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7 2000

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lHtOLÛG:CALSEMINARY

REVUE

DE

L'ORIENT CHRÉTIEN

DEUXIÈME SÉRIE, Tome IV (XIV) 1909. 1

SOMMAIKI^

I. F. Nau. Littérature fanonique syria(iue inédite : Concile d'Antioche; Lettre d'Italie: Canons «des Saints Pères», de Philoxène, de Théodose, d'Anthime, d'Athanase, etc

n. L.. Leroy. Histoire d"Haikar le sage >texte des mss. arabes 3637 et 3656 de Paris, avec traduction française) {suïle). . .

lU. E. Blochet. Notes de géographie et d'Iiistoire d'Extrême- Orient {(in)

IV. Mélanges :

L S. Grébaut. Note sur la i)oésie éthiopienne

II et III. F. Nau. Notes sur un fragment bohairique du martyre de saint Luc et sur la christologie de Tiniothée .Silure

V. Chronique

VI. BTibliographie. François Nau. Histoire et sagesse d'Ahi-

kar l'Assyrien (tils d'.\naël, neveu de Tobie), traduction des versions syriaques avec les principales diirérences des ver- sions arabe, arménienne, grecque, néo-syriaque, slave et roumaine {E. Tisscrani). Constantin Bacfi.v B. S. S. Mé- moires de W' Maximos Mazloum {Joseph Saho B. S.). Richard ENODAin., Reitrage zur Kenntnis der byzantinischeu Lirargie, et Cyrille Ch.sro.n. Le rite byzantin dans les patriar- cats meikites (F. Nau). Paul M.4RC. Byzantinische Zeit- schriVt. General-register zu Band i-xii [F.S'nu]. P. BEnjAX. Mar Isaacus Ninivita, De perfectione religiosa {F. \at(] . . . Livres nouveaux

Pages. 1

50 71 90

98 104

106 111

PARIS

BUREAUX t

DES ŒUVRES D'ORIENT

RUE DU REGABD, 20

AU SECRÉTARIAT DE L'INSTITUT CATHOLIQUE

BUE Î)E VAUGIRARD, 71

LIBRAIRIE PICARD ET FILS RLE BO.XAPABTE, 82

LEIPZIG

I OTTO HARRASSOW^ITZ

Ueciieil trimestriel. Priv île raljoiinein(;nt : 12 )r. ~ Etranger : 14 (t.

La Revue de l'Orient chrétien (recueil trimestriel) parait en avril, juillet, octobre et janvier par fascicules formant chaque année un volume de près de 500 pages in-8°.

Prix de l'abonnement : 12 francs. Étranger : 14 francs. Prix de la'livraison : 3 francs net.

r Les communications relatives à la rédaction doivent être adressées

à M. le Secrétaire de la Revue de l'Orient chrétien A LA LIBUAIRIi] PICARD

RUE BONAPARTE, 82, PARIS.

Il sera rendu compte de tout ouvrage 'relatif à l'Orient dont on enverra un exemplaire à la précédente adresse.

COMITÉ DIRECTEUR :

Ms»- Charmetaxt (* ), protonotaire apostolique, Directeur des Œuvres d'O- rient, président. M. l'abbé Bousquet, vice-recteur et professeur de grec à l'Institut catholique de Paris. M^^ Graffin (*), prélat de Sa Sain- teté, professeur d'hébreu et de syriaque à l'Institut catholique de Paris. M. l'abbé Leroy, professeur d'arabe et d'égyptologie è l'Institut catho- lique d'Angers. M. l'abbé Mangenot, professeur d'Écriture sainte à l'Institut catholique de Paris. S. A. R. Maximilien. prince de Saxe. M. l'abbé Nau, professeur de mathématiques à l'Institut catholique de Paris.

Le Comité est assuré du concours de spécialistes compétents : pour r.4/'- ménien, M. Basmadjian, directeur de la revue « Banasêr », et le R. P. Peeters, BoUandiste ; pour YAssyt-ien, etc.. le P. Scheil, professeur à l'Ecole des Hautes Études ; pour le Copte, le R. P. Mallon, professeur à l'Université de Beyrouth ; pour Y Éthiopien, M. I. Gumi, professeur à l'Uni- versité de Rome, M. l'abbé F. Martin, professeur à l'Institut catholique de Paris, et M. E. Pereira ; pour le Mongol et le Peraan. M. Blochet, attaché à la Bibliothèque Nationale.

En dépit du contrôle qui sera exercé par ces divers savants, chaque auteur conserve l'entière responsabilité de ses articles.

V

REVUE

DE

L'ORIENT CHRÉTIEN

DE^TXtb^lVIE: SERIK Tome IV iXIVi

14^ volume. 1909

TABLE DES MATIERES

CONTENUES DANS CE VOLUME

Vtges.

\. - LITTÉRATURE CANONIQUE SYRIAQUE INEDITE : CONCILE D'AN TIOCHE, LETTRE D'ITALIE. CANONS - DES SAINTS PÉRÈS -, DE PHI- [.OXÉNE. DE THÉODOSE, D'ANTHIME.D'ATHANASE.etc, parF.Nau. 1. 113

II. HISTOIRE D'HAIKAR LE SAGE (texte des manuscrits arabes 3637 et 3656 de Paris, traduction française) (fin), par L. Leroy .^0, 14:.'

III NOTES DE <tÉ()i;RAPHIE ET D'HISTOIRE D'EXTRÊME-ORIENT (fin), par E. Blochet 71

IV. - UN FRAGMENT SYRIAQUE DES - VOYAGES . DE SAINT PIERRE,

par F. Nau 131

V. VIE DE B.\RSOMA LE SYRIEN (texte éthiopien, traduction fran- çaise), S. Grébaut 135, 264, 409

VI. HISTOIRE DE lEAN LE SILOÏTE (texte syriaque, traduction fran- çaise), par M. Brière 15ô

VII. NOTICES DES MANUSCRITS ARABES CHRÉTIENS ENTRÉS A LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE PARIS DEPUIS LA PUBLICATION DU CATALOGUE, par R. Griveau 174, "276, 337

VIII. SAINT EUTHYME LE GRAND, MOINE DE PALESTINE ^376-473; (fin), par S. Vailhé ; . . . 189, "256

IX. VIE, PRÉCEPTES ET TESTAMENT DE LOKMAN. par L. Leroy. . . 2-25

X. LA VERSION SYRIAQUE DE LA PREMIÈRE LETTRE DE SAINT ANTOINE, par F. Nau 282

XL ANALYSE DU TRAITÉ ÉCRIT PAR DENYS BAR SALIBI CONTRE LES NESTORIENS, par F. Nau 298

XII. HISTOIRES DES SOLITAIRES ÉGYPTIENS {suite), par F. Nau... 357

XIII. HISTOIRE D'ABRAHAM LE SYRIEN, par L. Leroy 38()

XIV. BARSOiMA LE SYRIEN D'APRÈS LE SYNAXAIRE ÉTHIOPIEN,

par S. Grébaut 4l4

XV. CATALOGUE SOMMAIRE DES M.\NUSCRITS COPTES DE LA BI- BLIOTHÈQUE NATIONALE DE PARIS, par L. Delaporte 417

XVI. - LA NAISSANCE DE NESTORIUS, par F. Nau 424

ORIENT CHRÉTIEN, «

VI TABLE DES MATIÈRES.

MELANGES

Pages.

I. NOTE SUR LA POÉSIE ÉTHIOPIENNE, par S. Grébaut 90

Il el 111. - NOTES SUR UN FRAGMENT BOtJAIRIQUE DU MARTYRE DE SAINT LUC ET SUR LA CHRISTOLOGIE DE TIMOTHÉE /ELURE, par ' F. Nau W

IV. - LE CHRYSOBULLE DE MANUEL COMNÈNE (1148) SUR LES BIENS D'ÉGLISE, par S. Pétridès ■iO:i

V. - NOTE SUR LE TITRE : TEGOURTA HERACLIDIS, par F. Nau -m

VI. LES SUFFRAGANTS D'AXTIOCHE AU MILIEU DU VI" SIÈCLE, par

F. Nau -..^(,19

VIL JEAN BERMUDEZ, PATRIARCHE D'ETHIOPIE, par M. Chaîne .... -.m

VIII. - CINQ LETTRES DE JACQUES D'ÉDESSE A JEAN LE STYLITE,

par F. Nau 427

IX. LE " FONDEMENT DE L'ANNÉE D'APRÈS LA CHRONOGRAPHIE D'ÉLIE DE NISIRE, par L. Delaporte 440

CHRONIQUE 1U4

MORT DE M. KARL KRUMBACHER 442

BIBLIOGRAPHIE

François Nau, Histoire et sagesse d'Ahikar l'Assyy^ien (fils d'Anaël, neveu de Tobie), traduction des versions syriaques avec les principales différences des versions arabe, arménienne, grecque, néo-syriaque, slave et roumaine (E. Tisserant) 106

Constantin Bâcha, B. S. S.. Mémoires de Ah' Maxlrnos Mazloum (Joseph Saba B. S.) 108

Richard Engdahl, Beilrôge zur Kenntnis der byzantinischen Liturgie 109

Cyrille Charon, Le rite byzantin dans les patriarcats melkites (F. Nauj 109

Paul Marc. Byzantinische Zeitschrift. General-register zu Band, I-XII (F. Nau) 110

P. Bedjan, Mar Isaacus Ninivila, De perfectione religiosa (F. Nau) 110

M»' N. Marin», L'immacolata concezione 111

J. Gabrielsson, Ueber die Qitellen der Clemens Alexandrinus. . 111

Peter Thomsen, Bibliographie der Palustina-litleratur 111

Franck de Portu, Le diocèse de Smyrtie. . . 112

TABLE DES MATIERES. VII

Pages.

F. Th. Dubois, Les armoiries des abbés de Saint- Maurice, évêqiies de Bethléem. 112

Ludwig Mahler, Grammatik der amharischen Sprache (S. Grébaut) 220

E. Tisserant, Ascension d'Isaïe (F. Nau) 221

Chrysostomica, fasc. 2 et 3 (F. Nau) 222

II. Goussen. Die ChristUch-Arabische Lileralur der Mnzaraber 223

Morales el religions 223

Doin Pierre de Punist, Fragments inédilr< d'une liturgie égyptiennf 224

J.-B. Pérès, Comme quoi Napoléon n'a jamais existé 224

J.-F. Bethune-Baker, Nestorius and his leachingiM. Brière) 330

A. -S. Lewis, Codex Climaci rescriptus (F. \au ) 332

A. Brassac, Manuel biblique, t. IV (F. Nau i 333

F. Nau, Histoires de saint Pacùme, de saint Ji'an- Baptiste, de saint Michel à Colosses (E. Tisserant ) 333

Historiens arméniens des croisades, i. 1! (F. Nau) 330

René Basset. Fékkaré lyasous (F. Nau) 443

C. Charon, Histoire des patriarcats meikites (E. Tisserant) i43

F. Cumoni. Les religions orientales dans le paganisme romain (M. -A. Kuge-

ner) 44ô

R. Ballerini, Les premières pages du pontificat du pape Pic L\ (F. Nau).. . . 44G

Dictionnaire d'histoire et de géographie (F. Nau i 446

E. Sachau. Syrische Rechtsbucher (M. -A. Kugener) 447

y/

REVUE

DE

L'ORIENT CHRÉTIEN

RECUEIL TRIMESTRIEL

Tome IV (XIV)

PARIS

BUREAUX DES ŒUVRES D'ORIENT

BUE DU REGABD, 20

AU SECRÉTARIAT DE L'INSTITUT CATHOLIQUE

RUE DE VAUGIBARD, 74

LIBRAIRIE

A. PICARD ET FILS

BUE BONAPARTE, 82

LEIPZIG

OTTO HARRASSOTVITZ

Recueil trimestriel. Prix de l'abonnement : 12 fr. Étranger ; 14 fr.

LITTÉ[l\TURË CAXOMOUE SYRÏAQLE INÉDITE

Concile d'Axtioche. Lettre d'Italie. Canons « des saints Pères », de Philoxène, de Théodose, d'Anthlme, d'Atha- nase, etc.

INTRODUCTION

Nous nous proposons de publier et traduire les pièces du manuscrit syriaque de Paris 62 (Saint-Germain 38) qui ne sont pas encore connues.

Le célèbre manuscrit 02, donné à Renaudot par le duc de Toscane et légué par lui aux bénédictins de Saint-Germain des Prés, est formé de doux parties, d'abord la Didascalie (fol. 1-89) dont récriture diffère de la suite et qui se termine par une page blanche (89"), puis une collection de canons. La première partie a été donnée à un monastère de Selah dans le Tour Abdin, par 'Aziz Sabto, nommé patriarche de cette région en 1 162. C'est ce qu'indique la note sui\antt' :

.t-t^'( ^^ r:*^ I •«^:«; P«oO| Cooof \ Anm.» poi ^to\ ^^^p/ |_,p. p^V-'t-^^ ^J>

. 00| |»;,iyi |JL30JIO

Le patriarche 'Aziz, originaire d'Amid, a fait don de ce livre la Didascalie, cest-à-dire le règlement des Apôtres apporté par [ses) mains, au saint siège de Mar Jacques le reclus et l'Égyptien qui est dans le village béni de Selah. Que Dieu ne permette à personne de le prendre d'aucune manière. Crains, ô lecteur! de transgresser le commande- ment et de fouler la loi aux pieds, et ce présent [te) sera profitable.

ORIENT CHRÉTIEN 1

2 REVIK 1)1-: I. ORIKNT CHRETIEN.

Une seconde note écrite au fol. 89' au-dessus de la première nous apprend que les deux parties du manuscrit ont été vendues en 1501 :

J_ioo|L I « - « «i ) «•-•, |l.ov3|; I '" ■"'"' . |-^..^Slij IloxaXio KjJo/ |..\f»lTf>> pOl |_3Nji\ ^) y, -< vi ) . i,nvi V-a »— ) t^tr» ^ . |L»^joo )NJu.-3) . p^J-j-iii-îci^ l-)-»-^ l-^*-^J ^'•-'! '"^ ^£Da.ccioo I; -'•■) mn |iov-co | « v^«'^ .^otO-^/o ooi ov— 3 IV-nj; . Ll-^L y> ■>. i»)-3 . (.«jt;.^ (_jQ_3p>, |\.t ^g-^ l'-'^^l "-'J-' 1'-^° ^-^^J l-^/o M^Q-; ^a-^/ Njju -Y*^^ yOOv:Ojo

Le prêtre Thomas, fils du moine Saliba, originaire de Midià, dans le Tour 'Abdin, a acheté ce livre de manière définitive, pour quarante langât, du prêtre David fils du pèlerin Mobarak de Mardin, pour y lire, lui et ses frères : le diacide Sahdâ et Sévère et Dassus avec leurs religieux enfants, Cannée i8l2 des Grecs {d50l). Celui qui trouvera et lira ce livre fera une prière pour les péchés de Facheteur et du vendeur, du lecteur et du possesseur et de tous ceux qui auront quelques rapports avec ce livre. Amen, Amen.

La plus grande partie du manuscrit est une fidèle traduction des canons grecs des conciles de Nicée, Ancvre, Néocésarée, Antiocbe, Laodicée, Constantinople, Éphèse, Carthage, Sar- dique, Chalcédoine, et de lettres canoniques de saint Pierre d'Alexandrie, de saint Athanase, de saint Basile, de saint Gré- goire de Nazianze. Une autre partie représente des textes grecs perdus ou des textes d'origine syriaque, et nous avons entrepris (le la faire connaître (1). Nous avons déjà publié en deux fas-

(1) La compilation n'est pas postérieure de beaucoup à Jacques d'Kclosso (mort en 708), puisque le manuscrit de Pails serait du ix« siècle. D'ailleurs ce manuscrit ne contient qu'un résumé des livres de Clément et a été corrigé d'après un exemplaire meilleur, il suppose donc des intermédiaires entre la collection primitive et lui. Ajoutons que la compilation est formée en bonne partie des œuvres de .Jacques d'Édessc, car la traduction de l'Octatouque est de lui, elle a été faite en G87, comme l'a montré W lîahmani, Tcslauimlum..., p. xiv; c'est donc lui encore qui a traduit en cette même année C87 le concile de Cartilage, Zotenberg, Catalogue des mss. syriaques, ji. 24, enfin la collection se termine par ses l'ésolutions canoniques adressées à Addaï. Nous nous deman- dons donc s'il ne serait pas l'auteur de toute la compilation. Son biographe nous apprend qu'il fit des efforts inutiles pour remettre en vigueur les anciens canons et que, de dépit, il quitta l'évêclié d'Kdesse en 688, en brûlant devant la porte du couvent résidait le patriai-ciie un exemplaire de ces canons qu'on ne voulait pas oljserver. Nous nous demandons si l'exemplaire brûlé n'était jias

IXTRODUCTION. . 3

cicules : Ancienne littérature canonique syriaque, Fasc. I et II, librairie Lethielleux, 1902 et 1906 (4 fr. et 3 fr. .jO) : la traduction de la Didascalie, fol. 1-89 du ms. 62 (Fasc. I), et la traduction des canons de Jean de Telia, ms. 62, fol. 262 à 272; de Jacques d'Édesse, fol. 273-285; de Rabboula, fol. 226-229; de Cyriaque évêque d'Amid; de Georges évêque des Arabes; du patriarche Jean III, des Perses, du patriarche Théodose et du patriarche Cyriaque (Fasc. II). Nous publions dans le Cano- niste Contemporain, d'après deux manuscrits de Rome, la tra- duction du texte complet de roctateuque de Clément (Cf. ms. 62, fol. 90 à 121); ce sera le fascicule IV de l'ancienne littérature canonique syriaque et le présent travail formera le fascicule III.

Les seize pièces que nous publions aujourd'hui complètent l'édition du ms. 62 de Paris. Quelques-unes ont été transcrites par nous en 1902 sur le ms. de Londres add. 12155, du VIII® siècle, et lithographiées. Nous ne les éditerons pas, mais nous joindrons la lithographie correspondante (16 pages) au tirage à part du présent article (l). Nous divisons la traduc- tion en paragraphes pour faciliter les renvois, nous termi- nerons l'introduction par une classification des matières par lieux communs et une liste des noms propres.

I. § 1-7 (Ms. 62, fol. 144-117; Vatican, Siro 148, fol. 129^- 131 (2)). Lettre du concile d'Antioche èv £Y/.aivtciç, adressée à Alexandre, patriarche de Constantinople.

Cette lettre répond aux idées reçues lorsqu'elle omet d'em- ployer le mot « consubstantiel » et qu'elle affecte de ne pas nommer saint Athanase mais seulement son prédécesseur; elle n'en modifie pas moins du tout au tout l'idée que Socrate nous a donnée de ce concile, car elle est dirigée non seulement contre les ariens, mais même contre les semi-ariens :

un collatéral du ms. 62, collection formée en 687 par Jacques d'Édesse ot si les canons qu'on ne voulait pas observer n'étaient pas" les livres de Clément, ouvrage égyptien inconnu jusque-là de l'église syrienne.

(1) Nous avons coUationné notre lithographie, faite d'après le ms. add. 12155, avec le ms. 62 de Paris, et avons tenu compte des variantes dans notre traduc- tion. Nous mettons entre crochets ce qui provient du ms. 62 et entre paren- thèses nos propres additions. Nous ne transcrivons pas ici les variantes et corrections parce que le texte syriaque intéresse trop peu de lecteurs.

(2) Nous désignons ce second manuscrit par Y. M. l'abbé Tisserant a bien voulu nous en adresser une collation sommaire.

4 REVUE DK L ORIENT CHRETIEN.

Eusèbe de Césarée, Théodote de Laodicée, Narcisse de Néro- niade sont nommément condamnés 6). De plus Alexandre de Constantinople n'était pas mort au moment du concile (entre sept. .'110 et sept. 311) puisqu'on lui adresse une lettre, et enfin cette lettre porte les noms de cinquante-six évêques (et non de Aingt-neuf comme les canons), ce qui fait tomber la légende d'après laquelle il n'y aurait eu que vingt-neuf évêques ortho- doxes.

Cette lettre a toutes garanties d'authenticité. Au point de vue extrinsèque elle figure dans le chapitre consacré au concile d'Antioche iv h(y.y.v>'.z\.: qui commence comme le texie grec conservé dans les collections des Conciles. Nous reproduirons même ce commencement pour montrer combien le traducteur syrien rend fidèlement le grec. 11 n'a donc certainement ni in- venté ni modifié cette pièce qu'il termine par les mots : Fin de ce qui concerne le concile èv bcA-M.yioi: dans la ville d'Antioche.

Au point de vue intrinsèque, la lettre, comme les canons grecs, est rédigée par Eusèbe (de Nicodémie) ; elle débute par une for- mule analogue sur l'unanimité des évêques présents ou absents; elle évite aussi le mot « consubstantiel », comme le fait remar- quer le compilateur lui-même 7) ; enfin presque tous les évêques signataires des canons se retrouvent parmi les signa- taires de la lettre. Sur vingt-neuf, nous en retrouvons en effet vingt-cinq, qui sont:

Agapius, Alexandre, Anatolius, Antiochus, Archélaiis, Bas- sus, Eusèbe, Eustathe, Hésychius, Jacques, Magnus, Macédo- nius, Moïse, Nicétas, Nicomaque, Paul, Pierre {bis), Tarcodi- m;mtus, Alphius (= Amphion?), Aétius (= /Eneus?), Cyrion (=: Cyrille), Mauritius (= Marin), Syriens (= Séleucus).

Si l'on peut trouver trace de cette lettre dans l'historien So- crate, ce serait celle qui est mentionnée au commencement du chapitre x du livre II (cf. Sozomène, Hist. ceci., III. ."')); dans ce cas, la mention dArius serait inexacte et le résumé donné par Socrate ne serait pas très fidèle. Comme l'écrit Socrate : « Après avoir écrit cela dans une première lettre, ils renvoyèrent aux évêques de toutes les villes. Mais plus tard, après être demeurés quelque tempsà Antioche, ils en écrivirent une autre ». Celle-ci, rapportée tout au long par Socrate, a pu faire oublier la pre- mière.

INTRODUCTION". O

Il existe une autre interprétation de cette lettre :

On trouvera dans le § 6 : « Le grand et sacerdotal concile (ÏAnci/re a pris soin de renvoyer tout cela à nos frères... » D'ail- leurs on admettait qu'une lettre de Constantin qui convoque les Pères à Nicée, mentionne une convocation précédente à An- cyre{\). M. E. Schwartz a donc supposé que la lettre d'An- tioche avait été écrite par un concile, inconnu d'ailleurs, réuni en cette ville en 324/5 au moment les évêques venaient d'être convoqués à Ancijre et avant que l'empereur leur eût ordonné de se réunir, non pas à Ancyre, mais à Nicée (2).

Il nous semble que la mention 6.^ Ancyre dans la lettre d'An- tioche n'est qu'une faute de scribe, ijo^jm étant mis pour m^i-^. Car le mot étranger ^ujxj^^ a déjà été rendu dans le titre par iLji; iLjcu:^ tooo/ ii.n.i-. : « A Nicéc, c'cst-à-dirc à la dédicace de l'église ». La faute ici est tellement obvie qu'elle a été corri^-ée de seconde main, mais nous pouvons en conclure avec quelque probabilité que si w^i est devenu lu^^ dans le titre, il a bien pu devenir l'^iu/ vers la fin de la lettre. [Cependant V porte bien m^jp» et waxuioj.

Quant à la lettre de Constantin, nous croyons qu'elle se borne à dire que les évêques réunis à Ancyre, en 314, avaient mani- festé le désir de se rencontrer dans une autre ville et que, pour répondre à leur désir, l'empereur les convoqua, pour 325, à Nicée. Dans cette hypothèse on ne trouverait pas trace d'une première convocation à Ancyre, qui aurait été suivie d'un contre- ordre convoquant les évêques à Nicée. V^oici d'ailleurs comment nous traduisons cette lettre de Constantin avec le petit préambule qui la précède :

Concile grand, saint et œcuménique de Nicée, métropole de Bithynie, de 318 saints Pères, qui eut lieu l'an 636 du comput des Grecs à partir de Séleucus Nicator, roi de Syrie, comme le comptent les Edesséniens (325), sous le consulat de Paulin et de Julien, hommes illustres, le 19 du mois de Haziran (juin), le 13 avant les calendes de juillet, la vingtième année de l'ami du Messie le grand Constantin, empereur fidèle, lequel, comme ces

(1) Cette lettre de Constantin a été publiée et traduite d'après le ms. syria- que 62 par M. l'abbé Martin dans le tome IV des Analecta sacra de Pitra, Paris, 188o, p. 224 sqq. et 451 sqq., avec la version sjriaque des canons de Nicée.

(2) Xachrirhlen de l'Académie de (jôttingue, 1905,

6 ni.vi I-: DE l'oriknt chrétien.

pères s'étaient assemblés d'abord à Ancyre do Galatie, les appela de à Nicée (1) par la lettre suivante qu'il leur adressa :

Lettre de Constantin au concile des 318 Pères.

Que rien ne soit plus précieux à mes yeux que la piété, j'espère que tout homme le sait; comme le concile des évOques d'Ancyre en Galatie décida d'avoir lieu dans une ville, il sembla pour bien des raisons qu'il lui conve- nait de s'assembler à Nicée, ville de Hithynie, soit pour ces évêques qui viennent d'Italie et d'autres pays d'Europe, soit pour la bonne température de l'air et aussi parce que je serai à portée de voir ce qu'on fera et d'y par- ticiper. En conséquence je vous mande, frères chéris, que je veux que vous vous réunissiez tous avec soin dans cette ville dont je viens de parler, c'est-à-dire à Nicée. Chacun de vous donc, considérant les avantages que j'ai fait valoir plus haut, aura soin de venir rapidement sans aucun retard afin d'assister en personne à ce qui aura lieu. Que Dieu vous garde, frères chéris.

Si l'on accepte notre interprétation, il n'est plus question d'un synode d'Antioche de 324/5, dont l'existence aurait dès lors été niée avec raison par M. Harnack (2j et par M^"" Duchesne (3), mais seulement d'une lettre perdue du concile de 341.

Cette dernière opinion prête d'ailleurs aussi à diverses diffi- cultés soulignées déjà par le traducteur syrien. Nous ne pn'-- tendons donc pas trancher la question, mais donner le document et proposer notre hypothèse personnelle (4).

II. § 8-21 (ms. 02, fol. 171-173). Cette lettre qui nurait été envoyée d'Italie aux évêques d'Orient, pour les remercier en quelque sorte de l'envoi des canons d'Antioche, offre un grand intérêt, à cause de sa ressemblance avec une petite pièce intitulée : « Peines (portées) par les saints apôtres ». Cette petite pièce grecque a été éditée et rééditée d'après un seul manuscrit par Pitra et Funk. Nous l'avons trouvée entière dans le ma- nuscrit Coislin 211, fol. -279-280, et fragmentaire dans les ma- nuscrits grecs de Paris, 1330, fol. 187'' et 1152, f. 25. Nous éditerons plus loin (p. 32) le manuscrit Coislin 211 qui par- tage très logiquement cette petite pièce en deux parties : l'une

(1) Nous entendons par (jne le synode préci'-dent ayant eu li(ni à AncyiT. le suivant eut lieu à Nicée.

