur leurs feuillets blancs; il a fallu les réunir, les reconnaître, com- parer les écritures et retrouver l'auteur probable de chaque morceau. Aussi n'y a-t-il rien d'étonnant si dans une publication aussi difficile certains détails laissent à désirer. La difficulté et le mérite du travail doivent nous disposer à l'indulgence.

Le volume de M. D.-A. se compose de trois parties, l'introduction, les textes et une table copieuse. Les textes eux-mêmes se divisent en textes historiques et en textes archéologiques.

Dans l'introduction, M. D.-A. fait l'histoire des œuvres qu'il édite, en s'ap- pesantissant surtout sur Adémar de Chabannais ou de Chabannes et sur Bernard Itier. Sur le premier auteur, il faut avouer qu'il est tout-à-fait insuffisant, il n'ajoute aucun détail à ceux que nous connaissions déjà et ne semble pas s'être servi de la notice des éditeurs des Monumenîa Germaniae (SS., t. IV); tout au moins ne la cite-t-il pas parmi les auteurs qui ont parlé d'Adémar (Jntroduct. , p. IV, note 3). De plus, page v, il semble oublier qu'Adémar était moine de Saint-Cybar d'Angoulême et non pas de Saint-Martial, et que malgré un assez long séjour dans cette abbaye, avec laquelle il eut de fréquents rapports de voisinage, jamais il n'y exerça aucune fonction. M. D.-A. n'est pas éloigné de lui attribuer une restauration du tombeau de ce saint, qui eut lieu à son époque ; il s'appuie sur une inscription qui orne le tranchant de la pierre tombale du martyr : Ademari miserere lui. Mais comment un moine de Saint-Cybar eût-il pu faire exécuter des travaux à Saint-Martial .>* et pourquoi se livrer à cette supposition invraisemblable, alors qu'au xi® siècle il y eut à Saint-Martial même un abbé du nom d'Adémar .'' un peu de réflexion eût pu convaincre M. D.-A. que cette seconde supposition était la seule admissible.

44 REVUE CRITIQUE

La notice qui suit immédiatement celle d'Adémar de Chabannes est un peu confuse ; elle se rapporte à Hélie de Ruffec et à ses continuateurs, et notamment pour l'examen et pour l'histoire du manuscrit de Taillefer, le raisonnement de M. D.-A. quoique juste, est assez difficile à suivre.

Il n'en est pas de même de la notice sur Bernard Itier, qui nous a semblé excellente de tous points, claire, bien étudiée, infiniment plus complète que tout ce qui a encore été écrit sur cet auteur; M. D.-A. a tiré, croyons-nous, tout le parti possible des textes qu'il publiait. Nous y trouvons nécessairement la biographie de cet écrivain, l'histoire et l'analyse de ses ouvrages, la descrip- tion des manuscrits qui les contiennent, une étude détaillée sur leur valeur, enfin des indications intéressantes sur la bibliothèque du couvent au commencement du xiii^ siècle.

L'auteur termine cette notice en donnant une copieuse analyse des diverses œuvres de Bernard Itier, étrangères à l'histoire; ici nous lui adresserons un petit reproche; nous estimons qu'il s'est laissé entraîner à donner une trop grande importance au personnage dont il faisait l'histoire, et qu'il a attribué à B. Itier des théories philosophiques et morales, qui ne lui sont pas propres, car il n'a fait qu'emprunter aux auteurs scolastiques de son temps la matière de la plupart de ces essais, qui n'ont d'ailleurs aucun intérêt ni pour le fond ni pour la forme, et sont en général imités de Sénèque et deCicéron. On peut même se de- mander si ces morceaux sont bien de B. Itier, car ils n'ont rien d'assez original pour empêcher de les attribuer à un auteur plus ancien, dont le bibliothécaire de Saint-Martial n'aurait fait que recopier les travaux '. Dans tous les cas, on peut regretter que M. D.-A. ait cru devoir comprendre ces traités dans sa publica- tion ; il aurait pu alléger son volume en les omettant et consacrer utilement la place qu'ils y occupent à une annotation plus complète de la dernière partie 2.

Après la notice sur Bernard Itier en vient une autre sur ses continuateurs, Etienne de Salvaniec et Hélie Dubreuil, compilateurs inhabiles et incomparable- ment moins intelligents que leur prédécesseur, mais dont les chroniques ont toujours l'avantage d'être absolument contemporaines ; toutefois, comme intérêt et comme valeur, on ne peut les mettre en balance avec celle du premier rédacteur.

Vient ensuite une étude sur une vaste compilation faite à la fin du xiii® siècle par un moine de St-Martial, qui tenta de composer avec tous les fragments histo- riques laissés par ses prédécesseurs un ouvrage analogue à celui de M. D.-A. lui-même; il les réunit dans un ordre à peu près méthodique, sans toutefois distinguer les auteurs, en y insérant tous les renseignements qu'il put trouver ailleurs sur l'histoire de son couvent ; ce travail remplit le manuscrit latin 1 1 0 1 9 de la Bibl. Nat. Il fut recopié à la fin du xiV siècle par un moine de S. Martin de Limoges et cette copie forme aujourd'hui le manuscrit latin J452. C'est

1. Remarquons que B. Itier a fait d'autres travaux de copie analogues; il avait no- tamment copié la vie du philosophe Secundus (v. Introd., p. xxx).

2. Nous en dirons autant des traités de théologie et de physique, qu'il attribue à B. Itier.

d'histoire et de littérature. 45,

du moins ce que cherche à prouver M. D. A.; son argumentation est fondée sur ce fait que dans la transcription, le style indirect est toujours remplacé par le style direct, toutes les fois qu'il s'agit du monastère de S. Martin et sur quelques mots qui prouvent chez le copiste une certaine aversion pour les moines de Saint-Martial. Les raisons qu'il donne à l'appui de son opinion nous parais- sent concluantes.

Dans cette compilation et dans les fragments historiques recueillis soit sur les marges des manuscrits originaux, soit dans les copies de D. Estiennot, M. D. A. essaie de reconnaître le travail des différents rédacteurs qui se succédèrent. La première chronique qu'il tente de reconstituer va de l'an 1207 à l'an 1320; il donne, p. lv-lvi, d'assez bons arguments à l'appui de son opinion. Mais il nous semble errer en essayant de l'attribuer à Simon de Châteauneuf, chantre et moine de Saint-Martial, sur lequel on n'a qu'une courte notice assez élogieuse, il est vrai, des écrivains postérieurs; d'ailleurs cette mention nécrologique sur laquelle s'appuie M. D.A. n'autorise aucunement une telle supposition; la mort d'un dignitaire, tel que le chantre, vu le rôle qu'il pouvait avoir joué dans les affaires intérieures du monastère, était un événement assez important pour que les annalistes anonymes jugeassent bon d'en marquer exactement l'année et le jour.

Dans les pages suivantes, M. D. A. combat l'opinion qui soutient que nous possédons une grande chronique limousine rédigée tantôt par les moines de S. Martial, tantôt par ceux de S. Martin; il prouve que ce que l'on a pris pour cette grande chronique n'est qu'une compilation historique allant jusqu'en 1284.

Si de l'introduction nous passons aux textes publiés dans le volume, nous serons obligés de faire à M. D. A. plusieurs reproches ; ayant voulu collationner sur les manuscrits originaux quelques passages choisis au hasard, nous avons pu constater qu'ils n'avaient pas toujours été transcrits avec assez de fidélité. Nous avions choisi les pages 117 et 1 18 du volume, qui font partie de la chronique de Bernard Itier, et voici le résultat de notre travail : P. 117, ligne lo, après de Sancto Marciate, le manuscrit ajoute et. Même page, 1. 15, au Heu de id est presbiterum^ le manuscrit porte I presbiîeruin ; la leçon donnée par M, D.A. se comprendrait mal. Même page, 1. 22, à la place de rogaî, rogavit, le ms. porte rogav. P. 118, 1. 1 1, à la place de promisisset, qui n'a pas de sens, il faut lire permisisset.