(2) Sitzungberkhle de l'Acadi^nde dos sciences de Berlin, l!ii)8, p. 177-I".d.

(3) Histoire ancienne del'Éylise, tome II, p. 137, note i.

(l) Voir uni; nouvelle étude de M. E. Schwai'tz dans los .yachrir/Uen do Gol- lingnedp 19<t8, p. 30.>37.1, et un résumé dp la question fait par 31. F. Cavallera dans lov Èluile!<, t. CWIII. Paris, l'.MiO. p. :il-71(i.

INTRODUCTION. /

(canons 1 à 9) particulière aux clercs, l'autre (canons 10 à 25) relative à tous les fidèles. Cette seconde partie a des analo- gies nombreuses avec les canons d'Ancyre et de saint Basile.

On remarquera que grec 1 = syriaque 13"; grec, 2, 3 = syr. 13"; grec 10 = syr. 8, 9, 15, 23; grec 11, 12 est présupposé par S3T. 8, 10; grec 17, 18, 19 == syr. 10, 11, 18, 20; grec 24 =■ syr. 16; grec 25 = syr. 22. Le grec ajoute des peines contre la fornication (13-16) et la bestialité (20-22) avec des recom- mandations hiérarchiques (4-9), et le syriaque ajoute des peines contre la polygamie (21), dont « les saints Pères n'avaient pas parlé ». Le syriaque peut n'être qu'une paraphrase avec répétitions des canons grecs, il serait donc leur plus ancien témoin; il nous fait d'ailleurs connaître quelle que soit son origine la discipline romaine ('?), plus rigide encore que celle d'Ancyre.

IIL § 25-39 (ms. 62, fol. 183-185). Les questions adressées àTimothée, patriarche d'Alexandrie de 381 à 385, ont été con- servées en grec. Cf. Labbe, Conciles, II, p. 1571 et Migne, P. G., t. XXXIII, col. 1293-1.'U0. Nous traduisons ici le syriaque, parce qu'il figure en tête du texte lithographie (p. 1-2) que nous avons transcrit sur le manuscrit de Londres ar/<i. 12155, du VIII*' siècle. Nous signalons les principales différences du texte grec. D'ailleurs les canons 2, 3, 5 à 9, 12 sont utilisés par Bar llébraeus dans son Nomocanon, éd. Bedjan, p. 24, 38, 42, 53.

IV. §40-53 (ms. 62, fol. 218-219). On trouve d'abord sept canons de Philoxène, évêque jacobite de Mabboug (Menbidj) en Syrie, de 485 à 523. Cet évêque fut toujours l'ennemi irré- conciliable des nestoriens et du concile de Chalcédoine, il écrivit en syriaque de nombreux ouvrages théologiques, fut exilé par l'empereur Justin et mourut asphyxié par la fumée dans une chambre on l'avait enfermé. Ses canons aux moines sont une exhortation au martyre et sont bien d'accord avec l'idée que l'histoire nous a laissée du « fougueux » Philoxène.

Les canons suivants (47 à 53) sont des extraits de saint Basile, de saint Grégoire de Nazianze et de saint Damase.

V. § 54-102 (ms. 62, fol. 229-237; ms. add. 121.55, fol. 222- 225; lithographie, p. 3-9). Cette longue lettre est une réponse des cf saints Pères », c'est-à-dire d'évêques jacobites exilés à Alexandrie (cf. infra, VII), à des questions canoniques adressées

8 REVUE DE L ORIENT CHRETIEN.

d'Orieiit . Elle a été écrite entre 532 et 538, comme nous le dirons plus loin 79, note). On y trouve toute la discipline de cette époque au sujet de la rebaptisation; Tonction des autels, la con- version des hérétiques, la validité des ordinations, etc. Nous rap- pelons encore que l'onction du [j.ùpzw qui suit le i3aptême était, à cette époque, l'équivalent de la confirmation. C'est pour cela sans doute que le baptême était réservé aux prêtres. Il y avait pour la diaconesse une ordination analogue à celle du diacre 64). Les hérésiarques visés le plus souvent sont Julien et Zébad.

VI. § 103-107 (ms. 62, fol. 212-243). Cette lettre relative aux clercs qui abandonnent le parti du concile de Chalcédoine a été écrite entre 538 et 544, car Sévère était mort (538) et Cons- tantin, métropolitain de Laodicée (cf. infra, VIII), tenait sa place. Or on sait qu'avant 544, on avait nommé Sergius de Telia pour succéder à Sé\ère et un certain Domitius comme évêque de Laodicée (cf. Vie de Jean Bar Aphtonia, Paris, 1902, p. 9;. Constantin était donc déjà mort. Théodose et Anthime étaient cachés à Constantinople dans le palais de Théodora.

VIL § 108-115 (ms. 62, fol. 243-245; add. 12155, fol. 225-226; lithographie, p. 9-1 1). Cette lettre, consacrée aux rapports avec les Chalcédoniens, a été écrite entre l'avènement de Théo- dose, février 535, et le mois de septembre de cette même an- née (fin de la treizième indiction). Les « saints Pères » qui ont rédigé cette lettre sont nommés ici dans la suscription.

VIII. § 116-127 (ms. 62, fol. 245; ac^f/. 12155, fol. 226; litho- graphie, p. 11-12). Ces canons, de même objet que les pré- cédents, ont été écrits les premiers vers 535, les derniers avant 544, car les premiers (116-123) sont donnés comme un com- plément des précédents (ch. Vil) et les derniers (124 à 127) sont l'œuvre de Constantin de Laodicée, mort avant 544 [su- pra, VI).

IX. § 128-136 (ms. 62, fol. 246-247; add. 12155, fol. 226- 227; lithographie, p. 12-13). Ces canons, sur « certains péchés », ont été écrits peu après 538; le premier a trait à la question toujours actuelle de la falsification du vin, les autres traitent de la rebaptisation, des empêchements de mariage, de la* validité des ordinations, du second mariage des clercs.

X. § 137-138 (ms. 62, fol. 247). La lettre à Martyrius, pa-

INTRODUCTION. 0

triarche trAntioche de i59 à 471, sur la manière de recevoir les hérétiques, existe dans les collections canoniques grecques. Nous soulignons, dans notre traduction du syriaque, les pas- sages qui diffèrent du texte grec conservé.

XI. §139-140 (ms. 6*2, fol. 248^; acld. 12155, fol. 219; li- thographie, p. 2). Ce fragment de lettre de Sévère d'Antioche à Césaria ne concerne que la pureté légale des femmes. Il a pu être écrit de 518 à 536. Nous avons résumé plus haut la Vie de Césaria, ROC, 1901, p. 470-473.

XII. § 141-148 (ms. 62, fol. 254; add. 12155, fol. 227; add. 14602, fol. 35-36; lithographie, p. 14-16). Théodose avait écrit une lettre sur la Trinité dirigée en particulier contre les Trithéites qui avait soulevé des polémiques dans son parti. Il écrit la présente lettre, entre 548 et .566, pour y mettre un terme en défendant d'écrire pour ou contre. 11 ajoute cinq canons pour régler les fondations de monastères et les rapports entre moines et clercs. Ces canons sont seuls reproduits dans les mss. 62 et 12155; nous avons donc transcrit et traduit ici le ms. 14602.

XIII. § 149-150 (ms. 62, fol. 254-255). Anthime, patriar- che de Constantinople en 535, fut gagné, dès cette époque, par Sévère d'Antioche, à la doctrine monophysite. Jacques Baradée, qui donna son nom (Jacobites) aux adversaires du concile de Chalcédoine, avait été consacré évêque d'Édesse en 541/2 et avait ensuite parcouru toutes les provinces d'Orient pour y ordonner des prêtres et des évêques jacobites. Car Justinien avait emprisonné les patriarches et les évêques, de sorte qu'ils ne pouvaient plus faire d'ordinations et que l'église, dite mo- nophysite, semblait devoir périr faute de cadres. Jacques se chargea de continuer l'œuvre commencée par Jean de Telia des ordinations clandestines : « quand il arrivait dans un pays, il tâchait d'y terminer sa besogne en un jour et une nuit, puis il allait coucher à trente ou quarante milles de et même davantage ». D'après son biographe : « Si quelqu'un allait jus- qu'à dire qu'il a ordonné cent mille prêtres, je n'oserais af- firmer qu'il se trompe. » Dans la présente lettre, écrite après 542, Anthime, au milieu de compliments, le prie de ne plus faire tant d'ordinations et de choisir un peu mieux ceux qu'il veut ordonner. Le résultat a donné raison à Jacques : c'est

10 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

en créant beaucoup de pasteurs qu'il a incité ceux-ci à se créer à leur tour chacun un troupeau.

XIV. § 151-155 (ms.62, fol. 256-257). —Quelques extraits de saint Cyrille et saint Célestin d'objet dogmatique et connus par ailleurs.

XV. § 156-165 (ms. 62, fol. 261). Sergius, évêque, inconnu par ailleurs, expose les peines qui résultent de ranatlièmc et recommande à nouveau de ne pas abuser des censures.

XVI. § 166-109 (ms. 62, fol. 272-27;:l). Cette lettre écrite de 68 1 à 686 par Athanase de Balad, patriarche jacobite d'Antio- che, ne vise que les relations et les mariages avec « les païens », mais il s'agit des « musulmans » comme l'indique le titre.

Pour faciliter l'usage de notre travail, nous ajoutons une classification des matières par lieux communs et une liste des noms propres.

A. Classification par lieux communs.

I. Baptême, 51 à 57, 71 à 76, 132, 169. Rebaptisation, 78 à 80, 129, 133, 134. —Baptême et confirmation, 129.

II. Eucharistie. Vin eucharistique, 128. Communion reçue par un catéchumène, 25: à jeun, 77. Refusée, 73. Respect pour la comanunion, 29 à 31, 36, 37, 139, 140. .

III. PÉNITENCE, peut être allégée, 17, 24, 126. Jeune n'o- blige pas en cas de maladie, 32, 34. Cérémonies et prières pour renvoyer de l'office les auditeurs et les pénitents, 96 à 99.

Pureté pour les clercs, 12, 13, 14; en général, 18, 20.

IV. Extrème-onction, 129. Prières pour les morts, 38, 114,121.

V. Ordinations et leur réitération, 66 à 68, 75, 88, 109, 117, 124, 134, 150. Interdit, 83, 84, 91, 92; levée d'interdit par saint Célestin, 153 à 155. Chorévêques, 83, 93. DiAciti;, 68. Ne baptise pas, 56. Costume, 118, peut bénir une table, 122. - Moines, exhortations, 10-16; 110, 123, 114 à 146. Diaconesses, 62, 61. Exhortations à la concorde, 147, 148.

Anathèmes, 81, 82, 91, 92, 156 à 165. Ordination d'un stylite, 67. Offices à Constantinople, 96, 98.

VI. Mariages illicites, 10, 11, 130, 131; illégaux, 35; second

INTRODUCTIOxX. 11

mariage des clercs, 135, 130. Bigamie, 19, 39. Poly- gamie, 21.

VII. Renégats, 16, 22. Possédés, 26, 27, 39, 59, 60. Fous 28. Suicidés, 38. Homicides, 91.

VIII. Rapports avec les liérétiques, 33, 73, 71, (S9, 100, 101, 110 à 115, 119, 127, 16<S; les musiUmans, 166, 167; les Juifs, 90; les pa'/ens,dD. Hérétiques convertis, 66, 78, 101 à 106, 109, 137, 138. Lampatiens, cohabitation des moines et des religieuses, 102.

IX. Autels, 58, 61, 63, 69, 70, 72, 120. Église et martv- RiuM, 65, 72. Magie, 8, 9, 15, 23. Ne pas user de violence, 17, 18. Serments, 85 à 87, 125.

X. Dogme. Trinité, 48 à 53. Trinité et Incarnation, 1 11- 1 13. Défense de saint Cyrille, 151, 152. Contre les semi- ariens, 2-7.

B. Noms propres, l'exception des 56 évêques d'Antioche {$ 1).

Abas, 103; Afrique, 79; Alexandre (évoque d'Alexandrie), 5; Alexandre (évêque de Constantinople), 6; Alexandrie, 108; Anazarbe, 136; Ancyre, 6; Anthime (évêque de Constantino- ple), VI (titre), 149; Antioche, 3, 6, 7, II (titre); Antoine (prê- tre), 137; Antonin (d'Alep?), 108; Apollinaire, 151; Arabes, XVI (titre); Arabie, 3; Arius, 5, 6, 151; Athanase (de Balad), XVI (titre), 166.

Basile (Saint), 47 (titre).

Cappadoce, 3; Célestin (pape), 153 (titre), 1.54; Césaria, XI (titre); Chalcédoine, 78, 102, VI (titre), 105, 128; Chypre, VI (titre); Cilicie, 3; Constantin (métropolitain de Laodicée), VI (titre), 103, 108, 124 (titre); Constantinople, 6, 39, 152; Cos- mas, 103; Cyprien (Saint), 79; Cyriaque (moine), 107; Cyrille (Saint), XIV (titre), 154 (titre).

Damase (pape), 49 (titre).

Ephèse, 152; Entréchius, 136; Eusèbe (moine), 107; Eusèbe de Césarée, 6; Eustathe, 108.

Georges (moine), 107; Giézi, 40; Goubrin, 107; Grégoire (de Nazianze), 48.

Ibas, 150; Isaac (moine), 107; Isaac (hérétique), 134. Ita- lie, 7, II (titre), 24.

12 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

Jacques (apôtre), 120; Jacques Baradéc, 119; Jean dWntio- che, 155 (titre); Jean, évêque égyptien, VI (titre); Jean (moine), 107; Jean le Théologien (Chrysostome), 137; Judas, 10; Juifs, 00; Julien (d'Halicarnasse), 71, 78, 80, 88, 100, 102.

Laodicée, 79; Lampétius, 102; Légion (démon), 45; Loth, 150.

Mara, 103, 107; -Alara Tlsaurien, 124 (titre); Martyrius, évo- que d'Antioche, X (titre).

Narcisse de Néroniade, 0; Néocésarée, 130; Nestorius, 152, 153; Nisos, 116; Novatien, 70.

Orient II, (titre), 24, V (titre), VI (titre).

Palestine, 3; Paul (moine), 116; Paul de Samosate, 79; Pe- lage (évêque), 108; Phénicie, 3; Philoxène de Mabboug, IV (titre); Photin, 79.

Qliguna (moine), 116. Rome, 7.

Sanda (archimandrite), 116: Sergis, évêque (d')Amphiator, XV (titre); Sévère (patriarche d'Antioche), 59, 78, 79, 80, 103, 108, 136, XI (titre); Sotéricos (moine), 107; Syrie Creuse, 3.

Théodora, 141; Théodoret, 150; Théodose, patriarche dW- lexandrie, VI (titre), 108, XII (titre), 148; Théodote de Laodi- cée, 6; Thomas, 103; Thomas (de Dara), 108; Timothée (pa- triarche d'Alexandrie), III (titre), 30, 50.

Zachée (hérétique), 133, 131; Zébad (hérétique;, 78,80, 134; Zénob, 103.

I. Concile dAntioche.

Ensuite concile réuni < in Encœniis » , c'est-à-dire pour la dédicace de l'église d'Antioche. Vingt-cinq canons (Cf. Mansi, II, 1305).

Le saint et pacifique concile réuni par Dieu dans l'église d'Antioche. ville de Dieu, à tous les saints égaux en esprit (ôijlo'I/ûhoiç) et égaux en service (TjXXsiToupYoî;) de toutes les provinces, salut dans le Seigneur.

La grâce et la vérité de Jésus-Christ notre Seigneur et notre Sauveur, visitant la sainte église d'Antioche et (nous) réunissant tous ensemble dans la charité, la concorde unanime et l'esprit de paix, a encore fait beaucoup d'autres choses, mais en tout elle a agi avec le secours de l'esprit saint et pacifique. Ce qui nous a paru bon et ce qui nous a semblé l)eau, après

CONCILE d'aXTIOCHE. 13

beaucoup de réflexion et de méditation, nous tous, évèques réunis en- semble dans Téglise d'Antioche des diverses provinces, nous lavons adressé à votre connaissance, persuadés, par la grâce de Notre-Seigneur et du saint Esprit de paix, que vous aussi y adhérerez, puisque vous aussi vous êtes inspirés par l'Esprit; de sorte que vous étiez en puissance avec nous, et vous nous aidiez par (vos) prières, mais surtout, unis à nous, vous étiez présents avec nous par le Saint-Esprit, c'est-à-dire vous portiez les mêmes définitions que nous, vous décidiez, vous signiez, vous confirmiez, dans la concorde du Saint-Esprit, ce qui nous semblait et nous paraissait bon.

Les canons ecclésiastiques qui ont été portés sont ceux qui sont disposés plus bas.

Le Concile saint et pacifique réuni par Dieu à Antioche parmi les (évéques) il y avait : Tarcondimantus, Bassus, Eustathius, Moïse, iMani- chéus, Macédonius, Agapius, Théodore, Théodose, Théodote, Alphius, Agapius, Archélaus, Pierre, Hésychius, Anatolius, Jacques, Cyrion, .fEneus, Narcisse, Antiochus, Paul, Syricius, Alexandre, Mocimus, Patricius, ;Ethe- rius, Pierre, Magnus, des provinces de Syrie Oeusé, de Phénicie, de Pa- lestine, de Mésopotamie, d'Arabie, de Cilicie, d'isaurie a décidé : Pre- mier canon :

( Viennent ici les canons que l'on trouve dans toutes les collections de con- ciles, puis :) Fin des vingt-cinq canons du concile d'Antioche. Moi, Eusèbe, qui ai assisté à tout ce qui a été décidé par le saint concile, j'ai adhéré; de même tous les autres ont donné (fol. 144') leur signature. (Vient en- suite sans aucun intervalle :)

Copie de la lettre adressée à Alexandre , patriarche de Borne nouvelle {Byzance), par le concile réuni à Antioche.

1. Au saint coreligionnaire, frère chéri et camarade Alexandre, (de la part de) Eusèbe, Eustathe, Amphion, Bassianus, Zénobius, Pipérius, Hégé- monius, Grégoire, Magnus, Pierre, Longin, Manichéus, Mocimus, Agapius, Macédonius, Paul, Bassianus, Séleucus, Pierre, Antiochus, Macaire, Jac- ques, Hellanicus, Nicétas, Archélaus, Macrin, Germanus, Anatolius, Zoïlus, Cyrille, Paulin, Aétius, Moses, Eustathius, Alexandre, Irénée, Rabbula, Paul, Lupus, Nicomachus, Philoxène, Maxime, Marin, Euphrantor, Tar- condimantus, Irénicus, Pierre, Pégase, Eupsychius, Asclépius, Alphius, Bassus, Gérontius, Hésychius, Vérus, Térentius ; joie dans le Seigneur!

2. Comme l'Église universelle ne forme qu'un corps, quand bien même les lieux de (ses assemblées) seraient divers comme les membres de tout le corps, il s'ensuit que (nous) ferons connaître aussi à ta charité tout ce qui a été agité et fait par moi et par nos saints frères coreligionnaires et camarades, afin que toi aussi, comme étant du même avis, tu parles de la même manière et que tu confirmes les (règlements) ecclésiastiques que nous avons établis et faits sainement et légalement.

3. Quand j'arrivai à celle la ville) des habitants d'Antioche et que je

14 , REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

vis réglise troublée par la zizanie d'après l'enseignement et la rébellion de certains, je jugeai bon qu'une telle (prévarication) fût détruite et ro- jetée non par moi seul, mais que je prisse soin en plus d'exciter nos co- religionnaires et camarades qui sont les plus procbes de nous au sujet de cette chose pressée et urgente, à savoir ceux de Palestine, d'Arabie, de Phénicic, de Syrie Creuse, de Cilicie, et quelques-uns de Cappadoce, afin de veiller dans une communauté de pensées à étudier et à considérer pacifiquement ce qui concerne l'Église.

4. Quand la bonté divine nous eut réunis ensemble à Antioche et que nous eûmes médité ot recherché les choses désavantageuses aussi bien que les olioses avantageuses et utiles à l'église de Dieu, nous trouvâmes une grande confusion, surtout parce qu'en beaucoup de choses, les lois ecclésiastiques et les canons sont violés et méprisés au temps présent par des hommes orgueilleux. On les oubliait même complètement parce qu'il était défendu de réunir un concile d'évèques dans ce pays. Il parut bon. dans cette ville, d'examiner ce qui est beau et sublime par-dessus tout et qui est tout le mystère de notre foi, je veux parler du Sauveur de l'uni- vers, du Fils de Dieu vivant.

5. Comme notre frère et notre camarade vénéré et chéri Alexandre, évêque d'Alexandrie, cliassa de l'Église certains de ses prêtres qui étaient avec vVrius, à cause de leur blasphème contre Notre-Seigneur, ils en arri- vèrent ainsi à tromper certains par leurs mauvais enseignements au point d'être reçus dans leur communion, il sembla donc bon au saint concile de chercher d'abord comment on pourrait éprouver les prêtres ou d'autres, quels qu'ils soient, qui s'enfuient de près de nous ; comme nous étions réunis ensemble près d'hommes savants nos frères, nous avons parlé lon- guement de la foi de l'Église que nous avons apprise des livres (saints) et des apôtres .et que nous avons reçue des Pères ; nous avons aussi discuté ce qu'a fait Alexandre, évêque d'Alexandrie, contre les partisans d'Arius, afin que si l'on voit des hommes se perdre dans l'enseignement opposé, ils deviennent étrangers à l'Église; de crainte que, s'ils demeuraient à l'inté- rieur de l'Église, ils n'en viennent à (lui) arracher les plus simples.

Voici donc la foi qui a été posée d'abord par les [trois cent dix-huit] (1) hommes spirituels il ne faut pas croire qu'ils vivaient et pensaient dans la chair, mais ils avaient médité cela en esprit dans les saintes Écritures inspirées de l'Esprit (saint) de croire en un Dieu tout-puissant, qui ne peut changer, immuable, qui a soin de tout et dirige tout, juste, bon, créa- teur du ciel et de la terre et de tout ce qui s'y trouve, maître de la loi, des prophètes et du Nouveau Testament ; et en un Seigneur Jésus le Messie fils unique, qui est non de ce qui n'était pas, mais du Père, non comme ime (i!uvre, mais au sens propre comme un lils. 11 fut engendré de manière ineffable, car le Père seul qui a engendré et le Fils qui a été engendré le savent : car personne ne cannait le Père si ce n'est le Fils et personne ne cannait le Fils si ce n'est le Père. Il était de tout temps et on ne (dira pas)

(I) Ce chiiïre, qui renvoie au concile de Nicée, csl en marge du manuscrit do Paris mais n^uro ilans le texte de V.

CONCILE d'aXTIOCHE. 15

qu'auparavant il n'était pas. Nous ne pouvons nous fairo une idée de lui que par la sainte Écriture ; elle ne témoigne pas qu'il n'est pas comme d'un père ni par hypothèse, car ce serait une parole méprisable et blas- phématrice, mais les Livres disent que le Fils est en réalité et en vérité une progéniture, comme nous le croyons aussi, invariable et immuable. Il ne naquit pas ou n'était pas par volonté ou par hypothèse afin qu'il fût évident qu'il naissait de ce qui n'était pas, mais il naquit comme il con- venait. De cette naissance nous décidons qu'elle n'est pas légale, non d'a- près la similitude, la nature et le commerce de tous ceux qui ont été faits par ses mains, mais parce qu'elle surpasse la pensée, l'esprit et la parole. Nous confessons qu'il est engendré d'un père non engendré, Dieu le Verbe, lumière véritable de justice, Jésus le Messie, Seigneur de l'univers et Sauveur. 11 n'est donc pas l'image de la volonté ou de quelque autre chose, mais de la personne paternelle elle-même. Ce Fils, le Verbe Dieu, fut aussi engendré dans la chair par Marie, mère de Dieu ; il revêtit un corps, souffrit, mourut, ressuscita, monta au ciel, s'assit à la droite de la grandeur suprême et viendra pour juger les vivants et les morts.

Ensuite, comme notre Sauveur lui-même, les livres divins (nous) ensei- gnent à croire en un Esprit, une Église catholique, en la résurrection des morts et dans le jugement de rétribution pour tout ce que chacun a fait dans le corps, soit bien, soit mal. Nous anathématisons ceux qui disent, croient et prêchent que le Fils de Dieu était une créature ou un travail, et qu'il n'était pas une véritable progéniture ou qu'il y avait un temps il n'était pas. Pour nous, nous croyons qu'il était, qu'il est et aussi qu'il est lumière. De plus (nous condamnons) ceux qui pensent qu'il est immuable par sa volonté propre, comme ceux qui prennent sa génération de ce qui n'était pas, et qui ne le reconnaissent pas immuable par nature comme son Père. Comme il est l'image de son Père en tout, ainsi, en ce point sur- tout, notre Sauveur l'est encore.

6. Cette profession de foi fut posée d'abord, et tout le concile sacerdotal y adhéra et confessa que c'était l'enseignement apostolique et salutaire de tous les tils d'une môme foi. Seuls Théodole de Laodicée, Narcisse de Néroniade et Eusèbe de Césarée de Palestine, comme ils se trompaient au sujet des saints Livres et des enseignements apostoliques et bien qu'ils cherchassent par beaucoup d'artifices à envelopper et à cacher leurs er- reurs par des paroles persuasives et non par la vérité, parurent prôner des choses opposées à celles qui précèdent, aussi bien par leurs actes que par leurs demandes et réponses; ils furent convaincus comme étant du même avis que les partisans d'Arius et d'un avis opposé à ce qui vient d'être écrit. Dès lors, quand ils eurent été ainsi réprimandés par le saint concile qui s'indigna et s'occupa de ces choses, comme ils n'en rougirent pas, nous tous, les coreligionnaires qui assistions au concile, (nous avons décidé) de ne pas communiquer avec eux et qu'ils n'étaient pas dignes d'être en communion, à cause de leur foi, laquelle est étrangère à (celle) de l'Eglise catholique. Nous t'avons écrit pour te le faire savoir afin que tu te gardes et que tu t'éloignes d'être en communion avec eux, que tu ne leur écrives pas et que tu n'en reçoives pas des lettres de communion.

16 RRVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

Sache encore qu'à cause de la grande liumanité du concile, nous leur avons laissé place à la pénitence et à la confession de la vérité. Le grand et sacerdotal concile d'Ancyre {lire : d'Antiochej (Ij a pris soin d'envoyer aussi tout cela à tous nos frères qui pensent comme nous, afin qu'ils sachent ce qui les concerne et quels sont ceux qui se sont séparés de l'Église et qui n'ont pas adhéré. Salue tous les frères qui sont avec vous et près de vous. Les frères qui sont avec nous te saluent dans le Sei- gneur.

Fi/i de la lettre écrite à Alexandre , évéque de la nouvelle Rome, c'est-à-dire de Constantinople, par le concile réuni à Aniiochc.