De plus, les renvois ne nous semblent pas toujours parfaitement exacts ; ainsi

Kpage 1 18, les paragraphes 2, 3, 4 sont indiqués comme étant aux feuillets 224

et 225 du ms. latin 4281; ce ms. n'a que 137 f. ; évidemment, l'éditeur a

oublié de donner de nouveau le numéro du manuscrit, qui devait ne plus être le

même.

Enfin, nous ferons à ce sujet à M. D. A. une dernière objection; il a voulu distinguer les noms de langue vulgaire du contexte latin et les a mis en italiques; l'idée est bonne, mais il fallait en poursuivre l'application jusqu'au bout; p. 119, nous trouvons en caractères romains des noms tels que ceux-ci : La Concha, Trobat; p. 1 20, Chauchagma, etc.

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La plupart des textes à proprement parler historiques que nous trouvons dans ce volume présentent un certain intérêt ; ils fournissent des faits nouveaux sur l'histoire de l'Aquitaine et donnent souvent de curieux renseignements sur l'état des mœurs et des esprits aux différentes époques du moyen-âge. A ce point de vue, la chronique factice composée par M. D. A, de fragments anonymes retrouvés sur les marges des manuscrits de S. Martial renferme nombre de faits intéressants; tel est, entre beaucoup d'autres, le récit du séjour du dauphin Louis à Limoges en 1438 (p. 203 et suiv.). De plus, la plupart du temps, les textes que M. D. A. donne des chroniques déjà publiées sont meilleurs, par exemple pour Bernard Itier, et pour la Commemoraîio d'Adémar de Chabannes ; ce dernier morceau, publié d'après un manuscrit du Vatican, fournit dans un passage célèbre une variante importante et qui semble donner raison aux der- nières hypothèses sur le lieu de naissance du chroniqueur Adémar ; au lieu de Campanense, que portait le texte de Labbe, le manuscrit de Rome donne Capannense, ce qui est bien Chabannes, près Château-Ponsac (p. 4). Ailleurs (p. 182), il fournit une variante de nom de lieu assez importante au texte donné par les Historiens de France; les éditeurs de ce recueil auraient vu un mot de basse latinité se trouve le nom d'un prieuré.

M. D. A. a annoté les textes qu'il publiait d'une manière sérieuse et avec une connaissance très-réelle de cette partie de l'histoire; pourtant, il oublie quelquefois de donner la raison des dates qu'if attribue à certains textes; c'est ainsi que p. 298, il ne nous dit pas pourquoi il place entre 12 16 et 1 2 1 8 le récit des miracles accomplis par le pallium de l'autel du Sauveur à S.Martial. "jj xuci ^nogisq 2uof! nomubcni

A la suite des chroniques, nous trouvons d'abord un certain nombre de listes des moines bienfaiteurs de l'église et donateurs de terres; la plupart n'ont aucune importance historique et figureraient plus naturellement dans un cartu- laire de S. Martial, elles serviraient à donner une date approximative aux pièces qui n'en auraient pas. Nous ne ferons guères d'exception qu'en faveur des indications fournies par le manuscrit latin 1 139, sur les réparations de l'église et sur les ornements ecclésiastiques dus à la générosité du sacristain W. La Concha (p. 300 et suiv.). Nous dirons à peu près la même chose des polyptyques, dont la place était ailleurs, et dont rien ne vient motiver la présence ici, il eût tout au moins fallu, puisque M. D. A. voulait les publier, donner quelques détails géographiques sur les possessions de l'abbaye.