7. Les mêmes écrivirent encore sur le même sujet une autre lettre aux évêques d'Italie qui dépendent du siège de Rome la grande et ceux-ci adressèrent au concile une réponse qui adhérait à tout ce qu'ils avaient décidé soit au sujet de la foi, soit au sujet des canons ecclésiastiques. Ils écrivirent, décrétèrent et envoyèrent aussi à ce saint concile réuni à Antioche , et par lui à tous les évêques de l'Orient, vingt-cinq canons que je vais aussi t'écrire dans ce livre un peu plus loin afin que tu les con- naisses (2) Il convient de nous demander comment ces saints évêques, ces champions de la vérité, n'ont pas mentionné le mot consubstanliel, puisqu'ils combattaient Arius et ses partisans et qu'ils vivaient longtemps après le concile de Nicée auquel beaucoup d'entre eux avaient pris part.

Fin de ce qui concerne le concile h lyy.xivlo\q tenu à la ville d' Antioche,

ville de Dieu.

TEXTE

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{i) Lire Beanqénia (iv Èy^amoi;) au lieu de Beanqoura, ou bien supposer qu'il s'agit du concile de 314.

(2) Il faut entendre que les évêques d'Orient envoyèrent vingt-cinq canons a\i\ évêques d'Italie. Ce sonlles vinst-cinq canons du concile d'Antioclie qui figurent plus haut dans le manuscrit syriaque 62 et qui se trouvent dans toutes les collections de conciles (Cf. Har- douin,I, 591-COC) et les évêques d'Italie, de leur coté, envoyèrent les seize canons qu'on va lire, aux évêques d'Orient. Il est encore possible que le compilateur ait en vue la profession de foi envoyée aux évêques d'Italie en 3n (trois ans après le concile d'An- lioche) rapportée par Socrate, II. 1!).

CONCILE D'aNTIOCHE. 17

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ORIENT CHRÉTIEN. 2

18 REVUE DE l/ORlENT CHRÉTIEN.

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CONCILE d'aNTIOCHE. 19

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(1) V om. les quatre noms précédents.

(2) En marge des deux mss. encadré de rouge |i■ûaI.o^^.

20 Ri:vi E DE l'orient chrétien.

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CONCILE d'ANTIOCHE. 21

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(1) En marge '*"*• Ces chiffres figurent dans le texte de V.

(2) Uo» sec. m. supra lin.

(3) ow Ms. In marg. (pr. manu) "«•

(4) Ij^ Ms. cum " supra lin.

22 REVUE i>i; I. 'orient chrétien.

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CONCILE d'antioche. 23

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24 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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(1) En marbre des doux mss. It^o-v

LETTRE D'ITALIE. 25

(I

Autres cations {ti''és) d'une lettre qui fut écrite d' Italie aux évêques d'Orient. [Ce sontceux qui ont été envoyés par les évêques assemblés à Antioche] (1).

8 (I). Si quelqu'un est convaincu d'incantation ou de magie, on lui appliquera le même temps qu'à un meurtrier, car il tombait bien ainsi dans le péché d'un meurtrier, puisqu'il se tuait lui-même, c'est-à-dire vingt-sept ans.

9 (11). Si un homme évoque les morts i"?).ilsera dix ans sans prendre part à la communion : car il passera deux ans dans les pleurs à la porte de l'Église, il sera auditeur trois ans. il pliera le genou dans la pénitence durant quatre ans et il passera un an avec les fidèles dans la prière sans communion. Après cela, il sera reçu dans (l'ordre de) parfait et on lui don- nera la communion.

10 (111). Celui qui se marie avec sa sœur, on lui appliquera le temps d'un meurtrier.

11 (IV). Si quelqu'un s'unit à sa tante, cest-à-dire à la sœur de son père, à la sœur de sa mère ou à sa belle-mère, on lui appliquera le canon (la peine) des adultères.

12 (V). Le lecteur qui a rapport avec sa future avant la noce sera un an sans remplir sa charge, on le recevra (ensuite) dans l'ordre du lec- teur et il pourra même recevoir un autre ordre si c'est nécessaire. S'il a volé le mariage (sic) avant les fiançailles, il sera privé de son office.

1.3 (VI). Le diacre qui a souillé ses lèvres par un baiser et qui confesse qu'il n'a péché que jusque-là, sera privé de son office, mais il lui sera permis de prendre part à la communion avec les diacres, de même pour un prêtre. Mais si quelqu'un parait avoir péché plus que cela, en quelque ordre qu'il soit, il le perdra complètement.

14 (VII). Si un homme connaissait celui qui commettait les péchés dont nous venons de parler, mais ne le raconta et ne le révéla pas jusqu'à ce qu'il fût réprimandé, on lui imputera le temps de celui qui a commis ces maux et il tombera sous la même sentence.

15 (VIII). Si un homme s'adonne aux devins, celui qui agit ainsi sera aussi frappé du temps d'un meurtrier.

16 (IX). Si quelqu'un renie le Messie et passe sur le signe sauveur (la croix), il lui faudra demeurer dans les pleurs tous les jours de sa vie. Au moment il quittera ce monde, il sera gratifié de la communion dans la foi de la charité divine.

17 (X). Si quelqu'un était (tombé) dans les péchés écrits plus haut,

(1) Les mots mis entre crochets, qui sont en contradiction avec les précédents et avec la finale de la pièce, sont une addition du sci ibe qui a confondu les 26 canons envoyés d'Aiili'Che à Rome avec les 16 envoyés de Rome à Antioche. A moins de supposer que les seize canons furent envoyés d'Antioche à Rome et furent ensuite retournés avec une lettre d'approbation en Orient.

26 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

et a paru ensuite les confesser avec soin; celui auquel la charité divine a confié le soin de délier et de lier ne devra pas être blâmé si en cons- tatant que la pénitence du pécheur est au delà de la mesure il a jugé à propos d'user de charité et de diminuer à sa volonté le temps fixé contre lui, car les histoires des livres nous apprennent que la miséricorde divine s'étend facilement sur ceux qui confessent leurs péchés avec une grande douleur; car ceux-là ne sont pas comptés parmi ceux qui se rebellent contre le corps du Messie.

18 (XI). Si quelqu'un se souille avec sa sœur de père ou de mère, on ne le laissera pas entrer au lieu de la prière jusqu'à ce qu'il se soit éloigné de son péché honteux de prévarication. Quand il en sera arrivé à se rendre compte du grand péché qu'il a commis, il demeurera dans les pleurs à la porte de l'Église (durant trois ans) à supplier le peuple qui va à la prière de prier tous Dieu pour lui de tout leur cœur et de toute leur pensée. Après ces trois ans, il sera reçu trois autres années avec les auditeurs seulement ; après avoir entendu la (lecture) des livres et les instructions, il sortira comme n'étant pas digne de prendre part à la prière. Après cela, s'il le demande avec larmes et s'il tombe devant le Seigneur avec un cœur contrit et une vive contrition, on lui accordera de s'agenouiller trois autres années avec les pénitents. Quand il aura montré les fruits con- venables de pénitence, il sera admis, la dixième année, à la prière avec les fidèles, mais pas à la communion ; quand il aura passé deux ans dans la prière avec les fidèles, il sera jugé digne de participer aux divins mys- tères. — On suivra la même marche pour ceux qui épousent leur belle- fille.

19 (XII). Celui qui abandonnera son épouse légale et en prendra une autre tombera sous la peine de l'adultère, d'après le jugement de Notre- Seigneur. Car nos pères ont décidé qu'il passera une année dans les pleurs en dehors des portes de l'Église sans entrer, puis il sera deux ans avec les auditeurs, s'agenouillera trois ans avec les pénitents et, la sep- tième année, se tiendra avec les fidèles à la prière, mais pas à la commu- nion; après quoi il sera admis à la communion s'il s'est repenti avec larmes. On suivra la même marche pour ceux qui ont vécu avec deux sœurs, même à des époques difîérentes.

20 (XIII). Ceux qui pèchent avec les femmes de leurs ascendants tombent sous le même canon que ceux qui pèchent et se souillent avec leurs sœurs.

21 (XIV). Dans leurs canons, les pères ne mentionnent pas la poly- gamie, comme si elle était une chose animale complètement étrangère à notre genre humain. Il nous semble que c'est un péché plus grand que la fornication ; on imposera donc la peine suivante aux fidèles laïques qui sont dans ce cas : quand ils auront passé une année dans les- pleurs en dehors de l'église, ils seront auditeurs durant deux ans, s'agenouilleront trois ans avec les pénitents et ensuite seront reçus. Si ce sont des clercs, ils seront d'abord privés de leurs ordres, puis on doublera pour eux les durées précédentes. Si parfois ils avaient été prêtres, ils seront chassés complètement de l'église jusqu'à la fin de leur vie.

LETTRE DITALIE. 27

22 (XV). Pour ceux qui ont manqué à leurs serments (renié la foi?), si c'est la violence ou la nécessité qui leur a fait transgresser leurs ser- ments, on les soumettra à une peine plus légère, ils seront reçus au bout de six ans. Si c'est sans nécessité qu'ils ont livré leur foi et transgressé les serments qu'ils avaient fait, ils demeureront deux ans dans les pleurs (en dehors de l'Église), seront auditeurs deux ans, s'agenouilleront dans la prière avec les pénitents durant cinq ans, prieront deux autres années avec les fidèles sans (recevoir) la communion et enfin, après onze ans, quand ils auront montré la pénitence convenable, on les jugera dignes de parti- ciper à la réception des saints mystères.

23 (XVI). Ceux qui font de la divination et suivent les habitudes des païens, ou font venir chez eux des hommes pour faire des incantations et des purifications, passeront une année entière dans les pleurs (en dehors de l'Église), seront auditeurs durant une autre année, s'agenouilleront trois ans avec les pénitents, demeureront un an dans la prière avec les fidèles sans communion, puis seront reçus.

24. Nous avons écrit tout cela, pour chercher à scruter les effets de la pénitence, car nous ne jugeons pas ceux-là d'après le temps (d'après la longueur du temps), mais nous les éprouvons durant le temps de la péni- tence. Si c'est pénible et impossible pour certains d'après leurs habitudes, s'ils cherchent les voluptés de leur chair plutôt que de se soumettre au Seigneur, s'ils n'acceptent pas de vivre selon les préceptes de l'Évangile, nous n'avons même pas une parole de concorde pour eux, mais nous avons appris à dire au peuple désobéissant et aux hérétiques : « Sauve, sauve ton âme, ne demeure pas pour être pris ». Nous ne voulons donc pas périr avec ceux-là.

Fin des seize canons de la lettre écrite d'Italie aux évêques de l'Orient.

TEXTE

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28 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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LETTRE d'iTALIE. 29

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30 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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V.ETTRE d'iTALIE. 31

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32 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

Twv àyiwv âiro(yT6>.<«)V éinT^p-ia tûv xapairtTCTcivTwv (1),

1. [Et Tiç è'Kiay.Q'Koi; v) irpscrêuTepoç Sw yuvaijà <fCk/iii.x xopveixç, x.aôaipeiaGw] [2).

2. El T'.ç éTrtGXOTro; v) TrpecêuTepoç vi i^taxovoç Spa^erat y^var/ca èv (TXOTeî:>c, '/taôxtpeiffÔto.

3. El Tiç é7r'!(TXon:oç ri 7rpe<T€uT6poç vi ^txxovoç év ffu^arcoaiw xaQe- ^6(Jt.6vo; yuvxi^t éauTov èx' ày/twvoi; ÊxT^ufraç èiràvct) 6/,Xeîov (3), xa- ôatpeîffGtt) (4).

4. Tiç >.aï)tô; ué'pi'cet tov Upsa, àvaôefxaxt^éGGw.

5. RXviptxôç (5) eàv ûêpiav; TupeaêuTspov yi ^tay.ovov, âipopt^édôo) (6).

6. Ot'. 5^p"^ Toùç lepeîç (jtoiTcàv otà çôêov àvGpcoTCtvov toi; ûi;o- TrîiTTOuç: TOtç lepoTç xavdfft >cai {/.•/) è>.éyy_ovTaç aùxoù; sùîtaipcoç à/tai- pw;, àXkk (TicoTToivTaç w; (poêouf^évouç xa6atpet(j6at irpoffTàcffo- {..ev (7J.

7. Ot'. ypv) [xsffov duo Tcpeffêurepoiv xa9e^ot/.£V(«)v ^taxovov eî(T- £>>6eîv aùOaSàiç xat xaôecOr.vai TtXviv sTCotoTrou, xîtl ei (popaOvi toùto TTOtvÎGa;, xaGatpsicGw (8). Aaï)t6ç toûto Troivî^aç àcpopt^s'aÔco (9).

8. (lO)Oùx ï^inn "kccï'Abv ûêp{(^etv i?i sTnir'Xvi'TTsiv Upéa r, GexTpi^eiv ri /caTviyopt'aç xotêîv, )cai et <:j)0pa6-^ touto (11) xof4<7a?, àv«cÔ£p.aTi^écG(o xai à7To€a>.\é<7G(o èjc (12) ttïç èxxV/iGiaç, àpj^ovra yàp toS XaoC aou oùx. èpetç Kaxîoç.

9. "Oti oÙ)c l^eGTt >.aï5totç ri y-XYiptxot;, aùGa^wç èxtrpéTretv tov Upéa Tt, eiTS eîç îepaTeîov eiciEvai, sire aXko Tt, âX)^à tw îSico 6Ê>.^'{J!.aTt xai §ou>.7)(AaTt (13) too tepétoç.

(1) Coislin 211, fol. '279' (C). Nous utilisons aussi le ms, grec de Paris, 1330, qui porte les canons 2, 4. 6 (B). et les éditions Pitra, Juris eccles. Gi^aeci hisl. etmonum., I, 105-107 (P) et F. X. Funk, Didascalia el Conslitutiones Aposloloruni, Paderborn, 1905, 11, p. 154-157 (F). Pitra a utilisé le ms. vatic. 828 et un ms. ottob.; Funk a reproduit le Vatic. 828. Dans le Coislin 211, cette pièce suit immédiatement le concile des apôtres à Autioche. B a pour titre : twv àyîwv à7to(TT(5Xwv. Le ms. 1152 (D) résume 10-15, 17, 20 à 23, 25.

[2) Sic FP, om. BC. (3) ôtiXeiûv, C. (4) Sic PC, om. BF. - (5) FP add. 6c.

(6) B om. 5.

(7) Hic desinit B. (8) 'AçopiÇiaôto, P.

(9) 'AvaOetiaxiÇéffÔw xal à7to6«).).£ffOw (P add. àitb) xf]; èxxXTjdîaç. FP.

(10) FP add. oT(. (11) C om. toûto. (12) FP om. èx. (13) PovXevi|iaTi, FP.

PEINES PORTÉES PAR LES APOTRES. 33

Tïjç âvca; auvôîou twv àyicov TCaxépwv [voici le résuiiié de cette incidente^ :

Les moines ne doivent rien faire sans Tavis du prêtre ou de l'hégoumène.

Le prêtre séculier ne peut se faire moine, à moins que les liégoumènes ne soient prêtres.

(Du IV' concile). Il n'est pas permis à ceux qui ont quitté le sacerdoce pour la vie monacale de revenir au sacerdoce...

Celui qui enlève une religieuse et la souille ne communiera pas durant vingt ans. Elle de même, dans les jeûnes et les prières.

Celui qui s'est fait moine et qui mène une vie vertueuse, sera fait diacre et prêtre, qu'il le veuille ou ne le veuille pas, car il en est digne.

Il ne faut pas que les moines en arrivent à résister au prê- tre en quoi que ce soit, surtout s'il se conduit bien. S'ils per- sistent, on les chassera de l'église et on les privera des saints mystères durant six mois. {Vient ensuite :)

10. 'O yor,T£'-xv /tal ç.3cp{xa/ceiav i<:,xyo^vj(ù^ s'ittco àx.o'.vtôvr.To; Itv) y,' (l).

10'"^ Ot [xavTSUciv éx'jTOJ; £-;S;^6vts; sÏtIv xx-o-vcôvriTO'. ïr/i /. (2).

11. 'O iy.Quaiiùç cpovE'jcaç àçopi^écÔw ecoç tsXou; tv^; (^cor,; aù-

TOCi (3).

12 (fol. 280^). 'O à-/.ouct(j); (povÊ'Jffaç sTr, iiixcc èyJlvjaoï.^ Guva-o(7Tolo'. [y.ou, èyw IlsTpoç xsXeua) êv^e/.a eTV) à;tO'.voL>vr,To;

ÏGTOi (4).

13. 'O Twopvoç ecTW ày.O'.vwv/iTo; st'/i iTzxx (5).

(1) Basilp, canon 65, lui impose aussi ■• le temps d'un meurtrier •• comme la lettre d'Italie.

(2) FP om. 10''-.

(3) Sic Ancyre. canon 22; Basile (canon 55) impose vingt ans. On a vu que la lettre d'Italie porte vingt-sept ans.

(4) Ancyre, canon 23, mentionne deux règles qui imposent une pénitence de sept ans et de cinq ans pour le meurtre involontaire, Basile impose dix ans (canon 57) et onze ans (canon H); D porte cinq ans.

(5) G porte iativ (I. sotw) et om. eTr). Cf. Basile, 59.

ORIENT CHRÉTIEN. 3

34 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN. '

14. 'O u.0'./_0(; êV/i '.^ (1).

15. riepl Toiv yuva'./.wv tcôv èjCTTopvc'jou'Jcôv /.al cuouàaî^O'jfTÙv ^wo- ' <p6o3tav (2) TCO'.eTv, oizoic, àva'.pûict (3) Ta Ppéçv), P'-'/p'? è^oSo'j t!/u- ! /TiÇ (/.r, /.oivcoveiv, aÙTaïç çiT^avSpwTTOTepov ôp(^o[/.ev riéy.x "sTr, sEw Tr.ç j sxx.lyKTiaç (4). ,

16. ruvvi èàv TTopveuT*/) stç ^ijo â^£).(poùç, (J!.S"/p'- OavicTOU jxr, yCO'.vw- veÎTO) (5). •!

17. 'A^eXoofX'.^ia ïzr, /t (6).

18. El Tvjv âos>.<pr,v T71V loiav 1/. TraToôç îtai (/.yixpoç ij^Yj T'.ç, xai 7vpoG£X6v] T'?! [/.sravoiz, exT) xe' {jlv; /.oivwveiTo) (7). j

19^ 'O (8) TYiv iSioL^ vujx^viv P'.ac7X[y,£V0ç sTyi /,£ .

20. 'O T'Àv à'7yviu.oi7Ùvviv £v Totç apaeçiv £7r'.^etx.vup.£V0(; £Tn -.^ (9). ;

21. 'O £v Toî; àT^oyoi; (10) àGyyijxocuvriV xo'.ûv, Itv) tb .

22. 'Ezv T'.ç ê'ywv yovaîxa £o6aG£ Trpôç y^paç, xal àloyeuêTai, p.£j^p'.ç È^doou <]^u)r'^ç p'-Vi x.oivct)V£iToj (11;. [

23. 'O Ti>[;.êcopuj(^oç (xr, )co'.vo)V£iTOj exr, (12). I

24. 'O £7riOp)COÇ [XVI y.0lVCOV£lT(O (13) £T71 '.£ . j

25. 'O £^ àvzyy.viç -/.al pia; ÈTUtopxyfTaç [xr, xo'.vct)V£iTco ÏTVi ;

l' (14).

i Le manuscrit Coislin 211 ajoute ensuite des canons de saint i Basile zepi iJ.aAay.iaç (cf. Pitra, Spic. soi, IV, 459), puis des ca- nons d'Ancyre sur le même sujet: il résume enfin les 85 ca- nons des apôtres. j

(1) Basile (canon 58) impose quinze ans, et Ancyre (canon 20) impose sept i ans. i

(2) FP om xott (TTTouS. et portent ÇwojpOopia;.

(3) 'Avatpoùat, FP.

(4) Sic Ancyre, canon 21 ; D porte six ans. ;

(5) KoivwvïjdTi, FP. Cf. Ancyre. canon 2.

(6) Basile, canon 67, impose le temps d'un meurtrier (vingt ans). ;

(7) FP om. El (in.) et portent piaffâjievoç, éàv fl. ay^fj ti;, xaî). Cf. Basile, ca- j non 75. \

(8) FP om. 6. Cf. Basile, canon 76.

(9) Cf. Basile, canon 72; D porte huit ans.

(10) 'Ev àXÔYot; Tr,v, FP. Cf. Basile, 73. I

(11) Cf. Ancyre, canon 15. |

(12) Basile, canon 66, impose dix ans. De même dans le cas suivant, ca- l non 64. '•

(13) FP om. (jL-n xoiv. |

(14) Basile, canon 82, impose six ans.

RÉPONSES DE TIMOTHEE. 35

III

[1] (1) Questions proposées à saint Timothée le Grand, patriarche d'Alexandrie.

25 (I). D. (2) Si un homme, tandis qu'il est auditeur, se trouve dans un endroit l'on donne la communion et la reçoit par inadvertance, que doit-il en advenir"?

B. 11 doit être baptisé (3), car il a été appelé par Dieu.

26 II). D. Faut-il baptiser un homme qui a un démon, du moins s'il est près de mourir (4) ?

H. Avant qu'il ne soit délivré de l'esprit impur, il ne faut pas le bap- tiser si la mort n'est pas prochaine ; mais si la mort est proche, on le bap- tisera.

27 (III). D. Si un fidèle a un démon, doit-il s'approcher pour recevoir les saints mystères ou non?

/?. S'il ne méprise pas les mystères et ne blasphème en aucune autre manière, qu'il s'approche, pas toujours, mais [seulement] les jours de fête (5).

28 (IV). D. Si un homme, tandis qu'il est auditeur, tombe malade et devient insensé au point de ne pouvoir plus confesser la foi (6), doit-il être baptisé avant de mourir ou non?

H. S'il n'est pas tenté par l'esprit impur, il convient qu'il soit baptisé.

29 (V). /). Si un homme et sa femme ont rapport ensemble, convient-il qu'ils s'approchent des saints mystères ou non?

H. Il ne convient pas qu'ils s'en approchent le même jour, car l'Apôtre divin a dit : A'e vous privez point l'un l'autre si ce n'est d'un consentement mutuel et pour un temps, afin de vaquer au Jeûne et à la prière, puis re- tournez à la même chose, afin que Satan ne tjous tente pas à cause de lu passion de vos corps (1 Cor., vu, 5).

30 (VI). D. Si une femme (7) a donné son nom pour être baptisée et que le jour du baptême elle ait ses règles, faut-il la baptiser ou la retarder et de combien faut-il la retarder?

(1) Ces chiffres gras renvoient aux pages de la lithograpliie qui sera ajoutée au tirage à part. En 190:2, nous avions lait lithographier une cinquantaine de pages de syriaque que nous utiliserons petit à petit. Nous avions préparé aussi l'édition de l'Iiistoire de « Pau l'évêque et Jean le prêtre ». Nous l'avons remise à M»'' Ralimani, en août 19G7, avec intro ductioii, traduction, copie du texte grec et copie ou collation de quatre mss. syriaques.

2) Le grec [)orte : si un enfant catéchumène d'environ sept ans ou un homme fait ■•

i,3) En grec : çtoTtaÔ^vat ôcpsi).et.

(4) Le grec porte : si un catéchumène est possédé du démon et que lui ou les siens veuillent qu'il reçoive le saint baptême, doit-il le recevoir ou non, et surtout s'il est prés de la mort ».

(5) Dans le grec : xaià xaipoùî (jlÔvov.

(6) Le grec porte en plus : « et que les siens demandent qu'il reçoive le saint baptême tandis qu'il vit ».

(7; Le grec ajoute : catéchumène ».

36 REVUE m: lorient chrétien.

B. Il faut qu'elle attende jusqu'à ce qu'elle soit purifiée.

31 (VII). D. Si une femme fidèle a ses règles, doit-elle s'approcher ce jour-là pour recevoir les saints mystères ou non?

B. 11 ne convient pas quelle sapproche avant d'être purifiée.

32 (VIII). D. Si une femme enfante durant la grande semaine de la Passion, faut-il qu'elle jeûne et qu'elle ne boive pas de vin. ou lui est-il permis de boire du vin parce qu'elle enfante?

B. Le jeune est fait pour affaiblir le corps, si donc le corps est affaibli par la maladie et la .souffrance, il convient de le sustenter par la nourriture et la boisson qu'il pourra sup])orter.

33 (IX), D. Un clerc peut il prier dans le voisinage des ariens ou des autres hérétiques, ou n'y a-t-il aucun mal s'il fait la prière, c'est-à-dire l'offrande (la communion)?

H. Au moment de la sainte offrande (communion), le diacre crie au mo- ment de la paix : « Que ceux qui ne participent pas .sortent ». Il ne con- vient donc pas qu'ils restent s'ils ne confessent pas qu'ils se repentent et qu'ils fuient leur hérésie.

34 (X). D. Si un homme est malade et que son corps se dessèche par suite d'une longue maladie, et que la semaine de la Passion arrive, con- vient-il que le clerc lui permette d"user de vin et d'huile à cause de sa maladie ou non?

/?. 11 faut permettre à celui qui est malade d'user de la nourriture et de la boisson«qu'il peut supporter (I).

35 (XI). D. Si un homme appelle un clerc pour prier dans un repas nuptial illégal, doit il y aller ou non (2)?

H. (3) S'il apprend qu'il s'agit d'un mariage [2] illégal, il ne lui est pas permis d'y aller afin de ne pas participer aux péchés des autres.

36 (XII). D. Si un séculier a eu une pollution nocturne et interroge un clerc, faut-il lui conseiller de recevoir la communion ou non?

H. S'il avait eu auparavant désir de femme, il ne le faut pas. mais si Satan le tente, afin de le priver pour cette cause de la réception des saints mystères, il convient qu'il communie : car le tentateur ne cesserait pas de le tenter au moment il lui est utile de communier.

37 (XIII). D- Pour ceux qui sont mariés, en quels jours (4) devons-nous les exhorter à s'éloigner des rapports conjugaux et en quels jours [non]?

/?. Ce que j'ai dit plus haut, je le répète encore, que le saint apôtre a dit : Ne vous privez point l'un l'autre si ce n'est d'un consentement mutuel et pour un temps, afin de vaquer au jeûne et à la prière, puis retournez à la même chose, afin que Satan ne vous tente pas à cause de la passion de vos

H) Le grec porte en i)lus : n car se servir d'Iiuile pour celui ijui est une fois atTaihIi par la maladie, est juste >.

(2) Le grec porte : Si quelqu'un appelle un clerc pour lairo un iuariaî,'e et qu'il en tende (dire) que le mariage est illicite s'il s'agissait du mariage d'une tante, nu si celle qui doit se marier était la sœur de l'épouse défunte, - le clerc doit-il suivre et faire l'oblation?

(3) Le grec écrit auparavant : " dites une fois ..

(4) Le grec a en plus : de la semaine «■.

PHILOXKXE, BASILE, GRÉGOIRE, DAMASE. 37

corijs (1). Ainsi il convient nécessairement qu'ils s'éloignent des rapports conjugaux le samedi et le dimanche (2), parce qu'en ces jours on offre le sacrifice spirituel à Dieu.

38 (XlVi. I). Si un homme se suicide lorsqu'il n'a pas i^sa) connais- sance et se jette et se tue (3;, doit-on offrir l'offrande (le saint sacrifice) pour lui, ou non?

/?. 11 faut que le clerc recherche avec soin si c'est en vérité sans avoir 'sa) connaissance qu'il a fait cela; s'il arrive qu'il l'ait fait par petitesse d'esprit ou par souffrance et que sa famille mente et dise qu'il n'avait pas sa connaissance afin (ju'il ait l'offrande (le saint sacrifice] (4), il ne con- vient pas alors qu'il ait lotfrande [\o saint sacrifice). Il convient donc que le clerc s'informe avec soin pour ne pas tomber sous le blâme.

39 (XV). D. Si une femme a un démon et en souffre au point qu'on soit obligé de la mettre aux fers, et que son mari dise qu'il ne peut patienter et qu'il demande à prendre une femme, peut-il en prendre i^une) ou non?

R. L'adultère s'introduit dans (cette) affaire, aussi tu ne répondras pas (5).

[Fin des quinze questions proposées à Timothée le Grand, pape d'Alexan- drie, qui vivait au temps du concile des cent cinquante Pères à Constanti- nople {Sic le ms. 62)].

IV

De saint Philoxène de Mabboug. De la lettre sur le zèle {religieux) qu'il écrivit aux monastères. Il dit :

40 (1). Le moine qui, pour un présent, se relâche de son zèle est le compagnon du traître Judas. Celui-ci le vendit pour de l'argent et lui le vend pour des poignées d'orge et des morceaux de pain, Judas ne l'a

(1) I Cor., VII, o.

{-2) Un scribe a ajouté en marge du manuscrit de Paris : et durant le jeune des qua- rante (jours) et les fêtes du Seigneur ». On trouve celte extension dans des textes coptes. V. Revillout, Journal asiatique, 1875, t. V, p. î>o.">.

(3) Le grec n'a pas : « et se lue ».

(4) Le texte grec dilîère un peu du syriaque.

(5) Le grec porte ; >< je n'ai pas et je ne trouve pas que répondre », puis ajoute trois canons :

16. D. Si quelqu'un, jeûnant pour communier, boit Ue l'eau sans le vouloir en se la vant la bouche ou dans un bain, doit-il communier?

R. Parce que Salan a trouvé ainsi occasion de l'empéclier de communier, il le fera plus souvent.

17. D. Entendant souvent la parole de Dieu et ne la faisant pas, sommes-nous exposés au jugement?

R. Si nous ne le faisons pas, il ne convient pas non plus de nous accuser d'entendre et de ne pas obéir. Cependant c'est une partie du salut que de s'accuser soi-même.

18. Z>. A partir de quel âge les péchés sonl-ils jugés par Dieu?

R. D'après la connaissance et la prudence de chacun; pour les uns à partir de dix ans, pour d'autres encore plus. Dans certaines collections coptes, les réponses de Ti- mothée sont attribuées à Pierre son prédécesseur. V. Revillout, loc. cit., p. 557.

38 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

vendu quune fois et lui le vend tous les jours. Le moine qui fait acception de personne ne connaît pas Dieu.

41 (II). Le moine qui craint le pouvoir et qui arrête son zèle ne con- naît pas le Messie.

42 (111). Le moine qui se conduit de la même manière avec tout le monde par hypocrisie a revêtu la personne d'un démon.

43 (IV). Le moine qui revêt un sac et tait la vérité a pour vêtement la lèpre de Giézi.

44 (V). Le moine qui est visité de la grâce et se tait au sujet de la foi aura la bouche fermée au dernier jour comme celle de Légion (du démon, cf. Marc, v, 9).

45 (VI). Le moine qui est le compagnon des nouveaux .luifs crucifie le Messie ave les anciens Juifs.

46 (VII). Le moine qui. au moment il faut faire la guerre., se tait sous le prétexte de son ministère pacifique, est le ministre de Satan.

De saint Basile : au sujet des hérétiques qui persécutent les orthnioxes. de la lettre aux moines.

47. Il est tout particulierà l'hérésie qu'au moment elle est vaincue en paroles et elle est confondue et repoussée par la vérité, de marty" riser ceux qu'elle n"a pu persuader en paroles en s'efforçantde les conduire par la violence, par les coups et par les chaînes; elle se ré'C^èle ainsi, car il faudrait en tout ne pas contraindre, mais persuader. Le Maître lui-même, comme nous l'avons dit, disait : Que celui qui le veut vienne à ma suite, sans conduire par la violence, mais en s'en remettant à la volonté ; et à ses dis- ciples : Est-ce que vous aussi vous voulez partir? Ce qui est tout à fait étranger à la piété ne peut donc être fait que par un adversaire de notre Sauveur.

De saint Grégoire le Théologien :

48. Ce qui vient par la violence est en dehors de notre demeure.

De saint Damase, évêque de Rome, du troisième livre :

49 (I). Heureux celui qui confesse un Dieu, Père, Vus et Saint-Esprit.

50 (II). Heureux celui qui ne reconnaît pour Dieu que le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

51 (III). Heureux qui reconnaît comme vrai Dieu. Dieu le Père et le Fils, et le Saint-Esprit.

52 (IV). Heureux celui qui ne fait ni augmentation, ni diminution à l'unique nature du Père, du Fils et du Saint-E.sprit.

53 (V). Heureux celui qui confesse que les propriétés des noms c'est-à-dire du Père, du Fils et du Saint-Esprit sont de trois personnes (irpôaojra) subsistantes. Quand je dis (un Dieu), j'enseigne l'unité de la di- vinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. (Quand je dis) un seul Dieu, j'enseigne l'unité de sa nature, (Quand je dis) Dieu tout-puissant, j'enseigne l'essence (oùafa) toute-puissante.

RÉPONSES DES SAINTS PÈRES. 39

rS] Chapitres qui furent écrits de l'Orient. Leurs questium furent présentées aux saints Pères et elles reçurent la réponse suivante :

54 (I). Ceux qui ont été baptisés par des hommes qui n'étaient pas faits prêtres, seront baptisés comme s'ils ne l'avaient pas été.

55 (II). Les enfants sauvés de la captivité si l'on ne connaît pas leurs parents ou leur famille qui témoignent qu'ils ont été baptisés, et s'il n'y a personne autre pour témoigner qu'ils ont été jugés dignes du bap- tême — seront baptisés. Celui qui les baptisera dira : « Je baptise un tel, s'il n'est pas baptisé, au nom du Père, du Hls et du Saint-Esprit ». Quant à ceux pour lesquels on ne .sait pas au juste s'ils sont baptisés ou ne le sont pas, il est préférable de les baptiser une seconde fois (jue de les laisser privés de ce don, car l'esprit de Dieu n'e.>;t pas opposé à lui-même et s'ils ont reçu le don une fois, ils ne recevront rien de contraire par le second baptême, comme d'ailleurs ils n'auront aucun accroissement.

56 (III). Ceux qui ont été baptisés par les diacres seront complétés par le signe (ronction) du ppov. On fera la prière qui a rapport à ce signe, lequel on a coutume de conférer après le baptême. Le diacre qui baptise en dehors d'un danger de mort encourt une punition.

57 (IV). Ceux qui ont été baptisés par des prêtres et n'ont pas été signés du saint jjiûpov, seront complétés par le signe du ppov, avec la prière que l'on fait sur ceux que l'on signe (ainsi).

58 (V). Les autels qui ont été oints par les prêtres, il convient que l'évéque les complète par le signe de la croix, sans [lûpov, en disant: (que) cet autel soit sanctifié et complété, au nom du Père et du Fils et du Saint- Esprit. Cela suffit, ils n'ont pas besoin d'une autre prière.

59 (VI). Il est évident que les canons défendent à ceux qui souffrent par l'opération des démons de participer aux saints mystères; mais comme nous trouvons que les saints Timothéf^, arclievêque [supra, 27) et Sévère, patriarche, ont adouci miséricordieusement en cette affaire, nous disons : Si celui qui souffre de l'opération des démons fait tout ce qu'il doit, s'il pratique le jeûne, s'il est fidèle aux prières, s'il réprime et subjugue son corps, s'il observe l'abstinence, les veilles et les autres pratiques qui plaisent à Dieu, enfin si celui qui est troublé à certain moment par le dé- mon a l'esprit sain lorsqu'il n'est pas soumis à son opération, on le laissera à sa volonté et à sa conscience ; s'il veut prendre part aux saints mystères, après qu'on (lui) aura imposé le jeune, la prière et les autres pratiques analogues on les lui imposera nécessairement, parce que Notre-Sei- gneur a dit : Ce genre ne sort pas, si ce n'est par le Jeûne et la prière (1) si donc, quand on fait cela, il n'est pas guéri, il est évident que cette épreuve lui vient pour l'éprouver ou pour une autre chose que Dieu [seulj connaît, et qu'il lui est utile d'être châtié de cette manière. Comme il a fait

' (1) Marc. IX, -28.

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ce qu'il devait, il est juste qu'il participe à la mesure miséricordieuse qui a plu aux Pères.

60 (Vil). Si quelqu'un a reçu une ordination et qu'un démon domine ensuite sur lui, [4] ou n'a pas encore été ordonné et souffre l'opération de l'esprit adverse, puis se trouve délivré du trouble (lue le démon lui causait, il convient d'attendre longtemps. Si pendant un long espace de temps il ne prête pas à réprimande, celui qui est ordonné exercera ses fonctions et celui qui n'est pas ordonné pourra être [non seulement diacre ou prêtre mais encore] évêque, si on en a besoin et si sa conduite l'en rend digne.

(61) (Vlll). On ne permettra pas à un prêtre d'oindre un autel. Si un autel est [oint et] fixé dans un autre endroit, le prêtre [pourraj le déplacer et le fixer ailleurs partout ce sera nécessaire, mais il ne le fera pas sans la permission de l'évêque.

62 (IX). La coutume qui existe en Orient, (jue les supérieures de monastère soient diaconesses et partagent les mystères à celles qui sont sous leur pouvoir, sera conservée partout il n'y a qu'une diaconesse, s'il ne se rencontre pas de prêtre ou de diacre dans l'endroit l'on par- tage les mystères; mais si l'on trouve dans leur voisinage un prêtre pur ou un diacre, elles ne les donneront pas.

63 (X). Quant aux autels qui se trouvent dans les églises ou les mo- nastères dans les pays dévastés par les barbares et dont on ne sait pas s'ils ont été oints, s'ils sont de bois matière que l'on trouve en tout pays on les mettra dans la sacristie avec honneur, comme pour y quitter les habits (sacerdotaux) ou pour y placer les calices, les coupes et les autres ustensiles du service, mais on n'offrira jamais (le saint sacrifice) sur eux: s'ils sont de marbre que l'on ne trouve pas dans le pays, on les oindra, mais l'évêque chargé de les oindre dira : « Nous oignons cet autel s'il n'a pas été oint ».

64 (XI). L'ordination de la diaconesse aura lieu selon la coutume du pays. Nous avons appris que dans l'Orient [l'évêque] lui jette aussi un orariuin sur l'épaule comme p;iur le diacre.

65 (-MI). Une église ou un mnrtijrinm sera sanctifié de la manière suivante : L'évêque s'y rendra la veille, fixera l'autel et le sanctifiera; le jour d'après il s'y rendra et, si c'est un mnrtyrium, il priera, placpra les os des martyrs ou des apôtres dans leurs urnes, fera la prière de la déposi- tion des ossements et oindra leurs urnes avec Vajtobnisnmon ou l'huile suave, c'est-à-dire : il ne les sanctifiera pas (comme l'autel), mais il les oindra seulement (1) On oindra par en haut de la même manière les grilles (cancelli) de la montée à l'autel. S'il y a une croix fixée dans la muraille (2), l'odeur suave lui arrivera (on l'encensera). Ensuite on accom- plira tout l'office [de la lecture] des livres (saints) et du saint sacrifice. Si le temps est tel que toutes ces choses soient difficiles à faire, l'évêque oindra l'autel et l'enverra, puis il permettra aux prêtres de faire tout le reste.

(1) I,e lexle porte en plus : « pour la lélicilo».

(i) Le texte porte en plus : de celui qui donne la paix •.

RÉPONSES DES SAINTS PÈRES. 41

'66 (XIII). Quant à ceux qui ont été emmenés de force par les héré- tiques et qui ont reçu une ordination tandis qu'ils anathématisaient ceux qui les ordonnaient et les empêchaient de les ordonner (validement) puis- qu'ils les anathématisaient, leur zèle mérite d'être loué, cependant il leur aurait fallu trouver moyen d'échapper à cette conjoncture. Il convient donc de laisser s'écouler pour eux le temps fixé pour ceux qui viennent de chez les hérétiques. Si l'évêque juge à propos, à cause de leur zèle, d'alléger un peu le canon (la règle) à leur égard, il fera bien. Quant à ce que certains hommes disent : [qu'ils n'ont reçu aucune ordination] parce qu'ils n'ont pas cru en recevoir et qu'il faut par suite les ordonner de nouveau, on y pourvoira en les recevant chez les orthodoxes de la même manière que ceux qui ont été ordonnés par leur volonté et qui sont tombés dans le péché de la communion avec les hérétiques.

67 (XIV). ^— Qu'un stylite puisse être ordonné prêtre tandis que celui qui l'ordonne reste à terre, .sans que l'évêque monte près de lui et sans qu'il descende de sa colonne près de l'évêque, les pères n'ont même pas voulu en entendre parler, comme d'une chose défendue et contraire à toute règle; il ne [leur] [5] a pas paru que cela ait (jamais) eu lieu.

68 (XV). Le frère qui vient pour l'ordination (sacerdotale) doit d'abord être diacre, si c'est facile il doit d'abord exercer le diaconat, ensuite il sera prêtre; si ce n'est pas facile et si la chose presse, dés qu'il sera diacre, on l'ordonnera prêtre.

69 XVI). Si une tablette (d'autel) qui est [ointe et] sanctiliée est posée sur une table non sanctifiée et que l'on offre le saint sacrifice sur elle, il ne s'ensuit pas que la table sera aussi sanctifiée, mais elle devra l'être part).

70 (XVII). Une tablette peinte ne sera pas sanctifiée.

71 (XVIII). En cas de danger de mort, le prêtre pourra donner le baptême sans être à jeun, ni lui ni celui qui est malade et qui vient pour être baptisé; celui-ci recevra la communion par nécessité [aussitôt qu'il aura été baptisé].

72 (XIX). 11 est évident que les prières faites sur le baptême et pour la déposition des saints ossements devront être faites aussi sur les aulels.

73 (XX). Ceux dont les enfants ont été baptisés par les hérétiques pendant qu'eux-mêmes étaient en rapport avec les orthodoxes, s'ils font une convention avec vous, en jurant sur l'Évangile, qu'ils n'iront plus près des hérétiques et ne donneront plus à leurs enfants la communion [de là], donnez-leur la communion, à eux et à leurs enfants; mais s'ils ne veulent pas que leurs enfants viennent près de vous, ne leur donnez pas la com- munion.

74 (XXI). Pour le baptême [de ceux] de chez Julien le Phantasiaste, il sera réputé comme celui [des chalcédoniens], car ils sont hérétiques aussi. Mais ceux qui communient avec les hérétiques et qui vous deman- dent de baptiser leurs enfants, vous les réprimanderez [et vous leur de- manderez de communier aussi avec vous chez les orthodoxes ; mais si ce n'est pas possible] pour une cause quelconque, baptisez- les en faisant un pacte avec eux, par des serments de Dieu, qu'ils ne les conduiront pas

42 REVUE DK l'orient CHRÉTIEN.

aux hérétiques, mais que les gens baptisés par vous resteront en commu- nion avec vous.

75 (XXII). Pour ceux qui disent qu'ils sont' prêtres et ne peuvent pas indiquer quel évêque les a ordonnés, mais quand on leur demande comment ils l'ont été disent que celui qui l'a fait leur a placé l'Évangile sur la tète, il faut savoir que ceux-là n'ont pas été (ordonnés i par des évoques, car il n'est aucun évêque qui ne sache que l'on ne place pas l'Évangile sur la tête du clerc quand on l'ordonne. 11 faut donc qu'ils cessent : s'ils résistent en disant qu'ils ont été faits clercs, qu'on leur de- mande d'indiquer qui les a faits. S'ils viennent à la science [et se repentent de la faute qu'ils ont commise] et confessent qu'ils n'ont pas été ordonnés, [puis qu'ils paraissent ensuite dignes de l'être], il est juste qu'ils le soient s'ils ne l'étaient pas. s'ils ont un (bon) témoignage et s'ils ont fait ce qu'ils devaient faire comme les autres qui deviennent clercs.

76 (XXIII). Poui- l'enfant qui a été mis par son père dans la cuve (capsa?) et lavé dans l'eau du baptême sans être oint auparavant de l'huile de l'onction, ni après du signe du ijiûpov, il a paru bon [aux pères] que le père reçoive une punition ecclésiastique celle que lévêque le croira capable de supporter pour que son péché lui soit remis et que d'autres n'imitent pas sa présomption. Quant à l'enfant, il sera baptisé par un prêtre fidèle, car c'est aux apôtres que Notre-Seigneur a dit et par eux à ceux qui ont reçu le don de la prêtrise : si vous remellez les péchés à quel- qu'un, ils lui seront remis, et encore : Allez baptiser tous les peuples, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. C'est en vertu de ce pouvoir et de cette permission que les prêtres baptisent et accomplissent tous les rites du baptême qui sont observés et [existent] dans l'église catho- lique.

77 (XXIV). Ceux qui donnent la communion aux enfants bien por- tants après qu'ils ont mangé, recevront l'ordre de ne plus agir ainsi ; si, après l'avertissement, ils agissent encore de la même manière, ils rece- vront la punition ecclésiastique qui paraîtra convenable à l'évêque. Il convient en effet que nous approchions des saints mystères en toute bonne disposition et pureté et il faut veiller à ce que personne n'en approche autrement, en dehors d'un danger ou de quelque maladie.

[6] 78 (XXV). Quant à ceux qui ont été baptisés ou ont reçu la pré trise des évêques partisans de la doctrine de Julien (d'Halicarnasse), il convient de les recevoir comme ceux qui se repentent et se convertissent du concile de Chalcédoine. La durée de l'épreuve de ceux qui ont reçu l'imposition des mains est au pouvoir de l'évêque qui agira comme il le croira utile à l'Église. Nous n'ignorons pas que saint Sévère le patriarche voulait que ceux du parti de Zebad soient ordonnés k nouveau, et cela avec raison, car il avait appris à son sujet diverses choses, en sus de l'hérésie pour lesquelles il ne le jugeait pas digne de portei- le nom dévêque; il nous parait que les gens ordonnés par Zebad doivent l'être à nouveau. Quant à ceux qui ont été baptisés par les prêtres ordonnés par Zebad. comme le patriarche ne nous ordonne rien à leur sujet, il ne nous parait pas bon d'introduire quelque nouveauté et d'exciter ainsi des troubles.

RÉPONSES DES SAINTS PÈRES. 43

Voilà à peu près vingt ans passés depuis tout ce qu'osa faire Zebad (1). nous avons trouvé le passage suivant dans un écrit de saint Sévère, intitulé Ka-à 'AvaypbTtov '?), c'est-à-dire contre ceux qui disent qu'il faut oindre nouveau] ceux qui ont été baptisés (par les partisans) du concile de Chal- cédoine quand ils se convertissent et reviennent comme ils le doivent [chez les orthodoxes] :

79. De saint Sévère : « Comme le médecin accompli dans la science [de la guérison], guérit d'une manière celui qui souffre d'une fièvre et d'une autre manière celui qui est atteint d'une crainte fébrile ou'par exemple d'une hydropisie ou d'une dilatation de la rate : ainsi ceux qui guérissent spirituellement et prudemment les Églises et les dirigent, ont jugé bon de séparer les divers genres d'hérésie. Ils n'ont pas appliqué le même re- mède à ceux qui s'associèrent à la corruption de Novatien et de Photin (2) et à ceux qui tombèrent dans le piège et l'hérésie de Paul de Samosate. Le canon dix-neuf des trois cent dix-huit Pères (3) ordonne que les parti- sans de Paul de Samosate seront baptisés de nouveau, tandis que les parti- sansde Photin etde Novatien qui se convertissent à l'église fidèle canon cent dix doivent être complétés par le signe du ;jL-jpov. Le concile réuni à Laodicée de P/i r y gie porta le même canon (4), bien que les malheureuses liérésies de Paul de Samosate et de Photin conduisent (5) aux mêmes absur- dités et ne soient pas différentes l'une de l'autre si ce n'est dans des détails. Puisqu'il en est ainsi nous suivons les traces de nos pères et nous ne demandons pas plus qu'il ne convient; nous ne remontons pas non plus aux anciens temps, aux choses qui ont paru bonnes alors à Cyprien et à ceux qui se réunirent en Afrique. »

80. Si quelqu'un insiste et dit : » Ce patriarche a écrit : nous ne rece- vons pas non plus le baptême des hérésies dont nous ne recevons pas les ordinations », qu'il sache, comme nous l'avons écrit plus haut, que Sévère ne rejetait pas seulement à cause de l'hérésie, l'imposition des mains (l'or- dination) faite par Zebad, mais encore pour d'autres causes, sinon il pourrait montrer de la même manière qu'il rejette l'imposition des mains des Phantasiastes, partisans de -Julien, qui fut le chef de cette hérésie. Cependant, comme nous l'avons dit, et d'après l'écrit que nous laissa ce

(i) Ce passage fixe la date de ce traité. Voir la note suivante.

(2) Évêque de Sirmium déposé dans un concile tenu en celte ville l'an 351, comme partisan de Sabellius et de Paul de Samosate. Tout ce passage ligure, sous une traduction ditTérenle, dans Select Letters of Seuerus, éditées et traduites par E. W. Brooks, Londres. 1904, p. 335 du texte. D'après les manuscrits de M. Brooks, ce passage a été écrit par Sé- vère durant son épiscopat, c'est-à-dire de 512 à 518. La présente lettre a donc été écrite vingt ans plus tard ou de 532 à 538.

(3) Canon 19 de Nicée.

(4) Le canon HO de Sévère est le canon 7 de Laodicée, comme ses canons 135 et 136 (Brooks, loc. cit., p. 307) sont les canons 32 et 33 de Laodicée. La collection grecque dont il se servait portait donc, comme le manuscrit syriaque, 62, mais avec une numérotation continue : les 20 canons de Nicée; les 2i canons d'Ancyre; les 14 canons de Néo- Césarée; les 20 canons de Gangres; les 25 canons d'Antioclie; les canons de I,ao- dicée.

(5) Lire Khoblon.

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saint patriarche, nous ne pressons pas plus qu'il ne convient les ordres qu'il a donnés et nous ne nous croyons pas plus sages que lui. Il a bien vu ce qui s'ensuivait nécessairement, à savoir que les gens ordonnés depuis longtemps par Zebad avaient fait de nombreux baptêmes, et ce- pendant, comme nousl'avons dit.il rejeta l'ordination, mais n'ordonna pas que les gens baptisés par eux le seraient à nouveau.

81 (XXVI). Pour ces prêtres et ces diacres qui s'anathématisent les uns. les autres, non pour cause d'hérésie, mais sans examen et sans dis- cernement, pour des motifs profanes et dans des accès de colère, [7] il leur faut apprendre qu'un homme ne doit anaihématiser que les hérétiques. L'évéque peut anathématiscr non seulement les hérétiques, mais aussi ceux qui tombent dans les péchés anathématisés par les canons. Ceux donc qui ont été plus loin et qui ont anathématisé comme il ne convenait pas, s'ils demandent le pardon et s'ils ont porté l'anathème pour une cause vulgaire, on leur pardonnera en les avertissant (jue s'ils tombent plus tard dans la même transgression ils recevront une punition méritée; si un prêtre a porté l'anatliémo par cupidité ou pour des gains profanes ou pour se venger lui-même, il recevra aussitôt une punition. Si celui qui a ana- thématisé demeure dans son impudence et ne demande pas l'absolution, il tombera aussitôt sous la loi. Mais comme il y a bien des causes qui peu- vent porter à anathématiscr, le moment (de l'application) do la loi et 'la manière] de punir resteront à la discrétion de l'évéque.

82 (XXVll). Il a été dit plus haut qu'il ne convient pas au prêtre d'anathématiser si ce n'est les hérétiques seulement, le prêtre qui ana- thématisé en dehors de ce cas pèche et il péchera bien plus s'il anathéma- tisé un prêtre son confrère ou un diacre. De même un diacre qui anathé- matisé pèche surtout quand il s'agit d'un prêtre ou d'un diacre son confrère. Sa faute est grande de s'élever contre celui qui est plus que lui ou qui lui est égal. Le frère ou le séculier qui anathématisent un prêtre ou eux-mêmes pèchent évidemment aussi. Ils savent cependant qu'ils n'ont pas le pouvoir d'anathématiser, mais, emportés par la passion, ils pro- noncent des anathèmes à la manière des opprobres et dos cris; il convient donc qu'ils soient aussi réprimandés par les évêques.

83 (XXVIIl). Il n'est pas permis à un prêtre d'interdire un prêtre, à moins qu'il ne soit chorévêque, ou périodeute, ou visiteur, et ceux-ci ne peu- vent interdire que ceux qui se trouvent sous leur dépendance, excepté dans le cas celui qui est interdit accepte cette interdiction ; par exemple si des hommes qui sont en procès viennent devant un chorévêque ou un périodeute, ou un visiteur ou un prêtre dont ils ne dépendent pas, et que celui-ci juge à propos de ne pas porter le jugement avant d'avoir jeté l'in- terdit, il lui faut d'abord demander à celui qui ne dépend pas de lui s'il accepte son interdit [ou non], et si celui qui est entendu devant lui dit qu'il accepte son interdit, il lui est permis de l'interdire et personne ne peut le délier s'il n'est d'un degré supérieur au sien, puis quand cette affaire est examinée et qu'il a racheté sa faute, celui qui l'a lié peut aussi le délivrer.

84 (XXIX). Il n'est pas peiinis qu'un prêtre uu qu un iliacre ou qu'un

RÉPONSES DES SAINTS PÈRES. 45

autre homme en quelque degré qu'il soit, interdise quelqu'un pour se venger lui-même. Si donc quelqu'un interdit ou pour se venger lui-même ou pour une autre cause en mal, qu'on l'exhorte à lever l'interdit et qu'il n'accepte pas, il convient que cette cause soit portée à l'évèque et si l'évê- que voit que ce prêtre a lié en mal [ou qu'il résiste] de manière inconve- nante et ne veuille pas délier, il est permis à l'évèque de délier l'interdit [de ce prêtre] et de le punir s'il le juge bon.

85 (XXX). Les prêtres qui jurent, ou qui jurent et transgressent leurs serments, devront apprendre [qu'ils tombent] sous le précepte de Notre- Seigneur Jésus-Christ qui a commandé et dit : Je vous le dis : ne jurez pas rlu tout. Ainsi celui qui jure, quand même il observerait son serment, pèche ; celui qui jure et (ne) l'observe (pas) commet deux péchés. 11 faut donc leur ordonner de supprimer de leur bouche l'habitude des serments. Lors d'une première transgression qu'ils confessent, on leur fera une ré- primande pour qu'ils demandent à Dieu de leur pardonner. Après avoir reçu une menace, s'ils tombent encore dans la même transgression, on leur appliquera le canon (la peine) convenable. Quand ils auront péché, et reviendront, l'évèque décidera à leur égard selon le péché qu'il leur trouvera.

[8] 86 (XXXI). Si un homme s'oblige par serments à une chose qu'il croit lui manquer, il ne convient pas que l'évèque le délie.