Quant aux inventaires d'ornements d'église et de vêtements sacerdotaux, ces textes, étant relativement anciens, sont d'un grand intérêt; l'annotation en est assez copieuse et donne tous les détails désirables. Nous n'y avons relevé qu'une note confuse sur les quinque bans Gaifiers (p. 3 1 5) ; M. D. A. rappelle à ce sujet les dépouilles de Waïfre, duc d'Aquitaine, conservées à S. Denis, au dire de la chronique française de ce monastère, et il cite justement un texte de Geoffroi de Vigeois, qui donne du passage de l'inventaire une explication toute naturelle. Cet auteur parle en effet de cinq étendards, qua appellanîur hanum Guelferii de Turribus, que les moines de Saint-Martial portaient à la procession annuelle des

d'histoire et de littérature. 47

Rameaux. Le nombre de ces objets étant le même dans les deux cas, leur iden- tité n'est pas douteuse. Quant aux inventaires de la bibliothèque qui terminent le volume, leur annotation est trop succincte, et M. D. A. eût bien indiquer à quels signes il reconnaissait dans les manuscrits cités par l'inventaire les volumes aujourd'hui à la B. N.

Pour terminer, nous n'avons plus qu'à dire quelques mots de la table. Elle était naturellement très-difficile à faire, et il faut reconnaître que M. D. A. n'y a pas entièrement réussi. Les articles en sont mal groupés, les noms sont souvent mal identifiés à travers leurs variantes orthographiques, et sous un même mot, les articles sont quelquefois mal rangés. C'est ainsi qu'à l'article W., après l'indication d'un certain nombre de personnages tant laïques qu'ecclésiasti- ques, désignés dans le texte par cette initiale, nous trouvons les dignitaires de Saint-Martial, placés sans aucun ordre ; l'abbé W. vient en dernier lieu et son article fait double emploi avec un autre article qui lui est consacré au mot Willelmus. '"''.'1.'^''.

Voici donc en résumé notre opinion sur l'ouvrage de M. ti. A. : une foule de textes intéressants, à côté d'un certain nombre d'un intérêt moins immédiat au point de vue historique et de quelques-uns de parfaitement inutiles ; une anno- tation généralement bien conçue, sobre et savante, une introduction en majeure partie excellente. Les défauts que nous avons relevés eussent pu disparaître presque tous si l'éditeur avait apporté dans l'impression du volume le même soin et la même patience que dans la recherche des textes qui le composent.

A. MOLINIER.

i6. Julius Grosse als epischer Dichter. Eine literatur-historische Studie, von D' Hermann Éthé. 1874. Berlin, Fr. Lipperheide. In-8', 48 p. Prix : 50 cent.

Une réclame de librairie, mais signée d'un nom connu et dès lors non sans intérêt. J. Grosse, un des poètes en vue de la génération contemporaine, est surtout célèbre par ses récits, contes ou nouvelles en vers, qui ne forment pas moins de six volumes. Ses éditeurs ont réuni, dans le petit livre que nous annonçons, les articles consacrés dans la Didaskalia par M. Ethé à ces pro- ductions aussi variées qu'attrayantes, en y joignant des extraits d'articles emprun- tés à d'autres périodiques. L'idée n'est pas nouvelle ; mais elle n'avait pas encore été réalisée dans d'aussi larges proportions. On ne peut sans doute que l'approu- ver; cependant on y applaudirait davantage, si l'on trouvait dans cet opuscule toutes les critiques dont les œuvres épiques de Grosse ont été l'objet, quel qu'en fût d'ailleurs le caractère : ce seraient autant de matériaux précieux pour servir à juger son influence et le rôle qu'il a joué dans la littérature allemande contemporaine : œuvre plus utile, mais qui aussi eût répondu peut-être moins bien au but des éditeurs.

Je ne dirai qu'un mot des articles de M. Ethé : s'ils sont trop uniformément élogieux, ils font aussi ressortir souvent avec bonheur les côtés originaux du talent épique de Grosse ; par ils mériteront d'être consultés par l'historien

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48 REVUE CRITIQUE D'hISTOIRE ET DE LITTÉRATURE.

futur de la génération littéraire actuelle, dont ce poète est un des plus dignes représentants. C. J.