87 (XXXll). Les prêtres qui sont saisis par les hérétiques et qui sont obligés par eux de jurer qu'ils n'entreront plus dans leurs villages ou dans un autre lieu qui tirerait profit de leur passage, pour n'avoir pas à souffrir de vexations, d'injures ou d'autres choses semblables, bien qu'ils s'effor- cent de ne pas jurer à cause du précepte de Notre-Seigneur, pèchent en promettant cela. Mais leur péché est moindre quand ils l'ont fait par force. Si donc leur arrivée peut procurer quelque avantage au peuple Adèle, leur transgression leur sera pardonnée à cause du profit des âmes qui dépen- dent d'eux. Le poids de cette transgression retombera sur les hérétiques qui les ont fait jurer. Si les hérétiques exigent un écrit, tout ce qui sera entraîné par cet écrit, dans lequel ils s'engageront à des peines et à un ju- gement temporels, sera au danger (aux risques et périls) de ceux qui s'en- gagent.

88 (XXXIll). Pour certains hommes de l'hérésie de Julien qui ont été à Alexandrie et ont été ordonnés par les évêques orthodoxes sans leur avoir révélé qu'ils étaient hérétiques, s'ils reviennent à la vraie foi, on les blâmera d'avoir reçu le don de L)ieu comme par un vol, mais il suffira de (leur appliquer) ce canon qui est (porté) [contre] ceux qui reviennent de cette hérésie. Si, lorsqu'on les interroge, ils confessent qu'ils avaient dès lors l'intention de s'unir aux orthodoxes, qu'ils blâment l'hérésie des julia- nistes et que c'est pour cela qu'ils ont reçu l'ordmation des mains d'un évè- que orthodoxe, (dans ce cas) il convient même de les dispenser de ce canon.

89 (XXXIV), II n'est pas permis aux prêtres et aux diacres orthodoxes de manger avec les hérétiques. Si on les trouve à manger (ainsi) on les réprimandera. On réglera leur cas pour l'avantage de l'Église et comme on pourra le faire eu égard au pays oîi ils sont.

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90 (XXXV). Un prêtre qui mange avec un juif sera suspendu du ser vice (divin) et de la communion, jusqu'à ce qu'il promette quil ne le fera plus. Dans le môme cas, un frère et un séculier sera privé de la commu- nion. Le prêtre recevra encore un autre canon (une peine), comme il pa- raîtra bon à Tévêque.

91 {XXX VI). Si un prêtre ou un diacre a anathématisé ou interditquel- qu'un et qu'ensuite celui qui a porté l'anathèmc ou l'interdit se joigne aux hérétiques, il convient que son affaire soit portée à levêque. Si Tévêque juge que celui qui a porté l'interdit l'a fait à bon droit, il confirmera l'ana- thème comme fvenant) de lui-même et non de celui qui sest joint aux hérétiques; celui-ci d'ailleurs tombe sous l'anathème avec les hérétiques et ne peut plus ni lier ni délier les fidèles. Si l'évêque trouve que celui qui a été lié l'a été à tort, il lui faut le délier aussitôt et sans retard.

92 (XXXVll). Si quelqu'un s'anathématise ou s'interdit lui-même, il ne peut pas se délier lui-même, mais son affaire sera portée à l'évêque et il sera blâmé et réprimandé de la précipitation de sa langue. S'il parait bon à l'évêque de lui imposer quelque condition pour cette transgression, il la lui imposera. S"il s'est lié contre une chose mauvaise ou un péché, il con- vient de ne pas le délier, parce que ce lien lui servira de frein qui le re- tirera du péché.

93 (XXXVlll). Si c'est la coutume dans certains pays que le chor- Hvêquc fasse des lecteurs ou ne les fasse pas, c'est à l'évêque à le lui permettre.

94 (XXXIX). Celui qui a commis un meurtre, s'il l'a fait volontaire- ment, se tiendra au degré de la pénitence, à la fin de sa vie il sera jugé digne [de celui du parfait], ("elui qui ne Tapas fait volontairement demeu- rera cinq ans [9] dans la pénitence, puis il participera aux mystères. 11 faut qu'un prêtre cesse le sacerdoce s'il a tué volontairement et qu'il ob- serve le décret porté contre les séculiers : s'il a tué involontairement, il sera privé du sacrifice pendant cinq ans comme un séculier, puis il rece- vra la communion comme un séculier pendant le temps que l'évêque jugera convenable, après quoi si l'évêque juge bon qu'il serve (quil offi- cie?) il servira.

(1) [95 (XL). Au sujet de cette femme qui alla chez les païens et sa- crifia avec eux, il nous semble qu'elle tombe sous le onzième canon du concile des trois cent dix-huit Pères (de Nicéei qui décrète ; Ceux qui ont apostasie aans coulrainte.sdnn perle de leurs biens, sans péril et sans aucune autre nécessité, comme il y en eut sous la tyrannie de Licinius, il a paru hou nu concile, bien qu'ils soient indignes de miséricorde, d'agir envers eu.r avec indulgence; tous ceux donc qui se repentiront complètement sej'ont trois ans en dessons des auditeurs, s'ils sont baptisés, et sept ans avec les pénitents, puis durant deux ans ils prendront part avec le peuple A la prière au moment de la communion sans communier.

{i) La page (|ue nous donnons ici entre crochets ne ligure p.TS ilans le nis. de Londres. Nous l'avons traduite sur le manuscril do Paris. Nous n'éditons p;is ce icMe ni celui de la lettre d'Anthimc ci-dessous (14!t-i50) parce que Mi' Kalimani aaniionct' nuil va le faire. D'ici longtemps encore, il y aura des textes syriaques pour tous les éditeurs,

RÉPONSES DES SAINTS PÈRES. 47

96. II faut savoir qu'après la lecture de l'Évangile, lorsque a eu lieu la litanie, c'est la coutume dans les églises des villes de faire la prière pour les auditeurs et de les renvoyer, puis de commencer l'office des mystères. C'est la coutume dans la ville impériale et nous pen.sons qu'il en est de même dans les autres villes de TOccident que même à l'office du matin et du soir, vers la fin de Toffice, on fasse la prière des auditeurs, puis qu'on les renvoie ; on fait ensuite la prière des pénitents, puis on les renvoie : c'est la même prière qui se fait dans l'office des mystères (la messe) et on les renvoie après la lecture de l'Évangile. II faut donc que cette femme mal- heureuse dont on a parlé vienne à l'office de l'Eglise, à celui du soir et à celui du matin, et à la lecture des livres, puis, aux moments qui viennent d'être dits, elle fera la prière et partira durant deux ans. Pendant les sept autres années qu'elle sera dans l'ordre des pénitents, elle sera renvoyée aux mêmes moments après la prière des pénitents. Durant les deux autres années, elle demeurera durant l'office du matin et du soir et durant la lecture des (saints) Livres et pendant l'accomplissement des mystères. Au bout de ce temps, elle sera digne de participer aux .saints mystères comme les autres fidèles. Il faut donc que jour et nuit elle se recueille devant Dieu, pour qu'il lui remette ce péché.

S'il lui arrivait une maladie mortelle avant la fin du temps dont nous venons de parler, elle recevra en viatique la participation des mystères vivifiants, de manière qu'en quittant ce monde avec eux elle reçoive misé- ricorde dans le monde à venir. Si, de cette maladie qui semblait mortelle, elle revient à la vie, elle complétera le temps qui lui restait faire) sur les onze ans dont nous avons parlé.

97. 11 faut savoir, bien que le concile ait déterminé un temps, qu'il est au pouvoir de l'évèque s'il voit en celui qui se repent des fruits de vé- ritable pénitence d'abréger une partie du temps fixé et s'il voit quel- que négligence d'augmenter le temps fixé.

Comme nous avons appris aussi qu'au moment de sa chute cette femme portait aussi cette charge de la nature (était enceinte), il convient que le fils ou la fille qu'elle aura, reçoive le saint baptême comme les autres en- fants, selon la coutume du pays.

98. Quant aux prières dont nous avons parlé plus haut, qui doivent être faites sur les auditeurs et sur les pénitents quand on les renvoie, voici celle qui doit être dite sur les auditeurs quand on les renvoie, après la lecture de l'Évangile avant l'office des saints mystères :

PfiiÈRE SUR LES AUDITEURS : Seigneur qui dans ta bonté sublime, combles richement tes amis, conduis ces auditeurs, tes serviteurs, à ta justice, donne-leur le .salut de leurs âmes, le pardon de leurs péchés et le vête- ment de justice et d'incorruptibilité, par Notre-Seigneur .lésus le Messie dont tu partages la gloire.

99. Voici la prière qui aura lieu sur les pénitents, d'après l'ordre suivi dans l'Église :

Prière sur les pénitents : Seigneur, qui as donné le sentiment et l'intel- ligence à tes serviteurs pour qu'ils te plaisent, qu'ils connaissent leurs péchés, qu'ils se repentent et se prosternent devant toi. Dieu qui seul est

48 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

bon et sans péché, reçois leur pénitence et leur confession avec bonté et miséricorde, prends pitié de tes serviteurs, donne-leur la grâce et l'intel- ligence et la faveur de fuir complètement le péché et le pouvoir rebelle du démon, afin qu'ils pratiquent toute perfection, soient comptés dans la foule divine des saints et soient jugés dignes des biens éternels incorruptibles par le véritable grand prêtre , le chef des pasteurs et le soutien des âmes, Jésus le Messie, dont tu partages la gloire.]

100 (XLI). Pour les frères dont les prêtres sont hérétiques du parti de Julien, qui se sont séparés (de ces prêtres), et ne prennent pas part avec eux aux mystères parce qu'ils sont venus à la vraie foi, et qui de- mandent qu'il leur soit permis de faire, avec ces prêtres, l'office des psau- mes et de manger [avec eux] la nourriture profane, il faut agir envers eux [avec prudence et charité] dans l'espoir qu'avec le secours de Dieu, leurs prêtres rougiront et reviendront à la vérité, et de crainte que ces frères, incapables de la perfection, ne tombent dans la fosse de l'hérésie. Mais il faudra qu'un homme digne de foi du village porte témoignage qu'ils ne reçoivent pas la communion avec (les prêtres).

101 (XLll). Pour les sœurs obligées d'aller s'instruire à l'église sans y recevoir la communion, il faudra aussi user de condescendance envers elles, pourvu qu'il n'en résulte pas de scandale pour les fidèles ni par suite de perte. Si c'est possible, on fera témoigner par des hommes qui les connaissent, qu elles ne reçoivent pas la communion dans l'église (des hé- rétiques).

102 (XLIII) (1). Les moines appelés Aa^-rstiavof (2) par les Grecs, chez lesquels les hommes et les femmes demeurent ensemble, s'ils deman- dent (3) à se convertir et à demeurer avec les orthodoxes, devront d'abord se séparer des femmes, puis anathématiser Lampétius qui a établi cette confusion (4) et cette hérésie. Il faudra aussi leur demander d'où provient leur prêtrise; si l'on trouve en vérité qu'ils ont été ordonnés par un évê- que partisan du concile de Chalcédoine ou de Julien, on les recevra après qu'ils auront fait un libelle comme ces hérétiques et ils feront pénitence de la même manière; [s'ils ne peuvent montrer qui les a faits prêtres, on les recevra comme des séculiers].

VI

Lettre envoyée de l'île de Chypre par Jean, évêque Égyptien, aux pieux ar- chimandrites de l'Orient, après qne ces excellents mnnes eurent interrogé Théodose pape d'Alexandrie, Mar Anthime le patriarche et Mar Cons- tantin le métropolitain, au sujet des clercs qui quittent le parti du con- cile de Chalcédoine. Jean, évêque égyptien, fut envoyé par eux à Chypre pour celte affaire, et écrivit la lettre suivante aux moines :

(i) La numérotation est différente dans le manuscrit de Paris qui compte quarante-cinq canons.

(2) Cf. Posnon, Inscriptions mandaïtes des coupes de Khouabir, Paris, 1899, p. 206-2D7 : il n'interdisait pas aux femmesde vivreen commun avec les liommes dans ses couvents ■.

(3) Lire Do'ein.

(4) Lire Dououdo.

LETTRE AUX ARCHIMANDRITES. -19

103. Aux amis de Dieu, à nos coi-eligionnaires qui sont saints en tout . les prêtres et archimandrites, Cosmas, Abas, Thomas, Zénob, Mara et à tous les autres archimandrites de l'Orient (de la part de} Jean l'évèque.

Notre saint père commun Mar Constantin qui tient la place du défunt Ma7- Sévère, le docteur de tout l'univers, a fait les canons suivants avec les autres saints pères qui demeurent aujourd'hui dans la ville impériale.

104 (I). Sur ceux qui se repentent et reviennent d'une hérésie : si c'est un de nos clercs qui a passé aux adversaires, puis s'est repenti, est revenu à nous et demande la permission de prendre part à nos offices sacrés, ordonnez-lui de faire un libelle de pénitence et d'y anathcmatiser toute hérésie qui combat et contrarie la foi orthodoxe. Après cela, il participera aux mystères divins comme un séculier et demeurera une année sans of- fice sacerdotal ; au bout de ce temps, il reprendra son service dans la clé- ricature selon l'ordre qu'il avait reçu.

105 (II). Ils ont ordonné que celui qui revient de l'hérésie du concile de Chalcédoine fasse aussi un libelle d'excuse pour adhérer à la foi ortho- doxe et anathématiser l'hérésie qu'il quitte. II pourra aussi participer aus- sitôt aux mystères divins comme un séculier et demeurera également sans office sacerdotal l'espace de deux ans; à la fin de ce temps de deux ans, il reprendra aussi le degré auquel il avait été appelé.

lOG (III). Il a plu aussi à leur Sainteté lesévéques (susdits) interrogés par beaucoup de pères orthodoxes au sujet de ces prêtres qui ont reçu chez nous l'imposition des înains, puis ont été chez les adversaires et en ont reçu une seconde imposition des mains, (lue, lorsqu'ils se repentiront ilaus la douleur de leur àme et reviendront à nous, ils feront aussi le même li- belle d'excuse dont nous venons de parler en faveur de la foi orthodoxe, ils y maudiront toute hérésie et surtout celle ils tombèrent, ils partici- peront aussitôt aux mystères propices comme les séculiers et demeureront trois ans sans ministère sacerdotal ; au bout de ces trois ans qui leur sont ainsi imposés, ils reprendront aussi le degré auquel ils avaient été appelés.

107. Afin que vous le sachiez, ô saints, voilà que je vous Tai appris dans cette lettre, après en avoir été prié par nos pieux frères qui ont posé ces questions à Ma Faiblesse. J'avais aussi reçu l'ordre des saints pères qui sont à Constantinople, de vous écrire et de vous annoncer tout cela. Il nous est donc beau et louable, ù frères vénérés, de marcher sur leurs traces, de recevoir ce que nos saints pères ont décidé, d'être en union avec eux, de ne rien retrancher et de ne rien ajouter à ce qu'ils nous adressent et d'être toujours vigilants selon la doctrine et les ordres du di- vin Paul qui a dit : Prenez garde aux chiens. Prenez donc garde aux mau- vais travailleurs et la sainte Trinité, qui est un seul Dieu, nous sauvera aussi de leur condamnation et protégera vos Saintetés par les prières de tous les saints.

Cette lettre fut adressée aussi aux archimandrites de Goubrin dont les noms sont : Sotéricos, Isaac, Eitsèbe, Mara, Jean, Cj/riaque, Georges et à nous autres tous qui étions avec eux.

(.4 suivre.) F. Nau.

ORIENT CHHETIEN.

HISTOIRE D'HAIKAR LE SAGE

d'après les iMANUSCRITS ARABES 3637 ET 3656 DE PARIS

{Suite) (1)

XIII. Quant à Achfabtini, épouse d'Haïkar, elle faisait parvenir à son mari la nourriture et le breuvage dans le souterrain. Elle descendait chaque semaine et lui portait des provisions qui suffisaient jusqu'à la se- maine suivante, sans que personne en sût rien.

Cependant la nouvelle fut propagée et se répandit en Assur et Ninive qu'Haïkar le sage avait été exécuté et était mort, et les habitants du pays entier portèrent son deuil et le pleurèrent. Ils s'écriaient : « Nous nous lamentons à cause de toi, ô Haïkar, à cause de ta science et de ta culture ; nous te pleurons et nous pleurons ta science. trouvera-t-on ton sem- blable? Où est ton pareil pour l'intelligence, la science et l'habileté, et qui te remplacera? »

XIV. Cependant le roi éprouva du regret quand le regret ne pouvait plus servir. Il fit venir Nadan et lui dit : « Va, prends avec toi tes amis, faites le deuil d'Haïkar et pleurez sur lui. Faites les lamentations d'usage pour honorer sa grande intelligence. » Nadan le stupide, l'insensé, l'homme au cœur dur, alla donc à la maison (p. 157) de son oncle comme pour pleurer sur lui. Mais loin de s'affliger, de pleurer et de gémir, il réunit des hommes vicieux et des prostituées et ils se mirent à manger et à boire. Nadan prit les servantes et les esclaves d'Haïkar, les fustigea, les tortura, et les accabla de coups qui faisaient plaies. Il ne rougit pas de porter .ses convoitises sur la femme de son oncle qui l'avait élevé comme son enfant et il lui proposa de pécher avec lui.

XV. Pendant ce temps Haïkar restait dans le souterrain, louant le Dieu de miséricorde et lui rendant grâces. Il ne cessait de prier et de s'humilier devant Dieu. Le bourreau venait de temps en temps lui présen- ter ses hommages; il prenait son avis et lui souhaitait sa délivrance, puis il s'en allait.

(I) Voy. 1908. p. ?£!.

HISTOIRE d'HAIKAH. ôl

XVI. Quand la nouvelle se fut répandue dans tous les pays qullaï- kar le sage avait été mis à mort, les rois furent tous dans la joie, à cause de la perte éprouvée par le roi Sennachérib, et ils éprouvèrent une grande compassion pour Haikar. Aussitôt le roi d'Egypte se leva et écrivit au roi Sennachérib une lettre dans laquelle il lui disait * Salut parfait, vie et honneur comme il convient à mon frère et mon ami Sennachérib le roi. Je voudrais me construire un palais entre le ciel et la terre et je désire que tu m'envoies (p. lôS' un homme sage et habile, pris dans ton entourage, pour me bâtir ce palais. Je désire également qu'il réponde à toutes les questions que je lui poserai, sinon les revenus et les impôts d'Assur et de Ninive seront à moi pendant trois ans. » Puis il scella la lettre et l'envoya au roi d'Assyrie.

XVII. Quand celui-ci eut reçu la lettre, il la prit et en fit la lecture avec ses ministres et les grands de son empire. 11 fut tout interdit et tous furent dans la stupéfaction. Le roi était en proie à une violente colère: il était dans l'embarras, ne sachant conmient agir ni ce qu'il devait faire. Puis il rassembla les anciens, les savants, les sages, les philosophes, les devins, les astrologues et tous les habitants du pays. 11 lut la lettre en leur pré- sence, et il leur dit : « Qui d'entre vous ira chez Pharaon roi d'Egypte et lui rendra réponse? » Ils lui répondirent : « Seigneur Roi, sache qu'il n'y avait personne qui sût ré.soudre ces difficultés sinon Haïkar ton vizir. Dé- sormais personne ne pourra y répondre si ce n'est N'adan, son neveu, car il lui a enseigné toute sa sagesse et toute sa science. Fais-lo venir, peut- être pourra-t-il résoudre ce problème difficile. » Le roi appela donc Nadan et lui dit : « Prends connaissance de cette lettre et tâche d'en pénétrer le contenu. »

XVIII. Nadan la lut et dit au roi : « Seigneur Hoi, laissez ces gens-là, (p. 159) car ils déraisonnent et demandent l'absurde. Qui })eut en effet construire un palais entre le ciel et la terre? » En entendant la réponse de Nadan, le roi pou.ssa un grand cri, descendit de son trône, s'assit sur la cendre et se mit à pleurer et à se lamenter sur Haïkar en disant : « Ma douleur est grande à cause de toi, ô Haikar, le docteur de mon pays, l'ad- ministrateur de mon empire. trouverai-je tqn pareil, ô Haïkar! Malheur à moi ta cause de ta perte, ô Haïkar, qui connaissais les secrets et les pro- blèmes. Où te trouverai-je? Malheur à moi à cause de ta perte! Comment t'ai-je fait périr et me suis-je privé de toi sur le rapport d'un enfant. Celui qui te rendra à moi, et qui m'annoncera qu'Haïkar est vivant, je lui don- nerai la moitié de mes biens et la moitié de mon royaume. Mais comment cela pourrait-il se faire? Hélas! Haïkar, qui pourra te voir en vie, rassa- sier ses yeux de ta vue et te demander pardon? Ma douleur à cause de ta perte ne cessera point. Malheur à moi à cause de toi ! Comment t'ai-je mis à mort sans t'accorder de délai pour examiner la suite de l'affaire. » Et le roi ne cessait de pleurer et de gémir jour et nuit.

XIX. Le bourreau, témoin de la colère et de la douleur du roi et entendant ce qu'il disait au sujet d'Haïkar, s'avança et se prosterna devant lui en disant : « Sire, ordonnez à vos serviteurs de me couper la tête. » Le roi lui demanda : (p. 160) « Malheur à toi, quel est ton crime? » Le

52 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

bourreau lui dit : « Seigneur, tout serviteur qui désobéit à l'ordre de son maître doit être mis mort; or j'ai désobéi à ton ordre. » Le roi lui dit : » Malheur à toi, Abou-Samik! en quoi m'as-tu désobéi'? » Il lui répondit : « Sire, tu m'as ordonné de tuer Haïkar; mais je savais que tu t'en repen- tirais et qu'il était innocent. J'allai donc et je le cachai en un lieu connu de personne, et j'exécutai un esclave à sa place. Haïkar est maintenant vivant et en bonne santé et si tu me l'ordonnes, je te l'amènerai; si tu le veux, je le mettrai à mort ou je le laisserai aller en liberté. » Le roi lui dit : « Malheur à toi, Abou-Samik! tu me railles, bien que je sois ton maître. » il lui répondit : « Par ta vie et par la vie de ta tête, Sire, Haïkar est en vie et bien portant. » En entendant cette affirmation du bourreau, le roi ne douta plus. Il fut transporté de joie et faillit tomber en pâmoison par l'excès de son émotion. Il ordonna d'amener Haïkar et dit au bour- reau : « Bon serviteur, si ce que tu dis est vrai, je te comblerai de richesses et je t'élèverai en dignité au-dessus de tes compagnons. » Puis il lui réitéra l'ordre d'amener Haïkar. (P. 161) Il était au comble de la joie. Le bourreau alla en toute hâte à la maison d'Haïkar, ouvrit le sou- terrain et descendit près d'Haïkar. Il le trouva assis en train de louer Dieu et de le remercier. Il s'écria : « 0 Haïkar, la délivrance est venue pour toi, réjouis-toi, sois heureux et tressaille d'allégresse. » Haïkar lui demanda : « Qu'y a-t-il? » et il lui rapporta tout ce qui s'était passé de la part de Pharaon, depuis le commencement jusqu'à la fin. Puis il le prit avec lui et l'amena au roi.

XXI. Quand le monarque l'aperçut et le vit dans un tel état de misère (ses cheveux avaient poussé comme le poil des animaux, ses ongles étaient comme des serres d'aigle, son corps était amaigri par la longueur de sa réclusion, la poussière l'enveloppait entièrement, la cou- leur de son visage était changée et altérée et avait pris la teinte de la cendre), il fut pénétré de douleur; il se leva pour le recevoir, l'embrassa et le baisa. Puis il pleura sur lui et lui dit : « Louange à Dieu qui t'a rendu à moi après le tombeau. » Ensuite il s'empressa auprès d'Haïkar, le consola et lui demanda pardon. II fit présent au bourreau d'une robe précieuse, lui accorda de nombreuses faveurs et lui fit présent de grandes richesses. Puis il pourvut aux besoins d'Haïkar.

XXII. Haïkar dit alors au roi : « Vive mon Seigneur le Roi éternelle- ment! Ce sont des actes dignes des enfants d'adultère. Je croyais avoir un palmier pour (p. 162) m'appuyer dessus, mais il a fléchi et m'a fait tomber. Mais, Sire, puisque je suis en ta présence, que cette affaire ne t'irrite pas et ne te fasse pas de peine. » Le roi lui dit : « Béni soit Dieu qui a eu pitié de toi, qui t'a regardé, qui a vu que l'on était injuste pour toi, qui t'a sauvé et t'a délivré de la mort. Mais va prendre un bain, rase ta tête et coupe tes ongles, change tes habits, et repose-toi pendant qua- rante jours, pour que tu te refasses, que ton état s'améliore et que la couleur de ton visage revienne; passé ce délai, reviens vers moi. » Il lui fit présent d'une robe magnifique; Haïkar remercia le roi et se retira dans sa demeure, plein de joie et d'allégresse et rendant gloire au Dieu Très-Haut. Les gens de sa maison et ses amis se i-éjouirent de même.

HISTOIRE D HAIKAR. Oo

ainsi que tous ceux qui apprirent qu'il était vivant. Il fit ce que le roi lui avait recommandé et il prit un repos de quarante jours. Ensuite il se revêtit de son habit le plus magnifique, monta à cheval et vint chez le roi. Ses serviteurs l'escortaient par devant et derrière, heureux et pleins de joie. Quant à Nadan, il fut saisi d'horreur et de crainte à la vue de ce qui se passait, il était tout interdit et ne savait pas ce qu'il devait faire.

XXIII. Quand Haikar entra chez le roi, le monarque le salua, le fit asseoir près de lui et (p. 163; lui dit : < Ha'ikar, mon ami, prends con- naissance de cette lettre que nous a envoyée le roi d'Egypte quand il eut appris ton exécution. Ils nous ont vaincus et l'emportent sur nous et la plus grande partie de la population de notre pays a fui en Egypte par crainte du tribut qu'ils nous demandent. »

XXIV. Haïkar prit la lettre et la lut; il comprit à l'instant tout ce quelle contenait et il dit au roi : « Ne t'irrite pas. Sire, j'irai en Egypte, je rendrai réponse à Pharaon, je lui expliquerai le problème, je te don- nerai le tribut qu'il devra payer, je ramènerai tous ceux qui ont fui et je confondrai tes ennemis par la grâce du Dieu Très-Haut et par l'aide de ta puissance. » Le roi se réjouit à ces paroles, et ses pensées furent toutes à la joie. II combla llaïkar de faveurs et donna au bourreau une forte somme d'argent.

XXV. Ha'ikar dit alors au roi : « Accorde-moi quarante jours de délai pour que je pense à cette question et que je la résolve. » Le roi le lui accorda et Haïkar retoiunui à son domicile. 11 ordonna à des chasseurs de prendre pour lui de jeunes aiglons, lis y réussirent et les lui apportèrent. Il ordonna ensuite à des cordiers de lui tresser deux câbles de coton longs chacun de mille coudées. Il fit venir (p. 104) des charpentiers et leur commanda de fabriquer deux grandes caisses, ce qu'ils firent aussitôt. Puis il choisit deux jeunes entants appelés l'un Banouhàl et l'autre Tab- châlîm. Il tuait chaque jour deux moutons pour en nourrir les aigles et les enfants. Il faisait monter les enfants sur le dos des aigles, les attachait dessus et attachait les câbles aux pieds des aigles; puis il les lâchait dans les airs en augmentant chaque jour la hauteur de dix coudées, afin de les accoutumer. Ils se formèrent en peu de temps et ils s'élevaient de toute la longueur des câbles jusqu'à l'azur du ciel, ayant toujours les enfants sur leur dos. Ensuite il les retirait à lui. Haikar vit bientôt que l'instruc- tion des enfants était complète ; quand ils s'étaient élevés jusqu'au firma- ment, ils s'écriaient à haute voix : « Faites-nous parvenir des pierres, du mortier et de la chaux pour que nous construisions le palais du roi Pharaon, parce que nous restons oisifs. »

XXVI. Haïkar ne cessa de les exercer et de les instruire jusqu'à ce qu'ils fussent parvenus à la plus grande perfection. Il alla alors trouver le roi et lui dit : « Sire, la chose est faite comme tu le désires; lève-toi, viens avec moi que je te montre la merveille. »

Le roi, (p. 165) avec ses courtisans, suivit Haïkar jusqu'à un endroit spacieux. Celui-ci fit venir les aigles et les enfants, les attacha et les lâcha dans les airs à la longueur des câbles. Les enfants se mirent à crier, comme Ha'ikar le leur avait appris. Ensuite il les retira à lui et les mil

Ôi REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

on leur place. Le roi fut émerveillé et tous les assistants partagèrent son admiration. Il se leva, baisa Haïkar entra les yeux et lui fit don d'un habit précieux. Il lui dit ensuite : « Va en paix en Egypte, ô mon ami et la gloire de mon empire, résous les questions de Pharaon, et triomphe do lui par la puissance du Dieu Trè.s-Haut. » Il prit alors congé do lui.

Haïkar prit des troupes et dos soldats ainsi (iu(> les entants et les aigles et se dirigea ver.s l'Egypte.

XXVII. Dès son arrivée, il alla au palais du roi. Quand les Egyptiens surent que Sennachérib avait envoyé un de ses familiers pour parler au roi Pharaon, ils allèrent prévenir le roi. Celui-ci envoya une députation composée do ses courtisans, pour l'introduire. Il vint, se présenta devant Pharaon, et se prosterna devant lui comme il convient de le faire en présence des rois. Puis il lui dit : « Mon maître, le roi Sennachérib, te présente ses salutations empressées. 11 ma envoyé, seul entre ses servi- teurs, (p. 166) pour te rendre réponse et pour accomplir tout ce que tu voudras. J'ai Tordro d'exécuter tout ce dont tu auras besoin. Tu as envoyé demander au roi mon maître un homme pour te construire un palais entre le ciel et la terre. C'est moi qui, par la grâce du Dieu Très-Haut et par ta haute prévoyance, te construirai un palais, selon tes désirs et ta volonté. Mais ce sera à la condition que tu as fixée concernant les revenus de l'Egypte pondant trois années, car les engagements des rois sont d'une sécurité entière. Si tu me vaincs et si je suis impuissant à te ré- pondre, mon maître t'enverra l'impôt dont tu as parlé. Si au contraire je réponds à tes désirs, c'est toi qui enverras à mon Seigneur les revenus en question, comme tu Tas fixé toi-même. » A ces paroles, Pharaon fut émerveillé et étonné de la facilité et de la douceur de son langage. 11 lui dit : 1 0 homme, quel est ton nom? » Haïkar répondit : « Ton serviteur s'appelle Abikàm, une d'entre les fourmis de Sennachérib, le roi. » Pha- raon lui dit alors : « .N'y avait-il donc pas, chez ton Maître, de personnage plus considérable que toi pour qu'il m'ait envoyé une fourmi pour me rendre réponse et s'entretenir avec moi? » Haïkar lui répondit : « .le prie le Dieu Très-Haut de me faire accomplir tout ce que tu as dans l'idée. Sire, parce que Dieu est avec le faible (p. 167) de manière à exciter l'admiration du puissant. »

Pharaon ordonna alors de préparer une habitation pour Abikâm. ainsi que pour ses soldats et pour sa suite, de leur payer leur solde et de leur procurer en abondance à manger et à boire et tout ce dont ils avaient be- soin. Au bout de trois jours, Pharaon se revêtit de pourpre éclatante et s'assit sur son trône. Tous les grands de sa cour et ses ministres se te- naient debout, les mains attachées, les pieds joints l'un contre l'autre. Pharaon envoya chercher Haïkar qui se faisait appeler Abikâm. Quand il fut venu, il se prosterna^devant le roi, puis se tint debout. Pharaon lui dit alors : « Abikâm, à qui ressemblai-je et à qui ressemblent les grands de ma cour et mes ministres? » Abikàm lui dit : « Sire, tu ressembles à la statue de Bel et tes grands ressemblent à ses serviteurs. » Le roi lui dit : Va, et reviens ici demain. •»

Haïkar s'en alla donc, comme le lui ordonnait le roi, et revint le lende-

HISTOIRE d'hAIKAR. 55

main en présence de Pharaon. Il se prosterna, puis se tint debout devant lui. Pharaon était vêtu de rouge et ses courtisans portaient des habits blancs. Pharaon lui dit : « Abikàm, à qui ressemblai-je et à qui ressem- blent mes grands? » Il lui répondit : « Sire, (p. 168) tu ressembles au soleil et tes serviteurs sont comme les rayons. » Pharaon lui dit : « Va en ta de- meure, et reviens ici demain. »

Il s'en alla et le roi ordonna à ses courtisans de revêtir des habits d'une blancheur éclatante ; lui-même en fit autant et s'assit sur son trône. Il fit venir Haïkar et quand il fut arrivé, il lui demanda : « A qui ressemblai-je, et mes courtisans, à qui ressemblent-ils? » Haïkar lui répondit : « Sire, tu ressembles à la lune et tes serviteurs et tes soldats ressemblent aux astres et aux étoiles. » Le roi lui dit : « Va, et reviens ici demain. »

Pharaon ordonna alors à ses courtisans de prendre des habits de cou- leurs variées, tandis que lui-même se vêtit de velours rouge. Il s'assit sur son trône et fit venir Abikâm. Quand il fut arrivé, il se prosterna devant lui, puis se tint debout. Le roi lui dit : « Abikâm, à qui ressemblai-je, et mes soldats, à qui ressemblent-ils? » II lui .répondit : « Sire, tu ressembles au mois de Nisan et tes soldats ressemblent à Bibouna et à ses fleurs. » Pharaon se réjouit grandement en entendant cette comparaison et il lui dit : « Abikâm, la première fois tu m'as comparé à la statue de Bel, la seconde fois (p. 169) au soleil et la troisième fois à la lune; la quatrième fois tu m'as comparé au mois de Nisan et mes grands à Bibouna et à ses fleurs. Dis-moi maintenant à qui ressemble ton maitre Sennachérib, et ses grands, à qui ressemblent-ils? »

XXVIII. Haïkar lui répondit : « A Dieu ne plaise que je parle de mon Seigneur pendant que tu es assis sur ton trône! Mais lève-toi et je te dirai à qui ressemble mon maître et à qui ressemblent ses grands. » Pha- raon fut stupéfait de la liberté de sa langue et de l'audace de sa parole. Il descendit toutefois de son trône et resta debout en face d'iïaïkar, puis il lui dit : « Dis-moi maintenant, que je voie à qui ressemble ton Maitre et à qui ressemblent ses grands. « Il lui dit alors : « Mon Maitre ressemble au Dieu du ciel et ses grands ressemblent à l'éclair et au tonnerre. Quand il veut, les vents soufflent et la pluie tombe. II commande au tonnerre et les éclairs brillent et le tonnerre retentit. Il commande au soleil et il cesse de donner sa lumière; la lune et les étoiles cessent de se mouvoir. 11 commande aux tempêtes, et elles soufflent avec furie; la pluie tombe, et l'ouragan frappe Nisan et emporte ses fleurs ainsi que Bibouna. » En en- tendant ces paroles, Pharaon fut rempli de stupéfaction (p. 170) et entra dans une violente colère.

XXIX. II lui dit : « 0 homme, dis-moi la vérité et apprends-moi qui tu es réellement. » Il lui répondit : « Je suis Haïkar, le secrétaire et le premier entre les familiers du roi Sennachérib. Je suis son vizir, l'adminis- trateur de son empire et son confident. » Pharaon lui dit : « Tu dis vrai, ô sage, et cette parole est véritable. Pourtant nous avons entendu dire qu'Haïkar était mort et voici que tu es vivant et en bonne santé. » Haïkar lui dit alors : « C'est vrai, il en était ainsi, mais louange à Dieu qui con- naît les choses cachées. Le roi mon Seigneur avait en effet ordonné de me

•"«G REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

mettre à mort et avait ajouté foi à la parole des hommes pervers; mais le Seigneur m'a sauvé. Heureux celui qui se confie en lui ! » Pharaon lui dit : « Va, et reviens ici demain, et dis-moi une parole qui n'ait été entendue par personne, ni par moi, ni par mes grands, ni par aucun habitant de mon empire et de mon pays. »

XXX. Haïkar s'en alla dans sa demeure et écrivit une lettre dans la- quelle il disait ce qui suit : « De la part de Sennachérib, roi d'Assur et de Ninive, à Pharaon, roi d'Egypte. Salut à toi, mon frère. Comme tu le sais, le frère a besoin de son frère et les rois ont besoin les uns des autres. Je te prie (p. 171) de me prêter neuf cents quintaux d'or. J'en ai besoin pour solder des troupes et je les leur distribuerai. » Ensuite il plia la lettre et la présenta le lendemain à Pharaon. Quand il la lut, il demeura tout surpris et s'écria : « En vérité, je n'ai jamais entendu parler de cela, et jamais personne n'en a dit mot. » Haïkar lui dit alors : « Il est bien vrai que cette somme est due par toi au roi mon Seigneur, » Pharaon le reconnut et lui dit : a 0 Haïkar, qui est propre comme toi au service des rois? Béni soit Dieu qui t'a rendu parfait dans la sagesse et qui t'a orné de philosophie et de science. Maintenant notre volonté est que tu nous bâ- tisses un palais entre le ciel et la terre. » Haïkar lui répondit : i C'est en- tendu, je te bâtirai un palais selon ta volonté et ton choix. Prépare-moi donc la chaux, les pierres, le mortier et les ouvriers. J'ai avec moi des archi- tectes et des constructeurs qui te bâtiront tout ce que tu voudras. » Le roi Pharaon prépara tout ce qu'il lui demandait, puis on se rendit à un endroit spacieux. Haïkar y alla avec ses serviteurs ; il prit avec lui les aigles et les enfants. Le roi y alla également avec tout son peuple et tous ses sol- dats sans exception, pour voir ce que ferait Haïkar. Quand ils (p. 172) furent arrivés, Haïkar retira les aigles de leurs cages, leur attacha les cordes aux pieds, attacha les enfants sur le dos des aigles, puis il les lâcha en l'air. Ils s'élevèrent si haut qu'ils se trouvaient entre le ciel et la terre. Puis ils se mirent à crier de toutes leurs forces : « Faites-nous parvenir du mortier, de la pierre et de la chaux pour que nous bâtissions le palais du roi, car nous restons oisifs. » Tous les assistants s'étonnèrent et demeu rèrent frappés d'admiration et de stupéfaction. Le roi et sa cour furent tout interdits. Haïkar et ses serviteurs se mirent à frapper les ouvriers et ils criaient aux soldats du roi : « Portez aux architectes ce qu'ils deman- dent et ne les arrêtez pas dans leur travail, v Pharaon lui dit alors : « Haï- kar, tu es fou : qui peut faire parvenir à cette distance une chose quelcon que? » Haïkar lui répondit : « Comment peut-on bâtir un palais en l'air? Cependant si c'était mon Maître, il en bâtirait deux en un seul jour. » Pharaon lui dit : « Retire-toi dans ta demeure, ô Haïkar, et repose-toi au- jourd'hui. Laissons la construction du palais, et reviens demain chez moi. »

(.4 suivre.)

HISTOIRE d'iIAIKAR. 57

TEXTE

(Suite)

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1 Ô8 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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(16) B J^\^ ; C J!^. (17) G *r-?'- (i») C ii'bb. (19) C ' ^^__^ L^«^ J!; les mots suivants, jusqu'à laJoi.!, sont omis en C. ; (20) C Ti\jj. J^\ UliacL. (21) c ^^j^. (22) B J ,Wij Lv^ iy^y (23^ c .Jift. (24) C v-o:^". i

HISTOIRE d"hAIKâR. 59

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(1) C *^ '.OLyi Ly^. (2) C ^_^ iJLj! 5Jj« ^f^.- (3) C ^Or^. - (4) C J^ -^l ^O^ J i-U U ^ ^^ UL ^!^l3 ^,^x5. (5) C ^ Ji jl^j. (6) C iiij. (7) B J-^U ï^y^^a^l. (8) C J^. ij! J*.'. (9) C jbl3 ^1. (10) Les mots

JU^L ^CU! sont omis en C. (11) B ^CJ-^.. (12) C

.^. (13) C *Jii -V.--^ ^j^ -^j^- (1^) ^-^Ç* est omis en C. (15) C ^Ol* ji^^^ ^J-lf ^\--~ (16) B ^-^L - (17) B w^U l

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60 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN. '

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HISTOIRE d'haIKAH. 61

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(1) C àkc ^,lij. - (2) B ^^1 ^^.. (3) C ^^ ^ ^_ ^^, ^jsi\. —(4) «^CU! est omis en C. (5) C ^iS^y^. (6) C ^^c.

(7) C ^.jXUr^l. A partir de ce mot, le ms. B présente lacune

de plusieurs feuilles. (8) C .'-s.^à j*j ,^ ^L*J! -v^ii^i. (9) ('

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(20) C ï^t^lii'j. (21) C ...j^ i-^J -l^'j V '!/^' -K ^^y 5-5--O.J.

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'"»' REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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HISTOIRE d'hAIKAR. 63

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(26) ^lar^ U (25) I^UjI j^*|yi^.j (24) j^^. t^' J' b»^j^ '^^ (29) ^-.iaU U3^ jj^/ (28) ^iXU! j^i ^ ^-^ (27) ^K^ ^j^^

(1) C iJLyi. —(2) ^J manque en C. (3) C J^ ^. (4) C *Ji£ la^i ~v3- (5) C ~y^!«. (6) Les mots J ... •^^.a-jî^ sont omis en C. (7) ^^^ est omis en C. (8) C I^J^IL^ .!. (9) C Ijjl^U. (10) c Jl. (il) C ^^.D! ±. (12) C J. (13) C J^lj J^, (14) C^^'l. (15) Les mots f>^^-i^ ... '^^ sont omis en C. (16) C ^^j. (17) C ^U Ib^ a^^^j. —-(18) C i^yJ'. (19) C JJi J...li. (20) C n'a pas ^w; s^^ J. (21) C J! ^Uà^. (22) C k.j^^- (23) C 5^M. (24) C jj=^.^^- (25) C \y^. (26) C ^=^. (27) ^^«6^ manque en C. (28) C s^CUJ. (29) ^r^'j manque en C.

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Gl REVUE DE l'oRIE.NT CIIRÉTIEX. '

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(20) C oXJL-. (21) C Jjy, les mots i^' 'oL sont omis 1

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HISTOIRE D'nAIKAR. 65

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(1) C^. (2) C s.iXUl ^^-^ iJ^jjj. (3) ^^j est omis en C. (4) C C^^»/ ^D' J^ ^OJl ^J-^^ L ^^(îj. (5) A, partir de cet endroit, le texte du Ms. B reprend et coïncide avec A à part les variantes signalées ici. (6) C o^.^ '•-•j O-^ ..li sjji\jcs. ^\z ^^^. (7) G ^îXUî ^J^. (8) B *^SJ! ; C *~^!.

(9) C j^A^ o^sxj! •.^Si U^ v.j/'j-^ji ^ùj >^tXJIj-o ^ sjXî«çv.j

... Ui v^CUl. (10) C jj^^ji ^CJlJI. (U) c U!. (12) J,l. (13) c ..^^^s^^l. (14) C Ma'^. (15) C n'a pas ^ ... ^L. - (16) C J. (17) B ^.^!; C hj^]. (18) C Jl. (19) C J'

ORIENT CHRÉTIEN.

66 REVTJE DE l'orient CHRÉTIEN.

(3) (^t^:^^ rr^^> ^^ jj-? ^■^^ i^jlJàc J^j; h^j^ ^1' ^^ i^^j

*lij' i»,»— t ^^«3J' ,liùa.. (5) ^^-<:a^' J— i^ (^) r^rt^_^'^' rr:^W- ^■^^'^' i

>liLjî l> ,,*5r3 J Jlii (6) V à?^_j j^Ui J,s^ iJl Jà^ Uli ïJJlc I' '

b ^IjLo' J Jli^ ^,,?^-i^ (^ (7) ^lyj33 ^f-^^ 3 ^^ ^-^^ ^ '

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^_; jj^T^ (11) ^^Z*' ^ ('^^ cT^ (10) L* J,' JUj' J,iJ! ^_5 <;.^Ja/»t I

^o^r' ^^"^ (13) à^^ ^ ^bj -^■^' ^ij^r^ (-'--^ J' fl2) ^' J^' ;

jXLj\ o .>^<i iJ JUs (j^î !j-*.J ji jjUJàc j .1^^ '^•=*-^ iT*^'^ "^ 1

C^3' (p. 168) ^-^.- 'j. J'^ .1^^^^. ^K>- (1^*) s^^'^' _5 b! i^! ^^J i ^1 ^jj^ia^l .ijCj-3 0^ c.lxiJl ^^^^.J;MJ >^^OLvd^_j (15) ^-*o^m xJui'

5__^jl^l c^j'j .^X-U! yU (16) £«jaei L*U J.! Jljù' jjtjl J,_. s^CJp ;

^ Xy^^ j-lc ^*4,W^ ^t^3jo Lia)! jJ» (17) ir*--^3 i^L^ iJ^'^' 1*-*^ .1^ '

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^Oj^ _a v^CÎJ^j (20) j.*ï3' i..J:J' >j:^o| ^^J-.^ (19) J JliiJ .,j^^^. ^

J.' (22i JU>' AiJi J^ ^^\ J JUà ^_^!j f21) ^\^\ ,.,^^^-io ;

iàlxsr-" ÏjJ;= (24) v»^'^î l^-'T-^î .J (23) ijUi*3 .\^^ K'' *^'' '-^'^ i

(1) B (J>. - (2) C Jy ^^rL cs^^^. jr^.-.- (3) B ^^C ^sCi\

^^\ ^Uj; C ^^.^1 ^^x.v. - (4) C ^^^^)^ ^j^^- -'"(5) B .:

j^^asAs; C ,u)! >liLj' ^^-caa.!^ jj^y J-,'^- (6) ■«— sijj ... Uîi sont J

omis en C. (7) C ^A^ y^\^. f8) C ^CIJ'. (9) C ^!^^U. '

(10) B et C UU. —'(11) C oXU!. (12) B j.;^ : C ^J\ ,liL^ ^J'' :

^,^j3 Sj-ca^. (13) B ^U ; C eXU' X\3. (14) C ^.ùy^\."— ^

(15) B et C ^J^^J:^^. (16) C ^\ ^^^ ^^ ^^f j' J. (17) C ^

\^ ^^f U^'-3- "~ (^^) ^ ^^'"^ ^J^3 J-^^- (1^) C -liol.

(20) C^HsidJ. (21) C v=^j ^iLOJ. (22) B J^; C UU ., X. _ j

(23) C iJUW. (24) C ^,L;-.

HISTOIRE d'HAIKAR. 67

iJl J^JJ >'JL) i.LaawiJ jfi]^ [ij rJ^. ,-*^' w)-*'^ ^^y ^ >J^> -l'y .^ (4j ^-^^ '3) J-i^' ^^ J^_\ Ij A-' JU3 2, wi3jj x-Ul J^p-^

J ^ > ( w^. ^ ^ "Trr- y w> ^ ... .. ^ > ^ ..

5y »jL^ (9) jJS!^ ^^-^ y J^'t'_; 18) ^;.^)^ (p. 169) ^_-^^^

J (12j \^ (11) ^ 5^.*^;^ "^^^^ (10) Jl ^^"T'^ J-^' ^' ^.^ a4i J'i .,j>V^_ ^ ï^r-'^'j V^. ^r-' ^r-^.^, .'^^ ^tT-^ (i3) j'i!'

iiGi wX^/ Jb J'^ juo'. (15) -j-^ S'^^ .,1 l , ;-U ,Ul^

(19) ^bl^ J. ^'^. ^U (18) ».U .K ^y:r^ ---' .1.^-^. .r-' j^' J, (22) Jy (21) JU_5 ^llo. ^.^^ ^-J^^ x-^y ^^ Ji (20j jj! J'

xJ:-j _JJ->w (23) JlaJ .^j^^_ jwj î\.'^'^ .i>-i^. .^J ^--:~' ^-aJ^ ^^^ ^I^vO> ^1^1 .,U Jj^^L (25) Ji^' .ij^k^. ^f!^^ ^- -■— " (24) s'il! (29) yl^ ùs.y_. ^28) J^.^^ J^yiyl J^. (27)^" ^^^3 (2GJ -l.^,^'

(1) C J^-w/ is. (2) ^^^^- est omis en C. (3) B b!. {^) ^ <^-lr^j- ~ (>^) ^'^ ^^*J ^'' j.rtrr'.- (6) ^ ïï'a pa-s «^iXJj!.

(7) B et C n'ont pas ^^.^siJJ à cet endroit. L'addition de ce mot en A est une faute de copiste. ^8) C ^r*o^^ ç^UiJ ^J^^.. (9) C ^' . ^\jf^ ^y}{\ .. (10) C ^_^^ ^y}^^3- (11) C b .liLj!. (12) C Ji. (13) j^' est omis en C. (14) B ^^^ JU ♦Jàr. C->j?^ )^r^ ^ J -3 *r. "^..r^ j^.-^ -i-^'^s^. (15) C s^^Xw'.

- (16) B ^ij' l^J. (17) B J ; C ^ Jj. (18) B ïI!^. (19) B

>bLOI ^; c v'!^' ^J ^■~ (^^^ ^ J^/ j' r^- ~ (^^) G J..— (22) B et C ^:s. (23) C ^U^ Jlii3. (24) B J^; C n'a pas ui^,. (25) C ^^j^^ ; le mot précédent .,j^^, est omis. (26) B ^. ; C ~yi. (27) B ^\ ^ J^U. —(28) C ^L j^U. (29) C Jv^U.'

68 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN. j

wâ^[j*3i i^l> j . j ►^^ J ^.^\j>i\^ j*si\^ Uj^ (1) ^-^' -^ (j-MviJi

a^N^w Uli iJj^j (3) ?»2>; ^^. j .i'-**ry ^^c-^j (2) j'Ja*"^' J/^j '^r"^ L> J JUj JjJJ;. \kj, ^^\^ iàJit (p. 170) ïj^ jU ^blCJI Ijjs (jj^/

^[l^ b! (5) J JUa libw d^i! ^ ^^j ^-^^1 J, (4) Jy J^^ !

5^ *i'!^^ i:ô^:> H^j ^. jj '^b ^-T^.)'^^^ «^^XJhJ! (/'Î^ /:^' v^^joJt j

Jo^ Ua.. ^^! !1*_5 ^1^! \Xs> J, »Xs. Ij (6) o-i^^ rJ^y ^ J'^ i

.liLp. J Jliij »Ls^Ij ^^-^ C^l l»_3 v^l* (7) ^ M^ ^' '-^**— ^;/^ '

^t^LUl ^Jo^ ^^ (9) ^j'rri^î A^l^ (8) A) J^! ^<Sj vjXJi ^^i^ **J ,

^U^ ^ji] J^^ ^.->— O! (11) Jy ^ (10) JJi;:sîj J:u^ yl :

(13) JUj- JJLJÎ J._3 ^^! ^_»£y (12) J Jlïi ^}^ J^i ^ ^^^Is 1

^y^\ % l^xx^ U li!j l^^ I j.^1 U (15) iJ^ J, (14) Jy _3 UU J' I

Jjib ïJL -r^ 4)"^ J'' )^^ ^S^ -S-^.^ ^^^ J^' (j/ ^> i

(16) ^tCJU ^yy J,! ^y^j ^jji ^sXl- ^^.^l:^- ^^ !3i^ l^ ^ J,l l^.^. ^^1 ^! ij (17) U*3' ^JJ! j'^ ^1 l) ^tÇi ^^ ^r^ I

.! (p. 171) ^t^C yij j:aL} l^.;«J J,! .U^' oJSUî J (18) 4.^1 I (20) X-jJl Jiaxj (19) ii^ J,l C-ssr^l J^ ^j^^3 .liaAS ijUsu^i' ^^^j^ Uli .j^y /*'-^ >^*^l ^ l»»/-;2ai.l_j iiJ'wJ! ^ji> J' (21) *^^^^j! c^o. j

(1) C ^^. (2) C ^1. (3) C iJ^_3 5,yj. (4) C Ji. I

(5) C iaJis^b. (6) C ... ^0 ^ J/3! 11» J ^r^Xo. (7) C iJbi ^ i

wJ» wol v^'jlj v-^^^-*- ^-^'- (8) B JU3 j^l. (9) C i

LjUiJl. _ (10) B J-^-^j. (U) B ^^yi .bir ^. (12) C ^' i

^liLo.. (13) C Ual» ^yo-. (14) B et C J3. (15) B .J^^. 'i^ ■;

la3 ^U- ^ ^y U ^yCi'; C iaa O-x^ U ij5'. (16) B :

OXÙI j^yy. (17) B JXslx); C Jixi. (18) C i^\. (19) B i

yUI .li. ^ wsb> j^sw ^\. (20) C/LjJ!. (21) B Jjo^ i ^M JX3 J>jl JJU; C *«M s^ J-^l Ji^ Jjoj.

HISTOIRE d'HAIKAR. 69

^JLv" rx^' ^^j^ 'jj 'oj .,! (3) (ja. ,1^:=- ^' J'^ï* U^i t^-

Ijl. (4) ^^L ii^xJîj iiJiiJL- ^G^j5 iJC^^l ^CUr ^:0! JJ! cJ^l^:'' (6) fi^\ j\jL^ JUi j»,"^' j UJI ^ (5) J^^^^ai- U ^- v.iX^ U^V- (8) Ji^ jls^j^ U;' .v./ '^^ (7) 5^,_^^^- .-^CJ ^! bi iiUJL ^L^ ^^- ^^ UL i.".dJL ^^Mj ^U^'j ^'1 J (9) ^

^i ^^ ^ ^ ^. ^ ^ ^ ^

s-Ui> U .j JxO -Xaw lî^'o ï^'-^-t^ iX\_L^ Jj'' (11) fi.^:*^^ OXJ^I iajyj' L^ il3) ». »-J! ,liL^ -.^^' LLrj (p. 172) (12) U J^ ^,liL^

(14) LîyJI L^, , ^^^" ^,^.^ > ^;^" L , , ^,,.^LJ! ^,-- ^^>^,l,

LJ! ^.- (17) lyb ^^^ lyiLv,' ^ _j^! (IG) J,' ^v^ili^L (15) ^^jl

fF^3 ^ ^' (20) U^j' (19) ^^^. :5 (18) j^^j-^. b^^j o^j^' ^tO-^ (22) JJ^ ^^'Ik- j^lj Lj^î (21) ^tOJ' ^^ ^^ ^^ ^.