SOCIÉTÉS SAVANTES.

ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES.

Séance du 8 janvier 1 87 5 .

M. Maury est élu président de l'académie pour l'année 1875 ; M- de Wailly est élu vice-président. Ces messieurs prennent place au bureau. M. Maury pro- nonce une courte allocution ; sur sa proposition, des remercîments sont votés à M. Jourdain, président sortant.

Sont élus membres : de la commission du prix Gobert, MM. Desnoyers, Hau- réau, Heuzey, Perrot; de la commission des travaux littéraires, MM. Naudet, Guigniaut, Mohl, Laboulaye, Egger, Ad. Régnier, de Longpérier, Hauréau; de la commission des antiquités de la France (M. de Lasteyrie ayant demandé à n'être pas réélu), MM. de Saulcy, de Longpérier, L. Renier, Delisle, Desnoyers, Hauréau, Jourdain, de Rozière; de la commission de l'école d'Athènes, MM. Ra- vaisson, Brunet de Presle, Rossignol, Egger, de Longpérier, L. Renier, Wad- dington, Heuzey; de la commission administrative, MM. Mohl et Brunet de Presle.

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L'académie a reçu : pour les concours du prix Bordin, un mémoire sur les noms des dieux mentionnés dans les inscriptions babyloniennes et assyriennes, et deux mémoires sur les œuvres de Sidoine Apollinaire; pour le prix Gobert, les ouvrages suivants : Le roi René, par M. Lecoy de la Marche; L'école royale des élèves protégés, par M. Courajod; Livre-journal de Lazare Duvaux, 1748- 17 58; pour le concours des antiquités de la France, une Histoire de la ville de Troyes et de la Champagne méridionale, par M. Boutiot; Annibal en Gaule, par M. Mais- siat ; et deux mss. l'un sur les voies romaines de la Gaule, l'autre intitulé La bienheureuse Alpais de Cudot et son biographe.

Ouvrages offerts à l'académie : Note sur quelques: représentations antiques de Daniel dans la fosse aux lions, par M. E. Leblant; Note sur un temple romain dé- couvert dans la forêt d'Halatte, par M. de Caix de S. Aymour, et divers recueils périodiques. M. Hauréau présente de la part de M. l'abbé Demimuid une thèse de doctorat sur Jean de Salisbury. Il fait l'éloge de cet ouvrage, mais il estime que l'auteur s'est montré trop sévère dans son appréciation des doctrines philosophiques de J. de Salisbury. M. Maury présente de la part de M™' la baronne de Belloguet et de M. Maisonneuve, éditeur, une nouvelle édition delà seconde partie de l'Ethnogénie gauloise du baron Roget de Belloguet. Le nom de M. Maury a été mis sur le titre de cette publication, mais c'est, dit-il, à son insu: son travail s'est borné à la révision de quelques notes, et l'honneur comme la responsabilité de l'ouvrage demeure tout entier à M . de Belloguet.

Julien Havet.

Le propriétaire-gérant : F. VIEWEG. Nogent-le-Rotrou, imprimerie de A. Gouverneur.

Bursian). Rivista di filologia e d'istruzione classica. Roma, Torino, Firenze, Lœscher (Ludwig Jeep). JEneîe commentarius poliorceticus recens. Hue. Lipsise, Teubner. In-S", xij-88 p. (F. K. Hertlein). Rosenberg, DieErinyen. Berlin, Borntraeger. In-8°, vj-87 p. (K. Dilthey). Romanische Studien. Herausg. v. Bœhmer. Heft4. Strassburg, Trùbner. In-8°, 441-552 p. (Hermann Suchier).