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oXUi J-o. li .^^^-^_3 (24) i3Ui3! jy.j^. ^U'ij .liu^ (23) Ij^'Ij

(1) C \^\j\. (2) C ÎJaÎ ^ la3 l^Xx^ U ïjl'! 5iJ^ JjiP ^Jsrf. _ (3) B Ajl (J^ ; C ^^^ ^>^ O/"-^-^ '-^ (3^. (4) C ^'%^ lî. (5) C j^. (6) B plk^ ^x^ U O^i. (7) C j^. (8) C ^^^ b. (9) B j^izs.. (10) C fJt. (11) C Oov*xa.l_3 »^'!$'l ^ji^HS=^j ^ya. U^b à:;L»jJI. (12) C ^^1 oX)i JJ^. (13) C ^ol^i ^_^ Les mois /*^j ^ ... ^.j3 sont omis. (14) C Jbsr'l. (15) C 8^^) ^j\j>. (16) c J. (17) B )_5jL^. - (18) C i^j^l. - (19) B ^J,^}^. (20) C ^.Js lyU iwJ lyU. (21) B oXUD. (22) C L^'_3^'j ii^^! 1^. (23) C 'Jjj. (24) C ïl*i3t.

70 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

(3) Jliii U (2) J^l 'J^ J^j> (1) ^^io ^ ^^A^'' ^U3! j\^ l^. ;

^-j-^ ^,1^ J (5) ^ j^i J. ^ (4) l;^ wi/ ^j-^ l). j^yJ I

^,^ty J JlLi j^L p.. J ^y (7) 5^^.^' (6) ^. ^l^' ^OJ' '

J, (9) li^^ Ji l^"^ pJl (8) ^.^î ^ ^tCJp J,! ,liL^ l; -.ca^^!

_,La=^ j^ ^^slS ,l£^ b J (10) JUs (p. J.7:-5) j^/ ç^^ ^v-i=^ I

(11) .jp-Ji-i ij^^ bl;^ ._^^_ i^j'r^j j^' «^ l)-^ '-^^ -^"^ .^Ow-w

'joAio IJwW IswVLsr:'. 'j-'j ^^-îj^ 2!.y^ J^L ^^'^ ,liL^ (12) ii^ |

J-^U (14) ^OJ! Ij^i 3 \y^ {i'S) l^-^ j^j^l 1^»^ ^^:=v 1 (16) is.^wiJ! 5À* w^W' w— ^^ ,^r^ ^ ^ J^j (15) ï^k^c^^'j

U ,liL.=v (18) iJ JUj ^^^1 ^\j^ ^ ^ ^^ _7^' '^-* (1/) h'.j^b :

^.^M !j^ ^:u^_^^ ^ (19) J*3 <x-- vjuU ^ ^.Ul or'-V 1

^:JC;^-' xdxs ^JJ! JxàJ! !JJ6 ^ U ^^y (20) Jlis -vW'j; ;

L Leroy. \

[A siNvre.)

(1) C ^. l2) B ïr^ J ^:^^ jW 'i^. i3; C ^,U..o. J JU3.

_ (4) C --V- (5) ^-^ ^»^j5- (6) B U;o'. (7) B ^,_..^3Ï^: 1

C (^ v-^. (8) (1 -/-'^ sans le mot ^J'. (9) B ^^ W-^-:^ i

i^L; C hl^> ,.^ Ijv*£. (10) C ..c^.Jli:^. (in c '^J^j. i

' ^ ^ '' ' c/ ^ *" ^

(12) ... ^^^ ^-b^t iJj- .liLii. 5^w UI5. (13) L^-*4=^ est omis en C

(14) C ^tXJjj. (15) C ,l£ow ^H^'j. (16) B ii=Ji3l. (17) -B ^^« ;

(^^^^ (18) B J>^UU. (19) C 'o^^, ^\*^. (20) Les mots J'^ ]

^ Ji ... .ftS^i sont omis en c. ^

NOTES DE GÉOGRAPHIE

ET D'HISTOIRE D'EVIRÈME-ORIENT

Par E. Blochet.

(Fin) (l)

;^ ^ TA-THSIN = y; à'vo) '^jp'.y. (2).

I/e.\plicati()ii du nom de Ta-Tlisin qui, dans les chroniques < hinoises, désigne également l'empire romain et qui, dans les traductions d'ouvrages bouddhiques, i-end le sanskrit yavana « grec », n'a pas été, que je sache, donnée d'une façon satis- faisante, malgré des hypothèses très ingénieuses (3), mais toutes un peu trop compliquées pour répondre à une réalité. Est-ce

(1) Voy. 11K)«, p. 34t>.

{■2) Le pays de Ta-Thsin est certainement la Syrie (Iliitli, préface, page vi). Le royaume rie Ta-Thsin, dit le Hou-Han-shou [ib-iH) J.-C)) "tait égale- ment nommé Li-tchien (:= Li-kin); comme il est sitiK- à l'Occident de la mer, on le nomme Haï-hsi-kouo : j;^ .^ ^ ^ j^ |^ ^ f# If îjj; I^T W ^ (ibid., pages 36 et 09). Li-kin d'après liirth, ((iii semble avoir mis la main sur l'exacte vérité, est la célèbre ville de Rekem {ibid., page 160). Ce même ouvrage nous apprend que le roi du pays de Ta-Thsin désii-ait entrer en relations avec le Céleste Empire, mais les Parthes ^ è An-si, ou Arsacides, désirant garder le monopole du commerce de la soie, les en cmi)èchaienl; la 9" année Yen-hsi de Houan-ti (166), An-toun, roi du Ta-Thsin -Jç M "^^ ^ ^, (^'est-à-dire Marc Aurèle Antonin, envoya par mer une ambassade qui

arriva à la Chine par la frontière de l'Annam (Hirlh, ibid., pages -12 et 100) ; c'est à partir de ce moment que datent les relations suivies de l'empire chinois et du Ta-Thsin. D'api-ès le Weï-shou (386-556), la capitale du Ta-Thsin est An-tou 4r ^> soit Antioche (Hirth, ibid., pages 48 et 103). Le résultat de ces re- cherches sur Fo-lin et Ta-Thsin a été communiqué à la Société philologique dans sa séance du 12 mai 1908, époque à laquelle la rédaction de cet article était terminée. (3) Hirth, pages 157 et 214.

72 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN. [

que ;/ç ^ ne représente pas tout simplement une forme, moitié | Iraduclion avec y^ ta, tai « grand », moitié transcription avec , ^ Thsin, du nom sémitique populaire d'une partie de la Syrie, ; de la Syrie du Nord, qui n'a pas été conservé dans la division ' administrative de la Syrie telle qu'elle avait été comprise par '■ les Romains? D'après Polemius Silvius (V siècle), la Syrie était ' divisée en trois provinces (1) : « Syria coele, in qua est An- j tiochia, Syria Palaestina, Syria Phoenice (2) ». Les géographes 1 grecs Diodore de Sicile et Strabon nous ont conservé le sou- venir de l'ancienne division de la Syrie sémitique et pré-ro- '■ maine, qui avait été faite à un point de vue très différent et 1 dans laquelle cette vaste contrée était considérée comme for- ''• mée de deux parties : la « Syria superior » ou « Syria prima », \ Y) àvo) Huçtioi (3), comprenant la Syria Coele et la Syria Phoenice, i et la « Syria inferior » , y; xaiw Supt'a, qui comprenait la Syria , Palaestina.

;^ ta « supérieur, premier » est la traduction normale du grec ! avo), ou plutôt de l'adjectif araméen, qui a été traduit par les Grecs sous la forme i, avw; quant au caractère ^ qui se lit ; aujourd'hui Thsin, il est facile de montrer qu'il est la trans- cription phonétique aussi exacte que possible du nom sémitique ' de la Syrie, "iiï en hébreu, j^-^ en arabe, ces deux formes cor- i respondant à une prononciation t/isour, d'où l'on a fait, en ' laissant tomber l'un ou l'autre des deux éléments qui compo- sent l'emphatique ths, le thsadé du sémitique, Tup, Tyr et Sjpta, ! Syria. Le phonème ths de thsin ^, dont la valeur n'a certaine- ' ment pas changé depuis l'époque à laquelle les Chinois ont . inventé l'expression ;/<; ^ pour désigner l'empire romain, est i certainement identique au thsadé des langues sémitiques, puis- \

(1) Polemii Silvii Lalerculus dans Monuments Germanise hislorica, auct. anlif., tome IX, page 511 ; cf. Archiv, tome IX, page 680, et Th. Mommsen, Mé- moires sur les provinces romaines, Paris, 1837, page 13.

(2) Auxquelles les Grecs donnaient les noms de xoiXï) Sypt'a, luiîa na).atanvri et

(3) ... 'App'.ôxto; xaî TTûO'ov... àvaÇ--j|o(VT£; itzb toO NîiXou \j.t-.k twv pïCT-.Xéwv xat TT): S'jvâfXîw; y.y.-îv eï; TpucaoâSîKTOv tv;; avw 2u>ca; (Diodore, XVIII, 33, 1). "O* ■reyv- ôavôfAsvo: ;y. KiXixia; àvîorpofsvai x»-. <itpaToiTî'<EÛ£tv iztpi Ty,v avw i;-jp:av... (ibid., XIX, 93, 1); OJTo; toOtov to* yrtô'O^ SisToiêî jrspî tyj'i avw X-jpîa/, TtoXtv xti^w tEpt Tov 'OiôvT/;v TtoTïfiôv (ibid., XX, 47, 5). «l>J£T6ai (#, cyxi^t) xat iv t^ BanTpiav^ xaî Bx6uXù)vîqt xai SoudtSi. Kai V) xàxw lupta çûei (Strabon, XV, 1, 18).

NOTES DE GÉOGRAPHIE. 73

que le nom du royaume de Thsin J| qui s'écrit avec le même caractère que celui qui parait dans -^ ^ Ta-Thsin a été rendu par les Arabes sous la forme ^r^ Thsin, qui serait en hébreu ]'y. Une autre preuve, et non moins convaincante, en est que les Iraniens ont transcrit ^ Thsin par ^^^ Tchin et que, dans leur système consonnantique, le ^ correspond d'une façon cer- taine et indubitable au /Asac^é? sémitique, puisqu'ils ont transcrit le syriaque u-^j t/tsa/iba sous la forme V-W' 1*^ forme ^r». pi'ouve donc péremptoirement que les Iraniens ont entendu prononcer le caractère ^avec un t/isadé initial, c'est-à-dire avec le môme phonème que celui qui se trouve dans T/isour iiï. ,^o. Les Chinois, ne possédant pas l'articulation r, sont obligés de la transcrire par celle qui s'en rapproche le plus, soit /, mais il n'existait pas dans leur langue une syllabe thsoul ou thseul qui fût capable de rendre le thsour sémitique, aussi, suivant une habitude constante et d'ailleurs très explicable, ils ont changé cet^ / final en n; du reste, la valeur phonétique des sons n et / du chinois est extrêmement voisine et ces deux phonèmes sont loin d'èlrc aussi distincts dans la prononciation des Célestes que dans la nôtre (I), 17 du chinois étant à la fois linguale, nasale et dentale. Il me suffira pour établir l'équi- valence de Vn de transcription chinoise avec 1'/ non chinois de citer les exemples suivants : le nom ouïghour de l'or altoun, en tchaghataï, j^-''» est rendu en chinois, tians le Vocabulaire ouïghour-chinois, sous la forme fijf ^ an-tliouen, ce qui est, à très peu de chose près, la f^rme par laquelle les Chinois ont transcrit le nom latin Antonius; ime môme transcription chinoise 0g 'il Houan-tché, recouvre les deux noms mongols Oltchaï ^U-J^j (ou peut-être Eultchéï) et Kountchek ^^^-^'Z; le nom du a lac des têtes rouges », le Kizil-Bash, proche de l'Altaï, aux bords duquel Témoutchin et Wang-Khan ff ^, J-^ ■wX^^;', li- vrèrent une petite bataille aux Naïman 75 ^- ^^n 1199, est écrit par Rashid ed-Din ^j^^ S^j} (2) et par les Chinois M ^ a ^

(1) |# /a/ est en coréen nal, avec, do plus, ralternance l-d = /, et en japonais nnlchi; -dK lai est en coréen ne et dans certaines prononciations dialectales le; "^ lan est en coréen nan, et manglaï « front » en mongol, se trouve également sous la forme mangnaï.

(2) Man. persan 68, folio 75 verso.

71 REVUE DE l'orient CHRETIEN.

Hé-sin Pa-slieu(lj; Djalal-Din, forme turke de Djahil ad-Diii, ; est rendu en chinois par ;|;L H T Tcha-lan-ting, et le fleuve Émil

que Rashid écrit correctement Jrr'' est écrit Éiuin ^' dans le ]

Khin-t iufj-Si-y u-thoung-iven-tchi , sans compter la transcription \

moderne ?^ ,^ ,g, faï-rna-ssé du" mot persan jU némaz (2). \

Cela établit d'une façon certaine la filière des formes par les- i

quelles le mot sémitique t/isour a fini, au boni de vingt siècles, «

par devenir, dans la prononciation des sujets des Fils du Ciel, ' Tlisin : Tlisour-Thsoul-Tlisun ^-Thsiii. En revanche, ce

nom de ^ Tlisin qui est devenu en arabe .y-,-^ a été entendu par i

les Occidentaux sous la forme Ser, qui se trouve dans Ptolémée, ;

et il est évident que ce mot de S-rjp, par lequel Ptolémée désigne ,

un Chinois (c-. -yjpeç ; cf. ^■qpiy.bç), est la trnnscription deThsin : '

c'est par un phénomène linguistique absolument identique, i

mais inverse, que (hsour, origine du grec 'L'jp'<.<x et du latin ]

Syria, est devenu Thsin dans la langue du Céleste Empire. !

i

^^.UVj NANGIVAS = /^. ^ MAN-TZI = S}^ >

Nangiyas, dans Rashid ed-Din, désigne la Chine du Sud, Tem- \ pire des Soung, par opposition à ^^, l'empire du Nord des ; Altan-Khaghans ou :^ ^, souverains mandchous de Ven-king; dans la langue actuelle des Mongols, Nangkiyas et Nangkiyad ^ désignent la Chine des Tai-ïhsing; Nangkiya-s et Nangkiya-d , sont des pluriels mongols réguliers d'un mot nangkiya qui est \ conservé dans le Vocabulaire ouighour-chinoiSf avec la trans- o'iption ^^M ff (S) Nang-k/ii-hoHeï {corriger en ^ /.i^yf/a , qui est traduit ^. Man « barbare ». Nangkiya-s est donc la tra- \ duction du collectil ^ ^ Man-tzi « fils de Barbares » par lequel i les Chinois du Nord désignaient les sujets des Soung et que '

(1) )'nun-iihi, cliap. 1, [Và^a H.

Ci) L'I, même en arabe et en persan, a souvent une valeur emphatique palatal"- tpii peut la faire conlondi'e avec la nasale n: c'est ainsi que Ifs Turks ont irans-

lojiiié en menla bîU/> le mot arabe biU molla pour c^^.

(3) 11 y a dans le ]'vcabulaire, k la place du signe Koucï, un signt- homophone (jui n'existe pas dans la fonte de l'imprimerio Nationale et qui est presque seni- blal>l(> à celui de li-fil par lci|uel je propose de le corriger. Ce caractère se com- pose de la phonéli(|ue Atiat'/ jointe à la clef 150 au lieu de la clef ll'J.

1

NOTES DE GÉOGRAPHIE. 75

Rashid ed-Din a transcrit Manzi Sj^ (1)- H est piquant de voir les Ouïghours de la Pentapole et les Mongols de la steppe traiter de « fils de sauvages » ces mêmes Chinois auxquels ils ont mendié les rudiments de leur civilisation.

LES CAMPAGNES DES MONGOLS DANS l'iRAX HT EN RUSSIE.

D'après le Yuan-shi, Tchinkkiz (2) dans la 16^ année de son règne (1221) s'empara de f> n^ ^¥ou-\\(j-e\i\, soit Boukhar, qui représente plus exactement que le nom musulman de Boukhara I.Ur: le prakrit hou/uh-, sanskrit f^fTT vi/x'rra « temple d'ido- les », et H ^ S ^ Sa-mi-ssé-kan qu'il ne faut pas corriger en 'MW %^ Sa-mi-eul-kan (3), Samarkand, avec la transcription ;y^,?'pourw.^; cette même année, Tchoutchi tîl "^i s'euipara de ^ "^ =f Yang-ki-kan, soit Yanghi-kand, la Jakint de Plan Carpin et la o^ -Vj. que Rashid ed-Din prétend avoir été construite par Oughouz (1), l'ancêtre mythique des ïurks, de A' % ^ Pa- eul-tchenn, soit Bartchin, que Jean de Plan Carpin nomme Bar- chin (5); à l'automne, il s'empara de $lï # It Pan-lé-ko qui ne peut être, malgré l'étrangeté de la transcription pan pour ba, que la ville de Balkh (6). Les princes Tchoutchi, Tchaghataï ^ ^ -^ et Ougédeï ^ ^ -^ s'emparèrent de la ville de f| f^ #> Yu-loung-kié-tchheu, qui est la ville de Youroung-kash, dans le Turkestan, et d'autres villes de cette région. Youroung-

(1) Avec la transcription constante do /: chinois |iai- ;• persan.

(2) Chap. 1, page 2(t.

(3) Sa-mi-ssé-kan répond d'nno faron coi'taine à une forme persane Saniiz-

knnd, car ils ne possèdent pas l'articulation a ([u'ils rendent toujours, faute de mieux, par s; Saniiskand se lit clairement dans le nian. ouïgiiour de la Bibl. Nationale, f. 262 v", ligne 8, et son identification avec Samarkand n'est pas dou- t(Hise.

(4) Man. supp. persan 1364, folio 159 verso.

(5) .Jean de Plan Carpin ajoute le nom d'une troisième ville, celle d'Ornas qui était spécialement habitée par des Chrétiens, des Khazars, des Russes et des Alains.

(6) L'existence de ces lettres paragogiques, au moins avec la prononciation actuelle du chinois, est certaine dans plusieurs transcriptions de noms mon- gols en caractères chinois; dans le cas présent, il se pourrait que la transcrip- tion Pan-lé-ko représente la prononciation vulgaire de Balkh, avec un a nasalisé par la présence de 1' l qui se trouve dans ce mdt.

76 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

kash, la « ville de la jade blanche », en arabe ►iU -^^x^> ou ^U sjj^)»j^\ est citée dans le Khin-ting-Si-yu-thoung-wen- tchi (I) et elle est située au-dessous de Khoten. Pendant ce temps, le prince Toulouï, le dixième mois de cette même année, s'emparait de la petite Merv (2), de la grande Merv, de Saraklis, et d'autres villes ^ # '^ ^ pj .E| ,^ ^ ^ij ^g, (Ma-lou-tchha, Yé-kho Ma-lou, Si-la-sseu). .|| .fi '^ Ma-lou-tchha est la trans- cription de à^ij* Marv-tcha, la petite Merv, et non de la forme turque Jjj^»^ Marv-tchouk; ^ ïïT ,E| .^ Yé-kho Ma-lou est en mongol Yéké-Merv jy a,C, la grande Merv; quant à la trans- cription de ^ $lj,g, Si-la-seu, elle présente des difficultés; il est évident qu'il ne faut pas y voir la ville de Shirâz j^:^ du Farsistan, ni très probablement le gros bourg de Shirâz ;^ qui, d après Yakout (3), était à deux jours de distance de Sarakhs j'^j--^ à moins, ce qui est peu vraisemblable, que les Mongols aient confondu Shirâz et Sarakhs. ^ ^ij ,§, peut d'ailleurs re- présenter la transcription de Sarakhs, car on vient de voir que le nom de Samarkand a été transcrit Samiskand et les Mongols, au xiii^ siècle, avaient une forte tendance à laisser tomber les aspi- rées, de sorte qu'ils pouvaient parfaitement prononcer Saras le nom de la ville de Sarakhs (I). La dix-septième année du règne de Tchinkkiz, Toulouï s'empira des deux villes de Thous etNishnpour,!^ ,g. ^'^X% Thou-ssé Ni-tchha-ou-eul, g '^ %% Ni-tchha-ou-eul étani la transcription du nom vulgaire de Nishapour que les gens du commun prononçaient Nishavour ^j^Li.», suivant ce que dit Yakout (5); puis il s'empara avec son père de la ville de Talékan if M ^ forme qui traduit litté- ralement le persan ^liJli» ^,i^, ^ étant l'équivalent du persan y^. Ici se place le récit de la lutte des Mongols contre le sultan des contrées de l'Ouest, Djalal ad-Din que le Yuaa-shi nomme Tcha-lan-ting B isjc i ^L fi T. soit Djalal-Din, avec l'échange

(W Chap. 3, pago 30.

(«) Bretschneider, qui s'est occupé incidemment de ce passage, n'y a vu que du feu.

(3) Modjem, tome II!, page 351.

(4) On verra d'ailleurs, dans le cours de cet article, de fréquents exemples de la transcription de a par i chinois, et de la chute des gutturales intervocaliques: la transcription de s par sh n'est pas insolite.

(5) Modjem, tome IV, page 867.

NOTES DE GÉOGRAPHIE. 77

de /et n. La dix-huilième année (1), Tchoiitchi, Tcliaghatai, Ougédeï et le général Bala A $lj terminèrent la conquête des pays d'Occident "gj i^ et mirent des gouverneurs dans ses principales villes.

Pour avoir quelques détails sur l'invasion de la Russie, il faut recourir aux biographies des deux généraux Souboutaï Baglia- tour (2) i^ ^ •â' (Sou-pou-lhai), qui était un Mongol originaire de la tribu des Ouryangklia %% ^ (Ou-leang-ho), dont on trouve le pluriel dans Rasliid sous la forme Ouryangkh-êt ^^ûxjIj,^' et Koush-mélik ^j ,@, ^ M (Ho-ssé-mé-li), qui serait en transcription arabe s^CL ^J, et qui était un Ouighour ori- ginaire de l'ourdou de Koutché dans le ïurkestan i!^ Jr^^ ;gl pjl ^ ^ ^ A (3)- Ces deux généraux, accompagnés de Tcliébé- Noyan, furent envoyés en 1223 par Tchinkkiz pour faire la con- quête du pays de Kiptchnk |}^- '^ Khin-tchha (4), le ^'sr-' de Rasliid. L'armée qui était sous le commandement de Sou- boutaï (5), contourna la mer Caspienne % "^ -^ ,ËL \% (Kliouan Ting-ki-ssé-Haï) et ce général arriva à la chaîne de montagnes Thaï-houo -j^ :fij ^, il lit percer les rochers, se fraya ainsi un chemin et sortit contre l'ennemi qui n'était pas préparé à son attaque. Il rencontra deux chefs de bande ^ ^ nommés Yourik M -éi (Yu-li-ki) et Tha-tha-ho-eul if ff i"^ ^l alors qu'ils étaient réunis sur les bords du fleuve Po-tcha ^ îfl. fl»!. Il lança son armée contre leurs troupes qui furent mises en déroute; le fils de Yourik se réfugia dans une forêt, mais le lieu de sa retraite fut révélé aux Mongols par un de ses esclaves qui vint le trahir; il fut ainsi capture. Les peuplades de cette contrée firent toutes leur soumission et Souboutaï Baghatour arriva au fleuve A-li-ki ^ M o M-

Il n'y a pas de doute que la % -^- ,gL Khouan Ting-ki-ssé- Haï ne soit la Caspienne, la mer du Tabaristan ou des Khazars comme l'appelaient les Arabes de cette époque, l'Akfouda-

(1) Yuan-shi, ibid. page 21.

(2) y'wan-s/it, chap. 121, pages 1 et ssq.

(3) Yuan-slà, chap. 12U, pages 15 et ssq.

(4) Ibid., chap. 121, page 2.

(5) W Khin se prononçait anciennement khim et ^ tchha se prononçait ichhak : Kimtchak équivaut à Kiptchak avec l'alternance m z=zb =p.

78 REVUE ijK l'orient ciikétikn.

déryav^'o,: .oy5'! uu Kalouda-déryav jlj,i ïXiS'des Persans '1): le nom de la cliaîne de montagnes nommée ^^ç %i Thaï-houo n'est pas non plus aisé à restituer et son identification n'est pas iacik'. Dans la prononciation de l'époque mongole, 3^|q était certainement Dai-kho; le son k/io pouvait d'ailleurs, avec l'équivalence i = ^j = ^ , représenter y ho; s'il y avait dans le

texte chinois J^ fn da-gli{o), il se pourrait (jue ces deux carac-

(1) Le nom ilo la Caspienne est. dans l'Avesta, Vouru-kasha = Vouru-karta, « la mer créée large », ce que le pehlvi traduit Firakii-kart, en pei-san -^ V

^^y ; ce noni désigne aussi la nier en général, parce que les Mazdéens n'a- vaient que des notions géographiques assez imprécises, mais, primitiven)ent, il est certain que la Vouru-kasha était la Caspienne. On lit dans le (îrand boundehesh : Yamallûn'it pûn D'in aigli zrâ'i-l Fiiakh-karl pïin kosl-t nhnrûdj kanûrak-'i Albôrdj si êvak-j-c zanû zamlk dûrlt ïtûn zrûl-i Firakh-karl algh-ash

hazar var dar dâsht yakôyanmnil Itûn min tchashmak-i Ard'ivlvsûr Amut

Uû-as/j ijabrû lûdjln'U pûn Ichahal yôm û laïli/â pirâmïm barû garCit man

yahvûn'il IwTXir u Ichahâr sad farsang mas Kulû zanâ min Ichashmakûn-i

Ardn'icsr/r hamai rldjlnd ôl nnnrôdj kôf-i Albôrdj. De mon man., page b9; cf. lacs, de W'estergaard, page iiô. ■• 11 est dit dans l'Avesta que la mer Firakh-kart, du côté du Sud {nlm-rôdj = j at^Jj, au bord de l'Albordj, occupe le tiers de

cette terre; on la nomme ainsi •■ mer Firakh-kart •• parci' qu'elle contient mille canaux qui viennent ainsi de la source Ardvïvsûr (Ardvi-sfira Anâliita)... Si un homme monté sur un bon cheval fait courir sa monture, il fait le tour de celte mei' eu 10 jours et nuits [Ichahal yôm u laïlyâ, -, . jLi:, ^-a>),

ce qui f;iit 1.4U0 farsangs en longueur.... et tout cela (toutes ces eaux) coule de la source Ardvlvsfir vers le Sud du mont Albôrdj «. L'Albordj, le Ilaraiti Harez, ou Hara Berezaiti de l'Avesta, sur lequel, d'après la cosmogonie du Boundehesh. .se trouve la source des eaux, l'Ardvi-sûra Anâhita, « s'étend sur tout le tour de la terre baignée par les eaux jusqu'aux régions de l'Orient » (Darm., Z. .4., II, 618); c'est originairement la chaîne du Caucase avec son pic culminant de l'Elbrouz, l'Albordj du pehlvi, dans le Sud-Ouest duquel se trouve en elTet la partie iranienne de la mer Caspienne. Ce qui établit bien que la Firakh-kart est la Caspienne, c'est que le Grand Boundehesh nomme le lac d'Aral « la mer Kamrfitîk qui se trouve au Nord, dans le Tui'kestan ■, zra'i-i kamrûllk zak-t upâkhlnr pua Tnrkaslân mCir'il [ibid., page 92) et cette niei- Kamrfitîk « celle qui reçoit piui de fleuves •> n'est évidemment pas la Caspienne. C'est, à n'en pas douter, le nom de la ■■ mer ei'éée laige, vaste » qui .se retrouve dans la l'orme chinoise Khouan Ting-ki-ssé-Ilaï «■ la va-ste mei- », et Yakout dit lui-même

> »

ilans le Modjem que la Caspienne est une ■■ vaste nier ••. s-^^'j t^ jS'^', Ivhouan Ting-ki-ssé est une forme moitié transcription moitié traduction d'une forme

turke iinkkis, qui était elle-même la traduction de la forme pai-sie. ^.5ai5'

est probablemeni la corruption paléographique de i^S ^1 J. H est très réguliiM'

(le trouver un adjectif chinois déterminant la transcription diin substantif étranger et il serait facile d'en citer de nombreux exemples.