The Indian Antiquary, éd. by Jas. Burgess. Part XXXVl (vol. III) novembre 1874. ^^ Inscription from Badâmî (Eggeling). Dolmens at Konur and Aiholli (by the Editor). Pahlavî Inscriptions in South India (A. C. Bur- nell). The Temple of Amarnâth (by the Editor). Legends from Dinâjpur (continued ; G. H. Damant). The Beni-Israel of Bombay (Rev. J. Wilson). An Inkstand M^ith Arabie Inscription (E. Rehatsek). Progress of Oriental Research in 1872-73. M. Auguste Barth on the State of Indian Society in the time of Buddha (traduction par M. Muir de l'article de M. Barth sur Var- chéologie indienne de Lassen, Revue critique, 1874, I, p. 369 et suiv., 385 et suiv.). Review. Report on theCensus of the Madras Presidency, 1871 (W. R. Cornish). Correspondence and Miscellanea. Paradise (Max Mùller). Nija- guna (F. Kittel).

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE DES PRINCIPALES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.

AVIS. On peut se procurer à la librairie A. Franck tous les ouvrages annoncés dans ce bulletin , ainsi que ceux qui font l'objet d'articles dans la Revue critique. Elle- se charge en outre de fournir très-promptement et sans frais tous les ouvrages qui lui seront demandés et qu'elle ne posséderait pas en magasin.

Beitrsege zur vergleichenden Sprachfor- schung auf dem Gebiete d. arischen , celtischen u. slavischen Sprachen. Unter Mitwirkg. v. A. Leskien u. J. Schmidt. Hrsg. V. A. Kuhn. 8. Bd. 4 Hfte. In-S". Berlin (Dùmmler). 21 fr. 35

Berichte u, Mittheilungen d. Alterthums- Vereins zu Wien. 13. Bd. In-4*, xvj- 206S. m. 2Steintaf. Wien (Gronemeyer).

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: Bibliographie Hebrasische. Blaetter f, neuere u. aeltere Literatur d. Judenthums. Hrsg. v. J. Benzian. Mit liter. Beilage v. D' Steinschneider. 14. Jahrg. 6 Nrn, In-8*. Berlin (Benzian). 10 fr. 75

^ionghi (R.). L'Istruzione popolare in Italia. Lettere al prof. G. Sacchi. In-8*, 24 p. Milano (tip. délia Perseverenza).

]{oretius (A.). Beitraege z. Capitularien- kritik. In-8<>, x-169 S. Leipzig (Duncker "• H.). 4 fr. 85

1 iraun (F.). Die Tage v. Canossa unter Heinrich IV. 2. ThI. In-40, 26 S. Mar- burg (Elwert). i fr. 3 5

Calonzio (G.). Documenti inediti e lavo- ri letterarii sul Concilie di Trente. In-8*, xxiv-680 p. Roma (tip. Sinimberghi).

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Curci (C. M. S. J.). Lezieni esegetiche e morali sopra i quattro Evangeli dette in Firenze dal i* Novembre 1873 al 29 Giugne 1874 con innanzi a ciascuna il teste singolare 0 concordato che vi si es- pone. 2 vol. in-8°, 430 6474 p. con una carta. Firenze (Manuelli). 12 fr.

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Kliesoth(T.).D.OfFenbarungd. Johannes. 2. Abth. In-80, 221 S. Leipzig (Dœrf- fling et Franke). 5 fr. 3 5

Krek (F.). Einleitung in die slavische Literaturgeschichte und Darstellg. ihrer aelteren Perioden. i. Thl. Einleitung in die Slav. Literaturgeschichte. In-8', vij- 336 S. Graz (Leuchsner et Lubensky).

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Kurtz (J. H.). Lehrbuch der Kirchen- geschichte f. Studirende. 7. verb. Aufl. 2 Bde. In-8°. Mitau (Neumann). 16 fr.

Lucianus Samosatensis. F.Fritschius re- censuit. Vol. III, Pars I. ^-8°, xlij- 226 S. Rostock (K-uhn). 8 fr.

Michael (H.). De Ammiani Marcellini Studiis Ciceronianis. In-8'', 48 S. Breslau (Kœbner). i fr. 50

Mûller (F. M.). Missionsrede in der West- minsterabtei am 3. <