NOTES DE DÉOGRAPHIE. 79

tères soient la transcription du mot turk-oriental dagh « mon- tagne » qui se trouve en caractères arabes sous les formes équivalentes c.1^ et (jUs (1). L'identification de cette montagne ne peut se tenter que si l'on parvient à déterminer quel est le cours d'eau que les Chinois ont transcrit sous la forme (5pf M "n A-li-ki; ce fleuve n'est pas, et ne peut pas être, la Volga, comme l'a admis Abel Rémusat dans l'abrégé un peu trop rapide de la vie de Souboutaï que l'on trouve dans les Nouveaux Mélanges Asiatiques, et cela pour des raisons à la fois phonétiques et géo- graphiques; dans les transcriptions de noms propres, à l'époque mongole, psf rend toujours le son a et jamais o, à tel point qu'on peut comparer ce caractère à un hamza portant un fatha ; de plus, les caractères de la classe ^ ki rendent le son A: et ne peuvent transcrire le r du russe qui transcrit le mongol kh, gh, qui sont toujours rendus en chinois par les caractères de la classe /g. ; le nom de la Volga serait en chinois II M -â" ou % M. 'â" Ou-li-ho, ou quelque chose d'approchant, mais il est impos- sible qu'il soit rendu par |îpj M "a A-li-ki. Cela est si vrai que les auteurs du dictionnaire qui termine le Yuaii-shi (2) ont res- titué ce nom, d'une façon d'ailleurs erronée, en Alkin, d'après une transcription refaite |5p| % |g A-lé-kin, mais avec k et non gh. Du reste, en contournant la Caspienne par le Sud, il était impossible que les Mongols rencontrassent ];i Volga. De plus, à l'époque mongole, la Volga s'appelait ÉtiL qui est J^j!, J^' dans Rashid et dans Djouveïni et que les Chinois eussent rendu par Yé-ti-lié s'ils l'avaient entendu. Je crois que A-li-ki n'est autre que le fleuvt^ aujourd'hui nommé Arass, l'ancien Araxe, qui se trouve dans le Modjem de Yakout sous la forme i^J>^- On a vu dans cet article plusieurs exemples d'un i chinois transcrivant un a étranger, sans qu'il soit facile d'expliquer ce phénomène; A-li-ki peut donc être une graphie pour A-la-ki, soit Arak. En somme, les Chinois et les Musulmans ne pou- vaient transcrire, pas plus les uns que les autres, un pho-

(1) Ce mot dagh, comme le mongol dabaghan « montagne », dont sont dérivés daban qui a été emprunté par l'ouighour et daba qui est devenu le turk tépé ^j, est apparenté au chinois ^ qui se prononce aujourd'hui tlw et qui dési- gne un amoncellement de terre.

(2) Chap. 7, page G.

80 REVLE DE l'orient CHRÉTIEN.

nème Araks avec k-s, et il leur fillait choisir, du k ou de l's, railiculatioiî qu'ils voulaient conserver. Chacune îles langues a cédé à son idiosyncrasie, l'arabe a pris la si filante, ce qu'il fait toujours quand il se trouve en présence d'un groupe de consonnes dans lequel entre une siflîante, et a fait Aras, et le chinois a laissé tomber la sifflante, d'où Arak (l); dans ces con- ditions, |5|iJ ^ '^ A-li-ki peut être i'Araxe (2).

Après avoir traversé 1j fleuve A-li-ki, sans que l'auteur de la biogiaphie de Souboutaï dise à quelle distance, le général mongol se rencontra avec le grand et le petit Mstislaf (.Mi- tchheu-ssé-lao) ;^ >J> ^ :^, j^^ ^-, qui étaient à la tête des tribus russes; ils furent vaincus en un seul combat; ensuite Souboutaï Baghatour soumit les tribus des A-sou (les Yasses) et rentra dans le Kiptchak (3).

D'après la biographie de Koushmélik ( 1), Tchinkkiz Khan ^ envoya un messager à Tchébé ^ f^ (Tché-pé) pour lui ordonner de monter à cheval et d'aller en toute hâte envahir le Kiptchak §i ^ (Khin-tchha) et de châtier ses habitants. Tchinkkiz or- donna à Koushmélik d'aller demander la reddition (5) des villes de Khiu-eul jUj ij?., deThé-shé-eul ;c^ ^^ ^ (G) et Wan-sha j^ ij; et d'autres qui firent toutes leur soumission. Les tribus ^ des Kou-eul-tcheu ^ ^ p^, dans lesquelles il faut, à n'en pas douter, reconnaître les Kurdies ^ ^ des historiens arabes du xiii® siècle, c'est-à-dire les Géorgiens, et celles des A-sou |ipj j^, les Yasses des historiens russes auxquels Rashid ed-Din donne le nom de

^1 Ass, essayèrent de résister aux Mongols, mais elles furent

(1) C'est ce qui s'est passé dans l'intérieur de la même langue quand, de Thsour "^ix. le grec a tiré ï-jfîa = (ïh)sûuret TOp = Th(s)our; les langues d'E.\- tréme-Orient ont une tendance à laisser tomber la sifflante d'un complexe con- sonnantiquc, c'est ainsi que le mot chinois le haï ' thé est thaï en cambodgien.

(2) Ce fleuve n'a rien non plus à voir avec le Don, le .r> de Rashid od-Din qui se trouve dans le Yuan-shi sous la foi-me ^ ^.^ Tho-na.

'3) 51 S pig m ïii- \n â %\ m .s^ é k >j> '^ t> s.^ is - ic

\%Z^m}à%mW>^K'1êZ, chap. 121, page "2. (4) Chap. h'O, page 15.

(G) Comme il n'y a aucune marque de séparation dans le texte chinois, il se pourrait qu'il faille lire Khiu-eul-thé-shé-eul comme un seul nom.

NOTES DE GÉOGRAPHIE. 81

combattues et firent leur soumission; ensuite Koushmélik reçut la soumission de la ville de Hé-lin M ;^ ( 1 ) qui est évidemment la ville de Krim, dont l'auteur de la Djami el-tévarikh écrit le nom ^■f ^^ (/' L'armée de Souboutaï continua sa marche et vint li- vrer combat aux Russes ^ JH ,g, dans la montagne de Thié-eul (= Ter) ^ 3i llj ; ils y furent complètement battus et les Mon- gols firent prisonnier le prince de leur royaume, Mi-tcheu-ssé-la, soit Mstislaf , ^ ^ ,gL J^ ; Tchébé ordonna à Koushmélik d'en- voyer le prince russe (2) au prince Tchoutchi tIl ^5^ :ic ^ ^l^i le fit mettre à mort. Les Mongols continuèrent leur marche et attaquèrent les Kanglis J^ M' les }l-3 de Rashid ed-Din; ils arrivèrent à la ville de Po-tzeu-pa-li ^ -^ /\ _g_, en turk Bouz? Baligh, et livrèrent à leur souverain Houo-tho-ssé-Han ^ |^ ,@, ?p, soit Koutouz-Khan (en transcription arabe ^^Uj^^y, ^U j^^ et jU^Ja?), un combat dans lequel il fut battu. Puis l'armée rentra dans le Kiptchak.

Ces deux récits se complètent Fun par l'autre : on sait par les historiens russes que Tchinkkiz avait ordonné à Souboutaï et à Tchébé de s'emparer de Shémakhi et de Derbend (3); Shémakhi se rendit, mais les Mongols furent égarés dans leur marche sur Derbend par leurs guides qui les conduisirent dans de mauvais passages ils furent cernés par les Yasses, les p^ ^ A-sou du Yuan-shi, les Alains et les Polovtsi. Les Mongols gagnèrent la neutralité des Polovtsi, battirent les Yasses et les Alains, puis

(2) © # M S ^ M l^i ^ TIl i: ^, phrase dans laquollo il faut

prendre re dans son sens vulgaire de « ceci ».

(3) Les Tatars, dit Yakout el-IIaniavi dans le Modjeni el-hoiddan, tome !•"•, page 255, marchèrent des confins de la Chine jusqu'à ce qu'ils débouchèrent par Bàb el-Abvàb (Derbend) ; ils avaient déjà conquis et saccagé à peu près la moitié des pays musulmans; ils s'étaient en effet emparés de la Transoxiane. du Khorasan, du Kharizm, du Sedjestan, du pays de Ghazna, d'une partie de rinde, de Koumès, de l'Ii-ak dans sa totalité, à l'exception d'Ispahan, du Taba- ristan, de l'Azerbeïdjan, de l'Arran, d'une partie de l'Arménie; ensuite, ils dé- bouchèrent par Derbend, et tout cela, en moins de deux ans, massacrant la po- pulation de toutes les villes dont ils s'emparaient. Ensuite, qu'Allah les ruine et les fasse retourner d'où ils viennent, après avoir fait irruption par Derbend, ils s'emparèrent du pays des Khazars, des Alains, des Russes, des Saksin, et ils combattirent lesKiptchaks dans leurs steppes jusqu'à arriver, en à peu près une année, au pays des Boulghars.

ORIENT CHRÉTIEN. 6

82 liKVLF F)r: l'orient ciirktif.n.

ils firent périr lo kliaii des Polovtsi, Youri (1), fils de Kuii- tchak (2), et les poursuivirent jusqu'à la mer d'Azof et la barrière des Polovtsi, c'est-à-dire jusqu'aux limites de la terre russe. L'un des ciiefs des Polovtsi, Kotian, beau-père du kniaz Mslis- laf de Galitch, se réfugia, avec nombre de familles de son peu- ple, dans la grande principauté de Kief et annonça au prince russe l'invasion des Mongols. Mstislaf de Galitcli rassembla les kniazes russes à Kief. Mstislaf llumanovitch le Bon, prince de Kief, le prince de Tchernigof, Daniel, prince de Volhynie, Michel Vsévolodovitch, fils de Vsévolod le Rouge, et l'ancien kniaz de Novgorod, Vsévolod Mstislavitch, décidèrent de marcher à l'en- nemi avec les Polovtsi. L'armée russe était à Zaroub sur le Dniepr quand elle rencontra des ambassadeurs mongols qui priè- rent les kniazes de se retirer et de leur laisser régler leurs comptes avec les Polovtsi. Les Russes commirent la folie de mas- sacrer les officiers mongols et leur armée vint camper sur la rive droite du Dniepr; un premier engagement se termina par la victoire des Russes qui passèrent le fleuve et s'en vinrent établir leur camp sur les bords de la Kalka, qui se nomme au- jourd'hui Kalets, dans le gouvernement de Yékatérinoslav, près de Marioupol. Mstislaf de Galitch, qui avait le commande- ment en chef, envoya à l'avant -garde les Polovtsi avec leur khan Yaroun et Daniel de Volhynie, et il engagea la bataille sans prévenir Mstislaf de Kief et le prince de Tchernigof, qui étaient dans leur camp, pour se réserver tout l'honneur de la victoire. Malgré cela, les Russes auraient vaincu les Mongols, si les Polovtsi ne s'étaient rabattus en désordre sur le second échelon de l'armée et ne l'eussent enfoncé. Mstislaf de Galitch s'enfuit à Galitch, et le prince de Smolensk, Wladimir, se réfugia à Kief. Quant à Alsislaf Romanovitch, grand prince de Kief, il s'enferma dans son camp retranché, sur une montagne qui est évidemment celle que le texte chinois du Yunn-shi nomme 1^ 5i ilj (' la montagne tie Thié-eulh », soit de Ter. Après trois jours do siège, les Mongols offrirent une capitu-

(1) Vraisemblablement le clief de liripands ^ ^, comprendre le roitelet

étrangei-, que les Chinois nomment Yu-li-ki ^ "^ = Youi-ik dans la bio- graphie de Souboutaï. (•2) Ce nom csten turlvo-mongol Kiintcholi ^iX'^^^, O-Cs^J'. oXs^.

NOTES DE GÉOGRAPHIE. 83

lation au grand prince à la condition qu'il se rachetât à prix d'or, lui et sa droujina; mais cet accord fut violé par les Mon- gols, comme tous ceux qu'ils concluaient, et ils firent écraser entre des planches Mstislaf et ses deux gendres. Il est vrai- semblable que par le « grand et petit Mi-tchheu-ssé-lao », l'historien chinois entend Mstislaf Romanovitch et ses gendres. Les Russes ne disent pas, contrairement à ce que prétend le Yuan-shi, que les princes russes furent conduits à Tchoutchi qui ordonna leur mort.

Le Thoung-kiaii-kang-mou (1) et le Li-tai-ki-shi (2) nous apprennent que le troisième mois de la première année Khia-hsi de l'empereur Li-Tsoung des Soung, soit en l'année 1237 de l'ère chrétienne, le prince Monkké ^ If soumit le royaume du Kiptchak (3). « Le Kiptchak, disent ces annales chinoises, est éloigné du Céleste Empire de plus de .30.000 //; au solstice d'été, la nuit est extrêmement courte (4), le soleil disparaît un instant et se lève aussitôt; la terre y produit d'excellents che- vaux, de sorte que les gens riches comptent par dix mille chevaux; la coutume de ces gens est de se coucher revêtus de leurs armes et de leur cuirasse, de telle sorte que ce sonf des hommes courageux, opiniâtres, forts et terribles: ils ont les yeux bleus et les cheveux rouges (5) ». Monkké, à la tête de son armée, arriva à la mer Caspienne ;^ 0 ^' ,g, \% (KhouanThien- ki-sseu-Haï), un grand vent s'éleva tout à coup et les eaux de la mer furent mises à sec; Monkké fit avancer son armée qui massacra tous les Kiptchaks; il fit prisonnier leur chef ^ ^ Patchman A # M (Pa-tchheu-man) (6), le J^^l de

Rashid ed-Din; ensuite, il fit avancer son armée et investit la ville des Russes, Méou-khié-sseu ^ ^ ,g, 'J^ j^È ^^ |!^, soitMos-

(1) Sou-pian, chap. 20, pages 31 et 32.

(2) Chap. 90, page 11.

(3) ^ ^ anciennement Kliirn-tclihak.

(4) Cette particularité devait frapper les auteurs chinois qui n'ont aucune notion des nuits d'été presque sans obscurité des régions arctiques.

(6) L'histoire de Patchman se trouve danà le } uan-shi sous la 9'' année d'Ou- gédeï (chap. 2, page G) et tout au commencement de l'histoire de Monkké (chap. 3. page 1).

S4 Itl'VLi: DF l/ORlENT riIHKTIEN.

cou; tous les liusses se soumirent. Cette forme de Méou-kliié- sseu, qui est donnée par le Thoumj-kian-kang-mou et le Li-ta'i- ki-shi, correspond dans la prononciation de l'époque mongole à une forme Mouks qui est identique à celle qui se trouve dans le DjîIkui LoKshin d'Ala ed-Din A ta Mélik el-DJuuveïni, soit Mouks ^-^% avec une inversion assez inattendue des deux der- nières consonnes de ce nom. C'est une forme analogue, ^L-O Moksav, dans le man. ^ avec la confusion de jet ,, et le ^in écrit sans dents j'— ^', quoique plus pleine, et se rapprochant plus de la tonne Mockba, mais avec deux inversions, l'une consonn'anlique et l'autre voralique, qui se trouve dans la Djami el-l&varikh de Kashid ed-Din.

Le biographe de Souboutaï (1) parle également de cette expé- dition dont le célèbre général mongol faisait partie : Ougédeï -^ ^ donna le commandement au prince Batou ^ ^ assisté des princes Hiu-li-ou Pf M 7L> soit Houlagou^^^ (-2 , Si-pan ^^, soitShibaghan, ^^.r- dans Rashid, et Ho-tan p^ j^, soit Kadan ; Batou avait la mission de soumettre Patchman A ^, ^ ; le prince turk se prépara à résister aux .Mongols, mais il fut saisi de terreur; Batou donna l'ordre d'envoyer une grande armée contre lui, on fit prisonniers la femme et le fils de Patchman (qui se trouvaient) dans une île do la mer Caspienne (iJ). Quand Patchman apprit que Souboutaï marchait contre lui, il prit la fuite et se réfugia (dans une île) au milieu de la mer. La bio- graphie de Monkké (1) dit : « On attaqua les tribus du Kiptchak U^; '^ % et leur chef Patchman s'enfuit dans une île de la mei- (Caspienne). Muiikké ayant appris cette nouvelle, prit immé- diatement ses dispositions et envoya une armée qui arriva dans ce pays. Par un heureux hasard, un grand vent s'éleva qui refoula les eaux de la mer et s'en alla (5) de sorte que, grâce au peu de profondeur de l'eau, il devint possible de passer à pied

(1) ÏHun-shi, oliap. 121, page 3.

(i) Avec la chiile de la gutturale, lloulaou et i)lutôl, d'après riiarmonit^ vooa- lique, Huléu ou ihiléiui, ce qui c-orrespond complèleuieut à la tninscriiition chinoise.

0^) ^ ^ m ±%'M)% At^^m 1- fà'n.mti .s m-

(1) Chap. 3, page 1.

NOTES DE GÉOGRAPHIE. 85

sec. Monkké en fut extrêmement joyeux et dit : « C'est le Ciel « qui a ouvert ce chemin à mon intention », et alors, il envoya des troupes qui massacrèrent tous les Kiptchaks et qui firent Patchman prisonnier. Monkké lui ordonna de se mettre à genoux, mais Patchman répondit : « Moi, je suis le souverain « d'un royaume; est-il possible que je vous demande la vie par « des moyens aussi infamants? Je ne suis pas un chameau pour (c me mettre à genoux devant un homme (1) ». Monkké ordonna qu'on le tînt prisonnier. Patchman dit à ses gardiens : « Moi, « je me suis enfui dans l'intérieur de la mer avec les poissons, « et quelle différence y avait-il entre eux et moi ? Et ainsi à la fin, « j'ai été fait prisonnier : telle était la volonté du Ciel ! Mainte- ce nant, c'est le temps fixé pour que les eaux reviennent et c'est « pourquoi elles vont reprendre leur place; il convient que l'on « ramène tout de suite l'armée (mongole) sur le continent. » Monkké, ayant entendu ces paroles, se retira avec ses troupes et l'eau reprit son cours » .

Le Djihan-Kousliai d'Ala ed-Din el-Djouveïni raconte cette même histoire dans des termes très peu différents, et on la trouvera résumée d'une façon très suffisamment exacte dans l'histoire des Mongols de d'Ohsson (2) pour que cela me dis- pense d'en donner le texte et Ja traduction.

A Siu-tchéou, dit la biographie de Souboutaï, Ougédeï donna au prince Batou et aux autres l'ordre d'aller châtier Yé-lié-pan, souverain de la principauté des Russes % # ,gL pfS [EÈ «É* ^k ïtt; les Russes furent coinplèteinent battus. Le Yuan-shi dit, dans la biographie de Monkké (3), que Batou s'étant mis en marche pour aller soumettre les principautés russes ^ H >g. ^, arriva devant la ville de Yé-lié-tsan ^ ^J ^ ^, qu'il l'attaqua en personne, et s'en empara. Yé-lié-tsan transcrit, d'une façon certaine, une forme mongole Irésan, car le caractère ^ tsan transcrit scui dans ^ ^ Ho-san, en mongol Ghasan, en trans- cription arabe jh'^, ^^j^^ jî>^- R'ésan est la transcription très régulière du russe Rézan, Riazan, j.i'j^f». dans le texte de

An-

(■2) Tome II, page 624. i3) Chap. 3, page 1.

86 REVUE DE l/ORIE.\T CHRÉTIEN.

HashiJ ed-Din, car le mongol ne peut supporter un niot cuiii- mençant par un r et lui préfixe toujours une voyelle épen- thétique de soutien a, i, è ou o, suivant que la première voyelle après Vr est un a, un /, un ê ou un o (1). Il est peu vraisemblable que la forme Yé-lié-pan ^ ^^J j/f de la biographie de Souboutai soit une faute graphique pour Yé-lié-tsan j^ ^^ ^ = Riazan de la biographie de Monkké, et il est plus probable qu'il y faut voir, avec raltcrnance bien connue de m et b, la transcription mon- gole Iréban = Iréman = Réman, du nom de Roman, prince de Riazan, frère du kniaz Georges, qui défendit la Russie con- tre cette elïroyable invasion. Roman était en mongol Uroman, avec la préfixation d'un o épenthétique, que Ton trouve dans Rashid ed-Din sous la forme de la transcription .,U, J Oroman, ou, avec le changement de m en 6, Oroban. Peut-être y avait-il dans le document mongol qui a été utilisé par Fauteur de la biographie de Souboutai : Ouroas oiniaglwd-OKn éiclien Irc- san Oroban, « Oroban (= Oroman) de Irésan (= Riazan), prince des tribus russes », ce qui en chinois serait % # ,g, pp ;i ^ M^A'^ïte- La repétition de plusieurs caractères dans ce membre de phrase a probablement lromj)é rauteur qui aur;i soudé les deux derniers mots Irésan Oroban ^ ^J ^ % # ïtt en Iréban j^ 5;J jji, cette altération ayant d'ailleurs pu se pro- duire aussi bien dans le texte mongol que dans le texte chinois. Cette conjecture est d'autant plus vraisemblable que le com- positeur qui a composé le texte chinois de la phrase imprimée ci-dessus avait tout d'aboi'd commis la môme faute que celle que je suppose dans le texte du Vuan-s/ti et avait imprimé Ou-lou-ssé-pou-tchou Yé-lié-pan, au lieu de Ou-lou-ssé-pou- tchou Vé-lié-tsan Ou-lou-pan.

Après la prise de Riazan, les Mongols allèrent mettre le siège devant la ville de Tho-li-ssou-ko ^ M iS W' \nd.\^ il leur fut impossible de s'en emparer; Batou adressa à Ougédeï un rap- port sur cet échec et l'empereur envoya Souboutai pour pren- dre la direction des opérations. Souboutai choisit Khapitcheu et Kong-kirang (llo-pi-tchheu-kiun-khié-lien-khéou ^ t£> :^, ^ i'ï: 'lu P ' soit les princes Khapitcheu, probablement celui qui commanda les armées de Kiioubilaï dans la guerre contre' Arigh

(1) Par exemple, le sanski'il mina est devenu a-ralim.

NOTES DE GÉOGRAPHIE. 87

Boké et que Rashid nomme j.^.'i, et Kong-kirang, qui parait

dans Rashid sous la forme ^JJ ^jJ^j^ et qui était le fils d'Oridâ, fils de Tclioutchi) et d'autres, soit 50 personnes. Il marcha rapidement contre l'ennemi; en un seul combat, Yé-lié-pan, soit Roman .,'-^, «', fut fait prisonnier; Souboutaï continua sa marche et vint attaquer la citadelle de Tho-li-ssou-ko, il l'assiégea pendanttrois jours et l'emporta, puis il reçut la soumission de toutes les principautés russes. En s'en revenant, Souboutaï traversais monts Ho-tsa-li ti& M llj (Khazar, ou Khazaligh) et attaqua Khié-lien (= Kirin, Krin, Kéren) prince de la princi- pauté des Madjyars (Ma-tcha-eul) .^ IL 5i pI5 i j'j; 'li^- I-a ville de Tho-li-ssou-ko = Torsok, pour Torshok (1), est, à n'en pas douter, la ville de Torshok, au tlelà de Tver; c'est à tort que le dictionnaire qui termine le Yuan-sln (2) restitue arbitraire- ment ce nom sous la forme Toli-shik qui ne répond à rien.

LES Tl.MOL RIDES VASSAUX DE l'eMPEREUR CHINOIS.

On sait par Rashid ed-Din et par le continuateur anonyme de la Djami el-tcvarikh que les relations diplomatiques furent constantes, durant tout le règne des Yuan, entre l'empire chinois et le royaume d'Iran dont les princes étaient considérés comme les vassaux du Fils du Ciel, au même titre que les souverains de l'oulous de Tchaghataï et ceux du pays de Togii- makh ; en somme, au cours de la période qui s'étend de Khou- bilaï à la chute de Toghon-témour, la Perse fut la vassale de l'empereur de Da'idou et cette situation ne changea en rien quand les Ming eurent succédé aux Yuan dans la souveraineté du Céleste-Empire et que Témour Keurguen se fut emparé des oulous de Tchaghataï et de Perse. On lit en effet dans le Hoang-Ming-ta-slii-ki (3) que le neuvième mois de la vingt- septième année Houng-wou « Fou-ma ( l) Témour, de Samar-

(1) Le caractère se lisant .s7(i en japonais, il se peut que 3u S. >ù» W' au xur siècle, représente une prononciation Torsliek, Torshok; c'est ainsi que

Siiiréki, dans Rashid c^j^.r^i est dans le Yuaa-shl p M. "pi Si-li-ki.

(2) Chap. 7, page l'^

(3) Chap. 13, page 27.

(4) ^ ,^ fou-ma est la traduction du titre mongol de keur'juen c)^jjr qui signifie « gendre ».

SS FJEVUK 1>K l/nUlKNT (MIîKTIKN.

kand, envoya en ambassade le cliel' de barbares Tir-li-pi-shcii et d'autres i»ersonnes qui présentèrent une lettre (adressée au Thaï-Tsuu des Ming); ces gens obtinrent une audience et offri- rent comme tribut 200 chevaux; la lettre disait le respect iquc Témoui- avait pour l'empereur chinois) et continuait... » ^ n^

5i -r- it ^j ^is ^^ ^m n ^ ^ :Jj ȣ> ^ m m ^ ^ m i- k

H "S" E ^ 0 ^ 'Ili--- Cette ambassade de Témour Keurgueu au Thaï-Tsou des Ming est rappelée dans une lettre que l'empe- reur chinois adressa à Shah Rokh Béhadour et qui lui fut ajipor- léc à Samarkand par une mission diplomatique au commen- cement de Moharrem 81.") (1 112) «... ton père, Témour Fou-ma, obéissant au décret du Dieu Très-Haut, s'est reconnu le vassal de Thaï-Tsou,